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Anton_K

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Everything posted by Anton_K

  1. Ben pour peu qu'un film arrive à valoir pour autre chose que sa valeur de propagande, il peut être appréhendé comme un objet sensible avant tout, même la posture idéologique qu'il véhicule peut être reprise dans une perspective esthétique. Je suis un grand fanatique des Choeurs de l'armée Rouge, à la limite j'ai même l'impression de les apprécier davantage à leur juste valeur qu'un communiste obnubilé.
  2. Il est clair que la plupart des professeurs de fac qui se prononcent sur le sujet, souvent avec véhémence (alors que ceux pour qui c'est clair n'en parlent pas) n'ont qu'une vision très trouble du libéralisme. J'ai récemment entendu assimiler l'utopie du marché néo-libérale avec le libertarianisme, par un professeur qui voulait les opposer à un "libéralisme classique", dans ce cas les libertariens servaient d'hommes de paille à une mise en valeur du pré-libéralisme républicain anglo-hollandais du XVII°, évidemment beaucoup plus gentil, etc etc. (Edit : pour ce qui est de ma première question, je la supprime, un brin de documentation y a répondu par la négative).
  3. Que la question de l'esclavage ait été un enjeu symbolique qui ait cristallisé des oppositions entre deux camps qui par ailleurs avaient des divergences plus larges quand au rôle du gouvernement, à l'ouverture ou la fermeture des frontières, ce n'est pas étonnant et le dire ne constitue pas une négation du problème de l'esclavage, d'ailleurs toutes les historiographies sérieuses sur la question prennent en comptent d'autres facteurs. A l'inverse il aurait été étonnant que le problème de l'esclavage seul entraîne une guerre si les désaccords n'étaient pas plus larges Alors le problème c'est que la bienséance voudrait qu'on considère le problème de l'esclavage comme tellement fondamental et important qu'il devrait éluder les autres. Mais quand on étudie l'Histoire on sait que la hiérarchisation des déterminismes, voire le choix de désigner quelque chose comme un "déterminisme prioritaire" n'a pas de sens autre que symbolique, ici elle est construite par le fait que l'esclavage ait été le problème "avoué" c'est l'intentionnalité déclarée si l'on veut, mais ça ne suffit pas à expliquer un évènement, et ça revient parfois aussi à porter des oeillères.
  4. Ce qu'il s'agissait de montrer dans une perspective historique c'était que la rémunération des musiciens n'était pas liée aux droits d'auteur, et d'ailleurs pas du tout à quoi que ce soit comme un commerce de biens culturels, rien de plus, notamment pas de prendre ce mécénat pour exemple en ce qui concerne la provenance des fonds. Ensuite, le modèle du mécénat ne suppose pas de ponctionner le contribuable, il est d'abord et avant tout privé. D'autre part, s'il on considère que la noblesse vivait des prélèvements et les utilisait comme bon lui sembler, on ne peut pas appeler ça de l'argent public au sens moderne, les sujets n'étant pas des contribuables. Ce type de mécénat avait bien plus à voir avec un mécénat privé, du point de vue des pratiques. Loin de moi l'idée de défendre les subventions publiques aux artistes, je vous prie de le croire.
  5. Quelle est l'assemblée démocratique qui a recueilli cette pressante doléance du peuple français que de se doter d'une telle institution ? Ah oui, une commission aux membres nommés par des administrateurs eux même nommés par des représentants élus par des élus. Alors ça va, prenez tout mon argent, moi aussi je le veux ce musée.
  6. Content de voir que tu la notes aussi, d'autant que c'est plutôt à la faveur d'une exception historique que la distinction entre information et support a été masquée, mais il faut comprendre cette distinction pour comprendre comment la musique a pu devenir un bien sur un marché. Comme l'a fait remarquer Timur, Mozart n'a pas perçu un seul centime de la réutilisation de ses partitions, qui ne sont que de l'information. En revanche les commandes et le mécénat lui ont permis de vivre une vie d'auteur. Avec internet, le support et l'interprétation de l'information n'engagent pas plus de coût que l'achat d'un ordinateur avec un disque dur, et le transfert pas davantage de coût que celui de l'électricité.
