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LBO


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Bonjour,

l'un de vous connaît-il bien les LBO ?

Les LBO constituent-elles des fléaux pour les entreprises françaises, comme l'affirment certaines personnes de gauche ?

Si oui, existe-t-il des moyens juridiques ou autres de lutter contre eux ?

L'Etat doit-il intervenir dans la lutte contre les LBO ?

Last but not least, les LBO ont-ils des effets positifs ?

Merci.

Paull

Posté

Les LBO c'est pas le rachat des entreprises en difficulté par le crédit bancaire? Si c'est bien ça je vois pas comment ça peut avoir des effets négatifs.

Posté
  Pierre786 a dit :
Les LBO c'est pas le rachat des entreprises en difficulté par le crédit bancaire? Si c'est bien ça je vois pas comment ça peut avoir des effets négatifs.

D'après ce que j'ai entendu dire, certains financiers peu scrupuleux s'emparent d'entreprises en difficulté, les rendent profitables en un espace de temps très court en mettant une pression énorme sur les employés qu'ils n'ont pas licenciés. La personne qui m'a récemment parlé des effets néfastes des LBO a cité l'exemple de Daniel Hechter dont des financiers véreux se seraient récemment emparés grâce à une LBO. Quelqu'un est-il au courant de cette affaire ?

Posté
  paull a dit :
D'après ce que j'ai entendu dire, certains financiers peu scrupuleux s'emparent d'entreprises en difficulté, les rendent profitables en un espace de temps très court en mettant une pression énorme sur les employés qu'ils n'ont pas licenciés.

Ouh mais quelle horreur.

Posté
  paull a dit :
…l'exemple de Daniel Hechter dont des financiers véreux se seraient récemment emparés grâce à une LBO.

C'est quoi un "financier véreux" ? C'est plus grave que politicien ? Ou syndicaliste ?

Posté
  paull a dit :
Bonjour,

l'un de vous connaît-il bien les LBO ?

Les LBO constituent-elles des fléaux pour les entreprises françaises, comme l'affirment certaines personnes de gauche ?

Si oui, existe-t-il des moyens juridiques ou autres de lutter contre eux ?

L'Etat doit-il intervenir dans la lutte contre les LBO ?

Last but not least, les LBO ont-ils des effets positifs ?

Merci.

Paull

  Pierre786 a dit :
Les LBO c'est pas le rachat des entreprises en difficulté par le crédit bancaire? Si c'est bien ça je vois pas comment ça peut avoir des effets négatifs.

Toute pratique productive/souhaitable/utile faisant appel au crédit peu devenir un fléau dans le cadre d'une politique de crédit facile faite par les banques centrales.

Dans le cas particulier des LBO, le crédit facile permet à des incompétents de racheter à vil prix des entreprises bien gérées et de les enterrer sous des montages de dettes.

Posté

j'en ai raz le bol de ces sigles à la con, c'est quoi LBO ? La liberté de baiser des oranges ? Defendons le droit universelle à la fructophilie !

Posté
  librekom a dit :
j'en ai raz le bol de ces sigles à la con, c'est quoi LBO ? La liberté de baiser des oranges ? Defendons le droit universelle à la fructophilie !

Leverage Buy Out… En gros c'est racheté une société à bas prix, se faire un max de thune (déloc, plan sociaux…) et revendre vite avant que ça ne redevienne la merde.

Posté

Il s'agit en effet d'achat d'une entreprise avec peu de fonds propres et beaucoup de crédit. Des montages acrobatiques ont permis à des individus de reprendre des géants dans un esprit de conquête, mais aussi à des cadres dirigeants de racheter leur entreprise en difficulté pour en garder la maitrise.

Le risque, c'est que ce coût du crédit élevé est fixe : les cash flows de l'entreprises servent essentiellement à financer ce portage. En cas de baisse des cash flows, le créancier est menacé. C'est pourquoi ce dernier exige des taux d'intérêt élevés (d'où le lien avec les "junk bonds", obligations de noms sans notation), et c'est aussi pourquoi les crises menacent l'équilibre des LBO.

En soi, la révolution reaganienne s'est accompagnée d'une révolution financière qui a bouleversé l'industrie américaine grâce à ces innovations. La croissance des 25 années qui ont suivi tient sans doute autant à la première qu'à la seconde.

