Bastiat Posté 16 février 2008 Signaler Posté 16 février 2008 Une société libérale repose sur le droit de propriété. Donc c'est au propriétaire de décider de ce qu'on a le droit de dire ou de ne pas dire chez lui. necessaire mais pas suffisant. Tout simplement parce que le droit timurien est simple et ne nécessite pas de livre. Une page suffit : tu rentres chez moi, t'es mort. ou encore, passe en A320 au dessus de chez moi et je t'envoi un sol-air, a toi d'indemniser les passagers.
WALDGANGER Posté 16 février 2008 Signaler Posté 16 février 2008 Je me pose une question sur la diffamation. Et sur le mensonge en général. Tout le monde pense ici que le mensonge dans une transaction équivaut à la rupture d'un contrat (réel ou implicite) et doit être puni. Dans un cadre plus général, si l'on pose une question à quelqu'un, que celui ci s'engage à dire la vérité et qu'il s'avère avoir menti, y a-t-il violation d'un contrat? Pourquoi est ce que le mensonge ne serait puni que dans le cadre d'une transaction commerciale?
Invité jabial Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Décidément, j'avais bien raison quand je disais que les "droits à" étaient le linceul du libéralisme. On en arrive à revenir sur la liberté d'expression, qui était historiquement la première revendication libérale! C'est vraiment insensé.
Ash Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 La diffamation n'est pas une liberté d'expression.
Invité jabial Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 La diffamation n'est pas une liberté d'expression. Ca, c'est la réponse préférée dans anti-liberté d'expression. Il semblerait que ni la pornographie, ni le blasphème, ni la "diffamation", n'en fassent partie. Et moi qui croyait que c'était la liberté de s'exprimer… Mais bon, on le sait, le racisme n'est pas une opinion - c'est un délit
Ash Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Il semblerait que ni la pornographie, ni le blasphème, ni la "diffamation", n'en fassent partie. Il te semble mal. Maintenant si tu ne sais pas faire la différence entre une diffamation et un blasphème, c'est peu étonnant.
Hidalgo Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Il te semble mal.Maintenant si tu ne sais pas faire la différence entre une diffamation et un blasphème, c'est peu étonnant. Est-ce simplement une différence d'objet ou alors de niveau?
Bastiat Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Décidément, j'avais bien raison quand je disais que les "droits à" étaient le linceul du libéralisme. On en arrive à revenir sur la liberté d'expression, qui était historiquement la première revendication libérale! C'est vraiment insensé. Je dirais que c'est même un principe premier. Elle permet le progrès du droit et de la science. HHH fait même de "l'argumentation" l'un des 2 axiomes permettant de fonder à priori la nécessité de la propriété privée. http://heresie.org/axiomatique_normative.html Çà, c'est la réponse préférée dans anti-liberté d'expression.Il semblerait que ni la pornographie, ni le blasphème, ni la "diffamation", n'en fassent partie. Et moi qui croyait que c'était la liberté de s'exprimer… Mais bon, on le sait, le racisme n'est pas une opinion - c'est un délit La pornographie n'a rien à voir avec l'expression, c'est une pratique ou un spectacle qui ne concerne que ceux qui le suive, ça n'a évidement rien à voir avec l'attentat à la pudeur. L'accusation de blasphème permet de condamner à priori toute idée extérieur au dogme, elle n'a rein à faire dans une société ouverte. La diffamation est d'un autre ordre elle permet de discréditer des personnes sans fondement. L'accusation de diffamation permet de se protéger d'une critique vraie mais pas nécessairement prouvable (si l'on en est le seul témoin par exemple) compte tenu des moyens disponibles. A mon avis la proposition de A.B de "procès optionnel" est la meilleure réponse au problème de la diffamation, elle permet d'internaliser raisonnablement bien les couts de réputation sur les faux diffamateurs/diffamés.
POE Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Attention à ne pas tout mélanger non plus. Il n'y a pas non plus de droit au blasphème ou de droit à l'insulte et à la diffamation. La liberté d'expression doit être interprétée en fonction du contexte. PS : L'étymologie de "blasphème" ne la distingue pas de la diffamation.
