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Multiculturalisme, l'utopie moderne ?


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Posté
@free jazz, je souscris à tout ce que tu écris, notamment ceci :

En revanche, ceci me paraît moins clair :

Le souci, c'est que le développement de la puissance de l'Etat (dont tu dis qu'elle seule force l'existence de sociétés multiculturelles) s'est fait, sans aucun lien a priori, en même temps que le développement des technologies de transport.

La même chose que le XIIIème arrondissement de Paris ou Barbès, à l'époque de Jules César, paraît nettement moins faisable qu'aujourd'hui.

En bref : il faudra, dans l'analyse de la constitution des sociétés "multiculturelles" contemporaines savoir différencier ce qui relève du déplacement de population par l'Etat (direct ou indirect) de ce qui relève du déplacement et de l'immigration spontanés.

L'absence de moyens de transports modernes n'a pas empêché les huns d'envahir l'Europe, ni les arabes de coloniser le maghreb en imposant leur culture, ni les européens de coloniser l'Afrique.

Quant à l'immigration actuelle, il est trivial de remarquer qu'elle n'a rien de spontané. C'est l'Etat qui a subventionné l'entrée de millions d'immigrants non qualifiés sans qu'ils aient été invités, ni consulter l'avis de la population. C'est encore l'Etat qui a fait de la natalité des migrants une source de revenus pour augmenter sa démographie, que la doctrine de la Raison d'Etat pose comme fondement de sa puissance. C'est l'Etat qui distribue des droits créance à sa clientèle, décourage l'initiative privée et fait fuire les jeunes français entreprenants. C'est l'Etat qui a crée des concentrations urbaines massives et des zones de non-droit, qui interdit l'équilibre des mouvements de populations par les mécanismes de marché et de discrimination naturelle. Car la légitimité de l'ingéniérie étatique n'est plus l'exercice des fonctions souveraines de justice et de police, mais la biopolitique.

Pour reprendre les termes de Martin Masse :

Plus fondamentalement, on en revient au débat de fond sur l'immigration. Pourquoi laisse-t-on entrer sur ce territoire, avec tous les « privilèges » dont peuvent se prévaloir les citoyens (en particulier des services publics gratuits), des étrangers dont les valeurs et les coutumes sont si différentes de celles de la majorité? Les libertariens sont évidemment en faveur de la liberté de circuler et ne proposent pas l'adoption d'une politique d'immigration plus restrictive. Sauf que dans une société libertarienne, où l'État ne contrôlerait plus l'entrée et les sorties sur un territoire national, il y aurait d'autres formes de contrôle reflétant non pas des critères politiques et bureaucratiques, mais la volonté de la population s'exprimant dans un marché libre.
Tu trouves que la France s'oriente globalement vers le multiculturalisme? J'ai un doute quand même.

Prenons les critère retenus par Will Kymlicka dans Finding Our Way:

- Des programmes d'action positive qui cherchent à augmenter la présence des minorités visibles dans les institutions : oui, par exemple à Sc Po. Voir aussi le financement des associations qui s'érigent en autorités disciplinaires arbitraires.

- Des représentations faites au Parlement en faveur des minorités visibles : non

- Des révisions de programmes scolaires destinées à tenir compte des contributions historiques et culturelles des minorités ethniques : oui, par exemple louis XIV et les rois de France viennent d'être virés des programmes de collège au profit de l'histoire des royaumes africains, au nom de la "déconstruction" des identités.

- Des horaires flexibles, pour accomoder les pratiquants de certaines religions : c'est en cours (voir piscines et cantines scolaires)

- Des programmes d'éducation à orientation anti-raciste : oui

- Des codes de conduite qui interdisent le racisme à l'école ou au travail: oui, la Halde surveille, contrôle et punit les malpensants

- Une formation multiculturelle pour les policiers, fonctionnaires et intervenants du monde de la santé, afin qu'ils puissent reconnaître la nature des problèmes vécus par les familles d'immigrants : c'est fait pour certains fonctionnaires et éducateurs

- Des lignes directrices qui préviennent la propagation des stéréotypes dans les médias : check

- Le soutien des festivals et programmes d'études ethniques: check

- Des services aux adultes dans leur langue maternelle: check (certaines régions socialistes dispensent des services publics en arabe)

- Des programmes d'éducation bilingue pour les jeunes, en vue de leur permettre de faire la transition entre leur langue maternelle et celle(s) de leur pays d'adoption : c'est en cours d'expérimentation

Conclusion : on voit que le modèle français est en train de basculer vers un modèle multiculturaliste qui ne dit pas son nom.

Posté
SI l’on souhaite une identité française, il est nécessaire d’avoir un rituel de passage ou l’on devient un citoyen français a part entière, prêter serment est une option, mais contrairement aux états unis, on n’a pas de constitution stable et symbolique, la notre n’est qu’organique, peut être prêter serment de respecter la déclaration de 1789, de se battre pour la patrie et tout ça…

Je ne pensais pas "identité", mais plutôt acquisition de la nationalité, appropriation du fait d'être français. Une identité se construit dans le temps, un rituel symbolique ne peut être qu'un élément perdu au milieu d'une multitude.

