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De l'art ou de cochon


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N'importe quel drogué suffisamment chargé peut faire de même (de quoi est mort Basquiat, déjà ?). C'est juste que tous n'ont pas l'idée de commercialiser leurs "oeuvres" (ou la chance de tomber sur un galeriste qui flaire le bon filon).

C'est quand même un peu plus compliqué que ça. Il faut surtout un très bon timing. Que tes "oeuvres" soient les incarnations du zeitgeist.

D'ailleurs, il m'arrive de penser à l'élaboration d'oeuvres d'art contemporain parfois, histoire de gagner du fric sans trop rien foutre.

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Si sous pretexte qu'ils se droguaient et avaient des vies de dépravés certains artistes ne méritent pas d'etre considérés comme tels, a ce jeu la il faut bruler les 3/4 des oeuvres impressionistes, détruire l'intégralité des oeuvres de Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, la moitié des jazzmen, Miles Davis, Sidney Bechet, Louis Armstrong…

D'ailleurs il y a quelques années j'avais vu un DVD de "clips" de jazz des années 30/40, eh bin les clips de rap d'aujourd'hui ont pas inventé grand-chose…

Le timing n'a rien a voir, les mecs vivent de ca pendant plusieurs annees avant qu'on les decouvre. Pour que l'artiste décolle vraiment, il faut plusieurs années. Et la création de richesse se fait surtout entre collectioneurs qui se revendent les pieces entre eux. Mais les prix de base ne sont que de quelques milliers d'euros pendant plusieurs années. C'est pas non plus la panacée.

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Une oeuvre d'art peut se juger à plusieurs niveaux. Boum, porte ouverte défoncée.

Le prix et l'affluence de l'exposition sont des critères mais s'ils se suffisent à eux même alors objectivement une machine qui fabrique du caca a la même valeur qu'un croquis de Rembrant, un chien errant ramassé dans la rue qui meurt de faim au millieu d'une gallerie devant les invités qui dégustent des toasts et des cocktails à la même valeur qu'un tableau de jeunesse de Monet et un porc tatoué avec une image pieuse vaut 150x fois l'image pieuse d'origine.

De nombreux théoriciens au cerveau gros comme un urinoir Duchamp prétendent que c'est ainsi, que l'art est mort, achevé, vaincu par la reproductibilité technique, cèdé aux caprices de la mode, de l'excès et du scandale, que le Beau et le Vrai sont dépassés et que tout le monde peut être un artiste: un barbouilleur qui n'a jamais étudié, un enfant, un alièné mental, un ordinateur, un chien. Poses ta pèche sur un socle en marbre et ça devient la tête de la Méduse.

On a déjà tout essayé et tout trainé dans la boue. L'art contemporain (ou l'art comptantpourien, ou l'art qu'oncomprenrien…) est une guerre de faux concepts qui vivent de la remise en question des uns des autres, une course vers le néant. De nombreux oeuvres du 20e siecle ne sont importantes que parcequ'elles révolutionnaient l'idée qu'on pouvait se faire de l'art, mais on ne peut pas révolutionner indéfiniement. On ne peut même pas espèrer rebooter l'art par un retour au classicisme, ca a déjà été fait et ce n'est finalement qu'un mouvement de plus qui s'aditionne aux autres.

Une fois, un artiste suisse très connu m'a dit autours d'un verre que le plus important aujourd'hui c'est de savoir baratiner et impressionner plastiquement avec les vieux stratagèmes de la renaissance mais sans jamais le revendiquer, sans jamais que ça se voit. Supercherie triviale qui ne l'empêche pas d'être un génie qui passe sa vie à bosser.

Menfin bref… Le temps fera le tri, comme d'habitude. Liborg, c'est plus drole quand ça parle de politique et de lolcats.

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Si sous pretexte qu'ils se droguaient et avaient des vies de dépravés certains artistes ne méritent pas d'etre considérés comme tels, a ce jeu la il faut bruler les 3/4 des oeuvres impressionistes, détruire l'intégralité des oeuvres de Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, la moitié des jazzmen, Miles Davis, Sidney Bechet, Louis Armstrong…

+1

La plupart de mes artistes préférés sont des dépravés drogués suicidaires et/ou à moitié fous.

