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A.B.

Du lourd

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Je vous livre, tiré droit de mon RSS infâme, un article de l'immonde

http://www.lemonde.fr/opinions/article/200…61215_3232.html

Le glas a sonné pour le libéralisme sauvage, par Robert Castel

Ce que nous sommes en mesure de comprendre à travers la crise qui nous affecte actuellement ne devrait pas constituer un scoop. Elle rend manifeste le fait que, laissé à lui-même, le marché conduit à la catastrophe. Déjà dans son analyse de l'implantation du capitalisme industriel, La Grande Transformation (Gallimard, 1983), paru en 1944, Karl Polanyi a montré que ce qu'il appelle le "marché autorégulé", c'est-à-dire laissé à sa propre dynamique, détruit les anciennes formes de régulation qui structuraient les sociétés préindustrielles et empêche d'en constituer de nouvelles.

Cependant, le marché "autorégulé" n'était pas parvenu à imposer son hégémonie, du moins dans les démocraties d'Europe occidentale, parce que s'y sont construits des systèmes de protection sociale assez forts pour lui faire contrepoids. C'est la substance du "compromis social" du capitalisme industriel. Sous l'égide de l'Etat, il limitait la juridiction du marché en l'équilibrant par des droits, droit du travail et protection sociale, afin d'assurer une sécurité minimale pour les travailleurs et les citoyens au nom de la solidarité et de la paix sociale.

Mais depuis une trentaine d'années, nous sommes entrés dans un nouveau régime du capitalisme qui entend faire fi de tous ces obstacles au libre déploiement du marché. On nous répète inlassablement que les régulations sociales plombent la compétitivité des entreprises et que, pour jouer pleinement le jeu de la concurrence dans une économie mondialisée, il faut reconquérir la liberté du travail contre les servitudes du droit.

Ce ne sont pas là de purs discours portés par les chantres du libéralisme. On assiste à une remarchandisation rampante de larges secteurs de la société et, au premier chef, du monde du travail. Elle entraîne le chômage de masse (car ce capitalisme est incapable d'assurer le plein-emploi), la précarisation des relations de travail, le retour sur le devant de la scène de la vieille figure du travailleur pauvre, la multiplication de situations bâtardes comme celle des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ou des "contrats aidés", qui sont à moitié des travailleurs, mais, parce qu'ils travaillent sous des formes dégradées et mal rémunérées, doivent être en même temps à moitié des assistés dépendant des secours.

Un nouveau précariat prend ainsi place dans notre société. Il rassemble tous ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui occupent en permanence des activités intermittentes, à temps partiel, bien en deçà de l'emploi classique, et qui sont incapables d'assumer par eux-mêmes un minimum d'indépendance économique et sociale. En même temps, l'insécurité sociale est de retour avec le souci lancinant de devoir à nouveau "vivre au jour la journée" dans l'incertitude des lendemains.

Dans ce contexte, la crise que nous vivons a suscité un retournement d'attitude qui pourrait paraître comique si la situation n'était pas si grave. Les mêmes qui, hier (y compris parmi ceux qui nous gouvernent), déploraient que l'on n'allait pas assez loin ni assez vite dans le sens des réformes ou des contre-réformes libérales, qui affirmaient que notre société est trop protégée, notre Etat social trop pesant, nos régulations sociales trop fortes - ceux-là aujourd'hui, président de la République en tête, en appellent à l'Etat, au volontarisme politique et à l'argent public pour faire face au cataclysme. Ils prétendent même vouloir refonder le capitalisme en le moralisant.

Mais moraliser le capitalisme est un non-sens. Le capitalisme est amoral par nature. Il ne se soucie pas d'éthique ni de solidarité, mais de compétitivité, d'efficience et de profits, et ce faisant il est parfaitement dans son rôle. On ne peut pas changer la logique interne du capitalisme. Mais on ne peut pas davantage éluder sa présence et sa puissance. Il faut avoir la lucidité de reconnaître que nous sommes, et pour longtemps, dans une société capitaliste, et que le marché est une composante essentielle de la modernité. Dès lors, sauf à faire la révolution (mais qui la fera ?), le problème est de vivre avec le marché sans être dévoré par lui.

