Nicolas Azor Posté 12 août 2011 Signaler Posté 12 août 2011 D'un point de vue libéral, quand on possède un truc, on a le droit de le vendre (ou plus généralement, de le céder, d'où le titre de ce fil). Ce droit s'applique à des tas de choses, aussi bien matérielles qu'immatérielles : titres de propriétés, assurances, créances, etc… Récemment les états ont même voulu mettre en place un marché du droit à émettre du gaz carbonique. Bizarrement il y a un énorme tabou dans ce domaine: le droit de vote. Pour les sociétés anonymes, le droit de vote fait partie intégrante de l'action et sa vente ne pose donc aucun problème moral ou autre. Mais le droit de vote au sens politique du terme, est rigoureusement interdit à la vente. Ce n'est pas explicite, mais on sent bien que ça en gênerait plus d'un. Le truc qui empêche la vente de son droit de vote, c'est l'anonymat. Initialement conçu (enfin j'imagine) pour éviter que le citoyen subisse des pressions, je pense que la véritable raison est d'empêcher le citoyen de vendre son vote. J'en veux pour preuve les restrictions qui existent sur la procuration. Ainsi, une même personne ne peut recevoir qu'une seule procuration par scrutin. Ne serait-il pas plus simple, pour le citoyen, s'il pouvait céder, du moins temporairement, son droit de vote à son leader politique du moment ? Par exemple, j'aimerais bien signer un papier à la mairie disant que dorénavant, et jusqu'à nouvel ordre, je donne mon droit de vote à Alain Madelin. Ce serait une sorte de démocratie directement représentative. Mais non. En France et dans la plupart des démocraties, le pouvoir politique ne se marchande pas. C'est tabou. Peut-être pense-t-on qu'une telle possibilité mènerait à une forme de ploutocratie. Oui, je n'ai aucun doute là-dessus. Seulement je pense que la ploutocratie, c'est une forme particulière de démocratie, mais c'est toujours une démocratie. Et c'est amha nettement meilleur. L'une des choses qui est importante avec le principe de libre marché et d'établissement d'un prix, c'est qu'il permet de mesurer le degré de motivation des acheteurs. Quand deux personnes veulent acquérir une même chose (par exemple un terrain), in fine celui qui l'emportera est celui qui sera disposé à y mettre le plus d'argent. Toutes autres choses égales par ailleurs, cette personne sera celle qui sera la plus motivée à acquérir cette chose. Derrière cette motivation, il y a des raisons de penser qu'il y a un projet, une intention d'action et d'exploitation. Ainsi le libre marché donne une relative garantie que la ressource sera exploitée au mieux. Le droit de vote de madame Michu qui vote pour François Baroin parce qu'il est mignon a exactement le même poids que le militant de gauche ou de droite qui lui a des années de réflexion et de lutte politique derrière lui. Si le droit de vote pouvait être vendu, je ne doute pas un instant que notre militant parviendrait à convaincre madame Michu de mettre de coté son attirance pour Baroin, et de recevoir une compensation financière en échange. Serait-ce amoral ? Injuste ? Du moment que madame Michu n'est pas torturée, qu'on ne lui ment pas ou que ne la harcèle pas pour lui faire signer le papier, je ne vois pas de problème. En fait c'est tout aussi acceptable que n'importe quelle autre transaction financière. Si, en vendant son vote, madame Michu permet à un tyran d'être élu, ça n'est pas une raison pour remettre en question la légitimilité de la cessibilité du vote. Un vote vendu est tout aussi légitime qu'un vote exprimé directement. Si j'ai le droit de voter pour Hitler, j'ai tout autant le droit de donner mon vote à quelqu'un qui votera peut-être pour Hitler. Je pense que le droit de vote cessible est nettement préférable au droit de vote non-cessible, car il ajoute une notion de mesure de la motivation dans l'expression du vote, et qu'il permet à l'expression politique de se conformer aux règles de marché qui ont montré dans tous les autres secteurs, qu'elles sont les plus à même d'allouer aux mieux une ressource finie. La décision politique est elle aussi une ressource finie, et à ce titre, elle devrait se conformer aux lois du marché, exactement comme le font les entreprises. AMHA
Invité jabial Posté 12 août 2011 Signaler Posté 12 août 2011 D'un point de vue libéral, quand on possède un truc, on a le droit de le vendre Si on en est pleinement propriétaire sans être signataire d'un contrat qui limite cette possibilité, oui. Mais on n'est pas propriétaire de tout ce qu'on possède. Un locataire possède un droit d'occupation, mais le contrat de bail peut s'opposer à ce qu'il sous-loue, par exemple. De même, dans certaines sociétés commerciales, les parts sociales ne sont pas librement cessibles.