Posté
Je ne pensais pas "identité", mais plutôt acquisition de la nationalité, appropriation du fait d'être français. Une identité se construit dans le temps, un rituel symbolique ne peut être qu'un élément perdu au milieu d'une multitude.

D'ailleurs l'identité est de l'ordre du ressenti, du personnel, on ne peut toucher à cela (ce qu'essaie de faire le modèle républicain d'ailleurs) alors que la nationalité est un bout de papier administratif.

Ce qui importe c'est l'adhésion à des valeurs simples de bonne entente, mais je ne suis pas sûr qu'il faille un processus de remise de nationalité ni même une cérémonie avec serment pour ça, un expat' français aux USA n'a pas forcément la nationalité américaine, pour autant il a parfaitement compris quells étaient ses obligations.

Posté
- Des programmes d'éducation bilingue pour les jeunes, en vue de leur permettre de faire la transition entre leur langue maternelle et celle(s) de leur pays d'adoption : c'est en cours d'expérimentation

C'est d'ailleurs très vieux comme idée. Déjà, VGE et Chirac avaient tenté ça dans les années 70, avec les brillants résultats que l'on voit aujourd'hui.

Posté
Prenons les critère retenus par Will Kymlicka dans Finding Our Way:

….

Conclusion : on voit que le modèle français est en train de basculer vers un modèle multiculturaliste qui ne dit pas son nom.

Pour autant j'ai l'impression qu'il est encore très tiraillé entre le modèle laïc républicain et la tentation du multiculturalisme. C'est peut-être juste une réaction avant de basculer.

Posté
On voit ceux qui ont bossé le sujet par rapport à ceux qui viennent en slip, merci pour cette clarification. J'émettrais toutefois une réserve sur la notion de communautarisme, qui est orthogonale à celle de multiculturalisme si on se réfère à la philosophie communautarienne. Celle-ci part d'une critique de l'individualisme libéral en affirmant la supériorité des normes communautaires sur les droits individuels.

Merci.

Loin de moi l'idée de faire l'apologie du communautarisme, j'ai énoncé que celui-ci était préférable aux politiques assimilationnistes, qui reviennent à faire entrer des considérations communautaires dans le champ politique, ce qui Arendt dixit consiste en la défense et la préservation de ses propres intérêts, e.g. un état de fait potentiellement dévastateur dans une société pluri-culturelle.

Posté
Des révisions de programmes scolaires destinées à tenir compte des contributions historiques et culturelles des minorités ethniques : oui, par exemple louis XIV et les rois de France viennent d'être virés des programmes de collège au profit de l'histoire des royaumes africains, au nom de la "déconstruction" des identités.

Je l'ai raté celle là, qui a pondu une connerie pareille ?

Posté
Conclusion : on voit que le modèle français est en train de basculer vers un modèle multiculturaliste qui ne dit pas son nom.

Si il ne dit pas son nom, c'est peut être qu'il n'est pas un modèle multiculturaliste.

Vouloir lutter contre le racisme et la discrimination est une chose, construire une société multiculturelle à l'image du Canada ce n'est pas le cas pour le moment.

La seule volonté politique clairement affichée est celle d'une volonté d'intégrer des populations immigrés culturellement différentes à l'intérieur du modèle républicain français.

Posté
Je l'ai raté celle là, qui a pondu une connerie pareille ?

Il y a eu tout un c dans l'air là dessus. J'ai halluciné devant la faiblesse du débat (chose rare pour cette émission de qualité), les mecs s'invectivaient à cause de quelques lignes dans un manuel de 5e, le truc qui n'est même pas ne serait ce qu'ouvert par les 3/4 des collégiens

Posté
Je l'ai raté celle là, qui a pondu une connerie pareille ?

Polémique apparue cet été, mais tout le monde en vacances toussa.

Disons que Louis XIV et Napoléon auront moins de place dans le programme au profit de l'étude des grands empires africains dont personne n'a entendu parler même pas les profs. L'éducation nationale c'est plus fort que toi.

http://www.mediaslibres.com/tribune/?post/…ation-Nationale

Pour cette rentrée 2010, les manuels scolaires de 5e consacreront 20 pages à l'Afrique sous le Moyen âge aux empires Songhaï et du Monomotapa ce qui ne laissera plus que 8 pages dédiées à Louis XIV.

Voila une excellente nouvelle qui devrait ravir nos têtes brunes, en effet pourquoi leur infliger le supplice d’apprendre l’histoire d’un pays dans lequel ils se sentent brimés.

Après Clovis qui avait déjà été zappé des programmes, c’est un nouveau signe fort que lance l’éducation nationale, les petits « souchiens » auront la joie de découvrir en cours d’histoire à la grandeur de la civilisation africaine en lieu et place de celles de Louis XIV et Napoléon Bonaparte.

Toutefois l’étude approfondie du programme devra afin de ne pas choquer nos futures élites faire l’impasse totale sur la traite des noirs par les noirs et les musulmans, et ne pas faire comme pour les français, souligner les méfaits de leurs ancêtres et ainsi leur infliger un devoir de repentance.

