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L'anniversaire de la honte


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Malgré le titre, ce n'est pas Roger qui a créé ce fil.

Il y a 50 ans jour pour jour, des arabes ont été jetés dans la Seine. Un détail intéressant sur cette affaire : les manifestants pacifiques ont tous été désarmés par la police. C'est le même protocole qu'avait subit les manifestants du Bloody Sunday

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En effet. Des types ont été tués dans la cour de la préfecture de Police de Paris, dirigée alors par le sinistre Maurice Papon. :( Ce qu'il y a de plus choquant c'est le black-out total sur cette affaire, jusqu'au procès de Papon justement…

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Malgré le titre, ce n'est pas Roger qui a créé ce fil.

Il y a 50 ans jour pour jour, des arabes ont été jetés dans la Seine. Un détail intéressant sur cette affaire : les manifestants pacifiques ont tous été désarmés par la police. C'est le même protocole qu'avait subit les manifestants du Bloody Sunday

Je pense que chaque jour du calendrier pourrait être la commémoration d'un massacre.

Le 17 octobre c'est aussi le commencement du siège de Sébastopol de 1854 qui fit plus de 70.000 morts et blessés.

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Gné !?

Tu as bien fait de me reprendre car ça m'a obligé de revérifier, mais ce n'est pas cette partie là de mon post qui pose problème. Ce n'est pas la police qui a désarmé les manifestants (comme je le croyais) mais les leaders de la manif qui voulaient qu'elle soit la plus pacifique possible (présence de femmes et enfants, le cortège ne doit pas déborder des trottoirs pour ne pas gêner la circulation). Cette manif n'est donc pas similaire au Bloody Sunday mais de celles de Martin Luther King qui lui aussi imposait le désarmement (et ses manifs dégénéraient) alors que celles d'un autre leader des Civil Rights (Williams, un défenseur de l'autodéfense) se déroulaient plus paisiblement.

7U3spArjhUA

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En effet. Des types ont été tués dans la cour de la préfecture de Police de Paris, dirigée alors par le sinistre Maurice Papon. :( Ce qu'il y a de plus choquant c'est le black-out total sur cette affaire, jusqu'au procès de Papon justement…

Je ne suis pas ici pour prendre la défense de Papon mais il est tout de même bizarre que depuis son procès on ne parle plus de ceux qui ont donné les ordres dans cette affaire et qu'il restait à ce poste jusqu'en 1967, donc je pense qu'il donnait satisfaction.

Des préfets de police peu glorieux il y en a eu et Papon n'est pas le pire, et je rappellerai juste et sans vouloir créer de polémique qu'il n'était que le No3 de la préfecture de Gironde, et qu'il fut accusé et condamné pour un crime n'existant pas au moment des faits bafouant ainsi les droits de tout justiciable, et que finalement son seul tort par rapport à beaucoup d'autres c'est d'avoir vécu aussi vieux.

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Maurice Papon, humaniste et philosophe, et défenseur de la toute eichmannienne éthique de la responsabilité. Ceci étant dit, il faut pas pousser non plus le bouchon : tout n'est pas sujet à l'autoflagellation. 1961, c'est la guerre, et la manif est organisée par le FLN, qui ne s'est jamais posé de problèmes de morale quand il s'est agit de mettre en première ligne des femmes et des enfants.

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Maurice Papon, humaniste et philosophe, et défenseur de la toute eichmannienne éthique de la responsabilité. Ceci étant dit, il faut pas pousser non plus le bouchon : tout n'est pas sujet à l'autoflagellation. 1961, c'est la guerre, et la manif est organisée par le FLN, qui ne s'est jamais posé de problèmes de morale quand il s'est agit de mettre en première ligne des femmes et des enfants.

Saluons néanmoins le courage de ceux qui, 50 ans après, décernent des médailles et des coups de baton depuis leur canapé, sans être rebutés par le fait de ne pas connaitre grand chose à la période.

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Maurice Papon, humaniste et philosophe, et défenseur de la toute eichmannienne éthique de la responsabilité. Ceci étant dit, il faut pas pousser non plus le bouchon : tout n'est pas sujet à l'autoflagellation. 1961, c'est la guerre, et la manif est organisée par le FLN, qui ne s'est jamais posé de problèmes de morale quand il s'est agit de mettre en première ligne des femmes et des enfants.

La guerre entre le FLN et le MNA a fait des centaines de morts en France (je crois me rappeler du chiffre de 3000, mais je me trompe peut-être) et au total 10 000.

