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free jazz

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Tout ce qui a été posté par free jazz

  1. Selon la thèse de Nolte, la montée des fascismes en Europe fut une sorte de réaction au totalitarisme soviétique. C’est une erreur ou une imposture de ne considérer la WW2 que comme un aboutissement des guerres que les pays occidentaux se sont livrés au cours des siècles. De plus les nazis ne se sont pas montrés hostiles à l'islam, bien au contraire ils ont trouvé dans les tribus arabes des alliés fiables contre les anglais et leurs chefs ont cultivé un rapprochement idéologique en reconnaissant ses qualités expansionnistes. Pour revenir au sujet, saluons le courage de Cameron qui a calmé la situation en n'excluant pas le recours à l'armée. Quant à la suppression des prestations sociales pour les familles d'émeutiers c'est une bonne idée, qui devrait être étendue chez nous si nos politiciens n'étaient pas si couards.
  2. Oui, ça sonne comme la fin de l'arrogance britannique dans ce domaine, plus quelques autres avec l'empire Murdoch à terre et la City qui prend l'eau. La réalité finit toujours par punir l'hybris. Sale temps pour Cameron. Enfin parler d'émeute est encore un peu bienveillant pour décrire ces razzias, le vandalisme et les destructions massives. J'ai même lu certains journalistes oser l'analogie avec le mouvement des indignés. Le retour de bâton est déjà brutal : http://catchalooter.tumblr.com/ Et encore une fois, les moyens policiers sont totalement dépassés.
  3. Salon beige. http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/09/faut-il-craindre-lextrême-droite-ou-plutôt-lextrême-gauche-.html
  4. Dans ce cas le premier à être jugé serait Sarko, qui a bradé (au pire moment) une bonne partie des stocks d'or de la banque de France alors qu'il était ministre d'Etat à Bercy. Le candidat s'était engagé à consacrer le revenu de cette vente d'or à la réduction des déficits et au financement de la recherche. Où cet argent a-t-il disparu? Mystère.
  5. Je ne veux pas faire du mauvais esprit, mais je crois que tu succombes un peu à la propagande yankee autour de cette révolution. La guerre purement aérienne théorisée par Staro comme une généralisation du Blitz est un mythe. Elle a connu une seconde fortune dans le sillage des guerres préventives, conçue comme une sorte de jeu vidéo sans morts, des cibles verrouillées par guidage laser avec renfort de drones high tech pour le renseignement et paralysie des réseaux de communication, une infanterie posant pour la télé, quelques dégâts collatéraux compensés par le contrôle de l'information & des médias. Mais cette théorie est un fantasme de science-fiction. En Irak (guerre très sale en définitive), en Somalie, en Afghanistan et maintenant en Libye (où ses partisans croyaient que Kadhafi allait s'enfuir devant la démonstration de maîtrise du ciel) , on a vu que cette doctrine de guerre froide est dépassée dans les conflits asymétriques du XXIè s. Résultat: des bourbiers coûteux, des stratégies inadaptées aux théâtres d'opérations, un scepticisme des états-majors puis une démoralisation des troupes, un renforcement du terrorisme et finalement, des défaites en rase campagne par rapport aux buts de guerre annoncés. Pan sur le bec. C'était prévisible dans le climat de chasse aux coupables idéologiques. Sinon j'aimerais bien savoir si les Eglises de Norvège ressemblent à leurs prisons, c'est-à-dire des centres de loisir festifs.
  6. Boom des fraudes à la sécu et des escroqueries, selon un rapport Tracfin : http://www.lefigaro….u-attaquees.php A part ça je ne crois pas que ce soit un hasard si le débat sur la légalisation du cannabis refait surface en cette période de faillite où il faut racler les fonds de tiroirs et mulitplier les taxes créatives.
  7. Tiens ça commence à se tendre : http://www.lefigaro….-vente-d-or.php Peut-être une prémice à la prohibition.
  8. Oui, enfin son prototype vole en essai mais ne passera pas au stade de la production, il est beaucoup trop coûteux pour les temps de vache maigre budgétaire qui viennent et il a un ennemi redoutable, le sénateur Mac Cain. Concernant l'aventure Libyienne, c'était tout vu dès le départ par les gens à qui il reste un peu de lucidité. A l'intérieur, pour cause de restriction budgétaire et aussi par peur de déclencher des insurrections, les flics n'osent plus tirer, voire ne sont pas armés comme en Norvège, contrairement aux gangs des zones de non-droit ou aux terroristes.
