Taranne Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 C'est bizarre, je croyais qu'il ne pouvait pas sentir les cocos: tribune libreCélébration du génie colérique. Michel Onfray philosophe, université populaire de Caen Une fois encore on mesure combien l’univers médiatique dans sa quasi-totalité prétend à l’objectivité en martelant que la raison exigerait la « modernisation » de la société pendant que les archaïques n’y auraient rien compris en voulant maintenir des « injustices », en l’occurrence les « régimes spéciaux ». Or la fameuse « modernisation » n’est que le nom de code d’une opération qu’il faut bien plutôt nommer « libéralisation ». Quant aux prétendues « injustices » des régimes spéciaux, elles relèvent elles aussi du nom de code libéral pour cacher les « acquis sociaux » et le « droit du travail »… Cette logique politique s’appuie sur une double opération : d’une part, l’oubli d’une catégorie de vrais parasites ; d’autre part, la désignation de boucs émissaires, à savoir les fonctionnaires, fainéants par nature, assistés, privilégiés, preneurs d’otages, on connaît la chanson. Enseignants, personnels soignants, cheminots, salariés d’EDF ou de la RATP sont donc désignés comme les coupables du mal social français, et l’on attire la vindicte sur eux à l’aide de la complaisance médiatique. La violence concentrée sur ceux-là dispense de la diriger vers les catégories oubliées, à savoir : régimes spéciaux de la fiscalité des parlementaires, chambre haute et chambre basse ; des militaires retraités bien vite recyclés dans la vie active ; des PDG couverts d’or quand ils ont mené leur entreprise à la faillite et qu’on les éloigne de leur directoire ; d’un président de la République qui, après avoir abondamment exonéré ses amis avec le paquet fiscal, puis refusé un coup de pouce au SMIC, s’octroie une augmentation de salaire de 140 % ; des anciens membres du gouvernement ; des collectionneurs d’art… On n’en finirait pas de lister les régimes spéciaux bien plus spécieux que ceux des travailleurs modestes de la fonction publique… Si d’aventure Sarkozy et les siens sont réellement animés par un désir de justice sociale, d’équité républicaine, alors qu’ils ouvrent des négociations, certes, mais pour toutes les catégories, y compris celles des épargnés cités ci dessus. Or, on le sait, ces coups d’État sémantiques dans lesquels le sarkozysme excelle cachent la vérité d’une politique libérale : la preuve, le Parti socialiste, libéral depuis 1983, fait savoir que ce qu’il reproche à Sarkozy, ça n’est pas le fond de l’affaire mais sa forme. Sur la question de la « réforme » de l’université : on comprendra également qu’il en va là aussi de sa « libéralisation ». Les étudiants ne s’y sont pas trompés, ils voient bien que le désengagement de l’État républicain se double des pleins pouvoirs donnés à l’argent. La prétendue « autonomie » des universités doit être entendue comme une « dépendance » nouvelle, non plus celle de l’État, mais celle de l’argent. Les « fondations », autrement dit les fortunes privées du capitalisme, sont appelées à compléter dans l’immédiat, puis suppléer bien vite, le budget d’État. Dès lors, la mort des sciences humaines est programmée : quelles entreprises financeraient en effet la philosophie, la littérature, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, le cinéma, l’esthétique ? Pendant que psychologie et sociologie seraient probablement subventionnées, certes, mais pourvu qu’elles apportent leurs lumières à l’entreprise en fournissant des psychologues compagnons de route aux directeurs des ressources humaines ou des sociologues transformés en hommes de main de l’entreprise… Seules les sciences dures, parce qu’elles sont susceptibles de déboucher sur des brevets, donc sur un retour en argent, seront soutenues comme investissement économique, mais sûrement pas comme obligation d’une République à travailler à la recherche fondamentale sans souci d’applications militaro-industrielles futures. Le lobby nucléaire financera la physique ; celui de la chimie, la médecine et la pharmacie ; pendant que le patronat arrosera les facultés d’économie et de droit qui enseignent déjà depuis longtemps les vérités du libéralisme et