Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Dans une société où il y a une incitation à faire du profit, à accumuler du capital, comme par exemple les sociétés libérales USA du XIXe ; n’a-t-on pas assisté à l’émergence de détenteurs de capitaux si importants qu’ils ont pu avoir assez d’influence sur l’Etat de droit pour changer les règles du jeu ; et ainsi sécuriser leurs positions et s’offrir des opportunités d’accumuler encore plus vite qu’en ‘jeu normal’ (i.e marché libre). Est-ce vraiment ce qu’il s’est passé ? Hayek, si j’ai compris, parle d’un retournement de valeurs des gens vers le socialisme, parce que la population a cru que l’intervention de l’Etat serait plus efficace pour réduire la pauvreté résiduelle, largement réduite en premier lieu par les institutions libérales. (Constitution of Liberty, Road to Serfdom) Mais si ce n’était vraiment le cas, si ce retournement de valeurs n’est qu’une rationalisation du nouveau jeu : gagner plus en demandant l’aide de l’Etat. Jeu commencé, d’après Rand, par les grosses corporations. ( ) - Seul bémol : il me semble que la société américaine a tourné vraiment le dos au marché libre à cause des guerres mondiales, afin de se tourner vers une économie de guerre. Comme, à ma connaissance, et de ce que j’ai lu de M. Friedman (Free to Choose, Freedom & Capitalism), aucune nation qui eu un temps un marché libre a conservé ce marché libre pur jus, alors on pourrait dire que la collusion entre les plus gros détenteurs de capitaux et l’Etat pour changer les règles du jeu était inévitable. Quels paramètres auraient du être différents pour éviter le démantèlement progressif des institutions libérales, la corruption de l'Etat de droit ? Des hommes d’Etat incorruptibles ? N’y pensons pas. Des capitalistes randiens qui n'essaieraient jamais de tricher ? N'y pensons pas. Des citoyens sur le qui-vive, en permanence, motivés à dépenser beaucoup d’argent, de temps, d’énergie, pour défendre le marché libre ? Ou défendre ce concept, à la définition rarement commune à tous, de « Liberté » comme en appelait de ses vœux JFK ? Ca fait un peu ‘Homme Nouveau’ à la sauce libérale. Bref, est-ce que des institutions libérales peuvent vraiment tenir à l'épreuve du temps ? (ce qui serait loin d'être un défaut leur étant exclusif vu le mur dans lequel nos institutions actuelles nous font galoper) N'y a-t-il pas dans les fondations de la société libérale des graines qui conduisent à la route du mercantilisme/socialisme/corporatisme (rayez mentions .. ) et quel serait le Round-Up adéquat s'il existe ? Aurais-je soudainement des envies de nonossage ? Où est le fil sur les vidéos de Kitty, c'est moins glissant.
WBell Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Je crois que c'est Charles Gave qui expliquait dans un de ses bouquins qu'il fallait 50 ans (2 générations) pour qu'une société "plutôt" libérale se transforme en système fortement interventionniste. On peut dès lors imaginer que les petits enfants n'ayant pas connu les combats de leurs grand-parents pour lutter contre un système spoliateur et établir du libéralisme s'imaginent par facilité "qu'une petite loi en plus, ça permet de mieux réguler tel ou tel cas borderline"… La solution serait peut-être une éducation aux problèmes de l'interventionnisme (c'est à dire mener le raisonnement jusqu'au bout quand aux conséquences de telle ou telle loi). Malgré cela, je n'ai jamais rencontré de SimCommunisme comme il y a pu avoir des SimCity…
F. mas Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 … Vite ! un seul remède efficace : http://www.econlib.org/library/LFBooks/Jasay/jsyStt.html
Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Vite ! un seul remède efficace : http://www.econlib.org/library/LFBooks/Jasay/jsyStt.html Merci, je lirai.