  9. Avec le renversement récent en faveur des guerres asymétriques, depuis un demi-siècle, les américains et les européens foirent presque toutes leurs opérations extérieures qui s'embourbent lamentablement face à des guérillas très inférieures quant aux moyens stratégiques, tactiques et au nombre. Les yankees sont revenus des illusions de la guerre technologique et de la doctrine du zéro mort, leurs F22 et F35 ne volent quasiment plus tellement leurs coûts de production et d'entretien sont prohibitifs (idem pour le fleuron avionique Rafale), leurs troupes sont démoralisées à force d'être employées dans une contre-insurrection inefficace et de se faire exploser par des kamikazes, les engins blindés sont usés et dispersés aux 4 coins du monde, les munitions françaises et US, délocalisées, font rire les talibans et les troupes de Kadhafi. Bref, il ne faut pas surestimer l'avantage technologique de nos armées face à des groupes qui n'ont pas peur d'y laisser leur peau pour défendre leur identité ou leur idéologie.
  10. F.mas: post très stimulant et convaincant, particulièrement sur la convergence de la supériorité morale et de l'impérialisme, à laquelle a contribué l'esprit de la Société des nations, et maintenant les guerres humanitaires. Pour aller dans ton sens, la première guerre mondiale fut d'abord une guerre civile européenne qui a interrompu la croyance à l'extension indéfinie du progrès cosmopolitique au moyen de l'Etat-Nation et du doux commerce. Cette hybris de maîtrise technique, la même dont souffre aujourd'hui l'Amérique, a causé la ruine de l'Europe, théorisée par Spengler, Freud et les penseurs du soupçon. Elle n'est pas non plus étrangère à la montée des totalitarismes à travers des régimes qui vouaient un culte à la technique et au scientisme. Dans un passage fameux de La Crise de l'Esprit, Paul Valéry évoque « l'étonnante aventure de ce petit cap de l'Asie », image réduisant l'importance géographique de l'Europe à une portion congrue pour mieux en souligner la réussite matérielle et scientifique. L'ouverture cinglante du texte de Valéry est restée célèbre, en introduisant la question qui fâche dans son examen des causes des atrocités de la Grande Guerre: ne tiennent-elles pas à ce qui faisait la superbe singularité de l'Europe ? " Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles (…) Tant d'horreurs n'auraient pas été possibles sans tant de vertus. Il a fallu, sans doute, beaucoup de science pour tuer tant d'hommes, (…) anéantir tant de villes en si peu de temps ; mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects ? " Toutefois, j'ai l'impression que la thèse de Hanson, en suivant la voie tracée par Clausewitz et Valéry, surestime l'aspect rationaliste de la guerre à l'européenne en tant que science stratégique et néglige le rôle des passions mimétiques. L'empire turco-mongol conquis par Gengis Khan a tout de même été le plus vaste de l'histoire et l'Empire Ottoman, qui avait soumis une partie de l'Europe, a duré plus de 6 siècles. Or l'Occident, en redevenant un petit cap de l'Asie a pris conscience de son déclin dans tous les domaines. Mais surtout, cette spécificité technologique a disparu avec la prolifération des armes de destruction massive et la diminution de leur coût, accessible à des organisations non étatiques. Nous sommes entrés dans une ère où les moyens de destruction, notamment nucléaires et chimiques, sont démesurés, même si la dissuasion mutuelle et la raison pratique en ont limité l'usage. La prolifération du terrorisme, qui se répand partout grâce aux réseaux de communication, en est une illustration édifiante. Son pouvoir de nuisance, même avec des moyens conventionnels, est énorme.
  11. Je n'ai pas dit le contraire, mon propos était ironique, dans la présentation d'un impérialisme qui serait quasiment unilatéral, comme si la forme politique de l'islam (civilisation) n'était pas un empire étendu par la conquête. D'un côté on nie l'existence d'une identité européenne, l'originalité de sa civilisation libérale aux racines grecques et chrétiennes, de l'autre on présente l'occident comme une puissance source de tous les maux par la colonisation. Sauf qu'à mon avis cette illusion universaliste est justement en train de causer sa perte par un retour de bâton historique. Je pense que la croyance en la vocation universelle de la démocratie occidentale (et par conséquent de l'humanisme), popularisée par le cinéma et la culture anglo-saxonne est la fois fausse, immorale et dangereuse.
