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Salin En Colère


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Un point de vue sur les blocages de la société française et la difficulté des élites politiques à se remettre en question

Arrêtez le massacre !

PAR PASCAL SALIN *

[02 août 2005]

Qu'avez-vous fait de ce pays ? C'est à vous tous, hommes et femmes politiques de tous les partis, que j'adresse cette question. Etes-vous conscients que l'extension continuelle de vos pouvoirs et de vos prélèvements a provoqué l'inquiétude, le désespoir ou la lassitude ? Des siècles de civilisation, d'efforts, de goût du travail bien fait sombrent dans un désastre : une société sans espérance et conflictuelle, l'oubli des valeurs morales, la pauvreté et le chômage, le mépris du travail. Enfermés dans votre logomachie sur le modèle social français – que le monde nous envierait, mais qui est en réalité un objet d'étonnement et de dérision –, vous continuez imperturbablement à promettre la croissance, la fin du chômage, la disparition des inégalités. Et pour cela vous dépensez toujours plus, vous contrôlez toujours plus, vous achetez des clientèles électorales avec l'argent que vous soutirez sans scrupule à ceux qui l'ont gagné par des efforts surhumains, d'autant plus surhumains que vous captez la plus grande partie de leurs fruits. Vous vous gargarisez de politiques-gadgets – plans de modernisation sociale et de cohésion sociale, prêts à taux zéro, stimulation de la consommation, primes et aides variées – qui ne font que renforcer le mal et dont les mauvais résultats sont donc le prétexte de nouveaux gadgets. Et, au lieu de comprendre et d'avouer que les adversaires des Français et des Françaises sont à l'intérieur – c'est vous-mêmes –, vous partez dans des guerres de diversion contre de prétendus ennemis extérieurs, qui s'appellent «mondialisation», «directive Bolkestein» ou même «google».

Au nom de la réduction de la «fracture sociale» vous prélevez toujours plus, vous empruntez toujours plus, obérant en cela le pouvoir d'achat des générations futures, vous détournez l'épargne de ses emplois productifs pour satisfaire vos promesses démagogiques. Car la réduction de la fracture sociale n'est qu'un prétexte pour faire croître sans arrêt vos propres pouvoirs et les pouvoirs de la bureaucratie. Cela serait risible, si ce n'était pas tragique, de constater que vingt-quatre ans de socialisme ininterrompu et de «lutte contre les inégalités», depuis cette date funeste de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, n'ont fait que créer du chômage, provoquer la misère, développer les inquiétudes, susciter les conflits. Vous avez ainsi fait naître d'autres «fractures sociales», celles qui existent, par exemple, entre ceux qui font des efforts immenses de travail, d'épargne ou d'imagination et ceux qui vivent de subsides, mais aussi de rentes et privilèges : le bien-être est de moins en moins la récompense des efforts personnels, il résulte de plus en plus de l'appartenance à des réseaux de pouvoir ou à des groupes revendicatifs qui obtiennent d'autant plus qu'ils sont plus nuisibles et menaçants.

Comment pouvez-vous ne pas être sensibles au drame humain que représente, pour des générations de jeunes, la perte de l'espoir ? Souvent courageux et motivés pendant leurs années de formation, ils savent qu'à la fin de leurs études ils risquent de se retrouver en stagiaires mal payés ou en chômeurs et si d'aventure ils peuvent espérer trouver ensuite un salaire rémunérateur, les charges fiscales seront telles qu'il leur sera difficile d'épargner pour se constituer un petit capital, pour se loger, pour faire vivre leurs familles. Ne savez-vous pas que la plupart d'entre eux ne rêvent plus que d'une chose : quitter ce pays – qu'ils aiment pourtant – mais dont ils ne supportent plus les rigidités, les réglementations étouffantes, la spoliation fiscale ? Ce sont souvent les meilleurs qui partent, et c'est dans d'autres pays qu'ils créent une famille et font naître richesses et emplois. Et n'est-ce pas au demeurant un gâchis effrayant que d'avoir supporté ainsi pendant des années le coût de la formation de ces jeunes qui partiront en exil avant même d'avoir pu faire bénéficier autrui de leurs talents ?

Croyez-vous vraiment que l'on peut créer des emplois en punissant systématiquement tous ceux qui sont susceptibles d'en créer ? Croyez-vous vraiment qu'on peut retrouver une croissance forte et durable en empêchant l'accumulation de capital, en incitant les meilleurs à partir à l'étranger, en détruisant les incitations productives et en récompensant la paresse, les combines et les menaces ?