le bien-fondé de la justice de classe… Quelle banque, quel consortium, quelle holding investiront alors dans les secteurs des sciences humaines ? Enfin, sur la question de la nécessité d’augmenter le temps de travail en regard de l’augmentation de la durée de vie : quelle étrange cécité intellectuelle fait dire - de Parisot à Cohn-Bendit : « Nous vivons plus vieux, donc travaillons plus longtemps ? » Pourquoi cette fausse causalité ? Parce qu’il s’agit d’une causalité libérale. Car une causalité humaniste, donc de gauche antilibérale, dirait : « Nous vivons plus vieux, donc partageons le travail, et profitons plus longtemps d’un repos mérité. » En conséquence, le partage du temps de travail donnerait du travail à tous, attaquerait le chômage qui est l’aubaine du patronat (le coût de la main-d’oeuvre baisse) et la gangrène du peuple (le coût social en délinquance, insécurité, répression, arsenal policier, judiciaire, carcéral, en santé publique augmente…) pendant que baisserait le coût des usines à gaz de réinsertion (une aubaine pour les instituts de formation, une gangrène pour les victimes du libéralisme invisibles dans les calculs des chiffres du chômage, mais nullement réinsérées…). La civilisation du travail, délibérément voulue par Sarkozy derrière lequel courent nombre de socialistes, doit laisser place à une civilisation libertaire dans laquelle ce qui importe est moins d’aliéner le maximum de sa vie au travail que de la vivre de la manière la moins serve, la moins aliénée, la moins esclave, la moins assujettie qui soit. Par ailleurs, l’économie de cette partie de la société, le temps hors travail, représente une potentialité économique que les prévisionnistes seraient bien inspirés d’intégrer à la nouvelle cartographie de nos sociétés postmodernes occidentales. Pour financer la politique de l’État, il existe deux écoles : la première, libérale, forte avec les faibles et faible avec les forts, fait payer les pauvres, voilà la raison pour laquelle elle désigne ses victimes émissaires (les prétendus « régimes spéciaux ») pendant qu’elle épargne ses amis les prédateurs (qui fournissent au nouveau président ses hôtels de luxe, ses yachts sous pavillon de complaisance, ses restaurants de parvenus avenue des Champs-Élysées, ses avions privés, ses lieux de vacances américains). Et puis il existe une seconde école : républicaine, de gauche, forte avec les forts et généreuse avec les faibles. Elle ne va pas chercher l’argent dans la poche des gueux, des démunis, des ouvriers, des salariés, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des petits, des sans-grade, mais là où il est, autrement dit dans les coffres remplis par les bénéfices effectués non pas avec le travail, mais avec la spéculation, les opérations boursières, les montages entrepreneriaux de patrons voyous qui incarnent la persistance de la tradition négrière dans les pays du Maghreb, en Inde ou en Chine… Ce que dit aujourd’hui le mouvement social, c’est que le libéralisme ne saurait être l’horizon indépassable de la politique, certes, mais également de la société et, plus loin, de la civilisation qui procède et découle du modèle français, puis du modèle européen, dans lesquels la Révolution française a tenu un rôle majeur. Or les tenants du libéralisme s’évertuent à le rendre caduc jour après jour en démontant ce qui reste de 1789 et autres moments de l’histoire de la gauche. D’où l’intérêt de résister… http://www.humanite.fr/2007-11-20_Tribune-…genie-colerique Mékilékon, mékilékon…
climax Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Tant de stupidités ça fait vraiment peur. J'aime beaucoup ce passage : quelle étrange cécité intellectuelle fait dire - de Parisot à Cohn-Bendit : « Nous vivons plus vieux, donc travaillons plus longtemps ? » Pourquoi cette fausse causalité ? Parce qu’il s’agit d’une causalité libérale . Car une causalité humaniste, donc de gauche antilibérale, dirait : « Nous vivons plus vieux, donc partageons le travail, et profitons plus longtemps d’un repos mérité. »
melodius Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Cet homme est un génie comique. Sa vision de la vie économique me rappelle par ailleurs étonnamment son analyse du fait religieux.
