CMuller Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 (…) D'ici à dire que le comportement d'un homme se limite exclusivement à des conditionnements biologiques, il y a plusieurs pas que je franchirai certainement pas. En effet mais rassure-toi, personne ne les franchit, à commencer par les chercheurs qui ont examiné ton cerveau. Si tu regardes l'expérience de Cunningham 2004, par exemple, elle montre que des sujets blancs voyant des photgraphies de sujets noirs ou blanc pendant 30 ms (temps trop court pour se forger une représentation consciente) ont des activations plus fortes dans la région de l'amygdale lorsqu'ils ont dans leur champ visuel des visages de race différente. L'amygdale est un noyau ancien du cerveau lié au réactions automatiques de stress et de peur. En revanche, quand l'image est montrée plus longtemps, on observe des activations du cortex préfrontal, servant aux représentations plus élaborées, notamment le dorso-latéral et cingulaire antérieur activé en situation de conflit et de contrôle. Quand les mêmes individus remplissent des questionnaires d'évaluation de leur préjugés raciaux, on s'aperçoit que la réaction émotive automatique, bien que présente chez tous les sujets, est proportionnée à leur xénophobie. Et qu'il en va de même pour le CPF mais en sens inverse, c'est-à-dire que la capacité à inhiber ses peurs automatiques est plus forte chez les sujets les moins xénophobes. En soi, cela suggère que la réponse automatique xénophobe (peur et stress face aux autres races, sans doute aux visages moins familiers), qui se rapproche de ce que tu appelles une détermination biologique, se module selon l'expérience et la réflexion. Tu peux faire l'hypothèse qu'un individu idiot élevé dans une famille xénophobe aura une forte probabilité de reproduire la xénophobie (à la fois parce que son amygdale aura été stimulée à associer les personnes de races étrangères à des représentations négatives, et parce que son cortex préfrontal, moindrement actif, ne luttera que faiblement contre de telles impulsions). Ce qui se rapproche sans doute du sens commun, mais lui donne un embryon de vérification expérimentale et de mesure. Et permet aussi de donner des informations dans les débats de société plus généraux, où s'affrontent souvent des positions sans base vérifiable (par exemple "la xénophobie n'a rien de naturel, c'est une construction sociale", "il ne sert à rien d'apprendre aux gens à tolérer les autres, ils suivront toujours leurs instincts", etc.) Cela étant dit, il faut des dizaines d'études sur le même sujet pour affiner cela, sutout en imagerie cérébrale où les contraintes de l'observation imposent un faible échantillonnage. Liberman 2005 trouve par exemple que les sujets blancs et noirs montrent le même niveau de suractivation de l'amygdale face à ses photos de sujets noirs… ce qui est contre-intuitif pour la théorie de la familiarité (les sujets noirs devraient avoir une moindre réaction face aux sujets de même race).
Ash Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Ma niece metisse fait clairement la distinction blanc/noir, avec une preference tres marquée pour le noir, la couleur de son pere. Et plus generalement elle prefere tout ce qui est "africain". Sans doute. Mais qu'est-ce qui détermine l'un ou l'autre ? L'aspect communautaire (à partir d'un certain âge, on échappe plus aux discours), ou au niveau biologique comme le prétend CMuller ?
Blondie Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Sans doute. Mais qu'est-ce qui détermine l'un ou l'autre ? L'aspect communautaire (à partir d'un certain âge, on échappe plus aux discours), ou au niveau biologique comme le prétend CMuller ? Ma niece a 3 ans, elle a commencée a preferer les noirs dès 2 ans, a cet age là, elle a commencée a montrer du doigts les noirs dans la rue ou les magasins en criant "papa !!" Elle sait qu'elle a une difference avec les autres, une difference portée par son propre pere et cela forme son identité. Sa "biologie" - couleur de peau, cheveux africains, cordes vocales concues pour transformer les "r" en w, etc… - la pousse a se chercher une communauté de semblable, meme si elle est tres a l'aise chez des paysans du fin fond de la France ou autres endroits 100% francais.
