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Cortalus

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Tout ce qui a été posté par Cortalus

  1. J'avais pondu ça l'année dernière :
  2. Les gens de gauche sont moins tolérants que les gens de droite à la différence d'orientation politique dans le couple. C'est pas moi qui le dit, c'est une de mes anciennes profs, sociologue de gauche, qui a étudié le sujet. Elle en a tiré un bouquin : Toi, Moi Et La Politique : Amour Et Convictions (2008).
  3. Mais est-ce que tu peux te déclarer discordien ?
  4. Antifragile est l'ouvrage majeur de la série, mais je pense qu'il est préférable de faire connaissance progressivement avec NNT et donc de lire dans l'ordre : 1. le Hasard sauvage, 2. le Cygne noir, 3. Antifragile. Le quatrième, Jouer sa peau, est plus dispensable à mon avis. PS : en fait, quand j'y réfléchis bien, Jouer sa peau est lui aussi très bien. Ses seuls torts sont d'être un peu court et de faire suite à Antifragile.
  5. En fait, je pense qu'il est un peu allumé. Mais dans le genre stimulant. Par ailleurs, il n'utilise pas les étiquettes "anti-mondialisation" et "anti-capitaliste" dans le même sens que les gauchistes. La mondialisation qu'il redoute, par exemple, c'est celle du gouvernement, pas des échanges. Le capitalisme qu'il dénonce, c'est celui qui repose sur la banque centrale et l'aléa moral, pas celui de l'épargne et de l'investissement.
  6. Je recommande les blogs de Bruno Bertez et Inrgid Riocreux (et bien sûr les habitués de Contrepoints).
  7. NNT cite en effet explicitement Hayek dans ses ouvrages, notamment sur ce sujet.
  8. Il a des neveux et nièces et il a toujours eu une volonté de transmettre quelque chose, même après massacre fiscal.
  9. L'un de mes grand-oncles est l'homme le plus indépendant financièrement que je connaisse. Il ne s'est jamais marié et n'a jamais eu d'enfant. Il a eu un chien toutefois. En plus de son travail d'ouvrier qualifié, il cultivait son jardin maraîcher. Il dépensait très peu. Un peu de chauffage l'hiver, parce que le chien avait du mal à supporter les températures trop négatives. Et des vêtements, parce qu'il n'était pas assez bon couturier pour les fabriquer lui-même. Pour compenser, il n'achetait que des fringues en solde de la plus basse qualité. Sur la fin cela a dégénéré : atteint du syndrome de Diogène, il a accumulé de telles quantités de merdes textiles chinoises qu'on ne pouvait plus que difficilement circuler dans sa maison. (Au passage, permettez-moi de faire part de mon incompréhension : pourquoi appelle-t-on "syndrome de Diogène" un trouble du comportement se caractérisant par l'accumulation compulsive de biens alors que Diogène est plutôt un modèle d'ascétisme ? Si un professionnel de santé a une explication, je suis preneur.) Nous ne nous sommes vraiment rendu compte des conditions dans lesquelles vivait mon grand-oncle que quand il a commencé à montrer des signes de démence sénile. Vu son épargne monstrueuse, on ne s'est pas posé de questions et on l'a placé dans le meilleur établissement du coin. Même à 3,5 K€ mois, son capital durera très longtemps. Il peut donc vivre ses derniers jours au sec, au chaud, avec trois repas par jour, de la compagnie, du confort. Mais on ne peut pas dire qu'il est vraiment "là" pour en profiter. Alzheimer est une maladie cruelle. Franchement, je suis persuadé que s'il avait encore sa tête, il nous reprocherait de gaspiller.
  10. Ces dix pour cent auraient été manouvriers et journaliers dans le monde paysan traditionnel. Même les boulots qui nous apparaissent les plus basiques aujourd'hui nécessitent généralement d'appliquer un ensemble de procédures, souvent dans un environnement informatisé. La seule force physique n'est pas suffisante. Prenons le cas d'un employé d'immeuble qui nettoie des halls et des escaliers : il y a un planning minuté, une technique à mettre en œuvre, des produits à sélectionner et à doser selon les besoins, etc. S'il y a un contrôle qualité-performance derrière, c'est pas à la portée de tout le monde. Mon idée comme ça sans y avoir beaucoup réfléchi : supprimons le SMIC et laissons des entrepreneurs expérimenter des modèles d'entreprise différents qui pourraient valoriser ces profils.