Métazét Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Un système idéal, équilibré et harmonieux, je pense personnellement que c'est 61,80% de libéralisme et 38,20% d'interventionnisme, ne serait-ce que pour protéger le libéralisme d'une "destruction librement consentie" Sinon un peu dans le même esprit, l'institut Hayek publie un article tentant de montrer comment un Etat totalitaire peut finir par émerger en Anarcapie : http://www.fahayek.org/index.php?option=co…s&Itemid=53
Invité jabial Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Le sul système réellement efficace pour protéger le libéralisme contre la destruction c'est d'avoir le libéralisme non pas dans la tête des gens, mais dans leurs tripes. Des valeurs-clés sur lesquelles on refuse de discuter, mais on se bat. Des drapeaux. Des chansons. Des costumes. Des légendes et des mythes fondateurs. Des gens qui y consacrent leur vie, se font une tonsure, portent un uniforme comme la robe de bure etc. C'est comme ça que tous les grands changements de société sont arrivés, du christianisme au communisme en passant par la social-démocratie. Schnappi avait raison : il nous faut une contre-culture libérale avec ses propres règles de statut social. Tant que la hiérarchie des valeurs est définie par l'ancien système, il a déjà gagné. Si la tendance s'inverse, il a déjà perdu.
Invité Arn0 Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 C'est une bonne méthode si on veut que les gens défendent une superstition "libérale" mais pas si il s’agit de défendre de véritables valeurs libérales.
Métazét Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Le sul système réellement efficace pour protéger le libéralisme contre la destruction c'est d'avoir le libéralisme non pas dans la tête des gens, mais dans leurs tripes.Des valeurs-clés sur lesquelles on refuse de discuter, mais on se bat. Des drapeaux. Des chansons. Des costumes. Des légendes et des mythes fondateurs. Des gens qui y consacrent leur vie, se font une tonsure, portent un uniforme comme la robe de bure etc. C'est comme ça que tous les grands changements de société sont arrivés, du christianisme au communisme en passant par la social-démocratie. Schnappi avait raison : il nous faut une contre-culture libérale avec ses propres règles de statut social. Tant que la hiérarchie des valeurs est définie par l'ancien système, il a déjà gagné. Si la tendance s'inverse, il a déjà perdu. T'as pas tort, bien au contraire. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? C'est pourtant évident : si par exemple le Christianisme n'avait été qu'un docte discours théorique et purement philosophique, il n'aurait pas eu autant de succès. La liturgie, les cathédrales, les bûchers, tout ça ça aide à le vivre de l'intérieur (pour ceux qui y croient). Les bons évangélistes ne sont pas ceux qui trouvent les bons arguments, mais ceux qui trouvent les bonnes formules accrocheuses, qui ont du charisme, qui savent rendre la doctrine "sexy"… En quelques mots, pour promouvoir le libéralisme, il faut mettre Friedrich au placard et sortir Salma
xavdr Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Je partage la vigilance de Sanksion, mais pas son pessimisme. Personnellement la fascination doctrinale proposée par Jabial me hérisse. Étant donné la présence d'innombrables indécrottables cons dangereux au sein de la population, c'est peut être la moins mauvaise méthode les concernant mais c'est tout de même par nature une mauvaise méthode. Avec elle on peut faire vibrer en faveur de la liberté ou de l'oppression, c'est indifférent. A ce jeu là c'est celui qui a le plus de moyens de fascination qui gagne or l'oppression dégage des moyens crapuleux qui ne peuvent être contrebalancés que par une large coalition de personnes lucides et raisonnablement motivées pour agir ensemble en faveur de la liberté. C'est sans doute pour cela que les anglo-saxons considèrent traditionnellement que seules les classes moyennes comptent, aptes à comprendre et à agir ensemble pour défendre leur liberté commune. J'aime beaucoup citer JEFFERSON : le prix de la liberté c'est la vigilance éternelle. Parmi les solutions de fond : la philosophie universaliste, les écoles économiques porteuses de vérités politiques telles que l'école autrichienne ou l'école des choix publics, la société civile porteuse d'anti-corps face à la désinformation des multiples offreurs d'oppression crapuleuse, la démocratie directe et collégiale à la suisse qui neutralise le potentiel magouillesque de l'élite politique, etc. D'une façon générale considérer les élus comme des ennemis potentiels par nature. Enseigner que le management de mandataires sociaux doit être encore plus impitoyable avec les mandataires politiques qu'avec les mandataires commerciaux. Éduquer ceux de nos contemporains qui peuvent l'être à rejeter les fascinations politiques qui par nature sont des illusions nocives. Il est essentiel de désenchanter avec tranquillité la politique quotidiennement.
Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 le prix de la liberté c'est la vigilance éternelle. Freedom isn't free. Pratiquement, être en permanence à zoner dans les administrations, salons privés, assemblées, pour détecter les forfaits ; puis aller lever une armée de miliciens pour leur casser les dents (Jefferson & Cie ont bien acheté leur liberté au prix du sang) ; générations après générations, comment dire : pas réaliste. ça a finit par échouer, même aux Etats Unis, où pourtant des types prêts à risquer leur vie dans un conflit pour 100$ par jour, ça se trouve dans chaque quartier. Jabial parlait de valeur clés sur lesquels on refuse de discuter, et pour lesquels on se bat. Mais rien que les valeurs : "liberté", "égalité" ; on est tous d'accord, mais parce que personne n'y entend la même chose. Assez symptomatique, Hayek dans la Consitution de la Liberté ponds pas mal de pavés pour expliquer l'idée qu'il y attribue.
neuneu2k Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Le sul système réellement efficace pour protéger le libéralisme contre la destruction c'est d'avoir le libéralisme non pas dans la tête des gens, mais dans leurs tripes.Des valeurs-clés sur lesquelles on refuse de discuter, mais on se bat. Des drapeaux. Des chansons. Des costumes. Des légendes et des mythes fondateurs. Des gens qui y consacrent leur vie, se font une tonsure, portent un uniforme comme la robe de bure etc. Oui Schnappi avait raison : il nous faut une contre-culture libérale avec ses propres règles de statut social. Tant que la hiérarchie des valeurs est définie par l'ancien système, il a déjà gagné. Si la tendance s'inverse, il a déjà perdu. Non, la notion même de contre-culture est vouée a l'échec, elle est justement a l'opposée de tous les points que tu cite dans la première partie de ton post, il faut une culture solide qui intègre les valeurs libérales dans sa base (ce qui n’est pas du tout la même chose que d’être une culture guidée par le ‘libéralisme’), mais pas une contre-culture postmoderne. Donc Schnappi avait tort. C'est une bonne méthode si on veut que les gens défendent une superstition "libérale" mais pas si il s’agit de défendre de véritables valeurs libérales. Seulement si les deux sont incompatibles, on peut etre motivé par ses tripes sans que ça soit contradictoire avec l'existence de véritables valeurs libérales. Et le terme de 'superstition' est à la fois péjoratif et faux, communautaire, oui, superstitieux, non (ou est la superstition dans le nationalisme par exemple ?).
Chitah Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Non, la notion même de contre-culture est vouée a l'échec, elle est justement a l'opposée de tous les points que tu cite dans la première partie de ton post, il faut une culture solide qui intègre les valeurs libérales dans sa base (ce qui n’est pas du tout la même chose que d’être une culture guidée par le ‘libéralisme’), mais pas une contre-culture postmoderne. Les derniers mouvements qualifiés de contre-culturels sont peut-être "postmodernes" ou je ne sais quoi encore, mais à la base, la définition du terme regroupe l'ensemble des cultures dont les valeurs ne sont pas dans le modèle dominant. Effectivement, c'est le cas du féminisme, de la révolution sexuelle, etc. mais la contre-culture ce n'est pas que cela. C'est un concept générique. Et le terme de 'superstition' est à la fois péjoratif et faux, communautaire, oui, superstitieux, non (ou est la superstition dans le nationalisme par exemple ?). D'un autre côté on peut constater que le mainstream libéral retient souvent les concepts comme celui de "main invisible", dont la formulation évoque quelque peu la superstition non? On peut le voir comme une sorte de volonté agissante mais inaccessible à l'homme.