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La guerre entre le FLN et le MNA a fait des centaines de morts en France (je crois me rappeler du chiffre de 3000, mais je me trompe peut-être) et au total 10 000.

'tain ! presque autant que la canicule 2003 !

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Maurice Papon, humaniste et philosophe, et défenseur de la toute eichmannienne éthique de la responsabilité. Ceci étant dit, il faut pas pousser non plus le bouchon : tout n'est pas sujet à l'autoflagellation. 1961, c'est la guerre, et la manif est organisée par le FLN, qui ne s'est jamais posé de problèmes de morale quand il s'est agit de mettre en première ligne des femmes et des enfants.

oui, 1961 c'était la guerre en ALGERIE. La manifestation avait lieu à PARIS (en FRANCE donc).

Ce qui est choquant dans ce massacre, ce n'est pas qu'il ait été commis. Enfin, si mais c'est presque secondaire. Ce qui est problèmatique, c'est qu'il n'a eu pratiquement aucun écho sur l'instant. Grosso modo, la presse en 1961, dans le pays qui se considérait déjà à l'époque comme la patrie des droits de l'homme ne faisait pas son travail.

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oui, 1961 c'était la guerre en ALGERIE. La manifestation avait lieu à PARIS (en FRANCE donc).

Ce qui est choquant dans ce massacre, ce n'est pas qu'il ait été commis. Enfin, si mais c'est presque secondaire. Ce qui est problèmatique, c'est qu'il n'a eu pratiquement aucun écho sur l'instant. Grosso modo, la presse en 1961, dans le pays qui se considérait déjà à l'époque comme la patrie des droits de l'homme ne faisait pas son travail.

Enfin, l'intervention militaire impliquait et la France, et l'Algérie : le fln et l'oas frappaient aussi en métropole. Et d'ailleurs c'est aussi parce que les flics parisiens étaient particulièrement remontés contre les attentats du fln à Paris qu'ils s'en sont donnés à cœur joie à ce moment là. L'Humanité, la CGT et le Monde en ont parlé et ont réclamé une enquête parlementaire qui il me semble n'a jamais été ouverte. Je salue au passage la finesse tactique de nos bons amis communistes sur le coup, au regard du piège politique que fut cette manif, et qui, au regard des réactions des uns et des autres, fonctionne encore admirablement.

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Enfin, l'intervention militaire impliquait et la France, et l'Algérie : le fln et l'oas frappaient aussi en métropole. Et d'ailleurs c'est aussi parce que les flics parisiens étaient particulièrement remontés contre les attentats du fln à Paris qu'ils s'en sont donnés à cœur joie à ce moment là. L'Humanité, la CGT et le Monde en ont parlé et ont réclamé une enquête parlementaire qui il me semble n'a jamais été ouverte. Je salue au passage la finesse tactique de nos bons amis communistes sur le coup, au regard du piège politique que fut cette manif, et qui, au regard des réactions des uns et des autres, fonctionne encore admirablement.

C'était la guerre. A la guerre on tue des gens. Ce n'est pas cela que je conteste. C'est l'absence d'information.

Dire que l'humanité en a parlé, c'est tout à fait faux. Tiens, l'humanité dans un retour sur les pages glorieuses de son histoire a repris les fac-similés de ces journaux de l'époque. C'est ici : http://www.humanite.fr/medias/ce-que-l%E2%80%99humanite-publiait-en-octobre-1961-481780

On parle de manifestation, pas de massacre…

Un éditorial du monde du 19 octobre : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/archives-du-monde-19-octobre-1961-une-double-polarisation-par-jacques-fauvet_1588173_3224.html

La aussi, pas un mot sur le massacre.

Alors, il y avait sans doute une censure à l'époque. Mais enfin, au moins, pendant la guerre de 14-18 les journaux qui étaient censurés avait au moins le courage de le dire. C'est à cette époque que sauf erreur de ma part, que le canard est devenu enchainé. Là, en 61, nos journalistes ne le disaient plus.

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Enfin, l'intervention militaire impliquait et la France, et l'Algérie : le fln et l'oas frappaient aussi en métropole. Et d'ailleurs c'est aussi parce que les flics parisiens étaient particulièrement remontés contre les attentats du fln à Paris qu'ils s'en sont donnés à cœur joie à ce moment là. L'Humanité, la CGT et le Monde en ont parlé et ont réclamé une enquête parlementaire qui il me semble n'a jamais été ouverte. Je salue au passage la finesse tactique de nos bons amis communistes sur le coup, au regard du piège politique que fut cette manif, et qui, au regard des réactions des uns et des autres, fonctionne encore admirablement.