Brock Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 c'est parce qu'il parle de la vie ecocomique et du fait relitigieux.
Ash Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Les « fondations », autrement dit les fortunes privées du capitalisme, sont appelées à compléter dans l’immédiat, puis suppléer bien vite, le budget d’État. Dès lors, la mort des sciences humaines est programmée : quelles entreprises financeraient en effet la philosophie, la littérature, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, le cinéma, l’esthétique ? Des secteurs qu'on a vu complètement disparaitre aux USA (a lire l'index levé et en montant progressivement le ton de sa voix) Elle ne va pas chercher l’argent dans la poche des gueux, des démunis, des ouvriers, des salariés, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des petits, des sans-grade, mais là où il est, autrement dit dans les coffres remplis par les bénéfices effectués non pas avec le travail, mais avec la spéculation, les opérations boursières, les montages entrepreneriaux de patrons voyous qui incarnent la persistance de la tradition négrière dans les pays du Maghreb, en Inde ou en Chine… Oh oui c'est bon !!!! Hannnn il a joui !
Cochon Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Seules les sciences dures, parce qu’elles sont susceptibles de déboucher sur des brevets, donc sur un retour en argent, seront soutenues comme investissement économique, mais sûrement pas comme obligation d’une République à travailler à la recherche fondamentale sans souci d’applications militaro-industrielles futures. Le lobby nucléaire financera la physique ; celui de la chimie, la médecine et la pharmacie ; pendant que le patronat arrosera les facultés d’économie et de droit qui enseignent déjà depuis longtemps les vérités du libéralisme et le bien-fondé de la justice de classe… Quelle banque, quel consortium, quelle holding investiront alors dans les secteurs des sciences humaines ? Trouvé dans le jargon de cuistre qui fait l'essentiel de l'intello franchouillard. Effectivement, on comprend que des gens qui bossent VRAIMENT n'aient pas vraiment envie de payer volontairement des parasites qui leur crachent dessus en étant bien contents de vivre de subsides du contribuable. Remarque, sans ces petites places douillettes, que deviendrait l'intello français, aussi improductif qu'arrogant?
Toast Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ce qui est étonnant (enfin…) c'est qu'un tel guignol soit pris pour un philosophe de premier plan. Remarque, sans ces petites places douillettes, que deviendrait l'intello français, aussi improductif qu'arrogant? Un clochard. Intellectuel et physique.
Ronnie Hayek Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ce qui est étonnant (enfin…) c'est qu'un tel guignol soit pris pour un philosophe de premier plan. Cela en dit long sur le climat intellectuel français totalement faisandé. Ce n'est pas demain la veille qu'on y débattra, par exemple, des idées d'un Roger Scruton.
José Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ce n'est pas demain la veille qu'on y débattra, par exemple, des idées d'un Roger Scruton.
Rémy Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ce n'est pas demain la veille qu'on y débattra, par exemple, des idées d'un Roger Scruton. Qui est Roger Scruton ? La fiche Wikipedia est bien light. ici
coebe Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 "La civilisation du travail, délibérément voulue par Sarkozy derrière lequel courent nombre de socialistes, doit laisser place à une civilisation libertaire dans laquelle ce qui importe est moins d’aliéner le maximum de sa vie au travail que de la vivre de la manière la moins serve, la moins aliénée, la moins esclave, la moins assujettie qui soit. Par ailleurs, l’économie de cette partie de la société, le temps hors travail, représente une potentialité économique que les prévisionnistes seraient bien inspirés d’intégrer à la nouvelle cartographie de nos sociétés postmodernes occidentales." Si quelques millenaires d evolution aboutissent a cela, pronons le retour aux sources!