  7. Qui semble montrer que le produit est une solidité extrême, non ? Ou d'autres facteurs mécaniques entrent-ils en jeu ?
  8. Sauf que tu n'as jamais payé pour de la musique en soi, tu as payé pour un support et un mode d'écoute de la musique qui est devenu techniquement obsolète. Le support et le mode d'écoute sont tout intégrés dans les ordinateurs, et le mode de transfert ne requiert plus la gravure sur un disque, au contraire le téléchargement n'engage que le coût de l'électricité, c'est à dire rien ou presque. Acheter de la musique et rétribuer l'artiste n'a jamais été la même chose, mais c'était compris dans le même acte. Aujourd'hui tu payes l'électricité, un ordinateur et un accès à internet, et c'est un outil universel, la musique en elle même n'est qu'une information, ce que tu télécharges est une partition jouée par ton ordinateur, et il n'y a aucune raison que l'information ait un coût. L'insignifiance des coûts et la gratuité n'est pas la même chose, la non rémunération du droit d'auteur et le vol d'un support CD n'est pas la même chose, c'est ce que j'ai essayé d'expliquer rapidement dans la première réponse, mais maintenant je l'ai un peu plus élaboré et j'ai publié un article à ce sujet. http://anzorn.tumblr.com/post/16222617300/copyright-goods-market-and-information
  9. Time to meet your master. Excellent en effet.
  10. Bon nous voilà sur un vrai gros sujet qui va tarauder les esprits pendant un moment. J'aborderai la question sous cet angle : que vend-on quand on vend de la musique numérisée ? Est-ce que copier des données musicales, c'est-à-dire une sorte de recette fonctionnelle destinée à faire jouer de la musique par un ordinateur/baladeur peut être considéré comme un vol sachant que leur re-copie n'engage aucun coût supplémentaire ? La question du vol de la propriété intellectuelle est donc la question du vol de l'information. Il est vrai que pendant quelque temps, disons entre 1770 (invention du droit d'auteur) et 2000, la matérialité de l'information a conservé des coûts de reproduction en plus du manque à gagner pour l'auteur non rétribué. Ainsi si vous voliez un livre ou CD dans une librairie, vous enfreigniez certes le droit d'auteur, mais c'est pour le producteur et le libraire que votre vol d'une galette allait engager des coûts de reproduction et de re-gravure, pas pour l'auteur. Mais enfin la musique subsistait, elle, non-volée, car non accaparable, parce qu'immatérielle. Il y a donc une différence entre un vol et un manque à gagner. Et depuis l'explosion d'internet et du principe de téléchargement, c'est à dire du transfert de donnée sans support matériel et donc sans coût, ce à quoi il faut aussi ajouter l'augmentation de l'espace de stockage numérique évidemment, le coût du transfert et du support sont devenus négligeables. Le droit d'auteur ne protège pas du vol, il instaure une rétribution de la réutilisation de l'information. Voilà en quoi il est tout à fait artificiel et en quoi il serait tout à fait invivable si poussé à l'extrême. Imaginez notre situation si les discours libéraux étaient protégés par des droits d'auteur. A la limite, puisque la production de musique, à savoir l'enregistrement en lui même engage des coûts, on pourrait considérer le piratage comme un vol jusqu'à l'amortissement des coûts de production. Mais au delà, je ne vois pas ce qui protège le concept de droit d'auteur de l'obsolescence. Il reste pour les artistes à gagner de l'argent par le merchandising évidemment, et par la représentation live, puisqu'en fait ce pour quoi on paie en live n'est pas la musique comme immatérialité mais le service que rend l'artiste en la jouant, d'une manière que je peux préférer à celle de mon ordinateur ou mon baladeur. On paie donc toujours un producteur ou un interprète, mais jamais un auteur. Puisque les producteurs de musique vendaient des CD comme support matériel d'information, on peut imaginer qu'ils se mettent à vendre des disques durs, qui remplissent la même fonction.