La crise actuelle nous montre comment et pourquoi on est dévoré par le marché : en le laissant s'emballer lui-même. En ce sens, le rôle joué par le capital financier dans le déclenchement de la tempête est hautement significatif, mais il faut se garder de l'autonomiser. Le capital financier est la pointe avancée du nouveau régime du capitalisme, et les graves dysfonctionnements produits à ce niveau entraînent la dégradation de l'"économie réelle".

Mais il faut aussi lire la logique qui a mené à cette crise en sens inverse. Elle trouve son origine dans les dérégulations qui affectent depuis les années 1970 l'économie réelle, l'organisation du travail et les protections sociales. L'effritement des remparts qui avaient été dressés contre l'hégémonie du marché s'est produit d'abord à ce niveau.

Dès lors, pour affronter cette crise, il ne suffit pas de dénoncer les banquiers et les traders ripoux, de supprimer les paradis fiscaux ou de recapitaliser les banques avec l'argent public, avant de repartir du même pied. Il faudrait, pour reprendre l'expression de Karl Polanyi, domestiquer le marché, ce qui ne se réduit nullement à le moraliser : lui imposer des limites, l'encadrer par des droits, et rééquilibrer les profits du capital par les exigences de la justice sociale et de la solidarité.

Ce n'est sans doute pas une solution héroïque et ça ne promet pas des lendemains qui chantent. Mais la crise actuelle a au moins le mérite de montrer que l'ubris du capital conduit à la catastrophe et elle a dessillé les yeux de beaucoup. Elle sonne le glas d'un libéralisme sauvage qui vient de révéler toute sa nocivité.

Que faire de cette prise de conscience ? A minima et entre autres, reprendre et poursuivre avec détermination le chantier de la lutte contre la précarisation du travail et la dégradation de l'emploi, qui représentent aujourd'hui un terrain stratégique pour domestiquer le marché.

Le travail n'est pas une marchandise !!

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On peut aussi trouver un article bien gratiné aujourd'hui : L'avenir d'une désillusion (sic), par Henri Sztulman. Je crois que le monde laisse ses pages opinions à des analystes de psychanalyse de la crise. lol

Un monde défunt accouche d'un monde en devenir. Le séisme financier, économique, social et peut-être politique fait vaciller la planète et menace l'identité psychique de chacun d'entre nous. Le monde dans lequel nous vivons encore s'éloigne de l'humain : pensées orientées, émotions dénaturées, termes des échanges falsifiés, vision purement quantitative du développement, création de maladies de civilisation, expulsion politique de la figure de l'étranger, ségrégation sociale des égarés de la maladie physique ou psychique, exportation des conflits chez les plus démunis, manipulation de l'idéal démocratique à travers une opinion publique modelée par les puissances d'argent.

Quel est donc l'impact de ces mutations du monde global sur la structuration individuelle du sujet et son psychisme ? Privé de ses repères, l'homme postmoderne, anonyme, interchangeable et solitaire, manque d'une organisation interne robuste et durable ; sans identifications, il ne peut y avoir de construction durable de l'identité. Si je ne peux me bâtir au sein d'une réalité qui tout à la fois se dérobe et m'échappe, je ne suis pas en mesure d'en saisir le principe et de me l'approprier ; il ne me reste que le plaisir, la jouissance illusoire, dangereuse, mortelle du "tout, tout de suite" si bien exploitée par les techniques marchandes et la virtualisation des transactions. Une société qui réduit l'esprit à la matière, qui traite les sujets comme des objets négociables, le désir comme un besoin, ne peut que renvoyer chacun à sa part obscure et dissimulée, au négatif qui nous habite tous.

