Fredo Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Ce mois-ci je propose une méga catharsis de groupe et qu'on se défoule à propos des expressions journalistiques qui nous font hérisser le poil, nous donnent envie d'exploser, font suffoquer, se raidir nos poings, agressent nos oreilles ou notre raison, etc. Bref, pour commencer il y'a ce mot qui m'énerve profondément : la "grogne". Outre que les surgénéralisations ou les étiquettes ont le don de m'exaspérer en général, bien que parfois on ne puisse pas toujours spécifier, ou en avoir le temps, j'avoue que le concept de "grogne", peut-être par son côté animalesque, m'insupporte royalement. C'est quasi viscéral. Je n'ai pas d'explication, ça m'est égal, mais voilà… Ah, il y a aussi l'expression "levée de boucliers", fort prisée des journaleux télé. Parfois j'aimerais qu'ils fassent moins de poésie et plus d'information. Et qu'au lieu de figures de style (souvent maladroites) ils imitent un peu plus Ernest Hemingway et osent appeler un chat un chat.
Toast Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Expressions que je déteste (pas spécialiement journalistiques, mais on l'entend…) : "graver dans le marbre" (je HAIS cette expression) "recherche du profit" (beurk)
Salatomatonion Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 En général ce qui me gonfle avant tout ce sont les mêmes intonations employées par la quasi totalité des journalistes d'astreinte. Un peu difficile à décrire mais je pense que vous savez de quoi je parle : cette façon irritante de conclure la fin du mini-reportage avec la voix qui s'envole… et retombe sur un ton grave pour le dernier mot en laissant un petit blanc de recueillement qui permet à la gueule de cul jitéenne d'exhiber son plus beau regard de cocker abandonné avant d'enchaîner sur les résultats sportifs. Sinon en ce moment, je viens de découvrir qu'il y avait de "vrais jeunes" dans les manifs. Il n'est toutefois pas précisé que les autres, fauteurs de troubles, seraient de "faux jeunes". Ce serait pousser le bouchon un peu loin puisque la moyenne d'âge des casseurs est probablement plus basse que celle des étudiants anti-CPE. A moins que les vieux n'aient pété les plombs, quitté les mouroirs étatiques avant la prochaine canicule et se soient gavés de ginseng et de guarana pour bastonner avec vigueur les manifestants en savatant bagnoles et vitrines de magasin ? Mais on les aurait pourtant reconnus dans leurs jogging fuschia ou vert pastel ?
Fredo Posté 25 mars 2006 Auteur Signaler Posté 25 mars 2006 En général ce qui me gonfle avant tout ce sont les mêmes intonations employées par la quasi totalité des journalistes d'astreinte.Un peu difficile à décrire mais je pense que vous savez de quoi je parle : cette façon irritante de conclure la fin du mini-reportage avec la voix qui s'envole… et retombe sur un ton grave pour le dernier mot en laissant un petit blanc de recueillement qui permet à la gueule de cul jitéenne d'exhiber son plus beau regard de cocker abandonné avant d'enchaîner sur les résultats sportifs. Depuis que Philippe Vandel avait identifié cette "série de notes musicales", reprise de manière à peine exagérée dans les reportages du journal de Moustik, je ne peux plus ne plus l'entendre et je comprends tout à fait ce que tu ressens ! A propos de regard, je ne supporte pas non plus la mimique de la marmotte du 20H de F2 quand elle baisse les yeux systématiquement au moment de lancer un "reportage". Ah, et cette manie aussi, sûrement apprise à l'école de journalisme et dont ils sont fiers de montrer qu'ils ont sagement appris leur leçon, cette manie, donc, de ne JAMAIS répéter deux fois le même nom : Patati patata, Marseille… bla bla bla, la cité focéenne. Patati patata, Toulouse, bla, bla, bla, la ville rose. Etc.
Libéralisateur Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Moi, sur ce registre et encore plus que le mot, c'est le concept de "partenaires sociaux" en parlant des syndicats qui, non seulement ne représentent qu'une faible minorité de travailleurs politisés à gauche, mais qui ont le monopole et de savoir ce qui serait bon pour le salarié et d'être, pour les pouvoirs publics, les seuls à "valablement" négocier avec les instances patronales. Leur accoler le qualificatif de "partenaires sociaux" est la base du grand malentendu de notre "modèle social".