  11. Lors de mon dernier déménagement, j'ai trimballé mes cartons de livres d'étudiants, ma collection de jeux de rôle, mon portable et une valise de fringues ! Je n'ai clairement aucune idée véritable de ce qui m'attend si ce projet aboutit. Mais je pense qu'une prime de déménagement peut se négocier.
  12. Tu as certainement raison. Merci pour ce bon conseil.
  13. Partir en éclaireur pendant la période d’essai et en attendant la fin de l’année scolaire me semble déjà une bonne idée. Je n’ose imaginer comment réagirait ma femme si on devait changer de continent. Il y a quelques années, on avait déjà traversé une crise parce que je voulais me rapprocher de mon boulot actuel, qui est à 65 km de notre domicile ! Envoyé de mon iPhone en utilisant Tapatalk
  14. Je suis "chassé" pour un poste intéressant, dans une ville qui me plaît bien, avec une belle augmentation sur la feuille de paye. En plus, ça tombe au bon moment : dans mon business actuel, ça va pas fort. Mais cela impliquerait de déménager à plus de quatre heures de route de nos parents et beaux-parents, et c'est très difficile à envisager du point de vue conjugal et familial. Ma femme ne s'est jamais éloignée de notre ville natale et j'ai l'impression de lui arracher le cœur quand je parle d'ailleurs. J'ai aussi une fille de 8 ans qui angoisse facilement, et un tel changement va forcément la perturber. Mon intuition et mon analyse du marché de l'emploi me font penser que c'est un sacrifice à court terme pour des gains à long terme. Ma femme trouverait plus facilement du boulot là-bas, alors qu'elle galère dans notre environnement actuel. Et les perspectives seraient meilleures pour ma fille si elle grandissait dans une métropole plus ouverte sur le monde, plus dynamique que notre morose province. Mais mes tripes se tordent quand même à l'idée de faire souffrir ma famille. S'il y a parmi vous des parents qui ont été confrontés à ce genre de choix, ou si vous les avez subis quand vous étiez enfants, j'aimerais bien entendre votre histoire et en discuter.
  15. J'ai lu sur un forum de SJW que finalement ce serait une actrice d'origine polonaise que la prod cherche pour Ciri. Le recrutement "BAME" concernerait un autre rôle. Les alt-left sont pas contents.
  16. Je suis optimiste. A long terme, je vois le libéralisme faire un retour en France. Quand je dis long terme, je pense dans plusieurs siècles. Il faudra bien un petit millénaire pour liquider l'héritage de 1793 et en revenir à 1789.
  17. Si vous aimez les belles reliures mais que vous voulez absolument des ouvrages neufs (quel dommage !), une solution est de les confier à un artisan-relieur. Ce fut longtemps l'usage : on achetait un ouvrage chez le libraire, puis on allait voir son relieur. En France, la belle reliure éditeur est plutôt cantonnée aux ouvrages de la fin du XIXème siècle...
  18. Sauf que le bouquin est très difficile à trouver en français... Si quelqu'un a un bon plan, je suis preneur.
  19. J'aime moins Causeur depuis que Georges Kaplan n'y collabore plus. Mais ça reste de la presse de très haute tenue.
  20. Mary Beard, c'est pas celle qui s'est engueulée avec Taleb sur twitter ? Elle a l'air d'une historienne plutôt "révisionniste" à la mode SJW. Il me semble qu'elle est impliquée dans le documentaire de la BBC qui décrivait la société romaine comme "multi-culturelle", avec couples interraciaux, patriciens noirs, etc. Ce qui n'est d'après Taleb pas du tout démontré par les études génétiques disponibles.
  21. Iels est-sont pas tout-e-s seul-e-s dans sa-son-ses tête-s.
  22. J'hésiterai entre ma Breitling Navitimer et ma Longines Lindberg. Je pense que je garderai la Navitimer. Par contre, si c'est la fin du monde et qu'on passe en mode survivalisme, je prends ma Seiko Spork.