Les petits « souchiens » seront pour leur part également ravis. Ceux qui s’ennuieront en cours auront tout le temps de faire des mots croisés pour les plus intellos et des batailles de crottes de nez pour les autres.

Mais ce changement de programme soulève un léger problème pour les profs.

Combien de profs peuvent prétendre enseigner, les empires Songhaï et du Monomotapa ?

Les absences déjà fréquentes dans le corps enseignant sont à redouter pour les futures formations de profs d’histoire géo, car combien à ce jour sont capable de citer le nom d’un roi Songhaï ? Citer une dynastie complète relève de la mission impossible même pour les plus bobos.

C’est un sujet de spécialistes qu’il faudra aborder avec délicatesse surtout son islamisation par l’épée, cette réalité devrait être abordée avec finesse afin de ne pas déclencher d'intifada dans les cours de récré, mais aussi le courroux du MRAP et de SOS racisme comme ce fut le cas pour le prof d'histoire Louis Chagnon

Il ne reste plus qu’à écarter des livres d’histoire Vercingétorix, Jeanne D’Arc , Charlemagne (cet emmerdeur qui inventa l’école), la révolution française et de Gaulle sans oublier le peste noire bien pire que la blanche des livres d’histoire pour que cela soit parfait, nous aurons alors un passé entièrement nouveau à l’image de la France d’aujourd’hui , ou il fera bon vivre ensemble, et dans lequel nous pourrons tous dire, non plus nos ancêtres les gaulois ce qui reste une aberration dans cette France métissée et diversifiée pour notre plus grand bonheur, mais nos ancêtres les Dia.

L’éducation nationale nous envoie un signe fort, que nous ne pouvons que saluer. Cette modification de programme scolaire devrait permettre aux « souchiens » une meilleure intégration.

Pour ma part, je n'aurais pas été contre une ouverture des programmes à l'histoire des autres pays européens, plus proches de nous, plus déterminants dans l'Histoire, et dont les relations avec la France ont toujours été beaucoup plus étroites, c'est davantage intéressant et peut aider à la compréhension de l'histoire de France aussi. Mais non, on préfère étudier des empires dont l'étude est loin d'être fondamentale, pour satisfaire une clientèle électorale je suppose.

Posté
Comment croire que des musulmanes vont adhérer aux valeurs françaises de laïcité si cette même laïcité les empêche dans les établissements publics (à l'école par exemple) de porter le voile? ce même voile, à n'en pas douter , ne correspondant à aucune menace pour les institutions et la sécurité d'un pays.

1 - La laïcité c'est un principe séparant l'Eglise de l'Etat. Ce n'est pas, dévoyé, un principe qui doit virer le religieux de la vue de tous. Sinon, dans ce cas, au nom de la laïcité, j'exige que l'on rase Notre Dame de Paris, ainsi que la Grande Mosquée du Vème, etc.

2 - Cette histoire de voile, en nombre, est à peu près aussi importante que les histoires de pédophilie chez les curés : faibles, très faibles.

Quel est donc le problème?

Posté
1 - La laïcité c'est un principe séparant l'Eglise de l'Etat. Ce n'est pas, dévoyé, un principe qui doit virer le religieux de la vue de tous. Sinon, dans ce cas, au nom de la laïcité, j'exige que l'on rase Notre Dame de Paris, ainsi que la Grande Mosquée du Vème, etc.

2 - Cette histoire de voile, en nombre, est à peu près aussi importante que les histoires de pédophilie chez les curés : faibles, très faibles.

Quel est donc le problème?

Euh…Chitah, je crois que tu m'as pas compris, je dis à peu près la même chose que toi (enfin je crois)

Dans mes propos il fallait lire que je ne trouvais pas normal d'interdire de porter le voile dans un établissement public, et qu'ainsi il était difficile évidemment d'emporter l'adhésion des musulmans aux valeurs de la France.

Posté

Mais, mais, quelle est l'influence des empires af'icains sur la civilisation moderne ?

Peau de zob, 'ien du tout, même les af'icains ne les connaissent pas les anciens empi'es.

Ca ne signifie pas qu'il ne faut pas les citer, histoire de montrer que des empires peuvent vivre et mourir sans laisser la moindre influence, mais 20 pages…

L'Islam, oui, le Japon, oui, les Mongols, carrément, mais l'Afrique sub saharienne ?!?

Posté
Mais, mais, quelle est l'influence des empires af'icains sur la civilisation moderne ?

Peau de zob, 'ien du tout, même les af'icains ne les connaissent pas les anciens empi'es.

Ca ne signifie pas qu'il ne faut pas les citer, histoire de montrer que des empires peuvent vivre et mourir sans laisser la moindre influence, mais 20 pages…

L'Islam, oui, le Japon, oui, les Mongols, carrément, mais l'Afrique sub saharienne ?!?

Apparemment l'Afrique avait une grande influence à l'époque

Posté
L'absence de moyens de transports modernes n'a pas empêché les huns d'envahir l'Europe, ni les arabes de coloniser le maghreb en imposant leur culture, ni les européens de coloniser l'Afrique.

Hop hop hop.