Nirvana Posté 12 août 2011 Signaler Posté 12 août 2011 Alors on peut vendre son corps ? On peut se vendre comme esclave ?
Invité jabial Posté 12 août 2011 Signaler Posté 12 août 2011 Alors on peut vendre son corps ? On peut se vendre comme esclave ? On a déjà répondu à ces questions 30 fois. On ne peut pas vendre son corps mais on peut vendre des morceaux, du moment qu'ils sont détachés. On ne peut pas se vendre comme esclave pour de vrai, mais on peut faire semblant, et tant qu'on désire rester "esclave" personne n'a rien à y redire.
gdm Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 D'un point de vue libéral, quand on possède un truc, on a le droit de le vendre (ou plus généralement, de le céder, d'où le titre de ce fil). Ce droit s'applique à des tas de choses, aussi bien matérielles qu'immatérielles : titres de propriétés, assurances, créances, etc… Récemment les états ont même voulu mettre en place un marché du droit à émettre du gaz carbonique. Bizarrement il y a un énorme tabou dans ce domaine: le droit de vote. Pour les sociétés anonymes, le droit de vote fait partie intégrante de l'action et sa vente ne pose donc aucun problème moral ou autre. Mais le droit de vote au sens politique du terme, est rigoureusement interdit à la vente. Ce n'est pas explicite, mais on sent bien que ça en gênerait plus d'un. Le truc qui empêche la vente de son droit de vote, c'est l'anonymat. Initialement conçu (enfin j'imagine) pour éviter que le citoyen subisse des pressions, je pense que la véritable raison est d'empêcher le citoyen de vendre son vote. J'en veux pour preuve les restrictions qui existent sur la procuration. Ainsi, une même personne ne peut recevoir qu'une seule procuration par scrutin. Ne serait-il pas plus simple, pour le citoyen, s'il pouvait céder, du moins temporairement, son droit de vote à son leader politique du moment ? Par exemple, j'aimerais bien signer un papier à la mairie disant que dorénavant, et jusqu'à nouvel ordre, je donne mon droit de vote à Alain Madelin. Ce serait une sorte de démocratie directement représentative. Mais non. En France et dans la plupart des démocraties, le pouvoir politique ne se marchande pas. C'est tabou. Peut-être pense-t-on qu'une telle possibilité mènerait à une forme de ploutocratie. Oui, je n'ai aucun doute là-dessus. Seulement je pense que la ploutocratie, c'est une forme particulière de démocratie, mais c'est toujours une démocratie. Et c'est amha nettement meilleur. L'une des choses qui est importante avec le principe de libre marché et d'établissement d'un prix, c'est qu'il permet de mesurer le degré de motivation des acheteurs. Quand deux personnes veulent acquérir une même chose (par exemple un terrain), in fine celui qui l'emportera est celui qui sera disposé à y mettre le plus d'argent. Toutes autres choses égales par ailleurs, cette personne sera celle qui sera la plus motivée à acquérir cette chose. Derrière cette motivation, il y a des raisons de penser qu'il y a un projet, une intention d'action et d'exploitation. Ainsi le libre marché donne une relative garantie que la ressource sera exploitée au mieux. Le droit de vote de madame Michu qui vote pour François Baroin parce qu'il est mignon a exactement le même poids que le militant de gauche ou de droite qui lui a des années de réflexion et de lutte politique derrière lui. Si le droit de vote pouvait être vendu, je ne doute pas un instant que notre militant parviendrait à convaincre madame Michu de mettre de coté son attirance pour Baroin, et de recevoir une compensation financière en échange. Serait-ce amoral ? Injuste ? Du moment que madame Michu n'est pas torturée, qu'on ne lui ment pas ou que ne la harcèle pas pour lui faire signer le papier, je ne vois pas de problème. En