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Pierre Manent, Les libéraux

D’habitude, une anthologie de textes a un côté vieillot, que même un excellent compilateur ne saurait cacher. Celle que vient de (ré)éditer Pierre Manent, avec des textes libéraux, est plus jeune qu’on ne peut se l’imaginer. Elle nous aide à comprendre l’actualité.

Ce n’est pas une nouveauté : on invoque ou l’on critique souvent le libéralisme en France. Et la plupart de ceux qui en parlent le font en méconnaissance de cause. Pour eux (et pas seulement), un livre vient de paraître. Qu’est-ce que le libéralisme, d’où vient-il, quels sont ses représentants les plus illustres, quelles sont les particularités du libéralisme économique et du libéralisme philosophique sont les questions auxquelles répond Pierre Manent dans la réédition de son anthologie Les libéraux (Gallimard, 2001).

Publiée au milieu des année 1980, cette anthologie refait l’itinéraire d’un mouvement qui a toujours été au service de la tolérance, de l’esprit d’initiative et du droit de propriété, de la liberté du commerce et de la nécessité d’un gouvernement représentatif. La démarche de Pierre Manent est intelligente, car elle rompt avec la séparation entre un libéralisme d’origine anglaise, pragmatique, tourné vers l’économie et un libéralisme français, plus idéologique. Il mélange les deux dans un corpus de textes subtil et utile à tous. De John Milton jusqu’à Bertrand de Jouvenel, on se régale avec les écrits des intellectuels promoteurs de la pensée libérale, pour la plupart ignorés – comme Bastiat et Guizot -, ou bien écartés, comme von Mises et von Hayek.

Parmi ces personnalités, dont le libéralisme n’est plus à démontrer, l’auteur inclut aussi Spinoza, le premier à proposer une philosophie politique à la fois libérale et démocratique. Aux yeux de Spinoza, la démocratie est le régime « le plus naturel et le plus susceptible de respecter la liberté naturelle des individus ». Pourquoi ? Parce que, dans la démocratie, « nul individu humain ne transfère son droit naturel à un autre individu ». Il le transfère à la totalité de la société dont il fait partie. Mais cette discipline sociale ne doit pas entraver la liberté de pensées et de paroles.

De même, Manent trouve une place à Voltaire à qui on saura gré d’avoir dénoncé, avec une passion qui ressemblait à l’amour de la justice, deux ou trois crimes judiciaires de l’Ancien Régime finissant. Kant aussi est présent, car il invite les hommes au nouvel « acte de sincérité » qui ne fait que répéter ce que disait l’ancien « acte de foi », puisque l’un et l’autre admettent que la raison est incapable de parvenir, par elle-même, à la certitude sur la vérité des dogmes chrétiens, mais l’effort de la volonté, le sentiment d’urgence morale, l’instinct de la probité personnelle vont maintenant en sens inverse : ce qui était « tentation » devient « devoir de douter ».

C’est sans doute ce désir d’inclure dans la galerie des libéraux les portraits d’ancêtres assez douteux qui indisposera le lecteur pénétré de culture libérale. On peut en effet rappeler que le libéralisme n’inclut pas nécessairement le « libéralisme philosophique » qui participe du relativisme.

Malgré les difficultés inhérentes à la réalisation d’une anthologie pareille, l’ouvrage est indispensable et très actuel. On peut y puiser des arguments imparables à toutes les bêtises proclamées par nos anti-libéraux et anti-mondialistes.

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Jean-François Revel, la Grande parade

Les nombreux articles consacrés au livre de Jean-François Revel (La grande parade, Plon, 2000) ont insisté, à juste titre, sur la dénonciation faite par l'auteur de toute la panoplie d'arguments mis en branle par la gauche - en particulier, la gauche non-communiste - pour minimiser la faillite du communisme et ses tragiques conséquences et pour tenter de récupérer l'idéologie marxiste, étrangère aux dizaines de millions de victimes du totalitarisme communiste. On a aussi parlé un autre thème développé par Revel dans son essai, celui de l'inégalité de traitement entre les crimes communistes et les crimes nazis. En d'autres mots, pourquoi pardonne-t-on plus facilement aux bourreaux et aux sympathisants du communisme qu'à ceux du nazisme ?

Ces thèmes ont été largement développés dans la presse avec des commentaires prévisibles : laudatifs dans " Le Figaro ", " Valeurs actuelles ", et " Le Point " ; plus critiques, voire d'une ironie malicieuse, dans " Libération ", " l'Express " et " Le Monde " . Néanmoins, la plupart de ces articles occultent (volontairement ?) un des aspects essentiels du livre de Revel, la défense du libéralisme.

Le vrai coupable c'est le libéralisme

En effet, des dizaines de pages superbes sont consacrées au libéralisme, le lecteur étant mis en garde dès le premier chapitre qui sert aussi d'introduction : le fait de constater que la solution libérale devenait la seule viable (étant adoptée de plus en plus par les gouvernements) après le désastre socialiste, a encouragé de nombreux gauchistes dans leur travail de réhabilitation du socialisme. Ils se sont d'autant plus mobilisés que des réformes libérales ont été faites dans beaucoup de pays dirigés par la gauche (en Italie, un ancien communiste repenti, devenu président du Conseil, prône à tout va les mérites des privatisations et de la flexibilité). La défaite du communisme n'a pas découragé les anciens compagnons de route, au contraire, elle les a conforté dans leur croyance que les ennemis les plus terribles de cette fin de siècle sont le nazisme et le libéralisme (le lendemain de l'élection de Haider en Autriche, le quotidien " l'Humanité " titrait à la une : " Un libéral nazi arrive au pouvoir ") . Le même diagnostique est donné dans le cas de certains pays postcommunistes, qui n'arrivent pas à sortir de la crise économique. C'est à cause du libéralisme que la Russie est rongée par la mafia et la misère, que la Roumanie et la Bulgarie n'en finissent plus avec la période de transition. Même la Mongolie serait victime des " pétards mouillés du libéralisme " (sic) . Il ne faut pas oublier que dans ces pays une partie de la population et des intellectuels tiennent les changements de 1990 pour responsables de la situation actuelle . Mais, de là, jusqu'à souhaiter un retour du communisme, il y a un abyme (les résultats des dernières élections russes ont dû " décevoir " de nombreux nostalgiques). En France, des intellectuels ont vu dans l'après-communisme ni plus ni moins…la faillite du libéralisme. Un directeur de recherche à l'Ecole des hautes études en sciences sociales publie en 1999 un livre intitulé L'après-Libéralisme dans lequel il affirme que l'année 1989 a marqué la fin du libéralisme !