Tu confonds deux choses, j'espère que c'est fortuit :

- une immigration spontanée, née du déplacement de quelques groupes de personnes dans le temps (exemple : les inuits passant le Détroit de Béring)

- une invasion qu'il n'est pas anachronique de qualifier d'étatique ou presque.

Quant à l'immigration actuelle, il est trivial de remarquer qu'elle n'a rien de spontané. C'est l'Etat qui a subventionné l'entrée de millions d'immigrants non qualifiés sans qu'ils aient été invités, ni consulter l'avis de la population.

Ah? La majorité des immigrés arrivés dans les années 50 ou 60 en France ont commencé par dormir sous les ponts puisqu'ils n'avaient pas de logement. C'est ça la subvention?

Prenons les critère retenus par Will Kymlicka dans Finding Our Way:

J'avais commencé à commenter mais il y a trop de choses : il y a moins de "oui" que ce que tu écris, tu forces la réalité. Vraiment, tu forces la réalité. Et surtout, tu es victime d'une grille de lecture qui te dépasse : demain, le petit-fils de Jacques Chirac va épouser une noire, et tu vas expliquer qu'il s'agit d'une alliance entre la France et le Cameroun, comme à l'époque de la royauté où les alliances se font par le mariage. Et tu vas prévoire un afflux massif de camourenais dans les années suivantes. Après, deux camerounais vont arriver, et tu diras "je vous l'avais bien dit".

Dans mes propos il fallait lire que je ne trouvais pas normal d'interdire de porter le voile dans un établissement public, et qu'ainsi il était difficile évidemment d'emporter l'adhésion des musulmans aux valeurs de la France.

Ok alors, j'avais mal compris désolé mec. :icon_up:

Posté
Dans mes propos il fallait lire que je ne trouvais pas normal d'interdire de porter le voile dans un établissement public, et qu'ainsi il était difficile évidemment d'emporter l'adhésion des musulmans aux valeurs de la France.

Valeurs idéalisées ou valeurs réelles ?

Je suis sûre que parmi les musulmans (ou prétendus tels) présents sur le territoire, tu en trouveras sympathisant avec l'égalité, les taxes, les bisous (merci ashsèz), les réglementations pro-Gaïa, les subventions, les grèves massives et l'étatisme.

Hélas.

Posté
Valeurs idéalisées ou valeurs réelles ?

Je suis sûre que parmi les musulmans (ou prétendus tels) présents sur le territoire, tu en trouveras sympathisant avec l'égalité, les taxes, les bisous (merci ashsèz), les réglementations pro-Gaïa, les subventions, les grèves massives et l'étatisme.

Hélas.

Justement, tu fais bien de le préciser : demande de subventions, demande de créations d'instance de dialogue avec les pouvoirs publics, etc. Apparemment, en effet, beaucoup de musulmans sont très bien intégrés et ont bien compris comment ça marche ici.

Posté
L'Islam, oui, le Japon, oui, les Mongols, carrément, mais l'Afrique sub saharienne ?!?

Clientélisme et caresses dans le sens du poil destinées à maintenir plus aisément le calme dans les classes diverses. L'explication est presque officielle.

Toutes ces attentions dirigées, c'est un peu de l'amour au sens lacanien du terme, en somme : "offrir quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas".

Posté
Bien sûr les contextes sont différents, mais il est pertinent dans la mesure où il sert de modèle en Europe pour les politiques multiculturelles, y compris en France. Voir l'exemple du cas anglais ci-dessus.

Je ne suis si certain que l'on suit cet exemple en France si l'on fait la différence entre multicultualisme et immigration!

Posté
D'ailleurs les Canadiens en sont fiers et cette politique engendre un genre de sentiment de supériorité sur le voisin américain.

La fierté d'antan, 70's, a laissée la place à un désenchentement, surtout après des histoires aussi variées que la punition corporelle des enfants dans une école punjab à Vancouver et la demande de reconnaissance par la législation canadienne de la charia!

Posté

Puisqu’il a plusieurs fois été question du modèle canadien sur ce qui touche au multiculturalisme dans cette discussion, j’en profite pour signaler la publication de tout un dossier par le Globe and Mail sur ce sujet bien précis.

Bien qu'on y retrouve les biais classiques de la presse mainstream, certains points méritent d'être relevés. Les gras sont de moi.

When multiculturalism doesn't work

It’s a new Quebec service popularly known as 1-800-Accommodation – a breezy title for a help line that tackles some of the most bedeviling issues of Canadian multiculturalism.

Should a Chinese-Canadian employee be automatically entitled to a day off for Chinese New Year? Can a Muslim schoolteacher be absent every Friday afternoon to attend prayers at his mosque? And if non-Christian parents feel ill-at-ease, should a daycare take down its Christmas decorations?

It’s not just Quebeckers and Human Rights Tribunals that are tackling these legal questions. Across the country, these kinds of cross-cultural dilemmas resonate in hospitals, offices and schools. On the ground these issues are defining the success of our 40-year-old national multicultural experiment.