Lire cet article de wiki. Si on a plus de temps, lire Barbarians at the gate

Posté

Pour avoir une amie qui a bossé chez Daniel Hechter post LBO, les personnes qui l'ont reprit étaient effectivement des crapules et ne reculaient devant rien pour pousser les gens vers la sortie de manière volontaire.

ca n'invalide pas pour autant le principe de LBO et pour chaque exemple scabreux; ont doit avoir un contre exemple positif.

Posté
  bastiat a dit :
Toute pratique productive/souhaitable/utile faisant appel au crédit peu devenir un fléau dans le cadre d'une politique de crédit facile faite par les banques centrales.

Dans le cas particulier des LBO, le crédit facile permet à des incompétents de racheter à vil prix des entreprises bien gérées et de les enterrer sous des montages de dettes.

+1000 !!

Posté
  Aurel a dit :
En soi, la révolution reaganienne s'est accompagnée d'une révolution financière qui a bouleversé l'industrie américaine grâce à ces innovations. La croissance des 25 années qui ont suivi tient sans doute autant à la première qu'à la seconde.

Les révolutions reaganienne/tatcherienne ont effectivement libéralisé le secteur financier, mais elles ont du même coup libéré leur usage à plein tube de la planche à billet.

C'est un bon exemple de libéralisation qui ne va pas forcément dans le bon sens.

Quand à la croissance de ses 25 dernières années, j'en doute de plus en plus.

Mes parents avec des quasi-salaires minimum dans les années 70 avaient un meilleur niveau de vie qu'un smicard aujourd'hui.

Pour une personne au salaire minimum, les postes les plus importants de son budget sont le logement et la nourriture. Ces postes ont explosé ou la qualité a baissé pour le même pouvoir d'achat.

  Fedaykin a dit :
Leverage Buy Out… En gros c'est racheté une société à bas prix, se faire un max de thune (déloc, plan sociaux…) et revendre vite avant que ça ne redevienne la merde.

non, c'est achat à crédit, càd généralement, acheter une bonne a un prix de 100 en prenant un crédit pour 90 sur le dos de la boite que l'on achète.

c'est opération hyper leveragée sont de mon point de vue une conséquence de la politique du crédit facile pour les banques centrales qui baissent artificiellement le taux d'intérêt et donc rend plus facile le recours à la dette plutôt qu'aux fonds propres. + la fiscalité pro-dette et anti-fonds propres .

Posté
  vincponcet a dit :
Quand à la croissance de ses 25 dernières années, j'en doute de plus en plus.

Je ne parlais pas de la France.

Distinguons bien les LBO agressifs et les LBO consentis, par exemple dans le cadre d'un rachat d'entreprise par ses salariés ou ses cadres dirigeants.

Des exemples de revente à la découpe existent en nombre. Souvent, le remboursement des créanciers se fait avec le produit de la cession du patrimoine ou d'entités de l'entreprise plutôt que par ses cash flows. Ceux qui mettent en oeuvre cette politique de démembrement/recomposition ne sont pas des tendres, ils agissent vite et sans scrupules. Est-ce ce qu'on leur demande ? Le résultat, c'est que l'actionnaire s'en sort bien, et que l'entreprise, ou ce qu'il en reste, retrouve de l'oxygène.

Cela signifie aussi que l'entreprise a davantage de valeur revendue par morceaux qu'initialement. Cela constitue une cruelle sanction d'une gestion execrable de l'entreprise qui n'a pas su valoriser son capital. Maintenant, ces entreprises reconfigurées sont aussi assainies : elles repartent souvent mieux une fois la douleur passée.

Note : les taux de financement des LBO sont élevés et bien éloignés des taux de la banque centrale. La politique monétaire laxiste n'a que peu d'effet sur ces montages.

Posté
  Aurel a dit :
Je ne parlais pas de la France.

Distinguons bien les LBO agressifs et les LBO consentis, par exemple dans le cadre d'un rachat d'entreprise par ses salariés ou ses cadres dirigeants.

Des exemples de revente à la découpe existent en nombre. Souvent, le remboursement des créanciers se fait avec le produit de la cession du patrimoine ou d'entités de l'entreprise plutôt que par ses cash flows. Ceux qui mettent en oeuvre cette politique de démembrement/recomposition ne sont pas des tendres, ils agissent vite et sans scrupules. Est-ce ce qu'on leur demande ? Le résultat, c'est que l'actionnaire s'en sort bien, et que l'entreprise, ou ce qu'il en reste, retrouve de l'oxygène.

