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Crise Des Valeurs Et éducation.


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Dans certains établissements, dont le mien, on n'instruit pas plus qu'on n'éduque : on essaie juste de s'en sortir. Insultes (je te nique ta mère), menaces (tu finiras pas l'année), jets d'objets divers en pleine poire (c'est extrêmement humiliant, vous pouvez pas savoir), intimidations : c'est l'enfer. On met souvent deux profs par classe, afin que l'un puisse écrire au tableau à peu près paisiblement pendant que l'autre surveille. À deux profs avec dix élèves de sixième, il nous est arrivé de devoir en virer parce qu'on y arrivait pas. Il y a des établissements où il faut trois adultes pour faire entrer une classe dans une salle (impossible sinon). L'angoisse dès qu'on franchit le portail le matin, anxiolitiques le soir pour trouver le sommeil, arrêts de travail imposés par le médecin (moi qui ne savais même pas ce qu'était qu'être absent). Des élèves qui partent en taule pour viol. Dingoland.

J'ai voulu tester (j'étais volontaire) le "réseau ambition-réussite" (avant on disait ZEP violence) dans un établissement classé par l'académie "très défavorisés+étrangers", histoire de connaître tous les aspects du métier. Eh bien, j'ai atteint mon niveau d'incompétence : je ne sais pas faire. (Et encore, j'ai l'extrême privilège d'être épaulé par deux CPE fabuleux, un principal et son adjoint les plus humains et professionnels qui soient.)

Je n'en reviens pas. On en arrive à des comportements délictuels là (coups et blessures). Pourquoi ne sont-ils pas traités comme tels ?

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Dans certains établissements, dont le mien, on n'instruit pas plus qu'on n'éduque : on essaie juste de s'en sortir. Insultes (je te nique ta mère), menaces (tu finiras pas l'année), jets d'objets divers en pleine poire (c'est extrêmement humiliant, vous pouvez pas savoir), intimidations : c'est l'enfer. On met souvent deux profs par classe, afin que l'un puisse écrire au tableau à peu près paisiblement pendant que l'autre surveille. À deux profs avec dix élèves de sixième, il nous est arrivé de devoir en virer parce qu'on y arrivait pas. Il y a des établissements où il faut trois adultes pour faire entrer une classe dans une salle (impossible sinon). L'angoisse dès qu'on franchit le portail le matin, anxiolitiques le soir pour trouver le sommeil, arrêts de travail imposés par le médecin (moi qui ne savais même pas ce qu'était qu'être absent). Des élèves qui partent en taule pour viol. Dingoland.

J'ai voulu tester (j'étais volontaire) le "réseau ambition-réussite" (avant on disait ZEP violence) dans un établissement classé par l'académie "très défavorisés+étrangers", histoire de connaître tous les aspects du métier. Eh bien, j'ai atteint mon niveau d'incompétence : je ne sais pas faire. (Et encore, j'ai l'extrême privilège d'être épaulé par deux CPE fabuleux, un principal et son adjoint les plus humains et professionnels qui soient.)

Désolé de lire ça. Attention à toi: est-ce que ça vaut la peine de se niquer la santé, dois-tu être un martyr d'un Etat en cours d'effondrement?

Tu te rappelles certainement, dans Animal Fram, le cheval qui dit toujours: I will work harder.

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Tu te rappelles certainement, dans Animal Fram, le cheval qui dit toujours: I will work harder.

Ou la première métamorphose, décrite par Zarathoustra, de l'homme en chameau qui réclame chaque fois plus de charge à porter.

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Attention avec le système US, il y a des dérives autoritaristes ridicules où, sous prétexte de politiquement correct, on applique les mêmes méthodes aux gamins sans histoires qu'aux voyoux.

Au moins tu as toujours l'option self schooling.

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Je n'en reviens pas. On en arrive à des comportements délictuels là (coups et blessures). Pourquoi ne sont-ils pas traités comme tels ?

