Rankin Posté 6 juin 2011 Signaler Posté 6 juin 2011 J'ai découvert un article (un peu vieux) sur un site consacré à la noétique (que je ne connaissait pas auparavant). Ca me semble plus ou moins proche de certaines de mes convictions libérales. Ceci m'a pas mal plu, dans le sens où j'ai l'impression que le besoin de liberté et de sa propre prise en charge peut aller au-delà des considération politiques classiques. Et vous qu'en pensez-vous ? Extrait du site : http://www.noetique.eu Au-delà de la Liberté :l'Autonomie Liberté, liberté chérie … que de crimes n'a-t-on commis enton nom ! Liberté : mot philosophique, mot sacré, mot bateau. Une Idée, au sens de Platon. Un idéal. Justement : un idéal, une valeur idéalisée en notre époquede non-idéal et de non-valeur. La Liberté telle qu'inscrite au tout premier article de la"Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" (Tous les hommesnaissent libres et égaux en droit"), est un mythe, un leurre : l'égalitéégalitariste et la sécurité sécuritaire ont tué la liberté. Nos démocratiesdéliquescentes nous le démontrent chaque jour : elles sont la tyrannie molled'une majorité médiocre, manipulée et lobotomisée. Ce mot de Liberté n'évoque plus guère d'écho dans nosoreilles assommées de confort douillet et de satiété repue. Ce n'est donc plus de Liberté qu'il faut parler : elle n'estplus un enjeu contemporain. Si sursaut de dignité il doit y avoir, ce sera celui de laquête d'autonomie. Quête concrète, pragmatique, quotidienne, loin des discoursphilosophiques ou des idéaux ampoulés. Être autonome : être sa propre norme, être son propreprojet, être soi par soi et en soi. Être autonome : se libérer de toutes les dépendances, detous les assistanats dont nos démagogies ambiantes nous gavent jusqu'à lanausée. Se réapproprier sa propre vie et s'assumer soi-même. Seprendre en charge et s'auto-responsabiliser. Le discours est banal, mais laquête est ardue. Tous nos systèmes éducatifs se fondent sur l'apprentissageprofond de la dépendance et de la soumission : discipline, obéissance,récompense. Dressage. Tous nos systèmes sociaux se perpétuent à coupsd'allocations : familiale, de chômage, de sécurité sociale, d'assistancesociale. Tous nos systèmes économiques sont pourris de subsides,d'aides, de subventions. Le débat est profond. D'un côté, l'immense besoin individuel et collectifd'autonomie afin que se réalise le seul projet politique acceptable pour notretroisième millénaire : l'accomplissement en plénitude de tous les projetscréatifs, personnels et communautaires, au service de la Vie et de la Pensée. Nos sociétés sont en panne. Il n'y a plus d'entrepreneurs,il n'y a plus de projets, il n'y a plus d'aventures, il n'y a plus de risques. Nos sociétés se meurent par manque de désir et de volonté. De l'autre côté, une hétéronomie généralisée : la norme,toutes les normes, toutes les lois, toutes les règles sont dans les mains dequelques uns qui ont confisqué tous les pouvoirs à leur profit, en échange desillusions sécuritaires. Devenez mon courtisan et vous recevrez des allocations ;devenez mon esclave et vous recevrez des salaires ; devenez mon disciple etvous recevrez des diplômes. Les moralistes et idéologues classiques, du haut de leursergots, rétorquent que l'hétéronomie est la seule voie du bien social et quel'autonomie généralisée ne peut conduire qu'à l'exclusion ou à la précarité desfaibles, de tous ceux qui ne sont pas capables de s'assumer, de se prendre encharge, de se construire eux-mêmes. Mensonge ! C'est précisément l'hétéronomie et lesassistanats légaux qu'elle génère, qui induisent la dépendance et la faiblesseau travers de tous ses systèmes éducatifs, sociaux et économiques. Eduquez quiconque comme un faible, il deviendra faible.Eduquez-le comme un fort, il deviendra fort. Il suffit d'observer le phénomène des banlieues hors-la-loipour comprendre que la faiblesse induit la bêtise et l'ignorance et fait le litde toutes les violences : les violents, les barbares ne s'attaquent qu'auxfaibles comme les lionnes qui ne chassent que les animaux malades ou fragilesou épuisés, jamais les dominants de la horde. Curieux paradoxe que de voir l'idéal humaniste accoucherd'une inhumanité barbare sous prétexte de tolérance et de compassion : moraled'esclaves disait Nietzsche. C'est un sophisme idéologique que ce binaire"fort/faible" : il légitime et justifie le pouvoir en affirmant quesa