F. mas Posté 24 juin 2014 Signaler Posté 24 juin 2014 http://www.cambridge.org/ec/academic/subjects/politics-international-relations/political-economy/anarchy-unbound-why-self-governance-works-better-you-think?format=PB
Cugieran Posté 24 juin 2014 Signaler Posté 24 juin 2014 Commandé. Qui lira verra, telle est ma devise.
xara Posté 25 juin 2014 Signaler Posté 25 juin 2014 La police privée est un peu dans le même cas : la vraie différence est entre d'une part police et justice, et d'autre part les marchands de tongs, les assureurs et les autres. Deux marchands de tongs peuvent vendre des tongs différentes sans que ça ne pose le moindre problème : les uns iront chez TongsA Ltd, et les autres chez TongsB GmbH, et il n'y a besoin d'aucune réconciliation entre les différents acheteurs. Sauf qu'il y a non pas un seul acheteur de tongs, mais nécessairement au moins deux parties face à un arbitre. Alors si deux arbitres rendent des décisions différentes, l’un sera tenté d'intenter un procès à l'autre auprès de Justice1 Inc, et l'autre préfèrera les services de Justice2 plc. Sauf que le rôle du procès, c'est de remettre de l'ordre dans qui doit quoi à qui afin que les parties se mettent d'accord. Et en cas de désaccord quant aux décisions de ces cours, il y a des cours d'appel (que tu considèrerais dans ta perspective comme un vendeur de services de justice de haut de gamme)... Et en cas de désaccord des cours d'appel ? C'est là qu'intervient la "souveraineté", i.e. le fait qu'il existe une instance qui puisse dire "La décision finale sera ainsi et pas autrement, et maintenant vous fermez tous vos gueules, bandes de parasites quérulents". Premier problème en relation aux passages que j'ai surlignés. D'abord tu passes de deux parties face à un arbitre à deux arbitres qui rendent des décisions différentes. Evidemment il y a un bug ici. Si les deux parties s'entendent sur un arbitre, il y a... un arbitre et pas de problème particulier. Deuxièmement, si chaque partie s'adresse à des cours différentes pour défendre ses intérêts, ce sont elles qui devront s'entendre pour la désignation d'une cours d'appel si elles sont en désaccord. Au final, il y a... un arbitre qui tranche. Et si le condamné refuse le jugement, il se retrouve dans une situation similaire au hors la loi d'aujourd'hui face à l'État. Tout ceci est commun dans la littérature mais tu fais comme si personne n'y avait pensé alors que c'est précisément la question centrale traitée. De là tu sautes à la "souveraineté" d'une instance qui peut dire "vos gueules" comme solution. De deux choses l'une, soit il s'agit de la procédure et de l'arbitre final dont je viens de parler, et on nage en pleine anarchie, auquel cas on voit mal quel est le problème avec "l'anarcho-capitalisme", soit tu as introduit le monopole (au sens de quelqu'un qui a réussi à éliminer ses concurrents grâce à la force ou la menace de l'usage de la force) et je vois mal ce qu'on y a gagné. Il n'existe pas de deux ex machina qui résout le problème en mettant à quelqu'un un chapeau avec écrit "souverain" dessus. En plus du fait que l'obtention et le maintien dudit monopole sont en eux-mêmes en violation du principe de non agression, la suppression de l'aiguillon de la concurrence, i.e. de la possibilité pour des parties prenantes à un conflit de faire appel à une cours ou une autre, est précisément ce qui va faire que les décisions auront relativement tendance à ne pas se conformer au PNA. A ce propos, et aussi en relation à la discussion ci-dessus sur ce qu'une position "anarcap" implique vraiment, je vais reciter l'article de Hoppe négligé à chaque fois que ces discussions reviennent. Déjà le meilleur résumé de la version sérieuse de la position en question (à la différence d'une position "nanarcap" naïve) est le suivant (p. 38): Paradoxical as it may seem establishing a competitive system of security producers implies erecting an institutionalized incentive structure to produce an order of law and law-enforcement that embodies the highest possible degree of consensus regarding the question of conflict resolution. Such a structure will tend to generate less rather than more social unrest and conflict than would occur under monopolistic auspices. Autrement dit, la thèse n'est pas que sans monopole, il y a automatiquement la paix et l'harmonie universelle. Comme toujours dans le raisonnement économique, il s'agit d'une analyse comparative. Suit l'explication la plus carrée et concise que je connaisse: In order to understand this paradox, it is necessary to take a closer look at the only typical situation that concerns the skeptic and that allows him to believe in the superior virtue of a monopolistically organized order of security production: when a conflict arises between A and B, both are insured by different companies and the companies cannot come to an immediate agreement regarding the validity of the conflicting claims brought forward by their respective clients. (No problem would exist if such an agreement were reached or if both clients were insured by one and the same company-at least the problem then would not be different in any way from that emerging under a statist monopoly .) Wouldn't such a situation always result in a shoot-out? This is highly unlikely. First, any violent battle between companies would be costly and risky, in particular if these companies had reached a respectable size (which would be important for them to have in order to appear as effective guarantors