Lorsque j’étais ado, fin des années 70, ce genre de comportements existait déjà. Seulement c’était limité à quelques zones bien ciblées comme Sarcelles, Aulnay, La Courneuve. Le problème c’est que le laxisme de l’Educ Nat a eu pour effet de contribuer à leur propagation. Quant on laisse la bride sur le cou à des jeunes, ils ont vite fait de prendre leurs aises. Avec une classe normale tu auras toutes les chances de te retrouver avec des potaches chahuteurs qui te feront tourner en bourrique en faisant les zozos. Avec une classe composée quasi exclusivement de zyvas tu vas vite te retrouver en danger.

Si ces comportements perdurent, c’est tout simplement parce que l’idéologie 68arde qui domine encore au sein de l’EN. Pour les ingénieurs sociaux maison, ces jeunes sont avant tout des victimes qu’il ne faudrait pas enfoncer encore plus en les traitant en délinquants. Un système de signalement a été mis en place, géré par un logiciel. C’est bien, on sait combien d’actes délictueux ont été commis, lorsqu’ils ont été signalés, bien évidemment. Les plus dangereux sont virés du collège ou du lycée, mais comme la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans, l’EN est obligée de les incorporer dans un autre établissement. Et la vie continue.

Petite anecdote vécue. Il y a de cela bientôt 10 ans. Je suis intervenu sur une bagarre à la sortie d’un lycée. 6 courageux tabassaient un pauvre gars qu’ils avaient plaqué au sol et ce devant le portail de l’établissement, fermé comme de juste. Nous voyant arriver, les gus ont détalé. J’ai donc ramassé le gamin et je suis entré dans le lycée pour le conduire à l’infirmerie dans l’attente de l’arrivée des pompiers. Le proviseur est arrivé, outré de voir un flic en uniforme dans SON établissement. Il a pris le gamin et a demandé au CPE de me montrer la sortie. Cela donne une idée de l'estime dans laquelle nous sommes tenus.

Invité jabial
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Je n'en reviens pas. On en arrive à des comportements délictuels là (coups et blessures). Pourquoi ne sont-ils pas traités comme tels ?

Parce que ce sont des socialement proches.

Et les syndicats de profs, ils ne l'ont pas mauvaise ?

Non, parce que comme les autres syndicats, ils ne défendent pas l'intérêt des profs mais l'idéologie communiste.

Je pense que si on abolissait la présomption de représentativité, un syndicat de profs nettement plus musclé pourrait voir le jour, même si au début il serait sans doute aussi honni que le FN.

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Et les syndicats de profs, ils ne l'ont pas mauvaise ?

Les profs, pas les syndicats. D'une manière générale, la réponse c'est "droit de retrait." En pratique, ça se traduit par un arrêt de travail général de quelques jours après avoir intimé l'ordre à la hiérarchie de faire le nécessaire pour sécuriser l'établissement. On reste dans la poudre aux yeux car rien en pratique n'est fait pour infléchir la tendance. Il n'est pas question de rétablir les réels pouvoirs disciplinaires des enseignants, pas plus que n'est souhaitée l'intrusion d'uniformes dans les établissements.

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Les profs, pas les syndicats. D'une manière générale, la réponse c'est "droit de retrait." En pratique, ça se traduit par un arrêt de travail général de quelques jours après avoir intimé l'ordre à la hiérarchie de faire le nécessaire pour sécuriser l'établissement. On reste dans la poudre aux yeux car rien en pratique n'est fait pour infléchir la tendance. Il n'est pas question de rétablir les réels pouvoirs disciplinaires des enseignants, pas plus que n'est souhaitée l'intrusion d'uniformes dans les établissements.

Je dois être un peu lent, mais comment peuvent-ils espérer que ce genre de truc ait un quelconque effet ?

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Je dois être un peu lent, mais comment peuvent-ils espérer que ce genre de truc ait un quelconque effet ?

Ils fonctionnent différemment. En arrêtant le travail, ils pensent que le "bras de fer" engagé avec l'académie va pousser l'administration à chercher et trouver une réponse.

Bien entendu celle-ci se devra d'être compatible avec leur corpus doctrinal qui voit le jeune qui passe à l'acte comme une victime de la société, celui-ci exprimant inconsciemment son mal être en s'attaquant aux symboles visibles de cette société honnie qui l'exclue.

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Désolé de lire ça. Attention à toi: est-ce que ça vaut la peine de se niquer la santé, dois-tu être un martyr d'un Etat en cours d'effondrement?