mission première est de protéger les faibles contre les forts. Double mensonge. D'abord, rien ne prouve que l'oppression des faibles par lesforts soit automatique et inéluctable : l'éthologie des animaux sociauxdémontre bien le contraire puisque les dominants se sacrifient le plus souventpour protéger le troupeau. Ensuite, qui est faible ou fort ? Par rapport à quel critère? Selon quelle aune ? Selon ceci, celui-là sera "fort", mais selon cela,il sera "faible". Selon le critère de l'argent, le riche sera "fort"et le pauvre "faible", mais selon le critère du talent ou de lacréativité pratique, ce sera bien souvent tout le contraire : qui sera le plusdébrouillard … ou le plus inventif par nécessité ? Il y aurait encore tant à écrire sur ce thème lorsque l'onsait que nous quittons à toute vitesse les sociétés de l'argent pour entrerdans les sociétés du talent … Révolution noétique oblige. Ainsi la confiscation des autonomies personnelles par lesinstitutions de pouvoir (et leurs systèmes éducatifs, sociaux et économiques)est toute entière bâtie sur des mensonges, des présupposés idéologiqueserronés, des credo implicites que rien ne justifie. Si l'on veut, comme le prétendent les discours de l'heure,redynamiser les tissus sociaux et économiques, réactiver les processus desolidarité et de convivialité, relancer le goût d'entreprendre et l'espritd'entreprise, alors il faudra bien libérer les autonomies individuelles deshétéronomies castratrices. Il faudra bien repenser l'école de fond en comble. Il faudra bien remettre l'Etat et les institutions à leurjuste place, c'est-à-dire à la périphérie logistique des espaces sociaux etéconomiques, au service des individus et de leurs projets personnels oucollectifs. Mais que l'on y prenne bien garde, l'autonomie ne se donneni ne se reçoit : elle se construit, pas à pas, dans une quête perpétuelle,dans un combat sans fin contre toutes les facilités, contre toutes lesparesses, contre toutes les pleutreries. On devrait peut-être parler d'une ascèse de l'autonomiepuisqu'il y a en cela lutte inépuisable contre soi-même pour la libération desoi, car, naturellement, l'homme est esclave de ses esclavages. C'est précisément cette quête et ce combat qu'il fautapprendre à l'école dès le plus jeune âge : la lutte pour sa propre dignité,pour le respect de soi, pour son propre accomplissement et la réalisation deses propres talents. Et s'il faut encore faire un pas de plus, s'il faut aussieffleurer la dimension spirituelle, alors l'autonomie personnelle, comme quête,devient affranchissement de tout dogme et de toute église et de toute religion.Elle devient construction d'une foi personnelle en des certitudes personnelles,d'ailleurs évolutives. Elle devient surtout quête du détachement. Détachement qui n'est ni indifférence, ni passivité, nifatalisme, ni mépris. Détachement au sens d'un Maître Eckart ou d'un Lao-Tseu. Détachement comme aboutissement de la quête d'autonomie. Ce détachement-là est libération de tout par l'implicationen tout. Pour le dire autrement, chaque homme est devant un choix defond (souvent implicite ou inconscient). Effacement de l'ego au service de l'œuvre ou aliénation del'œuvre aux caprices de l'ego ? Tous les créateurs le savent depuis toujours : l'œuvre n'estsublime que dans le sacrifice de l'ego et de tous ses pseudopodes. L'artiste authentique doit apprendre à s'effacer devantl'Art. En nos temps de carence créative et de pénurie de talent,l'apprentissage et la quête d'autonomie sont les incontournables chemins pourcontrer cet enlisement social et politique dans lequel nous nous enfonçonschaque jour un peu plus. Il faut donc que chacun apprenne, le plus vitepossible, le plus tôt possible, à renoncer et à refuser toutes les dépendanceset tous les assistanats. Cette voie est la seule capable de revitaliser notre corpssocial et économique largement sclérosé, déjà moribond. La seule !
Lancelot Posté 6 juin 2011 Signaler Posté 6 juin 2011 Et vous qu'en pensez-vous ? J'en pense que ça pique les yeux.
Rankin Posté 7 juin 2011 Auteur Signaler Posté 7 juin 2011 J'en pense que ça pique les yeux. C'est à dire?
neuneu2k Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 Trop mal formaté, j'ai lu en diagonale, ce n'est pas mal, mais l'autonomie est un terme capturé par les émancipateurs néo-marxistes de tout poil, et qui, si il doit être utilisé, nécessite une définition le plus tôt possible.