Cela signifie aussi que l'entreprise a davantage de valeur revendue par morceaux qu'initialement. Cela constitue une cruelle sanction d'une gestion execrable de l'entreprise qui n'a pas su valoriser son capital. Maintenant, ces entreprises reconfigurées sont aussi assainies : elles repartent souvent mieux une fois la douleur passée.

Note : les taux de financement des LBO sont élevés et bien éloignés des taux de la banque centrale. La politique monétaire laxiste n'a que peu d'effet sur ces montages.

Les LBOs étaient originellement financés par des banques en direct, et souvent en syndication, c'était et c'est encore dans une certaine mesure un type d'investissement des banques.

Depuis, suite à BâleII notamment qui a fait grimper le coût en capital de ces créances, on est passé à la titrisation de ces créances, cependant toute opération de titrisation par une banque passe par un crédit bancaire dans le cadre de l'underwriting, de même, elles passent par des véhicules hors bilan qui réduisent leur coût en capital lors de la construction des titres.

Depuis, la crise est passée par là, ce qui a réduit fortement ce marché.

Les LBOs sont très proches des banques et de la planche à billet.

Posté

Le mécanisme de LBO est génial. Une fois de plus on tire à boulet rouge sur un outil et non sur les escrocs qui l'utilisent. C'est désespérant.

Comme je n'ai pas vu de définition simple du LBO ici, je donne mon point de vue à l'aide d'un exemple courant.

Un individu monte une entreprise. Celle-ci fait rapidement du bénéfice mais pas suffisamment pour investir comme il le faudrait et de toute les façons, la trésorerie est exsangue comme toute celle des boîte qui croissent.

Le propriétaire opte alors pour une LBO qui consiste à racheter sa propre entreprise. Comme il est déjà propriétaire, c'est à la fois lui qui paie et reçoit les fonds.

Opération blanche? Non car en fait c'est une banque qui lui prête le pognon.

L'entrepreneur se retrouve donc toujours propriétaire de son entreprise mais AVEC des fonds considérables lui permettant d'investir et de remettre à flot sa trésorerie.

La banque est remboursée avec les bénéfices réalisés. Tout se passe comme si l'entrepreneur avait reçu plusieurs années de bénéfice d'un seul coup.

En outre, les intérêts de l'emprunt peuvent être déduits du résultat.

Autre exemple:

Un entrepreneur veut prendre sa retraite. Cette dernière est censée être assurée par la vente de l'entreprise. Si le propriétaire veut transmettre son entreprise à ses enfants, il n'a pas le choix: le LBO s'impose: les enfants, qui n'ont pas un rond, peuvent ainsi acquérir la boîte et leur père peut jouir de sa retraite.

En effet, c'est l'entreprise achetée qui rembourse sa dette et non l'acheteur. Si les enfants sont déjà endettés par l'achat de leur domicile par exemple, le LBO leur permet d'acquérir l'entreprise de leur père malgré tout.

Posté
  Rocou a dit :
Le mécanisme de LBO est génial. Une fois de plus on tire à boulet rouge sur un outil et non sur les escrocs qui l'utilisent. C'est désespérant.

Comme je n'ai pas vu de définition simple du LBO ici, je donne mon point de vue à l'aide d'un exemple courant.

Un individu monte une entreprise. Celle-ci fait rapidement du bénéfice mais pas suffisamment pour investir comme il le faudrait et de toute les façons, la trésorerie est exsangue comme toute celle des boîte qui croissent.

Le propriétaire opte alors pour une LBO qui consiste à racheter sa propre entreprise. Comme il est déjà propriétaire, c'est à la fois lui qui paie et reçoit les fonds.

Opération blanche? Non car en fait c'est une banque qui lui prête le pognon.

L'entrepreneur se retrouve donc toujours propriétaire de son entreprise mais AVEC des fonds considérables lui permettant d'investir et de remettre à flot sa trésorerie.

La banque est remboursée avec les bénéfices réalisés. Tout se passe comme si l'entrepreneur avait reçu plusieurs années de bénéfice d'un seul coup.

En outre, les intérêts de l'emprunt peuvent être déduits du résultat.

Autre exemple:

Un entrepreneur veut prendre sa retraite. Cette dernière est censée être assurée par la vente de l'entreprise. Si le propriétaire veut transmettre son entreprise à ses enfants, il n'a pas le choix: le LBO s'impose: les enfants, qui n'ont pas un rond, peuvent ainsi acquérir la boîte et leur père peut jouir de sa retraite.

En effet, c'est l'entreprise achetée qui rembourse sa dette et non l'acheteur. Si les enfants sont déjà endettés par l'achat de leur domicile par exemple, le LBO leur permet d'acquérir l'entreprise de leur père malgré tout.