Tout le monde me dit la même chose… Mais que veux-tu, c'est mon métier, on me paie pour ça, on me confie des enfants, des enfants qui vivent eux-mêmes des situations difficiles. C'est pas si simple de dire "je m'en fous". Et puis je suis tenace, j'ai envie d'y arriver, je n'ai pas envie de quitter cet établissement sur un échec.

Je prépare tout de même ma sortie et j'espère bien changer de job dans quelques mois.

Tu te rappelles certainement, dans Animal Fram, le cheval qui dit toujours: I will work harder.

Je ne connais pas. Il crève à la fin ? :icon_up:

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Je dois être un peu lent, mais comment peuvent-ils espérer que ce genre de truc ait un quelconque effet ?

Par naïveté. Je le sais je l'ai fais. Mais nos motivations (en tous cas les miennes) étaient surtout de faire remonter la merde et l'incompétence de l'administration au grand jour, pas pour défendre telle ou telle idéologie précise. Sauf bien sûr pour les quelques syndiqués hystériques de service.

Ceci dit, quand on voit les comportements de certains fonctionnaires, on a presque envie d'aider les jeunes à leur péter la tête (j'ai bien dit presque, hein !)

Quant aux bras de fer, j'ai fini par comprendre que contre le Léviathan, il fallait être sacrément motivé…la loi ne semble pas s'appliquer à lui de la même manière qu'au citoyen lambda.

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Je n'en reviens pas. On en arrive à des comportements délictuels là (coups et blessures). Pourquoi ne sont-ils pas traités comme tels ?

Le système se casse très sérieusement la figure ici ou là mais les acteurs (professeurs, chefs d'établissements, inspections académiques, inspections pédagogiques, rectorats, ministère) croient encore beaucoup en l'EN. Ils sont dans le déni : ils ne veulent pas voir. Il y a pourtant des gens sérieux, intelligents, avec de vrais compétences, mais ils ne peuvent pas admettre que l'EN se plante. Ils aiment trop le service public de l'EN, c'est leur vie. Donc ils minimisent, ils passent leur temps à inventer de fausses solutions pour maintenir à flots un bateau qui a coulé depuis belle lurette (ce qui est le cas de plus en plus d'établissements).

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Le système se casse très sérieusement la figure ici ou là mais les acteurs (professeurs, chefs d'établissements, inspections académiques, inspections pédagogiques, rectorats, ministère) croient encore beaucoup en l'EN. Ils sont dans le déni : ils ne veulent pas voir. Il y a pourtant des gens sérieux, intelligents, avec de vrais compétences, mais ils ne peuvent pas admettre que l'EN se plante. Ils aiment trop le service public de l'EN, c'est leur vie. Donc ils minimisent, ils passent leur temps à inventer de fausses solutions pour maintenir à flots un bateau qui a coulé depuis belle lurette (ce qui est le cas de plus en plus d'établissements).

Tout à fait. Mais il est quand même exact que l'immense majorité des "cadres" (disons les principaux, proviseurs, inspecteurs etc etc) versent tous dans le holisme social le plus extrême. Ca me frappe de plus en plus, d'autant plus que je suis issu moi-même de ce cadre de pensée. C'est une telle évidence pour tous qu'on passerait pour un E.T. si on abordait le sujet. La dernière séance de branlette réunion avec des inspecteurs à laquelle j'ai assisté (au lieu de faire cours, sachant que j'ai été prévenu…pendant mon cours et que j'ai du abandonner mes élèves), j'ai pris beaucoup de notes sur la forme de leur discours, au lieu d'en prendre sur le contenu de celui-ci (qui se résume à yaka avoir une bonne pédagogie et pouf tous les problèmes se résolvent). C'était extraordinaire. Et tout ça payé avec vos impôts bien sûr ! :icon_up: (les miens ça compte ?)

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Lorsque j’étais ado, fin des années 70, ce genre de comportements existait déjà. Seulement c’était limité à quelques zones bien ciblées comme Sarcelles, Aulnay, La Courneuve. Le problème c’est que le laxisme de l’Educ Nat a eu pour effet de contribuer à leur propagation. Quant on laisse la bride sur le cou à des jeunes, ils ont vite fait de prendre leurs aises. Avec une classe normale tu auras toutes les chances de te retrouver avec des potaches chahuteurs qui te feront tourner en bourrique en faisant les zozos. Avec une classe composée quasi exclusivement de zyvas tu vas vite te retrouver en danger.