Ronnie Hayek Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Qui est Roger Scruton ? La fiche Wikipedia est bien light. ici Voici de quoi faire connaissance avec lui : http://newcriterion.com:81/archive/21/feb03/burke.htm http://rightreason.ektopos.com/archives/20…oy_of_cons.html http://rightreason.ektopos.com/archives/20…_of_cons_1.html
free jazz Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 C'est bizarre, je croyais qu'il ne pouvait pas sentir les cocos: Le communisme me plaît moins que les communistes, anciens, récents, nouveaux, exclus, rénovateurs… qui, sur le terrain, loin des officines et des bureaux de la place du Colonel-Fabien, tâchent d'incarner le combat pour plus de justice sociale, plus de fraternité, plus de solidarité, en un mot plus d'humanité. Cette énergie militante est une force considérable si souvent châtrée par les états-majors. (…) L'essentiel ? Ne pas laisser le marché faire la loi ; en finir avec l'argent roi dans les écoles, les hôpitaux, les services publics, les transports, les médias, la nourriture, l'agriculture ; restaurer le sens de l'intérêt général et du bien public, ce qui définirait, souvenons-nous de l'étymologie, une nouvelle République; res publica, chose publique ; créer des solidarités nouvelles avec les plus faibles dans la cité; jeunes, vieux, banlieusards, provinciaux, femmes, minoritaires, malades, handicapés, etc., non pas dans la juxtaposition des différences mais dans leur harmonisation à l'aide d'une communauté libertaire et fraternelle où la règle du jeu passe par le contrat ; une laïcité intransigeante pour maintenir en place les valeurs démocratiques héritées de 1793 afin de combattre le retour de l'inspiration théocratique en politique ; la restauration d'un service public dont le coût social, financier, politique, et surtout humain, se révélerait moindre que son abandon. Je pourrais ainsi poursuivre… http://www.liberation.fr/rebonds/220950.FR.php République jacobine libertaire, ou le communisme en mode auto-gestion. Un fameux imbroglio, en vérité, conformément à la confusion qui règne dans son interprétation obscurantiste des Lumières: 1793 plutôt que 1789. S'il y a quelque chose que ces libertaires détestent plus que l'Etat, c'est la propriété et le libéralisme. Ils sont prêts pour cela à défendre l'Etat contre les gens commes nous. Le résultat concret serait probablement une myriade de tyrannies locales décentralisées, des "démocraties" syndicales organisées en coopératives. Bref, une vraie folie réactionnaire. Et ça se dit Nietzschéen de gôche.
Apollon Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 République jacobine libertaire, ou le communisme en mode auto-gestion. Un fameux imbroglio, en vérité, conformément à la confusion qui règne dans son interprétation obscurantiste des Lumières: 1793 plutôt que 1789. S'il y a quelque chose que ces libertaires détestent plus que l'Etat, c'est la propriété et le libéralisme. Ils sont prêts pour cela à défendre l'Etat contre les gens commes nous. Le résultat concret serait probablement une myriade de tyrannies locales décentralisées, des "démocraties" syndicales organisées en coopératives. Bref, une vraie folie réactionnaire. Et ça se dit Nietzschéen de gôche. Sans le marché tous ces apprentis-philosophes n'existeraient pas. Dans le meilleur des cas, le marché fait se rencontrer un détenteur désintéressé de connaissances avec des gens qui veulent apprendre mais ça ne se passe pas comme ça. Le plus souvent le marché de la connaissance fait rencontrer des ignorants en quête de flatteries, des éditeurs en quête de bénéfices et des gourous en quête de fidèles. D'où Michel Onfray et toute la littérature antilibérale qui coule à flot dans les fnacs… A signaler le glissement toujours plus prononcé des anarchistes depuis la définition classique de l'anarchisme comme le rejet de l'autorité politique vers une définition positive collectiviste qui a pour principal ennemi le capitalisme et ne déteste plus tant le trône que la personne qui s'y assoit (pour reprendre la formule de Sade).