Tout le monde profite du crédit fractionnaire dans ton histoire, c'est une belle histoire pour les protagonistes, mais elle a peu de rapport avec le libéralisme à mon avis.

Je n'imagine pas vraiment en monde libre avoir autant de leverage de partout. Sans les injections permanentes relayés sur toute l'échelle des maturités et des risques via la transformation de maturité et autre tranching, je pense que les acteurs économiques seraient plus basés sur des fonds propres que sur la dette. Tout du moins, l'un ne prendrait pas le pas sur l'autre comme aujourd'hui.

Maintenant, les problèmes que tu poses sont bien réels, et le moyen d'y répondre est essentiellement encore plus de dettes dans notre monde actuel. Mais je vois vraiment des déformations monétaires, réglementaires et fiscales à la base de ce biais.

Posté
  vincponcet a dit :
Tout le monde profite du crédit fractionnaire dans ton histoire, c'est une belle histoire pour les protagonistes, mais elle a peu de rapport avec le libéralisme à mon avis.

Je n'imagine pas vraiment en monde libre avoir autant de leverage de partout. Sans les injections permanentes relayés sur toute l'échelle des maturités et des risques via la transformation de maturité et autre tranching, je pense que les acteurs économiques seraient plus basés sur des fonds propres que sur la dette. Tout du moins, l'un ne prendrait pas le pas sur l'autre comme aujourd'hui.

Tu n'imagines pas vraiment, tu penses, il semblerait que…

En pratique, on ne sait pas si, dans un "monde libéral" avec des banques libres de créer de la monnaie comme elles le veulent et libres d'avoir des réserves fractionnaires ou pas, on n'aurait pas non plus des LBO…

Posté
  h16 a dit :
Tu n'imagines pas vraiment, tu penses, il semblerait que…

En pratique, on ne sait pas si, dans un "monde libéral" avec des banques libres de créer de la monnaie comme elles le veulent et libres d'avoir des réserves fractionnaires ou pas, on n'aurait pas non plus des LBO…

Il n'y a pas de raison pour que l'on fasse plus appel au financement par la dette que par les fonds propres.

Plus une boite est endéttée, plus elle est à risque, et donc cela devrait se resentir dans ses taux d'emprunts.

Il devrait donc y avoir un équilibre entre les deux modes de financement.

Mais là, on a tout un tas davantages au profit de la dette vis à vis des fonds propres.

Sur les banques libres fractionnaires en marché libre, si on faisait une vraie distinction entre les titres sur le marché, je doute que l'on aurait des banques avec 2% de fonds propres comme aujourd'hui.

Oui, je pense que, il me semble que, etc… mais je constate des dysfonctionnement du fait du surrendettement massif, et dans le même, je vois tout un tas davantages monétaires, fiscales et réglementaires sur le financement par la dette.

Il y a un article sur objectif liberté qui traite de ce sujet : http://www.objectifliberte.fr/2009/12/dist…ds-propres.html

Posté
  vincponcet a dit :
Sur les banques libres fractionnaires en marché libre, si on faisait une vraie distinction entre les titres sur le marché, je doute que l'on aurait des banques avec 2% de fonds propres comme aujourd'hui.

Oui, mais inférer de ceci que les LBO disparaîtraient est un non sequitur.

Posté
  h16 a dit :
Oui, mais inférer de ceci que les LBO disparaîtraient est un non sequitur.

J'en infère que les montages avec très peu de fonds propres et énormément de dettes ont toutes les chances de ne pas être si prépondérantes en marché libre.

oui, on ne peut pas savoir ce qui existerait dans l'absolu, néanmoins, on peut bien faire une analyse en termes d'incitations pour comprendre ce qui déconne dans le monde actuel et en supputer que sans ces incitations, les choses seraient sans doute différentes. C'est de l'analyse économique en contrefactuel.

Si on ne peut pas faire cela, alors on ne peut plus rien critiquer du monde actuel, puisque l'on dirait qu'en marché libre il en serait éventuellement de même.

Posté
  vincponcet a dit :
J'en infère que les montages avec très peu de fonds propres et énormément de dettes ont toutes les chances de ne pas être si prépondérantes en marché libre.