Une tradition libérale française

Ainsi, le vrai coupable est le libéralisme et non pas le communisme. Sur de nombreuses pages, Revel multiplie les exemples de ce genre de billevesées qu'elles émanent des intellectuels ou bien des politiques. Il leur répond par une argumentation précise, basée sur des faits et des chiffres, ainsi que sur des références bibliographiques qui devraient figurer dans tous les manuels d'histoire expurgés de l'idéologie marxiste. Il rappelle que ce sont les libéraux qui, au dix-neuvième siècle, ont posé, les premiers, la " question sociale ". Guizot a fait voter la première loi limitant le travail des enfants dans les usines, Bastiat, économiste de génie et ô combien visionnaire, énonce et demande la reconnaissance du droit de grève, Emile Ollivier a ouvert la voie au syndicalisme futur. N'en déplaise aux adeptes de la pensée unique, il existe une vraie tradition libérale dans la culture française : " C"est Turgot , insiste Revel, qui a influencé l"auteur de la Richesse des nations et non l"inverse, de même qu"il a inspiré l"Américain Thomas Jefferson . Ce sont les physiocrates qui, dans un célèbre article de l"Encyclopédie, ont plaidé les premiers pour la liberté du commerce". De même que l"argument de la tradition colbertienne, antilibérale, qui serait spécifique à la France ne tient pas debout. Voilà ce que dit Colbert : " Une entreprise qui est soutenue par l"Etat, si elle ne fait pas de bénéfices au bout de cinq ans, doit être abandonnée ". Si l"on avait appliqué cette recette, il ne resterait plus beaucoup d"entreprises publiques à l"heure actuelle ! La Révolution française fut, dans ses principes, libérale. Elle se prononça pour la liberté d"entreprendre, la liberté du travail, le liberté de circulation des marchandises et la liberté bancaire .

Le libéralisme n'est pas une idéologie

Un autre malentendu concernant le libéralisme repose sur la croyance que celui-ci serait, comme le socialisme, une idéologie (c'est un piège dans lequel tombent aussi de nombreux défenseurs du libéralisme). Rien de plus faux, soutient Revel, car le libéralisme n'a jamais eu l'ambition d' édifier la société parfaite (Hayek disait que l'une des qualités d'un libéral est celle de reconnaître le premier lorsqu'il se trompe). Il (le libéralisme) repose, depuis ses origines, sur l'idée de " benchmarking ", en comparant les sociétés et en essayant de savoir pourquoi certaines marchent mieux que d'autres. Ses éléments de comparaison sont les chiffres et les statistiques et non pas les discours et les promesses, ses repères ne sont pas tirés de la fiction mais de la réalité, sa réussite dépend de l'individu et non pas pas d'une quelconque entité bureaucratique. Comme le capitalisme et contrairement au socialisme et au communisme, le libéralisme a la capacité de se réformer et de corriger ses défauts. Ce n'est pas un égarement, ni une utopie, et il n'a pas la prétention de fournir des recettes miracle. Il ne s'appuie que sur l'expérience. C'est peut-être la raison pour laquelle ses adversaires écartent tout dialogue (le plus souvent, il s'agit d'un monologue) sur le terrain des faits et des résultats et préfèrent le situer dans les hautes sphères de l'idéologie. Car on n'évalue jamais une idéologie. Accuser le libéralisme de tous les maux revient aussi à dire que le communisme n'était pas si mauvais que ça, que les gens se portaient plutôt bien sous ce régime et qu'ils avaient l'assurance d'un travail et d'un revenu. Combien de fois les médias occidentaux n'ont pris du plaisir en nous montrant des gens de l'ancien bloc communiste regretter la période d'avant 1989. Vous voyez, ont renchéri les intellectuels de service, le marxisme n'était pas trop mauvais et vous l'avez enterrez trop vite ! Regardez les inégalités créées par le libéralisme dans ces pays ! Ils oublient que ces inégalités étaient encore plus fortes entre une nomenklatura qui bénéficiaient des grâces du régimes et le peuple qui essayait de s'en sortir. Mais en France, remarque Revel, " ce que les Français détestent, ce ne sont pas les inégalités, ce sont les inégalités autres que celles octroyées par l"Etat ". D'ailleurs , les antilibéraux les plus acharnés font partie d'une caste de privilégiés, bénéficiaires de nombreuses subventions en échange de fort peu de travail et auxquels le travail, l 'évaluation, et la responsabilité font peur. Ironique, polémique, provocateur, le style de Revel marie avec élégance la digression philosophique à l'analyse politique et économique truffée de chiffres et statistiques. A cela s'ajoutent une précision infaillible dans le rappel des faits et une parfaite maîtrise du sujet. Si vous devez défendre le libéralisme, piochez dans le livre de Revel ; vous y trouverez votre bonheur.