  12. free jazz

    Supa Playlist!

    ça y est j'y suis, tu es le frère caché de Taranne. De mon côté, comme Ultros m'a parlé de sensibilité soufie, j'ai sorti quelques disques fétiches de Nusrat Fateh Ali Khan. m9mq7ARt10M CAqThta2y-s EPw-YVlvbFQ KvM3RkAgraY
  13. La civilisation occidentale est évidemment un mythe entretenu par des réactionnaires, sauf quand il s'agit de faire un décompte des morts avec l'islam, religion de paix et d'amour, où là subitement la notion d'occident prend une consistance impérialiste et colonialiste, voire génocidaire. Qu'est-ce qu'on se marre.
  14. Rigolons un peu avec le vieux borgne qui mélange bon sens et provoc aux indignogènes. Plus mauvais goût encore, mais hilarant : http://www.culturalg…in-dugland.html
  15. J'aime bien la notion de calcul stratégique appliqué aux dérivations de Pareto. A ce propos, tonton Rothbard en avait perçu une des combinaisons stratégiques possibles, pour parler le langage de la sociologie parétienne, des groupes d'individus minoritaires richement dotés en résidus de classe 1 (instinct des combinations) déguisant leur volonté de puissance avec des dérivations de classe 3, qui font appel aux sentiments humanitaires communs comme la pitié ou la compassion :
  16. Mais ça se sait de plus en plus. Blague à part, ce n'est pas l'argent qui dirige le monde mais un régime déterminé de gouvernance, qui s'est emparé de la monnaie par des moyens oligopolistiques, un art rusé de la combination, et utilise les ressorts démagogiques de la démocratie pour tromper ou voler les multitudes productives. Michels, Mosca, Pareto, c'est la même école logico-expérimentale étudiant la sociologie des structures oligarchiques, pour laquelle la démocratie n'est qu'illusion sentimentale; ils énoncent des lois pour montrer que toutes les sociétés organisées sont un cimetière d'oligarchies. Le progrès social est un leurre idéal qui répond à un besoin instinctif de dérivations mentales, un désir de changement et d'invention, il ne sert qu'à masquer la lutte que se livrent certaines minorités pour remplacer les précédentes. On pourrait y ajouter la sociologie individualiste de Tarde avec ses lois de l'imitation, et la psychologie des foules de Le Bon. Pour Pareto, la rivalité entre patrons et salariés n'est qu'une forme mineure parmi d'autres antagonismes sociaux, à l'échelle historique. Dans Les systèmes socialistes, il explique que l'idéologie marxiste ne représente qu'une tentative épisodique de remplacer une élite par une autre. Cette circulation des élites est sans fin, bien que les phases de décadence soient imputables à une sclérose de cette circulation, le terme «égalité des chances», si dévoyé à des fins démagogiques, signifie seulement que dans une société saine l'avancement par la méritocratie doit être ouvert aux membres supérieurs de toutes les classes sociales. La lutte des classes, sur laquelle Marx a particulièrement attiré l'attention, est un facteur réel, dont les marques peuvent être trouvées sur chaque page de l'histoire. Mais la lutte n'est pas limitée seulement à deux classes: le prolétariat et les capitalistes, elle a lieu entre un nombre infini de groupes avec des intérêts différents, et avant tout entre les élites rivalisant pour le pouvoir. L'existence de ces groupes peut varier en durée, ils peuvent être basés sur des caractéristiques permanentes ou plus ou moins temporaires. Chez les peuples les plus sauvages, et peut-être chez tous, le sexe détermine deux de ces groupes. L'oppression dont se plaint le prolétariat, ou qui l'a amené à s'en plaindre, n'est presque rien en comparaison de ce que subissent les femmes des Aborigènes australiens. Des caractéristiques réelles à un degré plus ou moins grand -- nationalité, religion, race, langue, etc. -- peuvent donner naissance à ces groupes. De nos jours [c'est-à-dire en 1902], la lutte entre les Tchèques et les Allemands en Bohème est plus intense que celle entre le prolétariat et les capitalistes en Angleterre. (…) Les socialistes de notre époque ont clairement perçu que la révolution à la fin