fait c'est tout aussi acceptable que n'importe quelle autre transaction financière. Si, en vendant son vote, madame Michu permet à un tyran d'être élu, ça n'est pas une raison pour remettre en question la légitimilité de la cessibilité du vote. Un vote vendu est tout aussi légitime qu'un vote exprimé directement. Si j'ai le droit de voter pour Hitler, j'ai tout autant le droit de donner mon vote à quelqu'un qui votera peut-être pour Hitler. Je pense que le droit de vote cessible est nettement préférable au droit de vote non-cessible, car il ajoute une notion de mesure de la motivation dans l'expression du vote, et qu'il permet à l'expression politique de se conformer aux règles de marché qui ont montré dans tous les autres secteurs, qu'elles sont les plus à même d'allouer aux mieux une ressource finie. La décision politique est elle aussi une ressource finie, et à ce titre, elle devrait se conformer aux lois du marché, exactement comme le font les entreprises. AMHA Oui, la cessibilité du droit de vote me semble être nécessaire dans toute démocratie. Sinon, ce n'est pas une démocratie. C'est un simulacre de démocratie. En effet, la cessibilité du droit de vote est la conséquence de la cessibilité des mandats, prévue dans le Code Civil. Cette cessibilité des mandats est ainsi confirmée par le Code Civil, mais elle résulte du Droit Naturel. L'interdiction de cette cessibilité signifie que l'Etat restreint le droit du citoyen de choisir qui le représentera.
Invité jabial Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 Oui, la cessibilité du droit de vote me semble être nécessaire dans toute démocratie. Sinon, ce n'est pas une démocratie. C'est un simulacre de démocratie. En effet, la cessibilité du droit de vote est la conséquence de la cessibilité des mandats, prévue dans le Code Civil. Cette cessibilité des mandats est ainsi confirmée par le Code Civil, mais elle résulte du Droit Naturel. L'interdiction de cette cessibilité signifie que l'Etat restreint le droit du citoyen de choisir qui le représentera.
Nicolas Azor Posté 13 août 2011 Auteur Signaler Posté 13 août 2011 Si on en est pleinement propriétaire sans être signataire d'un contrat qui limite cette possibilité, oui. Mais on n'est pas propriétaire de tout ce qu'on possède. Un locataire possède un droit d'occupation, mais le contrat de bail peut s'opposer à ce qu'il sous-loue, par exemple. De même, dans certaines sociétés commerciales, les parts sociales ne sont pas librement cessibles. Tu chipotes. Le locataire possède ce qui est stipulé dans le contrat. Et de toute façon, ce genre de contrat est nominatif donc ce n'est pas cessible par définition. En fait ce n'est pas ce sens du mot "propriété" que j'avais en tête. Je n'ai d'ailleurs même pas écrit le mot. J'ai écrit "quand on possède un truc". Pour moi la propriété et la possession sont deux choses différentes, et j'ai tendance à me désintéresser complètement de la propriété pour lui préférer la possession. Ceci étant, si je devais m'engager sur ce terrain, je dirais mais qu'il me semble que la cessibilité fait partie intégrante du droit de propriété (je crois que c'est l'abusus, l'aliénation ou un truc du genre). PS. J'ajoute que signer un contrat est un acte nettement plus général que le simple transfert de propriété, qui n'en est qu'un cas particulier. Ainsi un contrat de mariage par exemple, j'ose espérer que ça ne traduit pas un transfert de propriété. Un contrat est un document qui met par écrit l'entente de deux parties concernant leurs actes futurs. Dans certains cas ça permet d'émuler un transfert de propriété, mais pas toujours.
gdm Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 J'ai écrit tout cela sérieusement. Qu'est ce qui vous fait rire dans ce que j'ai écrit?