Visitez ce site, entièrement consacré à J-F Revel : http://jfrevel.free.fr

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Pascal Salin, Libéralisme

On ne parle jamais assez du libéralisme. Il est tellement caricaturé, déformé, que les libéraux doivent s'astreindre sans cesse à le réhabiliter et, pour ce faire, à l'expliquer. Dans cette oeuvre d'hygiène intellectuelle indispensable, la contribution de Pascal Salin est parmi les plus précieuses. Il avait déjà forgé des armes pour les libéraux avec "L'Arbitraire Fiscal" (2° édition Slatkine Paris-Genève, 1996), "La Vérité sur la Monnaie" (Odile Jacob, Paris 1990), "La Concurrence" (PUF Que Sais-je Paris 1995), "Libre Echange et Protectionnisme" (PUF Que Sais-je, Paris 1991). Voici qu'il nous offre maintenant "Libéralisme", publié ces jours-ci chez Odile Jacob (500 pages, 180 Frs).

On peut dire avant tout de cet ouvrage qu'il est "magistral". C'est bien un maître de la pensée libérale qui délivre son enseignement. Le libéralisme, il le connaît sur le bout des doigts. Dès le début de sa carrière universitaire Pascal Salin avait créé, avec d'autres agrégatifs, le "séminaire Jean Baptiste Say", une initiative courageuse qui consistait à faire connaître dans les milieux universitaires français la pensée libérale, les travaux de Hayek et de Friedman, alors que la mode était aux idées marxistes ou keynésiennes. Ensuite, il ne cessera de professer sa foi libérale non seulement à Paris Dauphine, mais dans toutes les conférences internationales, ce qui lui a valu une reconnaissance par la communauté scientifique du monde entier, et la présidence de la très prestigieuse Société du Mont Pèlerin fondée par Hayek et présidée par des intellectuels aussi brillants que Milton Friedman, George Stigler, James Buchanan, Gary Becker, tous prix Nobel d'Economie.

Hélas cette "grosse pointure" de la science économique n'a jamais eu dans son propre pays l'écoute et la célébrité qu'il avait ailleurs. C'est un des signes de l'exception française. Seul le petit cénacle de l'ALEPS a reconnu ses talents, et Pascal Salin, aujourd'hui membre du Collège Présidentiel, a été pendant plus de dix ans Vice-Président, et assume aujourd'hui la lourde mission de présider le Jury du Prix de la Pensée Libérale (qui a distingué successivement Philippe Manière et Patrick Simon). La publication de "Libéralisme" rompra sans doute la conspiration du silence, et on va peut-être pouvoir enfin parler et de l'auteur et du livre. Le livre est une invitation à la réflexion en profondeur sur ce qu'est véritablement le libéralisme. Après deux chapitres introductifs, consacrés à poser le problème du libéralisme, et des faux nez qu'on lui fait porter en France, viennent trois chapitres inédits sur "les Piliers du Libéralisme". On appréciera la maîtrise de la démonstration, la profondeur de l'analyse et l'élégance d'une langue simple et précise.

Cinq chapitres qui suivent nous permettent de relever un certain nombre d'erreurs commises à propos du libéralisme. L'opinion publique, notamment en France, a une fausse idée de ce qu'est l'entreprise, le profit, le monopole et la concurrence, la finance. Des questions d'actualité, comme la participation, le capitalisme populaire et la privatisation, y sont également évoqués. Des lecteurs plus intéressés par les problèmes concrets que par la philosophie sociale ou l'analyse économique prendront leur plaisir à la lecture des six chapitres suivants, qui sont autant d'exemples retenus par Pascal Salin pour expliquer ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas faire dans la vie quotidienne : comment les libéraux considèrent-ils l'immigration, l'urbanisme et la propriété immobilière, les limitations de vitesse et la ceinture de sécurité, l'assurance maladie, la retraite, la réglementation anti-tabac, la défense de l'environnement ? Pascal Salin prend ici des positions que d'aucuns qualifieront de "libertariennes", pour signifier qu'elles sont inspirées par un libéralisme radical, sans compromission, dans toute sa pureté. De quoi faire fuir les politiciens sans doute, mais de quoi faire rêver les jeunes (et les moins jeunes) épris de liberté…

Enfin, et non le moindre, l'ouvrage se termine par une prospective de l'Etat :

que fera-t-il désormais ? Aura-t-on tiré les leçons de l'échec généralisé de la macro-économie ? Va-t-il enfin se retirer de la scène économique et sociale pour laisser jouer les individus ? Va-t-il enfin cesser de spolier les Français par une fiscalité aussi ruineuse qu'arbitraire ? Il y sera sans doute contraint par la mondialisation, et il est souhaitable que le libre-échange mondial poursuive sur sa lancée au lieu d'envisager des replâtrages comme les veulent certains dirigeants européens, trop aveugles pour ne pas avoir compris l'erreur de l'euro. A votre réflexion, parce qu'il y a là un bon échantillon des plus belles pages de cet ouvrage, et parce que ce sont deux conclusions majeures de Pascal Salin, nous livrons deux passages : l'un se rapporte aux perspectives de la mondialisation, l'autre aux exigences de la liberté. NATIONALISME (pp. 489-490) : "Qu'il s'agisse de monnaie, d'échanges commerciaux ou d'immigration (comme nous l'avons vu précédemment), on est confronté à un conflit majeur, celui qui oppose la liberté des personnes à la prétention des États de décider de ce qui est censé étre bon pour la "nation". Or, qu'est-ce que la nation, si ce n'est un ensemble d'hommes et de femmes ? Et comment pourrait-il y avoir des objectifs " nationaux " indépendamment des objectifs individuels ? Pour un libéral, l'appartenance d'un individu à une collectivité quelconque, qu'elle soit nationale, religieuse, culturelle ou sportive, si elle est importante pour l'individu concerné, ne concerne pas l'observateur extérieur. Un "étranger" a autant de vaIeur qu'un concitoyen et la liberté d'entrer en contact avec lui pour échanger des biens, des idées, des signes d'amitié, doit être préservée aussi rigoureusement que la liberté d'entrer en contact avec un concitoyen. Aucune vertu particulière, aucune valeur supérieure ne peut être accordée à un individu ou à une activité du fait qu'ils portent le label "national". Il n'y a pas de différence de nature entre l'échange intra-national et l'échange inter-national, car l'échange se fait toujours entre des individus et le fait qu'ils se trouvent sur le même territoire national ou sur d'autres territoires nationaux n'a strictement aucune importance. Pour un libéral le nationalisme n'est donc pas compréhensible, mais la nation l'est, parce que les communautés humaines existent et sont des faits sociaux concrets. Une nation est en effet une réalité immatérielle qui résulte d'un sentiment d'appartenance à une même communauté - forgée par l'Histoire, la langue, les coutumes - et l'existence de ce sentiment dans les consciences d'un certain nombre de personnes constitue la nation comme un réseau de relations interpersonnelles. I1 n'est donc pas question de nier la nation en tant qu'objet de perception, mais de rejeter la prétention à ériger la nation en une entité abstraite ayant ses propres exigences, sa propre volonté, ses propres fins ; de rejeter aussi la "nationalisation de la nation" par l'Etat, c'est-à-dire sa prétention à représenter la nation, à parler et à agir en son nom, car il est illégitime de monopoliser des sentiments d'appartenance. L'État-nation, caractéristique des sociétés modernes, est par nature incompatible avec une société de liberté individuelle. C'est pour cette raison profonde que la mondialisation, si elle contribuait effectivement à la destruction des Etats-nations, serait un bienfait pour l'humanité. Les politiques d'intégration régionale sur tous les continents doivent alors étre considérées non pas comme des progrès, mais plutôt comme des réponses à l'éclatement inéluctable des frontières étatiques et comme des efforts pour retarder une véritable mondialisation et la disparition des Etats-nations".