Though there is widespread enthusiasm for the idea of multiculturalism, its reality remains complex and at times volatile. Consider that every four years Canada accepts a million newcomers. Within two decades, nearly 30 per cent of the population will be foreign-born. Increasingly, newcomers to Canada earn less than previous generations of immigrants. Their Canadian-born children, although they typically excel in school, are, according to one study, less likely to feel a sense of belonging in Canada.

As the first generation of Canadians raised under the banner of multiculturalism graduates to positions of power, fissures are emerging in the Canadian mosaic. The proposed law to ban niqabs for those seeking public services in Quebec, the controversy surrounding the so-called honour killing of Muslim teenager Aqsa Parvez, the backlash against Tamil asylum seekers, the arrest of a Canadian-born doctor and Canadian Idol contestant in an alleged Islamist terror plot – all of these raise questions about Canada’s nurturing of cultural difference. Even one of Canada’s most prominent visible-minority politicians, Ujjal Dosanjh, accuses multiculturalism of allowing Sikh extremism to take root here.

Our European allies call multiculturalism a failed experiment. Germany, the United Kingdom, France, the Netherlands and even our Commonwealth cousin Australia have all, to differing degrees, blamed multiculturalism for separating peoples, weakening national cohesion and encouraging Islamic extremism.

The Question

Is Canada the exception?

Rather than looking to overhaul the Charter of Rights, which enshrines multiculturalism as a guiding principle, the 1-800 number might be the direct dial to the future. Beverley McLachlin, Chief Justice of the Supreme Court, suggested in a 2003 speech that Canada’s darkest moments have been the result of attempts to break with accommodation and impose policies that hurt a minority: the destruction of aboriginal families by residential schools, the internment of national minorities during the world wars, the Chinese head tax, to name just a few. She concluded by saying Canada must strive for respect and accommodation.

“As national ambitions go, that’s not bad,” she said.

Yet religious difference has become our biggest challenge. Muslims, the fastest-growing religious group in Canada, have recently met with resistance when wearing the hijab during a sporting contest and seeking a prayer room at a university. In 2005, the Ontario government slapped an outright ban on religious courts of arbitration, which had operated for years in the Christian and Jewish faiths, because of an application to launch an Islamic court. That was followed by the Quebec town of Hérouxville’s crude code of conduct banning stonings and acid throwing, part of a push-back on immigration that led to the creation of the provincial government's Bouchard-Taylor commission on reasonable accommodation.

The Crucible

Quebec has become the crucible for a national debate over identity, values, and how far newcomers should have to go to integrate. And while it is sometimes criticized for a perceived hostility to immigrants, it is taking unusual, pre-emptive steps to avoid the kind of conflicts that make Human Rights Commissions the subject of ridicule. After the Bouchard-Taylor report was tabled, Premier Jean Charest announced steps to defuse the crisis, including the reasonable-accommodation hotline.

“Immigrating to Quebec is a privilege,” he said. “And welcoming immigrants is a responsibility for all Quebeckers. Between the two, you have to know where to draw the line.”

The tricky task falls to two full-time consultants and a human-rights lawyer at the rights commission’s Old Montreal office. Since launching in late 2008, the service has tackled about 70 questions on matters of ethnic, linguistic and religious accommodation. A majority of them involve the province’s Muslim community, which has grown rapidly as a result of a provincial policy favouring French-speaking immigrants.

Over the past two years, the service has counselled a daycare to give a Jewish employee the day off for Yom Kippur. It told a foreman he can’t force his immigrant employees to speak English or French among themselves It recommended a Sikh employee remove a symbolic bracelet from his wrist while handling food.

The suggestions are non-binding and employers can ignore the advice if they want – though if they turned to the Human Rights Commission for help in the first place, they probably did so to avoid a potential complaint down the road.

(…)

The Balance

Not everyone sees Solomonic wisdom in the advisers’ suggestions. A recommendation that a school board grant a Muslim employee Friday afternoons off to attend mosque has been criticized for putting the teacher’s needs before his pupils’.

For their part, the advisers say they rely for guidance on the Canadian and Quebec charters, legal precedent, and the search for the tipping point between minority rights and a business’s interests.

“We try to respect the rights of employees with the needs of their employers,”

“It’s finding the right balance,” said Jean-Sébastien Imbeault, a 31-year-old with a masters in sociology. One of the two advisors, he carts a copy of the Quebec charter of rights around his office. “It’s not black or white, yes or no. I’ll never tell an employer to accommodate or not accommodate. Between the two, there’s grey.”

http://www.theglobeandmail.com/news/nation…article1737375/

We examine five real-life cases that Quebec's "reasonable accommodation" hotline had to deal with.

(…)

Case 1: Lingua franca on the production line

A group of employees on the production line of a medium-sized business speak among themselves in their native tongues – Russian, Arabic and Haitian Creole. The foreman can’t understand them and doesn’t know if they understand his regulations. He feels production would work more smoothly if his employees spoke French or English.

Jacques Beauchemin, university sociologist, adviser to the Bouchard-Taylor Commission, and member of Intellectuals for Securalism, which oppose religion in the public sphere: “The fact they’re speaking neither English nor French illustrates the effects of multiculturalism. It’s harmful, because a society needs to unify people around common things, not only around differences. We need to rally around certain core values. This case shows that our societies are less and less able to integrate (newcomers) around the central issues of language and culture.”