Dardanus Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Patati patata, Marseille… bla bla bla, la cité focéenne. Etc. Nom de Zeus…cité phocéenne. Comme je ne regarde pas les journaux télé, je me contenterais de citer une expression écrite journalistique qui m'irrite : contrairement aux idées reçues (le journaliste invente pour l'occasion une fausse idée reçue pour mieux asséner une authentique idée reçue sur le sujet ou bien une grosse évidence depuis longtemps mise en lumière). C'est ce que j'appelle l'enfoncement de portes ouvertes. Cela doit s'apprendre aussi dans les écoles de journalisme. A la radio cependant j'entends une autre expression qui m'amuse : mouvement social pour désigner la grève périodique des salariés du public.
pankkake Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Les journalistes sont vraiment spécialistes en expressions merdiques. Toujours le même vocabulaire, repris en grande partie des paroles des politiciens (c'est ça qui m'énerve le plus). Je hais aussi ceux qui utilisent la capitale à la place d'un pays (quasiment tous maintenant), et aussi ceux qui font l'association Français=France=Etat Français (et de même pour les autres pays). Résultats, plus de télé et plus de presse française. D'ailleurs je cherche une source d'information légère (c'est à dire pas 50 énormes articles par jour) d'information en anglais, à portée internationale, et pas trop libertarnio-incompatible… des suggestions ?
pankkake Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Oh, une qui me vient à l'esprit : "Tirer la sonnette d'alarme".
Sous-Commandant Marco Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Moi, ce qui m'énerve, c'est le recours systématique au micro-trottoir. A croire que nous sommes obligés d'avoir l'opinion d'un quidam sur n'importe quel sujet.
Ash Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 "Au jour d'aujourd'hui" "en état d'ébriété" Le pire dans ces deux expressions c'est que tout le monde les répètes en dehors. Et puis bien entendu le fameux terme "d'activistes" pour ne pas dire que dans 99% des cas on parle là de terroristes et autres crapules qui usent de la violence pour arriver à leurs fins. Ah oui le terme "beur" est aussi une horreur du politiquement correct. C'est même insultant.
h16 Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Il y a aussi l'inénarrable "jour pour jour" dont l'utilisation n'a plus rien à voir avec son sens. Le "pallier à", devenue monnaie courante. Entrer en liste (au lieu de lice) …. Horripilant : les reportages scientifiques, qui sont à la vulgarisation scientifique ce que l'expression "prout" est à la description chimique complète des propriétés du méthane. De façon générale, leur désir de faire passer le maximum d'information dans un minimum de temps qui, au final, leur fait passer le minimum d'informations compréhensibles dans un galimatia de Français taillé à l'emporte-pièce…
Mobius Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Depuis que Philippe Vandel avait identifié cette "série de notes musicales", reprise de manière à peine exagérée dans les reportages du journal de Moustik, je ne peux plus ne plus l'entendre et je comprends tout à fait ce que tu ressens ! les inénarrables reportages de Vincent Marronier
Domi Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Nom de Zeus…cité phocéenne. Fredo est toulousain! Sinon, il y a les expressions que l'on aime pas parce que c'est du mauvais français et celles qui travestissent la réalité sous un angle politique. J'avoue ne pas y préter trop d'attention spontanément, mais tout bien reflechi, je vais me joindre à la grogne de Fredo et ne plus les accepter!
Ash Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Je hais aussi ceux qui utilisent la capitale à la place d'un pays (quasiment tous maintenant), et aussi ceux qui font l'association Français=France=Etat Français (et de même pour les autres pays). Ca me fait penser à cette citation : "Quand vous lisez dans les journaux "le pays s'est prononcé", comprenez qu'une moitié de la nation a réussi à opprimer l'autre." Louis Latzarus, Journaliste.
Punu Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 "convivial", "festif", "citoyen" (dans un sens adjetival), "interpeller" (comment une chose peut-elle interpeller ?), "quelque part" ("Quelque part, le ministre a raison" : où donc ?), "laïcité" (dans les journaux belges : en Belgique ce terme n'a pas de sens car l'état n'est pas laïc), "néolibéral", etc.
Messer Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 "La loi qui stipule". Ca, pour un juriste c'est inadmissible. On pete les burnes des étudiants avec ca en permanence et de l'autre des connards de journaleux ne sont pas foutus de retenir cette simple formule de "la loi DISPOSE" dans leur culture générale. Je trouve une tendance aux journalistes de vouloir être les futurs prix Pulitzer de la rubrique chiens écrasés, en interrogeant tel ou tel branleur et en attendant de filmer un truc pathétique.. C'est naze.. Bien sur je passe le recherche du profit mentionné ci dessus, l'ultra-néo-libéralisme etc etc.