DU COURAGE POUR ETRE LIBÉRAL (p. 500) : "On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, on ne peut pas proclamer la liberté et accepter l'esclavage. Rechercher une troisième voie mythique entre le collectivisme et l'individualisme, se prétendre tolérant parce qu'on admet les compromis, ce n'est pas seulement un manque de lucidité c'est une véritable trahison. Il faut du courage pour être libre, mais il faut aussi du courage pour être libéral dans ce monde de fausses valeurs, d'alibis douteux, de compromis idéologiques, de mimétisme intellectuel et de démagogie politicienne où l'humanisme libéral est ignoré, déformé, caricaturé jusqu'à la haine. Dans l'ouragan idéologique qui a balayé le XXème siècle et où nazisme, communisme, mais aussi social-démocratie ont failli faire périr l'idée éternelle et universelle de la liberté individuelle, c'est l'honneur de quelques hommes, de quelques grands penseurs d'avoir pris le risque intellectuel et personnel de sauver cette idée, de la développer, d'en rechercher sans relâche les implications, de la diffuser. Au-delà, bien au-delà des simples recettes économiques, elle rencontre l'adhésion d'un nombre croissant d'hommes et de femmes de talent, de jeunes surtout, lassés du conformisme de leur époque. Ils découvrent, ils redécouvrent que l'humanisme n'est pas mort et que l'humanisme ne peut avoir d'autre visage que celui du libéralisme

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Alain Laurent, La Philosophie libérale

Le libéralisme est une pensée de nature philosophique avant d'être économique ou politique. C'est une philosophie morale de la responsabilité individuelle et des justes droits dans l'égale liberté individuelle de tous - et non pas une plate exaltation de la tolérance molle ou du tout-marché. La disjonction entre libéralisme politique et économique est arbitraire. Ce qu'on appelle « néo-libéralisme » n'a rien de théoriquement nouveau et le prétendu « ultra-libéralisme » ne fait qu'appliquer les principes formulés par les grandes figures du libéralisme classique. . . Invalidant caricatures et idées reçues, ces assertions procèdent d'une référence exhaustive et inédite aux textes fondateurs ou négligés d'une tradition intellectuelle élargie ici à des auteurs peu attendus, comme aux apports contemporains des « libertariens » ou des « libéraux de gauche ». Le libéralisme s'en trouve recentré sur un volontarisme juridique servi par l'État limité, tandis qu'est renouvelée la conception de ce qui doit être qualifié de libéral, illibéral ou ultra-libéral.

Cette enquête nourrie d'histoire des idées s'engage finalement dans une réflexion critique sur les actuelles pratiques de libéralisation - et l'exploration de ce que pourraient être un libéralisme. . . « républicain » et une vraie société ouverte.

Essayiste, directeur de la collection « Iconoclastes » aux Belles Lettres, Alain Laurent a enseigné la philosophie pendant plus de trente ans. Il a notamment publié Du bon usage de Descartes, Turgot. « Laissez faire! », Les Grands Courants du libéralisme et l'anthologie Théories contre l'impôt.

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Murray Rothbard, L'Ethique de la liberté

Comment parler du libertarianisme sans évoquer cet ouvrage majeur et fondateur ?

Où comment une vision aristotélo-thomiste amène à l'anarcho-capitalisme.

http://www.catallaxia.org/sections.php?op=…rticle&artid=58

http://www.catallaxia.org/sections.php?op=…rticle&artid=59

Version anglaise :

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Friedrich Hayek, la Route de la servitude

Que dire sur cet ouvrage sinon qu'il représente la quintessence de la critique libérale du totalitarisme soviétique, du planisme dirigiste à la française et du socialisme international ?

Lisez au plus vite cet ouvrage si vous voulez comprendre non seulement le contexte de l'immédiat après-guerre, mais aussi et plus encore le monde contemporain, tant les critiques que Hayek adressait il y a cinquante ans aux "socialistes de tous les partis" sont encore d'actualité.

" Peu de gens sont prêts à reconnaître que l'ascension du fascisme et du nazisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieure, mais un résultat inévitable de ces tendances. C'est une chose que la plupart des gens ont refusé de voir, même au moment où l'on s'est rendu compte de la ressemblance qu'offraient certains traits négatifs des régimes intérieurs de la Russie communiste et de l'Allemagne nazie. Le résultat en est que bien des gens qui se considèrent très au-dessus des aberrations du nazisme et qui en haïssent très sincèrement toutes les manifestations, travaillent en même temps pour les idéaux dont la réalisation mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée . Il y a aujourd'hui encore une raison plus pressante pour que nous essayions sérieusement de comprendre les forces qui ont créé le national-socialisme ; c'est que cela nous permettra de comprendre notre ennemi et l'enjeu de notre lutte " (Hayek, 1943). Tel est l'objet de cet ouvrage.