of security to their prospective clients in the first place). More importantly, under a competitive system with each company dependent on the continuation of voluntary consumer payments, any battle would have to be deliberately supported by each and every client of both companies. If there were only one person who withdrew his payments because he was not convinced a battle was necessary in the particular conflict at hand, there would be immediate economic pressure on the company to look for a peaceful solution to the conflict. Hence any competitive producer of security would be extremely cautious about engaging in violent measures in order to resolve conflicts. Rather, to the extent that it is peaceful conflict resolution that consumers want, each and every security producer would go to great lengths to provide it to its clients and to establish in advance, for everyone to know, to what arbitration process it would be willing to submit itself and its clients in case of a disagreement over the evaluation of conflicting claims. And as such a scheme could appear to the clients of different firms to be working only if there were agreement among them regarding such arbitrational measures, a system of law governing relations between companies that would be universally acceptable to the clients of all of the competing security producers would naturally evolve. Moreover, the economic pressure to generate rules representing a consensus on how conflicts should be handled is even more far-reaching. Under a competitive system, the independent arbitrators who would be entrusted with the task of finding peaceful solutions to conflicts would be dependent on the continued support of the two disputing companies insofar as the companies could and would select different judges if either one of them were sufficiently dissatisfied with the outcome of the arbitration work. Thus, these judges would be under pressure to find solutions to the problems handed over to them that, this time not with respect to the procedural aspects of law but its content, would be acceptable to all of the clients of the firms involved." Otherwise one or all of the companies might lose customers, thus inducing those firms to turn to different arbitrators the next time they were in need of one. J'insiste sur le biais d'un système sans monopole en faveur de la découverte par les juges du PNA et de ses applications particulières. Le point ici est l'incitation financière à fonder la jurisprudence sur des principes les plus acceptables par tous. Mais justement une des démonstrations habituellement utilisées en faveur du PNA, c'est celle à propos de son caractère universalisable: en ce qui concerne le problème central de la rareté sans lequel aucun conflit ne surviendrait, le PNA et ses implications déclinées en termes propriétaristes est justement le seul corpus de règles universalisables (cf. Rothbard, EdL) et par conséquent susceptible d'emporter l'assentiment des parties en cause. D'où l'idée que c'est le principe offrant la solution au problème financier concret auquel les juges font face en l'absence de monopole. Et toutes ces incitations disparaissent dès lors que l'aiguillon de la concurrence a sauté. Le contenu de la loi doit donc dégénérer relativement (i.e. dévier de la ligne tournant autour du PNA) Et c'est cette fonction de souveraineté (qui peut avoir un rôle très limité au final) qui est l'embryon du politique. On peut la laisser s'étendre jusqu'à ce qu'elle se transforme en gouvernementalité (comme aujourd'hui), ou au contraire la restreindre au minimum, mais jamais elle ne quittera les sociétés humaines. On retrouve le problème de la plupart des anarcaps, qui confondent ce qui est étatique avec ce qui est politique, et croient qu'en supprimant l'étatique ils se débarrasseront de la politique. Je crains que le supposé problème demeure inintelligible tant que tu n'auras pas défini précisément ce que tu entends par "souveraineté", "politique" et "gouvernementalité". Bien sûr qu'au sens où on l'entend habituellement en supprimant l'étatique on se débarasse de la politique puisque par définition, ces termes renvoient à la même chose. On peut peut-être objecter à cet usage des termes, mais c'est tout autre chose que d'objecter au raisonnement sous jacent.
Rincevent Posté 25 juin 2014 Signaler Posté 25 juin 2014 Premier problème en relation aux passages que j'ai surlignés. D'abord tu passes de deux parties face à un arbitre à deux arbitres qui rendent des décisions différentes. Evidemment il y a un bug ici. Si les deux parties s'entendent sur un arbitre, il y a... un arbitre et pas de problème particulier.Bien entendu. Mais ce n'est pas le cas d'une immense partie du droit. Quand mon voisin empoisonne mon chien, pour ne prendre qu'un exemple sur des milliers (et probablement les cas les plus courants, au final) nous ne nous sommes pas entendu préalablement sur le nom du juge. Deuxièmement, si chaque partie s'adresse à des cours différentes pour défendre ses intérêts, ce sont elles qui devront s'entendre pour la désignation d'une cours d'appel si elles sont en désaccord. Au final, il y a... un arbitre qui tranche. Et si le condamné refuse le jugement, il se retrouve dans une situation similaire au hors la loi d'aujourd'hui face à l'État. Tout ceci est commun dans la littérature mais tu fais comme si personne n'y avait pensé alors que c'est précisément la question centrale traitée. De là tu sautes à la "souveraineté" d'une instance qui