  23. Je vais me faire une habitude de fournir la traduction française des citations de la Source vive par Lancelot. Signalez-moi si j'en rate une.
  24. Je me permets de poster la traduction française. C'est un des passages qui m'a le plus marqué dans la Source vive. — Explique-moi simplement pourquoi tu te sens si malheureuse. — Je ne sais pas. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Tenez, par exemple, c’est moi qui ai organisé ce cours de soins à donner avant la naissance à la Fondation Clifford. C’est moi qui en ai eu l’idée, j’ai rassemblé l’argent, trouvé le professeur. Ce cours est extrêmement suivi. Je me dis à moi-même que je devrais en être heureuse. Mais je ne le suis pas. Cela ne me fait absolument rien. Le soir, dans mon lit, je me dis : « C’est toi qui as fait adopter le bébé de Marie Gonzalès par une gentille famille, tu devrais en être heureuse. » Mais je ne le suis pas, je n’éprouve absolument rien. Lorsque je suis honnête envers moi-même, je suis obligée de m’avouer que la seule émotion véritable que j’ai ressentie depuis des années est une terrible fatigue. Pas une fatigue physique. Non, simplement une grande fatigue. Comme si plus rien en moi ne pouvait ressentir quelque chose. Elle retira ses lunettes, comme si la double barrière des verres de son oncle et des siens l’empêchait de communiquer avec lui. Elle se remit à parler d’une voix plus basse, prononçant les mots avec de plus en plus d’effort. — Mais ce n’est pas tout. Il m’arrive quelque chose de pire. Quelque chose d’horrible. Je commence à haïr les gens, oncle Ellsworth. Je deviens cruelle, mesquine, médiocre, comme je ne l’avais jamais été auparavant. J’exige des gens de la reconnaissance. Je… je demande de la gratitude. Cela me plaît que les pauvres gens me flattent et me fassent des courbettes, et plus ils sont serviles, plus ils me plaisent. Une fois… une fois j’ai dit à une pauvre femme qu’elle ne savait pas apprécier ce que des gens comme nous faisaient pour des femmes comme elle. J’ai eu tellement honte, après, que j’ai pleuré pendant des heures. Je commence à ne plus pouvoir supporter que les gens ne soient pas de mon avis. J’ai le sentiment qu’ils n’ont pas à penser par eux-mêmes, que je sais mieux qu’eux ce qu’il leur faut, qu’ils doivent se soumettre à mon autorité. J’ai connu une jeune fille qui se tourmentait parce qu’elle s’était attachée à un beau garçon qui avait une mauvaise réputation. Je l’ai torturée pendant des semaines, cherchant à la persuader qu’il ne serait pour elle qu’une source de chagrin et qu’il lui fallait absolument rompre. Ils se sont mariés et il n’y a pas de couple plus heureux dans tout le district. Croyez-vous que j’en sois heureuse ? Non, j’en suis furieuse et je suis à peine polie avec cette jeune femme quand je la revois. Et cette jeune fille qui cherchait si désespérément du travail. Sa situation chez elle était vraiment terrible et je lui promis de lui trouver quelque chose. Avant que j’aie pu lui procurer un emploi, elle se trouva elle-même une place excellente. Cela ne me fut pas agréable. Il ne me plaisait pas de penser que quelqu’un s’était sorti d’un mauvais pas sans mon aide. Hier, je parlais avec un jeune garçon qui voudrait continuer ses études et je m’efforçais de le décourager, lui conseillant de trouver plutôt du travail immédiatement. Je me sentais irritée et j’ai brusquement réalisé que c’était parce que j’aurais tant voulu moi-même aller au collège – vous vous souvenez, vous vous y êtes opposé – que je ne voulais pas que ce gosse y aille… Oncle Ellsworth, ne comprenez-vous pas ? C’est maintenant que je deviens égoïste. Et d’une manière cent fois plus horrible que les patrons qui pressurent ces pauvres gens en économisant quelques sous sur leur salaire ! Il demanda d’un air calme : — Est-ce là tout ? Elle ferma les yeux un instant, les rouvrit et dit, les yeux baissés : — Oui… sauf que je ne suis pas la seule à être ainsi. Beaucoup de gens sont comme moi et, en particulier, la plupart des femmes avec lesquelles je travaille… Je ne comprends pas pourquoi elles sont devenues telles… Je ne comprends pas ce qui m’est arrivé à moi… Autrefois, je me sentais si heureuse lorsque j’aidais quelqu’un. Je me souviens qu’une fois, j’avais déjeuné avec Peter ce jour-là, sur le chemin du retour je vis un vieil homme qui jouait de l’orgue de barbarie et je lui donnai cinq dollars, ce qui était tout ce que j’avais dans mon sac. Je les avais économisés pour m’acheter un flacon de « Nuit de Noël ». J’avais terriblement envie de ce parfum, et pourtant, chaque fois que je repensais à ce vieil homme je me sentais heureuse… Je voyais souvent Peter en ce temps-là… Et en rentrant chez moi, j’avais envie d’embrasser les gosses les plus déguenillés de notre quartier… Et maintenant, il me semble que je hais les pauvres… Comme mes collègues d’ailleurs… Mais les pauvres ne nous détestent pas autant qu’ils le pourraient. Ils se contentent de nous mépriser… N’est-ce pas étrange ? Ce sont les maîtres généralement qui méprisent les esclaves et les esclaves qui haïssent les maîtres. Je ne sais plus très bien à qui ces titres s’appliquent. Peut-être cet exemple est-il juste, peut-être pas. Je ne sais plus… Elle releva la tête, dans un dernier sursaut de révolte. — Comprenez-vous maintenant qu’il y a là quelque chose que je ne puis comprendre ? Pourquoi, après avoir cherché honnêtement à faire ce que je croyais être le bien, suis-je devenue mauvaise ? C’est donc que je suis mauvaise de nature et incapable de faire le bien. Il me semble qu’il n’y a pas d’autre explication. Et cependant comment est-il possible qu’un être soit parfaitement sincère dans sa recherche du bien et qu’il n’y trouve aucune joie ? Suis-je donc à ce point corrompue ? Mais le fait est là, j’ai renoncé à tout, je n’éprouve plus un désir égoïste, je n’ai plus rien à moi et je suis horriblement malheureuse. Comme le sont les femmes qui me ressemblent. Et je ne connais pas un seul être ayant renoncé à son bonheur personnel qui soit heureux sur cette terre… excepté vous. Elle baissa la tête et ne la releva pas. Elle semblait indifférente même à la réponse qu’elle demandait. — Katie, dit-il doucement d’un ton de reproche, Katie, ma chérie ! Elle ne répondit pas. — Tiens-tu réellement à ce que je te réponde ? (Elle fit signe que oui.) Parce que, vois-tu, tu as répondu toi-même à tes propres questions. (Elle leva sur lui son regard las.) De quoi m’as-tu parlé ? De quoi t’es-tu plainte ? Du fait que tu es malheureuse. Tu ne m’as parlé que de Katie Halsey et de rien d’autre. Je n’ai de ma vie entendu un exposé plus personnel que le tien. Elle ferma à demi les yeux, comme un élève qui écoute attentivement une leçon difficile. — Ne vois-tu pas à quel point tu t’es montrée égoïste ? Tu choisis une noble carrière non pour le bien que tu pourras exercer, mais pour le bonheur personnel que tu espères en retirer. — Mais j’ai réellement le désir d’aider les autres. — Parce qu’en faisant cela tu pensais que tu te sentirais bonne et vertueuse. — Mais… oui. Est-ce mal de chercher à bien faire ? — Oui, si c’est là ton but principal. Ne vois-tu pas combien ton mobile est égoïste. Au diable les gens, pourvu que je sois vertueuse. — Mais comment peut-on être quelqu’un si l’on ne se respecte pas soi-même ? — Et pourquoi faut-il absolument que tu sois quelqu’un ? Elle écarta les mains dans un geste d’étonnement désespéré. — Si ton premier souci est de savoir ce que tu es, ce que tu penses, ce que tu ressens, ce que tu as ou ce que tu n’as pas, tu n’es rien d’autre que la pire des égoïstes. — Mais je ne peux pas sortir de mon corps. — Non, mais tu peux sortir de ton âme étroite. — Vous voulez dire qu’il faut que je désire être malheureuse ? — Non. Tu dois cesser de désirer quoi