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Juges Et Flics, Héros Des Temps Modernes


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Je regarde souvent des séries policières américaines (ou françaises, mais moins :doigt:) dont j'ai toujours été friand (Les experts, Law and Order, New-York Section Criminelle, Unité Spéciale, 24, P.J, La crim'). Ces derniers temps néanmoins j'ai commencé à ressentir un certain malaise à l'égard de ces héros, juges ou policiers (et autres federal agents), conforté d'ailleurs par mes rapports systématiquement négatifs avec leurs homologues de la réalité :icon_up:. Typiquement, le héros d'une série policère intimide, violente, torture ou tue des gens au nom de la société, l'Etat, bref l'intérêt collectif. Je ne dis pas que ce qu'ils font est forcément mal, c'est leur job après tout, mais quel drôle d'intérêt portons-nous à ces métiers qui sont foncièrement négatifs ! J'ai conscience que c'est peut-être un peu tiré par les cheveux, mais ne pourrait-on pas y voir le signe d'une certaine soumission à la morale étatique ? Je parle bien là des séries modernes (citées ci-dessus) que je trouve particulièrement manichéennes.

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étant donné que la plupart du temps ces séries s'intéressent à des enquetes concernant des meurtres ou des vols je ne vois pas le coté "foncièrement négatif". Et pourquoi il y en a tant, sans doute le policier est un genre qui fonctionne bien au niveau dramatique et qui se prete bien à la forme de la série, ce qui n'est pas nouveau et se retrouve aussi en littérature.

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Je trouve qu'il y a beaucoup de série américaine qui critique le système et qui sont pas du tout manichéennes. Law and Order qui a été cité montre par exemple des coupables humains, des procureur qui ont des états d'âmes, des innocents incarcérés, des coupables libérés, des faille multiples, des peines incroyablement élevé ou quelque fois l'inverse, des marchandages glauques, des manœuvres politiques, des jurys manipulables …

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étant donné que la plupart du temps ces séries s'intéressent à des enquetes concernant des meurtres ou des vols je ne vois pas le coté "foncièrement négatif".

Prenons le métier de juge par exemple. Un juge peut priver quelqu'un de sa liberté au nom de la justice, de l'intérêt général. Il va faire du tort à une personne bien réel, qu'il ne connaît pas, au nom d'une abstraction, d'une idée. Alors, bien sûr que le juge est important, utile, nécessaire, mais de là à en faire un héros, il y a de quoi s'interroger, non ?

Imagine une série qui s'intitulerait "Laurent Dupont, Huissier de justice" et qui présenterait le personnage principale, Laurent Dupont, comme un héros au service de la République : "Madame, ces meubles ne vous appartiennent plus. Ils sont la propriété de la banque. Lâcher ces meubles, Madame etc …" Bon, tu peux imaginer l'effet que ça te fairait (et je ne parle pas du fait que ça serait probablement chiant et sans intérêt). Hé bien, moi, les séries policières me font parfois cet effet-là. :icon_up:

Et pourquoi il y en a tant, sans doute le policier est un genre qui fonctionne bien au niveau dramatique et qui se prete bien à la forme de la série, ce qui n'est pas nouveau et se retrouve aussi en littérature.

Bien sûr, mais ça n'enlève rien à mon propos.

Je trouve qu'il a beaucoup de série américaine qui critique le système et qui sont pas du tout manichéennes. Law and Order qui a été cité montre par exemple des coupables humains, des procureur qui ont des états d'âmes, des innocents incarcérés, des coupables libérés, des faille multiples, des peines incroyablement élevé ou quelque fois l'inverse, des marchandages glauques, des manœuvres politiques, des jurys manipulables …

Beaucoup, je ne dirais pas. Mais, si j'ai cité "Law and Order", c'est justement (et contrairement à ce que tu sembles soutenir) parce que je trouve que certains personnages pourtant présentés de manière positive, les procureurs, sont parfois d'une intransigeance écoeurante (chipotages pour obtenir la condamnation la plus lourde, au nom du grand principe).