C'est vrai que si on fait sauter la fiscalité sur les entreprises, le principe de déduire les charges d'intérêt des recettes disparait, et la rentabilité des fonds propres remonte comparativement aux prêts (la finance islamique n'a pas tort sur ce point). Un monde sans impôts idéal, quoi. Mais le crédit reste un moyen d'acquérir une entreprise sans donner les clefs de la maison aux créanciers. Un entrepreneur qui n'a pas de capitaux aura toujours tendance à s'endetter pour grandir sans avoir à partager les fruits de son succès espéré. Ne néglige pas cet aspect patrimonial.

Posté
  Aurel a dit :
C'est vrai que si on fait sauter la fiscalité sur les entreprises, le principe de déduire les charges d'intérêt des recettes disparait, et la rentabilité des fonds propres remonte comparativement aux prêts (la finance islamique n'a pas tort sur ce point). Un monde sans impôts idéal, quoi. Mais le crédit reste un moyen d'acquérir une entreprise sans donner les clefs de la maison aux créanciers. Un entrepreneur qui n'a pas de capitaux aura toujours tendance à s'endetter pour grandir sans avoir à partager les fruits de son succès espéré. Ne néglige pas cet aspect patrimonial.

Oui, mais le risque de la boite monte avec son niveau d'endettement. Aujourd'hui, une partie de cela est compensé par l'avantage fiscal de la dette.

L'arbitrage limitant le niveau d'endettement serait du côté des préteurs.

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Quand il y a une crise d'une entreprise qui ne tient plus la route, il faut que quelqu'un joue le méchant flic.

Quand on est une entreprise comme Google qui fait d'énorme profits avec une marge opérationnelle à faire rêver, on peut se fixer comme objectif de mettre en place une synergie entre les besoins des employés et leurs propres performances économique. Plus les employés ont le morale, plus leurs performances seront bonnes ; plus les performances sont bonnes, moins ça mine le morale des troupes.

Dans une entreprise en crise, faut faire avec ce qu'on a et tout de suite. L'urgence c'est la performance économique. Sinon ce sera tous les employés qui perdront leur job, ce sera un compétiteur en moins sur le marché et un manque à gagner pour les consommateurs, ce sera des petits vieux qui perdront une part de leur retraite etc… Ou alors ce seront des subventions (l'Etat aide moi snif) au dépends de tous les contribuables.

Donc il faut demander à un salop de mettre une poignée de gens à la porte histoire de mettre une pression sur les autres pour qu'ils se fassent violence afin d'avoir de bonnes performances au dépend de leurs conditions psychologiques et de ceux qui ont été congédié.

Et une fois que l'entreprise a retrouvé de la valeur, le type manageur tyrannique n'a plus raison d'être ; le salop n'a plus de raison de continuer à diriger cette entreprise, car maintenant il faut revenir à une ambiance plus country club. Alors le salop vend son omelette, se fait un joli bénéfice sur l'opération, et va continuer son chemin.

C'est une sorte de session de rattrapage offerte par un mec qui n'a pas des intentions altruistes. On ne fait pas la fête quand on est aux rattrapages. Mais pas toutes les entreprises ont reçu cette opportunité. Qui échouent au rattrapage ou qui n'en ont pas l'opportunité meurent.

Impact donc globalement positif sur la société au sens large.

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  Ash a dit :
Il n'écrit ça nul part.

Il ne dit pas exactement ça, mais il dit "que les montages avec très peu de fonds propres et énormément de dettes ont toutes les chances de ne pas être si prépondérantes en marché libre." ce qui revient à peu près au même. Ceci dit, sa position étant globalement un peu plus nuancée, elle est audible.

Posté

On s'égare en voulant traiter le management des entreprises en crise et le besoin des entrepreneurs de s'endetter pour développer leur(s) entreprise(s). Je reviens sur ce dernier point. S'endetter, c'est bien. Prendre des risques fait partie de la vie d'un entrepreneur. Il n'a souvent pas suffisamment de capitaux pour grossir, et ne souhaite pas diluer sa participation dans son entreprise, car il ne souhaite en général pas partager les bénéfices ni prendre le risque de se retrouver minoritaire un jour.

Le banquier préfère effectuer un prêt car il se sait prioritaire en cas de liquidation de son client, et ne souhaite pas non plus s'impliquer dans l'entreprise comme un actionnaire.

Bref, tout le monde est content à ce stade.

Dans le cas des LBO sauvages des années 80, je te rappelle que beaucoup de cash provenait de fonds et non pas de banques. Les junk bonds ont rapporté d'énormes rendement aux hedge funds et pension funds qui les ont gardées en portefeuille… jusqu'à l'éclatement de la bulle de cette innovation financière majeure qui a mis fin à certains excès. Les junk bonds n'ont pas disparu, ni les LBO. Ils se sont assagis, les effets de levier sont revenus à des multiplicateurs plus raisonnables.