+1 En plus on assiste comme toujours à une mémoire sélective des massacres. Autant le massacre de ces Algériens est dégueulasse, autant cette mémoire sélective est répugnante. De quoi se rappelle-t-on : de ce qui entre dans nos petites cases… et quand bien même nous croyons avoir de la compassion pour ces victimes nous n'aimons trop souvent que nos préjugés.

C'était la guerre. A la guerre on tue des gens. Ce n'est pas cela que je conteste. C'est l'absence d'information.

Dire que l'humanité en a parlé, c'est tout à fait faux. Tiens, l'humanité dans un retour sur les pages glorieuses de son histoire a repris les fac-similés de ces journaux de l'époque. C'est ici : http://www.humanite.fr/medias/ce-que-l%E2%80%99humanite-publiait-en-octobre-1961-481780

On parle de manifestation, pas de massacre…

Un éditorial du monde du 19 octobre : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/archives-du-monde-19-octobre-1961-une-double-polarisation-par-jacques-fauvet_1588173_3224.html

La aussi, pas un mot sur le massacre.

Alors, il y avait sans doute une censure à l'époque. Mais enfin, au moins, pendant la guerre de 14-18 les journaux qui étaient censurés avait au moins le courage de le dire. C'est à cette époque que sauf erreur de ma part, que le canard est devenu enchainé. Là, en 61, nos journalistes ne le disaient plus.

Pour le canard enchainé, le nom date de sa création en 1915.

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Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, par le biais d’une machination particulièrement bien orchestrée, policiers, gendarmes mobiles, CRS et Harkis engagés le 17 octobre 1961 à Paris dans une opération de maintien de l’ordre, sont devenus des agresseurs accusés d’avoir massacré 300 manifestants algériens, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300.Tous les ans depuis 1991, ceux que le FLN désigne sous le nom de « Frères des Frères », organisent à grand renfort médiatique une cérémonie à la mémoire des « Martyrs Algériens » du 17 octobre 1961. Au mois d’octobre 2000, les « Frères des Frères » ont créé l’ « Association 1961 contre l’oubli ».Cette année, la commémoration a pris un éclat particulier avec la présence du candidat socialiste aux futures élections présidentielles lequel a lancé une rose rouge à la Seine en mémoire des manifestants qui y auraient été noyés…

Or, contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris.Revenons aux faits. Nous sommes en pleine guerre d’Algérie et le FLN qui cherche à prendre le contrôle de la communauté algérienne vivant en France organise une manifestation surprise et clandestine devant converger vers la Place de la Concorde et l’Elysée afin de montrer sa force et pour peser sur les pourparlers de paix qui ont lieu à Evian.Assaillis de toutes parts, les 1300 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non 7000 comme cela est toujours dit, firent preuve d’un grand sang-froid et d’un immense professionnalisme se traduisant par un bilan des pertes « modéré » dans de telles circonstances.

Contre les affirmations des complices du FLN et des auteurs militants, les archives de l’Institut Médico Légal de Paris, la Morgue, sont pleines d’enseignements. Le Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961, nous apprend ainsi que du 1° au 30 octobre 1961, 90 corps de « NA » , Nord-africains selon la terminologie officielle de l’époque, sont entrés à l’Institut médico légal, la plupart étant d’ailleurs des victimes du FLN…Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ». Et pour cause, le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, une seule victime fut à déplorer dans le périmètre de la manifestation, et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé et dont rien ne permet de dire que ce fut par la police. En dehors du périmètre de la manifestation « seuls » 2 morts furent à déplorer, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune étranglé gisant dans une camionnette, également à Puteaux.

Certes, nous dit-on, mais les morts ont été déposés à la morgue les jours suivants. Or, et une fois encore, ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’IML car, entre le 18 et le 21 octobre, seuls 4 cadavres de « NA » (Nord-africains) furent admis à la Morgue :- le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.- le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.- le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Soit du 17 au 21 octobre, 7 morts, dont deux seulement peuvent être imputés aux forces de police. Nous voilà bien loin des 300 morts avancés par certains… Ces chiffres prennent toute leur signification si nous nous reportons au début du mois d’octobre. Ainsi, entre le 1er et le 3 octobre, 24 corps de « N.A » entrèrent à l’IML, victimes de la guerre inexpiable que le FLN menait contre ses opposants partisans de l’Algérie française ou du MNA de Messali Hadj. Pour mémoire, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, les tueurs du FLN assassinèrent en France métropolitaine 6000 Algériens et en blessèrent 9000.Pour mémoire encore, le 26 mars 1962, devant la Grande Poste de la rue d’Isly à Alger, les forces de l’ordre ne firent pas preuve de la même retenue que le 17 octobre à Paris quand elles ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés. Sur ces victimes, réelles celles-là, la mémoire sélective a jeté le voile de l’oubli.

