BasLap Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 Bonjour, D'abord, toutes mes excuses pour ce procédé inélégant. J'avais vu passer au détour d'une discussion quelque-chose qui ressemblait à un lien vers un article blâmant la manie des I.E.P. de se placer au dessus des doctrines philosophiques. Enfin, je crois; ça ressemblait à quelque-chose comme ça; mais je ne l'ai pas lu… et maintenant je le regrette… Quelqu'un voit-il de quoi je parle, et, si oui, pourrait-il m'indiquer la discussion en question, que je ne suis pas parvenu à retrouver par l'outil de recherche du forum? D'avance, merci. Encore pardon et bonne soirée!
Drake Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 Si j'ai bien suivi, le présent forum peut s'enorgueillir de la présence éminente d'au moins deux specimens de science-pipoteurs Yul et free_jazz (peut-être 3 avec n°1 et sans compter les timides qui n'ont pas osé se dénoncer). A eux de nous faire part de leurs expériences. Disclaimer : ce post ne constitue pas un appel à la violence envers les susnommés.
Invité Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 Je vais rentrer à l'IEP de Strasbourg, des témoignages seraient donc plus que bienvenue pour savoir à quoi m'attendre
BasLap Posté 14 septembre 2010 Auteur Signaler Posté 14 septembre 2010 Pour ma part, je ne suis pas à Sciences Po, mais en khâgne, et j'ai donc eu cours de géo l'an dernier, avec en l'occurrence un prof de Sciences Po Paris. Si vous me permettez de donner une opinion sans la démontrer (ce serait très difficile, à vrai dire), je trouve que Sciences Po fait penser à une Église, autojustifiée par les doctrines qu'elle produit. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle à caractère très général… Par ailleurs, des camarades et moi-même avons été un peu agacés par cette habitude de se placer comme au dessus de toutes philosophies… comme si le discours de Sciences Po était la fin de l'Histoire épistémologique, enfin débarassé de toute croyance fausse ou de tout fondement flou… C'est précisément le thème que je crois être celui de l'article que je cherche. Je dis «je crois», puisque comme je l'ai déjà écrit je n'ai pas encore lu cet article…
Invité Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 Tient un camarade khâgneux Par ailleurs, des camarades et moi-même avons été un peu agacés par cette habitude de se placer comme au dessus de toutes philosophies… comme si le discours de Sciences Po était la fin de l'Histoire épistémologique, Bowarf, perso j'ai eu cette impression avec toutes les grandes écoles, en premier lieu Sc po et l'ENS. Après il est bien connu que les prépa litté et les IEP ne s'aiment pas malgré les synergies évidentes qui s'établissent entre les deux cursus.
BasLap Posté 14 septembre 2010 Auteur Signaler Posté 14 septembre 2010 Tient un camarade khâgneux Bowarf, perso j'ai eu cette impression avec toutes les grandes écoles, en premier lieu Sc po et l'ENS. Après il est bien connu que les prépa litté et les IEP ne s'aiment pas malgré les synergies évidentes qui s'établissent entre les deux cursus. E.N.S., je ne connais pas directement, et je ne sais pas si j'aurai la chance/le plaisir/l'honneur de connaître un jour. Cependant, chez nos professeurs normaliens, je remarque, à la différence de chez le professeur de géo, une plus grande sensibilité aux fondements subjectifs de tout système de pensée, à la pluralité des opinions, à l'évolution de la pensée, à leur propre imperfection… Bref, j'ai l'impression que ce n'est pas tout-à-fait pareil… Enfin, rien dans la prépa où je suis ne décrie Sciences Po, surtout avec le professeur de géo qui y travaille; c'est d'un sentiment personnel et spontané de certains élèves qu'il s'agit.
Invité Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 Cependant, chez nos professeurs normaliens, je remarque, à la différence de chez le professeur de géo, une plus grande sensibilité aux fondements subjectifs de tout système de pensée, à la pluralité des opinions, à l'évolution de la pensée, à leur propre imperfection… Bref, j'ai l'impression que ce n'est pas tout-à-fait pareil… Je ne pense pas que l'on puisse baser l'esprit d'une école sur un professeur. Mais il est vrai que l'ENS me semble être un peu moins une formation de doxosophe que Sc Po. Après je n'en sais rien; comme n'importe ou dans le supérieur français, le plus dur n'est pas tant d'y rester que d'y rentrer.
Filibert Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 À ma grande honte, j'ai donné quelques TD à SciencesPipo Paris. J'en pense le plus grand mal : en éco, on y apprend surtout un consensus mou, comme ça les étudiants se situeront entre les socialistes de gauche et les social-étatistes de droite, et pourront s'estimer plus raisonnable et intelligent que les deux, les affairistes de droite comme les arriérés de gauche. Histoire d'avoir la grosse tête dès l'entrée à l'Ena.