Tout cela est facile à comprendre et, si vous ne le comprenez pas, c'est que votre frénésie à dépenser pour vous attacher des clientèles électorales envahit votre pensée et votre action. Vous n'avez pas intérêt à voir, à comprendre, vous n'avez pas non plus intérêt à regarder le monde extérieur. Vous y verriez pourtant des pays prospères et pacifiés où des hommes et des femmes politiques courageux et clairvoyants ont su mettre fin rapidement à toutes sortes d'excès étatiques, en déréglementant, en remplaçant l'impôt progressif par un impôt à taux unique, en supprimant droits de succession et impôts sur le capital, en diminuant dépenses publiques et prélèvements.

Certains en viennent à se demander si seule une révolution pourrait faire éclater la gangue de rigidités et de spoliations qui enserre la vie des Français. Un tel événement peut se produire, mais il ne conduira nulle part si un projet libérateur n'est pas disponible et si personne n'est prêt à le porter. Les révolutions pacifiques sont, elles aussi, possibles. Mais il faudrait, pour cela, briser le monolithisme de la pensée dans la politique, les médias, l'enseignement. Et il faudrait qu'apparaisse enfin une nouvelle génération d'hommes et de fem-mes politiques nourris de convictions fortes et libératrices, prêts à réduire leurs propres pouvoirs afin de permettre aux individus de redevenir responsables de leurs propres vies.

* Professeur à l'université Paris-Dauphine. Cofondateur de l'Institut Turgot.

Posté

Je suis d'accord avec tout ce que dit l'ami Salin.

Etant bientot diplomé , il est vrai que la France représente plus un prison fiscale avec 60 millions de forçats qu'a un eldorado.

En plus je suis stagiaire mal payé donc je suis d'autant plus d'accord.

Le probléme principal et j'en discute souvent avec mes amis : où va t on trouver ces hommes et ces femmes prets a détruire ce tragique systéme en révolutionnant notre modéle economique?

On ne voit pas de discours qui aille dans le sens de moins d'impots ou la fin du modéle social hérité de la fin de la guerre.

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Discours de Salin

J'aime beaucoup ce type de discours qui peut séduire beaucoup de non-libéraux*, de gauche comme de droite.

Cela change des blocages de certains sur l'ISF et service public minimum par exemple, qui ne peut que renforcer les conflits et malentendus.

*Par ignorance…

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… Ceci dit, comme pas mal de libéraux français, il a tendance à croire que l'herbe est plus verte ailleurs.

Cela dit, en cette période de sécheresse, en grande partie créée par la consommation d'eau excessive d'une agriculture socialisée et subventionnée, l'herbe est effectivement plus verte ailleurs.

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Comment pouvez-vous ne pas être sensibles au drame humain que représente, pour des générations de jeunes, la perte de l'espoir ? Souvent courageux et motivés pendant leurs années de formation, ils savent qu'à la fin de leurs études ils risquent de se retrouver en stagiaires mal payés ou en chômeurs et si d'aventure ils peuvent espérer trouver ensuite un salaire rémunérateur, les charges fiscales seront telles qu'il leur sera difficile d'épargner pour se constituer un petit capital, pour se loger, pour faire vivre leurs familles. Ne savez-vous pas que la plupart d'entre eux ne rêvent plus que d'une chose : quitter ce pays – qu'ils aiment pourtant – mais dont ils ne supportent plus les rigidités, les réglementations étouffantes, la spoliation fiscale ? Ce sont souvent les meilleurs qui partent, et c'est dans d'autres pays qu'ils créent une famille et font naître richesses et emplois. Et n'est-ce pas au demeurant un gâchis effrayant que d'avoir supporté ainsi pendant des années le coût de la formation de ces jeunes qui partiront en exil avant même d'avoir pu faire bénéficier autrui de leurs talents ?

Je ne puis qu'être d'accord avec l'article, par contre ce passage et tout particulièrement ce que j'ai surligné m'inquiète un peu. Je me demande si cela ne risque pas de donner de bien vilaines idées à nos ô combien chers, très chers, trop chers gouvernants. Et s'ils accouchaient d'une loi obligeant les jeunes diplômés à travailler au moins 5 ans en France afin de rentabiliser la formation octroyée (étant entendu que les candidats au départ immédiat devront alors rembourser) ?

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Je ne puis qu'être d'accord avec l'article, par contre ce passage et tout particulièrement ce que j'ai surligné m'inquiète un peu. Je me demande si cela ne risque pas de donner de bien vilaines idées à nos ô combien chers, très chers, trop chers gouvernants. Et s'ils accouchaient d'une loi obligeant les jeunes diplômés à travailler au moins 5 ans en France afin de rentabiliser la formation octroyée (étant entendu que les candidats au départ immédiat devront alors rembourser) ?