peut dire "vos gueules" comme solution. De deux choses l'une, soit il s'agit de la procédure et de l'arbitre final dont je viens de parler, et on nage en pleine anarchie, auquel cas on voit mal quel est le problème avec "l'anarcho-capitalisme", soit tu as introduit le monopole (au sens de quelqu'un qui a réussi à éliminer ses concurrents grâce à la force ou la menace de l'usage de la force) et je vois mal ce qu'on y a gagné. Il n'existe pas de deux ex machina qui résout le problème en mettant à quelqu'un un chapeau avec écrit "souverain" dessus. En plus du fait que l'obtention et le maintien dudit monopole sont en eux-mêmes en violation du principe de non agression, la suppression de l'aiguillon de la concurrence, i.e. de la possibilité pour des parties prenantes à un conflit de faire appel à une cours ou une autre, est précisément ce qui va faire que les décisions auront relativement tendance à ne pas se conformer au PNA. Ce que je dis juste, c'est qu'une anarcho-capitalie ne sera sans doute ni anarchiste (mais plutôt acratiste pour l'essentiel, ou micro-cratiste si l'on inclut les décisions souveraines, qui seront appliquées par la contrainte, mais seront l'exception plus que la règle), ni sans doute capitaliste (en tout cas pas pour le domaine qui nous préoccupe). Quant à la pression de la concurrence, elle sera toujours là par la possibilité de "voter avec ses pieds" comme le dit l'expression imagée. Il est étonnant que les libertariens doctrinaires (ce n'est pas une insulte) voient de la concurrence dans les monopoles commerciaux (cf. Armentano et les autres, dont je pense d'ailleurs qu'ils ont raison), et refusent de la voir dans les activités politiques ; au final, si nous soutenons chacun notre position, c'est que nous arguons tous les deux que "la politique n'est pas une activité comme les autres", pour en tirer des conclusions diamétralement opposées. A ce propos, et aussi en relation à la discussion ci-dessus sur ce qu'une position "anarcap" implique vraiment, je vais reciter l'article de Hoppe négligé à chaque fois que ces discussions reviennent. Déjà le meilleur résumé de la version sérieuse de la position en question (à la différence d'une position "nanarcap" naïve) est le suivant (p. 38): Autrement dit, la thèse n'est pas que sans monopole, il y a automatiquement la paix et l'harmonie universelle. Comme toujours dans le raisonnement économique, il s'agit d'une analyse comparative. Suit l'explication la plus carrée et concise que je connaisse: Où l'on voit Hoppe raisonner à partir de sociétés commerciales qui ont la forme qu'on leur connait aujourd'hui, alors que Van Dun dit que cette même forme juridique est contraire au droit naturel, et devrait disparaître si la législation respectait mieux le Droit. Ce que je crois bien avoir souligné précédemment. Je crains que le supposé problème demeure inintelligible tant que tu n'auras pas défini précisément ce que tu entends par "souveraineté", "politique" et "gouvernementalité". Bien sûr qu'au sens où on l'entend habituellement en supprimant l'étatique on se débarasse de la politique puisque par définition, ces termes renvoient à la même chose. On peut peut-être objecter à cet usage des termes, mais c'est tout autre chose que d'objecter au raisonnement sous jacent.Pour tout cela, je demande l'aide de F.mas, qui maîtrise ces choses-là mieux que moi (et qui a par ailleurs une position plus anar que la mienne).
romaric Posté 26 juin 2014 Signaler Posté 26 juin 2014 Ça n'a rien à voir. On ne peut pas prouver que Dieu existe, mais l'État existe. On a la preuve expérimentale qu'un minimum d'État c'est possible puisque ça a existé. On a pas la preuve que pas d'État du tout ce soit possible, et c'est ça qu'il convient de prouver par l'expérience avant de feindre la certitude à ce sujet. Des sociétés sans état ça eu existé ! Ce fut même le lot quotidien de 98% des Humains. Bien entendu. Mais ce n'est pas le cas d'une immense partie du droit. Quand mon voisin empoisonne mon chien, pour ne prendre qu'un exemple sur des milliers (et probablement les cas les plus courants, au final) nous ne nous sommes pas entendu préalablement sur le nom du juge. A mon sens, c'est possible de trouver un fonctionnement permettant d'assurer une justice privé avec un seul arbitre dans ce cas de figure et sans doutes aussi pour les milliers d'autres cas courants.
Rübezahl Posté 26 juin 2014 Signaler Posté 26 juin 2014 sur wikiberal : Villes privées : http://www.wikiberal.org/wiki/Villes_priv%C3%A9es edit : Le Free State Project http://www.contrepoints.org/2013/09/19/139628-free-state-project-prend-lampleur http://uplib.fr/wiki/Blueseed#Related
Theor Posté 26 juin 2014 Signaler Posté 26 juin 2014 Merci. A noter que les villes privées ont déjà été abordées sur Liborg, pour ceux que ça intéresse : http://www.liberaux.org/index.php/topic/50432-privatisation-de-lespace-urbain/ La plus grosse ville privée reste Sandy Spring et le dernier retour à son sujet date de 2006, quand la privatisation n'avait que quelques mois : http://chroniquespatagones.blogspirit.com/archive/2006/02/17/sandy-springs-resultats-et-responsabilites.html Depuis, il y a eu un changement de municipalité et de l'eau a du couler sous les ponts en 8 ans. Quelqu'un sait-il si la ville peut toujours être considérée comme privée ? Si oui et que ça marche toujours aussi bien, c'est une success story, ça pourrait être intéressant d'en parler sur Contrepoints.
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