Mégille Posté Vendredi at 16:25 Signaler Posté Vendredi at 16:25 Il y a sans doute une sorte de loi de développement du politicien, ou du chef de différentes sortes d'organisations - tant qu'elles autorisent une certaine latéralité dans le gravissement des échelons, et une possibilité d'alliance pour y parvenir. Dans un premier temps, l'embryon de politicien se rend utile à un politicien mature, son patron. La plupart sont jetés après usage. Il devient un politicien larvaire en se rendant non plus seulement utile mais nécessaire à son patron, au moins pour une tâche donnée, soit en étant récompensé pour sa loyauté par un patron méfiant, soit en faisant jouer l'un contre l'autre deux patrons rivaux qui auraient préférés les services d'un agent double à ceux d'un lige. Il devient un politicien juvénile quand il se dote de sa propre clientèle pour prendre l'ascendant sur ses rivaux, ne serait-ce que pour gagner en influence auprès d'un super-patron. Il devient un politicien mature à partir du moment où sa position devient suffisamment avantageuse pour que d'autres politiciens post-larvaires aient au moins occasionnellement intérêt à devenir ses vassaux pour éviter d'être ses rivaux. Ensuite, s'il cesse d'être capable de croître, par limitation stratégique ou physique, il est possible qu'il subsiste, si ses vassaux gardent un intérêt à le garder comme figure fédératrice tant qu'ils estiment trop élevé le risque d'un conflit ouvert entre eux. Le politicien subsiste alors comme carcasse vivante, jusqu'à ce qu'elle éclate, dévorée par les mouches et les larves. Cas d'étude : le président Biden était clairement une carcasse vivante, après être passé par toutes les étapes précédentes. Sarkozy et Hollande, comme Obama, ont quitté le jeu (provisoirement ou non) en tant que matures, sans devenir des carcasses. Macron et Trump, tout outsiders qu'ils aient été, ont sans doute grandi dans un premier temps selon un schéma similaire, mais au sein d'écosystèmes différents, le monde bureaucratique de Macron n'étant pas si impartial qu'il l'affiche dans sa distribution des mérites, et le monde des affaires de Trump est sans doute fait d'arrangements malveillants plus que d'honnêtes échanges libres. Ils diffèrent en s'étant greffés à la niche écologique de la politique électorale à des stades différents. Macron, avec assez peu de risque, en fin de stade larvaire sous Hollande et est très vite devenu juvénile puis mature, grâce au fort désir de l'armée de mouches à se trouver une nouvelle crotte, mais ses efforts pour garder la main sur ses troupes ont affaibli sa faction toute entière, qui se retrouve toute ensemble dans le rôle de carcasse portée par des complices récalcitrants. Trump a joué un plus gros jeu et a intégré la niche déjà en tant que politicien mature. Son premier mandat était une phase d'adaptation maladroite, le premier dingo à se trouver face à un kangourou en Australie a du avoir un comportement et des réactions similaires. Au moment de son deuxième mandat, son intégration à l'écosystème est complet, et il a une clientèle très vivace accrochée à ses mamelles, mais c'est son déclin cognitif qui le transforme en carcasse. J'imagine que du monde a écrit de choses beaucoup plus intelligentes que ceci là dessus, mais je ne sais pas qui.
Alchimi Posté hier à 08:42 Signaler Posté hier à 08:42 Le 23/01/2026 à 17:25, Mégille a dit : J'imagine que du monde a écrit de choses beaucoup plus intelligentes que ceci là dessus, mais je ne sais pas qui. Ce serait pas couvert par divers champs des sciences humaines style la psychologie des groupes et etc? 1
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