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"Régressivité" de l'impôt en France.


Samahell

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http://eco.rue89.com/explicateur/2009/09/1…ent-progressive

L'impôt en France serait de plus en plus régressif (moins lourd pour les riches, plus lourd pour les pauvres).

Cette fois encore je n'ai la compétence ni pour confirmer ni pour réprouver, mais je suis sûr que ça en fera réagir plus d'un et les réactions en question m'intéressent.

Vu de loin ça a l'air de se tenir. L'auteur a l'air de se manger deux-trois remarques en commentaires mais d'avoir toujours quelque chose à y répondre.

Posté

Il se contredit lui-même : il finit par dire que la courbe de prélèvement fiscal à probablement une forme presque plate (autrement dit que le taux de prélèvement est égal pour tous ou même plutôt qu'il croît faiblement en fonction du revenu) alors qu'un impôt dégressif (et non "régressif") voit son taux diminuer (mais le prélèvement en valeur absolu continue lui à croitre).

De plus il me semble (à vérifier donc) qu'il ne compte pas les aides sociales : un RMIste ne paie pas vraiment d'impôts (sa TVA est en réalité payée par les autres contribuables). On pourrait certes en dire autant d'un certains nombres de gens favorisés par l'état et qui sont eux parmi les hauts revenus (en premier lieu certains fonctionnaires et hommes politiques). Si vous donnez de l'argent au gens pour qu'il payent leurs impôts avec vous pouvez très bien avoir un système très redistributif avec des impôts formellement dégressif, ne pas le prendre en compte est donc absurde.

Sinon les taxes sur l'alcool et le tabac vise officiellement à dissuader les consommateurs et ce dans leurs propres intérêts : dans cette optique il faudrait plutôt plaindre "les riches" pour qui ce "service" est moins efficace. :icon_up:

Dans un État libéral la taxation serait globalement dégressive : paiement sous forme de redevance de la plupart des services quand c'est possible et pour les autres (ex: armée) quelques impôts ou taxes à taux fixe (ce qui au final donne des prélèvements obligatoires dégressifs).

Posté
Mais malgré tout, malgré ses niches fiscales, amputé vers le haut par le fameux bouclier, l'impôt sur le revenu reste progressif. Le problème, c'est qu'il ne pèse plus très lourd, et que quasiment tous les autres impôts sont « régressifs ».

C'est vrai, les niches le rendent dégressif pour le dernier décile ou demi-décile (des chiffres précis auraient été souhaitables, quand même). Mais c'est dire qu'il n'en est que plus lourd pour ceux qui sont juste en dessous, empêchant la couche supérieure de la classe moyenne de continuer à s'élever.

Et si il pèse si peu que ça, pourquoi ne pas le supprimer ? :icon_up:

[sur la TVA] C'est de loin l'impôt le plus important et c'est un impôt régressif. Pourquoi ? Tout simplement parce que les ménages modestes consomment 100% de leurs revenus, alors que les ménages aisés en épargnent une partie.

Même les ménages modestes épargnent (au moins pour ceux qui veulent s'en sortir), n'en déplaise à la vulgate keynésienne. Mais si ils épargnent en moyenne peu, c'est peut-être parce que les prélavements obligatoires sont déjà trop lourds pour eux. Comparons par exemple leur salaire net à leur salaire complet. L'article passe étrangement sous silence les ressources de la Sécu, qui sont plus importantes que celles de l'Etat, et que l'on peut sans trop d'hésitation qualifier de progressives, dans la mesure où une bonne part des bas salaires (moins de 2 smics) est exemptée en partie ou en totalité de cotisations sociales. Enfin, tout ceci suppose que, dans ce pays, l'épargne est moins taxée que la consommation, ce qui est parfaitement douteux.

Quand aux taxes sur le tabac, l'alcool et l'essence (frappés de taxes lourdes, qui peuvent atteindre 80%), qui représentent quelque 9% des recettes fiscales nettes, elles sont extrêmement régressives : les Français du bas de l'échelle boivent et fument autant que ceux du haut, sans parler de l'essence.