Du coté des puissants de ce monde en défaillance, la crise peut se lire comme la résultante de profonds mouvements régressifs : l'avidité orale d'abord, la cupidité inassouvissable, la rapacité insatiable, dans la servitude toxicomaniaque au principe de plaisir, une fuite sans fin ; la rétention anale ensuite, l'exigence de tout garder, de ne rien restituer, de conserver à son seul usage les richesses ainsi accumulées et les pouvoirs qu'elles procurent, dans l'asservissement passif aux reliquats de la mégalomanie infantile : contrôler le monde, exercer une emprise sur l'autre.

Pour les peuples et les personnes, quel sera l'avenir de ces désillusions, de ces malgouvernances qui sont des maltraitances d'Etat ? Cette banqueroute systémique ne peut conduire, dans un premier temps, qu'à des modes de fonctionnement plus régressifs, plus dépressifs, plus agressifs ; le monde, anxieux, souffre et peut ne pas cesser de souffrir.

Plus régressifs : après cette religion mondiale qui magnifiait le quantitatif, l'évaluable, le visible, le consommable, le rentable, le rapide, pour tout dire l'objet au détriment du sujet, la phobie d'un avenir imprévisible renvoie à un passé plus lisible, au "bon vieux temps", à un monde ancien moins incertain, plus simple, plus réel.

Plus dépressifs : la décroissance sociale, le déclin économique, outre qu'ils nourrissent les angoisses à la fois réelles et archaïques, sont vécus comme autant de rabaissements humiliants, de blessures narcissiques conduisant à la "dépressivité".

Plus agressifs : il n'est pas d'explosif plus dangereux que l'alliage de l'injustice et de l'impuissance, les politiques ne devraient pas l'oublier. Sont ainsi réactivés les pulsions les plus archaïques, les instincts les plus primitifs ; la peur de l'avenir, pour soi, pour ses enfants, induit des attitudes anxieuses mais aussi furieuses : la recherche d'une autorité qui restaurera le narcissisme et garantira un ordre, même au détriment des libertés fondamentales. Les raisins de la colère peuvent dévaster les sociétés les plus cultivées et structurées. L'histoire n'a cessé d'en témoigner.

Mais la crise n'est pas que Thanatos, c'est aussi une chance. Le conflit est consubstantiellement lié à la vie, à Eros. Il y a là une occasion unique de désincarcérer le monde du modèle monstrueux dans lequel nous vivons encore. Un monde où le sujet, citoyen, fils du siècle des Lumières, s'effacerait au profit de l'homme comportemental, neuroéconomique, mesurable et mesuré, formaté et "prédictible". Un monde où l'esprit s'incline devant l'imposture d'une pensée dominante marquée par le conservatisme, le scientisme, la marchandisation de la personne. Véritable forfaiture.

La crise peut aussi conduire à un mouvement à condition que les plus résilients d'entre nous évitent la maladie de la crise, en la pensant, en l'élaborant, en nous offrant l'opportunité de bâtir un monde neuf et propre. Il faut revenir aux fondamentaux qui ont pour noms : l'homme, ses origines, son destin, sa finitude, la dérisoire précarité de sa traversée en même temps que la certitude de son sens.

Henri Sztulman est psychanalyste, auteur de "Psychanalyse et humanisme" (éd. Rue des Gestes, 2008).

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Face à de telles incantations, la signature de Free Jazz prend tout son sens :

« Les communistes, les fascistes et les nazis répètent a coeur joie que le capitalisme est condamné, qu'il est appelé à disparaître pour céder la place à un système social meilleur et plus équitable, c'est-à-dire le socialisme. Le fanatisme dont témoignent ces assertions est en vérité très remarquable. Mais les arguments invoqués sont assez faibles et ne prouvent pas grand-chose. »

Mises

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Robert Castel évidemment… :icon_up:

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Je sature.

Il y a tellement de choses à rectifier, de non-sens à corriger que je n'ai même pas le courage de le faire.

Le pire est que ce genre d'article prolifère sur toute la toile.

C'est déprimant.

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"Domestiquer le marché". Obsession quasi fasciste du contrôle social et économique. Même pas quasi, en fait.

Je vois pas comment ces enfoirés à la vertu majuscule prétendent nous délivrer de la cupidité, de l'égoïsme, autrement que par le sang et les chaînes.