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Une fois, un artiste suisse très connu m'a dit autours d'un verre que le plus important aujourd'hui c'est de savoir baratiner et impressionner avec les vieux stratagèmes de la renaissance mais sans jamais le revendiquer, sans jamais que ça se voit. Supercherie triviale qui ne l'empêche pas d'être un génie qui passe sa vie à bosser.

Menfin bref. Le temps fera le tri, comme d'habitude. Liborg, c'est plus drole quand ça parle de politique et de lolcats.

Autour d'un verre, je peux aussi te trouver un banquier pour dire que de toute facon, le systeme bancaire c'est tous des charognes jusqu'au dernier, que c'est tous des pourris qui pensent qu'au blé, qu'il n'y a absolument aucune éthique et que chacun pense a sa gueule et a son bonus a la fin de l'annee. Bah ca n'empeche que le marché financier a une utilité. Comme le marché de l'art.

@ pankkake : pour toi:

Great story, supposedly true.

Louis Armstrong was flying back from Europe, and on the same plane was

then-Congressman Richard Nixon. Nixon was apparently a fan of Louis and

they chatted throughout the flight.

When they arrived in New York, Louis said to Nixon, listen I'm an old man

and I've got all this stuff to carry, why don't you carry my trumpet for

me and help me out?

And that is the story of how Richard Nixon carried Louis Armstrong's stash

of weed through customs at the New York airport

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Autour d'un verre, je peux aussi te trouver un banquier pour dire que de toute facon, le systeme bancaire c'est tous des charognes jusqu'au dernier, que c'est tous des pourris qui pensent qu'au blé, qu'il n'y a absolument aucune éthique et que chacun pense a sa gueule et a son bonus a la fin de l'annee. Bah ca n'empeche que le marché financier a une utilité. Comme le marché de l'art.

Oui je suis d'accord.

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Effectivement, c'est absurde, les graffitis ont plus de chances d'avoir une valeur artistique qu'un Picasso, l'imposteur du siècle.

La meilleure œuvre de Picaca, c'est la Citroën.

Dire ça, c'est déjà étaler avec beaufitude son absence totale de jugement esthétique.

Picasso est l'équivalent pour le XXè siècle de Goya, Greco, ou Velazquez.

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Pour ceux qui passent à Barcelone, allez au musée Picasso voir Les Ménines en grandeur nature.

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Les Menines, sans vouloir faire offense, je prefere largement la version originale. Picasso j'irai pas jusqu'a dire que c'est un imposteur, mais pas mal des oeuvres au musee picasso a Paris me sont vraiment impermeables. C'est une question de gout.

Picasso était un génie de la peinture, et ceci ne se discute pas, nonobstant ses errements politiques. A certains moments il a fait des pastiches et s'est amusé, par exemple en caricaturant l'art décoratif de Matisse.

S'il y a bien un domaine où les hiérarchies s'imposent par des critères objectifs, c'est celui de la peinture et du goût artistique. Quand un tel dit que l'on ne peut pas juger, c'est seulement qu'il lui manque la culture nécessaire et l'éducation du regard pour discriminer par son entendement la qualité d'une oeuvre.

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Picasso était un génie de la peinture, et ceci ne se discute pas, nonobstant ses errements politiques. A certains moments il a fait des pastiches et s'est amusé, par exemple en caricaturant l'art décoratif de Matisse.

S'il y a bien un domaine où les hiérarchies s'imposent par des critères objectifs, c'est celui de la peinture et du goût artistique. Quand un tel dit que l'on ne peut pas juger, c'est seulement qu'il lui manque la culture nécessaire et l'éducation du regard pour discriminer par son entendement la qualité d'une oeuvre.

J'ai pas jugé, j'ai exprimé un gout. Completement différent.

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D'ailleurs heureusement que ces critères existent, car instruits par l'histoire des arts et de l'esthétique, nous savons avec certitude que l'art contemporain, en tout cas celui des lieux officiels et des pseudo avant-gardes nihilistes, est entièrement dominé par des charlatans qui trouvent leur salut dans les déchets.

Mais comme disait Ultros, ça ne saurait durer, l'impitoyable machine temporelle d'élimination et de sélection a déjà commencé son travail du négatif. Qui se souvient aujourd'hui du nouveau réalisme?

Donc pour revenir au sujet trollesque de départ, rions un peu avec Boltanski.

