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Les Habits Neufs (?) Du Protectionnisme


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Posté

Où il se confirme qu'UMP= Union des médiocres pour le Protectionnisme:

http://www.lefigaro.fr/debats/20050830.FIG0261.html?065621

Patriotisme n'est pas protectionnisme

PAR PATRICK OLLIER *

[30 août 2005]

La récente passion médiatique autour de l'«affaire Danone» a eu au moins un mérite : ouvrir le débat sur le rôle de l'Etat dans la défense des intérêts industriels français. L'avancée vers l'OMC, le renforcement du potentiel économique européen, ne doivent pas nous faire perdre de vue les risques pervers d'un capitalisme triomphant, qui sans frontières, presque sans règles et sans contrôle, laisseraient les États démunis de moyens lorsque leurs intérêts stratégiques sont menacés.

Pour certains, parler de patriotisme en économie serait anachronique. Je suis heureux que le premier ministre ne les ait pas écoutés et qu'avec le président de l'UMP ils aient soutenu ceux qui mettaient en avant la nécessité pour l'Etat de réagir et de s'impliquer, notamment lorsqu'il s'agit d'OPA hostiles.

Pour ma part, je souhaite que le gouvernement favorise les décisions de nature à rendre ces dernières plus difficiles et pour mieux protéger nos entreprises.

La défense de notre tissu industriel, c'est celle des emplois français. Elle doit conduire à dépasser le débat entre partisans d'une politique libérale et ceux qui, dans la tradition colbertiste, défendent l'Etat comme régulateur de la vie économique. C'est sur la sauvegarde de l'ensemble des secteurs clés de notre économie à laquelle il nous faut réfléchir dans un cadre national ou avec nos partenaires européens : sauvegarde offensive et non pas simplement défensive. Cela suppose une vision financière et industrielle à long terme. Cela suppose aussi une volonté politique clairement exprimée et assumée.

Il est frappant de constater que les nations les plus agressives au niveau économique ont toutes un point commun : un patriotisme économique encouragé par tous les acteurs de la vie politico-économique et soutenu par leurs populations. C'est le cas aussi bien aux Etats-Unis, au Japon qu'en Russie.

Dès 1994, le président Clinton affirmait : «La priorité première de la politique étrangère américaine c'est la défense des intérêts économiques des Etats-Unis.» Mieux encore, la même année une réglementation du «Department of Labour» américain fait obligation aux fonds de pension d'exercer leur droit de vote aux assemblées générales d'actionnaires des sociétés étrangères dont ils détiennent des actions. Cette détention se transforme facilement en contrôle. Voilà l'explication de la prise de contrôle de certaines entreprises clés françaises ou européennes par des fonds de pension d'outre-Atlantique.

Face à ces offensives conduites à notre détriment, nos élites baissent les bras et n'imaginent même pas que la France puisse, si elle en a la volonté, se doter de moyens de réagir !

En France, l'idée de «patriotisme économique» est hélas trop souvent confondue avec le protectionnisme. C'est une erreur. Cette confusion vient largement de la confiscation de ce débat par le Parti communiste et le Front national.

De leur côté, les formations politiques de gouvernement, notamment l'UMP, ont été longtemps réservées sur ce sujet alors que sous la présidence du général de Gaulle ou de George Pompidou le patriotisme économique était de rigueur. Aujourd'hui, les affrontements économiques sont devenus à l'échelle mondiale un enjeu politique majeur. Le patriotisme économique revient à l'ordre du jour. Comme gaulliste, je m'en félicite ! A l'heure des multinationales et des fonds de pension, définir une entreprise selon des critères nationaux, voire européens, peut paraître osé. Pourtant, associer une nationalité à une société reste possible et même souhaitable. Le Commissariat général au plan, en 1999, a défini les cinq critères de la nationalité d'une entreprise : sa structuration financière avec son actionnariat, son mode de financement et d'investissement, la territorialité des activités, en distinguant bien les phénomènes de délocalisation de ceux relevant de l'internationalisation, sa stratégie de recherche et de développement, les éléments les plus structurants de sa culture (langue de travail, origine nationale des cadres, organisation du travail) et son environnement institutionnel prenant en compte l'action des pouvoirs publics.

Il est essentiel à mes yeux de définir alors une stratégie de puissance. Les enjeux géoéconomiques issus de l'intervention américaine en Irak sont une donnée nouvelle. Il nous faut nous y adapter et évoluer vite, y compris dans le rôle de l'Etat et de la politique industrielle de la France.