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Collectif, Aux sources du modèle libéral français

Aux sources du modèle libéral français est publié sous la direction d'Alain Madelin. Paru en 1997, ce livre offre un panorama presque exhaustif du libéralisme français, montrant par là que ce pays n'a pas toujours été aussi imperméable aux idées de liberté. "La France, certes, est en retard de réformes de libéralisation sur le reste du monde. Mais il existe dans l'histoire économique de notre pays une continuité libérale - qui s'exprime tant dans la tradition philosophique que dans le monde de la production et de l'entreprise. Il ne s'agit pas seulement de moments isolés, mais d'une dynamique cohérente."

Cet ouvrage magistral réunit des contributions historiques de nombreux auteurs libéraux - de H. Lepage à Ph. Nataf en passant par H. Root. Des figures aussi différentes que Turgot, Bastiat, ou Rueff y sont évoquées. Des thèmes aussi variés que la Révolution française, la liberté bancaire ou l'émergence d'un courant prélibertarien sous la Restauration y sont dépeints avec précision.

Bref, un livre hautement recommandable pour quiconque cherche à trouver des raisons d'espérer dans la capacité des Français à enfin aimer le libéralisme.

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David Friedman, Vers une société sans Etat

David Friedman est le fils du célèbre monétariste Milton. Il partage avec son illustre père une approche utilitariste du libéralisme. Mais il va beaucoup plus loin. Car David est un des tout grands penseurs anarcho-capitalistes.

Dans son classique Vers une Société sans Etat(traduction de The Machinery of Freedom), il expose avec clarté et humour sa conception du libertarianisme.

Il commence par détailler les implications économiques du Droit de propriété et comment celui-ci est bafoué par les nombreuses politiques menées par la gauche comme par la droite. Il s'attaque notamment aux législations anti-trust, dont il démontre magistralement l'inanité, aux politiques d'aide sociale - qui favorisent surtout les classes moyennes - et, plus généralement, démontre qu'à travers l'appareil d'Etat, tout le monde en vient à voler tout le monde et donc que chacun y perd.

Dans la deuxième partie, "La Hotte du père Noël libertarien ou Comment vendre l'Etat par petits morceaux", il donne des exemples pratiques de la théorie libertarienne (enseignement, éducation, routes, immigration, santé, etc.) A noter que D. Friedman se situe clairement du côté des partisans de l'immigration libre.

Le poème en épigraphe ("Paranoïa") est aussi à signaler. Il me semble d'ailleurs qu'il fut utilisé par les étudiants libéraux de l'ULB il y a quelques années. Wink

Dans la troisième, "L'anarchie n'est pas le chaos", Friedman montre l'intérêt d'une société sans Etat, notamment en matière de justice. Un chapitre important est consacré au "difficile problème de la Défense nationale".

La quatrième partie offre un complément utile sur plusieurs questions: la politique étrangère, l'analyse économique du Droit, la stratégie libertarienne, le marché de la monnaie. Sans oublier une courte étude sur la société islandaise médiévale qui, telle l'Irlande décrite par Rothbard - connut une période libertarienne.

A l'attention de Taranne, je signale un chapitre consacré à son modèle littéraire: G. K. Chesterton.

Un ouvrage à lire, tant pour s'instruire que pour se délecter d'un humour jubilatoire !

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Raymon Boudon, Effets pervers et ordre social

Pourquoi une action collective qui bénéficierait à tous - une grève par exemple - n'est-elle pas entreprise ? Sans doute parce qu'individuellement, chacun a de bonnes raisons de ne pas y participer. En effet, selon le sociologue Raymond Boudon, "l'explication revient toujours à retrouver l'action individuelle derrière les régularités qu'on observe au niveau macrosociologique". Fidèle à son approche sociologique fondée sur l'individualisme méthodologique, il développe dans ce recueil de textes ses critiques des conceptions déterministes de l'action sociale qui ne permettraient pas de comprendre les conflits ou le changement social. Le sociologue doit partir des intentions des acteurs sociaux supposés rationnels pour expliquer les phénomènes sociaux. Mais "en poursuivant leurs objectifs, les agents sociaux provoquent souvent des effets non recherchés", des effets pervers.

À partir de modèles simples, Raymond Boudon illustre une problématique qui, si elle est loin de faire l'unanimité chez les sociologues, a le mérite de réévaluer la part de la liberté et de la stratégie des individus dans l'interprétation du fait social.

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Raymond Aron, Essai sur les libertés

Une longue étude ici :

http://www.catallaxia.org/sections.php?op=…rticle&artid=35

Les libertés politiques, personnelles, intellectuelles, dont jouissent les citoyens des sociétés libérales n'ont-elles aucune portée effective ? Les tenve à cette question, en dénonçant leur caractants du marxisme répondaient par la négatière illusoire, voire mystificateur. Raymond Aron combattait lucidement une telle position polémique et réductrice, comme en témoigne les textes de l'Essai sur les libertés, où il approfondit son analyse de la société moderne.Philippe Raynaud retrace, dans sa préface, les conditions de rédaction de ce texte et en souligne les enjeux.

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Bertrand de Jouvenel, Du pouvoir

Fasciné par la croissance ininterrompue du Pouvoir qui rendit possible la guerre totale déclenchée par Hitler, Jouvenel s'est donné pour tâche dans Du pouvoir (Genève, 1945) d'étudier cette croissance.

