José Posté 14 janvier 2008 Signaler Posté 14 janvier 2008 Il était difficile d'imaginer les desseins d'Hitler. Ridicule. Mein Kampf est un programme politique clair et précis, le livre d'Hermann Rauschning, Hitler m'a dit, a été traduit en français en 1939, etc. En fait, jamais un homme politique n'aura aussi bien respecté ses promesses. Daladier avait bien compris la faiblesse structurelle de la France en 1938… Aucune faiblesse structurelle dans la France de 1938, mais une faiblesse morale et politique.
Apollon Posté 14 janvier 2008 Signaler Posté 14 janvier 2008 La faiblesse se situait surtout au niveau du commandement et de la doctrine de l'état-major qui avait une guerre de retard, aucune imagination et une psycho-rigidité évidente. Les soldats français ont fait ce qu'ils ont pu avec le commandement qu'ils avaient. Si on ajoute à cela une population qui dans son ensemble avait refusé la guerre de toutes ses forces quitte à laisser mourir la Tchécoslovaquie, une classe politique peu encline à l'aventure militaire sauf à de très rares exceptions, la guerre ne pouvait qu'être perdue. La faiblesse se situe bien au niveau de la doctrine stratégique qui se contredisait en tentant d'établir de nombreuses alliances pour combler la faiblesse militaire, ces alliances impliquant une obligation d'assistance militaire qui contredisait une stratégie militaire tournée vers la défense. Au final la France monte la fameuse ligne Maginot, abandonne la Tchécoslovaquie, laisse la Pologne se faire démolir sans bouger (et il parait en plus que les généraux français auraient induits en erreur les polonais…) puis est envahie. Vae victis. Aucune faiblesse structurelle dans la France de 1938, mais une faiblesse morale et politique. …et une faiblesse structurelle : les combats de la 1e GM s'étaient déroulés en France pas en Allemagne et la population fraçaise était moins nombreuse. La France a gagné la Grande Guerre à la Pyrrhus mais c'était fini après. Il a fallu ce con d'Hitler pour que l'Allemagne tente de prendre par la force une hégémonie qu'elle aurait eu en laissant les choses aller et qu'elle a d'ailleurs finalement obtenu pacifiquement.
Highlife Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Je n'ai pas eu le temps de lire tout le post mais après avoir lu la biographie de Hitler par Ian Kershaw en 2 tomes je peux de mémoire dire que l'idéologie d'Hitler est né dès sa jeunesse en Autriche où déjà il entendait de grands discours contre les juifs. Il est à noter qu'à l'époque les idées anti sémites n'étaient pas rares, tout comme la pratique, par exemple, de l'eugénisme qui deviendra interdit après la guerre. Hitler est un produit de son époque qui a su dès les années 20 s'imposer grâce et surtout par ses talents d'orateur et son charisme qui touchait aussi bien les hommes que les femmes. En ce qui concerne le peuple allemand, son parti ne fait que de faibles scores aux diverses élections avant les années 30, date à laquelle frappe la crise économique mondiale et où l'inflation explose. Dans ces situations là, comme partout, le peuple est facilement attiré par les discours nationalistes et socialistes, ce qu'est clairement le discours du NSDAP. Pour revenir sur la question juive il est à noter que l'idée que la guerre 14-18 a vu la défaite de l'Allemagne par le fait de traîtres juifs était assez répandu et connaitra son apogée dans ces années 30 lorsqu'elle sera couplée au désir de revanche sur Versailles. A noter qu'ils envisageaient surtout au départ de déporter, comme quelqu'un l a dit ci avant, les juifs ailleurs comme en Sibérie ou même Madagscar (ou l'Ile Maurice je ne sais plus). La Solution finale n'apparait effectivement qu'en 1941 et Hitler voudra s'en servir comme moyen de pression afin de négocier une paix séparée avec la Grande Bretagne.
José Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 …les années 30, date à laquelle frappe la crise économique mondiale et où l'inflation explose. Petite correction : ils sont nombreux ceux qui croient que l'inflation galopante dans l'Allemagne des années '20 fut une conséquence de la crise mondiale. Rien de plus faux, cette hyper-inflation ne concerna que l'année 1923 (la crise mondiale commença en 1929) et il s'agissait d'une manoeuvre économique du gouvernement allemand pour échapper aux réparations de guerre imposées par le Traité de Versailles en payant avec une monnaie dévaluée. Cette inflation s'arrêta net avec le retour à la parité de la monnaie allemande avec le dollar américain au mois de novembre 1923.