Bernard Lugan18/10/2011

http://bernardlugan….opos-de-la.html

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Alors, il y avait sans doute une censure à l'époque. Mais enfin, au moins, pendant la guerre de 14-18 les journaux qui étaient censurés avait au moins le courage de le dire. C'est à cette époque que sauf erreur de ma part, que le canard est devenu enchainé. Là, en 61, nos journalistes ne le disaient plus.
Pour le canard enchainé, le nom date de sa création en 1915.

Le Canard est né comme "Canard déchaîné" ; c'est après un court temps de parution, au cours de la Première Guerre Mondiale, que l'Etat lui a intenté un procès (pour avoir révélé des secrets militaires, me semble-t-il), et que le Canard a perdu, et a décidé de changer de nom. Le seul procès que le Canard ait jamais perdu, je crois.

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Le seul procès que le Canard ait jamais perdu, je crois.

L'astuce, qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que le journal dit ne raconter que des nouvelles fausses. Ils ont quand même du perdre leur lot de procès àma.

J'aime bien le journal satirique anglais au passage, private eye, mais il faut avoir un très bon anglais, une bonne connaissance de la politique de là-bas et beaucoup de méchanceté pour apprécier pleinement. Je ne sais plus si tu avais aimé ceux que je t'avais montré à toi et Sekonda.

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J'avais oublié de répondre à ça. Cet article de Lugan est faiblard. Toute son argumentation se fonde seulement sur les chiffres de la morgue, de plus sans aborder la question de savoir si ces chiffres sont pertinents et non faussés. Aussi on ne trouve pas de références aux historiens spécialisés sur l'évènement dont aucun ne nie le massacre tout en divergeant de façon importante sur le nombre de victimes.

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J'avais oublié de répondre à ça. Cet article de Lugan est faiblard. Toute son argumentation se fonde seulement sur les chiffres de la morgue, de plus sans aborder la question de savoir si ces chiffres sont pertinents et non faussés. Aussi on ne trouve pas de références aux historiens spécialisés sur l'évènement dont aucun ne nie le massacre tout en divergeant de façon importante sur le nombre de victimes.

oui je suis d'accord, c'était pour proposer un autre son de cloche. Ce que je retiens c'est que le chiffre des victimes varie beaucoup selon les estimations (dizaines ou centaines ?) , et que certains parlent d'arabes tués par le FLN ou par les policiers en légitime défense. Difficile de tirer des conclusions.

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J'avais oublié de répondre à ça. Cet article de Lugan est faiblard. Toute son argumentation se fonde seulement sur les chiffres de la morgue, de plus sans aborder la question de savoir si ces chiffres sont pertinents et non faussés. Aussi on ne trouve pas de références aux historiens spécialisés sur l'évènement dont aucun ne nie le massacre tout en divergeant de façon importante sur le nombre de victimes.

Lugan a effectivement tendance à exagérer dans l'autre sens, ce qui peut s'expliquer quand on sait d'où il parle, comme disent les gauchistes.

Pour revenir sur l'évènement en question, j'y vois un magnifique piège à cons dans la plus pure tradition de la guerre subversive : une organisation révolutionnaire radicalise la population civile qui lui serre de base arrière en sa faveur en poussant l'ennemi occupant à la faute (en la chauffant par exemple en multipliant les attentats spectaculaires contre ses représentants) : dans tous les cas, c'est win-win : si la puissance occupante ne réprime pas, ça devient une démonstration de puissance pour l'organisation révolutionnaire et/ou terroriste. Si elle réprime, elle attire à elle la sympathie de la population civile qui, en réagissant à travers ses catégories morales ordinaires, repousse avec horreur la démonstration de force et tend à se jeter dans les bras de l'orga (qui devient imaginairement l'outil de délivrance du peuple en question).