Une étude approfondie ici

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Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Théoricien du libéralisme, Tocqueville montre dans De la démocratie en Amérique comment la démocratie s'est accompagnée des progrès de l'individualisme. Cependant, les droits individuels une fois proclamés et reconnus, ce goût pour la liberté s'est corrompu en passion pour l'égalité, favorisant la diffusion d'un esprit majoritaire et conformiste.

En effet, à force de réclamer les mêmes droits pour tous, les individus se contentent de revendiquer une égalisation de leur condition sociale et de leur mode de vie. Or, la majorité ne se reconnaissant que dans ce qui lui ressemble, l'obsession égalitariste finit par nuire à la créativité, toute volonté de différenciation étant par avance condamnée ; elle finit aussi par menacer les institutions politiques elles-mêmes. Uniquement soucieux de défendre leurs acquis sociaux et matériels, les individus se désintéressent de la chose publique et se replient sur leur vie privée, au profit d'une administration toute puissante dont la douce tyrannie menace à terme leurs libertés.

Cette analyse de la pensée unique et du conformisme démocratique fait de Tocqueville un auteur résolument moderne, dont l'oeuvre a eu une influence considérable et mérite plus que jamais qu'on la découvre.

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Pas plus que Constant et Guizot, Tocqueville n'a eu le choix de son sujet : est-il possible de "terminer", de "fixer", la Révolution ? Comment construire les institutions politiques adéquates à la nouvelle société ? Pourtant ce sujet se présente à lui sous un jour tout différent. LA question du régime représentatif, de ses fondements, de son organisation, de son fonctionnement perd son importance primordiale. Pour Constant et Guizot, ce qui faisait problème, c'était le représentant ou la représentation : comment garantir en les représentant cet ensemble de propriétés ou d'opinions qui constituent la société ? Comment découvrir et faire participer au pouvoir politique les "supériorités naturelles" que recèle cette dernière ? Pour Tocqueville, devient problématique ce qui est à représenter : cette "société", cet "état social", que Constant et Guizot considéraient comme un donné clair et distinct apporté par l'histoire en même temps que conforme à la nature, apparaît à Tocqueville comme le site d'un processus mystérieux, absolument inédit et suprêmement important. L'égalité, caractéristique du nouvel état social, n'est plus seulement pour lui l'"hypothèse" en vertu de laquelle le nouveau régime, abolissant tout privilège de naissance, accorde à chacun des droits égaux, c'est un principe infiniment actif qui bouleverse tous les aspects de la vie humaine. L'égalité politique n'est pas un état, c'est un processus - l'"égalisation croissante des conditions" - dont il est très difficile de concevoir le terme.

Lire la suite ici

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Raymond Aron, l'Opium des intellectuels

Dans L'Opium des Intellectuels (1955), l'un de ses ouvrages majeurs, le philosophe français explique que l'épopée révolutionnaire a coupé la France en deux. Jusqu'à la consolidation de la IIIe République, la gauche a été, en France, au XIXe siècle, en opposition permanente. Tout d'abord lorsque le choix entre république et monarchie était encore en suspens (au nom d'un idéal démocratique, celui qui conduisait pourtant les bonapartistes à supprimer les libertés politiques). Puis ce fut la gauche contre le capitalisme. Mais cette gauche nouvelle s'inspirait-elle de la même philosophie ?

On a voulu, pour rendre aux conflits de la vieille Europe une sorte de pureté idéologique, interpréter les "révolutions fascistes" comme formes extrêmes de la réaction. Cela était absurde car le national-socialisme a mobilisé des masses non moins malheureuses que celles qui suivaient l'appel des partis socialistes ou communistes. Par ailleurs le nazisme est devenu de moins en moins conservateur au fur et à mesure que son règne se prolongeait : les chefs de l'armée, les descendants des grandes familles furent pendus à des crocs de bouchers, à côté des leaders de la social-démocratie.

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Réédition d'un classique, avec une introduction de Nicolas Baverez destinée à présenter le contexte dans lequel fut écrit et publié cet ouvrage. En effet, au milieu des années cinquante, Raymond Aron y prend vivement à partie les intellectuels compagnons de route du parti communiste, et notamment Sartre et le groupe des "Temps Modernes", et analyse les raisons de leur aveuglement.

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Alain Laurent, Les Grands courants du libéralisme, Histoire de l'individualisme, De l'individualisme et L'Individualisme méthodologique

Série d'ouvrages didactiques consacrés au libéralisme et à l'individualisme.

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Ayn Rand, La Source vive

C'est un livre admirable, terriblement bien écrit, qui vous transporte dans l'univers fascinant des architectes américains des années 40. L'histoire d'amour est vraiment belle et, surtout, la philosophie qui anime ce roman - l'individualisme randien - est passionnante. Il ne faut surtout pas manquer la plaidoirie à la fin du livre : c'est un cri de liberté et d'humanité ! un régal ! Ce livre est un chef d'oeuvre !

Voir aussi : Nous les vivants

Ainsi que son ouvrage phare, Atlas Shrugged

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Philippe Simonnot, 39 leçons d'économie contemporaine

Ce manuel se lit comme un roman

Comment joindre l'utile à l'agréable ? A l'instar des réflexions de l'un des protagonistes de ce texte construit sous forme de dialogues, voilà un essai réussi pour nous faire (re)découvrir les grandes règles de l'économie. Etat, concurrence, monnaie, travail, chômage, inflation, tous ces termes nous semblent si familiers qu'on ne s'interroge même plus sur leur sens. Pourtant, leur interprétation peut varier suivant les points de vue intellectuels, et les mécanismes économiques qu'ils indiquent, rester souvent bien mal compris. En reprenant à son compte la formule classique de la conversation entre le maître pédagogue et l'élève studieux mais naïf, Philippe Simonnot parvient habilement à nous entraîner dans un vaste tour d'horizon de la théorie économique en y mêlant constamment des faits historiques. Jolie performance que d'offrir un manuel d'économie qui se lit presque comme un roman.