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Dans ce contexte, la crise que nous vivons a suscité un retournement d'attitude qui pourrait paraître comique si la situation n'était pas si grave. Les mêmes qui, hier (y compris parmi ceux qui nous gouvernent), déploraient que l'on n'allait pas assez loin ni assez vite dans le sens des réformes ou des contre-réformes libérales, qui affirmaient que notre société est trop protégée, notre Etat social trop pesant, nos régulations sociales trop fortes - ceux-là aujourd'hui, président de la République en tête, en appellent à l'Etat, au volontarisme politique et à l'argent public pour faire face au cataclysme. Ils prétendent même vouloir refonder le capitalisme en le moralisant.

Euh il parle de Sarkozy et de ces copains de l'UMP ? :icon_up:

Mais moraliser le capitalisme est un non-sens. Le capitalisme est amoral par nature.

Ce que je ne comprendrais jamais avec ces gens là, c'est qu'ils peuvent très bien "moraliser" leurs activités d'eux mêmes ( commerce équitable, produits locaux, nationaux, écologique, redistribution et égalitarisme, …), mais non, ils doivent imposer leurs visions aux autres.

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Des chaînes ! Des chaînes ! Vite, et sous nos applaudissements !

:icon_up:

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Ce que je ne comprendrais jamais avec ces gens là, c'est qu'ils peuvent très bien "moraliser" leurs activités d'eux mêmes ( commerce équitable, produits locaux, nationaux, écologique, redistribution et égalitarisme, …), mais non, ils doivent imposer leurs visions aux autres.

Voilà la raison : Ils sont du côté du Bien, ils ont donc tous les droits pour lutter contre le Mal. C'est pourtant simple !

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Du coté des puissants de ce monde en défaillance, la crise peut se lire comme la résultante de profonds mouvements régressifs : l'avidité orale d'abord, la cupidité inassouvissable, la rapacité insatiable, dans la servitude toxicomaniaque au principe de plaisir, une fuite sans fin ; la rétention anale ensuite, l'exigence de tout garder, de ne rien restituer, de conserver à son seul usage les richesses ainsi accumulées et les pouvoirs qu'elles procurent, dans l'asservissement passif aux reliquats de la mégalomanie infantile : contrôler le monde, exercer une emprise sur l'autre.

Pour les peuples et les personnes, quel sera l'avenir de ces désillusions, de ces malgouvernances qui sont des maltraitances d'Etat ? Cette banqueroute systémique ne peut conduire, dans un premier temps, qu'à des modes de fonctionnement plus régressifs, plus dépressifs, plus agressifs ; le monde, anxieux, souffre et peut ne pas cesser de souffrir.

change pas de main, je sens que ca vient :icon_up:

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Du coté des puissants de ce monde en défaillance, la crise peut se lire comme la résultante de profonds mouvements régressifs : l'avidité orale d'abord, la cupidité inassouvissable, la rapacité insatiable, dans la servitude toxicomaniaque au principe de plaisir, une fuite sans fin ; la rétention anale ensuite, l'exigence de tout garder, de ne rien restituer, de conserver à son seul usage les richesses ainsi accumulées et les pouvoirs qu'elles procurent, dans l'asservissement passif aux reliquats de la mégalomanie infantile : contrôler le monde, exercer une emprise sur l'autre.

Pour les peuples et les personnes, quel sera l'avenir de ces désillusions, de ces malgouvernances qui sont des maltraitances d'Etat ? Cette banqueroute systémique ne peut conduire, dans un premier temps, qu'à des modes de fonctionnement plus régressifs, plus dépressifs, plus agressifs ; le monde, anxieux, souffre et peut ne pas cesser de souffrir.

Plus régressifs : après cette religion mondiale qui magnifiait le quantitatif, l'évaluable, le visible, le consommable, le rentable, le rapide, pour tout dire l'objet au détriment du sujet, la phobie d'un avenir imprévisible renvoie à un passé plus lisible, au "bon vieux temps", à un monde ancien moins incertain, plus simple, plus réel.