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C'est le temps de sortir Mises, je ne suis pas tout fait d'accord avec ce qu'il dit mais c'est fort a propos:

Quelques remarques sur les romans policiers

L'époque où le mouvement anti-capitaliste radical a acquis un pouvoir apparemment irrésistible, a engendré un nouveau genre littéraire, le roman policier. La génération des Anglais qui mirent le Parti travailliste au pouvoir fut enchantée par des auteurs comme Edgar Wallace. L'un des auteurs socialistes britanniques les plus marquants, G.D.H. Cole a, est tout aussi remarquable comme auteur de romans policiers. Un marxiste cohérent devrait dire que le roman policier — peut-être avec les films d'Hollywood, les comédies et « l'art » du strip-tease — constitue la superstructure artistique de l'époque du syndicalisme et de la socialisation.

De nombreux historiens, sociologues et psychologues ont essayé d'expliquer la popularité de ce genre étrange. La plus approfondies de ces recherches est celle du professeur W.O. Aydelotte. Ce dernier a raison d'affirmer que le mérite historique des romans policiers est de décrire des rêveries et de nous renseigner ainsi sur les gens qui les lisent. Il a tout autant raison de suggérer que le lecteur s'identifie avec le détective, ce qui rend en général ce détective une extension de son ego 1.

Ce lecteur est en fait un homme frustré qui n'a pas atteint la position que son ambition le poussait à rechercher. Comme nous l'avons déjà dit, il est disposé à se consoler en accusant l'injustice du système capitaliste. Il a échoué parce qu'il est honnête et respectueux de la loi. Ses concurrents plus chanceux ont réussi en raison de leur absence de probité : ils ont eu recours à des ruses déloyales auxquelles lui, homme pur consciencieux, n'aurait jamais songé. Si seulement les gens savaient à quel point ces arrogants sont malhonnêtes. Malheureusement, leurs crimes restent cachés et ils jouissent d'une réputation imméritée. Mais le jour du jugement dernier viendra. Lui-même les démasquera et dévoilera leurs méfaits.

Le déroulement typique des événements d'un roman policier est le suivant : Un homme que tout le monde considère comme respectable et incapable de la moindre mauvaise action a commis un crime abominable. Personne ne le soupçonne. Mais le fin limier ne peut pas être trompé. Il sait tout sur de tels hypocrites moralisateurs. Il assemble toutes les preuves pour confondre le coupable. Grâce à lui le bien finit par triompher.

Démasquer l'escroc qui se fait passer pour un citoyen respectable était, avec une tendance latente à l'opposition aux bourgeois, un sujet également souvent traité à un niveau littéraire plus élevé, par exemple par Ibsen dans Les Piliers de la société. Le roman policier rabaisse l'intrigue et y fait entrer le personnage facile du détective satisfait de lui qui prend plaisir à humilier un homme que tout le monde considère comme un citoyen irréprochable. La motivation du détective est une haine subconsciente du « bourgeois » qui a réussi. Ses homologues sont les inspecteurs des forces de police du gouvernement b. Ils sont trop bornés et trop préoccupés pour résoudre l'énigme. On sous-entend même parfois qu'ils sont sans le savoir favorables au coupable parce que sa position sociale les impressionne fortement. Le détective surmonte les obstacles que leur paresse met sur sa route. Son triomphe est une défaite des autorités de l'État bourgeois qui ont choisi de tels officiers de police.

Voilà pourquoi le roman policier est populaire auprès des gens souffrant d'une ambition frustrée. (Il y a également, bien entendu, d'autres lecteurs de romans policiers c). Ils rêvent jour et nuit d'assouvir leur vengeance sur leurs concurrents qui ont réussi. Ils rêvent de l'instant où leur rival, « menottes aux poignets, sera embarqué par la police. » Cette satisfaction leur est donnée indirectement lors du point culminant de l'histoire dans laquelle ils s'identifient au détective et identifient le meurtrier arrêté avec le rival qui les a dépassés 2.