Ce serait tragique, mais comme tu le soulignes, assez logique. Je crois que les polytechniciens, énarques, et normaliens, doivent du service à l'Etat, dans la mesure où ils sont rémunérés (un versement effectif sur le compte en banque) durant leurs études, ce ne sont d'ailleurs pas les seuls (les étudiants magistrats , notamment…)

Posté
Je ne puis qu'être d'accord avec l'article, par contre ce passage et tout particulièrement ce que j'ai surligné m'inquiète un peu. Je me demande si cela ne risque pas de donner de bien vilaines idées à nos ô combien chers, très chers, trop chers gouvernants. Et s'ils accouchaient d'une loi obligeant les jeunes diplômés à travailler au moins 5 ans en France afin de rentabiliser la formation octroyée (étant entendu que les candidats au départ immédiat devront alors rembourser) ?

Si le gouvernement se met à faire cela, la france va devenir une dictature car quel genre de régime peut bien obliger pour quelque durée que ce soit de travailler sur territoire.

Cela serait une tragédie et j'imagine des familles dire "Ah notre dernier n'a pas fini son service de travail obligatoire (sto) en france.Il en a encore pour 5 ans"

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Si le gouvernement se met à faire cela, la france va devenir une dictature car quel genre de régime peut bien obliger pour quelque durée que ce soit de travailler sur territoire.

Cela serait une tragédie et j'imagine  des familles dire "Ah notre dernier n'a pas fini son service de travail obligatoire (sto) en france.Il en a encore pour 5 ans"

Jusqu'il y a peu, on appelait une variante de ce que tu dénonces "service militaire", et plein de gens étaient pour (ça forme la jeunesse, ça fait des hommes, c'est civique, c'est utile, etc.).

Posté
Ce serait tragique, mais comme tu le soulignes, assez logique. Je crois que les polytechniciens, énarques, et normaliens, doivent du service à l'Etat, dans la mesure où ils sont rémunérés (un versement effectif sur le compte en banque) durant leurs études, ce ne sont d'ailleurs pas les seuls (les étudiants magistrats , notamment…)

Ca dépend des cas. Pour l'ENA, dans tous les cas à ma connaissance, l'étudiant étant un fonctionnaire stagiaire (il est titularisé automatiquement comme il va de soi à la fin de sa scolarité), il doit remplir son contrat de 6 ans avec l'Etat. Certains pantouflent directement après leur stage de fin de scolarité et ils doivent alors rembourser quelques 10aines de milliers d'Euros à l'Etat de leur poche ou de celle de leur employeur…C'était plus à la mode dans les années 80/90 qu'aujourd'hui semble-t-il.

Pour l'X - qui n'est qu'une formation de second cycle (niveau Maîtrise), si l'élève qui sort et choisit un corps de la fonction publique (en fonction du rang de sortie : les Mines, les Ponts, les Télécoms etc) et pantoufle, idem. Mais c'est rare de nos jours, je crois : les "corpsards" préfèrent la (généreuse) rente du service public aux incertitudes du marché de l'emploi…Idem pour Normale (Ulm), quelques places de "corpsards" existent : la recherche publique et l'enseignement supérieur sont tellement verrouillés qu'un nombre plus important qu'autrefois va "servir" dans les Télécoms ou aux Eaux et Forêts au lieu d'aller au CNRS et à l'Université. D'ailleurs, dans ce dernier domaine, c'est parfois dramatique : de jeunes chercheurs trouvent un poste d'enseignant-chercheur dans une université britannique plus facilement qu'en France, ou alors restent aux USA à l'issue de leur stage post-doctoral…

Ah, c'est vrai : le gouvernement veut créer un MIT à l'européenne sur le modèle français ! Pfff :icon_up:

D'après une enquête en 2001, 10% des jeunes diplômés de l'ENSAE (école de l'Insee spécialisée en stat/finance) partaient travailler à Londres pour leur premier emploi : imaginez aujourd'hui…

Posté
Si le gouvernement se met à faire cela, la france va devenir une dictature car quel genre de régime peut bien obliger pour quelque durée que ce soit de travailler sur territoire.

Cela serait une tragédie et j'imagine  des familles dire "Ah notre dernier n'a pas fini son service de travail obligatoire (sto) en france.Il en a encore pour 5 ans"

N'en doutez pas un seul instant, je suis certain que cela leur est déjà passé par la tête. La seule chose qui les retiennent, pour l'instant ? L'impopularité d'une telle mesure. Que la conjoncture pourisse encore, que la morosité s'accroisse, que le pouvoir d'achat continue de baisser et cela deviendra jouable. On pourra sans problème stigmatiser les odieux profiteurs de notre excellent système éducatif que le monde entier nous envie qui fuient ensuite pour aller collaborer avec l'hydre capitaliste apatride.

