Antherac Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 Juste une petite question:les programmes de sciences économiques et sociales,matiére enseignée au lycée dans le secondaire,vous paraissent'ils libéraux?
Patrick Smets Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 Non seulement, ils ne paraissent pas libéraux, mais en plus ils sont très officiellement écrits pour détourner les jeunes gens du libéralisme.
Matthieu_LC Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 il y a quelques années j'ai passé un bac ES, spécialité maths, la matière principale était bien évidemment les sciences éco. Ma prof était une catholique de gauche, un peu du style ségolène mais un peu plus à droite. Les documents principaux d'études étaient un bouquin vieux de 4 ans à cette époque et attention le magazine alternative économique… Inutile de vous dire que le cours d'Eco ressemblait plus à de l'embrigadement que à l'étude de concept économique et sociaux. Pour vous dire, on passait plusieurs mois sur l'étude de Keynes mais Friedman n'était étudié que pendant quelques cours par la suite. en sociologie, les holistes avaient la part belle et le copain bourdieu était cité à tous les cours.. Or c'est à cette époque que je commencais à m'intéresser à la politique et à l'idéologie libérale en tant que telle. donc lorsque je sortais en classe que supprimer le SMIC permettrait sur le long terme de réduire le chômage, ça faisait désordre. idem lorsque je me lançais sur les coûts exorbitants des politiques de Keynes et leur inefficacité. Ma prof m'avait même prévenu pour le BAC à savoir d'une certaine façon de ne pas être trop virulent….. donc OUI les sciences économiques et sociales ne sont pas du tout enseignées de façon objective, qui plus est, les grands maîtres à penser des politiques libérales ne sont étudiés que dans un coup de vent en fin d'année scolaire et les manuels insistent plutôt sur les politiques interventionnistes. mais cependant, pour mon exemple personnel, cela ne m'a pas détourné du libéralisme, bien au contraire…
Libérus Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 mais cependant, pour mon exemple personnel, cela ne m'a pas détourné du libéralisme, bien au contraire… C'est d'autant plus méritant de résister à l'endoctrinement quand il est fait par une personne de charme.
Patrick Smets Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 Ma prof était une catholique de gauche, un peu du style ségolène une personne de charme. T'as de drôle de gouts ?!
Libérus Posté 5 décembre 2006 Signaler Posté 5 décembre 2006 T'as de drôle de gouts ?! J'aime la difficulté
Leepose Posté 6 décembre 2006 Signaler Posté 6 décembre 2006 mais cependant, pour mon exemple personnel, cela ne m'a pas détourné du libéralisme, bien au contraire… Moi aussi, j'ai suivi ce parcours, bac B + 4 ans d'éco a la fac. Mais je ne suis devenu "libéral" que vers le DEUG. Par contre, je n'ai jamais été fondamentalement anti-libéral. D'ailleurs, pour tout vous dire j'en ai un peu marre de voir qu'on oppose Keynes aux libéraux, et qu'on prenne Friedman pour le summum du libéralisme. A mes yeux, Keynes est un libéral. (je sais, ca choque un peu, mais réflechissez quand meme avant de me répondre…) J'ajoute, pour aller dans le sens de la question, que les profs ne font pas grand chose pour mettre en valeur le libéralisme. D'abord parce qu'aucun lien n'est fait entre le libéralisme économique et le libéralisme tout court (ca n'est pas un cours de philo, d'accord, mais quand meme). D'autre part on ne distingue guère le libéralisme du capitalisme, ce qui est plus grave, et on l'associe assez systématiquement a des concepts peu ragoutants, comme la financiarisation de l'économie, ou a des politiques économiques et monétaires "orthodoxes". A 17 ans, on reve de tout sauf d'othodoxie… Enfin, le libéralisme est souvent décrit comme un extrémisme, et il est assez facile de faire comprendre que le marché n'a pas TOUJOURS réponse a TOUT. Que parfois, d'autres mécanismes que lui meme peuvent intervenir a bon escient.
Wallace Posté 6 décembre 2006 Signaler Posté 6 décembre 2006 D'ailleurs, pour tout vous dire j'en ai un peu marre de voir qu'on oppose Keynes aux libéraux, et qu'on prenne Friedman pour le summum du libéralisme. A mes yeux, Keynes est un libéral.(je sais, ca choque un peu, mais réflechissez quand meme avant de me répondre…) Non ! Ce n'est ps choquant, Keynes n'est pas l'opposé des libéraux et M. Friedman n'est pas le gourou de l'ultra libéralisme comme le présente une presse trop souvent marquée par l'ignorance et les lieux communs sur le libéralisme. Mais de la a dire que Keynes est un libéral, pourriez vous développer ?
Cédric Posté 7 décembre 2006 Signaler Posté 7 décembre 2006 Le programme de SES est un rogramme d'histoire des idées économiques et sociales, avec un présupposé progressiste et hégélien : chaque théorie qui suit une autre lui est supérieure jusqu'à ce qu'une autre théorie (sans jamais s'intéresser à des questions de cohérence interne d'une théorie, de rapport à la réalité). Par exemple, pour le commerce international, on fait Ricardo, qui est perfectionné par les théorèmes d'après-guerre, mais "réfuté" par Krugman. Pour la sociologie, on a Durkheim, puis Weber, dont la "synthèse" est sensé être Bourdieu. J'aurais maintenant tendance à penser qu'il ne faut pas chercher l'orientation gauchiste dans le contenu, mais dans la forme de l'enseignement, à savoir une forme historique qui mêle des présupposés progressistes et post-modernes : un savoir ne saurait ne comprendre que dans son histoire, il faut faire fi de toute considération de vérité ou de logique, la seule logique étant la logique historique teintée d'hégélianisme, et plus fortement encore de marxisme. A titre de comparaison, c'est exactement comme cela que la philosophie est enseignée à l'université : Kant est la synthèse des cartésiens (comprenez essentiellement Descartes et Leibniz) et des "empiristes" (comprenez Hume) sans souci du contenu de ces courants et de leur complexité. Selon l'orientation de votre professeur, la fin de l'histoire de la philosophie sera Nietzsche ou Heidegger, bien qu'il y ait aujourd'hui une mode Wittgenstein (mais pas le même intérêt pour ses successeurs et contradicteurs non-continentaux). Il s'agit de l'esprit continental.
Rincevent Posté 7 décembre 2006 Signaler Posté 7 décembre 2006 […] faire fi de toute considération de vérité ou de logique […] Résumé en 10 mots (mieux que je ne l'aurais jamais fait) le problème des soi-disant sciences sociales, et de l'éducation qu'elles ont pris en otage.
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