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Beaucoup, je ne dirais pas. Mais, si j'ai cité "Law and Order", c'est justement (et contrairement à ce que tu sembles soutenir) parce que je trouve que certains personnages pourtant présentés de manière positive, les procureurs, sont parfois d'une intransigeance écoeurante (chipotages pour obtenir la condamnation la plus lourde, au nom du grand principe).
Justement dans les séries françaises si le héros est un procureur on va le montrer compréhensif et on va en faire une sorte d'assistante sociale qui fera tout pour sauver l'âme des accusés ! Ou alors l'accusé sera tellement présenté comme un monstre que l'action du procureur ne justifiera aucune interrogation morale.

Là on montre des gens qui font tout pour obtenir la condamnation la plus forte possible même quand au fond d'eux même ils ne trouvent pas cela juste. Dans un épisode le procureur fait tout son possible pour enfermer à vie une jeune enfant meurtrière. Il est un peu soulagé d'échouer à la fin mais cela ne l'a pas empêcher de faire preuve de zèle pour obtenir cette condamnation ! Franchement je crois pas que le but de la série soit de le rendre sympathique. Seulement oui c'est fait subtilement, on le pointe pas du doigt en disant : "bou le méchant". On laisse chacun se faire son avis.

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C'est le temps de sortir Mises, je ne suis pas tout fait d'accord avec ce qu'il dit mais c'est fort a propos:

Oui, pour le coup, son analyse est assez grossière. Son descriptif du roman policier correspond dans les grandes lignes à un certain type de RP (essentiellement des romans de gare, des mauvais polars); mais fort mal à d'autres, notamment, pour prendre les oeuvres de certains grands auteurs populaires comme Christie ou Doyle, ceux dont le succès est construit sur les énigmes, et qu'on qualifiera de RP déductif. Je ne sais pas vous, mais j'ai du mal à m'imaginer Hercule Poirot et Sherlock Holmes sélectionner leurs enquêtes pour aller coffrer du bourgeois.

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Oui, pour le coup, son analyse est assez grossière. Son descriptif du roman policier correspond dans les grandes lignes à un certain type de RP (essentiellement des romans de gare, des mauvais polars); mais fort mal à d'autres, notamment, pour prendre les oeuvres de certains grands auteurs populaires comme Christie ou Doyle, ceux dont le succès est construit sur les énigmes, et qu'on qualifiera de RP déductif. Je ne sais pas vous, mais j'ai du mal à m'imaginer Hercule Poirot et Sherlock Holmes sélectionner leurs enquêtes pour aller coffrer du bourgeois.

Je suis d'accord avec toi. C'est une analyse un peu grossière. Ma critique ne portait pas bien sûr sur ces fictions policières "déductives" (Colombo par exemple).

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Mais en quoi trouves tu ces héros négatifs? tu parles des policiers américains représentés dans les séries en général ou de ceux qui ont une image plus proche de l'inspecteur harry?

Invité jabial
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Ce que je n'aime pas dans les polars français, c'est le côté socialiste. Quand il y a un riche et un pauvre, c'est sûr, le méchant c'est le riche et en plus il traite ses employés comme de la merde.

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Ce que je n'aime pas dans les polars français, c'est le côté socialiste. Quand il y a un riche et un pauvre, c'est sûr, le méchant c'est le riche et en plus il traite ses employés comme de la merde.