(étant entendu qu'apatride est ici synonyme de sioniste et de yankee)

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N'en doutez pas un seul instant, je suis certain que cela leur est déjà passé par la tête. La seule chose qui les retiennent, pour l'instant ? L'impopularité d'une telle mesure. Que la conjoncture pourisse encore, que la morosité s'accroisse, que le pouvoir d'achat continue de baisser et cela deviendra jouable. On pourra sans problème stigmatiser les odieux profiteurs de notre excellent système éducatif que le monde entier nous envie qui fuient ensuite pour aller collaborer avec l'hydre capitaliste apatride.

(étant entendu qu'apatride est ici synonyme de sioniste et de yankee)

ça serait peut-être pas un mal, les étudiants choisiraient rapidement une école payante plutôt que de rembourser des sommes astronomiques pour un enseignement médiocre.

Posté

En tout cas , ce discours confirme bien mes vues sur une possible "révolution" ou bien un moyen d'expression que vont utiliser les contribuables pour exprimer leur déssespoir.

Pensez-vous qu'une "révolte fiscale" ou qu'une génération d'hommes politiques jeunes puisse réformer la france avant que la faillite de 60 millions de français n'arrive?

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Pensez-vous qu'une "révolte fiscale" ou qu'une génération d'hommes politiques jeunes puisse réformer la france avant que la faillite de 60 millions de français n'arrive?

Certains prétendent que la Russie est en retard par rapport à l'Europe … En fait, non … les russes ont déjà vécu tout ce qui se prépare ici, mais il faudra que l'état se stalinise encore un peu plus avant que la population ne se révolte.

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Pascal Salin se prononce, bien que vaguement, dans cet article sur la question de la stratégie de la Liberté. Je pense que c'est la première fois que je le lis sur ces questions. Avez-vous des références à me donner pour ce qui est de Salin et de la stratégie? WikiRonnie :icon_up: ?

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j'ai bien peur que ce coup de gueule ne soit pas entendu, meme si dans les discussions quotidiennes les gens disent la meme chose que lui.

Le pb que je vois moi c qu'il n'y a pas d'alternati_ve dans la tete des gens : soit on bosse pour rien et l'aide sociale existe (et c dingue comme les gens tiennent à leur solidarité), soit c le libéralisme méchant et satanique qui enverra les plus pauvres à la morgue : ce qui est faux, mais qui correspond au cliché répandu sur le libéralisme.

Pas un gouvernant n'a interet à présenter le libéralisme sous son vrai jour : une possible solution respcteueuse de la liberté de chacun, laissant complètement possible la voie de la charité.

J'en discutais avec ma mère en rentrant du chateau : je travaille à temps plein pour 150 euros par mois puisque c la différence entre le RMI et mon salaire net. (je ne compte meme pas les avantages d'etre au rmi).

Qui a envie de bosser pour ça ???

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Cela me fait penser au pouvoir d’achat. On se plaint toujours qu’il est trop faible, qu’il baisse (ce qui est faux). Bien sûr, le raisonnement keynésien apparaît en filigrane.

* le gouvernement dit : les Français épargnent trop (160 milliards d’euros, soit 16% de leur revenu). Le gouvernement veut débloquer cet argent, en exonérant les dons, en assouplissant les règles de déblocage de l’épargne salariale, en offrant des déductions fiscales sur les intérêts des crédits à la consommation. Mais rien ne se passe. Pourquoi ? outre qu’il a tort sur le fond, le gouvernement n’a pas compris que les Français épargneront aussi longtemps que leurs retraites ne seront pas assurées, que leur avenir professionnel sera aussi sombre.

* Alors le gouvernement dit : il faut faire baisser les prix. Sarkozy a réuni la grande distribution, Gaymard a mis de côté l’indice du coût de la construction dans l’indexation des loyers. Le seul hic : c’est absolument inutile. Pour diminuer les prix, il faut libérer la concurrence ! Il faut laisser les distributeurs ouvrir de nouvelles grandes surfaces, en faisant sauter une certaine loi… Raffarin ! Il faut supprimer les barrières à l’entrée de centaines de métiers !