Lancelot Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 C'est à dire ? C'est à dire qu'un mot sur 10 est collé au suivant, ce qui est très inconfortable, que l'abus du sautage de lignes et de ponctuation forte donne l'impression de lire un tract et que le style que je qualifierais de "mystique" n'incite pas à prendre tout ça au sérieux. Tout ça fait que j'ai le plus grand mal à accéder au fond, si il y en a un.
F. mas Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 Jan Narveson ( The libertarian Idea ; 2001 ; P. 167) aborde la relation entre liberté et autonomie par le biais d'une critique adressée à un de ses collègues (Laurence Haworth, auteur d'Autonomy). Haworth estime que l'autonomie (gouvernement de soi raisonnable) est une valeur fondamentale aux yeux de celui qui cherche à être autonome, Il ajoute que toutes les théories qui attribue aux individus un droit égal à la liberté présuppose qu'ils en sont capables, donc qu'ils sont autonomes. La seule manière d'envisager la liberté protégée par des droits doit donc se doubler d'un encouragement à l'autonomie individuelle, qui ne peut se limiter à la liberté négative du libéralisme "libertarien" (la liberté comme non interférence). D'un côté, le libertarien valorise la gamme de préférences posées par l'individu indépendamment de son exercice, là où l'"autonomiste" localise la valeur de la liberté dans sa finalité d'émancipation et d'autonomie. Plus loin Haworth en vient à expliquer plus en détail sa position, qui retire au droit à la liberté sa dimension de valeur fondamentale s'il est entendu comme le droit du peuple à être libre sans se soucier de l'usage de cette liberté ou sans rapport avec ses capacités, bref, si le droit à la liberté correspond à l'idée que les libéraux s'en font, c'est pas bien. En résumé, la liberté devient subordonnée à l'idéal d'autonomie, qui lui autorise intervention et encouragement des structures politiques pour voir l'homme enfin s'émanciper des anciennes contraintes. Narveson se demande donc quel genre de subordination est-ce là : peut-on imaginer une intervention de police pour interpeller les individus coupables de ne pas prendre de décisions de manière autonome ? Peut on réellement interférer dans les choix des individus pour corriger leurs préférences sans leurs autorisations, mêmes si les choix en question expriment des préférences qui nous paraissent débiles ou objectivement non-autonomes ? Non, parce que la moralité n'est pas une fin en soi, du moins du point de vue libéral.
Randian shithead Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 [Texte un peu naïf sur un sujet complètement au hasard]F.mas intervient. [15 lignes avec deux auteurs cités dont une référence à la page près] Ne changez jamais, j'adore lire vos interventions, et je suis surtout complètement admiratif.
Lancelot Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 Peut-on réellement interférer dans les choix des individus pour corriger leurs préférences sans leurs autorisations, mêmes si les choix en question expriment des préférences qui nous paraissent débiles ou objectivement non-autonomes ? Non, parce que la moralité n'est pas une fin en soi, du moins du point de vue libéral. En effet, je dirais même que la fin morale du libéralisme est d'arracher la moralité à l'état pour la rendre à la société, ce en quoi il se distingue des autres idéologies politiques. Le caractère irrémédiablement modeste (lacunaire ?) de ces ambitions pousse certains à penser que le libéralisme ne peut s'incarner sans qu'on lui adjoigne une sensibilité, qu'elle soit conservatrice, libertaire, républicaine ou autre. Et c'est là que je me fais haïr par tous les libéraux de gauche parce que je les ai mis dans le même panier que les libéraux conservateurs, et vice versa
Chitah Posté 7 juin 2011 Signaler Posté 7 juin 2011 Merci pour le compliment. C'est largement mérité. En première approche, cette notion d'autonomie n'est-elle pas à rapprocher de la notion de "capacité" chère à certains comme Amartya Sen?