Normal, ils votent socialiste. :icon_up:

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Dans un épisode le procureur fait tout son possible pour enfermer à vie une jeune enfant meurtrière. Il est un peu soulagé d'échouer à la fin mais cela ne l'a pas empêcher de faire preuve de zèle pour obtenir cette condamnation ! Franchement je crois pas que le but de la série soit de le rendre sympathique. Seulement oui c'est fait subtilement, on le pointe pas du doigt en disant : "bou le méchant". On laisse chacun se faire son avis.
Je n'ai justement pas cette impression. C'est vrai, on les voit parfois douter (ce qui les rend d'autant plus humain), mais la morale de l'histoire c'est qu'en fin compte le système a toujours raison (ayez foi en notre beau système).
Mais en quoi trouves tu ces héros négatifs?
Je pensais pourtant avoir été clair. Le juge ou le flic (comme le soldat, l'huissier ou :icon_up: le contrôleur fiscal), pour bien faire son boulot, doit avoir certaines qualités négatives. Un bon flic, par exemple, doit être capable de mentir, d'intimider (voire de torturer, à la manière d'un Jack Bauer), d'une certaine brutalité, pour ne pas dire plus, etc …
tu parles des policiers américains représentés dans les séries en général ou de ceux qui ont une image plus proche de l'inspecteur harry?
Je n'ai jamais vu l'inspecteur Harry. J'ai cité certaines séries. Si tu veux des noms : Jack Bauer; Casey Novack, le procureur (ou l'équivalent américain) dans NY Unité Spécial; Lemarchand dans La crim', alias monsieur noeud papillon; Horatio Caine, le beau roux des Experts Miami.
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Un bon héros de fiction n'est pas nécessairement un modèle dans tous les domaines. S'il commet des actes répréhensibles, ça ne signifie pas forcément que l'oeuvre nous les présente comme souhaitables. Souvent les scénaristes des séries américaines ont même l'incroyable audace de montrer des situations borderline sans expliquer pendant un quart d'heure au spectateur ce qu'il est censé en penser !

Il n'y a que dans les séries françaises nulles (quasi-pléonasme) que tous les actes du héros sont estampillés citoyens afin qu'ils puissent faire évoluer la société vers le bonheur collectif lorsqu'ils sont reproduits machinalement dans la vraie vie par les abrutis de téléspectateurs.

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Je regarde souvent des séries policières américaines (ou françaises, mais moins :doigt:) dont j'ai toujours été friand (Les experts, Law and Order, New-York Section Criminelle, Unité Spéciale, 24, P.J, La crim'). Ces derniers temps néanmoins j'ai commencé à ressentir un certain malaise à l'égard de ces héros, juges ou policiers (et autres federal agents), conforté d'ailleurs par mes rapports systématiquement négatifs avec leurs homologues de la réalité :icon_up:. Typiquement, le héros d'une série policère intimide, violente, torture ou tue des gens au nom de la société, l'Etat, bref l'intérêt collectif. Je ne dis pas que ce qu'ils font est forcément mal, c'est leur job après tout, mais quel drôle d'intérêt portons-nous à ces métiers qui sont foncièrement négatifs ! J'ai conscience que c'est peut-être un peu tiré par les cheveux, mais ne pourrait-on pas y voir le signe d'une certaine soumission à la morale étatique ? Je parle bien là des séries modernes (citées ci-dessus) que je trouve particulièrement manichéennes.

La clientèle habituelle des flics est en général rompue aux techniques d'intimidation, de vol, de viol, de meurtre et autres activités du même ordre. Il ne faut pas perdre de vue que ces messieurs (dames parfois) ne vont pas se mettre spontanément à table tout ça parce qu'un gentil policier leur aura demandé poliment. Il faut souvent hausser le ton, mentir parfois sur ce qu'ont pu dire ses potes, le mettre face à ce qui l'attend pénalement parlant si d'aventure il ne se met pas à table. Dans le cas des individus faisant partie de ce que l'on appelle le grand banditisme, il n'est pas rare de voir des types ne flanchant pas malgré les heures interminables d'interrogatoires (non! on ne les cogne pas, même avec un bottin ou un minitel). Après, je dirais qu'il ne faut pas confondre le monde policier avec celui très différent des services secrets. Et puis, il faut faire la part des choses entre la fiction et la réalité.