Highlife Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Petite correction : ils sont nombreux ceux qui croient que l'inflation galopante dans l'Allemagne des années '20 fut une conséquence de la crise mondiale. Rien de plus faux, cette hyper-inflation ne concerna que l'année 1923 (la crise mondiale commença en 1929) et il s'agissait d'une manoeuvre économique du gouvernement allemand pour échapper aux réparations de guerre imposées par le Traité de Versailles en payant avec une monnaie dévaluée. Cette inflation s'arrêta net avec le retour à la parité de la monnaie allemande avec le dollar américain au mois de novembre 1923. Interessant, j'approffondirai ça
Dardanus Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 C'est le chômage qui explose et qui favorise la montée du NSDAP mais aussi du KPD.
POE Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Petite correction : ils sont nombreux ceux qui croient que l'inflation galopante dans l'Allemagne des années '20 fut une conséquence de la crise mondiale. Rien de plus faux, cette hyper-inflation ne concerna que l'année 1923 (la crise mondiale commença en 1929) et il s'agissait d'une manoeuvre économique du gouvernement allemand pour échapper aux réparations de guerre imposées par le Traité de Versailles en payant avec une monnaie dévaluée. Cette inflation s'arrêta net avec le retour à la parité de la monnaie allemande avec le dollar américain au mois de novembre 1923. J'ai encore en tête l'image du type qui va acheter du pain avec une brouette de billets, et tout cela n'était qu'une "manoeuvre" ! Si ça se trouve les images sont fausses !
José Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 …et tout cela n'était qu'une "manoeuvre" ! Si ça se trouve les images sont fausses ! La manoeuvre du gouvernement allemand a été de délier la monnaie allemande de la parité avec les autres monnaies internationales et de faire tourner la planche à billet à plein régime. Personne ne nie qu'il n'y ait pas eu inflation. Ce que je rappelais, c'est que celle-ci n'avait rien à voir avec une crise économique mondiale qui allait débuter six ans plus tard.
A.B. Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 J'ai encore en tête l'image du type qui va acheter du pain avec une brouette de billets, et tout cela n'était qu'une "manoeuvre" ! Si ça se trouve les images sont fausses ! Hein ? Bien sur que c'etait une manoeuvre, tu crois que c'est la planche a billet qui s'est mise a imprimer toute seule ?
Harald Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 N'oublions pas que l'Adolf n'a pas eu à se creuser les méninges pour lancer le réarmement de l'Allemagne. Le plan Von Seeckt planifiant les diverses étapes pour recréer une armée moderne digne de ce nom était déjà prêt en 1923. D'ailleurs certains "tests" n'avaient d'autres buts que de valider certains types d'équipements et surtout de vérifier en live ce qui avait été mis sur papier et qui sera la doctrine centrale de la wehrmacht à savoir l'avancée d'une infanterie sur un terrain déblayé par le binôme aviation/blindés.
Apollon Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Petite correction : ils sont nombreux ceux qui croient que l'inflation galopante dans l'Allemagne des années '20 fut une conséquence de la crise mondiale. Rien de plus faux, cette hyper-inflation ne concerna que l'année 1923 (la crise mondiale commença en 1929) et il s'agissait d'une manoeuvre économique du gouvernement allemand pour échapper aux réparations de guerre imposées par le Traité de Versailles en payant avec une monnaie dévaluée. Cette inflation s'arrêta net avec le retour à la parité de la monnaie allemande avec le dollar américain au mois de novembre 1923. N'oublions pas que l'Adolf n'a pas eu à se creuser les méninges pour lancer le réarmement de l'Allemagne. Le plan Von Seeckt planifiant les diverses étapes pour recréer une armée moderne digne de ce nom était déjà prêt en 1923. D'ailleurs certains "tests" n'avaient d'autres buts que de valider certains types d'équipements et surtout de vérifier en live ce qui avait été mis sur papier et qui sera la doctrine centrale de la wehrmacht à savoir l'avancée d'une infanterie sur un terrain déblayé par le binôme aviation/blindés. Tout ça c'est Stresemann. On a une image d'Epinal d'une République de Weimar faible et pacifiste mais c'est faux. Stresemann a admirablement joué la concurrence entre les alliés pour restaurer la puissance allemande. Il a créé une super-inflation pour montrer que les Alliés n'obtiendraient pas leurs réparations de guerre s'ils en restaient aux dispositions du diktat de Versailles. UK et USA voulaient négocier, la France tenir rigidement. Ainsi se crée la division des alliés qui allait avoir des conséquences abominables : pacifisme des américains et britanniques jusque très tard qui pousse la France a chercher désespérément des alliances en Europe centrale, désarmement des anglais etc. Le redressement allemand commence bien avant Hitler. Avec la mort prématurée de Stresemann et la grande crise, ce redressement va dérailler au plan moral.