Les gaullistes ont une approche spécifique du rôle de l'Etat dans le domaine économique. Nous sommes partisans du libéralisme en économie. Pour autant nous ne sommes pas naïfs : nous constatons que les pays dits libéraux mettent en place des procédures et des moyens pour soutenir et défendre les activités qu'ils jugent vitales pour eux. Nous considérons qu'il n'y a rien d'anormal à ce que la France intervienne de la même manière au niveau de l'Etat.

Deux mesures me paraissent urgentes et efficaces. Tout d'abord l'actionnariat salarié : l'association capital-travail permet d'éviter la dispersion excessive du capital de nos grandes entreprises. Le noyau dur ainsi constitué limitera considérablement les risques encourus sans porter atteinte à la liberté des chefs d'entreprise qui sont les premiers et seuls responsables de la conduite de leurs affaires.

J'appelle ardemment, depuis plusieurs années, un projet de loi ambitieux dans ce domaine. L'UMP et le gouvernement ont, à travers cette pierre angulaire du projet gaulliste, les moyens de redonner une grande ambition sociale à l'action de notre majorité. Désormais il y a urgence !

J'appelle aussi à réfléchir à la création de «fonds de pension français», même si cela implique de grands changements. C'est un moyen efficace et utile tant au plan social qu'économique.

J'attends beaucoup du président Jacques Chirac et du gouvernement dans ce combat de grande actualité et d'intérêt national. Il faut que les Français comprennent quelle société nous voulons construire avec eux pour ce XXIe siècle. Nous sommes pour la liberté des entreprises et des échanges, mais nous ne sommes pas pour le gouvernement des multinationales ! L'intérêt national doit donc permettre à l'Etat, s'il le veut, d'intervenir pour défendre les intérêts économiques de la France et ainsi tout ce qui leur est lié, notamment en termes d'emploi. Alors vive le patriotisme économique !

* Député-maire de Rueil-Malmaison, président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Posté

Patrick Ollier était celui qui avait levé le lievre sur l'affaire Danone.

Alors que tout le monde ronflait dans la torpeur de l'été, M Ollier a réveille le Cac en sortant cette rumeur sur une possible OPA sur Danone.

Il continue son battage sur Danone c'est tout.

"nous sommes pour le libéralisme (???) mais pour autant nous ne sommes pas naifs" donc ben les libéraux arreter de nous embobiner on est pas des naifs à l'UMP (??)

Posté

Un article qui prouve - s'il en était encore besoin - le manque absolu de connaissances en économie des élites françaises. C'est à se demander ce qu'ils ont comme curriculum à l'ENA.

Une phrase me frappe :

Il nous faut nous y adapter et évoluer vite, y compris dans le rôle de l'Etat et de la politique industrielle de la France.

J'adore "politique industrielle". Les économies dites "développées" comme la nôtre sont caractérisés par une part très importante (et en augmentation) du secteur tertiaire (services) dans le produit national brut, un part minime du secteur primaire (agriculture) et une part du secteur secondaire (industrie) en régression. Que l'Etat déclare qu'il est primordial de s'occuper d'un secteur en régression ne laisse pas de m'étonner.

Sinon, je note cette fort amusante phrase :

J'appelle aussi à réfléchir à la création de «fonds de pension français», même si cela implique de grands changements. C'est un moyen efficace et utile tant au plan social qu'économique.

Incroyable : plus de cent ans après son invention, et plus de cinquante ans après sa suppression par le régime de Vicy, la France redécouvre la retraite par capitalisation ! Mieux vaut tard que jamais.

Je me demande si ce monsieur réalise bien la portée de ce qu'il avance là. Pour avoir des "fonds de pension" suffisamment puissants pour peser sur l'économie, il faudra privatiser les retraites. Et puis, je ne vous dis pas la rentabilité si c'est le gouvernement français qui décide comment et où ces fonds vont ête investis. Une nouvelle façon déguisée de subsidier les canards boîteux. de l'économie française.

Posté

Incroyable… "dépasser le débat".. le mec est exactement en plein dedans et a clairement choisi son camp!! Je comprends pas comment il peut nier à longueur de paragraphe que ce n'est pas du protectionnisme.. Et ses tirades sur la puissance (les US le font, on va se gêner…)

Posté

j'aime bcp le "j'attends bcp de jacques chirac" ça me suffit pour discréditer le reste :icon_up:

Et puis, les relans de "sauvons les emplois français" sont indigestes

Posté
j'aime bcp le "j'attends bcp de jacques chirac" ça me suffit pour discréditer le reste :icon_up:

Et puis, les relans de "sauvons les emplois français" sont  indigestes

Sans oublier le couplet devenu classique du "je fais de l'anti-politiquement correct pour choquer les bien-pensants" lorsqu'il écrit que ce n'est pas parce que Le Pen ou le PCF sont protectionnistes qu'on ne peut pas défendre le "patriotisme économique".

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