Rincevent Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 A signaler le glissement toujours plus prononcé des anarchistes depuis la définition classique de l'anarchisme comme le rejet de l'autorité politique vers une définition positive collectiviste qui a pour principal ennemi le capitalisme et ne déteste plus tant le trône que la personne qui s'y assoit (pour reprendre la formule de Sade). Déjà signalé, mais je ne me lasse pas de le répéter, un anarchiste me décrivait, il y a un ou deux ans, son projet politique de la façon suivante. L'Etat est une cage, mais le capitalisme est un fauve, et il serait fou de vouloir détruire la cage sans avoir préalablement éliminé le fauve.
DiabloSwing Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 La personnification/animalisation d'une chose immatérielle (le capitalisme) me semble déjà une prémisse fausse.
Apollon Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 La personnification/animalisation d'une chose immatérielle (le capitalisme) me semble déjà une prémisse fausse. Vrai mais je trouve injuste de réduire Michou à une seule de ses erreurs.
Ash Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 Déjà signalé, mais je ne me lasse pas de le répéter, un anarchiste me décrivait, il y a un ou deux ans, son projet politique de la façon suivante. L'Etat est une cage, mais le capitalisme est un fauve, et il serait fou de vouloir détruire la cage sans avoir préalablement éliminé le fauve. Va tuer un fauve dans une cage… Il ferait mieux de la détruire et de se tirer en courant.
Apollon Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 Déjà signalé, mais je ne me lasse pas de le répéter, un anarchiste me décrivait, il y a un ou deux ans, son projet politique de la façon suivante. L'Etat est une cage, mais le capitalisme est un fauve, et il serait fou de vouloir détruire la cage sans avoir préalablement éliminé le fauve. Le pire c'est que je discute de ça sur wikipédia et les anarchistes militants ou sympathisants insistent pour définir l'anarchisme comme le refus de "toute autorité" ce qui est bien vague en plus d'être faux. Quand j'oppose les définitions classiques (l'anarchisme rejette l'autorité politique), on me répond qu'elles souffrent d'un "biais monarchique" !!! C'est un peu un problème de wikipedia : chacun chez soi, l'anarchisme aux anars
vincponcet Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 "La civilisation du travail, délibérément voulue par Sarkozy derrière lequel courent nombre de socialistes, doit laisser place à une civilisation libertaire dans laquelle ce qui importe est moins d’aliéner le maximum de sa vie au travail que de la vivre de la manière la moins serve, la moins aliénée, la moins esclave, la moins assujettie qui soit. Par ailleurs, l’économie de cette partie de la société, le temps hors travail, représente une potentialité économique que les prévisionnistes seraient bien inspirés d’intégrer à la nouvelle cartographie de nos sociétés postmodernes occidentales."Si quelques millenaires d evolution aboutissent a cela, pronons le retour aux sources! alors, ça c'est mystique, le temps hors travail a une potentialité économique ? c'est quoi de l'économie sans travail ? l'alchimie, la génération spontanée par la pensée ?
vincponcet Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 alors, ça c'est mystique, le temps hors travail a une potentialité économique ? c'est quoi de l'économie sans travail ? l'alchimie, la génération spontanée par la pensée ? ah, ça rejoint ptet le passage quelle étrange cécité intellectuelle fait dire - de Parisot à Cohn-Bendit : « Nous vivons plus vieux, donc travaillons plus longtemps ? » Pourquoi cette fausse causalité ? Parce qu’il s’agit d’une causalité libérale laugh.gif . Car une causalité humaniste, donc de gauche antilibérale, dirait : « Nous vivons plus vieux, donc partageons le travail, et profitons plus longtemps d’un repos mérité. » Il doit croire que quand une personne fait un loisir, ça ne consomme rien, et ainsi, il ne voit pas que souvent, avec un loisir, en face, il y a une production. Si je ne fais rien, il faut bien que quelqu'un fabrique de la nourriture. Ne voyant pas ça, il prône le repos pour tout le monde. Est-ce possible qu'il ne se rende pas compte de ça ?