JackieV Posté 14 septembre 2010 Signaler Posté 14 septembre 2010 À ma grande honte, j'ai donné quelques TD à SciencesPipo Paris. J'en pense le plus grand mal : en éco, on y apprend surtout un consensus mou, comme ça les étudiants se situeront entre les socialistes de gauche et les social-étatistes de droite, et pourront s'estimer plus raisonnable et intelligent que les deux, les affairistes de droite comme les arriérés de gauche. Histoire d'avoir la grosse tête dès l'entrée à l'Ena. Ouais ouais… Je fais un IEP aussi et il y a du bon gauchiste, dans les élèves comme dans les profs. Après le niveau des cours est pas trop mal, j'ai notamment eu un excellent prof d'éco (keynésien). Franchement on peut s'y épanouir, même quand on est éloigné du consensus social démocrate. Les conférences de méthodes favorisent le débat, et il y a matière à exposer son point de vue de façon argumentée, et de débattre avec des gens intéressants.
Yul Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 j'avais une maîtrise en histoire ancienne quand je suis arrivé à sciences po Toulouse. Mon mémoire portait sur la géopolitique de la seconde guerre punique. Donc je n'étais pas tout à fait un perdreau de l'année. Mes profs d'histoire avaient tous un excellent niveau, et s'ajoutait à la maîtrise du sujet un rejet précoce du marxisme dans la discipline, marxisme ouvertement méprisé. L'école des annales et les recherches à partir des années 50 avaient posé une solide méthodologie dégageant l'histoire de ce que mes profs appelaient "l'histoire-bataille" (énumération des batailles et des règnes), pour approcher l'économie et la vie quotidienne, et ils trouvaient tous la dialectique marxiste profondément débile. J'ai du prendre le pli à cette époque, car avant j'étais plutôt à gauche. A science-po, le niveau était beaucoup plus inégal. Je ne pense pas qu'il y avait une doctrine ou un esprit particulier parce que c'était le foutoir. J'ai eu des profs passionnants, notamment en géopolitique, philosophie politique et systémique sociale (pourtant c'était un ancien marxiste), des profs paraît-il brillants mais brouillons et incapables de produire des phrases cohérentes, et de véritables tanches à se taper la tête contre la table de désespoir. Assez curieusement, et bien qu'il soit au programme en philosophie politique, on a jamais abordé le libéralisme, par contre on a bouffé du socialisme, dans toutes ses variantes, notamment françaises et russes, et les angles par lesquels on a abordé le marxisme étaient le gramscisme et le tiers-mondisme. Je savais que certains professeurs avaient été marxistes ou l'étaient plus ou moins encore, mais ceux qui ont traité le socialisme ne m'ont pas paru spécialement favorables à ce dernier, leur attitude variant de la neutralité condescendante au franc mépris. Mais comme je l'ai dit, il ne s'agissait pas d'une attitude générale par ailleurs indéfinissable. Les étudiants que j'ai rencontrés étaient de la gauche bien-pensante courante à cet âge à l'exception d'un monarchiste. J'ai découvert le libéralisme au même moment, mais en lisant Bastiat sur les conseils d'un ami, puis Hayek. Au final, je n'ai gardé de mes études que des cartons d'archives, des livres photocopiés et des souvenirs épars sans aucune utilité ou presque.
Aurel Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 Si j'ai bien suivi, le présent forum peut s'enorgueillir de la présence éminente d'au moins deux specimens de science-pipoteurs Yul et free_jazz (peut-être 3 avec n°1 et sans compter les timides qui n'ont pas osé se dénoncer). Je comprends mieux, allez, va pour les circonstances atténuantes.
Chitah Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 Dans beaucoup d'écoles d'ingénieur, il existe des passerelles pour entrer directement en 4ème année de ScPo, que l'on suit simultanément avec sa 3ème année d'école d'ingénieur), pour ensuite avoir le double diplome. C'est dire si le niveau à l'air balèze….. EDIT : l'inverse n'est bien entendu pas possible, mais je le précise à tout hasard.
Yul Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 Dans beaucoup d'écoles d'ingénieur, il existe des passerelles pour entrer directement en 4ème année de ScPo, que l'on suit simultanément avec sa 3ème année d'école d'ingénieur), pour ensuite avoir le double diplome. C'est dire si le niveau à l'air balèze….. le niveau n'est pas balèze du tout, je confirme. Mais ce n'est rien en comparaison de l'ENA.
Luciole Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 SciencesPo c'est pas un réservoir de futurs fonctionnaires?
pilgrim Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 En tant qu'élève à l'iepp, je dois avouer que la pensée dominante est une sorte de consensus mou. Tout le monde est plus ou moins en faveur d'un état social nounou, les gens rêvent presque tous de l'ENA et croient que signer une pétition ça peut changer quelques choses. Sans oublier le nombre de gens qui semblent s'engager dans des associations par pur hasard.
