alpha42

Étalon Or : Mise En Place En Pratique

226 messages dans ce sujet

Je me pose des questions sur la mise en place en pratique de l'étalon-or. (Et je n'ai pas trouvé ma réponse dans la liste sur la page WIkibéral.)

 

Supposons que la BCE décide de baser la valeur de l'euro sur l'or. Comment faudrait-il établir la parité euro/or ? Imaginons qu'on prenne le cours actuel de l'or en euros. Si on demande à échanger ses euros contre de l'or la BCE peut acheter l'or correspondant sur le marché. Tout va bien. Mais si le cours de l'or augmente ? La BCE ne pourra pas échanger nos euros ? Ou alors faut-il imaginer que la BCE commence par acheter une certaine quantité d'or et ensuite annonce une parité or/euro telle que la masse monétaire = la quantité d'or elle qu'elle a ?

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Supposons que la BCE décide de baser la valeur de l'euro sur l'or.

 

Supposons que les politiques aient envie de se tirer une cartouche de gros 12 dans la gueule....à défaut de se la mettre dans le pied.

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Je n'ai pas de réponse évidente mais en regardant ce qui s'est fait dans le passé, cela devrait donner quelques idées.

Cependant, il faut bien comprendre qu'un tel retour à un étalon proviendrait d'une crise mondiale sans précédent ("at gun point" serait l'expression idoine).

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Sinon, autre question. Dans un système où des banques privés impriment des billets convertibles en or, elle doivent donc avoir, au moins en partie, l'or réellement disponible. Si cette pratique se généralise, ne risque-t-on pas d'avoir besoin de beaucoup d'or dans les coffres qui n'est du coup pas utilisable pour l'industrie, ou qui du coup coûterait beaucoup plus cher aux industries qui ont besoin d'or (puisqu'elles seraient en concurrence avec les banques pour avoir besoin de l'or) ?

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Pour baser sa monnaie sur de l'or, il faut posséder de l'or, pour couvrir au moins une partie de la monnaie émise(*). Donc faut faire le rapport entre la masse d'or possédée par la BCE d'une part, et la masse monétaire émise multipliée par le taux de réserve. Problème : le taux de réserve optimal, on ne le connait pas, et mal l'estimer, dans une direction comme une autre, c'est se réserver des problèmes, de très gros problèmes.

(*) D'ailleurs, on ne peut pas raisonnablement parler d'étalon-or sans convertibilité de la monnaie. C'est peut-être, avec l'absence de cours forcé, le vrai signe d'un réel étalon-or.

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Sinon, autre question. Dans un système où des banques privés impriment des billets convertibles en or, elle doivent donc avoir, au moins en partie, l'or réellement disponible. Si cette pratique se généralise, ne risque-t-on pas d'avoir besoin de beaucoup d'or dans les coffres qui n'est du coup pas utilisable pour l'industrie, ou qui du coup coûterait beaucoup plus cher aux industries qui ont besoin d'or (puisqu'elles seraient en concurrence avec les banques pour avoir besoin de l'or) ?

 

Les industries qui ont besoin d'or n'ont qu'à échanger leurs billets contre de l'or, je ne vois pas où serait le problème.

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Problème : le taux de réserve optimal, on ne le connait pas, et mal l'estimer, dans une direction comme une autre, c'est se réserver des problèmes, de très gros problèmes.

 

Pourquoi pas 100% ?

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Pourquoi pas 100% ?

Pourquoi 100 %, au juste ? Historiquement, les banques ont toujours utilisé la loi des grands nombres (sinon, ça s'appelle un entrepôt), et la fongibilité des matières monétaires le justifie théoriquement. Il y aura peut-être des banques qui proposeront un tel service, mais il aura un coût, et il n'intéressera sans doute qu'une mince fraction des clients.
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Le retour à l'étalon or peut se faire de façon très simple. Il suffit d'autoriser les vendeurs à demander un paiement en or (inutile de les obliger à le faire, juste les autoriser). Ensuite, libre à chacun de faire ce qu'il veut. On peut même imaginer un système dual dans lequel certaines sommes, par exemple les impôts, restent exigibles en euro.