Invité jabial
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Pour rebondir sur ce qu'a dit vincponcet et le nuancer, selon moi les LBO existeraient dans un monde libre mais ils seraient moins avantageux. Ça ne les empêcherait pas, bien sûr, de rendre encore de grands services. D'une manière générale, ça n'a pas de sens de discuter de la "lutte contre" la liberté de contracter dans un forum libéral. Je met ça sur le compte de la naïveté de paull, du moins pour l'instant.

Posté
  Aurel a dit :
On s'égare en voulant traiter le management des entreprises en crise et le besoin des entrepreneurs de s'endetter pour développer leur(s) entreprise(s). Je reviens sur ce dernier point. S'endetter, c'est bien. Prendre des risques fait partie de la vie d'un entrepreneur. Il n'a souvent pas suffisamment de capitaux pour grossir, et ne souhaite pas diluer sa participation dans son entreprise, car il ne souhaite en général pas partager les bénéfices ni prendre le risque de se retrouver minoritaire un jour.

Le banquier préfère effectuer un prêt car il se sait prioritaire en cas de liquidation de son client, et ne souhaite pas non plus s'impliquer dans l'entreprise comme un actionnaire.

Bref, tout le monde est content à ce stade.

Dans le cas des LBO sauvages des années 80, je te rappelle que beaucoup de cash provenait de fonds et non pas de banques. Les junk bonds ont rapporté d'énormes rendement aux hedge funds et pension funds qui les ont gardées en portefeuille… jusqu'à l'éclatement de la bulle de cette innovation financière majeure qui a mis fin à certains excès. Les junk bonds n'ont pas disparu, ni les LBO. Ils se sont assagis, les effets de levier sont revenus à des multiplicateurs plus raisonnables.

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Posté
  Aurel a dit :
On s'égare en voulant traiter le management des entreprises en crise et le besoin des entrepreneurs de s'endetter pour développer leur(s) entreprise(s). Je reviens sur ce dernier point. S'endetter, c'est bien. Prendre des risques fait partie de la vie d'un entrepreneur. Il n'a souvent pas suffisamment de capitaux pour grossir, et ne souhaite pas diluer sa participation dans son entreprise, car il ne souhaite en général pas partager les bénéfices ni prendre le risque de se retrouver minoritaire un jour.

Le banquier préfère effectuer un prêt car il se sait prioritaire en cas de liquidation de son client, et ne souhaite pas non plus s'impliquer dans l'entreprise comme un actionnaire.

Bref, tout le monde est content à ce stade.

Dans le cas des LBO sauvages des années 80, je te rappelle que beaucoup de cash provenait de fonds et non pas de banques. Les junk bonds ont rapporté d'énormes rendement aux hedge funds et pension funds qui les ont gardées en portefeuille… jusqu'à l'éclatement de la bulle de cette innovation financière majeure qui a mis fin à certains excès. Les junk bonds n'ont pas disparu, ni les LBO. Ils se sont assagis, les effets de levier sont revenus à des multiplicateurs plus raisonnables.

Au départ, il s'agissait de banques, souvent en syndication.

Ensuite dans les années 80, il est vrai que bcp de cash venait de fonds, mais l'opération d'origine était tout de même souvent réalisée par les banques via un bridge loan, et ensuite, elle refilait les créances à des fonds, via titrisation. Dans ces fonds, bcp de Hegde funds comme tu le soulignes, et les HFs, c'est pour bcp un gros tas de dette fourni par leur banque sponsor. De même, le marché des junk bonds de LBOs a été boosté par Milken de Drexel qui s'est mis à faire du market-making de ces titres, ce qui a incité des fonds à venir sur ce marché. Mais Drexel est morte. Et de quoi ? de leur structure de capital essentiellement basée sur de la dette court terme (commercial papers), dont les taux sont forcément impactés par les manipulations de la banque centrale.

A partir de 2005, il y a eu un second boom des LBOs, et là encore il y a des impacts réglementaires/fiscaux/monétaires importants, la première phrase dans wikipedia sur cette période est "The combination of decreasing interest rates, loosening lending standards and regulatory changes for publicly traded companies (specifically the Sarbanes-Oxley Act) would set the stage for the largest boom private equity had seen."

Bref, les avantages monétaire/fiscal/réglementaire ne semble pas bien éloignés de ce marché.

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