Solomos Posté 9 juin 2011 Signaler Posté 9 juin 2011 J'ai découvert un article (un peu vieux) sur un site consacré à la noétique (que je ne connaissait pas auparavant). Ca me semble plus ou moins proche de certaines de mes convictions libérales. Ceci m'a pas mal plu, dans le sens où j'ai l'impression que le besoin de liberté et de sa propre prise en charge peut aller au-delà des considération politiques classiques. Et vous qu'en pensez-vous ? Extrait du site : http://www.noetique.eu Au-delà de la Liberté :l'Autonomie Liberté, liberté chérie … que de crimes n'a-t-on commis enton nom ! Liberté : mot philosophique, mot sacré, mot bateau. Une Idée, au sens de Platon. Un idéal. Justement : un idéal, une valeur idéalisée en notre époquede non-idéal et de non-valeur. La Liberté telle qu'inscrite au tout premier article de la"Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" (Tous les hommesnaissent libres et égaux en droit"), est un mythe, un leurre : l'égalitéégalitariste et la sécurité sécuritaire ont tué la liberté. Nos démocratiesdéliquescentes nous le démontrent chaque jour : elles sont la tyrannie molled'une majorité médiocre, manipulée et lobotomisée. Ce mot de Liberté n'évoque plus guère d'écho dans nosoreilles assommées de confort douillet et de satiété repue. Ce n'est donc plus de Liberté qu'il faut parler : elle n'estplus un enjeu contemporain. Si sursaut de dignité il doit y avoir, ce sera celui de laquête d'autonomie. Quête concrète, pragmatique, quotidienne, loin des discoursphilosophiques ou des idéaux ampoulés. Être autonome : être sa propre norme, être son propreprojet, être soi par soi et en soi. Être autonome : se libérer de toutes les dépendances, detous les assistanats dont nos démagogies ambiantes nous gavent jusqu'à lanausée. Se réapproprier sa propre vie et s'assumer soi-même. Seprendre en charge et s'auto-responsabiliser. Le discours est banal, mais laquête est ardue. Tous nos systèmes éducatifs se fondent sur l'apprentissageprofond de la dépendance et de la soumission : discipline, obéissance,récompense. Dressage. Tous nos systèmes sociaux se perpétuent à coupsd'allocations : familiale, de chômage, de sécurité sociale, d'assistancesociale. Tous nos systèmes économiques sont pourris de subsides,d'aides, de subventions. Le débat est profond. D'un côté, l'immense besoin individuel et collectifd'autonomie afin que se réalise le seul projet politique acceptable pour notretroisième millénaire : l'accomplissement en plénitude de tous les projetscréatifs, personnels et communautaires, au service de la Vie et de la Pensée. Nos sociétés sont en panne. Il n'y a plus d'entrepreneurs,il n'y a plus de projets, il n'y a plus d'aventures, il n'y a plus de risques. Nos sociétés se meurent par manque de désir et de volonté. De l'autre côté, une hétéronomie généralisée : la norme,toutes les normes, toutes les lois, toutes les règles sont dans les mains dequelques uns qui ont confisqué tous les pouvoirs à leur profit, en échange desillusions sécuritaires. Devenez mon courtisan et vous recevrez des allocations ;devenez mon esclave et vous recevrez des salaires ; devenez mon disciple etvous recevrez des diplômes. Les moralistes et idéologues classiques, du haut de leursergots, rétorquent que l'hétéronomie est la seule voie du bien social et quel'autonomie généralisée ne peut conduire qu'à l'exclusion ou à la précarité desfaibles, de tous ceux qui ne sont pas capables de s'assumer, de se prendre encharge, de se construire eux-mêmes. Mensonge ! C'est précisément l'hétéronomie et lesassistanats légaux qu'elle génère, qui induisent la dépendance et la faiblesseau travers de tous ses systèmes éducatifs, sociaux et économiques. Eduquez quiconque comme un faible, il deviendra faible.Eduquez-le comme un fort, il deviendra fort. Il suffit d'observer le phénomène des banlieues hors-la-loipour comprendre que la faiblesse induit la bêtise et l'ignorance et fait le litde toutes les violences : les violents, les barbares ne s'attaquent qu'auxfaibles comme les lionnes qui ne chassent que les animaux malades ou fragilesou épuisés, jamais les dominants de la horde. Curieux paradoxe que de voir l'idéal humaniste accoucherd'une inhumanité barbare sous prétexte de tolérance et de compassion : moraled'esclaves disait Nietzsche. C'est un sophisme idéologique que ce binaire"fort/faible" : il légitime et justifie le pouvoir en affirmant quesa mission première est de protéger les faibles contre les forts. Double mensonge. D'abord, rien ne prouve que l'oppression des faibles par lesforts soit automatique et inéluctable : l'éthologie des animaux sociauxdémontre bien le contraire puisque les dominants se