roubachov Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Ridicule. Mein Kampf est un programme politique clair et précis, le livre d'Hermann Rauschning, Hitler m'a dit, a été traduit en français en 1939, etc. En fait, jamais un homme politique n'aura aussi bien respecté ses promesses.Aucune faiblesse structurelle dans la France de 1938, mais une faiblesse morale et politique. Ok pour la faiblesse morale, mais il ne faut pas perdre de vue que la France est entrée plus tard dans la crise mondiale que les USA et l'Allemagne (environ 1932 contre 1929-1930) - notamment en raison du fait qu'elle demeurait un pays fort agricole, moins capitaliste que les autres … En d'autres termes, l'industrialisation de la France était très inférieure à celle de la Grande Bretagne, de la Belgique, du Reich, etc. C'est pas une faiblesse structurelle, ça ? En outre, mais tu l'as justement mentionné, le système politique et décisionnel était structurellement déficient: 120 gouvernements ou replâtrages en 70 ans … Je n'ai plus les chiffres en tête
phantom_opera Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Tout ça c'est Stresemann. On a une image d'Epinal d'une République de Weimar faible et pacifiste mais c'est faux. Stresemann a admirablement joué la concurrence entre les alliés pour restaurer la puissance allemande. Il a créé une super-inflation pour montrer que les Alliés n'obtiendraient pas leurs réparations de guerre s'ils en restaient aux dispositions du diktat de Versailles.UK et USA voulaient négocier, la France tenir rigidement. Ainsi se crée la division des alliés qui allait avoir des conséquences abominables : pacifisme des américains et britanniques jusque très tard qui pousse la France a chercher désespérément des alliances en Europe centrale, désarmement des anglais etc. Le redressement allemand commence bien avant Hitler. Avec la mort prématurée de Stresemann et la grande crise, ce redressement va dérailler au plan moral. On voit que le Milza Bernstein a encore de beaux jours devant lui!
Apollon Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 On voit que le Milza Bernstein a encore de beaux jours devant lui! Pas lu.
phantom_opera Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Aucune faiblesse structurelle dans la France de 1938, mais une faiblesse morale et politique. Il me semble que L'Etrange défaite de Bloch montrait quand même quelques faiblesses structurelles. Je n'ai pas lu le livre donc je ne peux pas confirmer.
roubachov Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 On voit que le Milza Bernstein a encore de beaux jours devant lui! Je ne comprends pas bien le sens de ta remarque car ce sont deux très bons historiens. Revel se moque d'eux avec virulence dans les dernières pages du Voleur dans la maison vide, avant de concéder dans La grande parade que la biographie de Mussolini par Milza, parue en 1999, est remarquable. En ce qui concerne ta réponse à Lucillo, tu as tout à fait raison pour l'Etrange défaite: le climat délétère de la France des années 30 y est bien évoqué, ainsi que ses faiblesses … structurelles (cf. le chapitre: l'Examen de conscience d'un français). Shame on me car je n'avais plus repensé au bouquin du co-fondateur des Annales
Rincevent Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Tout ça c'est Stresemann. On a une image d'Epinal d'une République de Weimar faible et pacifiste mais c'est faux. Stresemann a admirablement joué la concurrence entre les alliés pour restaurer la puissance allemande. Il a créé une super-inflation pour montrer que les Alliés n'obtiendraient pas leurs réparations de guerre s'ils en restaient aux dispositions du diktat de Versailles.UK et USA voulaient négocier, la France tenir rigidement. Ainsi se crée la division des alliés qui allait avoir des conséquences abominables : pacifisme des américains et britanniques jusque très tard qui pousse la France a chercher désespérément des alliances en Europe centrale, désarmement des anglais etc. Le redressement allemand commence bien avant Hitler. Avec la mort prématurée de Stresemann et la grande crise, ce redressement va dérailler au plan moral. Image largement véhiculée par les pacifistes bêlants que furent Briand et consorts.