Chitah Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 J'ai eu une intuition il y a quelques temps mais je ne sais pas si elle est valable. Parfois, un produit est en pénurie, pour des raisons naturelles (mauvaise récolte) ou institutionnelle (fixation d'un prix par l'Etat inférieur au prix où s'équilibrent offre et demande). Comme il faut décider à qui on donne combien, l'action de l'Etat en ce domaine consiste à mettre en place des cartes de rationnement. Plaçons-nous en anarcapie. Parfois, un choix individuel est en pénurie, pour des raisons naturelles (absence d'information, manque de ceci ou cela) ou institutionnelle (l'Etat limite le choix des individus, par exemple en matière d'instruction publique, de voiries, de transport). Comme il faut quand même faire ces choix pour que la société tourne, l'action de l'Etat en ce domaine consiste à mettre en place des cartes de rationnement de choix, appelées cartes d'électeurs. L'analogie peut-elle être utile, est-elle juste?
neuneu2k Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 L'analogie peut-elle être utile, est-elle juste? Ca sonne juste, mais c'est probablement un biais scientiste de ma part.
Invité jabial Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 Une carte d'électeur n'est pas du tout une carte de rationnement de choix. Une carte d'électeur ne permet pas de faire des choix individuels de façon rationnée, elle permet de désigner les personnes qui feront les choix collectifs pour tous. La carte de rationnement des choix, c'est la loi. Elle dit ce qui reste au choix individuel et ce qui est attribué au choix collectif faits par l'Etat.
Nicolas Azor Posté 13 août 2011 Auteur Signaler Posté 13 août 2011 J'ai eu une intuition il y a quelques temps mais je ne sais pas si elle est valable. Parfois, un produit est en pénurie, pour des raisons naturelles (mauvaise récolte) ou institutionnelle (fixation d'un prix par l'Etat inférieur au prix où s'équilibrent offre et demande). Comme il faut décider à qui on donne combien, l'action de l'Etat en ce domaine consiste à mettre en place des cartes de rationnement. Plaçons-nous en anarcapie. Parfois, un choix individuel est en pénurie, pour des raisons naturelles (absence d'information, manque de ceci ou cela) ou institutionnelle (l'Etat limite le choix des individus, par exemple en matière d'instruction publique, de voiries, de transport). Comme il faut quand même faire ces choix pour que la société tourne, l'action de l'Etat en ce domaine consiste à mettre en place des cartes de rationnement de choix, appelées cartes d'électeurs. L'analogie peut-elle être utile, est-elle juste? Moi je trouve cette analogie utile. Avec le rationnement il y a l'idée de distribuer de façon la plus uniforme possible une ressource donnée, en l'occurrence le pouvoir électoral. On rationne l'eau ou la nourriture lorsqu'on en a vraiment très peu et que toute accumulation par certains pourrait entraîner la mort des autres. Je ne pense pas que le pouvoir électoral soit un besoin vital. D'ailleurs, en France près de la moitié des français s'abstiennent aux élections. C'est dire qu'ils peuvent se passer de leur droit de vote. L'alternative économique/logistique au rationnement c'est le marché libre, où on fait confiance au signal prix pour protéger la ressource et gérer les éventuelles pénuries. Dès lors, l'analogie est utile car elle permet de se demander pourquoi on rationne les droits de vote au lieu de laisser un marché s'organiser pour les réguler. PS. parler de pénurie en matière de droit de vote parait étrange, mais bon…