Méthode éprouvée, qu'on retrouve régulièrement dans l'histoire des mouvements terroristes/de libération : par exemple avec l'attentat de l'Irgoun contre l'hôtel King David en 46, qui visait à monter l'occupant britannique contre la population israélienne, et donc en retour à radicaliser ladite population contre l'occupant et en faveur du mouvement de libération en question. Même chose en France en 41 avec Pierre Georges dit "le colonel Fabien", qui dézingue un militaire allemand juste histoire de déclencher une répression dans la population française (et donc paraître un peu plus tard comme le mouvement de résistance "naturel" contre l'oppresseur allemand). Toujours dans le même esprit, Saddam Hussein en 91 qui invite dans son palais royal des civils (enfin surtout des enfants) histoire de pousser les américains à la faute, exactement de la même manière : si les ricains bombardent, le tyran devient aux yeux de sa population le défenseur naturel du peuple irakien, s'ils ne bombardent pas, il pourra toujours le présenter comme une démonstration de force. J'aurai pu aussi pu parler de la "flottille de la paix", dans le même genre.

Un piège à cons qui marche à tous les coups je vous dis ma bonne dame, il faut lire Mao, Galula et Trinquier pour s'en convaincre.

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Lugan a effectivement tendance à exagérer dans l'autre sens, ce qui peut s'expliquer quand on sait d'où il parle, comme disent les gauchistes.

+1

Pour revenir sur l'évènement en question, j'y vois un magnifique piège à cons dans la plus pure tradition de la guerre subversive : une organisation révolutionnaire radicalise la population civile qui lui serre de base arrière en sa faveur en poussant l'ennemi occupant à la faute (en la chauffant par exemple en multipliant les attentats spectaculaires contre ses représentants) : dans tous les cas, c'est win-win : si la puissance occupante ne réprime pas, ça devient une démonstration de puissance pour l'organisation révolutionnaire et/ou terroriste. Si elle réprime, elle attire à elle la sympathie de la population civile qui, en réagissant à travers ses catégories morales ordinaires, repousse avec horreur la démonstration de force et tend à se jeter dans les bras de l'orga (qui devient imaginairement l'outil de délivrance du peuple en question).

Méthode éprouvée, qu'on retrouve régulièrement dans l'histoire des mouvements terroristes/de libération : par exemple avec l'attentat de l'Irgoun contre l'hôtel King David en 46, qui visait à monter l'occupant britannique contre la population israélienne, et donc en retour à radicaliser ladite population contre l'occupant et en faveur du mouvement de libération en question. Même chose en France en 41 avec Pierre Georges dit "le colonel Fabien", qui dézingue un militaire allemand juste histoire de déclencher une répression dans la population française (et donc paraître un peu plus tard comme le mouvement de résistance "naturel" contre l'oppresseur allemand). Toujours dans le même esprit, Saddam Hussein en 91 qui invite dans son palais royal des civils (enfin surtout des enfants) histoire de pousser les américains à la faute, exactement de la même manière : si les ricains bombardent, le tyran devient aux yeux de sa population le défenseur naturel du peuple irakien, s'ils ne bombardent pas, il pourra toujours le présenter comme une démonstration de force. J'aurai pu aussi pu parler de la "flottille de la paix", dans le même genre.

Un piège à cons qui marche à tous les coups je vous dis ma bonne dame, il faut lire Mao, Galula et Trinquier pour s'en convaincre.

C'est une méthode explicite des mouvements terroristes d'extrême-gauche : en poussant l'Etat a user de violence, on montre son "vrai visage".

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Lugan a effectivement tendance à exagérer dans l'autre sens, ce qui peut s'expliquer quand on sait d'où il parle, comme disent les gauchistes.

Pour revenir sur l'évènement en question, j'y vois un magnifique piège à cons dans la plus pure tradition de la guerre subversive : une organisation révolutionnaire radicalise la population civile qui lui serre de base arrière en sa faveur en poussant l'ennemi occupant à la faute (en la chauffant par exemple en multipliant les attentats spectaculaires contre ses représentants) : dans tous les cas, c'est win-win : si la puissance occupante ne réprime pas, ça devient une démonstration de puissance pour l'organisation révolutionnaire et/ou terroriste. Si elle réprime, elle attire à elle la sympathie de la population civile qui, en réagissant à travers ses catégories morales ordinaires, repousse avec horreur la démonstration de force et tend à se jeter dans les bras de l'orga (qui devient imaginairement l'outil de délivrance du peuple en question).