que ce soit. Tu dois oublier à quel point Miss Catherine Halsey est importante. Car, en réalité, vois-tu, elle ne l’est pas. Les hommes n’ont d’importance que par leurs rapports avec les autres hommes, leur utilité, les services qu’ils rendent. Tant que tu n’auras pas compris cela, tu ne peux espérer te sentir autrement que malheureuse. Pourquoi faire une tragédie cosmique du fait que tu as éprouvé des sentiments cruels envers un autre être ? Eh quoi ? Ce n’est qu’une souffrance parmi bien d’autres. On ne passe pas de l’état de vie animale à la vie spirituelle sans une certaine transition. Et cette transition est parfois pénible. Une femme très belle a souvent été une ridicule adolescente. Toute évolution exige une destruction et, comme l’on dit, on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs. Il te faut accepter de souffrir, d’être cruelle, injuste, si tous ces sentiments contribuent à tuer en toi la plus rebelle des racines, l’égoïsme. Et seulement lorsqu’il sera mort en toi, lorsque plus rien ne te sera rien, lorsque tu auras oublié ton identité et oublié jusqu’à ton nom, seulement alors tu éprouveras le bonheur dont je t’ai souvent parlé et seulement alors les portes du domaine spirituel s’ouvriront toutes grandes devant toi. — Mais oncle Ellsworth, murmura-t-elle, lorsque les portes s’ouvriront, qui donc entrera ? Il se mit à rire de bon cœur et il y avait dans ce rire une certaine admiration. — Ma chère enfant, dit-il, je ne te croyais pas capable de m’étonner. Puis il redevint sérieux. — C’était une bonne plaisanterie, Katie, mais tu sais, je l’espère, que ce n’était qu’une plaisanterie ? — Oui, dit-elle d’un air incertain, du moins je le suppose. Cependant… — Nous ne pouvons être assez précis quand nous parlons par abstraction. Bien entendu, c’est toi qui entreras. Et loin de perdre ton identité, tu en auras acquis une bien plus large, une identité qui, à travers les individus, rejoindra l’humanité tout entière. — Mais comment ? Et de quelle manière ? Et je ferai partie de quoi ? — Tu vois comme il est difficile de discuter de tels sujets alors que notre langage est celui même de l’individualisme avec tous ses concepts et ses superstitions. La « personnalité » n’est qu’une illusion. Mais tu ne peux construire une nouvelle demeure avec de vieilles briques. Et tu ne peux espérer me comprendre complètement étant donné tes conceptions actuelles. Nous sommes tous empoisonnés par les exigences de notre moi. Nous ne pouvons comprendre ce que sera le bien et le mal dans une société où le moi ne comptera plus et nous ne savons pas ce que nous ressentirons alors, mais la première chose à faire est de détruire le moi. Et pour cela il ne faut pas compter sur notre intelligence. Il ne faut pas penser, il faut croire. Croire, Katie, même si notre esprit se révolte. Ne pense pas, crois seulement. N’écoute pas ton raisonnement, écoute ton cœur. Ne pense pas. Sens. Et crois. Parfaitement immobile, elle s’était ressaisie, mais avait l’air de quelqu’un qui aurait passé sous un tank. Elle murmura d’un ton docile : — Oui, oncle Ellsworth… Je… je n’avais pas envisagé les choses sous ce jour-là… Je veux dire que j’avais toujours pensé qu’il fallait… Mais vous avez raison, si raison est le mot qui convient, s’il existe un mot pour exprimer ce que je veux dire… Oui, je veux essayer de croire… J’essaierai de comprendre… Non, non, pas de comprendre. De sentir, de croire, veux-je dire… Mais je suis si faible… Et je me sens toujours si peu de chose lorsque je parle avec vous… Je suppose que j’avais tout de même raison, en un sens, je ne suis vraiment bonne à rien… mais cela n’a pas d’importance… non, pas d’importance…
  25. En tant qu'addendum à Antifragile, SITG est intéressant et stimulant. Mais en tant qu'ouvrage indépendant, il est décevant par rapport à ses prédécesseurs.
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