Si ces comportements perdurent, c’est tout simplement parce que l’idéologie 68arde qui domine encore au sein de l’EN. Pour les ingénieurs sociaux maison, ces jeunes sont avant tout des victimes qu’il ne faudrait pas enfoncer encore plus en les traitant en délinquants. Un système de signalement a été mis en place, géré par un logiciel. C’est bien, on sait combien d’actes délictueux ont été commis, lorsqu’ils ont été signalés, bien évidemment. Les plus dangereux sont virés du collège ou du lycée, mais comme la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans, l’EN est obligée de les incorporer dans un autre établissement. Et la vie continue.

Bien vu.

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Parce que ce sont des socialement proches.

Non, parce que comme les autres syndicats, ils ne défendent pas l'intérêt des profs mais l'idéologie communiste.

Absolument.

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Lorsque j’étais ado, fin des années 70, ce genre de comportements existait déjà. Seulement c’était limité à quelques zones bien ciblées comme Sarcelles, Aulnay, La Courneuve. Le problème c’est que le laxisme de l’Educ Nat a eu pour effet de contribuer à leur propagation. Quant on laisse la bride sur le cou à des jeunes, ils ont vite fait de prendre leurs aises. Avec une classe normale tu auras toutes les chances de te retrouver avec des potaches chahuteurs qui te feront tourner en bourrique en faisant les zozos. Avec une classe composée quasi exclusivement de zyvas tu vas vite te retrouver en danger.

Je nuancerais un peu. Le récit de xxc m'estomaque, mais je ne vis pas tout à fait la même situation (et c'est à Aulnay). Aujourd'hui on ne risque pas grand chose, à moins de vraiment le vouloir. Les jeunes ne semblent même plus désirer se confronter à l'extérieur (incarné par le prof), on les laisse indifférent pour peu qu'on les emmerde pas trop. C'est encore pire : c'est comme si la rupture était consommée…

Quant aux collègues expérimentés qui ont muté dans des zones plus "normales", ils n'ont pas noté une si grande différence de comportement, à leur grande surprise…

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N'empeche que ce déni de faillite nuit en 1er lieu à ces gamins pour lesquels vous continuez à vous lever le matin.

C'est du gachis :

- leur pb social est qq part du à l'intervention de l'état

- leur pb scolaire idem

Et ceux qui trinquent le plus ce ne sont pas les fonctionnaires de l'état, mais bel et bien ces jeunes.

Invité jabial
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Je sais pas de quels jeunes tu parles, mais concernant ceux qui usent de violence physique, j'en ai rien à foutre de ce qui peut leur tomber sur la gueule et je leur souhaite pire. C'est comme ça, je suis méchant.

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http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-…1-629165,0.html

Chronique

Les jeunes victimes du modèle français, par Eric Le Boucher

LE MONDE | 13.01.07 | 13h13

[…]

Le mécanisme est schématiquement celui-ci : en protégeant telle catégorie, le système expose les autres. Puis en protégeant alors telle autre, il expose encore plus fortement celles laissées en dehors, et ainsi de suite, jusqu'à un réduit de laissés-pour-compte qui sont exclus de tout. La France sociale qui se veut égalitaire est devenue ainsi une machine à exclusion. Voilà pourquoi les jeunes sont mal traités, plus particulièrement les jeunes sans qualification et plus encore ceux des banlieues. Prenons deux exemples pour le comprendre.

Le marché du travail. Les faits sont apparus en pleine lumière avec la crise du contrat première embauche (CPE) au printemps 2006 : le chômage des jeunes en France est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE et, lorsqu'ils parviennent enfin à décrocher un job, il s'agit à 87 % d'un contrat temporaire (40 % au Danemark). On peut émettre une explication : la flexibilité nécessaire dans le capitalisme actuel passe par les jeunes, mais ceux-ci, ayant passé 30 ans et ayant trouvé un contrat à durée indéterminée (CDI), bénéficient à leur tour de garanties fortes. Plutôt que de précariser tous les salariés, la France a fait le choix de conserver ces garanties fortes intactes, mais il faut remonter une longue "file d'attente" au départ de la vie. Cette politique est pénible certes, mais elle permet au total de contenir le mal. C'est le choix français délibéré d'un marché de l'emploi dual : très dur au départ, doux ensuite.