Bastiat Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Attention à ne pas tout mélanger non plus. Il n'y a pas non plus de droit au blasphème ou de droit à l'insulte et à la diffamation. La liberté d'expression doit être interprétée en fonction du contexte. Je pensais être clair. L'accusation de blasphème … n'a rein à faire dans une société ouverte. = chacun à le droit de dire ce qui peut être considéré comme un blasphème par d'autres. Quand à la diffamation, elle à besoin d'une confrontation pour être caractérisée, on ne peut donc PAS interdire a priori un propos avant de savoir si c'est une diffamation.
Ash Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Est-ce simplement une différence d'objet ou alors de niveau? En français ça donne ?
Harald Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Je pensais être clair.L'accusation de blasphème … n'a rein à faire dans une société ouverte. = chacun à le droit de dire ce qui peut être considéré comme un blasphème par d'autres. Ce type de société ouverte où le simple respect dû à ses semblables n'existe plus doit alors accepter que celui qui est insulté colle un bon pain dans la tronche de celui qui l'aura insulté. Pour ma part, je ne pense pas que cela ressemble de près ou de loin à ce que l'on entend par "civilisation". Pour ma part, j'ai bien plus rencontré d'athées volontairement irrespectueux se plaignant ensuite de ce que l'on cherche à les brimer (les pauvres chéris) que de croyants cherchant à exacerber la sensibilité à fleur de peau des malheureux athées. En français ça donne ? Sur PF on préférait dire "ce n'est pas une différence de nature mais de degré". Ca pète plus.
Bastiat Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 Ce type de société ouverte où le simple respect dû à ses semblables n'existe plus doit alors accepter que celui qui est insulté colle un bon pain dans la tronche de celui qui l'aura insulté. Pour ma part, je ne pense pas que cela ressemble de près ou de loin à ce que l'on entend par "civilisation". Oui une bonne claque pour une goujateries, c'est un prêté pour un rendu, ni l'une ni l'autre ne méritent un recourt en justice. C'est de l'ordre de la politesse et rien d'autre, surtout pas de la loi. La civilisation c'est aussi ça.
Invité jabial Posté 21 février 2008 Signaler Posté 21 février 2008 La pornographie n'a rien à voir avec l'expression Ah bon, dès lors que l'information que je transmet a un but érotique, hop, c'est plus de l'expression, magie. L'accusation de blasphème permet de condamner à priori toute idée extérieur au dogme, elle n'a rein à faire dans une société ouverte. D'un point de vue juridique, elle n'a rien à faire dans le droit d'une société juste, fût-elle rigoureusement religieuse. La diffamation est d'un autre ordre elle permet de discréditer des personnes sans fondement. La diffamation est une transmission d'informations entre personnes extérieures à celle qui est concernée. Que les informations soient vraies ou fausses, ça ne viole aucun droit réel. Le délit de diffamation, comme celui de discrimination, est typiquement une construction étatiste qui résulte de la présente d'une sphère dite publique où il n'y a pas de propriétaire pour faire respecter les règles de société qui ne sont pas de l'ordre du droit naturel. L'accusation de diffamation permet de se protéger d'une critique vraie mais pas nécessairement prouvable (si l'on en est le seul témoin par exemple) compte tenu des moyens disponibles. Je conseille aux partisans de la diffamation de regarder de très près à qui elle profite exactement. C'est une arme des hommes de pouvoir contre les faibles, et certainement pas le contraire. A contrario, les cas où de pauvres types ont été trainés dans la boue ont généralement fait l'objet de non-lieux parce que la presse jouit d'un régime particulier dans les textes comme dans l'application. C'est ça, la réalité. A mon avis la proposition de A.B de "procès optionnel" est la meilleure réponse au problème de la diffamation, elle permet d'internaliser raisonnablement bien les couts de réputation sur les faux diffamateurs/diffamés. On ne détermine pas le DN en fonction de ce qui serait sympathique, agréable ou qui ferait le mieux consensus. On déduit la conduite à tenir d'un petit nombre de droits clairement définis qui tracent la frontière entre la liberté et le crime. Qu'on supprime cette barrière et l'arbitraire est de retour - c'en est fini de la liberté. Rien à faire, la diffamation, ça n'existe pas. D'une manière ou d'une autre, quand une personne ment régulièrement, les gens savent à quoi s'en tenir. Et s'il restera toujours des crétins pour croire le Diplo lorsqu'il traite de fasciste X ou Y, et bien de toute façon la diffamation n'a jamais permis de faire taire ces gens-là. Le rôle d'un juge est d'établir la vérité sur des faits. Des faits, ce sont des actions. Les actions laissent leurs empreintes sur le monde