CMuller Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Sans doute. Mais qu'est-ce qui détermine l'un ou l'autre ? L'aspect communautaire (à partir d'un certain âge, on échappe plus aux discours), ou au niveau biologique comme le prétend CMuller ? Pour préciser : - Les préférences de sa nièce dont parle Blondie sont à l'évidence de type culturel (recherche d'un style). - Il faut distinguer détermination et inscription biologiques (même nos préférences culturelles s'inscrivent quelque part dans notre cerveau, les zones du langage - trait culturel - divergent par exemple selon la langue parlée par les locuteurs, tout simplement parce que les expériences cognitives modifient le fonctionnement et la connexion des neurones de chaque aire donnée, la répétition de ces expériences finissant par limiter la plasticité de l'aire concernée - raison pour laquelle il est bien plus facile en moyenne d'apprendre une langue nouvelle à un enfant qu'à un adulte). - La biologie observe la diversité du vivant, y compris au sein d'une même espèce ou d'une même population : aucune raison de penser que tous les individus ont exactement les mêmes traits au départ et surtout, aucune raison de penser qu'une analyse d'un échantillon de population va nous dire quoique ce soit de déterminant sur la nièce de Blondie en particulier. On aura des probabilités pour que tel ou tel trait soit influencé ou non par une base innée dans une population, mais il faudrait en dernier ressort analyser la tolaité de l'existence de l'individu pour comrendre la genèse de ses traits exprimés. - Les expériences dont j'ai parlé plus haut montrent simplement sur un échantillon (faible) l'existence d'un biais émotif primaire "négatif" face à des visages de race différente, avec les réserves soulignées. Cela ne dit absolument rien de la manière dont ce biais va être exprimé, modifié, accentué, etc. par l'existence de chaque individu.
Ash Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 D'après ce que j'ai compris, il y a une difficulté à distinguer les contours de visages des races différentes (ce qui me parait évident sans passer par une recherche), mais en dehors de ça, je ne vois pas de quoi on parle lorsqu'on évoque un biais émotif primaire "négatif". Elle sait qu'elle a une difference avec les autres, une difference portée par son propre pere et cela forme son identité. Ce qui parait logique, là également. Sans forcément se généraliser à tout le monde.
azerty Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Ma niece metisse fait clairement la distinction blanc/noir, avec une preference tres marquée pour le noir, la couleur de son pere. Et plus generalement elle prefere tout ce qui est "africain". Les petites filles adorent souvent leur papa au-delà du raisonnable.
CMuller Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 (…)mais en dehors de ça, je ne vois pas de quoi on parle lorsqu'on évoque un biais émotif primaire "négatif".(…) cf message 211 sur Cunningham 2004 par exemple.
Calembredaine Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 cordes vocales concues pour transformer les "r" en w, etc… Mouhahahahaha!
Ash Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 cf message 211 sur Cunningham 2004 par exemple. Ce sont des tests réalisés sur des adultes, avec tout le biais sociétal que cela implique. Le jeune afro-américain qui fait peur aux blancs (mais aussi aux noirs, cela n'a rien d'un contre-exemple d'ailleurs), ce n'est rien de nouveau. Ce doit maintenant être tout aussi vrai pour "l'arabe". Le test serait pertinent avec des photos d'individus asiatiques. Mouhahahahaha! Waciste !
azerty Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 cordes vocales concues pour transformer les "r" en w Pas seulement les "r". Les "j" aussi. C'est pour cela qu'au lieu de dire « je suis noir », ils disent « moi y en a noiw ». C'est aussi pour des raisons de conformation de cordes vocales que mon grand-père (100% français, c'est-à-dire 100% blanc comme chacun sait) roule atrocement les "r", tandis que pour les mêmes raisons je traîne depuis 40 ans un fort accent du Sud-Ouest qui fait marrer tout le monde dans le 92. Putain de cordes vocales quand même !