du dix-huitième siècle a simplement conduit au remplacement de la vieille élite par la bourgeoisie. Ils exagèrent largement le fardeau de l'oppression imposée par les nouveaux maîtres, mais ils croient sincèrement qu'une nouvelle élite de politiciens tiendra mieux leurs promesses que ceux qui sont venus et qui se sont maintenus jusqu'à nos jours. Tous les révolutionnaires proclament à leur tour que les révolutions précédentes ont fini par tromper le peuple; c'est leur révolution seule qui est la vraie révolution. «Tous les mouvements historiques précédents», déclarait le Manifeste communiste de 1848, «étaient des mouvements de minorités ou dans l'intérêt de minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement conscient et indépendant de l'immense majorité, dans l'intérêt de l'immense majorité». Malheureusement cette vraie révolution, qui doit apporter aux hommes un bonheur sans mélange, n'est qu'un mirage trompeur qui ne devient jamais une réalité. Elle est apparentée à l'âge d'or des millénaristes: toujours attendue, elle est toujours perdue dans les brumes du futur, échappant toujours à ses adeptes au moment où ils pensent la tenir. Le cycle ploutocratique, comme le montrait déjà Aristote, ne peut durer très longtemps parce qu'il affaiblit les dirigeants démocratiques et qu'en s'attaquant à la moyenne propriété, il encourage les séditions et les révoltes : partout où la fortune extrême est à côté de l’extrême indigence, ces deux excès amènent ou la démagogie absolue, ou l’oligarchie pure, ou la tyrannie. Pour Pareto, les gouvernants démagogiques soutenant l'oligarchie travaillent eux-mêmes à leur perte, car les lions sont remplacés par des ânes au profit des renards : C'est un trait spécifique des gouvernements faibles. Parmi les causes de faiblesse, deux en particulier doivent être notées: l'humanitarisme et la couardise -- la couardise qui devient naturelle chez les aristocraties décadentes et qui est en partie naturelle, en partie calculée, chez les gouvernements «spéculateurs» qui sont surtout préoccupés de gains matériels. L'esprit humanitaire (…) est une maladie particulière aux individus sans caractère qui sont richement dotés de certains résidus de Classe I qu'ils ont habillés d'un costume sentimental.
  17. La première est la définition antique, qui désigne simplement la connaissance réservée à une élite privilégiée. Ce n'est pas celle utilisée couramment. Regarde plutôt à gnosticisme (qu'il faudrait mettre au pluriel), c'est-à-dire son versant idéologique, qui se réfère à une connaissance initiatique et ésotérique sur le mode de l'illumination d'une conception millénariste. Dire que les avatars du gnosticisme ont la vie dure et ne cessent de repousser dans différentes cultures (judaïsme, islam, christianisme, bouddhisme) comme la mauvaise herbe est devenu un lieu commun peut-être excessif, mais cela nous renseigne sur certains archétypes de la psychologie humaine. Le fond du gnosticisme, qui a résisté à l'épreuve du temps et se développe même avec un certain succès depuis le XXè siècle, c'est une représentation du monde manichéenne, dualiste, à savoir que l'âme intérieure de l'humanité doit s'émanciper d'un monde qui est fondamentalement trompeur, oppressif et mauvais, puisque fabriqué par une matrice maléfique. Les temps modernes ont assisté à la résurgence du gnosticisme dans la pensée politique : les lumières, l’idéalisme hégélien, certains courants existentialistes, les doctrines révolutionnaires comme le marxisme et le nazisme, certaines psychologies du développement personnel, la société théosophique, la franc-maçonnerie et maintenant le conspirationnisme. http://fr.wikipedia….iki/Gnosticisme Pourquoi pas, pour ma part je vois plutôt la dérive gnostique dans la sécularisation de thèmes religieux par les idéologies révolutionnaires modernes, notamment marxisme, saint-simonisme, environnementalisme, altermondialisme, new age, et parfois quelques randiens égarés . Comme dit la célèbre formule de Chesterton, le monde moderne est plein d'anciennes idées chrétiennes devenues folles.