 

En fait il suffit d'autoriser l'or comme monnaie. Concrètement, cela revient à dire que des prix peuvent être exigés en or. Libre ensuite à Renault de proposer des Méganes à 75 Napoleons plutôt que 20k€

 

Une alternative. Un petit boutiquier oriental, appelons le Mahmoudine A, propose de vendre du liquide salissant à 1gramme d'or le baril (mais refuse tout autre moyen de paiement). Ou Hugo C, le chef du gouvernement d'un pays sud-américain propose de lancer un emprunt d'état payable en or, par exemple au taux de 1% sur 10 ans. a moins que le type elu personnalité de l'année par les internautes (mais censuré par les pisse-vinaigre du Time, qui ont raté une réelle occasion de tendre la main à un pays à fort potentiel) décide de vendre de l'uranium enrichi contre de l'or, à poids équivalent. Ou autoriser Apple à ne vendre en priorité les iPhone 6 que contre 0.5 once d'or.

 

Les conséquences, par contre, risquent d'être violentes.

 

Quant à garantir la convertibilité d'une devise en or, cela serait absolument suicidaire de mon point de vue, et totalement contreproductif. L'échange entre monnaies, c'est le rôle des marchés, l'or pourrait être une monnaie parmi d'autres. Celui qui s'engage à intervenir sur un marché de changes flottants pour maintenir un cours plancher est certain de se faire ouvrir l'anus, à la seule exception d'une banque centrale déterminée à bloquer l'appréciation de sa devise (la BNS par exemple). Les américains en ont fait l'amère expérience avec Bretton Woods, et c'est ce qui justifie la légitime méfiance de Charles Gave (et d'autres brillants penseurs) envers l'or.

 

De mon point de vue, l'or est une devise parmi d'autres. La BCE doit juste s'entendre avec les états européens pur s'assurer qu'un achat non dispensable (le paiement des impôts) ne peut se faire que en euros.

 

A relativement court terme (5 ans max), je pense le retour de l'étalon or probable. Le contrôle des USA sur les systèmes de paiements internationaux de devises, et leur volonté d'utiliser ce contrôle comme instrument de coercition au service de leur politique étrangère va rendre le dollar totalement inacceptable comme devise de référence pour certains acteurs. L'Iran en premier chef, le Venezuela, la Chine et la Russie ensuite. Le gel des avoirs iraniens est l'équivalent au XXI eme siècle d'un blocus par la Royal Navy au XIXe. Disons même, sans faire l'apologie d'une riposte terroriste ou bactériologique, qu'il s'agit indubitablement d'un acte de guerre. Ce n'est pas les QE qui vont causer la chute du système dollar, mais le droit que s'arrogent les impérialistes diplomates américains de geler les actifs des gens qui leur déplaisent.

 

En un sens je dirais même que les QEs sont une bonne tactique : autant se financer en dollar tant que la devise vaut quelque chose.

 

Ceci dit, attention à ne pas aller chier dans le nid de l'aigle américain : je fais partie de ceux qui considèrent que la décision d'envahir l'Irak a fait suite à la vente de pétrole exclusivement en euros par Saddam Hussein.

 

 

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On ne peut pas discuter de manière rationelle de la mise en place de quelque chose si on n'a pas déjà défini le quelque chose en question. Or justement "étalon or" a désigné différents systèmes dans l'histoire et est utilisé pour d'autres systèmes encore. On retrouve les mêmes ambiguïtés dans le temre "convertibilité" employé indifféremment pour des trucs qui n'ont rien à voir entre eux. Bref, faut d'abord savoir de quoi on parle.

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On ne peut pas discuter de manière rationelle de la mise en place de quelque chose si on n'a pas déjà défini le quelque chose en question. Or justement "étalon or" a désigné différents systèmes dans l'histoire et est utilisé pour d'autres systèmes encore. On retrouve les mêmes ambiguïtés dans le temre "convertibilité" employé indifféremment pour des trucs qui n'ont rien à voir entre eux. Bref, faut d'abord savoir de quoi on parle.

 

Les choses semblent pourtant claires. Il est question ici du vrai Etalon or, c'est-à-dire de celui d'avant 1914. Chaque monnaie correspondait alors à une quantité d'or fixe et pouvait être effectivement échangée contre la quantité d'or correspondante par n'importe quel acteur économique, fut-il le plus modeste des citoyens.

 

Cet excellent système qui permit aux monnaies concernées de ne point se déprécier durant la période où il fut appliqué, ne doit cependant pas être confondu avec ses pâles ersatz. En particulier, les étalons dits de "change or" en vigueur durant une partie de l'entre-deux-guerres et surtout après la Seconde Guerre Mondiale, des accords de Bretton Woods (1944) jusqu'à la fin de la convertibilité du dollar en or(1971).