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Boltanski, "un art qui dérange et qui questionne". Effectivement, on a envie de trouver le chemin de la sortie.

Personnes comprend aussi une montagne de vêtements qui se dresse dans la petite branche de la croix. Au-dessus de la montagne, une grue armée d’une pince métallique s’abaisse pour prendre quelques vêtements, se relève, relâche les vêtements avant de recommencer ce cycle, indéfiniment. Personnes ajoute à ces trois éléments un fond sonore constitué de battements sourds et répétés.

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Dans l’art contemporain, la question du sens se pose toujours, mais elle est ici flagrante. Au premier degré, il ne s’agit finalement que de quelques fripes jetées à même le sol, éclairées aux néons, et accompagnées d’un beat musical simpliste. Pourtant, pour peu que l’on aille un peu plus loin que cette lecture premier degré, on tombe sur un faisceau de sens possible des plus large. Les sons diffusés dans la nef du Grand Palais évoquent le martèlement de l’industrie, ou les battements d’un cœur, ou quelque chose entre les deux. De la machine monstrueuse et implacable au doux son de la vie, la distance est parfois faible. Le bâtiment, tout de métal et de verre, évoque tout à fait dans l’imaginaire collectif l’usine, on verrait bien au milieu une chaîne de production de chez Ford ou Citroën. Sauf que là, il s’agit de vêtements. Ces cases dessinées par les vêtements sur le sol nu pourraient alors rappeler les bureaux étriqués des entreprises modernes où, au nom du rationalisme économique, on travaille dans un espace ouvert et surchargé. L’accumulation des vêtements serait alors le symbole de cette surcharge, tandis que la grue évoquerait tout simplement les machines qui sont aujourd’hui responsables de la production de la majeure partie des biens.

Cette lecture est intéressante, mais Personnes fouille immanquablement dans nos imaginaires collectifs pour faire surgir une image beaucoup moins réjouissante. Ce tas de vêtements, ces vêtements laissés sur le sol évoquent avec une force terrifiante les images désormais bien connues de la Shoah. Les Nazis récupéraient bien tous les biens des millions de civils, hommes, femmes et enfants tués par des moyens divers pendant la guerre. Tous ces vêtements sont comme le souvenir d’êtres disparus. Dans ce grand espace, et nonobstant les visiteurs, l’humain est à la fois présent partout par les vêtements, la lumière, et en même temps totalement absent, implacablement absent. La grue serait alors la pince qui sert dans toutes les décharges pour récupérer les déchets. La chute des vêtements, plus ou moins rapide en fonction du poids de ceux-ci, évoque vite la chute de corps morts. Et dans cette logique, les boites numérotées à l’entrée seraient une manifestation assez terrible de la disparition de milliers d’êtres réduits à de la cendre dans une boite normalisée et numérotée. Tout peut faire sens dans cette lecture : les néons blafards et froids évoquent la morgue, les sons renvoient qui aux trains, qui à une respiration lente et difficile.

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Dans l’art contemporain, l’artiste est le plus souvent présent avec son œuvre et il en est le premier commentateur, le premier donneur de sens. Mais ce qui est intéressant souvent, c’est qu’il ne se positionne pas comme celui qui possède la clé de lecture de son œuvre, mais plus modestement comme proposition de lecture. Parfois, l’artiste est aussi celui qui théorise son œuvre, mais ça n’est pas vraiment le cas de Christian Boltanski. Ce dernier refuse en effet toute théorisation : « je ne m’adresse pas aux spécialistes de l’art contemporain » lance-t-il ainsi quand on lui demande ce qu’il aimerait dire aux visiteurs peu habitués à cette forme d’art. Ainsi, s’il propose bien une clé de lecture — la grue serait la main de Dieu qui emporte certains êtres au hasard —, il ajoute aussi : « L’art consiste uniquement à poser des questions, à donner des émotions, sans avoir de réponse. » Et de fait, plusieurs questions restent à jamais en suspens : que veulent dire ces sons ? Pourquoi n’y a-t-il pas de pantalons, mais que des hauts ? Pourquoi ce mur de boites qui crée une rupture nette avec l’extérieur ?