  18. Son délire purificateur annonçant l'homme nouveau en 2083, l'invention d'une nouvelle armée de chevaliers templiers, tiennent beaucoup plus d'une construction gnostique qui utilise des thèmes chrétiens pour leur donner une orientation apocalyptique. nb: pour l'Eglise, la Franc-maçonnerie est une gnose : http://www.valeursactuelles.com/dossier-d039actualit%C3%A9/dossier-d039actualit%C3%A9/entretien-de-mgr-rey-quotune-n%C3%A9gation-de-gr%C3%A2ce-de-dieuqu
  19. Analyse pertinente qui rejoint celle que je proposais ici et là. En parlant du criminel nihiliste, de pulsion de mort et d'aliénation, je pensais aussi à la figure de Raskolnikov dans Crime & Châtiment, qui se bricole une auto-justification narcissique de sa déviance, à l'instar de Breivik dont la mise en scène le ridiculise en se donnant le titre pompeux de Commandeur des Chevaliers Justiciers. Pour compléter :
  20. Les périodes de décadence et de corruption des moeurs sont des transitions nécessaires vers un nouveau cycle, une transformation vers une autre société plus ou moins civilisée. En tout cas la décadence laxiste du système judiciaire de la social-démocratie est patente :
  21. Les deux aspects sont liés : ingéniérie des populations par l'Etat-providence (maintenant de l'UE) et hiver démographique. Voir aussi le site du planning familial, c'est instructif. http://www.planning-…g/ouverture.php">(badurl) http://www.planning-…g/ouverture.php (badurl)
  22. Beaucoup d'excellents théoriciens se sont penchés sur la meilleure façon de qualifier les transformations démagogiques de la démocratie. Certains comme Pierre Manent ou Marcel Gauchet pensent que nous vivons une période charnière d'évolution vers une oligarchie d'experts, où les formes classiques de la démocratie libérale fondées sur l'équilibre des contre-pouvoirs se délitent et sont remplacées par un régime de gouvernance technicienne visant une maximisation du bonheur social. La prise de contrôle des experts se traduirait par un désenchantement du politique perçu comme une association de renards, un discrédit des élites, un divorce entre la société civile et les gouvernants. On pourrait qualifier ce genre de régime de despotisme éclairé : les centres de pouvoir se convertissent en agences humanitaires et la législation vise à construire de grandes nurseries maternantes pour les populations. Pareto insiste sur ce mécanisme de camouflage psychologique par des buts idéaux ou humanitaires, qu'il appelle dérivation, consistant à envelopper les actions de justifications pseudo-rationnelles ou idéologiques, camouflage qui permet la circulation des élites, individus les plus aptes à manipuler les sentiments et dérivations, les instincts d'ordre et de conformité. Le jeu social des résidus et des dérivations forme les élites, dont on constate partout l'existence. Des élites qui connaissent la mobilité, et qui disparaissent, dans des sociétés hiérarchisées qui sont mortelles. Un exemple classique de dérivation est celui des révolutionnaires qui luttent pour renverser un système social qu'ils déclarent oppressif, dans le but d'instaurer un nouveau système social qui, selon eux, sera un système de liberté. Ces révolutionnaires, ayant pris le pouvoir, peuvent être entraînés par la logique des faits à instaurer un système social réellement oppressif. Ils se justifient alors de diverses manières, toutes présentées comme étant parfaitement logiques : c'est la faute des ennemis politiques, des étrangers, des minorités, de circonstances totalement imprévisibles … L'élite au sens général est définie par Pareto, en dehors de toute morale, en attribuant aux membres de l'élite de très bonnes notes de camouflage et de séduction : "A l'habile escroc qui trompe les gens et sait échapper aux peines du code pénal, nous attribuerons 8, 9 ou 10, suivant le nombre de dupes qu'il aura su prendre dans ses filets, et l'argent qu'il aura su leur soutirer. Au petit escroc qui dérobe un service de table à son traiteur et se fait prendre par les gendarmes, nous donnerons 1" ; ou encore " A la femme politique, …, qui a su capter les bonnes gràces d'un homme puissant, et qui joue un rôle dans le gouvernement qu'il exerce de la chose publique, nous donnerons une note telle que 8 ou 9. A la gourgandine qui ne fait que satisfaire les sens de ces hommes, et n'a aucune action sur la chose publique, nous donnerons 0." Toute société est caractérisée par la nature de son élite gouvernementale, qui s'impose comme dirigeante aux gouvernés, soit par la force soit par la ruse, car toute élite politique est soit lionne soit renarde, et