Plus dépressifs : la décroissance sociale, le déclin économique, outre qu'ils nourrissent les angoisses à la fois réelles et archaïques, sont vécus comme autant de rabaissements humiliants, de blessures narcissiques conduisant à la "dépressivité".

Plus agressifs : il n'est pas d'explosif plus dangereux que l'alliage de l'injustice et de l'impuissance, les politiques ne devraient pas l'oublier. Sont ainsi réactivés les pulsions les plus archaïques, les instincts les plus primitifs ; la peur de l'avenir, pour soi, pour ses enfants, induit des attitudes anxieuses mais aussi furieuses : la recherche d'une autorité qui restaurera le narcissisme et garantira un ordre, même au détriment des libertés fondamentales. Les raisins de la colère peuvent dévaster les sociétés les plus cultivées et structurées. L'histoire n'a cessé d'en témoigner.

Mais la crise n'est pas que Thanatos, c'est aussi une chance. Le conflit est consubstantiellement lié à la vie, à Eros. Il y a là une occasion unique de désincarcérer le monde du modèle monstrueux dans lequel nous vivons encore. Un monde où le sujet, citoyen, fils du siècle des Lumières, s'effacerait au profit de l'homme comportemental, neuroéconomique, mesurable et mesuré, formaté et "prédictible". Un monde où l'esprit s'incline devant l'imposture d'une pensée dominante marquée par le conservatisme, le scientisme, la marchandisation de la personne. Véritable forfaiture.

Un très grand cru de saut lacanien, cette farce psycho-structuraliste. Il y a un condensé de kulture freudo-marxiste et un nombre de clichés postmodernes assez phénoménal.

Digne d'une mise en signature.

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Laissons les tricards du socialisme et de l'altermondialisme s'astiquer mutuellement leurs manches étiques avec de petites mains calleuses à force d'écrire des articles vengeurs. A ce niveau d'aveuglement quant au poids réel de l'état et de ses réglementations liberticides dans nos sociétés tuméfiées par la crise, le mur du çon sera vite rencontré et là, ça fera très mal.

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Cela n'a que peu à voir (Karl Polanyi est cité en début d'article), mais l'histoire des frères Polanyi est intéressante.

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Cela n'a que peu à voir (Karl Polanyi est cité en début d'article),

Effectivement.

Je vous livre, tiré droit de mon RSS infâme, un article de l'immonde

http://www.lemonde.fr/opinions/article/200…61215_3232.html

Voilà ! Voilà la preuve claire et nette que le savoir (celui de lire et d'écrire) devrait être réservé à une élite. On instruit tout le monde, et voilà ce qui en sort !

Et pour l'informatique, même chose : on file un PC et Word à des hydrocéphales, le capitalisme se plie en quatre pour rendre les interfaces accessibles à des mongoliens, et finalement, miracle de l'obstination, ils finissent par écrire des choses. Ensuite, des sous-hommes poilus, de la caste des journaleux, décident connement de relayer les borborygmes en croyant y déceler un sens (les cons !, s'ils savaient).

Et voilà ce que ça donne.

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Voilà la raison : Ils sont du côté du Bien, ils ont donc tous les droits pour lutter contre le Mal. C'est pourtant simple !

Existe t'il un ouvrage abordant la "psychologie" de l'anti-libéralisme ?

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Existe t'il un ouvrage abordant la "psychologie" de l'anti-libéralisme ?

Il y a bien La mentalité anti-capitaliste de Mises. Essai très court et très intéressant, mais ce n'est pas tellement, à mon souvenir, de la psychologie, disons, rigoureuse (enfin, vu que tu as mis des guillemets…).

C'est un peu dans le style de L'opium d'Aron, en plus accessible, aussi moins poussé mais avec des formules qui font mouche.

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Merci :icon_up:

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Il y a bien La mentalité anti-capitaliste de Mises. Essai très court et très intéressant, mais ce n'est pas tellement, à mon souvenir, de la psychologie, disons, rigoureuse (enfin, vu que tu as mis des guillemets…).