Les Français du haut de l'échelle boivent étrangement du scotch 12 ans d'âge et du champagne plutôt que du gros rouge qui tache, du pastis ou de la 33 Export ; ils fument plutôt des cigares que des Gauloises blondes. Ces produits, plus chers, comportent le même taux de taxes dans leur prix. Les riches conduisent plutôt des 4x4 ou de grosses berlines gourmandes que des petites citadines (25 l aux 100 pour un Porsche Cayenne ; 5 l aux 100 pour une 205 d'occasion). En somme, le budget alcool, tabac et essence du riche est plus important en valeur absolue que celui du pauvre (pas vraiment étonnant, cependant). Ceci dit, ces taxes ne sont pas progressives ou régressives selon le revenu : elles sont flat selon la consommation de certains produits, dont on peut se passer sans trop d'inconvénients (à part pour l'essence, mais là encore, on trouve davantage de revenus modestes que de hauts revenus dans les transports en commun).

Ah, et tant que j'y pense : ces accises pèsent moins que l'impôt sur le revenu, considéré plus haut comme presque négligeable. :doigt:

Accessoirement, on peut remarquer un splendide os passé sous le tapis :

Laissons de côté l'impôt sur les sociétés, dont il est très difficile de mesurer l'impact final sur les citoyens. Les entreprises le répercutent entre l'actionnaire, le client et le salarié, selon une clé impossible à calculer.

Imposssible à calculer ou pas, il me semble toutefois clair que, si le client et le salarié peuvent se trouver dans toutes les tranches de revenus, l'actionnaire, dont il est certain qu'il porte une part du poids de cet impôt, est en France très nettement quelqu'un d'aisé. Ai-je entendu "progressivité" ?

P.S. : remarquez l'image que le rédacteur a des pauvres : des cons incapables de prévoir l'avenir, et qui claquent tout leur pognon en clopes et en alcool. :mrgreen:

Posté
Même les ménages modestes épargnent (au moins pour ceux qui veulent s'en sortir), n'en déplaise à la vulgate keynésienne. Mais si ils épargnent en moyenne peu, c'est peut-être parce que les prélavements obligatoires sont déjà trop lourds pour eux. Comparons par exemple leur salaire net à leur salaire complet. L'article passe étrangement sous silence les ressources de la Sécu, qui sont plus importantes que celles de l'Etat, et que l'on peut sans trop d'hésitation qualifier de progressives, dans la mesure où une bonne part des bas salaires (moins de 2 smics) est exemptée en partie ou en totalité de cotisations sociales. Enfin, tout ceci suppose que, dans ce pays, l'épargne est moins taxée que la consommation, ce qui est parfaitement douteux.

Et puis l'épargne à vocation à être consommé un jour, non ? Un capital qui passe de génération en génération sans être jamais être entamé ça existe mais c'est quand même pas toujours le cas.

Posté
Et puis l'épargne à vocation à être consommé un jour, non ? Un capital qui passe de génération en génération sans être jamais être entamé ça existe mais c'est quand même pas toujours le cas.

Disons que, si elle n'y a pas nécessairement vocation par nature, c'est le plus souvent ainsi qu'elle finit. :icon_up:

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Mais si ils épargnent en moyenne peu, c'est peut-être parce que les prélavements obligatoires sont déjà trop lourds pour eux.

Joli.

Posté
Même les ménages modestes épargnent (au moins pour ceux qui veulent s'en sortir), n'en déplaise à la vulgate keynésienne. Mais si ils épargnent en moyenne peu, c'est peut-être parce que les prélavements obligatoires sont déjà trop lourds pour eux.

C'est exactement ce que je me dis chaque fois que je regarde ma fiche de paie pour me faire enrager tout seul. Je pourrais mettre encore plus d'argent de côté (entre 10 et 15 % actuellement) si on ne me piquait pas 46 % de mon salaire.

Quant à la vulgate keynésienne, elle devrait se renseigner : les LEP sont soumis à conditions de ressources et à plafonnement. Ceux qui paient plus de 700 euros et quelques d'IRPP se voient clôturer le compte. Des LEP, il y en a un sacré paquet.

Posté

T'as déjà la moitié des actifs qui ne payent pas d'IR. D'ailleurs j'aimerai bien savoir la part de SMICard parmi les actifs.

Sinon en parlant d'impots, j'ai presque envie de calculer scrupuleusement tout le fric que je lache à l'Etat, pour l'année 2010. Sur certains produits comme l'essence ca ne sera pas évident (on a toujours le chiffre de 80% mais le final doit être un peu plus précis que ca). A la fin ca me ferra peur je pense.

Posté
T'as déjà la moitié des actifs qui ne payent pas d'IR. D'ailleurs j'aimerai bien savoir la part de SMICard parmi les actifs.

Sinon en parlant d'impots, j'ai presque envie de calculer scrupuleusement tout le fric que je lache à l'Etat, pour l'année 2010. Sur certains produits comme l'essence ca ne sera pas évident (on a toujours le chiffre de 80% mais le final doit être un peu plus précis que ca). A la fin ca me ferra peur je pense.