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Ludwig von Mises, L'Action humaine

Le présent ouvrage est un abrégé de L'Action Humaine, traité d'économie, le magnum opus de Ludwig von Mises, un auteur central de l'école " autrichienne " et l'un des plus grands penseurs de l'économie. Publiée en 1949, l'œuvre originale compte près de mille pages. Bien qu'actuellement occultée par le mainstream néoclassique, la tradition autrichienne est fidèle aux idées qui ont prévalu depuis les origines de la réflexion économique jusqu'au début du vingtième siècle. Elle incarne une conception réaliste de la discipline économique qui refuse le modèle réducteur de l'homo œconomicus et l'étude des équilibres pour s'intéresser aux processus de changement et aux relations causales entre les événements. Ces idées forment pour l'étude du marché, de la monnaie, des crises économiques, de l'entreprise et des structures industrielles modernes une base autrement plus solide que le paradigme néoclassique. Elles sont progressivement redécouvertes par les économistes et de plus en plus validées par l'évolution de la réalité. L'Action humaine les expose de façon systématique dans un langage accessible à tous, et constitue de plus une défense particulièrement éloquente de la liberté au-delà même de son aspect économique. A ce titre, cet ouvrage devrait faire partie de la bibliothèque de tout " honnête homme ".

Version US complète :

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Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté

La perte de la croyance en une justice indépendante de l'intérêt personnel ; le recours à la législation pour autoriser la contrainte, non plus simplement pour empêcher l'action injuste, mais pour atteindre certains objectifs particuliers concernant des individus ou des groupes spécifiques ; et la fusion, entre les mains des mêmes assemblées représentatives, de la mission d'énoncer les règles de juste conduite, avec la mission de diriger le gouvernement, sont à l'origine de la remise en cause de la conception classique de la séparation des pouvoirs, celle de Montesquieu. Une conception classique qui avait comme fin la liberté.

La préservation d'une société d'hommes libres dépend de trois notions fondamentales :

1. Il faut distinguer entre un ordre qui s'engendre de lui-même, ou ordre spontané, et une organisation. Ce qui les différencie se rapporte aux deux sortes différentes de règles ou de lois qui s'y établissent.

2. La justice "sociale" ou distributive n'a de sens qu'à l'intérieur du second de ces ordres, l'organisation.

3. Le type prédominant d'institutions démocratiques libérales où c'est le même corps représentatif qui pose les règles de juste conduite et qui dirige le gouvernement conduit forcément à transformer progressivement l'ordre spontané d'une société en un système totalitaire mis au service de quelque coalition d'intérêts organisés.

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Robert Nozick, Anarchie, Etat et utopie

Dès avant sa parution, en 1974, les thèses développées par Robert Nozick dans cet ouvrage ont fait l'objet aux Etats-Unis d'un large débat parmi les philosophes, économistes et sociologues.

Les individus ont des droits, soutient Nozick dans son introduction, et il est des choses qu'aucune personne ni aucun groupe ne peut leur faire sans enfreindre leurs droits. Ainsi le propos d'Anarchie, Etat et utopie est-il de définir ces droits pour faire l'apologie la plus fouillée à ce jour de l'"Etat minimal".

L'Etat n'est justifié, plaide Nozick, que s'il est sévèrement limité à la fonction étroite de protection contre la force, le vol, la fraude et d'application des contrats. Toute activité plus étendue, démontre l'auteur, violera inéluctablement les droits de l'individu. Et ce constat a deux conséquences d'une grande portée : " L'Etat ne peut employer son appareil de contrainte afin d'amener certains citoyens à aider les autres ni pour interdire des activités à certaines personnes, dans leur bien ou afin de les protéger. "

On trouvera ainsi, dans ce livre, une nouvelle théorie de la justice distributive (en opposition à celle de Rawls) ; un modèle d'utopie favorable à l'expérimentation utopique et étayant la théorie de l'Etat minimal ; et, enfin, une intégration de l'éthique, de la philosophie du droit et de la théorie économique en une synthèse de philosophie politique "équivoque et inépuisable", suivant une formule chère à R. Aron.

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L'idée lockéenne des droits individuels absolus peut être explicitée et poussée plus loin. C'est ce qu'a fait le Pr Robert Nozick dans son ouvrage Anarchy, State and Utopia (1974), qui déborde et dépasse la doctrine de Locke mais s'y rattache de plusieurs manières. Le philosophe de l'Université Harvard propose une théorie des droits individuels qui est cohérente avec l'anarcho-capitalisme, bien que certains de ses développements serviront plutôt à justifier un Etat minimal. La première phrase de Anarchy, State and Utopia est révélatrice : « Les individus ont des droits, et il y a des choses que personne ni aucun groupe ne peut leur faire subir (sans violer leurs droits). »

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Karl Popper, la Société ouverte et ses ennemis

La société ouverte et ses ennemis, écrit au début de la seconde guerre mondiale, est un plaidoyer passionné pour la démocratie, contre le totalitarisme de droite ou de gauche. A la société close et immuable à base de tribalisme et de magie, Popper oppose la société ouverte, contrôlée par la raison, où la volonté de l'individu peut librement s'exercer. A Platon, Hegel et Marx, il reproche de ne reconnaître l'histoire que pour ajouter qu'elle obéit à des lois qui déterminent le cours des événements : idée qui paralyse le progrès, en le soumettant à la fatalité historique. Elle a conduit le premier à proposer une cité dirigée par une élite omnipotente et omnisciente, où l'individu n'est rien et où la collectivité est tout ; le second à se faire le maître à penser de l'Etat prussien et le théoricien d'une société dont se réclamera le totalitarisme ; le troisième, à transformer des hypothèses en dogmes.