 

Le vice de ce système supposé assurer des changes fixes provenait du fait que le dollar était la seule monnaie directement convertible en or (et encore cela ne s'appliquait pas au simple quidam, ce privilège était réservé aux banques et aux Etats). Les autres monnaies devaient ainsi être préalablement converties en dollar, avant de pouvoir être exprimées en or. D'où de multiples dysfonctionnements, à l'origine de la fin de la convertibilité du dollar à partir de 1971 et le retour des monnaies flottantes, source d'instabilité et de déséquilibres destructeurs. Lesquels ont largement contribué à l'actuelle crise financière.

 

Pour ceux que le sujet intéresse, je suggère outre la lecture des excellents articles du grand Jacques Rueff, facilement accessibles sur Internet, celle de l'ouvrage du non moins éminent professeur Antal Fekete: "Le retour au standard or" édition  "Le jardin des livres".

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Les choses semblent pourtant claires. Il est question ici du vrai Etalon or, c'est-à-dire de celui d'avant 1914. Chaque monnaie correspondait alors à une quantité d'or fixe et pouvait être effectivement échangée contre la quantité d'or correspondante par n'importe quel acteur économique, fut-il le plus modeste des citoyens.

 

Relisez le post initial, il n'est justement pas clair du tout que son auteur parlait de ça.

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Le retour à l'étalon or peut se faire de façon très simple. Il suffit d'autoriser les vendeurs à demander un paiement en or (inutile de les obliger à le faire, juste les autoriser). Ensuite, libre à chacun de faire ce qu'il veut. On peut même imaginer un système dual dans lequel certaines sommes, par exemple les impôts, restent exigibles en euro.

 

En fait il suffit d'autoriser l'or comme monnaie. Concrètement, cela revient à dire que des prix peuvent être exigés en or. Libre ensuite à Renault de proposer des Méganes à 75 Napoleons plutôt que 20k€

 

Une alternative. Un petit boutiquier oriental, appelons le Mahmoudine A, propose de vendre du liquide salissant à 1gramme d'or le baril (mais refuse tout autre moyen de paiement). Ou Hugo C, le chef du gouvernement d'un pays sud-américain propose de lancer un emprunt d'état payable en or, par exemple au taux de 1% sur 10 ans. a moins que le type elu personnalité de l'année par les internautes (mais censuré par les pisse-vinaigre du Time, qui ont raté une réelle occasion de tendre la main à un pays à fort potentiel) décide de vendre de l'uranium enrichi contre de l'or, à poids équivalent. Ou autoriser Apple à ne vendre en priorité les iPhone 6 que contre 0.5 once d'or.

Merci d'illustrer ce que je voulais dire par "absence de cours forcé". ;)
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Relisez le post initial, il n'est justement pas clair du tout que son auteur parlait de ça.

 

OK mais ma question portait bien sur le véritable étalon or d'avant 1914 et pas sur le système de Bretton Woods.

 

Sinon effectivement la solution de laisser émerger par la libre concurrence une monnaie alternative basée sur l'or (ou de l'or directement) me semble la solution la plus réaliste pour la promotion d'une monnaie saine. Ce qui m'intriguait c'était la réalisation pratique du "retour à l'étalon-or" pour l'euro ou le dollar.

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Dans le plan de conversion au régime 100 % or élaboré par Rothbard (et présenté par lui devant une commission du congrès), il était prévu que la banque centrale définisse un taux de conversion permettant d’égaliser ses réserves d’or et la masse monétaire en circulation. Sur la base de cette parité, la banque centrale devait rembourser tous les dollars qui se présenteraient. A l’issue de l’opération, elle devait être dissoute.

 

Le problème qui se posait portait sur la nature du stock monétaire en question. La justice aurait voulu que seuls les billets de banque (centrale) soient remboursés, à l’exclusion des dépôts créés par les banques. L’inverse serait revenu à faire un cadeau aux banques. Eh bien, c’est cette dernière solution que préconisait Rothbard, afin de faire en sorte que tous les dépôts se retrouvent immédiatement couverts, et d’éviter ainsi toute déflation. 

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A vérifier mais je crois que Huerta de Soto propose un truc proche dans son magnum opus.