Calembredaine Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Tu ne crois tout de même pas à cette théorie coloniale? Certaines populations ne prononcent pas les "R" parce qu'il n'y en avait pas dans leur langue. Depuis cela est resté, tel un accent. Un blanc élevé dans une population ne prononçant par les "R", ne les prononce pas non plus. J'ai ris car si tu entendais parler ma femme, tu constaterais que d'autres populations, au contraire, accentuent la prononciation du "R" comme les espagnols ou les auvergnats. Rien à voir avec une quelconque configuration des cordes vocales selon la race
Blondie Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Je ne crois en aucune theorie concernant les cordes vocales. Je faisais un peu d'ironie.
Calembredaine Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Je ne crois en aucune theorie concernant les cordes vocales. Je faisais un peu d'ironie. Toutes mes excuses dans ce cas. Mais l'ironie était difficile à voir malgré l'énormité du discours.
CMuller Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Ce sont des tests réalisés sur des adultes, avec tout le biais sociétal que cela implique. Le jeune afro-américain qui fait peur aux blancs (mais aussi aux noirs, cela n'a rien d'un contre-exemple d'ailleurs), ce n'est rien de nouveau. Ce doit maintenant être tout aussi vrai pour "l'arabe". Le test serait pertinent avec des photos d'individus asiatiques.(…) Oui mais chez les enfants, tu as de toute façon un stade "peur de l'étranger" plus ou moins marqué, qui commence vers six-huit mois, et qui se traduit par des pleurs et des cris dès qu'une personne peu familière essaie de le prendre dans les bras. Ensuite, la cristallisation des phobies sociales au cours du développement emprunte plein de chemins selon les individus, leurs expériences et les "récits" disponibles dans la société. PS : j'avais lu un autre papier sur des attributions d'intention à des visages neutres de personnes de races différentes (y compris asiatiques de mémoire), soit un protocole différent des études citées, mais impossible de remettre la main sur la référence. Je cherche et je poste si je trouve. C'était sur des adultes.
CMuller Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 D'après ce que j'ai compris, il y a une difficulté à distinguer les contours de visages des races différentes (ce qui me parait évident sans passer par une recherche) (…) Pour revenir sur ce point là, le but de la recherche est de comprendre pourquoi et comment les individus d'un groupe donné opèrent des classifications raciales au cours de leur développement. Il est intéressant de savoir par exemple d'où vient le fait que l'on ait tendance à considérer les membres d'un groupe différent comme "tous pareil" du point de vue physiologique (indistinction relative des faces), car c'est au fond un mécanisme pas très différent du "tous pareil" dans d'autres domaines (les récits xénophobes classiques sur telle ethnie "tous voleurs", telle autre "tous profiteurs", etc.). D'où l'examen des processus d'attention et mémorisation aux traits faciaux / raciaux, afin de voir en détail comment le cerveau traite l'information, pourquoi il conserve des détails et nuances dans un cas et moins dans l'autre. Il te paraît "évident" que l'on traite les visages de races différentes avec une certaine indistinction, mais cela n'a rien d'évident en soi. Tu pourrais par exemple imaginer que le cerveau porte plus d'attention à ce qui est (relativement) plus rare dans son champ d'attention, donc que l'on s'attarde au contraire plus souvent sur les visages les plus différents par rapport à ceux de son entourage familier. Or, cela ne semble pas le cas, y compris dans une société multiraciale comme les Etats-Unis (c'est-à-dire une société où le fait de croiser des individus de race différente ou de les voir dans les médias n'a rien d'une rareté, plutôt une expérience commune au cours du développement des enfants). PS : pour le coup, cet biais de perception a été examiné par une équipe française, chez des enfants de bas âge (trois mois) et pour des groupes caucasiens / asiatiques. L'expérience avait conclu que la reconaissance des visages est dès cet âge plus marquée pour les faces de son propre groupe que du groupe étranger. J Child Psychol Psychiatry. 2004 Oct;45(7):1219-27. Recognition of own-race and other-race faces by three-month-old infants. Sangrigoli S, De Schonen S.
melodius Posté 11 juillet 2008 Signaler Posté 11 juillet 2008 Ne dis pas cela à des Coréens, tu seras mal reçu. Bon, il apparaît clairement que tu n'es pas physionomiste pour un sou. En soi ce n'est pas grave, mais ce n'est pas pour ça que tu dois postuler que personne ne l'est. Je m'attendais à ce que tu me parles d'indices crâniens et autres trucs un peu "scientifiques", et tu viens avec des tests pour magazines féminins.