lutte pour sa vie, la révolution Juste étant une illusion. Pour Pareto les intérêts et la circulation des élites sont les facteurs qui font que la forme générale de toute société se caractérise par une mutuelle dépendance des éléments qui la composent dans un contexte variable. Sa vision de l'histoire des sociétés est pessimiste et décapante, il existe une lutte des classes éternelle pour la succession de minorités privilégiées qui se forment, luttent pour arriver au pouvoir, en profitent puis tombent en décadence, pour être remplacées par d'autres minorités. D'autres qui réfléchissent en terme de conflit de classes disent que la crise financière actuelle liée à la politique d'expansion des dettes publiques a permis la mise en place d'un vaste système de spoliation des contribuables au profit d'un consortium d'intérêts cartélisés obtenant des mesures favorables auprès de législateurs européens corrompus. Cette vision que l'on peut qualifier de populiste, qui se répand aussi bien dans la sensibilité libertarienne, souverainiste ou gauchisante, dénonce l'avènement d'une nouvelle ploutocratie politico-financière articulée sur le contrôle du système bancaire. Le sujet est glissant. C'est en observant l'inflation de la crise de la dette marquée par une socialisation croissante des opérations à perte, par d'énormes transferts de capitaux des contribuables européens vers ce système, en relisant Pareto et les économistes autrichiens que je me suis mis à considérer cette hypothèse au sérieux. Cette lecture sociologique pourrait relever d'une nouvelle illusion idéologique alliant complaisance et passions anti-système, pourtant la lutte des classes est une ancienne notion libérale qui a fait ses preuves. Alors quid des mutations de la démocratie : oligarchie techno, démagogie bienveillante, ou ploutocratie?
  23. Vous devez lire en diagonale, tout figure dans les attendus. Par ailleurs il est parfaitement logique que la liberté académique soit soustraite aux lois mémorielles et au contrôle législatif, au risque de s'exposer à une politisation du savoir, de l'histoire et de la science, et par conséquent au déclin intellectuel.
  24. Cette volonté de transformer les mentalités par une ingéniérie sociale est explicite dans le projet de création d'une citoyenneté européenne. L'idée de créer un peuple européen de toutes pièces est, transposée dans le domaine de la biopolitique, la même présomption fatale que celle de la création de l'Euro, l'illusion selon laquelle en imposant une monnaie unique, les économies nationales allaient disparaître et converger d'un même pas vers le fédéralisme heureux. Or on voit maintenant le résultat de ces illusions : les tensions en Europe augmentent avec le chômage et la ruine des pays, les économies divergent. Pour le reste de ton raisonnement je ne te suis pas, dans la mesure où je ne crois pas que l'attentat d'Osla soit un drame du multiculturalisme comme le suggère cet article du Figaro : http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/28/01003-20110728ARTFIG00547-breivik-et-le-revers-de-la-medaille-norvegienne.php Pour autant il faut résister aux tentatives pathétiques de récupération de ce drame par la gauche démagogique, il ne doit pas servir à terroriser les opinions pour les empêcher de parler du danger de l'utopie fédéraliste pour nos libertés.
  25. Vous passez à côté du problème, le litige ne porte pas sur la liberté contractuelle, mais sur la protection accordée ou non aux universitaires dans le cadre des restrictions de la liberté d'expression, telles que proclamées par la Convention européenne des droits de l'homme dans son article 10. Cet arrêt en discute l'extension en déniant tout régime de protection spécifique aux enseignants, y compris dans leurs activités de chercheurs. « 1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations. 2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire. » Ce qui est en jeu c'est bien la liberté de la recherche universitaire; cet arrêt signifie que la CEDH désactive le régime de protection dont jouissaient les historiens et que leurs travaux académiques peuvent être poursuivis comme n'importe qu'elle opinion dès lors qu'ils dérogent aux normes de tolérance légales. C'est donc la porte ouverte à l'assignation au tribunal de tous les chercheurs qui sortent des clous du ministère de la vérité et de l'historiquement correct, comme cela était arrivé à l'historien de l'esclavage Olivier Pétré-Grenouilleau, victime d'une loi mémorielle : http://fr.wikipedia….A9-Grenouilleau
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