matériel : preuves, témoignages peuvent être recueillis. Si donc j'accuse un politicien d'être un voleur, on me demandera d'apporter des preuves qu'à mon niveau je serai bien entendu bien incapable de réunir. Il est très dangereux de demander à un juge non pas d'apprécier des faits, mais de juger de ce qui est vrai ou faux, ou pire encore, de juger si l'allégateur pensait (!) qu'il disait vrai ou pas. Histoire de faire bien comprendre à mes adversaires sur la question de l'avortement à quoi ils s'exposent, je leur rappelle que la diffamation permettrait par exemple de vous condamner pour avoir accusé les avorteurs de meurtre. C'est tout simplement de la censure. Et derrière les beaux discours, ça n'a jamais rien été d'autre. Ne vous laissez pas berner. La présomption d'innocence est juridique et non sociale. Elle a été inventée, entre autres, pour décourager l'emprisonnement sans jugement qui était courant à une certaine époque. Elle ne signifie certainement pas qu'on ne peut pas dire ce qu'on veut sur qui on veut. Les hommes ne peuvent être pleinement hommes que libres de leurs pensées et de leurs paroles ; toute personne qui cherche à contrôler les pensées d'autrui raisonne en totalitaire, et toutes les bonnes intentions du monde ne changeront rien à ce résultat.
Bastiat Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 La diffamation est une transmission d'informations entre personnes extérieures à celle qui est concernée. Que les informations soient vraies ou fausses, ça ne viole aucun droit réel. Le délit de diffamation, comme celui de discrimination, est typiquement une construction étatiste qui résulte de la présente d'une sphère dite publique où il n'y a pas de propriétaire pour faire respecter les règles de société qui ne sont pas de l'ordre du droit naturel. Le DN ne se réduit pas au droit de propriété même si celui-ci en constitue de loin la plus grosse part. On ne détermine pas le DN en fonction de ce qui serait sympathique, agréable ou qui ferait le mieux consensus. On déduit la conduite à tenir d'un petit nombre de droits clairement définis qui tracent la frontière entre la liberté et le crime. Qu'on supprime cette barrière et l'arbitraire est de retour - c'en est fini de la liberté. Rien à faire, la diffamation, ça n'existe pas. Le DN ne se détermine pas, il se découvre. A la lumière des faits et de l'expérience acquise, certains pans du DN peuvent être fondés par une argumentation "à priori" comme chez HHH pour la propriété ou "à postériori" (faucon et colombe). Prétendre découvrir le droit sans jamais l'avoir expérimenté, par un rationalisme pur, sans s'appuyer sur le trésor d'expérience accumulé par les générations précédentes, ni passer par l'analyse des faits, est une erreur majeure qui fleur bon le constructivisme et la vanité la plus flagrante. Pro et anti font par exemple cette erreur lorsqu'ils refusent de regarder ce qu'apportent les traditions en la matière. (moi pas vouloir relancer le débat qui fâche sur ce fil.) Le rôle d'un juge est d'établir la vérité sur des faits. Des faits, ce sont des actions. Les actions laissent leurs empreintes sur le monde matériel : preuves, témoignages peuvent être recueillis. Si donc j'accuse un politicien d'être un voleur, on me demandera d'apporter des preuves qu'à mon niveau je serai bien entendu bien incapable de réunir. Il est très dangereux de demander à un juge non pas d'apprécier des faits, mais de juger de ce qui est vrai ou faux, ou pire encore, de juger si l'allégateur pensait (!) qu'il disait vrai ou pas. Précisément il ne s'agit QUE de lui demander d'apprécier les faits OU de signaler publiquement que éventuellement telle personne tenant tel propos refuse pour un motif X ou Y de rapporter les faits sur les quels elle d'appui. Histoire de faire bien comprendre à mes adversaires sur la question de l'avortement à quoi ils s'exposent, je leur rappelle que la diffamation permettrait par exemple de vous condamner pour avoir accusé les avorteurs de meurtre. C'est tout simplement de la censure. Et derrière les beaux discours, ça n'a jamais rien été d'autre. Ne vous laissez pas berner.La présomption d'innocence est juridique et non sociale. Elle a été inventée, entre autres, pour décourager l'emprisonnement sans jugement qui était courant à une certaine époque. Elle ne signifie certainement pas qu'on ne peut pas dire ce qu'on veut sur qui on veut. Les hommes ne peuvent être pleinement hommes que libres de leurs pensées et de leurs paroles ; toute personne qui cherche à contrôler les pensées d'autrui raisonne en totalitaire, et toutes les bonnes intentions du monde ne changeront rien à ce résultat. Heureusement, avec le "procès optionnel" ce serais un point de vue librement exprimable sans le moindre risque de condamnation, pas plus que de dire que les pro-vie sont des esclavagistes et des oppresseurs des femmes ou des intégristes religieux ou que sais-je.