Chitah Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 Une carte d'électeur n'est pas du tout une carte de rationnement de choix. Une carte d'électeur ne permet pas de faire des choix individuels de façon rationnée, elle permet de désigner les personnes qui feront les choix collectifs pour tous. La carte de rationnement des choix, c'est la loi. Elle dit ce qui reste au choix individuel et ce qui est attribué au choix collectif faits par l'Etat. Tu dis cela parce que tu as en tête la plus macro des élections, à savoir la présidentielle. Virtuellement, Sarkoko peut reprendre tous les pouvoirs et faire une présidence impériale. Et en effet, voter pour Sarkoko, c'est voter pour une politique de défense, une politique sociale, une politique culturelle, etc. bref je ne te fais pas la liste des ministères de l'exécutif, tu la connais aussi bien que moi. Donc en ce sens tu as un peu raison. Cependant la réalité est plus complexe. Concernant le niveau juste en-dessous (en terme d'exécutif) du big boss, tu as le Conseil Régional, dont les compétences sont La formation professionnelle, l'aménagement du territoire et des transports, les constructions de lycées notamment. Donc déjà, le choix est plus restreint, et tout cela par ailleurs est un cocktail de compétences cohérents. Je commence à avoir un peu plus raison déjà avec mon analogie. Si je poursuis plus bas, le conseil général, puis l'intercommunalité, puis la commune c'est encore plus juste. Et c'est même totalement juste comme analogie pour un type de vote bien précis, prisé de beaucoup de libéraux et de gens d'extrême-droite, mais qui moi ne me plaît pas du tout. Bref, je ne voulais que proposer une piste de réflexion, une analogie, si c'est pour caricaturer sans examiner, juste pour le plaisir de tout casser…
gdm Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 Tu chipotes. Le locataire possède ce qui est stipulé dans le contrat. Et de toute façon, ce genre de contrat est nominatif donc ce n'est pas cessible par définition. En fait ce n'est pas ce sens du mot "propriété" que j'avais en tête. Je n'ai d'ailleurs même pas écrit le mot. J'ai écrit "quand on possède un truc". Pour moi la propriété et la possession sont deux choses différentes, et j'ai tendance à me désintéresser complètement de la propriété pour lui préférer la possession. Ceci étant, si je devais m'engager sur ce terrain, je dirais mais qu'il me semble que la cessibilité fait partie intégrante du droit de propriété (je crois que c'est l'abusus, l'aliénation ou un truc du genre). PS. J'ajoute que signer un contrat est un acte nettement plus général que le simple transfert de propriété, qui n'en est qu'un cas particulier. Ainsi un contrat de mariage par exemple, j'ose espérer que ça ne traduit pas un transfert de propriété. Un contrat est un document qui met par écrit l'entente de deux parties concernant leurs actes futurs. Dans certains cas ça permet d'émuler un transfert de propriété, mais pas toujours. Dans certains cas, il est utile d'oublier le concept de "propriété sur une chose". Il est préférable alors de parler de certains droits que possèdent plusieurs personnes sur une même chose. Ainsi, une chose possédée par un trust anglo-saxon, n'a aucun propriétaire au sens du droit romain, usus fructus et abusus. Par exemple, un trust organisant un héritage: "Jusqu’à la majorité de l'enfant, un avocat gère le bien. Si l'enfant devient médecin, il hérite du bien, sinon, le bien est donné à une fondation." Cette chose n'a alors aucun propriétaire au sens du droit français, ni au sens du droit romain. C'est le droit anglo-saxon du trust. Ce principe de propriété selon le Droit Romain, et en vigueur en France, est donc erroné.