C'est un peu dans le style de L'opium d'Aron, en plus accessible, aussi moins poussé mais avec des formules qui font mouche.

Pour l'anti-libéralisme mou, il y a Big Mother, de Michel Schneider. Je ne sais pas encore ce que ça vaut.

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Pour l'anti-libéralisme mou, il y a Big Mother, de Michel Schneider. Je ne sais pas encore ce que ça vaut.

Ca a l'air diablement intéressant. Le problème, c'est que faire du psychologisme peut très vite se retourner contre toi. Là je vois "psychopathologie de la vie politique" et je me méfie un peu.

Je me rappelle pas bien du Mises, mais il se contentait de relever les contradictions et le ressentiment des adversaires. Point de Freud ou autre.

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Pourtant je connais beaucoup de gens de gauche que le gauchisme pousse a la nevrose.

ou est-ce la nevrose qui pousse au gauchisme? mmmh

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Existe t'il un ouvrage abordant la "psychologie" de l'anti-libéralisme ?

L'opium des intellectuels, de Raymond Aron. Quelques chapitres dates mais le reste reste pertinent et forcement superbe, car c'est du Aron. Et c'est pas cher.

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Ca a l'air diablement intéressant. Le problème, c'est que faire du psychologisme peut très vite se retourner contre toi. Là je vois "psychopathologie de la vie politique" et je me méfie un peu.

C'est exactement ce qui explique pourquoi je ne l'ai pas encore lu. :icon_up:

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mouarf.. ce fil, et vos commentaires surtout, me font bien marrer.

bon…. pour me faire l'avocat du diable, n'oublions pas que si le capitalisme est vieux de quelques siècles, et l'économie de marché de quelques millénaires, la finance de marché moderne n'a que 30 ou 50 ans. Elle a particulièrement explosé dans les années 80.

Il n'est pas impossible, de ce point de vue, qu'il y ait du bon et du mauvais a l'intérieur. Et comme je passe mon temps a le dire, les libéraux n'ont pas de raison (trés) particluière de se sentir aggressés quand on fait une analyse critique des marchés financiers. J'ai bien dis "analyse critique", pas "analyse nulle".

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mouarf.. ce fil, et vos commentaires surtout, me font bien marrer.

3D-Psychedelic-Smiles_1.png

bon…. pour me faire l'avocat du diable, n'oublions pas que si le capitalisme est vieux de quelques siècles, et l'économie de marché de quelques millénaires, la finance de marché moderne n'a que 30 ou 50 ans. Elle a particulièrement explosé dans les années 80.

Il n'est pas impossible, de ce point de vue, qu'il y ait du bon et du mauvais a l'intérieur. Et comme je passe mon temps a le dire, les libéraux n'ont pas de raison (trés) particluière de se sentir aggressés quand on fait une analyse critique des marchés financiers. J'ai bien dis "analyse critique", pas "analyse nulle".

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Tu repasses quand tu veux, man.

:icon_up:

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mouarf.. ce fil, et vos commentaires surtout, me font bien marrer.

bon…. pour me faire l'avocat du diable, n'oublions pas que si le capitalisme est vieux de quelques siècles, et l'économie de marché de quelques millénaires, la finance de marché moderne n'a que 30 ou 50 ans. Elle a particulièrement explosé dans les années 80.

La mafia du District of Corruction a abandonné l'étalon-or en 1971. L'évolution des marchés financiers s'est ajustée par la suite. Si l'état décidait de modifier arbitrairement les grammes, les litres et les mètres, la science prendrait une évolution un peu étrange.

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L'opium des intellectuels, de Raymond Aron. Quelques chapitres dates mais le reste reste pertinent et forcement superbe, car c'est du Aron. Et c'est pas cher.

Je ne le voyais pas comme ça mais pourquoi pas. Ce livre est un monument, pas très lu toutefois. Plus vieux il y a la trahison des clercs, pas sur l'antilibéralisme, mais sur les intellectuels.

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