phantom_opera Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Je ne comprends pas bien le sens de ta remarque car ce sont deux très bons historiens.Revel se moque d'eux avec virulence dans les dernières pages du Voleur dans la maison vide, avant de concéder dans La grande parade que la biographie de Mussolini par Milza, parue en 1999, est remarquable. En ce qui concerne ta réponse à Lucillo, tu as tout à fait raison pour l'Etrange défaite: le climat délétère de la France des années 30 y est bien évoqué, ainsi que ses faiblesses … structurelles (cf. le chapitre: l'Examen de conscience d'un français). Shame on me car je n'avais plus repensé au bouquin du co-fondateur des Annales Mais non, je ne me moquais pas d'eux! Quand je parlais du "Milza Bernstein", je faisais allusion au bouquin "référence" sur l'histoire du XXe siècle! Ce que disait Apollon était presqu'en tout point identique à ce que disait Milza et Bernstein dans leur bouquin.
roubachov Posté 15 janvier 2008 Signaler Posté 15 janvier 2008 Mais non, je ne me moquais pas d'eux! Pas de souci
Apollon Posté 16 janvier 2008 Signaler Posté 16 janvier 2008 Image largement véhiculée par les pacifistes bêlants que furent Briand et consorts. héhé Mais non, je ne me moquais pas d'eux! Quand je parlais du "Milza Bernstein", je faisais allusion au bouquin "référence" sur l'histoire du XXe siècle! Ce que disait Apollon était presqu'en tout point identique à ce que disait Milza et Bernstein dans leur bouquin. Bon je vais le prendre comme un compliment
txomin Posté 16 janvier 2008 Signaler Posté 16 janvier 2008 Sur les brouettes de billets allemands, il est probable que l'Allemagne avait intérêt à se rendre insolvable pour éviter de payers les réparations à la France. Pour les seules dettes titrisées, l'Allemagne est en 1921, le premier débitteur mondial avec 242 000 millions de francs suisse (au pair) contre 219 388 millions pour la France et moins de 200 000 pour la Grande-Bretagne. En avril 1921, la Commission fixa le montant définitif des réparations à 132 milliards de marks-or (dont 126,3 pour la seule Allemagne) plus un impôt de 26 % sur les exportations payable pendant 42 années. Selon les calculs de Sauvy, cela équivaut pour l’Allemagne, à payer pendant trente ans 14 % de son PIB ou encore à relever de 65 % ses exportations pour obtenir les devises nécessaires. Les français étaient trop gourmands : ils n'ont rien eu. Lors des différentes négociations ultérieures, la France a (pour une fois) défendu une solution non-étatique en voulant titrisé les réparations allemandes comme la France l'avait fait en 1870 pour payer l'indemnité à travers les Emprunts Thiers. #_ftnref1 Keynes démissionne de la délégation britannique et publie son célèbre : Les conséquences économiques de la Paix. Cette publication et son succès international inciteront l’Allemagne à ne pas assumer ses dettes. C’est notamment la thèse d’Etienne Mantoux qui réfute, longtemps après, les thèses de Keynes dans son ouvrage La Paix calomniée, ou les conséquences économiques de M. Keynes, publié à titre posthume en 1952. Sur les faiblesses structurelles de la France, enotamment démographiques, elles sont parfaitement bien exposées par Sauvy, auteur de l'incontournable Histoire économique de la France entre les deux guerres en 4 volumes plusieurs fois réédités. Sauvy pointe surtout une grande responsabilité dans l'accentuation de cette faiblesse par la loi des quarante heures du Front Populaire. “Nous sommes en décembre 1936, Hitler vient d’occuper la Rhénanie et arme toutes les forces de son pays, sans s’en cacher ni dissimuler ses objectifs. Que fait la France à ce moment ? Elle décide de travailler moins, de produire moins. La production est en reprise depuis la dévaluation. Comme dans les autres pays à cette époque, la rupture de l’amarre-or qui bloquait léconomie est décisive. La durée du travail dépasse déjà 46 heures et le chomage diminue. D’ici un an ou même moins, le niveau d’avant-crise sera récupéré. Non ! Cette reprise brillante est brisée nette par l’introduction brutale, irréfléchie, de la semaine de 40 heures. » « Si immense a été cette erreur que nous n’osons pas encore la reconnaître, tant il est malséant de s’en prendre à un progrès social. Lorsque la question est évoquée aujourd’hui, dans une converstaion, les plus courageux evitent le sujet. Pour la première fois dans l’histoire, la réduction du temps de travail s’est traduite par un échec. Celui qui regarde les faits, bien au fond, et sans peur, s’apercoit stupéfait que, sur le paln économique, ce contresens, extravagant dans sa légèreté, est l’erreur la plus onéreuse commise en France, depuis la révocation de l’Edit de Nantes. » En 1936, les ouvriers de l'aviation travaillent 40 heures/semain en France et 54 en Allemagne !