xavdr Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Pratiquement, être en permanence à zoner dans les administrations, salons privés, assemblées, pour détecter les forfaits ; puis aller lever une armée de miliciens pour leur casser les dents (Jefferson & Cie ont bien acheté leur liberté au prix du sang) ; générations après générations, comment dire : pas réaliste. ça a finit par échouer, même aux Etats Unis, Il y a des associations pour cela. Avec les technologies de l'information le coût de la vérité est de moins en moins élevé. Il baisse plus vite que celui du mensonge. Nous pouvons augmenter le coût de l'oppression crapuleuse en faisant appel à la démocratie directe et la démocratie collégiale ; notre génération est demandeuse de la 1ère et capable d'adopter aussi la 2de. Nous pouvons augmenter le coût de la fascination en désenchantant la politique au quotidien, ce que la décrépitude de la sociale démocratie délégative a largement sécrété contre elle même. La décadence des USA est en partie morale mais les US ont un fort potentiel humain de rebond en ce domaine. Ce qui m'embette, c'est que l'effondrement financier des US est venu par des biais financiers quasiment occultes juste au moment où la classe moyenne US commençait à s'affranchir sérieusement de la fascination politique crapuleuse à l'oeuvre depuis plusieurs générations, notamment dans la foulée des modes socialistes. Cela ressemble fort à un casse de dernière minute, et cela pue très fort. Espérons que cela ne soit qu'un coup de semonce.
neuneu2k Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Les derniers mouvements qualifiés de contre-culturels sont peut-être "postmodernes" ou je ne sais quoi encore, mais à la base, la définition du terme regroupe l'ensemble des cultures dont les valeurs ne sont pas dans le modèle dominant. Effectivement, c'est le cas du féminisme, de la révolution sexuelle, etc. mais la contre-culture ce n'est pas que cela. C'est un concept générique. Alors il faut trouver un autre mot, parce que contreculture a acquis un sens précis avec les années 60, si on était en 2007 je proposerai alter-culture, mais c’est has been. D'un autre côté on peut constater que le mainstream libéral retient souvent les concepts comme celui de "main invisible", dont la formulation évoque quelque peu la superstition non? On peut le voir comme une sorte de volonté agissante mais inaccessible à l'homme. C’est une erreur de sur simplification que de mélanger processus émergents, transcendance et superstition et d’appeler les trois superstitions.
TODA Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Je partage la vigilance de Sanksion, mais pas son pessimisme.Personnellement la fascination doctrinale proposée par Jabial me hérisse. Étant donné la présence d'innombrables indécrottables cons dangereux au sein de la population, c'est peut être la moins mauvaise méthode les concernant mais c'est tout de même par nature une mauvaise méthode. Avec elle on peut faire vibrer en faveur de la liberté ou de l'oppression, c'est indifférent. A ce jeu là c'est celui qui a le plus de moyens de fascination qui gagne or l'oppression dégage des moyens crapuleux qui ne peuvent être contrebalancés que par une large coalition de personnes lucides et raisonnablement motivées pour agir ensemble en faveur de la liberté. C'est sans doute pour cela que les anglo-saxons considèrent traditionnellement que seules les classes moyennes comptent, aptes à comprendre et à agir ensemble pour défendre leur liberté commune. J'aime beaucoup citer JEFFERSON : le prix de la liberté c'est la vigilance éternelle. Parmi les solutions de fond : la philosophie universaliste, les écoles économiques porteuses de vérités politiques telles que l'école autrichienne ou l'école des choix publics, la société civile porteuse d'anti-corps face à la désinformation des multiples offreurs d'oppression crapuleuse, la démocratie directe et collégiale à la suisse qui neutralise le potentiel magouillesque de l'élite politique, etc. D'une façon générale considérer les élus comme des ennemis potentiels par nature. Enseigner que le management de mandataires sociaux doit être encore plus impitoyable avec les mandataires politiques qu'avec les mandataires commerciaux. Éduquer ceux de nos contemporains qui peuvent l'être à rejeter les fascinations politiques qui par nature sont des illusions nocives. Il est essentiel de désenchanter avec tranquillité la politique quotidiennement. Il est essentiel de désenchanter avec tranquillité la politique quotidiennement.: Waouh… belle formule!