  11. En effet l'idée d'un ticket Romney - Rand Paul pour toucher l'électorat à cheval entre Ron Paul et les Tea Parties a quelque succès sur internet en ce moment, (cette raison ancée est une interprétation, car il s'agit d'une rumeur avant d'être une étude de l'électorat). Est-ce que rallier le fils pour brasser plus large ne va pas un peu à l'encontre de la stratégie du père de faire pression pour amener les candidats à plus de pureté classique ? Il n'est pas dit que les Paul aient une stratégie concertée, mais dans tous les cas est-ce que ça ne ressemblerait pas un peu à une trahison ?
  12. Serpico c'est à voir, grand classique du "réveil du flic intègre", et si on aime voir New York au cinéma, comme j'ai l'impression que c'est votre cas vues les listes proposées, c'est une bonne occasion. Si vous aimez Taxi Driver, il peut être intéressant de voir Mean Streets, le film précédent de Scorsese où De Niro tient un autre rôle de chien fou, il est aussi question de New York la nuit et de mafia italienne. Par contre c'est un cran plus étrange et déstructuré encore que Taxi Driver. En ce qui concerne Kurosawa j'ai découvert et je conseille Entre le Ciel et l'Enfer, différent de ses classiques, ça commence en un huis clos et ça finit de façon extrêmement psychédélique, de manière générale le film est très américain. J'ajouterai à la liste déjà bien fournie de chef-d'oeuvres US des années soixante-dix, The Deer Hunter, pas encore mentionné, absolument excellent et beau avec De Niro, Christopher Walken, Meryl Strip, de Michael Cimino, cinéaste rare mais qui ne prenait pas la caméra pour rien. Et je ne vois pas de films italiens alors je conseille Oedipe Roi de Pasolini, qui a le mérite d'avoir utilisé les principes des mythes et travaillé sur une esthétique archaïque plus crue que ce qui se faisait dans le peplum. Evidemment Silvana Mangano y tient un rôle central, et comme l'indique ma photographie je lui voue un culte.
  13. A propos d'Intouchables. En ce qui concerne le lien d'agoravox, critique encore trop montée en épingle et intellectualisée à mon avis… J'ai vu le film, il m'a semblé en effet maladroit et cliché sur quelques aspects précis : le réalisateur veut nous montrer une banlieue où on se battrait pour la nourriture et insiste lourdement sur des traits prêtés aux noirs africains immigrés : la langue et le comportement démographique incontrôlé. Mais ça il fallait s'y attendre, et je suppose que c'est surtout le succès du film qui aura motivé le déluge de passions sur ces points. Mais il ne faut pas bouder son plaisir quant à l'humour. Parce que c'est très drôle, et je trouve d'ailleurs que ça a le mérite d'être drôle sur un mode très très primaire, puéril et "sans éducation", sans second degré idéologique pour le coup, ce qui en ce qui me concerne fait passer la pilule du tribut socialisant des scènes mélo pas drôles. A la limite si j'avais pu l'ignorer j'aurais considéré que c'était mission accomplie. Le mieux aurait été qu'ils s'en abstiennent. Pour la scène de l'embauche et les problématiques raciales et de classe dans la relation entre les personnages principaux, la critique est inepte, à croire que l'auteur n'a pas vu le film. Au contraire l'humour a la vertu d'éluder ces aspects, sans avoir à marquer grossièrement le contrecoup à mon avis. C'est d'ailleurs un mérite que beaucoup ont trouvé au film, à mon avis à raison. Donc formuler des interprétations pinailleuses sur ce terrain là je me demande si ça relève pas de la même pathologie que celle qui est dénoncée.