Ceci dit, votre post offre au moins le mérite de poser la question de l'image consciente ou pas que les gens ont de ces métiers, de leurs fantasmes tournant souvent autour de la violence et qu'ils semblent appaiser en visionnant ces séries.

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Ceci dit, votre post offre au moins le mérite de poser la question de l'image consciente ou pas que les gens ont de ces métiers, de leurs fantasmes tournant souvent autour de la violence et qu'ils semblent appaiser en visionnant ces séries.

Apaiser, ou nourrir.

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La clientèle habituelle des flics est en général rompue aux techniques d'intimidation, de vol, de viol, de meurtre et autres activités du même ordre. Il ne faut pas perdre de vue que ces messieurs (dames parfois) ne vont pas se mettre spontanément à table tout ça parce qu'un gentil policier leur aura demandé poliment. Il faut souvent hausser le ton, mentir parfois sur ce qu'ont pu dire ses potes, le mettre face à ce qui l'attend pénalement parlant si d'aventure il ne se met pas à table. Dans le cas des individus faisant partie de ce que l'on appelle le grand banditisme, il n'est pas rare de voir des types ne flanchant pas malgré les heures interminables d'interrogatoires (non! on ne les cogne pas, même avec un bottin ou un minitel).

Mais, je n'ai pas dit le contraire. Mon jugement ne porte pas sur le métier de juge ou de policier en tant que tel, mais bien sur l'intérêt que l'on porte à ces métiers et qui se traduit notamment par ces séries policières. Alors, bien sûr que "le policier est un genre qui fonctionne bien au niveau dramatique et qui se prête bien à la forme de la série", mais y-a-t-il plus que cela ? Ne peut-on pas aussi y voir (parfois, pas toujours) une espèce de sacralisation des institutions policières et juridiques ? Et ce serait effectivement d'autant plus évident pour les séries françaises.

Ceci dit, votre post offre au moins le mérite de poser la question de l'image consciente ou pas que les gens ont de ces métiers, de leurs fantasmes tournant souvent autour de la violence et qu'ils semblent appaiser en visionnant ces séries.

Quoi de plus exaltant, de plus enivrant que la violence autorisée, légale ! Mais, ne vous méprenez pas, ça ne m'empêche pas d'apprécier et de regarder ces séries, moins qu'avant peut-être.

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Ne peut-on pas aussi y voir (parfois, pas toujours) une espèce de sacralisation des institutions policières et juridiques ? Et ce serait effectivement d'autant plus évident pour les séries françaises.

Quoi de plus exaltant, de plus enivrant que la violence autorisée, légale ! Mais, ne vous méprenez pas, ça ne m'empêche pas d'apprécier et de regarder ces séries, moins qu'avant peut-être.

Sacralisation? Je ne pense pas, enfin pas au niveau du public. Quant aux séries françaises, elles sont tout bonnement navrantes et/ou ridicules.

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Ne peut-on pas aussi y voir (parfois, pas toujours) une espèce de sacralisation des institutions policières et juridiques ? Et ce serait effectivement d'autant plus évident pour les séries françaises.

le problème est qu'il faut un peu intéresser les spectateurs, donc introduire de la violence, de la passion et des énigmes. Donc les métiers de policiers ou de magistrats se prêtent assez bien à cette nécessité. Je sais bien qu'en France, on a réussi à créer "Louis la Brocante", mais même lui résoud des affaires policières…

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le problème est qu'il faut un peu intéresser les spectateurs, donc introduire de la violence, de la passion et des énigmes. Donc les métiers de policiers ou de magistrats se prêtent assez bien à cette nécessité.

Certes, mais beaucoup de séries, celle que j'ai mentionnées par exemple, présentent (très) positivement le personnage du policier ou du magistrat, ce qui me paraît "décalé" compte tenu de la nature du métier qui, comme je l'ai dit, privilégie, voire renforce des traits de caractère négatifs.