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Lyssander Sponner, Outrage à chefs d'Etat

[Les élus] ne sont ni nos employés, ni nos mandataires, ni nos délégués, ni nos représentants légaux, et pas davantage nos délégués. [En effet] nous n'assumons pas la responsabilité de leurs actes. Si un homme est mon employés, mon mandataire ou mon représentant légal, j'accepte nécessairement d'être responsable de tout ce qu'il fait dans la limite du pouvoir que je lui ai confié. Si je lui ai confié un pouvoir sur d'autres personnes que moi-même ou sur leurs biens, en tant que mon délégué, que ce pouvoir soit absolu, ou très partiel, je suis ipso facto responsable vis-à-vis de ces autres personnes de tous les torts qu'il pourrait leur faire, aussi longtemps qu'il agit dans la limite des pouvoirs que je lui ai accordés. Mais il n'existe aucun individu que les décisions du Congrès aurait lésé dans sa personne ou sa propriété, qui puisse aller trouver les électeurs singuliers et leur intenter une action en responsabilité pour les actes de leurs prétendus mandataires et délégués. Ce fait est la preuve que ces prétendus représentants du peuple, ceux de tout le monde, ne sont en réalité mandatés par personne.

Voir ici

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Benjamin Constant, Ecrits politiques

Le libéralisme de Benjamin Constant fait incontestablement l'objet d'un intérêt renouvelé, car il est, avec Tocqueville, l'un des auteurs qui nous délivrent une vérité théorique, et même philosophique, sur les fondements comme sur les ambiguïtés, voire les pathologies, de la démocratie moderne. Si Constant, théoricien des Constitutions, est connu et reconnu comme l'est Montesquieu, on n'a pas toujours mesuré avec l'attention nécessaire l'acuité de sa réflexion sur les fondements de l'obligation juridique, une dimension fondatrice, à son tour, d'une société de liberté. Notre époque, qui parle beaucoup de l'"Etat de droit", mais qui constate par ailleurs les manquements répétés à un tel idéal et les formes rémanentes de la raison d'Etat, a tout à gagner à relire les réflexions de l'auteur des Principes de politique sur cette question.

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John Locke, Traité du gouvernement civil et Second traité du gouvernement civil

Hobbes s'est trouvé confronté à une difficulté centrale : peut-on définir et construire un pouvoir humain de manière à le rendre, de droit et de fait, invulnérable à toute objection, à toute critique ? Or ce qui fonde le point de départ de son raisonnement reste le fondement de son point d'arrivée : la peur de la mort. Ultimement les sujets se conduisent pacifiquement parce qu'ils craignent le souverain. Pourquoi les nécessités de la conservation de l'individu imposent-elles qu'on lui reconnaisse un droit sur toutes choses ? Parce qu'il est sans cesse menacé, réellement ou potentiellement, par tous les autres individus, parce que la relation qui le lie à tous les autres individus est l'hostilité. C'est parce que l'hostilité est universelle que la conservation de soi est le seul principe de toutes les actions de chacun.

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Turgot, Laissez faire !

Universellement reconnu comme homme d'Etat animé d'une volonté de réforme radicale et pionnier de la science économique, Turgot fut aussi un homme de réflexion, auteur de textes provoquants et stimulants qui érigent la liberté individuelle (de conscience, de travailler, d'échanger et de disposer de sa propriété…) en principe suprême devant guider l'action humaine tant privée que publique. Son credo : "laissez faire", protegez par le Droit les individus poursuivant leur intérêt particulier bien compris, et ils concourront spontanément à l'intérêt général comme au progrès de tous. Pour la première fois présentés en un ensemble cursif et cohérent, les textes rassemblés ici illustrent le regain d'actualité des convictions de cet anti-dirigiste et anti-protectionniste tant apprécié des "Philosophes des Lumières" que fut Turgot.

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Milton Friedman, Capitalisme et liberté

On croit généralement que politique et économie sont des domaines distincts et, pour l'essentiel, sans rapport ; que la liberté individuelle est un problème politique et le bien-être matériel un problème économique ; enfin, que n'importe quel régime politique peut se combiner avec n'importe quel régime économique. […] Ma Thèse est que pareille opinion est illusoire, qu'il y a un rapport intime entre économie et politique, que seules certaines combinaisons sont possibles entre régimes économiques et régimes politiques, et qu'en particulier, une société socialiste ne peut être démocratique -- si être démocratique, c'est garantir la liberté individuelle.

Dans une société libre, le dispositif économique joue un double rôle. D'une part, la liberté économique est elle-même une composante de la liberté au sens large, si bien qu'elle est une fin en soi. D'autre part, la liberté économique est indispensable comme moyen d'obtenir la liberté politique […]

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John Stuart Mill, L'Utilitarisme et De la liberté

L'Utilitarisme résume bien la pensée, aujourd'hui minoritaire, des libéraux utilitaristes, issus de Bentham et de Mill.

De la liberté est une étude approfondie sur la notion, ô combien insaisissable, de liberté.

" Le sujet de cet essai est la liberté sociale ou civile : la nature et les limites du pouvoir que la société peut légitimement exercer sur l'individu. Cette question, bien que rarement posée ou théorisée, influence profondément les controverses pratiques de notre époque par sa présence latente et devrait bientôt s'imposer comme la question vitale de l'avenir. (…)

Je considère l'utilité comme le critère absolu dans toutes les questions éthiques ; mais ici l'utilité doit être prise dans son sens le plus large : se fonder sur les intérêts permanents de l'homme en tant qu'être susceptible de progrès. Je soutiens que ces intérêts autorisent la sujétion de la spontanéité individuelle à un contrôle extérieur uniquement pour les actions de chacun qui touchent l'intérêt d'autrui. "

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Henry-David Thoreau, De la désobéissance civile

Texte (p. 9-48) d'une conférence prononcée en 1848 sur la relation de l'individu à l'Etat. Petit discours sur la dissidence, où l'auteur explique le sens du geste qu'il avait posé en refusant de payer ses impôts pour protester contre les complicités esclavagistes et expansionnistes de l'Etat du Massachusetts. La réflexion est ouverte à un regard critique sur l'exercice du pouvoir en démocratie. Des informations sur Thoreau accompagnent ce texte. La postface prolonge la réflexion en la plaçant dans un contexte contemporain

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