  14. Cette Natalie Portman m'est de plus en plus sympathique. Bon la bande annonce n'est pas d'une éloquence absolue, mais certains signes sont encourageants.
  15. Cela dit vous emballez pas trop pour ce qui est du sens de cette donnée statistique, et pour ce qui est des chances de tomber sur les pseudo-terres dans le lot. On ne prend en compte que des données de "taille" et de distance par rapport à l'étoile de référence, pour déterminer ce qu'on appelle la zone habitable, et pour toutes ces planètes on n'a aucune idée de leur morphologie et encore moins de leurs conditions atmosphériques. Je mets "taille" entre guillemets, et même l'idée de distance est à relativiser. En général on ne capte qu'une infime ombre dans la lumière d'une étoile, ombre qui a aussi des chances d'être issue d'autres phénomènes. On n'a aucune idée des structures possibles de ces corps. Parfois on peut avoir une idée "de la présence d'une masse" pour certains cas de détection des mouvements imprimés à une étoile par un autre corps, mais il n'est possible de caractériser ces masses et distances que statistiquement. Par ailleurs on ne fait que supposer, même si on le fait de manière raisonnable, que notre meilleur choix d'interprétation de ces deux genres de signe est la présence d'une planète, mais on n'est pas encore très savant des conditions de création d'un système de planètes autour d'un étoile. Tout ce qu'on sait c'est que pour ce qu'on a observé, il y a davantage de cas où une étoile s'accompagne de planètes. Tout ça pour dire qu'une statistique n'a pas le sens d'une découverte directe, ça ne nous rend pas vraiment ces planètes accessibles, elles restent à découvrir. En revanche comme le dit Astynoos, pour ce qui est de l'exploration de notre système, pour des motifs scientifiques pour le plus lointain, et miniers (n'en déplaise à Mitt Romney) pour le plus proche, il y a un champ astronautique dont l'entreprise (peut-être même l'entreprise privée, qui sait !) peut sembler presque palpable dans les décennies à venir. Edit : Pour répondre à Ray en ce qui concerne les spéculations sur les chances de rencontrer une vie intelligente, il me semble que ça ressemble à une antinomie de la raison : dans un espace aux dimensions indéfinies et sur une échelle de temps indéfinie, on a autant de raisons de penser qu'il y a un nombre indéfiniment grand d'humanités en cohabitation possible que de considérer qu'il y a toutes les chances pour qu'elles ne se rencontrent jamais, et aucune raison de penser l'un plus que l'autre en l'absence de précédent en la matière. On ne peut même pas faire rentrer en compte la question de la durée de vie de l'espèce, à moins qu'on en ait une idée quantifiée, admettons donc qu'elle est indéfinie et là… Je ne vois plus bien ce qu'on peut dire.
  16. C'est arrivé il y a quelques années dans l'Indiana, l'expérience du "Liberty Dollar", initiée par Bernard Von NotHaus a en effet été réprimée. La création d'une monnaie alternative conçue pour entrer en compétition avec le Dollar "officiel" est considérée comme un crime fédéral. http://en.wikipedia..../Liberty_Dollar
  17. Ne faut-il pas distinguer la démarche nomologique : établissement de loi de succession des objets, on est d'accord, mais tu remarques qu'on parle dans ce cas là d'objets connus et préalablement définis, et la démarche consistant à définir un objet par hypothèse ? Ce n'est clairement pas le même type d'explication qui est cherchée dans les deux cas. Je ne vois pas en quoi l'établissement des lois de succession des objet ont à voir avec l'hypothèse des objets, je veux bien que tu m'expliques. Mais je pense que le problème de l'intuition en science est avant tout un problème de prédiction et de définition des objets. Pour ce qui est de cette prédiction des objets donc, le