sacrifient le plus souventpour protéger le troupeau. Ensuite, qui est faible ou fort ? Par rapport à quel critère? Selon quelle aune ? Selon ceci, celui-là sera "fort", mais selon cela,il sera "faible". Selon le critère de l'argent, le riche sera "fort"et le pauvre "faible", mais selon le critère du talent ou de lacréativité pratique, ce sera bien souvent tout le contraire : qui sera le plusdébrouillard … ou le plus inventif par nécessité ? Il y aurait encore tant à écrire sur ce thème lorsque l'onsait que nous quittons à toute vitesse les sociétés de l'argent pour entrerdans les sociétés du talent … Révolution noétique oblige. Ainsi la confiscation des autonomies personnelles par lesinstitutions de pouvoir (et leurs systèmes éducatifs, sociaux et économiques)est toute entière bâtie sur des mensonges, des présupposés idéologiqueserronés, des credo implicites que rien ne justifie. Si l'on veut, comme le prétendent les discours de l'heure,redynamiser les tissus sociaux et économiques, réactiver les processus desolidarité et de convivialité, relancer le goût d'entreprendre et l'espritd'entreprise, alors il faudra bien libérer les autonomies individuelles deshétéronomies castratrices. Il faudra bien repenser l'école de fond en comble. Il faudra bien remettre l'Etat et les institutions à leurjuste place, c'est-à-dire à la périphérie logistique des espaces sociaux etéconomiques, au service des individus et de leurs projets personnels oucollectifs. Mais que l'on y prenne bien garde, l'autonomie ne se donneni ne se reçoit : elle se construit, pas à pas, dans une quête perpétuelle,dans un combat sans fin contre toutes les facilités, contre toutes lesparesses, contre toutes les pleutreries. On devrait peut-être parler d'une ascèse de l'autonomiepuisqu'il y a en cela lutte inépuisable contre soi-même pour la libération desoi, car, naturellement, l'homme est esclave de ses esclavages. C'est précisément cette quête et ce combat qu'il fautapprendre à l'école dès le plus jeune âge : la lutte pour sa propre dignité,pour le respect de soi, pour son propre accomplissement et la réalisation deses propres talents. Et s'il faut encore faire un pas de plus, s'il faut aussieffleurer la dimension spirituelle, alors l'autonomie personnelle, comme quête,devient affranchissement de tout dogme et de toute église et de toute religion.Elle devient construction d'une foi personnelle en des certitudes personnelles,d'ailleurs évolutives. Elle devient surtout quête du détachement. Détachement qui n'est ni indifférence, ni passivité, nifatalisme, ni mépris. Détachement au sens d'un Maître Eckart ou d'un Lao-Tseu. Détachement comme aboutissement de la quête d'autonomie. Ce détachement-là est libération de tout par l'implicationen tout. Pour le dire autrement, chaque homme est devant un choix defond (souvent implicite ou inconscient). Effacement de l'ego au service de l'œuvre ou aliénation del'œuvre aux caprices de l'ego ? Tous les créateurs le savent depuis toujours : l'œuvre n'estsublime que dans le sacrifice de l'ego et de tous ses pseudopodes. L'artiste authentique doit apprendre à s'effacer devantl'Art. En nos temps de carence créative et de pénurie de talent,l'apprentissage et la quête d'autonomie sont les incontournables chemins pourcontrer cet enlisement social et politique dans lequel nous nous enfonçonschaque jour un peu plus. Il faut donc que chacun apprenne, le plus vitepossible, le plus tôt possible, à renoncer et à refuser toutes les dépendanceset tous les assistanats. Cette voie est la seule capable de revitaliser notre corpssocial et économique largement sclérosé, déjà moribond. La seule ! J'adhère. (sauf peut-être sur le sacrifice de l'ego devant l'art que je ne comprends pas bien et puis je me demande ce que ça vient faire là-dedans ) Je pense que l'autonomie telle qu'elle est décrite ici est un état d'esprit, une philosophie personnelle dont la principale caractéristique est de rechercher ce qui a de la valeur pour nous et non pour les autres, ce qui est notamment illustré respectivement par les archétypes Roark et Keating dans the Fountainhead ( pas la peine de venir troller pour dire du mal de Rand ). Dans un système libéral, tout le monde n'est pas forcément autonome. L'instinct grégaire reprendrait ses droits d'une façon ou d'une autre, mais tant que cela ne viole pas les droits de la minorité ce n'est pas contraire au libéralisme. Mais cette vision de l'autonomie peut être une bonne approche pour convertir des gens pas trop bêtes sans les effrayer trop vite. ( y compris ou surtout s'il ont une image positive de l'émancipation au sens marxiste )
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