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les corps professionnels sont composés d'individus. or ce sont souvent ces individus qui donne l'image positive ou négative de leur métier. de plus j'ai un peu de mal à comprendre en quoi le métier de juge ou de policier te semble si négatif dans sa nature. le juge ou le flic s'en prend à la liberté d'un individu, mais cet individu en question s'en prend lui même à la liberté des autres individus qui composent la société.

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les corps professionnels sont composés d'individus. or ce sont souvent ces individus qui donne l'image positive ou négative de leur métier. de plus j'ai un peu de mal à comprendre en quoi le métier de juge ou de policier te semble si négatif dans sa nature. le juge ou le flic s'en prend à la liberté d'un individu, mais cet individu en question s'en prend lui même à la liberté des autres individus qui composent la société.

Bon, je me cite :

Le juge ou le flic (comme le soldat, l'huissier ou le contrôleur fiscal), pour bien faire son boulot, doit avoir certaines qualités négatives. Un bon flic, par exemple, doit être capable de mentir, d'intimider (voire de torturer, à la manière d'un Jack Bauer), d'une certaine brutalité, pour ne pas dire plus, etc …
J'ajoute que le fait de faire du tort (intimidation, contrainte, torture, …) à des personnes, et ce peu importe la raison (que ce soit justifié ou pas), n'est pas sans conséquences sur le psychisme.
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Je m'excuse d'avance si je sors du sujet d'origine de ce fil, et de son esprit.

Ce que je n'aime pas dans les polars français, c'est le côté socialiste. Quand il y a un riche et un pauvre, c'est sûr, le méchant c'est le riche et en plus il traite ses employés comme de la merde.

Perso, je vais beaucoup plus loin, les séries françaises jouent un role de propagande pro-fonction publique qui m'apparait absolument manifeste, et ce depuis plusieurs années. J'ai d'ailleurs fais des fils inombrables sur LC pour dénoncer ce phénomène. (quand on additionne les fictions aux reportages, on atteint un nombre d'heures incroyables sur les divers métiers de la fonction publique).

Ne voulant pas trop me répéter la dessus, j'ajoute autre chose, car j'ai fini par m'interroger. Pourquoi je trouverai les polars américains assez bons et les séries françaises complètement nulles, avec ce coté propagande absolument omniprésent du début a la fin? Et bien j'ai une réponse, d'abord parce qu'on ne peut pas comparer une série française a un film d'Hollywood, sur le plan technique, artistique, sur le plan du scénario, de l'interprétation et sur tous les autres plans aussi d'ailleurs.

Ensuite, parce que les flics US ont souvent une "profondeur', ca se dit pour un personnage de cinéma, si on pense par exemple a Mel Gibson dans l'Arme fatale. Alors que les flics a la françaises sont toujours bien propres sur eux, et ont un coté qui me donnerait presque la nausée (une nausée artistique, elle aussi).

Cela dit, j'aime beaucoup les Ripoux, par exemple, preuve que mes constatations sont sincères, et pas le fruit d'une adoration des USA…

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Perso, je vais beaucoup plus loin, les séries françaises jouent un role de propagande pro-fonction publique qui m'apparait absolument manifeste, et ce depuis plusieurs années. J'ai d'ailleurs fais des fils inombrables sur LC pour dénoncer ce phénomène. (quand on additionne les fictions aux reportages, on atteint un nombre d'heures incroyables sur les divers métiers de la fonction publique).

:icon_up: J'irais même encore plus loin, elles ont pour vocation manifeste d'éduquer le peuple : les femmes flics, le beur, le black ou l'homo de service (maintenant ils nous font même des cocktails genre la femme flic homosexuel*), etc… Si je n'ai pas insisté sur les séries françaises, alors même qu'elles étaient sûrement plus en rapport avec mon propos, c'est tout simplement parce que je ne les regarde plus du tout (ce serait peut-être utile en fait pour recalibrer mon échelle de valeurs). Ce qui est vrai pour certaines séries américaines l'est encore plus pour les séries françaises.