The human-rights commission solution: An employer can’t force staff to speak English or French when they’re talking among themselves. Quebec’s language law, Bill 101, imposes French as the official language of work, but it applies only to fields such as signs or customer service. The foreman instead should try to meet with his multilingual staff, lay out his expectations about their work performance, and follow up if they commit errors.

(…)

http://www.theglobeandmail.com/news/nation…article1737628/

Les commentaires des articles, et les réponses au vote en ligne à la question Is multiculturalism a failed experiment in Canada? présentent une image différente de ce graphique sur l'ouverture des différents peuples à la diversité.

Enfin, à l’instar des Néerlandais et des Suédois, il y a un mécontentement grandissant chez les Canadiens vis-à-vis des politiques sociales traitant de l’immigration imposées par les élites. En début d’année, une affaire au sujet d’une Egyptienne refusant d’enlever le niqab avait été largement relayée par la presse. Les Canadiens, anglophones comme francophones, s’accordaient alors à dire que leur tolérance et leur sens de l’hospitalité (bien réels, je tiens à confirmer) ne devaient pas être confondus avec une acceptation sotte de tout caprice des nouveaux arrivants. En ceci, la position canadienne contraste avec l’américaine : de l’autre côté de la frontière, au sujet de cette même affaire, je notais que toute critique de cette face du multiculturalisme – si on s’entend pour le nommer de la sorte – était plus rapidement condamnée de manière rigide, et souvent désignée comme une atteinte à la liberté individuelle.

Posté

Ci dessus parmi les lignes l'on voit l'imbroglio au sujet du Quebec et sa culture spécifique et l'impasse devant le multiculturalisme, exacerbé pour les immigrants français, se sentant exclus car francophones mais non quebécois pure laine comme ils disent.

Le Canada semble être, cette fois-ci, en retard sur son protecteur britannique ou l'on a déclaré le multiculturalisme moribond. C'est une raison de la victoire des consérvateurs de l'ouest.

Posté

heuresement on a la formation'' Gestion de l'égalité, de la non discrimination et de la diversité'' qui devrait permettre une redefinition citoyenne du vivre ensemble… :icon_up:

Diplôme d'université:

* Gestion de l'égalité, de la non discrimination et de la diversité

Responsable du diplôme :

* Stéphane LEYMARIE, Maître de conférences UFR ESM

* Pascal TISSERANT , Maître de conférences UFR SHA

Volume horaire :

* 120 heures de cours (6 modules de 20h)

Informations complémentaires:

* Cours les mercredis, jeudis et vendredis

Objectifs de la formation:

* Les politiques de lutte contre les discriminations sont récentes et les compétences qu'elles nécessitent chez des acteurs concernés , en terme de respect du principe d'égalité et de promotion de la diversité sont nouvelles et rarement présentes dans la formation de ces professionnels.Ce diplôme de l'université PAUL VERLAINE - METZ cherche à combler ce vide en s'adressant à des personnes dont le projet, à court terme, mobilisent la maîtrise des grands principes de l'égalité, de la non discrimination et de la diversité.

Publics visés:

* Toute personne souhaitant acquérir des compétences dans le domaine de l'égalité, de la non discrimination et de la diversité , en complément de son activité ou dans l'objectif d'une prise de fonction dédiée à ces questions au sein d'une entreprise, d'un établissement public ou parapublic , d'une collectivité territoriale , d'une association à but non lucratif…:

- Responsable ressources humaines

- Chef de service

- Consultant(e)

- Conseiller(ère) en emploi, en insertion ou en orientation

- Formateur(trice)

- Syndicaliste

- Responsable ou animateur(trice) de confédération professionnelle

- Inspecteur(trice) du travail

- Responsable d'association

  • 4 months later...
Posté

Vous reprendrez bien un peu de confiture?

David Cameron dénonce l'échec du multiculturalisme en Grande-Bretagne

publié le 05/02/2011

MUNICH (Allemagne) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, comme la chancelière allemande Angela Merkel en 2010, a dénoncé samedi l'échec de la politique de multiculturalisme dans son pays, en appelant à mieux intégrer les jeunes musulmans pour lutter contre l'extrémisme.

Les déclarations de M. Cameron devant la Conférence de Munich sur la sécurité marquent un changement important dans la politique britannique à l'égard des minorités ethniques et religieuses.

Le Premier ministre britannique a en effet estimé que le fait d'avoir adopté une politique de trop grande "tolérance" à l'égard de ceux qui rejettent les valeurs occidentales, avait échoué.

Il a plaidé en faveur d'"un libéralisme plus actif, plus musclé" pour défendre activement l'égalité des droits, le respect de la loi, la liberté d'expression la démocratie, et renforcer l'identité nationale en Grande-Bretagne.

"Si nous voulons vaincre cette menace, je crois qu'il est temps de tourner la page des politiques du passé qui ont échoué", a-t-il déclaré, à propos de l'extrémisme islamique dans le pays.