neuneu2k Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Et je ne partage pas cette opinion selon laquelle quelques bonnes écoles, quelques bons enseignements, deux trois slogans, quelques chansons de Hobbits et un mythe randien suffisent. On a beaucoup de concurrents, surtout dans une société libre où la subversion est ouverte à tous. Les concurrents sont nuls, le culte de Gaia a gagné avec une mythologie inintéressante et sans profondeur humaine, le communisme a eu une bonne mythologie mais ne l’a plus et s'est rabattu sur la rancœur et l'alter-mondialisme vide, la sociale démocratie n’inspire personne, si les gens se jettent dans les bras connus du nationalisme bas du front et de la lutte des classes dans son sens le plus primitif, c’est bien que le ‘marché’ est saturé de demande, mais pas d’offre.
Filthy John Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Des légendes et des mythes fondateurs. Décidément, c'est un thème qui revient souvent en ce moment… Je pense aussi que c'est dans les consciences (voir les inconsciences) que le combat va se jouer, mais tout comme Sanksion, je pense d'ores et déjà que la bataille actuelle est perdue. La mouvance actuelle est assez claire, les nouveaux apôtres de la presse ont tranché : le libéralisme, c'est le mal. Inverser la tendance va être une rude épreuve, il va falloir patienter jusqu'à l'effondrement des doctrines socialistes pour avoir une fenêtre de tir. Mais là, je ne suis pas très pessimiste : vu les échecs que l'interventionnisme et l'étatisme vont essuyer à l'avenir, la prochaine victoire sera pour notre camp. L’Amérique, avec ses pionniers et ses self-made-men, jouit d'une excellente "mythologie libérale". Il y a de quoi s'inspirer. Mais il y a trop d'individualisme, pas assez d'éléments fédérateurs pour que cela puisse marquer des esprits plus européens. Il y a aussi le côté "bâton" allant avec la "carotte" des mythes héroïques : les dogmes. Depuis les Dix Commandements et la crainte de rôtir en enfer jusqu'à la chasse aux sorcières des anticommunistes états-uniens, il y en a toujours eu, et ils se sont souvent imposés par la peur (l'Enfer, la toute puissance divine, l'ennemi russe…). A creuser. En tout cas, ces concepts tournent en rond dans mon encéphale depuis le sujet sur le "puer aeternus" ouvert par neuneu2k, à un point que cela rends ma pensée brouillonne. J'attends impatiemment que mon cerveau finisse par déglutir tout ça pour y voir plus clair.
Chitah Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Alors il faut trouver un autre mot, parce que contreculture a acquis un sens précis avec les années 60, si on était en 2007 je proposerai alter-culture, mais c’est has been. Trouver un mot et l'imposer demande d'utiliser beaucoup de ressources tout de même. Alors que reprendre un terme déjà existant en le détournant peut se faire en trois coup de cuillères à pot. C’est une erreur de sur simplification que de mélanger processus émergents, transcendance et superstition et d’appeler les trois superstitions. Je ne parle pas de ce qu'est le concept de main invisible, de la façon dont il me semble qu'il est perçu.
Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Les concurrents sont nuls, le culte de Gaia a gagné avec une mythologie inintéressante et sans profondeur humaine, le communisme a eu une bonne mythologie mais ne l’a plus et s'est rabattu sur la rancœur et l'alter-mondialisme vide, la sociale démocratie n’inspire personne, si les gens se jettent dans les bras connus du nationalisme bas du front et de la lutte des classes dans son sens le plus primitif, c’est bien que le ‘marché’ est saturé de demande, mais pas d’offre. Et pour perdre face à tout ces loosers, les libéraux ont vraiment fait exprès alors ?