POE Posté 12 juillet 2008 Signaler Posté 12 juillet 2008 Il te paraît "évident" que l'on traite les visages de races différentes avec une certaine indistinction, mais cela n'a rien d'évident en soi. Tu pourrais par exemple imaginer que le cerveau porte plus d'attention à ce qui est (relativement) plus rare dans son champ d'attention, donc que l'on s'attarde au contraire plus souvent sur les visages les plus différents par rapport à ceux de son entourage familier. Or, cela ne semble pas le cas, y compris dans une société multiraciale comme les Etats-Unis (c'est-à-dire une société où le fait de croiser des individus de race différente ou de les voir dans les médias n'a rien d'une rareté, plutôt une expérience commune au cours du développement des enfants). C'est du simple bon sens. Il n'y a aucun intérêt à reconnaitre rapidement l'identité précise des visages qui ne sont pas familiers. Si tu confonds ton oncle Sam avec ton oncle Joe, c'est gênant, par contre si tu confonds Kim avec Sun, alors que tu ne connais aucun des 2, cela n'a pas grande importance. C'est la même chose pour lire un langage étranger, il est inutile de reconnaitre rapidement l'identité des mots, il suffit de se rendre compte que ce langage n'est pas le notre. Le point important me semble de savoir vers quel âge se joue cette détermination, et de quelle manière elle peut être influencée. Si un enfant peut être familier avec plusieurs langues en même temps, il peut également l'être avec plusieurs types de visages s'ils sont présents dans son milieu. La question me semble de savoir vers quel âge se déroule ces différents apprentissages, ce qui les influence, et s'ils peuvent évoluer ultérieurement.
CMuller Posté 12 juillet 2008 Signaler Posté 12 juillet 2008 C'est du simple bon sens. Il n'y a aucun intérêt à reconnaitre rapidement l'identité précise des visages qui ne sont pas familiers. Si tu confonds ton oncle Sam avec ton oncle Joe, c'est gênant, par contre si tu confonds Kim avec Sun, alors que tu ne connais aucun des 2, cela n'a pas grande importance.C'est la même chose pour lire un langage étranger, il est inutile de reconnaitre rapidement l'identité des mots, il suffit de se rendre compte que ce langage n'est pas le notre. Le point important me semble de savoir vers quel âge se joue cette détermination, et de quelle manière elle peut être influencée. Si un enfant peut être familier avec plusieurs langues en même temps, il peut également l'être avec plusieurs types de visages s'ils sont présents dans son milieu. La question me semble de savoir vers quel âge se déroule ces différents apprentissages, ce qui les influence, et s'ils peuvent évoluer ultérieurement. La question est : au-delà de mes oncles Joe et Sam, pourquoi et comment mon cerveau discrimine les visages des inconnus, qu'ils soient noirs, blancs, jaunes, rouges ou ce que l'on veut. Il est possible que des modules de reconnaissance faciale s'activent très tôt au cours du développement et qu'ils prennent les premiers visages rencontrés comme modèle ou pattern des visages humains. De même que les aires du langage prennent très tôt la langue maternelle comme outil de communication. D'où une tendance ultérieure à mieux reconnaître certains types que d'autres. Pour le savoir, il faudrait comparer le développement des enfants nés ou non en famille multiraciale, voir s'il y a des stades critiques, etc. Je n'ai pas vraiment cherché s'il existe des études en ce sens.
alex6 Posté 14 juillet 2008 Signaler Posté 14 juillet 2008 Réflexion d'une rare bêtise. Placer une discipline scientifique au rang de la croyance d'une part, et effacer d'un revers de main l'intérêt de ses recherches, juge plus l'auteur de la critique que la discipline elle-même. Eeeeh, ben … Mais Alex6 les a lus puisqu'il y voit des croyances à se rouler par terre. Bande de rigolos. Et meme pas d'humour avec ca, il ne vous reste vraiment rien.