Blonde On Blonde Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 Je suis sorti de l'IEP de Lyon, il y a un an. Les cours d'Histoire sont très bons, le reste assez oubliable (et en passe d'être oublié). De mémoire, les cours d'économie sont centrés autour du keynésianisme, présenté comme un juste milieu entre marxisme et libéralisme. En première année, un cours en amphi a même été consacré à la projection d'un documentaire sur Keynes. Les étudiants obéissent effectivement à un consensus social-démocrate mou pour la majorité, et c'était d'ailleurs mon cas. Ceux connus pour être "de droite" sont des encartés UMP avec plus d'ambition que de convictions. Ce qui est plus marquant, c'est l'enthousiasme pour l'Union Européenne encore exprimé par beaucoup d'élèves. Alors que les 20-25 ans me paraissent globalement bien plus eurosceptiques que leurs aînés (observation certes approximative faite sur un panel non représentatif d'amis et de camarade de mon âge).
Hank Rearden Posté 15 septembre 2010 Signaler Posté 15 septembre 2010 Oui, c'est bien connu. Sciences Po , c'est un think tank libéral. La quasi-totalité des journalistes français en sortent. Si c'est pas une preuve ça. Entre deux cours sur le consensus mou et les TP de politiquement correct, on peut y lire Mises et Hayek
pilgrim Posté 17 septembre 2010 Signaler Posté 17 septembre 2010 Mon professeur de micro est un néoclassique et mon maître de conférence en cette matière est un autricien. C'est juste pour dire que le corps professoral, ne partage pas nécessairement la bêtise des étudiants qu'il doit subir.
JackieV Posté 17 septembre 2010 Signaler Posté 17 septembre 2010 Mon professeur de micro est un néoclassique et mon maître de conférence en cette matière est un autricien. C'est juste pour dire que le corps professoral, ne partage pas nécessairement la bêtise des étudiants qu'il doit subir. Tu as bien de la chance. Quel est le nom de ton maître de conférences ?
Théo31 Posté 17 septembre 2010 Signaler Posté 17 septembre 2010 Quand j'étais en fac d'histoire, j'ai eu un prof de l'IEP. On pouvait pas le louper dans les couloirs, c'était un des rares prof à porter le costume. Il n'était pas extraordinaire mais il était intéressant. Il enseignait l'histoire politique française de l'entre-deux guerres. Et il détestait les cocos qu'ils saquaient aux examens s'ils écrivaient que l'Action française était un parti fasciste.
pilgrim Posté 17 septembre 2010 Signaler Posté 17 septembre 2010 Pierre je t'ai répondu par message, car je ne souhaite pas partager ce genre d'informations sur un forum public
Yul Posté 17 septembre 2010 Signaler Posté 17 septembre 2010 Quand j'étais en fac d'histoire, j'ai eu un prof de l'IEP. On pouvait pas le louper dans les couloirs, c'était un des rares prof à porter le costume. Il n'était pas extraordinaire mais il était intéressant. Il enseignait l'histoire politique française de l'entre-deux guerres. Et il détestait les cocos qu'ils saquaient aux examens s'ils écrivaient que l'Action française était un parti fasciste. j'ai eu le même !!!
Invité Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 Je viens d'avoir ma pré rentré. La vie étudiante de Sc Po est totalement calqué sur le modèle américain, débauche, sport et pom pom girls à foison (ce qui n'est pas pour me déplaire). Pour ce qui est des cours, mon prof de macro nous a carrement dit qu'il fallait oublié ce que nous avions appris en ES (enfin une parole censée!). Il a très bien résumé l'état d'esprit de la filière "on vous a répété que la science économique se découpait entre les méchants libéraux et les gentils keynésiens, c'est bien plus compliqué que cela". Après j'ai eu le malheur d'exprimer vaguement mes idées à quelques camarades… et les réactions furent attendues: "tu es un méchant libéral anarchiste mangeur d'enfant qui veut que les riches partagent rien alors que y'a plein de pauvre sur la planète!". L'argumentaire est tellement simple que j'ai du mal à riposter. Je crois que je vais devoir apprendre à ferme la gueule
Calembredaine Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 Je crois que je vais devoir apprendre à ferme la gueule Au contraire. Pour ma part, je pense détenir une formule efficace: surtout pas de grande discussion enflammée, juste des petites phrases qui font mouche de temps en temps. C'est très perturbant pour les étatistes et cela fait beaucoup réfléchir les indécis qui reviennent assez souvent me demander des précisions.
Théo31 Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 L'argumentaire est tellement simple que j'ai du mal à riposter. Tu leur dis pour commencer que des pauvres, il n'y en a pas à Sciences Po et tu fais un sondage à voix haute. Ca risque d'en calmer quelques uns en découvrant les résultats.
Lancelot Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 Pour ce qui est des cours, mon prof de macro nous a carrément dit qu'il fallait oublié ce que nous avions appris en ES (enfin une parole censée !). Il a très bien résumé l'état d'esprit de la filière "on vous a répété que la science économique se découpait entre les méchants libéraux et les gentils keynésiens, c'est bien plus compliqué que cela". Ouaip. C'est le contraire
pilgrim Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 Remus t'es à paris également ? Car ici je désespère devant le nombre hallucinant de gauchistes de tous bords.
pilgrim Posté 18 septembre 2010 Signaler Posté 18 septembre 2010 Dsl ma question était stupide. Toutefois l'usage veut que lorsqu'on parle d'un iep de province, il faut préciser la ville.
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