fait de faire leur hypothèse et de la tester empiriquement pour voir si oui ou non l'objet existe, je vais essayer d'étayer mon argument. Il y a plusieurs approches : les "réalistes-direct" pensent en effet qu'en matière d'expérience, l'intuition suffit. Ici intuition = définition d'un objet à partir des simples données des sens, sans concept préalable. Chez les empiristes c'est ce qui permet la découverte d'objets. Mais à mon avis ce réalisme direct ne tient pas, il suppose que face à l'expérience l'objet est clairement défini par un terme, dont la signification est donc transparente sans que le concept précède, ce qui voudrait dire qu'on découvre naturellement des nouveaux objets sans l'avoir prévu. Or ce n'est pas le cas, parce que le terme ne définit pas l'objet précisément, seul le concept le définit, le concept étant un ensemble de prédicats sur la référence. être capable d'intuitionner le sens d'un terme à partir des simples données des sens sans concept préalable revient à l'exemple bien connu du terme de langue étrangère, ou du terme dont tu n'as pas appris le concept mais que tu entends prononcé dans une situation donnée. Un mot de langue étrangère, tu l'entends comme terme sans en comprendre le concept. Si tu es avec un étranger et que quand un lapin passe, il te dit "gavagaï", rien ne t'assure que l'objet est le lapin plus que les oreilles du lapin, ou la course du lapin, tout ce que la prononciation du terme t'as appris c'est qu'il est question de désigner quelque chose dans une situation générale, mais sans concept préalable tu ne peux pas dire quoi. Autrement dit, si tu ne disposes que des données des sens, donc que tu es dans une situation d'intuition, tu ne peux pas former un concept expérimental juste. Voilà pourquoi en ce qui me concerne je privilégie une approche "réaliste-indirecte". Quand tu t'apprêtes à faire une observation, tu formes toujours au préalable, même sans t'en rendre compte, un concept qui limite l'expérience que tu vas faire, tu n'es donc jamais dans la situation de disposer simplement des données des sens pour inventer une terme, tu n'es jamais en situation de découvrir un lapin, mais toujours de valider ou invalider un concept préexistant. Cela ne veut pas dire qu'on ne découvre jamais rien de nouveau, cela veut dire que la découverte intervient lorsque, ne comprenant pas une situation, on suppose qu'elle fait intervenir un objet différent de ce qu'on connait, et on fait donc varier les objets qu'on connaît, par variation on crée de nouveaux objets, et on les teste. Par exemple le premier homme à rencontrer un ornithorynque n'a pas inventé sur le coup un terme nouveau qui décrivait positivement ce qu'est l'ornithorynque, il n'a d'abord pas compris, parce qu'il fallait mobiliser un concept en amont. Il a fallu faire varier nos concepts préexistants, par différenciation, et ensuite tester en disséquant la bête, mais aucune expérience n'était valable sans mobilisation préalable des concepts. Cela explique pourquoi nos sciences empiriques progressent en formant des concepts de classe, d'espèce, etc.
  18. http://www.theonion….ould-wan,26933/ Un modèle d'abnégation républicaine cet Obama… [hs : suis-je le seul à voir les balises de bbcodes sans qu'ils fonctionnent ?]
  19. Voilà, petite facétie de traduction de "cloaking" et le tour est joué. Les gros malins ! Ce que ça montre aussi, c'est qu'il n'en ont en fait rien à foutre.
  20. Ça ne fera jamais de Bayrou un libéral, cela dit Ça ne convient pas forcément mal à Dassier qui a l'air de partager une même forme de moralisme… Mais j'avoue qu'hormis cet aspect, je ne comprends pas ce positionnement. Il dit que le clivage se fera entre réformateurs et conservateurs, je suis d'accord, mais en quoi Bayrou est-il autre chose qu'un conservateur ?