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Pourquoi 100 %, au juste ? Historiquement, les banques ont toujours utilisé la loi des grands nombres (sinon, ça s'appelle un entrepôt), et la fongibilité des matières monétaires le justifie théoriquement. Il y aura peut-être des banques qui proposeront un tel service, mais il aura un coût, et il n'intéressera sans doute qu'une mince fraction des clients.

 

 

Je dirais plutôt que les faillites bancaires récurrentes dont l’histoire a gardé la mémoire démontrent que la non couverture des dépôts était une pratique relativement courante. Mais il ne faudrait pas en déduire que le principe de couverture complète n’ait jamais été respecté ou qu’il soit peu opportun. Pendant 150 ans, la banque (publique) d’Amsterdam a mis en œuvre une politique de couverture intégrale de manière presque continue, tout en dégageant un léger profit, et il est vraisemblable que cela ait beaucoup contribué à la prospérité dont jouissait la Hollande à cette époque.

 

Par ailleurs, la « loi des grands nombres » n’a de sens que si les évènements envisagés ne sont pas interdépendants. Elle est d’un usage très limité à l’égard des phénomènes boule de neige, comme les bank runs. Quant au fait qu’une banque assurant une couverture intégrale des dépôts puisse être qualifiée d’ « entrepôt » : c’est vrai, mais qu’est-ce que ça change ? Je comprends que les banquiers sentimentalement attachés à la forme traditionnelle de leur métier s’en attristent, et que cela déplaise à ceux qui tiennent à l’existence d’institutions susceptibles de verser aux grands commis de l’Etat des traitements adaptés à leur dignité ; mais pour les autres ?

 

Pour ce qui est du « coût » de gestion de la monnaie, il existe dans tous les cas. La question est de savoir comment il est réparti. Dans un système où le cours légal est conféré à une monnaie publique, ce coût est réparti sur tous les contribuables. De surcroît, au coût de gestion de la monnaie, s’ajoute, pour les détenteurs d’encaisses, celui de sa dépréciation. Dans un système où il n’existerait ni cours légal et ni monnaie financée par le contribuable, les utilisateurs n'auraient aucun moyen de se comporter en free rider à l'égard des coûts de gestion et seraient incités à surveiller de près les coûts liés à la dépréciation.

 

Enfin, moi j’dis ça…

 

EDIT : le coût de d'achat et de détention des réserves n'existe pas tous les cas, à la différence des (autres) coûts de gestion. Le coût des réserves doit donc être mis en balance avec le coût de dépréciation. 

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Sinon, autre question. Dans un système où des banques privés impriment des billets convertibles en or, elle doivent donc avoir, au moins en partie, l'or réellement disponible. Si cette pratique se généralise, ne risque-t-on pas d'avoir besoin de beaucoup d'or dans les coffres qui n'est du coup pas utilisable pour l'industrie, ou qui du coup coûterait beaucoup plus cher aux industries qui ont besoin d'or (puisqu'elles seraient en concurrence avec les banques pour avoir besoin de l'or) ?

 

C'est en effet un inconvénient. Il faut le mettre en balance avec les inconvénients des autres systèmes.

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Je dirais plutôt que les faillites bancaires récurrentes dont l’histoire a gardé la mémoire démontrent que la non couverture des dépôts était une pratique relativement courante.

C'est précisément ce que je dis.

Mais il ne faudrait pas en déduire que le principe de couverture complète n’ait jamais été respecté ou qu’il soit peu opportun. Pendant 150 ans, la banque (publique) d’Amsterdam a mis en œuvre une politique de couverture intégrale de manière presque continue, tout en dégageant un léger profit, et il est vraisemblable que cela ait beaucoup contribué à la prospérité dont jouissait la Hollande à cette époque.

Il semble que le taux de réserve était plutôt un peu au dessus de 85 %, si j'en crois l'article du "Mises Wiki" qui lui est consacré. C'est proche de la "full reserve", mais ça reste fractionnaire quand même.

Par ailleurs, la « loi des grands nombres » n’a de sens que si les évènements envisagés ne sont pas interdépendants. Elle est d’un usage très limité à l’égard des phénomènes boule de neige, comme les bank runs. Quant au fait qu’une banque assurant une couverture intégrale des dépôts puisse être qualifiée d’ « entrepôt » : c’est vrai, mais qu’est-ce que ça change ? Je comprends que les banquiers sentimentalement attachés à la forme traditionnelle de leur métier s’en attristent, et que cela déplaise à ceux qui tiennent à l’existence d’institutions susceptibles de verser aux grands commis de l’Etat des traitements adaptés à leur dignité ; mais pour les autres ?