Comme le dit très bien Christan Boltanski, l’art est affaire d’émotions. Et Personnes n’est pas avare de ce côté, bien au contraire. L’artiste a voulu une installation éprouvante, presque pénible, qui donne envie de fuir. « Le fait d’avoir froid, d’être angoissé et bouleversé, de chercher la sortie, de vouloir retrouver la vie à tout prix, est une expérience originale, prélevée sur le cœur vivant de l’œuvre. […] Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression. Il s’agit d’une expérience dure et je suis convaincu que les gens éprouveront un soulagement en sortant. » Et de fait, le froid glacial qui règne à l’intérieur (l’artiste a choisi d’exposer en plein cœur de l’hiver pour ce froid), le son fort et assez désagréable, la faible luminosité de l’ensemble (c’est une exposition à voir de nuit, je pense) contribuent à vite développer chez le visiteur ce sentiment d’oppression que souhaitait Christian Boltanski. L’oppression vient aussi quand on réalise que tout ceci pourrait n’être qu’une gigantesque métaphore d’un camp de concentration. De toute façon, il ne s’agit pas ici d’art agréable, il s’agit d’un art qui dérange et questionne.

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mais les illustrateurs professionnels sont l'exemple type du grand artiste istp qui kickent some ass sans se la raconter, en particulier les innombrables matte painters et artiste digitaux du web, qui n'exposent pas souvent.

j'aime aussi beaucoup les artistes vulgaires comme Chris Foss et Syd Mead

franchement regarder un Picasso me laisse froid.Pas ca.

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Richard Estes

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Alyssa Monks

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Gregory Thielker

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Michael Whelan

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il y a tellement d'artistes au talent immense.Les intellos gogols qui encensent le caca hip des pseudos-contestataires sont les vrais incultes.Ils ignorent le meilleur pour porter le pire au pantheon.A ce titre on peut se demander si tous les elephants de la peinture entre 1850 et nos jours n'etaient pas en fait les pire sous-doues de leurs epoques.

Par exemple je deteste Chagall avec ferveur, tous mes profs l'adoraient (surtout les dames prof d'histoire) ; aucun de ces cons n'avaient la moindre idee de l'existence de gars comme Frazetta et Bisley.

tout ca me rappelle une autre brute, Ian Miller

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Jeremy Price

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Maya Kulenovic

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Michael Dumas

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Lawren Harris, 1920

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Scott James Owles

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Danielle Richard

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tout ca c'est de l'art moderne.

Sortir Boltanski et Basquiat pour taper sur les artistes modernes, c'est simplement de l'ignorance.Ou plus exactement, c'est ne connaitre que ce qui passe le filtre de la betise institutionnelle, en particulier la francaise.

Alors evidemment apres c'est facile de focaliser sur eux et de dire 'maiiiis c'est de la meeeeeerde'.

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Donc, une oeuvre d'art en est une parce que quelqu'un dit que c'en est une. C'est un peu tautologique comme raisonnement.

Il n'y a pas d'autres définitions qui vaillent. C'est justement le truc de duchamp.

Et par certain coté, cela reprend un résultat majeur de l'économie : la valeur n'existe pas. Ce n'est que dans l'échange que l'on fixe un prix pour les choses.

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Mais comme disait Ultros, ça ne saurait durer, l'impitoyable machine temporelle d'élimination et de sélection a déjà commencé son travail du négatif.

D'un autre côté, faut reconnaître une grande utilité à l'art moderne : c'est un puissant détecteur de cons.

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D'un autre côté, faut reconnaître une grande utilité à l'art moderne : c'est un puissant détecteur de cons.

Comme beaucoup de chose. La finance de marché, la politique, la cuisine, le vin… N'importe quel sujet va te permettre de débusquer des grandes gueules qui savent pas de quoi ils parlent.

Au passage, dire "l'art moderne, c'est de la merde parce que Jeff Koons c'est de la merde", c'est a peu pres aussi abruti que de dire "la musique moderne, c'est de la merde, parce que Lady Gaga c'est de la merde".

De la meme maniere, critiquer l'art moderne qui se veut elitiste, perché, tordu, "que veut dire l'artiste", ca revient a dire "Dream Theater, Paul Kalkbrenner ou Joy Division c'est de l'enculage de mouche, c'est beaucoup trop perché". Non c'est pas perché, c'est juste que ya un effort a faire pour apprécier certaines oeuvres, que certains font naturellement et d'autres non.

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