La plupart grosse part, ce sera les charges sociales, ensuite, selon tes revenus, l'IR ou la TVA.

Grosso modo pour un salaire 1 plafond secu (2850 e brut), les charges sociales représentent 85% de la valeur de ton net.

http://www.salairecomplet.com

Le taux de taxe sur l'essence est important, mais ce poste n'est pas non plus le plus important de la plupart des ménages. En général, c'est logement, nourriture en premier loin devant.

Posté

Sans oublier la plus abjecte des taxes, l'inflation, qui fait le plus de mal à la classe moyenne et aux plus modestes.. (cf. monnaie papier que l'on imprime à sa guise)

Invité jabial
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L'impôt est très lourd pour les riches, mais ils ont en moyenne plus de moyens d'y échapper. Ca veut dire que deux personnes riches qui ont le même patrimoine pourront avoir des impôts très différents. En plus de ça, il existe des profils qui peuvent facilement choisir leur résidence en fonction de la fiscalité alors que d'autres, qui ont tout ou presque dans une boîte qu'ils contrôlent personnellement, ne peuvent le faire sans un plan à long terme de délocalisation ou de fillialisation (ouvrir une filliale à l'étranger, en faire progressivmeent sur plusieurs années l'établissement principal). Quand en plus le cœur du business est un marché de niche local, tu oublies tout de suite.

Sans oublier la plus abjecte des taxes, l'inflation, qui fait le plus de mal à la classe moyenne et aux plus modestes.. (cf. monnaie papier que l'on imprime à sa guise)

L'inflation ne fait réellement de mal que lorsqu'elle est imprévisible. Quand elle est prévisible, tout s'ajuste en fonction. Mais ça reste une dépense d'énergie pour rien.

Posté
T'as déjà la moitié des actifs qui ne payent pas d'IR. D'ailleurs j'aimerai bien savoir la part de SMICard parmi les actifs.

Environ 15% ou un peu plus; tu devrais pouvoir trouver ça sur le site de l'iFRAP.

Invité jabial
Posté

Un smicard paie déjà 30% de charges sociales au minimum. Et sur ce qu'il touche, encore 20% de TVA en moyenne. Non franchement, on est dans un régime de communisme soft.

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http://eco.rue89.com/explicateur/2009/09/1…ent-progressive

L'impôt en France serait de plus en plus régressif (moins lourd pour les riches, plus lourd pour les pauvres).

Cette fois encore je n'ai la compétence ni pour confirmer ni pour réprouver, mais je suis sûr que ça en fera réagir plus d'un et les réactions en question m'intéressent.

Ma réaction, c'est qu'une fois encore, on se focalise sur les "inégalités", au lieu de mettre l'accent sur le vrai problème qui plombe ce pays: il y a tout simplement trop d'impôts en France. Et une mentalité malsaine qui consiste à toujours opposer les gens entre eux sur la seule question du fric. C'est très réducteur, et ça ne mène à rien, sinon à de la frustration de part et d'autre.

Un smicard paie déjà 30% de charges sociales au minimum. Et sur ce qu'il touche, encore 20% de TVA en moyenne. Non franchement, on est dans un régime de communisme soft.

Exactement. Communiste soft pour l'instant; mais je crains que les choses n'aillent pas en s'arrangeant.

Posté
L'inflation ne fait réellement de mal que lorsqu'elle est imprévisible. Quand elle est prévisible, tout s'ajuste en fonction. Mais ça reste une dépense d'énergie pour rien.

Par inflation j'entends la définition des économistes de l'école autrichienne. C'est-à-dire l'augmentation de la quantité de monnaie en circulation par les banques centrales (dévaluation de la monnaie papier.. L'augmentation des prix n'étant qu'une conséquence logique de l'inflation).

A moins d'avoir son salaire / ses économies en or (ou autres métaux/objets précieux) ou d'être le premier à recevoir la nouvelle 'monnaie' imprimée/contrefaite, on paye tous cette taxe.

Au contraire, n'est-ce pas la taxe qui nous fait le plus de mal, puisqu'elle permet à notre insu, le financement des guerres et autres programmes immoraux ?

Posté
La plupart grosse part, ce sera les charges sociales, ensuite, selon tes revenus, l'IR ou la TVA.