Le vrai bank run, ce n'est pas quand tous les épargnants réclament en même temps leur or. C'est quand la quantité d'or réclamée est supérieure aux réserves immédiatement mobilisables, et résister à une telle situation est compatible avec une réserve fractionnaire. Je ne suis pas au courant que, dans une économie un peu évoluée (mettons, depuis la fin du Moyen Age, pour compter large), une banque avec suffisamment de réserves ait péri suite à un bank run. Les banques de Nouvelle-Angleterre couvraient entre 35 et 70 % de leurs émissions monétaires, et je ne crois pas qu'aucune d'entre elle ait péri de la sorte.

Evidemment, si quelqu'un avait les statistiques de toutes les faillites et défauts bancaires depuis quatre ou cinq siècles, accompagnés des taux de couverture de chacune des banques en question, on pourrait se faire une meilleure idée.

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C'est précisément ce que je dis.

 

Ce que je voulais souligner c’est que, même pour ceux qui auraient une tournure d’esprit hayekienne, il serait difficile de soutenir, malgré les nombreux exemples historiques disponibles, que la banque à réserves fractionnaires aurait été « sélectionnée par le marché ». 

 

Il semble que le taux de réserve était plutôt un peu au dessus de 85 %, si j'en crois l'article du "Mises Wiki" qui lui est consacré. C'est proche de la "full reserve", mais ça reste fractionnaire quand même. 

 

Ce n’est pas tout à fait ce que dit Mises Wiki. Les dépôts n’ont pas toujours été couverts à 100 %, mais ils l’ont été pendant de longues périodes, et pendant d’autres, ils étaient couverts à un pourcentage très important. C'est à ce prix-là que la banque d'Amsterdam a pu survivre à la guerre de 1672.

The bank was committed, from the time of its creation, to maintain at all times a 100-percent reserve ratio with respect to "demand" deposits. For a very long time, over one hundred fifty years, the Bank of Amsterdam scrupulously fulfilled the commitment upon which it was founded. Evidence reflects that during the first years of its existence,
between 1610 and 1616, both the bank’s deposits and its cash reserves came very close to one million florins
.
From 1619 to 1635, deposits amounted to nearly four million florins and cash reserves exceeded three million, five hundred thousand
.
After this slight imbalance, equilibrium was restored in 1645, when deposits equaled eleven million, two hundred eighty-eight thousand florins and cash reserves added up to eleven million, eight hundred thousand florins
. Equilibrium and growth were more or less stable, and in the eighteenth century,
between 1721 and 1722 [?], the bank’s deposits totaled twenty-eight million florins and its stock of cash reached nearly that amount, twenty-seven million
.

Le vrai bank run, ce n'est pas quand tous les épargnants réclament en même temps leur or. C'est quand la quantité d'or réclamée est supérieure aux réserves immédiatement mobilisables, et résister à une telle situation est compatible avec une réserve fractionnaire. 

 

Il me semble au contraire que la seule fonction des réserves est préventive. A l’inverse, une fois que le bank run est déclenché, elles n’assurent plus aucune protection pour la banque, car l’intégralité des déposants iront retirer leurs dépôts. Tout au plus peut-on excepter le cas des déposants malades, agoraphobes, absents ou découragés ; dans cette limite, il doit être possible de soutenir un bank run avec des réserves fractionnaires. Accessoirement, en droit commun des faillites, il suffit de ne plus pouvoir faire face à son passif exigible avec son actif disponible pour être placé en redressement. 

 

Je ne suis pas au courant que, dans une économie un peu évoluée (mettons, depuis la fin du Moyen Age, pour compter large), une banque avec suffisamment de réserves ait péri suite à un bank run. Les banques de Nouvelle-Angleterre couvraient entre 35 et 70 % de leurs émissions monétaires, et je ne crois pas qu'aucune d'entre elle ait péri de la sorte.