  21. Pas si simple. Si par intuition tu entends une idée indépendante d'un problème préexistant, je ne pense pas que ce soit possible. Le concept d'un objet expérimental n'est pas à strictement parler "intuitionné". Tout d'abord il y a une différence entre la monstration : "Il y a tel objet", qui est intuitive, et la définition d'un objet de sciences. Un objet de sciences ne se crée jamais à l'écart d'autres objets, même quand on pourrait croire qu'il est intuitionné. Déjà un scientifique ne crée pas un objet sans raison, il en crée un parce qu'il a un problème. Face à une incompréhension, c'est-à-dire un trou dans le schéma explicatif, il fait une hypothèse, qui consiste à dire : "Je comprendrais la situation s'il y avait cet objet", et il le définit. Du coup on ne peut pas dire que l'objet est intuitionné, car sa définition se fait toujours par différenciation avec les objets déjà existants. Le problème précède toujours l'objet possible, et l'objet possible est pensé par rapport aux autres objets. A ce sujet, il faut lire la Formation de l'esprit scientifique de Bachelard, mais c'est une idée Kantienne, et comme je le disais précédemment, la physique expérimentale procède encore ainsi. Ensuite, cette définition de l'objet, elle ne peut exister que sur un mode qui permet son invalidation par l'expérience. Non pas sa vérification, attention à l'erreur, on ne peut pas vérifier la vérité d'un objet. Le seul cas où l'expérience apprend quelque chose au scientifique, c'est quand elle rate, quand son objet ne satisfait pas le situation, et alors il faut varier le caractère qui a été invalidé. Mais dans une expérience la vérification n'est qu'absence de résultat, la preuve c'est que la vérification de mon concept du cygne comme "oiseau blanc" n'a pas valeur de connaissance, il y en a d'autre qui sont noirs, mais avant dans croiser un je n'ai rien appris. Quand j'en croise un je sais que la propriété "oiseau blanc" n'appartenait pas au concept cygne. Du coup ça veut dire aussi que la science n'avance que négativement, et toujours extension de problèmes préexistants. Sur ce thème il faut lire La quête inachevée de Popper, qui introduit bien à son épistémologie, (et d'ailleurs aussi à sa critique de l'historicisme et du constructivisme). Du coup tu ne peux pas dire à des chercheurs : "faites de la recherche au hasard pour trouver des choses imprévisibles". Il faut forcément commencer par leur donner un problème, qui ne peut pas faire autrement que de solidariser leur recherche de tout le reste du corps des sciences.
  22. Pas certain qu'on puisse observer le libéralisme dans l'Histoire de France. Ce n'est pas comme si le libéralisme avait été historiquement pur et par la suite perverti. D'autre part la révolution française est loin d'être un évènement maîtrisé et dirigé par une idéologie, ça ressemble plus à une suite d'accidents ou un dérapage incontrôlé… Les girondins étaient peut-être inspirés par un libéralisme entrepreneur et de laissez-faire anti-corporatiste mais avec la loi Le Chapelier on voit qu'une forme de "conservatisme" (mot évidement anachronique, disons de soucis du contrôle social) existe déjà, qui n'est pas libérale et qui donne plutôt naissance à l'alliance capital-état qui a caractérisé la France jusqu'ici, il faut aussi avoir à l'esprit qu'il y a parmi eux des nobles reconvertis un peu frileux. Les montagnards étaient évidemment dépassé sur leur aile gauche par une foule d'extrémistes, babouvistes collectivistes, des déistes barjos, des cordeliers coupeurs de tête… Ils sont aussi pour partie libéraux bien sûrs, puisqu'à la fin de l'Ancien Régime tout le monde est "libéral" (Marx même est un genre de mauvais rejeton du libéralisme) mais la révolution française passe pour eux par une purge sociale, Terreur etc. Le libéralisme historique en France… Pas évident, je ne pense pas qu'une seule époque ait vu simultanément la liberté du travail et la recherche de l'allègement de l'Etat. Notamment parce que l'Etat a toujours tenu un rôle de contrôle et de soutien soit du big business, soit des salariés. Il y a quand même bien eu une période commençant avec Napoléon III pour le libéralisme politique (mais enfin cela participait aussi d'une philanthropie socialisante vaguement paternaliste, comme toujours en France), et se poursuivant par un bon trend économique et de retour des libertés et un allègement du rôle de l'état jusqu'en 1914. Ensuite on reprend les bonnes habitude dirigistes, entre ajustements électoralistes et chevauchée d'inflation.