Chitah Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Les concurrents sont nuls, le culte de Gaia a gagné avec une mythologie inintéressante et sans profondeur humaine, le communisme a eu une bonne mythologie mais ne l’a plus et s'est rabattu sur la rancœur et l'alter-mondialisme vide, la sociale démocratie n’inspire personne, si les gens se jettent dans les bras connus du nationalisme bas du front et de la lutte des classes dans son sens le plus primitif, c’est bien que le ‘marché’ est saturé de demande, mais pas d’offre. Ces offres se basent sur des mythes qui sont des invariants chez l'être humain : c'est pas ma faute c'est la tienne, tu es différent de moi donc tu es hostile, je ne me sens pas à ma place, je dois quelque chose à quelqu'un si je suis en vie, etc.
neuneu2k Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 En tout cas, ces concepts tournent en rond dans mon encéphale depuis le sujet sur le "puer aeternus" ouvert par neuneu2k, à un point que cela rends ma pensée brouillonne. J'attends impatiemment que mon cerveau finisse par déglutir tout ça pour y voir plus clair. C’est ma spécialité, j’ai la *vision* mais ma pensée est totalement brouillonne, alors j’éructe des trucs et je laisse ceux qui conçoivent bien énoncer clairement parce que les mots pour le dire, tout ça… Et pour perdre face à tout ces loosers, les libéraux ont vraiment fait exprès alors ? Mmm, comment dire, euu, joker. Trouver un mot et l'imposer demande d'utiliser beaucoup de ressources tout de même. Alors que reprendre un terme déjà existant en le détournant peut se faire en trois coup de cuillères à pot. C'est vrai, j'ai juste une confiance limitée dans la capacité de mes camarades libéraux de ne pas se faire détourner par le terme plutôt que de détourner le terme, l’expérience ratée d’alliance de Rothbard avec la contre-culture aux U.S.A. est une leçon humiliante.
Filthy John Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Et pour perdre face à tout ces loosers, les libéraux ont vraiment fait exprès alors ? Les libéraux ne prédisent pas l'apocalypse. Pas de craintes, pas d'appels à l'irrationnel, donc pas de culte. Sur le sujet traitant du Pape, il me semble que quelqu'un avait très justement indiqué que l’irrationalité était l'apanage de toute foi. Le libéralisme manque de déraison depuis l'effondrement du mur de Berlin et de l'URSS. Si l'on veut imposer notre modèle dans les consciences, il faut en exploiter tous les axes, et il nous manque l'aspect empathique de ce côté là. C’est ma spécialité, j’ai la *vision* mais ma pensée est totalement brouillonne, alors j’éructe des trucs et je laisse ceux qui conçoivent bien énoncer clairement parce que les mots pour le dire, tout ça… C'est ton côté intuitif .
Invité Arn0 Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Seulement si les deux sont incompatibles, on peut etre motivé par ses tripes sans que ça soit contradictoire avec l'existence de véritables valeurs libérales.Et le terme de 'superstition' est à la fois péjoratif et faux, communautaire, oui, superstitieux, non (ou est la superstition dans le nationalisme par exemple ?). Superstition était une image en rapport à tout ce qui ressemble au vrai culte mais qui lui est contraire (comme croire que la statue d'un dieu est le dieu lui-même). Et puis à vrai dire il existe probablement au moins un pays où la majorité semblent bien avoir le libéralisme dans leurs tripes : ce sont les USA. Cela n’empêche pas que le libéralisme n'y soit pas forcément en forme.
Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Les libéraux ne prédisent pas l'apocalypse. Pas de craintes, pas d'appels à l'irrationnel, donc pas de culte. Sur le sujet traitant du Pape, il me semble que quelqu'un avait très justement indiqué que l’irrationalité était l'apanage de toute foi. Pourtant je leur ai prédit rien qu'une faillite, une hyperinflation, des guerres, et des famines. J'ai fais ce que j'ai pu dans le registre Apocalypse Tomorrow.
Chitah Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 C'est vrai, j'ai juste une confiance limitée dans la capacité de mes camarades libéraux de ne pas se faire détourner par le terme plutôt que de détourner le terme, l’expérience ratée d’alliance de Rothbard avec la contre-culture aux U.S.A. est une leçon humiliante. Humiliante, il ne faut pas exagérer tout de même. Tu penses à quoi en particulier?