Méthode éprouvée, qu'on retrouve régulièrement dans l'histoire des mouvements terroristes/de libération : par exemple avec l'attentat de l'Irgoun contre l'hôtel King David en 46, qui visait à monter l'occupant britannique contre la population israélienne, et donc en retour à radicaliser ladite population contre l'occupant et en faveur du mouvement de libération en question. Même chose en France en 41 avec Pierre Georges dit "le colonel Fabien", qui dézingue un militaire allemand juste histoire de déclencher une répression dans la population française (et donc paraître un peu plus tard comme le mouvement de résistance "naturel" contre l'oppresseur allemand). Toujours dans le même esprit, Saddam Hussein en 91 qui invite dans son palais royal des civils (enfin surtout des enfants) histoire de pousser les américains à la faute, exactement de la même manière : si les ricains bombardent, le tyran devient aux yeux de sa population le défenseur naturel du peuple irakien, s'ils ne bombardent pas, il pourra toujours le présenter comme une démonstration de force. J'aurai pu aussi pu parler de la "flottille de la paix", dans le même genre.

Un piège à cons qui marche à tous les coups je vous dis ma bonne dame, il faut lire Mao, Galula et Trinquier pour s'en convaincre.

C'est au fond une régularité de la diplomatie : mettre l'ennemi devant des alternatives insolubles, en particulier celle de choisir entre ses grands principes et sa sauvegarde. Ainsi les Nord-Vietnamiens lançaient leurs attaques depuis le Cambodge, laissant le choix aux Américains de se laisser faire ou provoquer une catastrophe humanitaire en se défendant. Ainsi de Hitler d'annexer les pays voisins au nom du droit des peuples à disposer d'eux-même en laissant aux démocraties le choix de l'affaiblissement ou de la sauvegarde dans la violation des principes.

L'opinion publique reprochera au pouvoir d'avoir négligé les préoccupations humanitaires et les principes au bénéfice de sa préservation sans réaliser que c'est sa propre puissance à elle, l'opinion publique, qui a fait que l'ennemi a mis dans le jeu ce qu'elle ne veut pas compromettre. Ainsi des Algériens massacrés à Paris en 1961 : sont-ils victimes du pouvoir ou d'une mécanique qui trouve son origine dans l'humanitarisme de l'opinion publique ?

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C'est une méthode explicite des mouvements terroristes d'extrême-gauche : en poussant l'Etat a user de violence, on montre son "vrai visage".

Tous les mouvements de libération et/ou terroristes y ont recours : la militarisation de l'IRA, la stratégie de la tension en Italie, etc, ce qui a entraîné l'apparition des doctrines de contre-insurrection qui sont actuellement à l'honneur dans les états-majors occidentaux : l'enjeu de ce piège à cons est de conquérir les esprits et les cœurs, pour reprendre la formule consacrée, et cela à n'importe quel prix, y compris au prix du sacrifice des populations civiles (et de la vérité).

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L'opinion publique reprochera au pouvoir d'avoir négligé les préoccupations humanitaires et les principes au bénéfice de sa préservation sans réaliser que c'est sa propre puissance à elle, l'opinion publique, qui a fait que l'ennemi a mis dans le jeu ce qu'elle ne veut pas compromettre. Ainsi des Algériens massacrés à Paris en 1961 : sont-ils victimes du pouvoir ou d'une mécanique qui trouve son origine dans l'humanitarisme de l'opinion publique ?

L'argument aurait une once de validité, si la france en abandonnant l'algérie ou les USA en quittant le vietnam avaient disparus. A ma connaissance, cela n'a pas été le cas.

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L'argument aurait une once de validité, si la france en abandonnant l'algérie ou les USA en quittant le vietnam avaient disparus. A ma connaissance, cela n'a pas été le cas.

Regarde mieux. Déjà les deux guerres sont perdues. Mais ce n'est pas tout. Dans le cas de la France, le régime a sauté, des départements ont disparus et des populations ont été déplacées. Je précise pour m'épargner un mauvais procès que, comme Aron, je pense qu'il était juste que l'Algérie devienne indépendante.

Dans le cas des USA, l'allié sud-vietnamien s'est fait abattre, sachant qu'il s'agissait d'une réelle entité politique et pas d'un pantin comme se le racontent entre eux nos amis gauchistes. Les effets néfastes de la défaite dans la guerre du Vietnam sont largement tempérés heureusement par l'alliance sino-américaine.

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Dans le cas des USA, l'allié sud-coréen s'est fait abattre, sachant qu'il s'agissait d'une réelle entité politique et pas d'un pantin comme se le racontent entre eux nos amis gauchistes.

Sud-vietnamien, veux-tu sans doute dire (même si il y avait quelques coréens sur place).

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