 

Aucun exemple ne me vient à l’esprit, mais en même temps, je n’y connais rien. De plus, et surtout, l’absence de faillite est loin d’être nécessairement un signe de la bonne santé de l’industrie bancaire. En effet, il est tout simplement possible que l’Etat ait suspendu l’obligation de remboursement en cas de crise bancaire (lorsque Etat il y a), ou que les banques s’y soient décidées unilatéralement. (Argument utilisé par Rothbard dans sa polémique avec Laurence White.) La faillite bancaire peut constituer un mécanisme de purge utile, elle n’est pas un mal en elle-même.

 

Evidemment, si quelqu'un avait les statistiques de toutes les faillites et défauts bancaires depuis quatre ou cinq siècles, accompagnés des taux de couverture de chacune des banques en question, on pourrait se faire une meilleure idée.

 

En effet...

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Dans le plan de conversion au régime 100 % or élaboré par Rothbard (et présenté par lui devant une commission du congrès), il était prévu que la banque centrale définisse un taux de conversion permettant d’égaliser ses réserves d’or et la masse monétaire en circulation. Sur la base de cette parité, la banque centrale devait rembourser tous les dollars qui se présenteraient. A l’issue de l’opération, elle devait être dissoute.

 

Le problème qui se posait portait sur la nature du stock monétaire en question. La justice aurait voulu que seuls les billets de banque (centrale) soient remboursés, à l’exclusion des dépôts créés par les banques. L’inverse serait revenu à faire un cadeau aux banques. Eh bien, c’est cette dernière solution que préconisait Rothbard, afin de faire en sorte que tous les dépôts se retrouvent immédiatement couverts, et d’éviter ainsi toute déflation. 

 

A vérifier mais je crois que Huerta de Soto propose un truc proche dans son magnum opus.

 

 

Je viens d'achever la 3ème édition dudit bouquin. Le plan de réforme de Huerta de Soto est plus complexe, plus détaillé, et, à la différence de celui exposé par Rothbard devant la commission du Congrès, il exclut formellement le remboursement en or des dépôts créés par les banques. Huerta de Soto indique d'ailleurs que Rothbard avait changé d'avis peu de temps avant sa mort et qu'il avait fait part de ce revirement dans un article du Freeman. http://www.fee.org/the_freeman/detail/the-solution#axzz2H5vqRMov. 

 

J'ai été heureux d'apprendre que Rothbard avait changé d'opinion, parce que, vraiment, qu'un tel ennemi des banquiers contemporains propose de leur faire un tel cadeau, c'était assez gênant. Qui plus est, ce cadeau aurait sans doute mis en danger la pérennité de la réforme. Non seulement les banquiers auraient été incités à étendre le plus possible leurs crédits avant la mise en oeuvre du remboursement, mais, en plus, ils auraient pu être tentés de faire rappeler la réforme quelques années après, afin d'obtenir ultérieurement une nouvelle attribution des réserves d'or, etc...Un peu comme le processus de nationalisation/privatisation sous Mitterrand et Chirac.

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OK mais ma question portait bien sur le véritable étalon or d'avant 1914 et pas sur le système de Bretton Woods.

 

Sinon effectivement la solution de laisser émerger par la libre concurrence une monnaie alternative basée sur l'or (ou de l'or directement) me semble la solution la plus réaliste pour la promotion d'une monnaie saine. Ce qui m'intriguait c'était la réalisation pratique du "retour à l'étalon-or" pour l'euro ou le dollar.

 

Salut,

 

Beaucoup t'ont répondu sur ce sujet mais il y a pour moi déja dans ta question, excuse moi une approche, "viciée". En effet, tu dis

 "trallala , la solution la plus réaliste POUR LA PROMOTION D4UNE MONNAIE SAINE"

 

Ce faisant, tu induis une chose qui est fausse, à savoir qu'une monnaie saine dépendrait de la VALEUR de la chose qui la constitue (ie OR/ARGENT/ métal/ sel /coquillage/massues).

 

Je pense, que un petit tour chez nos amis monétaristes voir ecole de chicago soyons fou serait peut être bon aussi à ce stade afin de réflechir sur la notion  de valeur de la monnaie  qui est LA question essentielle avant toute spéculation fumeuse de "retour à l'étalon or", surtout à notre époque de monnaie fiduciaires/dématérialisée.

 

 

Je vois bien les échanges commerciaux "toi y en a echangé mon napoleon contre iphone". Me plait bien.