free jazz Posté 28 septembre 2010 Signaler Posté 28 septembre 2010 Les faits me donnent raison lorsque je parlais de nouveau péril collectiviste. Le bilan commence à être tiré après deux décennies de politique multiculturaliste dans le monde anglo-saxon et l'hybris pénale qu'elle a engendrée, en soumettant la société civile à une véritable bureaucratie, avec sa police de la pensée et ses lois sur les suspects. Et c'est cette monstruosité qu'essayent de mettre en place les politiciens continentaux sous le label "diversité", au moment où intellectuels anglais et américains tirent la sonnette d'alarme. Bien entendu, le résultat de cette politique est l'augmentation des tensions, de la violence et de l'anxiété. Three-year-olds being labelled bigots by teachers as 250,000 children accused of racismBy Laura Clark 23rd September 2010 Teachers are being forced to report children as young as three to the authorities for using alleged ‘racist’ language, it was claimed last night. Munira Mirza, a senior advisor to London Mayor Boris Johnson, said schools were being made to spy on nursery age youngsters by the Race Relations Act 2000. More than a quarter of a million children have been accused of racism since it became law, she said. Writing in Prospect magazine, she said: ‘The more we seek to measure racism, the more it seems to grow. ‘Teachers are now required to report incidents of racist abuse among children as young as three to local authorities, resulting in a massive increase of cases and reinforcing the perception that we need an army of experts to manage race relations from cradle to grave. ‘Does this heightened awareness of racism help to stamp it out? Quite the opposite. It creates a climate of suspicion and anxiety.’ The Act compelled 43,000 public authorities, including schools and churches, ‘to promote good relations between persons of different racial groups’. Details of the incidents are logged on databases. Teachers are allowed to report racism even if the alleged ‘victim’ was not offended or if the child does not understand what they were saying. Freedom of Information replies obtained by civil liberties group the Manifesto Club show that between 2002 and 2009, 280,000 incidents have been reported. http://www.dailymail.co.uk/news/article-13…sed-racism.html
h16 Posté 29 septembre 2010 Signaler Posté 29 septembre 2010 "The more we seek to measure racism, the more it seems to grow" How so surprising.
Tremendo Posté 29 septembre 2010 Signaler Posté 29 septembre 2010 Les faits me donnent raison lorsque je parlais de nouveau péril collectiviste. Le bilan commence à être tiré après deux décennies de politique multiculturaliste dans le monde anglo-saxon et l'hybris pénale qu'elle a engendrée, en soumettant la société civile à une véritable bureaucratie, avec sa police de la pensée et ses lois sur les suspects. Et c'est cette monstruosité qu'essayent de mettre en place les politiciens continentaux sous le label "diversité", au moment où intellectuels anglais et américains tirent la sonnette d'alarme. Bien entendu, le résultat de cette politique est l'augmentation des tensions, de la violence et de l'anxiété. Cette loi qui oblige les professeurs à dénoncer les élèves racistes est d'une puanteur. Quand certains annoncent que la démocratie est en train de se transformer en totalitarisme doux, je crois que ces prédictions sont de plus en plus exactes. Et bien évidemment le racisme n'a pas reculé, on s'en serait douté.
Chitah Posté 29 septembre 2010 Signaler Posté 29 septembre 2010 Les faits me donnent raison lorsque je parlais de nouveau péril collectiviste. Le bilan commence à être tiré après deux décennies de politique multiculturaliste dans le monde anglo-saxon et l'hybris pénale qu'elle a engendrée, en soumettant la société civile à une véritable bureaucratie, avec sa police de la pensée et ses lois sur les suspects. Et c'est cette monstruosité qu'essayent de mettre en place les politiciens continentaux sous le label "diversité", au moment où intellectuels anglais et américains tirent la sonnette d'alarme. Bien entendu, le résultat de cette politique est l'augmentation des tensions, de la violence et de l'anxiété. La nocivité de l'intervention étatique dans le domaine économique est déjà avérée, et bien documentée chez les auteurs libéraux. En revanche, la nocivité de cette même intervention dans le domaine des relations sociales, et jusque dans les âmes des gens ne me semble pas encore bien théorisée. Peut-être faudrait-il faire un parallèle entre ces deux choses.
