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L'échange inégal


Pegase

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Posté

Je vois ce concept un peu partout ces derniers temps dans les groupes communistes que j'ai le malheur de suivre.

 

Il aurait été développé par Arghiri Emmanuel. Si j'ai tout compris l'idée c'est :

- on assiste à une égalisation des taux de profit dans le monde (le capital circule davantage)

- cependant, les salaires entre le nord et le sud eux ne s'égalisent pas.

- en conséquence, les salaires augmentent au nord ce qui leur permet de capter les ressources et les biens produits par les pays du sud à bas coût.

 

Ce sera plus détaillé ici : https://en.m.wikipedia.org/wiki/Unequal_exchange

 

Ces théories sont en réalité assez vieilles. Les sciences économiques se sont penchées un peu dessus ? 

Posté
il y a 11 minutes, Vilfredo a dit :

Je crois qu'un point de vue autrichien dirait qu'il n'y a pas d'échange objectivement inégal, mais que chacun "préfère" ce qu'il retire de l'échange (moi le livre, le libraire mon argent).

... pour peu que l'échange soit libre, évidemment. (Je sais que tu sais, mais j'explicite pour ceux qui sont moins versés en économie).

 

Amusante citation de Rothbard sur Aristote, qui montre (en bon Américain qu'il était) qu'il est infoutu d'apporter une quelconque finesse d'esprit et d'interprétation à sa lecture de la philosophie antique (caractère qui me semble partagé avec l'ensemble des "austro-rationalistes", on passera le bonjour à Popper).

Posté
il y a 5 minutes, Vilfredo a dit :

c’est ce genre de problèmes (épistémologiques en fait) que des gens comme Strauss essaient de traiter.

;)

Posté
il y a une heure, Vilfredo a dit :

mais que chacun "préfère" ce qu'il retire de l'échange


Avec deux caveat :

- pas de fraude 

- au moment où l’échange se fait (les gens ont des regrets).

Posté
1 hour ago, Vilfredo said:

Elle interpréterait le point d’aristote ontologiquement: il y a des rapports de mesure entre toutes choses (qui sont naturels). Aristote écrit “must” (je n’ai pas envie d’aller chercher le grec): c’est un principe. Ce n’est ni une description relative à des agents ou sujets, ni une prescription éthique normative telle qu’on la conçoit après que les positivistes ont absolutisé la dichotomie fait/valeur.

 

Il est vrai que la lecture d’aristote demande une decontextualisation telle qu’on se demande comment le texte peut rester intelligible pour nous, et c’est ce genre de problèmes (épistémologiques en fait) que des gens comme Strauss essaient de traiter.

J'admets bien volontiers qu'en tous cas ce n'est pas très intelligible pour moi, au final ce que j'en conclus (et tu peux me corriger si je me trompe) est que toute interprétation de ce passage d'Aristote pour fonder, attaquer ou défendre une théorie économique moderne est nécessairement hors sujet.

Si c'est le cas Rothbard s'égare peut-être en qualifiant le passage de "gibberish" ou fallacieux (ou peut-être pas tant que ça d'ailleurs si on considère qu'il parle du point de vue de l'économie moderne), mais il est pertinent quand il critique les "tortured constructions of this passage to make Aristotle appear to be a forerunner of the labour theory of value, of W. Stanley Jevons, or of Alfred Marshall". Quelque part ce n'est pas à Aristote lui-même qu'il s'attaque mais à l'interprétation moderne d'Aristote au service de telle ou telle théorie.

D'un point de vue personnel je considère que bien souvent chercher à faire mousser sa théorie en se réclamant d'un vieux grec (ou d'un vieil allemand ou autre, on se comprend) relève de la coquetterie et n'a pas lieu d'être.

Posté

Je ne suis pas sûr qu'on puisse faire dire aux anciens des choses sur les modernes (faire ressortir leurs préjugés et ce qui s'ensuit) et en même temps interdire aux modernes de dire des choses sur les anciens. D'une part parce que ça implique que ça soit un moderne qui se serve d'un ancien pour critiquer un autre moderne, et il y a donc nécessairement dans la boucle une interprétation de l'ancien par un moderne (donc quelque part c'est recadré en débat moderne contre moderne et je me retrouve encore une fois à me demander si impliquer l'ancien là dedans était réellement nécessaire), et d'autre part parce qu'il me semble qu'on devrait être cohérent : soit c'est interprétable dans les deux sens, soit c'est ininterprétable (ou difficilement interprétable mais je schématise) dans les deux sens, mais pourquoi l'ancien aurait-il une position plus privilégiée que le moderne ? À la limite l'inverse aurait plus de sens puisque le moderne peut étudier l'ancien alors que l'inverse est plus compliqué.

Posté
il y a 1 minute, Lancelot a dit :

interdire aux modernes de dire des choses sur les anciens.

Le point de vue de Strauss et de bien d'autres, c'est que pour que les Modernes puissent dire des choses sur les Anciens, il n'est pas inutile que les premiers tentent de comprendre ce que voulaient réellement dire les derniers. Si toute traduction est au moins un peu traitresse, ce n'est pas nécessairement un luxe de tenter d'en avoir de moins traitresses ou moins réductrices que d'autres, et de les croiser (puis de leur ajouter ce que l'histoire sait de l'époque) pour tenter de saisir ce que ces gens assez lointains pouvaient avoir à dire sur des problèmes qui ne sont peut-être pas si différents des nôtres. Mais prendre la première traduction venue pour la lire en diagonale et en tirer des jugements à l'emporte-pièce sur des auteurs qui n'étaient pas forcément plus bêtes que nous, ça ne me semble ni sérieux ni raisonnable.

  • Yea 1

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