Harald Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Oui une bonne claque pour une goujateries, c'est un prêté pour un rendu, ni l'une ni l'autre ne méritent un recourt en justice.C'est de l'ordre de la politesse et rien d'autre, surtout pas de la loi. La civilisation c'est aussi ça. Cette solution n'est valable que pour des propos tenus de gré à gré. La donne change lorsqu'ils sont publiés et lus par des centaines de milliers de personnes. A priori il y a ici une grosse difficulté à appréhender le fait qu'une action en réparation n'a strictement rien à voir avec la censure. La civilisation ne réside pas dans le fait de pouvoir dire tout et n'importe quoi surtout si cela insulte ou diffame des individus y compris dans ce qu'il peut y avoir de plus profondément enraciné en eux, comme la foi par exemple. La civilisation est d'abord fondée sur le respect mutuel, même les plus primitives avaient compris cela.
Ronnie Hayek Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Entre parenthèses, il est plutôt amusant de voir que certains s'indignent, d'une part, que l'on puisse contester la modération sur un forum quelconque - et le font savoir avec emphase -, mais estiment, d'autre part, parfaitement négligeable le cas de la diffamation. Une hiérarchie dans la gravité, ma foi, plutôt déconcertante.
Bastiat Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 A priori il y a ici une grosse difficulté à appréhender le fait qu'une action en réparation n'a strictement rien à voir avec la censure. Le problème est la de déterminer le préjudice, il n'est pas évaluable à l'aune du droit de propriété. Pourtant, un mensonge peut détruire votre vie. Puisqu'on n'est pas propriétaire du cerveau des autres, il faut donc une règle de droit qui renvoi au diffamateur/menteur/tricheur réel l'atteinte faite à la réputation. Le procès en diffamation refusable répond actuellement le mieux à cet objectif selon moi. Il internalise les couts sans porter atteinte à ses droits de propriété pour parler en économiste. La civilisation ne réside pas dans le fait de pouvoir dire tout et n'importe quoi surtout si cela insulte ou diffame des individus y compris dans ce qu'il peut y avoir de plus profondément enraciné en eux, comme la foi par exemple. La civilisation est d'abord fondée sur le respect mutuel, même les plus primitives avaient compris cela. C'est certain, mais on ne peut pas condamner à priori un propos sous prétexte qu'il est contraire à un dogme, ce serait là une réel régression. J'admets néanmoins que des propos violents pour les quels on peut démontrer un lien clinique directe avec par exemple un tromatisme psychologique, une tentative de suicide ou une dépression par exemple, sont à ranger dans la catégorie agression et donc susceptibles d'indemnisation personnelle pour les dommages causé, c'est la du civil et non du pénal. —————-- Procès en diffamation refusable —————-- A tient un propos concernant B que B juge diffamatoire. Soit B ne porte pas plainte, et rien ne se passe. Soit B propose à A un procès pour démontrer ses allégations. Les conséquences possibles sont alors consignées dans un "casier réputation" accessible à tous à tout moment (sur le web par exemple). - A refuse et révèle ainsi son incapacité à démontrer ses dire, ce refus est simplement consignée dans le "casier" de A. - A accepte, les faits sont ou non jugés convaincant lors du procès, le perdant ( A ou B ) prend à sa charge les frais de procédure et de publication dans la presse, le procès est consigné dans son "casier". ————————————————————————