Wallace Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 Sur la question de la « réforme » de l’université : on comprendra également qu’il en va là aussi de sa « libéralisation ». Les étudiants ne s’y sont pas trompés, ils voient bien que le désengagement de l’État républicain se double des pleins pouvoirs donnés à l’argent. La prétendue « autonomie » des universités doit être entendue comme une « dépendance » nouvelle, non plus celle de l’État, mais celle de l’argent. Les « fondations », autrement dit les fortunes privées du capitalisme, sont appelées à compléter dans l’immédiat, puis suppléer bien vite, le budget d’État. Dès lors, la mort des sciences humaines est programmée : quelles entreprises financeraient en effet la philosophie, la littérature, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, le cinéma, l’esthétique ? Pendant que psychologie et sociologie seraient probablement subventionnées, certes, mais pourvu qu’elles apportent leurs lumières à l’entreprise en fournissant des psychologues compagnons de route aux directeurs des ressources humaines ou des sociologues transformés en hommes de main de l’entreprise… Hallucinant. Il faudrait lui demander au passage comment lui s'est débrouillé pour financer son université populaire de Caen, au départ avant d'obtenir des subventions, bref son univ populaire elle est née d'une initiative privée (la sienne). Curieux paradoxe d'un "philosophe" qui use de la liberté pour la combattre. A noter au passage que cette université est parait-il une annexe des MJS, que le public y vient pour entendre ce dont il a envie d'entendre, rien de bien sérieux en somme. Il faudrait aussi lui faire remarquer que s'il a quitté l'enseignement c'est à cause de l'autorité de l'Ed nat qui le gonflait. On lui propose une réforme qui permettrait un partiel désengagement de l'Ed nat dans l'enseignement, et là encore il n'est pas content. Bref c'est un hypocrite.
Ronnie Hayek Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 La personnification/animalisation d'une chose immatérielle (le capitalisme) me semble déjà une prémisse fausse. Très juste, mais cette erreur se retrouve également chez plusieurs libéraux.
Rincevent Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 Très juste, mais cette erreur se retrouve également chez plusieurs libéraux. L'allégorie est, hélas, un vice typiquement indo-européen. En effet, la langue indo-européenne primitive comptait pas moins de quatre nombres : le singulier, le duel, le pluriel, et le collectif. Ce dernier, on en retrouve la trace dans les noms indénombrables en anglais, mais aussi en français avec les noms communs dont la première lettre est remplacée par une majuscule (par exemple, l'Etat).
Ronnie Hayek Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 (par exemple, l'Etat). Surnommé aux USA "Malebush" depuis quelques années.
Cochon Posté 22 novembre 2007 Signaler Posté 22 novembre 2007 Hallucinant. Il faudrait lui demander au passage comment lui s'est débrouillé pour financer son université populaire de Caen, au départ avant d'obtenir des subventions, bref son univ populaire elle est née d'une initiative privée (la sienne). Curieux paradoxe d'un "philosophe" qui use de la liberté pour la combattre. A noter au passage que cette université est parait-il une annexe des MJS, que le public y vient pour entendre ce dont il a envie d'entendre, rien de bien sérieux en somme. Il faudrait aussi lui faire remarquer que s'il a quitté l'enseignement c'est à cause de l'autorité de l'Ed nat qui le gonflait. On lui propose une réforme qui permettrait un partiel désengagement de l'Ed nat dans l'enseignement, et là encore il n'est pas content. Bref c'est un hypocrite. Ce n'est pas vraiment un hypocrite, il représente simplement le triste état de la gauche française: un corporatisme de fonctionnaires arc-boutés sur leurs statuts et la posibilité de vivre une vie entière sans risque, changement de place ou se remise en cause.
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