WBell Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 […] Parfois, un produit est en pénurie, pour des raisons naturelles (mauvaise récolte) ou institutionnelle (fixation d'un prix par l'Etat inférieur au prix où s'équilibrent offre et demande). […] Une question en apparté, par rapport au sujet originel du fil : la fixation d'un prix inférieur provoque à la longue la pénurie du produit. Mais je me suis toujours dit que la fixation d'un prix supérieur amenait aussi à une pénurie. Est-ce que c'est effectivement le cas ?
gdm Posté 13 août 2011 Signaler Posté 13 août 2011 Une question en apparté, par rapport au sujet originel du fil : la fixation d'un prix inférieur provoque à la longue la pénurie du produit. Mais je me suis toujours dit que la fixation d'un prix supérieur amenait aussi à une pénurie. Est-ce que c'est effectivement le cas ? Si l'Etat fixe un prix minimal, il y moins de demandeurs. Donc certains offreurs ne parviennent pas à vendre leur production. exemple: le salaire minimal. Les vendeurs de travail deviennent chômeurs car ils vendent moins facilement leur travail. Si l'Etat fixe un prix maximal, il y a moins d'offreurs. Donc certains demandeurs ne parviennent pas à trouver à acheter. exemple: Le prix maximum du pain sous Robespierre a provoqué la famine. Tout cela s'exprime mieux sur un graphique offre/demande.
WBell Posté 14 août 2011 Signaler Posté 14 août 2011 @gdm: merci. Donc au final, la fixation d'un plancher ou d'un plafond amène toujours à une pénurie (même si d'ordre différent).
gdm Posté 14 août 2011 Signaler Posté 14 août 2011 @gdm: merci. Donc au final, la fixation d'un plancher ou d'un plafond amène toujours à une pénurie (même si d'ordre différent). Pas toujours. Un salaire minimal de 1 euro de l'heure n'induirait que peu de conséquences économiques. Certains socialistes pensent que l'effet du salaire minimal n'induirait pas de pénurie mais forcerait à verser un salaire plus décent. Selon eux, ce salaire minimal oblige seulement à éviter un employeur d'abuser de la supposée bêtise et de la supposée faiblesse des salariés. On voit ici à quel point un socialiste méprise le peuple et a l'arrogance de se croire intellectuellement et moralement supérieur aux autres. On peut trouver de nombreux cas particuliers où un salaire de 1 euro de heure serait justifié et apprécié de l'employeur et de l'employé. De même, un prix maximal du pain très au dessus du prix du marché n'induira des pénuries que dans des circonstances exceptionnelles. Ainsi nul ne fera de stock de blé en prévision d'une très mauvaise récolte puisqu'il ne pourra pas vendre son blé suffisamment cher cette année là. En effet, stocker du blé est un coût et un risque important.
Marlenus Posté 14 août 2011 Signaler Posté 14 août 2011 Pas toujours. Un salaire minimal de 1 euro de l'heure n'induirait que peu de conséquences économiques. Certains socialistes pensent que l'effet du salaire minimal n'induirait pas de pénurie mais forcerait à verser un salaire plus décent. Selon eux, ce salaire minimal oblige seulement à éviter un employeur d'abuser de la supposée bêtise et de la supposée faiblesse des salariés. On voit ici à quel point un socialiste méprise le peuple et a l'arrogance de se croire intellectuellement et moralement supérieur aux autres. On peut trouver de nombreux cas particuliers où un salaire de 1 euro de heure serait justifié et apprécié de l'employeur et de l'employé. Justifié, je ne sais pas. Apprécié, oui si on enlève enfin le welfare système. Sans RSA, allocation diverses, sécu, etc. Oui les gens se bougeraient pour bosser, même pour 1€ de l'heure. Cela se voit dans les pays où tout cela n'existe pas. Le problème c'est que les français (et les occidentaux en général), se sentent supérieurs aux africains et aux chinois et ne veulent pas vivre dans leur conditions de vie.