*Ne voyez-là aucune allusion raciste ou homophobe.

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Si je n'ai pas insisté sur les séries françaises, alors même qu'elles étaient sûrement plus en rapport avec mon propos, c'est tout simplement parce que je ne les regarde plus du tout (ce serait peut-être utile en fait pour recalibrer mon échelle de valeurs). Ce qui est vrai pour certaines séries américaines l'est encore plus pour les séries françaises.

*Ne voyez-là aucune allusion raciste ou homophobe.

Moi non plus, Dieu m'en garde! mais quelques fois, je me suis retrouvé, coincé comme un rat, avec ma mère le vendredi soir, devant la télé. Et là, rien a faire, c'est "Une soirée deux polars"!! Pourtant, je ne me dégonfle pas du tout, je lui explique a quel point ces séries jouent un role de propagande pro-fonction publique, alors que ma mère a fait toute sa carrière dans la fonction publique!

Un jour (un seul jour) je suis meme tombé sur un article d'une désarmante franchise, qui expliquait que les français adorent ces fictions sur des personnages travaillant dans la fonction publique, car ca les rassure!

:icon_up:

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D'ailleurs, une des seules fois que le cinéma français ait produit un film racontant la vie d'un entrepeneur fut "la vérité si je mens"… Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de films ou séries françaises racontant la vie d'un chef d'entreprise.

  • 3 weeks later...
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Je m'excuse d'avance si je sors du sujet d'origine de ce fil, et de son esprit.

Perso, je vais beaucoup plus loin, les séries françaises jouent un role de propagande pro-fonction publique qui m'apparait absolument manifeste, et ce depuis plusieurs années. J'ai d'ailleurs fais des fils inombrables sur LC pour dénoncer ce phénomène. (quand on additionne les fictions aux reportages, on atteint un nombre d'heures incroyables sur les divers métiers de la fonction publique).

Je plussoie ardemment. Quand j'en parle à des amis "Ne trouvez-vous pas que…" ils ne peuvent pas ne pas être d'accord.

Ne voulant pas trop me répéter la dessus, j'ajoute autre chose, car j'ai fini par m'interroger. Pourquoi je trouverai les polars américains assez bons et les séries françaises complètement nulles, avec ce coté propagande absolument omniprésent du début a la fin? Et bien j'ai une réponse, d'abord parce qu'on ne peut pas comparer une série française a un film d'Hollywood, sur le plan technique, artistique, sur le plan du scénario, de l'interprétation et sur tous les autres plans aussi d'ailleurs.

Ensuite, parce que les flics US ont souvent une "profondeur', ca se dit pour un personnage de cinéma, si on pense par exemple a Mel Gibson dans l'Arme fatale. Alors que les flics a la françaises sont toujours bien propres sur eux, et ont un coté qui me donnerait presque la nausée (une nausée artistique, elle aussi).

Oui. D'ailleurs cela va dans le sens de l'intervention que je voulais faire : une série comme CSI (Les Experts) ne me donne pas l'impression d'un manichéisme simpliste. Il y a certains épisodes qui posent d'importantes réflexions sur notre rapport au monde, à la vie, aux autres.

De plus la profondeur des personnages y est traitée de manière progressive et lente. Petit à petit on devient complice de leurs jardins secrets, des subtiles relations entre eux, etc. Si bien qu'au fur à mesure des saisons les scénaristes permettent de glisser régulièrement des situations ou des dialogues qui renvoient au spectateur cette connaissance intime. Mieux : l'usage du célèbre proverbe "Show. Not Tell". Bref, le spectateur considéré comme observateur complice, et intelligent de surcroît.

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D'ailleurs, une des seules fois que le cinéma français ait produit un film racontant la vie d'un entrepeneur fut "la vérité si je mens"… Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de films ou séries françaises racontant la vie d'un chef d'entreprise.

Châteauvallon ? :icon_up:

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Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de films ou séries françaises racontant la vie d'un chef d'entreprise.

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