Fredo Posté 25 mars 2006 Auteur Signaler Posté 25 mars 2006 Nom de Zeus…cité phocéenne. Aaargh, pris en flagrant délit de phaute d'orthograf Bon, ma mémoire étant très visuelle, je prends note vu que je n'avais jamais lu ce qualificatif. De façon générale, leur désir de faire passer le maximum d'information dans un minimum de temps qui, au final, leur fait passer le minimum d'informations compréhensibles dans un galimatia de Français taillé à l'emporte-pièce… Quand ils y arrivent. Car ça c'est juste l'apéro : au "20h" on introduit un sujet, puis au lieu d'approfondir on passe 2 ou 3 minutes de reportage qui n'apportent rien. Et on repart le ventre vide.
Etienne Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Résultats, plus de télé et plus de presse française. D'ailleurs je cherche une source d'information légère (c'est à dire pas 50 énormes articles par jour) d'information en anglais, à portée internationale, et pas trop libertarnio-incompatible… des suggestions ? The Economist, Courrier International : les deux magazines que je supporte encore. Précisement parce qu'ils ne sont pas à proprement parler, français. (Bon, si, les Echos et le FT sont pas mal non plus.)
Domi Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 The Economist, Courrier International : les deux magazines que je supporte encore. Précisement parce qu'ils ne sont pas à proprement parler, français. (Bon, si, les Echos et le FT sont pas mal non plus.) Courrier international me parait trés orienté pour trouver dans la presse étrangère les idées majoritaires en France (devinez lesquelles). Intéressant quand même. Aaargh, pris en flagrant délit de phaute d'orthograf Phocée était une cité grecque d'asie mineure dont les fondateurs de marseille sont issus (lu sur internet à l'instant).
Etienne Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Courrier international me parait trés orienté pour trouver dans la presse étrangère les idées majoritaires en France (devinez lesquelles). Intéressant quand même. Oui, il y a cette tendance, mais c'est tout de même assez intéressant pour l'ouverture à des presses ou des pays dont on est peu familiers. Et puis, il n'y a pas que des propos orientés franco-français : c'est notamment comme cela que j'y retrouve des articles sympas du FT.
Dardanus Posté 25 mars 2006 Signaler Posté 25 mars 2006 Courrier international me parait trés orienté pour trouver dans la presse étrangère les idées majoritaires en France (devinez lesquelles). Intéressant quand même.Phocée était une cité grecque d'asie mineure dont les fondateurs de marseille sont issus (lu sur internet à l'instant). Certains comprendront que je ne l'avais pas lu sur Internet. Il ne faut pas confondre Phocée et Fos-sur-Mer. Quant à Courrier International, c'est la seule publication qui apporte un peu d'ouverture d'esprit dans les CDI des lycées de France et de Navarre.
Sekonda Posté 26 mars 2006 Signaler Posté 26 mars 2006 "démocratiser" pour dire qu'un produit est devenu financièrement accessible à tous ("la démocratisation des lecteurs de DVD") ou généralisé autrement ("la démocratisation de l'école") . Quel rapport avec le pouvoir ?
Sous-Commandant Marco Posté 26 mars 2006 Signaler Posté 26 mars 2006 Les événements qui "interviennent". "La signature de cet accord intervient au moment où bla bla bla…" Une chose ne peut pas intervenir.
archiliberal Posté 26 mars 2006 Signaler Posté 26 mars 2006 Pour ma part, j'abjecte les expressions suivantes : - les pléonasmes du genre : au jour d'aujourd'hui, voire même, comme par exemple => quel temps d'antenne perdu à ne rien dire !!! - l'expression : l'Etat, garant de l'intérêt général ou au nom de l'intérêt général => euh, et l'intérêt particulier, qu'en fait-on ? - et pour finir, les expressions qui meublent et n'ajoutent rien au schmilblick, ex. : pour ainsi dire, soi-disant
Domi Posté 26 mars 2006 Signaler Posté 26 mars 2006 Certains comprendront que je ne l'avais pas lu sur Internet. Il ne faut pas confondre Phocée et Fos-sur-Mer. Aucun reprôche de ma part, je voulais faire une simple contribution de culture générale.
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