Harald Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 C'est certain, mais on ne peut pas condamner à priori un propos sous prétexte qu'il est contraire à un dogme, ce serait là une réel régression. Il ne s'agit pas de condamner tous les propos contraire à un dogme. C'est quand même incroyable que vous ne soyez pas en mesure de faire la différence entre un discours structuré, argumenté et correct dans les termes et les éructations d'un Christophe Alévêque, par exemple, qui n'ont quasiment rien à envier sur le fond et quasiment sur la forme à celles que tenaient les hussards noirs de la république, anti callotins en diable. —————-- Procès en diffamation refusable —————--A tient un propos concernant B que B juge diffamatoire. Soit B ne porte pas plainte, et rien ne se passe. Soit B propose à A un procès pour démontrer ses allégations. Les conséquences possibles sont alors consignées dans un "casier réputation" accessible à tous à tout moment (sur le web par exemple). - A refuse et révèle ainsi son incapacité à démontrer ses dire, ce refus est simplement consignée dans le "casier" de A. - A accepte, les faits sont ou non jugés convaincant lors du procès, le perdant ( A ou B ) prend à sa charge les frais de procédure et de publication dans la presse, le procès est consigné dans son "casier". ———————————————————————— Là, vous êtes en train de donner un cours de montage d'usine à gaz à tous les membres du fan club officiel de la soc-dem.
Invité jabial Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Entre parenthèses, il est plutôt amusant de voir que certains s'indignent, d'une part, que l'on puisse contester la modération sur un forum quelconque - et le font savoir avec emphase -, mais estiment, d'autre part, parfaitement négligeable le cas de la diffamation. Une hiérarchie dans la gravité, ma foi, plutôt déconcertante. Un forum est une propriété privée. Il est très grave de perdre son gagne-pain, mais en l'absence de contrat de non-concurrence, j'ai le droit de vendre un meileur produit que le tien, et tant pis pour toi. J'ai l'impression que les dernières notions libertariennes de base, comme la distinction entre public et privé, t'ont d'ores et déjà quitté.
Sous-Commandant Marco Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 […] La diffamation est une transmission d'informations entre personnes extérieures à celle qui est concernée. Que les informations soient vraies ou fausses, ça ne viole aucun droit réel. Le délit de diffamation, comme celui de discrimination, est typiquement une construction étatiste qui résulte de la présente d'une sphère dite publique où il n'y a pas de propriétaire pour faire respecter les règles de société qui ne sont pas de l'ordre du droit naturel. Moi, dans ce constructivisme du droit de propriété, j'aimerais bien savoir si les paquets IP, les ondes radio ou les signaux de fumée font partie de la "sphère publique" ou bien s'ils appartiennent à quelqu'un. Et dans ce dernier cas, à qui? Pour ma part, je maintiens qu'il y aura toujours une sphère publique, même en anarcapie, et que la liberté d'expression a des limites, à savoir le respect de la personne, comme toutes les libertés. Je conseille aux partisans de la diffamation de regarder de très près à qui elle profite exactement. C'est une arme des hommes de pouvoir contre les faibles, et certainement pas le contraire. A contrario, les cas où de pauvres types ont été trainés dans la boue ont généralement fait l'objet de non-lieux parce que la presse jouit d'un régime particulier dans les textes comme dans l'application. C'est ça, la réalité. On pourrait dire la même chose du droit de propriété et même de la liberté.
Invité jabial Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Moi, dans ce constructivisme du droit de propriété, j'aimerais bien savoir si les paquets IP, les ondes radio ou les signaux de fumée font partie de la "sphère publique" ou bien s'ils appartiennent à quelqu'un. Et dans ce dernier cas, à qui?Pour ma part, je maintiens qu'il y aura toujours une sphère publique, même en anarcapie, et que la liberté d'expression a des limites, à savoir le respect de la personne, comme toutes les libertés. Les limites arbitraires ne sont pas des limites mais des prétextes pour les princes de ce monde. Il suffit d'un interstice entre deux cheveux pour laisser entrer le démon. On pourrait dire la même chose du droit de propriété et même de la liberté. On peut aussi dire que la Terre est plate.