  23. Bonne nouvelle, pas sûr cependant que le vote du New Hampshire donne une bonne idée de la tendance globale… C'est un petit état, avec une sociologie très précise et restreinte, assez élitaire, très très très libérale d'un pur libéralisme "universitaire" (taxe à la consommation anecdotique, et pas d'impôt sur le revenu), les libertariens y sont reconnus comme un parti indépendant. Alors certes c'est toujours le vote presque acquis d'un état, mais c'est malheureusement peut-être l'exception…
  24. Il faut vraiment arrêter avec ce cul de sac de pensée qu'est la problèmatique de l'essentialisme, surtout si, encore plus contradictoire, on essaie d'être humaniste. Ça ne peut mener qu'à des pinailleries pseudo-scientifiques sur la "négligeabilité" des différences génétiques des races humaines (négligeabilité en regard de quel critère ? Quel universel génétique est-il question de trouver ? En quoi Ça résout un quelconque problème moral ?) ou cette autre pirouette qu'est la différence innée / acquis, puisque finalement, que les Hommes sont radicalement différents, c'est la première chose qu'on voit du point de vue des caractères acquis : certains se baladent en braies, d'autres en pagnes, d'autre avec un fil cousu au sexe… Souvenons-nous de Hume, et là je rejoindrai Kuing Yamang aussi : les Hommes sont différents, c'est comme Ça, et plus ils le sont, que Ça se manifeste par la biologie ou la culture, moins il y a de chances qu'ils éprouvent de la sympathie les uns pour les autres. Mais tant qu'ils sont d'accord pour reconnaître le droit naturel des autres, Ça ne devrait pas poser de problème. En tout cas si le but est soit de nier l'idée d'une essence (c'est-à-dire d'une naturalité, bonne chance), soit de prouver son identité à l'échelle humaine, c'est mort. Le seul problème qui subsiste et qui est tout à fait empirique c'est à quel point je sais sans douter que "c'est un homme". La réponse peut être une morale fondée sur un droit naturel universel, mais en ce qui me concerne pas sûr que je sois prêt à respecter le droit naturel d'un hêtre. Peut-être la réponse est-elle dans une mise à l'épreuve du respect du droit naturel chez l'autre quelle que soit l'espèce considérée (montre moi ta valeur et tu auras mon respect)… Pas évident, enfin il faut chercher. D'ailleurs le seul concept pertinent de la spécification en biologie c'est la possibilité de la reproduction, ce qui au sein d'une espèce n'implique pas l'impossibilité qu'il y ait des races aux traits très variés. Qu'une certaine variété de ces traits puisse me déplaire n'a rien de choquant tant que cela n'engage rien du point de vue du droit naturel, d'ailleurs si on quitte un peu plan idéologique pour faire appel à nos affects un peu plus fondamentaux, on sait bien que notre préférence par exemple sexuelle est pour le moins exclusive de ce point de vue, et si on nous demande pourquoi, il n'y a pas de doute que le critère racial entre en compte. Enfin quoi qu'il en soi pour répondre de manière plus générale au sujet, à mon avis le racisme est un faux problème, un résidu des contradictions de l'humanisme. Les faux problèmes font d'ailleurs des millions de morts, d'où l'intérêt de s'en débarrasser.
  25. Pour ceux qui connaissent le spécimen, Randy Blythe annonce ses intentions de concourir à l'élection présidentielle des Etats Unis d'Amérique. Le chanteur de Lamb of God, groupe autoproclamé Pure American Metal, développe son argument massue : des couilles. Ça et un impressionnante logorrhée militariste sur un mode vigilanto-spartiate. http://randonesia.tumblr.com
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