* Le gouvernement ne perd pas espoir. Comme l’a dit un premier ministre belge, « avant mon arrivée, le pays était au bord du gouffre. Mais moi, je compte bien lui faire faire un grand pas en avant ! ». Il veut baisser les impôts. Enfin, pas tout à fait. Il veut que le sorcier vaudou qui commande la croissance lui permette de baisser les impôts. Ici, le levier est énorme (impôts + cotisations = 700 milliards d’euros). Il faut le répéter : ce n’est pas la baisse des impôts qui est conditionnée par la croissance, comme le dit Chirac, mais c’est la croissance qui est conditionnée par la baisse des impôts ! Le problème, c’est qu’en les baissant, il manque de l’argent pour boucler le budget. Déjà en 2004, il a manqué 60 milliards en fin d’année. Il faut donc diminuer les dépenses, c’est-à-dire réformer l’Etat, accroître considérablement la productivité dans le secteur public.

* Comme le gouvernement en est bien incapable, il dit : il faut mener une « politique salariale ». Outre que cette formule ne veut rien dire, puisque ce sont les entreprises qui fixent les salaires, et que ceux-ci augmentent, non sur décret gouvernemental, mais lorsque l’entreprise accumule des gains de productivité, on observe que le gouvernement fait très exactement le contraire de ce qu’il dit. Jamais on n’a autant puni les efforts du travail (35 heures, retraites anticipées), ni les efforts d’épargne (fiscalité, réglementation).

Alors Claire a raison : à quoi bon travailler pour quelques euros de plus, alors que je pourrais être tranquille à mater la télé sur mon canapé ? Pourquoi me faire chier à bosser 60h par semaine dans une PME, alors que tartempion, qui bosse chez Total, chez Peugeot ou qui est fonctionnaire atteint péniblement les 34-35 h par semaine ?

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Jamais on n’a autant puni les efforts du travail (35 heures, retraites anticipées), ni les efforts d’épargne (fiscalité, réglementation).

Alors Claire a raison : à quoi bon travailler pour quelques euros de plus, alors que je pourrais être tranquille à mater la télé sur mon canapé ? Pourquoi me faire chier à bosser 60h par semaine dans une PME, alors que tartempion, qui bosse chez Total, chez Peugeot ou qui est fonctionnaire atteint péniblement les 34-35 h par semaine ?

Oui, c'est bien le paradigme keynésien que le gouvernement a en tête : ils se croient dans les années 1930 (une bonne partie de la gauche marxiste se croit encore en 1850). Ajoutons à l'oligarchie politique, l'organisation oligopolistique des principaux secteurs prétendument concurrentiels (exemple : la Banque) et le tour est joué !

Ton accablant constat se vérifie hélas tous les jours. Mon épouse - qui est étrangère - me disait l'autre jour en un saisissant raccourci : "Les Français veulent partir en vacances le plus souvent possible et en retraite le plus tôt possible, et une fois qu'ils le sont, ils s'ennuient…".

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Très bel article de Salin.

Dans la même verve on trouve l'édito du dernier numéro du Cri des contribuables.

Fabrice, si le pouvoir d'achat ne semble pas avoir baissé, comment expliquer la baisse du tourisme ? (Sur la côte les gens vivant du tourisme disent avoir perdu 30% environ de leur chiffre d'affaire l'été dernier, et ils se plaignaient déjà de la baisse d'activité l'été précédent).

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Comme l’a dit un premier ministre belge, « avant mon arrivée, le pays était au bord du gouffre. Mais moi, je compte bien lui faire faire un grand pas en avant ! ».

L'ineffable Théo Lefèvre (qui a gouverné de 1961 à 1965)?

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Comme l’a dit un premier ministre belge, « avant mon arrivée, le pays était au bord du gouffre. Mais moi, je compte bien lui faire faire un grand pas en avant ! ».

L'ineffable Théo Lefèvre (qui a gouverné de 1961 à 1965)?

Incroyable, elle est vraie cette citation? :doigt: Vous avez de la chance vous autres les belges, en France les politiques sont d'un chiant… :icon_up:

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En vérité, je posais seulement la question à Fabrice, parce que le politicien en question était parfaitement capable de sortir une ânerie pareille (c'était l'époque de la coalition dite "travailliste" unissant socialistes et sociaux-chrétiens).

Ceci dit, je trouve un côté "langien" (Jack, pas Fritz) à cette citation.

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En vérité, je posais seulement la question à Fabrice, parce que le politicien en question était parfaitement capable de sortir une ânerie pareille (c'était l'époque de la coalition dite "travailliste" unissant socialistes et sociaux-chrétiens).

Ceci dit, je trouve un côté "langien" (Jack, pas Fritz) à cette citation.

J.L. le maudit.

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