Hidalgo Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 En français ça donne ? Ai-je le droit de dire que dieu est un fumeur de Havannes par exemple? Ou alors qu'il a un penchant pour les femmes d'âge mûre? P.S: Je trouve ridicule le genre de propositions qui désacralisent dieu à la gaucho-style, ils n'ont rien compris. Cependant, je veux tester jusqu'à quel point tu est libéral Ash. Si tu répond non tu n'est pas libéral sur ce sujet. P.S: Je respecte énormément les croyants, mais pas les susceptibles ni ce qui ne tolèrent pas l'altérité.
Bastiat Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Il ne s'agit pas de condamner tous les propos contraire à un dogme. C'est quand même incroyable que vous ne soyez pas en mesure de faire la différence entre un discours structuré, argumenté et correct dans les termes et les éructations d'un Christophe Alévêque, par exemple, qui n'ont quasiment rien à envier sur le fond et quasiment sur la forme à celles que tenaient les hussards noirs de la république, anti callotins en diable. Personne ne prend Christophe Alévêque pour un théoricien, je n'ai jamais vu aucun de ses spectacle et en suis fort aise, vous devriez faire de même. Bien qu'assez peu sensible aux questions religieuses, ma famille est catholique pratiquante. J'ai entendu toute ma jeunesse le Pape caricaturé et insulté, je n'en suis pas mort et mon indignation ne m'a jamais donné pour autant envie de condamner les ours et les rustres pour ça. Je fais très bien la différence entre argumentation et éructation comme beaucoup de gens, mais les ennemis de la liberté ne la font pas. Quand il s'agit de supprimer un adversaire idéologique, tous les moyens sont bon. La législation sur la diffamation est un pavé dans l'enfer des bonnes intentions que les politiques et les puissants n'hésitent pas à brandir pour intimider leurs contradicteurs, il y a fort peu de chance qu'elle soit utilisé dans le sens et avec la mesure qui à votre préférence.
Sous-Commandant Marco Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Les limites arbitraires ne sont pas des limites mais des prétextes pour les princes de ce monde. Il suffit d'un interstice entre deux cheveux pour laisser entrer le démon. Et en fondant tes limites sur le droit de propriété seulement, tu n'as pas l'impression de fournir des prétextes aux "princes de ce monde"? Ne peut-on pas penser que la vérité se vendrait au plus offrant, à celui qui peut publier en grande quantité des absurdités sans jamais avoir de compte à rendre? Bien sûr que les puissants seront toujours mieux armés que les manants pour ester en justice. Cependant, les poursuites en diffamation trouveront leurs limites conformément à la raison. De même qu'il serait grotesque et coûteux de traîner devant les tribunaux une personne qui se serait égarée par erreur sur ton terrain, les puissants se croiront à l'abri des piqures de moustique. La vitesse de diffusion du venin des idées fera le reste. Ce n'est pas pour rien que les pamphlétaires désargentés ont toujours su manier la litote, la satire, l'anonymat et d'autres moyens d'échapper aux poursuites. On peut aussi dire que la Terre est plate. Et dans ce cas, on a raison en première approximation, dans les limites arbitraires de son pré carré, mais tort dès qu'on fait le tour de la question.
Sous-Commandant Marco Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Ai-je le droit de dire que dieu est un fumeur de Havannes par exemple? Ou alors qu'il a un penchant pour les femmes d'âge mûre? Merci de bien vouloir me laisser en dehors de tout ça.
Rincevent Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Ai-je le droit de dire que dieu est un fumeur de Havannes par exemple? Ou alors qu'il a un penchant pour les femmes d'âge mûre? "God likes cougars". Quel programme…
Ash Posté 22 février 2008 Signaler Posté 22 février 2008 Ai-je le droit de dire que dieu est un fumeur de Havannes par exemple? Ou alors qu'il a un penchant pour les femmes d'âge mûre? Oui mais c'est un blasphème (drôles d'exemples au passage). Ce sera un acte de diffamation le jour où il pourra t'assigner en Justice ici bas. De toute manière tu iras en enfer. P.S: Je trouve ridicule le genre de propositions qui désacralisent dieu à la gaucho-style, ils n'ont rien compris. Cependant, je veux tester jusqu'à quel point tu est libéral Ash. Si tu répond non tu n'est pas libéral sur ce sujet. Marrant. C'est justement très gaucho-style de vérifier notre pureté idéologique.
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