Tremendo Posté 29 septembre 2010 Signaler Posté 29 septembre 2010 La nocivité de l'intervention étatique dans le domaine économique est déjà avérée, et bien documentée chez les auteurs libéraux. En revanche, la nocivité de cette même intervention dans le domaine des relations sociales, et jusque dans les âmes des gens ne me semble pas encore bien théorisée.Peut-être faudrait-il faire un parallèle entre ces deux choses. +1, l'intervention de l'Etat, au nom de la lutte contre le racisme, est loin d'avoir apaisé les tensions, au contraire il les a dangereusement nourri. Il faudrait effectivement les théoriser, par exemple parler un plus de ce genre de thème dans contrepoints avec des études à l'appui, le problème est que rapidement les zélés de l'anti-racisme feraient l'amalgame facile avec l'extrême droite.
Chitah Posté 29 septembre 2010 Signaler Posté 29 septembre 2010 Il faudrait effectivement les théoriser, par exemple parler un plus de ce genre de thème dans contrepoints avec des études à l'appui, le problème est que rapidement les zélés de l'anti-racisme feraient l'amalgame facile avec l'extrême droite. Si ce genre de textes ne me choquent pas, alors ils ne choqueront pas les zélés de l'anti-racisme. Blague à part, le livre que m'avait gentiment offert xavdr, écrit par M.Gourévitch, est un excellent exemple de ce que tu expliques : ton absolument neutre, non partisan, et que je sache, malgré des conclusions extrêmement pessimistes et parfois graves sur l'immigration africaine, n'a absolument pas eu le genre de traitements que tu anticipes. En plus je l'ai lu il est très bien ce livre.
free jazz Posté 30 septembre 2010 Signaler Posté 30 septembre 2010 La nocivité de l'intervention étatique dans le domaine économique est déjà avérée, et bien documentée chez les auteurs libéraux. Mais on n'a pas encore d'étude précise sur les effets pervers des politiques multiculturelles, les premières commencent à être publiées dans certaines revues anglo-saxonnes, mais sous la plume de théoriciens du multiculturalisme comme Kymlicka, en vue de les corriger mais non de les atténuer ou d'en infléchir la direction. A ma connaissance le sujet n'est pas sérieusement étudié d'un point de vue libéral, sauf pour ce qui concerne l'impact de la discrimination positive, et encore ce ne sont pas des recherches quantitatives. C'est d'autant plus regrettable qu'il semble que les libéraux n'aient pas encore identifié la nature de l'antagonisme politique entre modèle libéral et modèle multiculturaliste, parce qu'ils demeurent tributaires de l'ancien paradigme de la lutte contre le communisme, ce qui les empêche d'analyser correctement les phénomènes de mutation actuels - et les fait souvent passer aux yeux du grand public comme acteurs d'un combat d'arrière-garde incapables de saisir les enjeux cruciaux pour le sens commun. Or il s'agit d'un phénomène massif et nouveau, qui exige de réfléchir dans le cadre d'un nouveau paradigme, sans abandonner les finalités du libéralisme mais en permettant de comprendre les dynamiques de groupes et la façon dont la concurrence entre communautés pour l'acquisition des droits influence l'action de l'Etat. Car nous pouvons être certains que jamais dans l'histoire des sociétés humaines, il n'a existé de société multiculturelle spontanée. Premier principe : une société mosaïque ne peut résulter que d'une transformation artificielle, laquelle requiert une quantité importante d'ingéniérie sociale, comme expérimentée par le Canadian Multiculturalism Act. Une société multiculturelle requiert donc l'intervention d'un Etat fort, la mise en place d'une administration et de programmes visant au façonnement du patchwork. A la fois pour pacifier les tensions sociales, pour la production de droits nouveaux, garantir l'expression, la promotion et l'égalisation des cultures. Plus une société sera multiculturelle, plus elle légitimera un pouvoir de nature autoritaire.
