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Punu

Pierre Clastres

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Quelqu'un connaît ? Ca semble bien !

L'existence de sociétés sans État est établie depuis les récits des premiers explorateurs du Nouveau Monde. On a cru reconnaître dans ces sociétés une organisation "non" ou "pré"-politique. Dans La Société contre l'État, Pierre Clastres conteste cette assimilation du politique à l'étatique : il montre que le pouvoir politique ne revêt pas nécessairement la forme coercitive de l'État et il se propose d'en redéfinir le champ.

Comment naît l'État? En s'appuyant sur sa connaissance des Indiens d'Amérique, Clastres avance l'hypothèse que la dérive d'une société vers la hiérarchisation étatique suscite une réaction défensive de nature religieuse. Paradoxalement, le pouvoir étatique serait établi par la parole des prophètes qui s'élèvent contre la montée des chefs. Ainsi s'expliquerait l'origine religieuse de la plupart des grands États.

Un des grands textes de l'anthropologie politique où l'on apprend, entre autres choses, pourquoi Geronimo, grand chef de guerre, n'a jamais pu devenir le chef d'État qu'il rêvait d'être. --Emilio Balturi

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Un auteur que je rêve de lire depuis longtemps. Le philosophe français Claude Lefort - que j'ai un peu fréquenté par livres interposés - aime à s'y référer.

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J'ai lu une étude approfondie dans un bouquin de socio. Je ne sais plus lequel, mais je me souviens parfaitement de la collection : un Themis Dalloz. Je vous tiens au courant.

Je crois, mais sans certitude car là où je suis je ne peux le vérifier, que c'est celui-ci :

D'ailleurs, du même auteur, Jacques Chevallier, connaissez-vous ceci ?

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D'ailleurs, du même auteur, Jacques Chevallier, connaissez-vous ceci ?

Euh, Chevallier n'en a écrit que la préface. Le livre est de Vincent Valentin. Il me semble que Simonnot s'y réfère dans son dernier opus.

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Ah, merci de cette précision. Je suis presque sûr que Chevallier parle de Pierre Clastres en cinq ou six pages dans son bouquin Dalloz.

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Euh, Chevallier n'en a écrit que la préface. Le livre est de Vincent Valentin. Il me semble que Simonnot s'y réfère dans son dernier opus.

Le bouquin de Vincent Valentin me semble intéressant. Si quelqu'un l'a lu, qu'en a-t-il pensé? cela vaut le coup de dépenser 30 euros pour ce livre?

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Une interview de Clastres :

http://www.plusloin.org/textes/clastres.html

Et un article trouvé sur un site anar :

http://perso.wanadoo.fr/libertaire/archive…ai/clastres.htm

(Je les découvre en même temps que vous, donc je ne sais pas ce que cela vaut.)

Après longue lecture de l'interview (datée des années 1975-76, au vue des références : URSS, PC et CGT importants et marxisme dominant, loi sur l'avortement, Giscard Vs Pompidou, … ), je trouve ça très bon.

Parfois discutable, mais très bon. Ne serait-ce que par la relativisation du phénomène "état", et par la subtile analyse de l'état comme source exclusive de toute stratification sociale (ce qui annihile toute l'argumentation prétendant faire de l'état un outil de réduction des inégalités).

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Je trouvais ces passages assez intéressants (parmi d'autres) :

L'histoire des grands empires, des grands despotes, c'est une conquête permanente, la limite étant une autre machine étatique aussi forte, c'est la seule chose qui puisse l'arrêter, ou des sauvages, des vrais qui ne savent pas et surtout qui ne veulent pas savoir ce que c'est que l'Etat. L'expansion des Incas, c'est frappant, elle s'est arrêtée à mi-pente des Andes vers l'Amazonie, parce que là commençait le règne des sauvages, des communautés, des tribus qui n'avaient rien a foutre de payer un tribu: â un chef dont ils ne voulaient pas. Mais, sinon, la vocation de toute machiné étatique, c'est de s'étendre et, à la limite, de devenir planétaire.
La machine étatique va aboutir à une espèce de fascisme, pas un fascisme de parti, mais un fascisme intérieur. Quand je disais la machine étatique, il ne s'agissait pas seulement de l'appareil d'Etat (le gouvernement, l'appareil central d'Etat). Il y a des sous-machines, qui sont de véritables machines d'Etat et de pouvoir, et qui fonctionnent, an dépit parfois des apparences, an harmonie avec cette machine centrale d'Etat. Je pense aux partis et aux syndicats, principalement au PC et à la CGT. Il faut analyser le PC et la CGT (je quitte un peu mon terrain, car on n'est plus chez les sauvages); il faut les analyser comme des organes très importants de la méga-machine étatique. Je veux dire par là que la société, telle qu'elle est actuellement, aurait le plus grand mal à fonctionner, s'il n'y avait pas ce fantastique relais de pouvoir et de colmatage, qui peut aller même jusqu'à l'abus de pouvoir, que constitue l'appareil du PC et de XC CGT; il ne faut pas les séparer: ce sont des formations produites par la même société et, en fait, il y a une profonde complicité de structure, je ne veux pas dire qu'ils se téléphonant le soir pour se demander: "Alors, comment ça a été aujourd'hui?"; il y a une profonde complicité de structure entre Marchais et Séguy et les princes qui nous gouvernent. C'est évident. Et après tout, le parti, quel qu'il soit, que veut-il? Il veut occuper la pouvoir; il est déjà prêt à prendre la machine en mains. 

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