Filthy John Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Pourtant je leur ai prédit rien qu'une faillite, une hyperinflation, des guerres, et des famines. J'ai fais ce que j'ai pu dans le registre Apocalypse Tomorrow.Mais face à l'horrible vision de l'absence de porc à la cantine républicaine laïque publique et crasseuse, de la montée du CO2 dans l'überstratosphère, j'ai du m'incliner. Je n'y avais même pas pensé. Peut-être la preuve que l'on ne s'appuie pas assez sur ce point… Les socialistes comme Todd l'utilisent bien pour faire avancer leurs pions et réclamer plus d'état pour empêcher la faillite prochaine, pourquoi pas nous ? En même temps, nous ne jouissons malheureusement pas d'une exposition médiatique aussi flatteuse que les étatistes… Le libéral est coincé dans un rôle de Cassandre moderne.
Mathieu_D Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Sur Rue89 un mec a essayé de m'expliquer que le renflouement des banques avec nos impôts c'était le vrai visage du libéralisme. Oui là bas libéralisme=cupidité=vol. Donc soit 1 expliquer c'est quoi le libéralisme, soit 2 changer de mot et tenter de le remettre sur la place avec une vraie définition qui fait rêver. M'est avis que le 2 est plus facile.
neuneu2k Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Humiliante, il ne faut pas exagérer tout de même. Tu penses à quoi en particulier? Un grand trou noir entre la fin des années 60 et l’arrivée des paléolibertariens et de Ron Paul sur le devant de la scène, toute la fin de la guerre froide ou plutôt que d’exploiter l’anticommunisme pour tisser des alliances et avoir une présence politique significative, les mouvements libéraux U.S. se sont auto-marginalisés. Le divorce avec la droite américaine était nécessaire et inéluctable des la fin des années 50, mais se jeter dans les bras de la gauche radicale était rétrospectivement une erreur stratégique majeure (des ‘connus’ seul Hayek a su se détacher des premiers sans tomber dans le piège du contrecoup) et si les libéraux français sont loin d’aller se jeter dans les bras du NPA (faut pas déconner), on peut quand même reconnaitre que les mêmes causes (la volonté légitime de s’éloigner visiblement de la droite interventionniste) conduisent au mêmes effets, il n’y a qu’a voir la dernière sortie gauchisante de l’ex-atlantiste sur le retour Alain Madelin.
Invité Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 Je n'y avais même pas pensé. Peut-être la preuve que l'on ne s'appuie pas assez sur ce point… Les socialistes comme Todd l'utilisent bien pour faire avancer leurs pions et réclamer plus d'état pour empêcher la faillite prochaine, pourquoi pas nous ?En même temps, nous ne jouissons malheureusement pas d'une exposition médiatique aussi flatteuse que les étatistes… Le libéral est coincé dans un rôle de Cassandre moderne. C'est probablement, enfin j'ai surtout de l'expérience virtuelle sur le sujet, le meilleur moyen que j'ai utilisé pour rencontrer des avis favorables. Je décris un phénomène (Quantitative easing, chute du dollars, transferts des capitaux sur les matières premières en réaction, montée des prix + inflation) par lequel je prédits la mort par inanition de millions de pauvres, et je dis : c'est la faute à Bernanke. A mort le monopole monétaire. Merci messieurs. Mais ce qu'est une étape, faire adhérer le commun du mortel au libéralisme. Si trois générations plus tard, c'est reparti pour un tour de capitalisme de connivence entre les gros accumulateurs de capitaux et l'Etat, quelques guerres pour "apporter la démocratie et la liberté à des sauvages", l'Etat providence revient en réaction pour contre balancer, et au revoir et adieu ; ce n'est pas la peine d'apprendre la rhétorique…
jubal Posté 21 avril 2011 Signaler Posté 21 avril 2011 il n’y a qu’a voir la dernière sortie gauchisante de l’ex-atlantiste sur le retour Alain Madelin. En lisant son dernier edito j'ai pensé la même chose ("l’affirmation forte des droits individuels et la générosité sociale.", etc.) Mais son discours reste quand très intéressant venant d'un homme politique, et si par "s’affranchir des conservateurs" il veut dire "s'affranchir de l'UMP" ça me parait très bien. De plus insister sur la générosité et la protection des faibles est peut être la seule manière de vendre le libéralisme en France (ok c'est sujet a débat). Bref si il se présente je voterai sans doute pour lui (c'est le seul homme politique français qui pourrait me faire faire ça, enfin peut etre).
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