Chitah Posté 30 septembre 2010 Signaler Posté 30 septembre 2010 @free jazz, je souscris à tout ce que tu écris, notamment ceci : il semble que les libéraux n'aient pas encore identifié la nature de l'antagonisme politique entre modèle libéral et modèle multiculturaliste, parce qu'ils demeurent tributaires de l'ancien paradigme de la lutte contre le communisme, ce qui les empêche d'analyser correctement les phénomènes de mutation actuels - et les fait souvent passer aux yeux du grand public comme acteurs d'un combat d'arrière-garde incapables de saisir les enjeux cruciaux pour le sens commun. En revanche, ceci me paraît moins clair : nous pouvons être certains que jamais dans l'histoire des sociétés humaines, il n'a existé de société multiculturelle spontanée Le souci, c'est que le développement de la puissance de l'Etat (dont tu dis qu'elle seule force l'existence de sociétés multiculturelles) s'est fait, sans aucun lien a priori, en même temps que le développement des technologies de transport. La même chose que le XIIIème arrondissement de Paris ou Barbès, à l'époque de Jules César, paraît nettement moins faisable qu'aujourd'hui. En bref : il faudra, dans l'analyse de la constitution des sociétés "multiculturelles" contemporaines savoir différencier ce qui relève du déplacement de population par l'Etat (direct ou indirect) de ce qui relève du déplacement et de l'immigration spontanés.
Tremendo Posté 30 septembre 2010 Signaler Posté 30 septembre 2010 Plus une société sera multiculturelle, plus elle légitimera un pouvoir de nature autoritaire. Il existe tout de même des contre-exemples: les Etats-Unis, à moins que l'on considère effectivement que les blancs, même d'origines très diverses (descendants d'anglais, d'écossais, d'italiens, hispaniques), soient extrêmement majoritaires. Peut-être qu'étant donné que le multiculturalisme n'y fut pas imposé mais fut le fruit de diverses vagues d'immigration libre, et que les communautés ont toujours coexisté sans toutefois se forcer à se mélanger, alors ceci expliquerait pourquoi un pouvoir de nature autoritaire n'y est pas apparu. En bref : il faudra, dans l'analyse de la constitution des sociétés "multiculturelles" contemporaines savoir différencier ce qui relève du déplacement de population par l'Etat (direct ou indirect) de ce qui relève du déplacement et de l'immigration spontanés. +1
free jazz Posté 30 septembre 2010 Signaler Posté 30 septembre 2010 Il existe tout de même des contre-exemples: les Etats-Unis, à moins que l'on considère effectivement que les blancs, même d'origines très diverses (descendants d'anglais, d'écossais, d'italiens, hispaniques), soient extrêmement majoritaires. Les Etats-Unis n'ont jamais été un pays multiculturel, même depuis les expérimentations sociales récentes via les programmes d'affirmative action. Les institutions de ce pays ont été politiquement moulées par des normes libérales européennes, à dominante anglo-saxonne et protestante, ainsi qu'un esprit d'entreprise dont les ressorts culturels analysés par Tocqueville sont bien identifiés. Ces normes dominantes ont fait la richesse de cette nation. Par ailleurs il existe aux Etats-Unis un très fort sentiment patriotique qui a permis l'intégration de diverses vagues d'immigration européenne et extra-européenne, mais à l'intérieur du moule politique dominant. Il se pourrait que la situation change à mesure que la culture européenne y deviendra minoritaire, mais ce n'est pas encore le cas, bien que l'élection d'Obama semble marquer un tournant civilisationnel. De ce point de vue ce ne serait pas un hasard si la présidence d'Obama, issu de l'establishment multiculturaliste de gauche, incarne une évolution vers un hybris interventionniste perçue par la culture américaine traditionnelle comme socialiste.
Messages recommandés
Archivé
Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.