Ses déclarations surviennent après celles d'Angela Merkel, qui avait elle-même estimé en novembre que le multiculturalisme était un échec et que l'Allemagne n'avait pas assez fait pour intégrer ses immigrés.

L'extrémisme islamique préoccupe grandement les autorités britanniques depuis les attentats meurtriers du 7 juillet 2005 dans les transports londoniens.

"Avec la doctrine du multiculturalisme d'Etat, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées les unes des autres" et du reste de la population, a estimé M. Cameron, entré en fonction en mai 2010.

Cela a conduit, selon lui, à un déficit d'identité nationale en Grande-Bretagne qui a amené de jeunes musulmans à se tourner vers une idéologie extrémiste. "Franchement, nous avons besoin de beaucoup moins de cette tolérance passive des dernières années et de beaucoup plus de libéralisme, actif et musclé", a-t-il déclaré.

M. Cameron a clairement fait la distinction entre l'islam en tant que religion et l'idéologie politique des islamistes: "Ce n'est pas la même chose", a-t-il souligné.

Il a toutefois dénoncé l'ambiguïté sur les valeurs occidentales de certains groupes non-violents qui se présentent comme un lien avec la communauté musulmane, estimant qu'ils ne devraient plus recevoir de fonds publics et ne plus être autorisés sur les campus universitaires.

Plusieurs organisations musulmanes en Grande-Bretagne ont dénoncé les propos de M. Cameron.

"C'est décevant", a réagi Faisal Hanjra, l'un des responsables du Conseil musulman britannique. "Une fois de plus il semble que seule la communauté musulmane soit sous le feu des projecteurs, elle est traitée comme faisant partie du problème, et non comme pouvant faire partie de la solution", a-t-il déclaré à la radio britannique BBC.

"Montrer du doigt les musulmans comme il (M. Cameron) l'a fait ne fait que nourrir l'hystérie et la paranoïa à l'égard de l'islam et des musulmans", a regretté de son côté Mohammed Shaqif, à la tête de la Fondation Ramadan, spécialisée notamment dans l'éducation.

"Les musulmans britanniques exècrent le terrorisme et l'extrémisme, et on a travaillé dur pour éradiquer ce mal de notre pays, mais suggérer qu'on ne partage pas les valeurs de tolérance, de respect et de liberté est profondément offensant et incorrect", a-t-il estimé.

"Le jour où l'on voit les fascistes dans la rue (…) , on ne voit pas de condamnation similaire" de la part du gouvernement les visant, a-t-il noté, faisant allusion à une manifestation d'extrême droite organisée samedi à Luton, ville située à 50 km au nord de Londres.

Par AFP

Les propos de Cameron sur le multiculturalisme font polémique

LEMONDE.FR | 06.02.11 |

Les propos du premier ministre britannique David Cameron, samedi 5 février à Munich, sur "l'échec du multiculturalisme" en Grande-Bretagne, provoquent un débat dans son parti et font polémique dans une partie de l'opinion britannique.

Dans un discours remarqué, M. Cameron a estimé que "le multiculturalisme a conduit à ce que des communautés vivent isolées les unes des autres. Ces sociétés parallèles ne se développent pas selon nos valeurs. Nous ne leur avons pas donné une vision de ce qu'est notre société". Il a appelé l'Europe à "se réveiller"et à"regarder ce qui se passe dans ses frontières".

Rejetant toute stigmatisation de l'Islam, "religion pratiquée pacifiquement par plus d'un milliard de personnes", il a jugé que la théorie du "choc des civilisations" était un "non sens". Mais il juge qu'il faut plus de fermeté de la part des pouvoirs publics contre les "prédicateurs de la haine", et mieux contruire "une identité nationale pour tous". Il a promis que le gouvernement allait revoir notamment sa politique de subventions aux associations communautaires, pour n'aider que celles prônant la tolérance, le respect de l'égalité des sexes et l'intégration.

Ce discours fait écho à celui prononcé fin octobre 2010 par la chancelière allemande Angela Merkel. Elle y admettait elle aussi l'échec du multiculturalisme pratiqué dans son pays, appelant les immigrés à s'adapter à la culture et aux valeurs allemandes.

CONTROVERSE

En Grande-Bretagne, plusieurs associations musulmanes ont dénoncé ce discours. Muslims4UK, qui prône la tolérance et lutte contre l'islamisme, a ainsi fustigé une "analyse profondément erronée", jugeant qu'il y avait '"un lien ténu entre les problèmes d'immigration et les problèmes de terrorisme", et mettant en cause l'intervention britannique en Irak et en Afghanistan comme cause plus probable de la radicalisation d'une partie de la jeunesse musulmane. "Montrer du doigt les musulmans (…) ne fait qu'entretenir l'hystérie et la paranoïa à l'égard de l'islam et des musulmans", a également estimé Mohammed Shaqif, patron d'une fondation musulmane spécialisée dans l'éducation.

Au sein de la classe politique anglaise, le discours de M. Cameron lui a valu la colère de la gauche, qui l'accuse de faire monter les peurs et d'aider l'extrême-droite Sadiq Khan, membre du Labour (gauche), accuse ainsi le premier ministre d'avoir "écrit de la propagande pour l'EDL'" (English defence league, un parti d'extrême-droite). Une critique qui lui a valu la réplique immédiate d'une porte-parole Tory (parti de droite républicaine), jugeant ce commentaie "outrageant et irresponsable".