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Le retour à l'étalon or peut se faire de façon très simple. Il suffit d'autoriser les vendeurs à demander un paiement en or (inutile de les obliger à le faire, juste les autoriser). Ensuite, libre à chacun de faire ce qu'il veut. On peut même imaginer un système dual dans lequel certaines sommes, par exemple les impôts, restent exigibles en euro.

 

En fait il suffit d'autoriser l'or comme monnaie. Concrètement, cela revient à dire que des prix peuvent être exigés en or. Libre ensuite à Renault de proposer des Méganes à 75 Napoleons plutôt que 20k€

 

Une alternative. Un petit boutiquier oriental, appelons le Mahmoudine A, propose de vendre du liquide salissant à 1gramme d'or le baril (mais refuse tout autre moyen de paiement). Ou Hugo C, le chef du gouvernement d'un pays sud-américain propose de lancer un emprunt d'état payable en or, par exemple au taux de 1% sur 10 ans. a moins que le type elu personnalité de l'année par les internautes (mais censuré par les pisse-vinaigre du Time, qui ont raté une réelle occasion de tendre la main à un pays à fort potentiel) décide de vendre de l'uranium enrichi contre de l'or, à poids équivalent. Ou autoriser Apple à ne vendre en priorité les iPhone 6 que contre 0.5 once d'or.

 

Les conséquences, par contre, risquent d'être violentes.

 

Quant à garantir la convertibilité d'une devise en or, cela serait absolument suicidaire de mon point de vue, et totalement contreproductif. L'échange entre monnaies, c'est le rôle des marchés, l'or pourrait être une monnaie parmi d'autres. Celui qui s'engage à intervenir sur un marché de changes flottants pour maintenir un cours plancher est certain de se faire ouvrir l'anus, à la seule exception d'une banque centrale déterminée à bloquer l'appréciation de sa devise (la BNS par exemple). Les américains en ont fait l'amère expérience avec Bretton Woods, et c'est ce qui justifie la légitime méfiance de Charles Gave (et d'autres brillants penseurs) envers l'or.

 

De mon point de vue, l'or est une devise parmi d'autres. La BCE doit juste s'entendre avec les états européens pur s'assurer qu'un achat non dispensable (le paiement des impôts) ne peut se faire que en euros.

 

A relativement court terme (5 ans max), je pense le retour de l'étalon or probable. Le contrôle des USA sur les systèmes de paiements internationaux de devises, et leur volonté d'utiliser ce contrôle comme instrument de coercition au service de leur politique étrangère va rendre le dollar totalement inacceptable comme devise de référence pour certains acteurs. L'Iran en premier chef, le Venezuela, la Chine et la Russie ensuite. Le gel des avoirs iraniens est l'équivalent au XXI eme siècle d'un blocus par la Royal Navy au XIXe. Disons même, sans faire l'apologie d'une riposte terroriste ou bactériologique, qu'il s'agit indubitablement d'un acte de guerre. Ce n'est pas les QE qui vont causer la chute du système dollar, mais le droit que s'arrogent les impérialistes diplomates américains de geler les actifs des gens qui leur déplaisent.

 

En un sens je dirais même que les QEs sont une bonne tactique : autant se financer en dollar tant que la devise vaut quelque chose.

 

Ceci dit, attention à ne pas aller chier dans le nid de l'aigle américain : je fais partie de ceux qui considèrent que la décision d'envahir l'Irak a fait suite à la vente de pétrole exclusivement en euros par Saddam Hussein.

C'est intéressant. Merci.
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@laffreuxthomas

 

 

Je comprends bien encore une fois l'idée sous jacente que la monnaie actuelle (les monnaies actuelles) soient perverties.

Mais permet moi la méthaphore suivante.

 

Quand tu veux faire un régime, choisis tu de mettre un cadenas sur ton frigo? Car oui, cela fonctionne de restreindre à la source , bien sur mais en tant que Libérale, j'ai l'impression (mais je peux me tromper) que l'idée est de rendre à l'homme , à l'individu sa liberté de choix pleine et entiére en partant du postulat que nous ne serions pas si crétin que cela en définitive.

Que les monnaies aient été captées par l'ineptocracies ambiantes alias les politiques , personne ne le conteste en revanche je  ne crois pas que remplacer  des malhonnétes par un tyran (l'or en sa restriction per se) soit une solution.