Invité jabial Posté 14 août 2011 Signaler Posté 14 août 2011 Pas toujours. Un salaire minimal de 1 euro de l'heure n'induirait que peu de conséquences économiques. Certains socialistes pensent que l'effet du salaire minimal n'induirait pas de pénurie mais forcerait à verser un salaire plus décent. Selon eux, ce salaire minimal oblige seulement à éviter un employeur d'abuser de la supposée bêtise et de la supposée faiblesse des salariés. On voit ici à quel point un socialiste méprise le peuple et a l'arrogance de se croire intellectuellement et moralement supérieur aux autres. On peut trouver de nombreux cas particuliers où un salaire de 1 euro de heure serait justifié et apprécié de l'employeur et de l'employé. De même, un prix maximal du pain très au dessus du prix du marché n'induira des pénuries que dans des circonstances exceptionnelles. Ainsi nul ne fera de stock de blé en prévision d'une très mauvaise récolte puisqu'il ne pourra pas vendre son blé suffisamment cher cette année là. En effet, stocker du blé est un coût et un risque important. Hahaha la bonne blague. Oui c'est certain, si on fixe un plancher à un centime et un plafond à un milliard, ça n'a pas d'effet néfaste… précisément parce que ça a exactement le même effet que de ne pas fixer de plancher ou de plafond. Le problème c'est qu'on commence comme ça et puis ensuite l'étau se resserre. Tous les impôts "temporaires et minimaux" ont fini par devenir définitifs et maximaux.
gdm Posté 14 août 2011 Signaler Posté 14 août 2011 Hahaha la bonne blague. Oui c'est certain, si on fixe un plancher à un centime et un plafond à un milliard, ça n'a pas d'effet néfaste… précisément parce que ça a exactement le même effet que de ne pas fixer de plancher ou de plafond. Le problème c'est qu'on commence comme ça et puis ensuite l'étau se resserre. Tous les impôts "temporaires et minimaux" ont fini par devenir définitifs et maximaux. Oui, un libertarien refuse le principe que l'Etat impose un prix minimal ou un prix maximal. La faute est dans cette intrusion inacceptable de l'Etat dans le secret d'une transaction privée, dans un contrat privé entre deux individus responsables. Le prétexte de l'Etat est de protéger l'un contre un hypothétique abus de l'autre. La réalité est que l'Etat crée des illusions pour que le peuple accepte mieux ses prédations fiscales. L'illusion d'une taxe faible qui grossit ensuite est un procédé classique de l'illusion fiscale.
François Posté 15 août 2011 Signaler Posté 15 août 2011 Justifié, je ne sais pas. Apprécié, oui si on enlève enfin le welfare système. Sans RSA, allocation diverses, sécu, etc. Oui les gens se bougeraient pour bosser, même pour 1€ de l'heure. Cela se voit dans les pays où tout cela n'existe pas. Le problème c'est que les français (et les occidentaux en général), se sentent supérieurs aux africains et aux chinois et ne veulent pas vivre dans leur conditions de vie. Sur un autre forum (où l'on ne se ferait pas siffler si l'on disait que Mélanchon est un peu à droite) on a raconté l'histoire suivante: Sophie de Menthon aurait dit (radio ou tv ?) avoir vécu l'anecdote suivant. Sur un quai de gare un type lui demande une pièce; elle lui propose de lui donner un € si il lui porte sa valise à sa place et il lui répond dignement: "je suis un mendiant, pas un larbin". C'est un bon indicateur de positionnement politique de l'interlocuteur selon sa réaction quand on le lui raconte, entre le bravo et l'indignation.
Rincevent Posté 15 août 2011 Signaler Posté 15 août 2011 Sur un autre forum (où l'on ne se ferait pas siffler si l'on disait que Mélanchon est un peu à droite) on a raconté l'histoire suivante: Sophie de Menthon aurait dit (radio ou tv ?) avoir vécu l'anecdote suivant. Sur un quai de gare un type lui demande une pièce; elle lui propose de lui donner un € si il lui porte sa valise à sa place et il lui répond dignement: "je suis un mendiant, pas un larbin". C'est un bon indicateur de positionnement politique de l'interlocuteur selon sa réaction quand on le lui raconte, entre le bravo et l'indignation. Manifestement, le prix n'était pas assez élevé.