chairacanon Posté 16 janvier 2008 Signaler Posté 16 janvier 2008 Il me semble - tout en étant moins érudit que les différents commentateurs ci-dessus -, que la vue machiavéllique du gouvernement allemand entre les guerres et de Stresemann est exagérée… Ce sont en tout cas beaucoup d'affirmations dramatiques sans sources précises. Ce qu'il manque éventuellement pour se faire une meilleure idée de cette période, c'est une description de l'implosion sociale de l'Allemagne à cette époque. Hitler lui-même en prison! Des émeutes dans chaque grande ville. La guerre civile presque ou le chaos tout au moins. En toile de fond une grande pauvreté due à la perte de la guerre (il ne faudrait pas oublier que toutes les richesses nationales y sont passées jusqu'à la capitulation )… Bien que l'antisémitisme ait été jadis aussi répandu dans toute l'europe que la petite vérole… (mais ne nous faisons pas trop d'illusion sur l'avenir de l'europe actuelle cependant) ce n'est pas cela qui a mis Hiltler au pouvoir. Hiltler a recueilli peu de sympathies en fait de la part de la classe bourgeoise, et son traitement dégoûtant des juifs a été toléré au début à cause de l'antisémitisme latent, sans être vraiment approuvé. La Reichskristallnacht a été un (petit) scandale même en Allemagne. La victoire de Hitler s'est jouée cependant dans son invention d'un nouvel idéal populaire allemand plutôt… à l'encontre des alliances internationales, des monarchies, des traitrises politiques, dont le petit peuple se sentait la victime. Il répondait la sans doute à un tel besoin que les alternatives n''ont pas su s'imposer… avant qu'il fût tard. Je crois que c'est Goebbels qui a même proclamé: "Soit, nous les NAZI allons donc infliger la défaite à la république avec ses propres armes: nous allons nous faire élire démocratiquement".
Rincevent Posté 16 janvier 2008 Signaler Posté 16 janvier 2008 Il me semble - tout en étant moins érudit que les différents commentateurs ci-dessus -, que la vue machiavéllique du gouvernement allemand entre les guerres et de Stresemann est exagérée… Pas vraiment, c'est juste la preuve que tout Etat cherche à accroitre sa puissance. Il n'y a guère que des Français pour avoir une vision romantique (et passablement anthropomorphique) d'Etats animés d'émotions et d'altruisme. Cet angélisme exterminateur n'est sans doute pas sans lien avec la statolâtrie fraônçaise.
Apollon Posté 17 janvier 2008 Signaler Posté 17 janvier 2008 intéressant. Il me semble - tout en étant moins érudit que les différents commentateurs ci-dessus -, que la vue machiavéllique du gouvernement allemand entre les guerres et de Stresemann est exagérée…Ce sont en tout cas beaucoup d'affirmations dramatiques sans sources précises. Ma source : Kissinger, Diplomacy. Note que je n'ai pas parlé de machiavélisme.