Plus modéré, l'ex-ministre de l'intérieur britannique Jack Straw, membre du Labour lui aussi, a jugé que les musulmans du pays "veulent la même chose pour leurs familles que n'importe qui, et adhèrent au mêmes valeurs, y compris une horreur du terrorisme".

Le premier ministre a choisi de faire son discours la veille de la marche de Luton, rendez-vous de l'extrême-droite britannique, qui donne lieu à des affrontements avec des groupes musulmans. Nick Griffin, leader du BNP (British National Party, extrême-droite), a salué ce discours, estimant qu'"en termes rhétoriques, c'est un signe de la griffinisation de la vie politique britannique. Il a dit des choses que moi et le BNP disons depuis des années".

"ATTAQUE DÉVASTATRICE"

La presse a noté l'audace de ce discours, mais pas toujours pour s'en réjouir. The Independent évoque ainsi "une attaque dévastatrice contre 30 ans de multiculturalisme", "un changement radical de stratégie". Mais l'un de ses éditorialistes, Paul Vallely, dénonce une posture dont il juge qu'elle "revient à caricaturer pour démontrer" et juge que certaines des propositions du premier ministre "envoient un message trop dogmatique", ressemblant à celui porté par d'autres partis de droite en Europe. "Le multiculturalisme vise à créer un facteur commun sociétal plus fort. L'approche de David Cameron nous condamne à checher le plus petit dénominateur commun", conclut-il.

Pour le Guardian (centre-gauche), David Cameron, en employant un terme aussi polysémique et vague que "multiculturalisme", a "garanti que cela provoquerait une controverse, ce qui était probablement en partie son but". Toufois, note le quotidien, le premier ministre a raison lorsqu'il estime que "l'Etat ne devrait jamais être aveugle à la cruauté et aux crimes qu'on peut trouver dans certaines pratiques culturelles dévoyées", comme l'excision.

Le Daily Telegraph parle quant à lui d'un "discours majeur" et estime qu'il signifie que l'Angleterre doit désormais "abandonner la notion que différentes communautés peuvent vivre selon leur propres valeurs et traditions, à condition qu'elles respectent la loi". L'analyste politique de la BBC, Laura Kuenssberg, estime pour sa part que "David Cameron a marché d'un pas ferme dans un débat où bien des politiciens louvoient".

http://www.lemonde.fr/imprimer/article/2011/02/06/1475928.html

David Cameron : "l’Europe doit se réveiller" contre l'extrémisme islamiste

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/02/05/david-cameron-l-europe-doit-se-reveiller-contre-l-extremisme-islamiste_1475497_3214.html

Invité jabial
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Le problème n'est pas le multiculturalisme en soi, qui est à mon sens un choix d'ouverture, ce qui est toujours une bonne chose.

Le problème c'est l'État qui arrive avec la bonne volonté des uns et le cynisme des autres à en faire une soupe empoisonnée. L'État c'est la force. La force est certes paradoxalement nécessaire à des rapports pacifiques, c'est le sens même de la justice, mais le droit positif doit-il s'immiscer dans tous les aspects de la vie sociale et économique ?

Qu'on gouverne une famille comme on gouverne une nation et elle explosera en miettes. Peut-être, qui sait, devrait-on y voir quelque augure en ce qui concerne la façon de gouverner durablement les nations.

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Voilà, le titre des deux articles est d'ailleurs trompeur, puisque M.Cameron dénonce bien le multiculturalisme d'Etat.

Et quand Mme Merkel dénonce l'échec dont elle parle, en disant que l'Etat n'en n'a pas fait assez, c'est bien le contraire qu'il faudrait fustiger. Sans connaître la politique allemande en la matière, je ne doute pas qu'elle ait beaucoup de points communs avec la pratique française, calamiteuse.

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Le problème n'est pas le multiculturalisme en soi, qui est à mon sens un choix d'ouverture, ce qui est toujours une bonne chose.

Je crois qu'il y a ce sujet une confusion profonde entre le cosmopolitisme, qui est infiniment désirable, et le multiculturalisme, qui me semble pour le moins critiquable.

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Je crois qu'il y a ce sujet une confusion profonde entre le cosmopolitisme, qui est infiniment désirable, et le multiculturalisme, qui me semble pour le moins critiquable.

Quel est la différence ?

Posté

Pour faire simple, le cosmopolitisme est l'état d'esprit d'une société où règne le "droit à l'indifférence" dans la mesure du respect de certaines normes locales minimalistes, comme dans toutes les villes-mondes et les capitales des empires du passé. Le multiculturalisme, quant à lui, est la revendication top-down ou l'imposition bottom-up de droits différents, segmentant la société et tendant à empêcher ses diverses composantes de se rencontrer et de se brasser, quand bien même elles le voudraient. C'est un peu le rêve de Stefan Zweig contre un cauchemar de René Girard, d'une certaine manière.

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