 

 Contraindre les sociétes à vivre sur une source restreinte à toujouts et PARTOUT historiquement entrainé un regain de protectionnisme et surtout une mercantilisme acharné chaque pays cherchant à detenir le plus d'or possible dans ses banques centrales. (extrait M. Friedman "the gold standard caused the great depression"

http://www.facebook.com/video/video.php?v=28407728546&oid=2212428471

C'est exactement ce qui  a entrainé  toutes les grandes guerres du siécle dernier.

 

Enfin, et même si  ce que je viens de dire suffit à mon sens (:-)) , j'ajouterai que vouloir donner un valeur aux choses par la rareté ou la diffculté de leur extraction revient à donner une valeur de travail au choses ce qui in fine revient à un notion de valeur trostkyste (ie difficultés à extraire = prix élevé).

 

Personne ne sait vraiment pourquoi les choses ont une valeur et si elles l'ont s'est parce que nous avons justement dans la monnaie la premiére notion de volonté consensuelle entre deux personnes. Je trouve que  justement en tant que libéraux nous devrions avoir à coeur de  défendre la notion de monnaie consensuelle justement parce que c'est un contrat  humain bien plus interessant  que celui de dire que l'or est rare et donc cher en choississant se faisant de se desinvestir de cette responsabilité puisqu'elle serait limitée à sa source.

 

Je suis plus intelligente que cela et plus volontaire. Je n'ai pas besoin de cadenas sur mon frigo.

 

 

Du reste, cela me fait repenser à un conférence de M. friedman ( 86?) que m'avait balancé Xara je crois sur FB sur le post de la monnaie saine (?) l'an passé ou en gros, on lui posait la question de l'or et des métaux comme monnaie. Donc dans la conf , il develloppait l'apllication pratique d'ou le fait que plus en haut, on s'en soit servi et c'est là ou cela devient bon, c'est qu'il conclu le papier de 20 pages en disant

 

"but surely, people, WE COULD DO BETTER"  than that ?????  :icon_wink:  :icon_wink:

 

 

 

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Ce que je voulais souligner c’est que, même pour ceux qui auraient une tournure d’esprit hayekienne, il serait difficile de soutenir, malgré les nombreux exemples historiques disponibles, que la banque à réserves fractionnaires aurait été « sélectionnée par le marché ». 

 

 

Ce n’est pas tout à fait ce que dit Mises Wiki. Les dépôts n’ont pas toujours été couverts à 100 %, mais ils l’ont été pendant de longues périodes, et pendant d’autres, ils étaient couverts à un pourcentage très important. C'est à ce prix-là que la banque d'Amsterdam a pu survivre à la guerre de 1672.

 

Il me semble au contraire que la seule fonction des réserves est préventive. A l’inverse, une fois que le bank run est déclenché, elles n’assurent plus aucune protection pour la banque, car l’intégralité des déposants iront retirer leurs dépôts. Tout au plus peut-on excepter le cas des déposants malades, agoraphobes, absents ou découragés ; dans cette limite, il doit être possible de soutenir un bank run avec des réserves fractionnaires. Accessoirement, en droit commun des faillites, il suffit de ne plus pouvoir faire face à son passif exigible avec son actif disponible pour être placé en redressement. 

 

 

Aucun exemple ne me vient à l’esprit, mais en même temps, je n’y connais rien. De plus, et surtout, l’absence de faillite est loin d’être nécessairement un signe de la bonne santé de l’industrie bancaire. En effet, il est tout simplement possible que l’Etat ait suspendu l’obligation de remboursement en cas de crise bancaire (lorsque Etat il y a), ou que les banques s’y soient décidées unilatéralement. (Argument utilisé par Rothbard dans sa polémique avec Laurence White.) La faillite bancaire peut constituer un mécanisme de purge utile, elle n’est pas un mal en elle-même.

 

 

En effet...

 

Alors, le premier état à faire faillite était celui de Saint Louis. Pas si saint.

Historiquement, les banquiers génois ne prètaient jamais plus que 8 fois  ce qu'ils avaient en main. 

 De mémoire, tu as une histoire de faillite de banque italienne au 13 eme  je crois me souvenir mais si cela t'interesse j'avais lu cela dans  le livre de Jean-Marc Daniel chez Odile Jacob  

 

http://www.decitre.fr/livres/8-lecons-d-histoire-economique-9782738128492.html

 

 

Je précise n'avoir aucun intéret à la vente de cet ouvrage :-)

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