chairacanon Posté 18 janvier 2008 Signaler Posté 18 janvier 2008 Pas vraiment, c'est juste la preuve que tout Etat cherche à accroitre sa puissance. Il n'y a guère que des Français pour avoir une vision romantique (et passablement anthropomorphique) d'Etats animés d'émotions et d'altruisme. Cet angélisme exterminateur n'est sans doute pas sans lien avec la statolâtrie fraônçaise. Le romantisme des francais ne fait aucun doute, à commencer par Flaubert. Et je ne partage pas cette haine de l'Etat car elle est aussi séquelle de ce romantisme lyrique. L'Etat est une sorte de robot mal programmé et ingérable. On ne peut pas le hair tant il n'est pas humain. On peut bien sûr hair ses représentants… En tout cas, c'est le théatre de luttes de pouvoir et la république de Weimar était à mon avis une construction très instable dont la caractéristique principale est l'échec de sa politique pour autant qu'elle ait été pacifiste… Quand a Stresemann, j'aimerais bien en savoir un peu plus sur ce que Kissinger en disait…
roubachov Posté 18 janvier 2008 Signaler Posté 18 janvier 2008 Il me semble - tout en étant moins érudit que les différents commentateurs ci-dessus -, que la vue machiavéllique du gouvernement allemand entre les guerres et de Stresemann est exagérée… Stresseman n'était évidemment pas le plus abject des machiavéliens mais il avait une idée précise de ce que le gouvernement allemand devait défendre, particulièrement concernant l'égalité des droits entre l'Allemagne et les autres puissances en terme d'armement, et de manière générale la révision point par point du Traité de Versailles. L'homme était très intelligent et sinon retors du moins très réaliste (ce dont Aristide Briand ne se rendit peut-être pas compte, croyant que le ministre allemand le suivait de manière désintéressée dans le combat pour la sécurité collective); il faut en tout cas reconnaître que sa présence aux affaires correspond à l'âge d'or de la République de Weimar. Je me suis souvent demandé quel cours aurait pris la politique allemande s'il avait vécu ne serait-ce que dix ans de plus.
chairacanon Posté 20 janvier 2008 Signaler Posté 20 janvier 2008 Tout ça c'est Stresemann. On a une image d'Epinal d'une République de Weimar faible et pacifiste mais c'est faux. Stresemann a admirablement joué la concurrence entre les alliés pour restaurer la puissance allemande. Il a créé une super-inflation pour montrer que les Alliés n'obtiendraient pas leurs réparations de guerre s'ils en restaient aux dispositions du diktat de Versailles.… Dites moi quand même si je me trompe, mais moi je lis sur Wiki Allemagne: Stresemann, élu chancelier en 1923, auteur de la réforme du "Mark de Rente" qui mis fin à l'hyperinflation en retournant à des garanties or, et non pas qui l'a créée, comme ci-dessus mentionné. Ce serait plutôt à mettre sous la responsabilité de Cuno? EDIT: recherchant sous Inflation 1914-23 on trouve la justification des républicains allemands pour les mesures inflationnistes digne de celles de Bernankee "Le gouvernement (sous Cuno) argumentait qu'il ne pouvait pas retourner à une monnaie stable car la croissance en aurait souffert. Les conséquences auraient été le chômage et la baisse des salaires qui auraient provoqué de nouveaux troubles sociaux avec éventuellement à la clé une remise en question du système démocratique lui-même"
Harald Posté 20 janvier 2008 Signaler Posté 20 janvier 2008 Il me semble - tout en étant moins érudit que les différents commentateurs ci-dessus -, que la vue machiavéllique du gouvernement allemand entre les guerres et de Stresemann est exagérée… Ne sous-estimez pas l'influence du Truppenamt de la Reichswehr. Beaucoup de ses membres étaient issus de l'ancien état-major du Kaiser et certains avaient même fait partie des Freikorps. Il y a bien eu dès la fin de la guerre une volonté claire et ferme de réarmer l'Allemagne.
chairacanon Posté 20 janvier 2008 Signaler Posté 20 janvier 2008 Ne sous-estimez pas l'influence du Truppenamt de la Reichswehr. Beaucoup de ses membres étaient issus de l'ancien état-major du Kaiser et certains avaient même fait partie des Freikorps. Il y a bien eu dès la fin de la guerre une volonté claire et ferme de réarmer l'Allemagne. Oui, dans la mesure où il y avait une volonté de ne jamais capituler. Rien à voir avec Stresemann.
Raoul Posté 20 janvier 2008 Signaler Posté 20 janvier 2008 Toujours la même chose: Camarades morpions, adhérez aux parties! Jamais question de liberté et tout le monde au travail!
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