gdm Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Sur un autre forum (où l'on ne se ferait pas siffler si l'on disait que Mélanchon est un peu à droite) on a raconté l'histoire suivante: Sophie de Menthon aurait dit (radio ou tv ?) avoir vécu l'anecdote suivant. Sur un quai de gare un type lui demande une pièce; elle lui propose de lui donner un € si il lui porte sa valise à sa place et il lui répond dignement: "je suis un mendiant, pas un larbin". C'est un bon indicateur de positionnement politique de l'interlocuteur selon sa réaction quand on le lui raconte, entre le bravo et l'indignation. Le Code du Travail interdit d'embaucher ainsi un inconnu dans la rue en lui donnant une pièce. Quid de la cotisation retraite? De plus la salaire proposé était inférieure aux obligations légales. Un salarié considère que l'employeur lui manque de respect si l'employeur ne respecte pas ses droits légaux. Le refus du mendiant provient donc, amha, directement de l'influence du Code du Travail sur les relations conflictuelles employeur-employé.
Chitah Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Le Code du Travail interdit d'embaucher ainsi un inconnu dans la rue en lui donnant une pièce. Quid de la cotisation retraite? De plus la salaire proposé était inférieure aux obligations légales. Un salarié considère que l'employeur lui manque de respect si l'employeur ne respecte pas ses droits légaux. Le refus du mendiant provient donc, amha, directement de l'influence du Code du Travail sur les relations conflictuelles employeur-employé. Mouais. Bof.
François Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Le Code du Travail interdit d'embaucher ainsi un inconnu dans la rue en lui donnant une pièce. Quid de la cotisation retraite? De plus la salaire proposé était inférieure aux obligations légales. Un salarié considère que l'employeur lui manque de respect si l'employeur ne respecte pas ses droits légaux. Le refus du mendiant provient donc, amha, directement de l'influence du Code du Travail sur les relations conflictuelles employeur-employé. C'est certes tout à fait possible, bien que, à titre personnel, je pense qu'il s'agit surtout du mépris dans lequel le français a tendance à tenir le "service au client" et les activités de service à la personne, d'où découle la dénomination de "petit boulot" pour désigner l'équipier de McDo. D'autre part, une de mes soeurs, hispanisante distinguée, m'a fait remarquer en riant qu'elle verrait bien cette réaction chez les personnages de la littérature picaresque espagnole, et j'en suis bien d'accord.
Marlenus Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Peut-être pense-t-on qu'une telle possibilité mènerait à une forme de ploutocratie. Oui, je n'ai aucun doute là-dessus. Seulement je pense que la ploutocratie, c'est une forme particulière de démocratie, mais c'est toujours une démocratie. Et c'est amha nettement meilleur. Dans ce cas le suffrage censitaire, n'est-il pas meilleur?
Nicolas Azor Posté 16 août 2011 Auteur Signaler Posté 16 août 2011 Dans ce cas le suffrage censitaire, n'est-il pas meilleur? Le suffrage censitaire c'est l'imposition par la loi d'un prix fixe pour le droit de vote. D'un point de vue libéral, ce n'est jamais une bonne idée que de vouloir fixer un prix par décret. Le cens n'a pas à être fixé autrement que par le marché.
gdm Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Mouais. Bof. Le salaire minimum légal est de 10 euros net. Un particulier devra proposer dix euros horaire pour être aidé par un travailleur et qu'il paye "au noir", en espèces, c'est à dire, sans aucune déclaration à l'Administration. Que le travailleur, "au noir", soit bon ou moins bon, ce tarif de 10 euros s'impose. Sinon, le travailleur se sentira insulté de travailler à 9 euros de l'heure. L'Etat, en imposant un salaire minimal, a crée une norme sociale d'indignité. Un salaire inférieur à 10 euros horaire est devenu indigne d'un être humain.
fryer Posté 16 août 2011 Signaler Posté 16 août 2011 Le salaire minimum légal est de 10 euros net. Faux, le SMIC est à 9e brut/heure.
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