Grosso modo pour un salaire 1 plafond secu (2850 e brut), les charges sociales représentent 85% de la valeur de ton net.

http://www.salairecomplet.com

Le taux de taxe sur l'essence est important, mais ce poste n'est pas non plus le plus important de la plupart des ménages. En général, c'est logement, nourriture en premier loin devant.

Je sais que je claque pas une fortune en essence chaque mois. Néanmoins, j'ai envie de tenir une comptabilité rigoureuse de ce que je lache de visible à l'Etat.

Les prélèvements sociaux c'est pas dur, tu prends la colonne 'coùt totale du salarié' (oui, celle qui fait quasi 2X ton salaire net) et tu retranches le salaire net. Et hop ca donne ce que je me fais extorquer chaque mois. Ensuite sur le reste je paye la TVA, la TIPP, les impots locaux, la redevance, les accises monstrueuses sur l'assurance (bam 33% sur l'assurance auto) :doigt:

Je touche en principe un peu plus que le SMIC, ca sera intéressant de voir comment un ultralibéral pas forcément nanti paye pour les plus pauvres que lui :icon_up:

Posté
L'inflation ne fait réellement de mal que lorsqu'elle est imprévisible. Quand elle est prévisible, tout s'ajuste en fonction. Mais ça reste une dépense d'énergie pour rien.

Euh ça dépend aussi de la manière dont la nouvelle monnaie est distribuée : si j'étais capable d'imprimer des milliards dans ma cave ce serait une perte pour tout le reste de la population et ce même si j'imprime à un rythme parfaitement régulier et connu de tous.

Posté
Ma réaction, c'est qu'une fois encore, on se focalise sur les "inégalités", au lieu de mettre l'accent sur le vrai problème qui plombe ce pays: il y a tout simplement trop d'impôts en France. Et une mentalité malsaine qui consiste à toujours opposer les gens entre eux sur la seule question du fric. C'est très réducteur, et ça ne mène à rien, sinon à de la frustration de part et d'autre.

+1, l'article en référence est factuellement exact. Enfin, à part une connerie reprise du monde diplo sur le taux marginal de 1924. L'interprétation qui en est tirée est douteuse.

Oui, la fiscalité des deux ou trois premiers centiles a été allégées sur la dernière décennie et globalement le poids de l'IR a baissé dans les recettes de l'état. Le poids de l'IR, pas la fiscalité en générale et SURTOUT pas les poids des prélèvements obligatoires.

A cela, j'y vois deux raisons :

1> l'IR est le seul impôt que les gens payent directement. La TVA, La TIPP, les charges sociales, la CSG/RDS, seul 5 % de la populations (libéraux, chefs d'entreprises) la voyent. Donc, on peut y aller :icon_up: Il y a même eu un projet - qui devait aboutir en 2010 - qui consistait à prélever directement l'IR sur les revenus. L'administration françaises étantg particulièrement inefficace, ce projet a surement été retardé. Mais il reviendra.

2> sur la réduction relative des prélèvement des premiers centiles, l'état est obligé de composer avec un principe de réalité : l'exil fiscal.

Posté
Je sais que je claque pas une fortune en essence chaque mois. Néanmoins, j'ai envie de tenir une comptabilité rigoureuse de ce que je lache de visible à l'Etat.

Les prélèvements sociaux c'est pas dur, tu prends la colonne 'coùt totale du salarié' (oui, celle qui fait quasi 2X ton salaire net) et tu retranches le salaire net. Et hop ca donne ce que je me fais extorquer chaque mois. Ensuite sur le reste je paye la TVA, la TIPP, les impots locaux, la redevance, les accises monstrueuses sur l'assurance (bam 33% sur l'assurance auto) :doigt:

Je touche en principe un peu plus que le SMIC, ca sera intéressant de voir comment un ultralibéral pas forcément nanti paye pour les plus pauvres que lui :icon_up:

Le coût total employeur n'est pas de *2 pour un SMIC, il y a la réduction dite Fillon sur les charges patronales des salaires <1.6 SMICs.

Un smic, c'est en gros 1040euros net, 1340 brut, et 1500 complet.

Réduction des recettes de la sécu qui est bien entendu compensée par l'Etat, ce sont donc des recettes fiscales qui viennent en compléter les cotisations sociales pour cette population.

On peut ainsi dire que les gens à <1.6 SMICs reçoivent une subvention de l'Etat pour payer leur sécu (santé, retraite, familles).

Posté

Pour un SMIC avec les charges patronales tu tombes à 1500 ?! O_o

Je touchais un peu plus, mais je tombais sur une colonne "cout total du salarié" à 1900+€

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