Passons sur le côté égoïste d'un tel choix qui demande aux jeunes d'absorber seuls le choc de la précarité. Passons aussi sur le creusement des niveaux de vie entre générations qu'il provoque. Constatons que, la mondialisation s'imposant, l'accès à l'emploi en CDI devient de plus en plus tardif et difficile, et qu'entre-temps la dualité "accroît la dispersion des destins selon l'origine scolaire" : les moins qualifiés sont les plus pénalisés, au point que certains n'accèdent jamais au CDI rêvé. Voilà comment la France, à vouloir "protéger" les emplois existants, creuse les inégalités et crée des exclus à vie. Les académiciens soulignent qu'il existe d'autres choix possibles, comme en Allemagne ou en Europe du Nord.

Deuxième exemple : l'éducation, où l'on retrouve un autre dualisme. Comme les autres pays, la France a fortement accru l'accès à l'enseignement supérieur tout en voulant protéger sa spécificité : la sélection. Ainsi allait-on donner à tous les fils d'ouvriers les diplômes qui étaient réservés aux fils de bourgeois, l'élitisme républicain allait assurer l'égalité de chances. Mais, d'une part, cette sélection jette dehors 150 000 jeunes par an, que l'école abandonne sans aucune formation, d'autre part, le nombre d'élèves des grandes écoles n'a guère été augmenté et c'est l'université qui a dû, seule, sans moyens, absorber le choc du nombre. Elle n'a pas pu et pas su. Dès lors, comme parallèlement, les entreprises sont devenues plus sélectives, le diplôme ne garantit plus l'obtention d'un poste de cadre, et beaucoup de bacheliers doivent accepter des emplois non qualifiés. D'où un sentiment terrible de déclassement.

N'y échappent que les enfants accompagnés culturellement et financièrement par leur famille. Et voilà, à l'inverse de la volonté de départ, comment les jeunes ont perdu de l'autonomie par rapport à leurs parents et comment l'enseignement est devenu une machine à reproduire les inégalités.

Ces deux échecs français ne condamnent ni la possibilité d'une protection sociale des salariés ni la nécessité de généraliser l'accès à l'enseignement supérieur, concluent les académiciens. Ils soulignent combien les bons sentiments font de mauvaises politiques s'ils ne sont pas armés de profondes réformes d'adaptation menées jusqu'au bout.

Eric Le Boucher

Posté
N'empeche que ce déni de faillite nuit en 1er lieu à ces gamins pour lesquels vous continuez à vous lever le matin.

C'est du gachis :

- leur pb social est qq part du à l'intervention de l'état

- leur pb scolaire idem

Et ceux qui trinquent le plus ce ne sont pas les fonctionnaires de l'état, mais bel et bien ces jeunes.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ceci. Dire que le problème social est dûe à "l'intervention" étatique ne me convient guère. Je pense que l'éducation ou la socialisation est surtout un "rapport" entre le jeune et "l'adulte", l'Etat n'y a rie a voir.

Personnellement je me rappelle de ma scolarité. Je me souviens de certains profs, en faite des bribes de souvenir de certains "éducateurs" dont un morceau de phrase ou de réflexion sont restés dans mon esprit. C'est bien cela, je pense, le rôle de l'éducateur. Savoir dire les "bonnes" paroles au jeune pour que celui-ci éntame un processus de réflexion personnel. C'est bien pour cela que c'est un metier difficile puisqu'il faut se remettre en question tout le temps, puisque la moindre parole est analysée par le jeune. Faut pas se tromper quoi, car certains souvenirs restent dans la tête de l'individu, même quand celui-ci est adulte. Ces bribes de convrsation qui restent aprés la scolarité sont important et définissent le "bon" éducateur et le "mauvais".

La résponsabilité peut s'apprendre par differents moyens par exemple en forcant l'enfant a faire lui-même les recherches dans le dico ou le Bescherelle, l'utilisation de ces outils étant dèja un pas vers la résponsabilité.

Je pense que l'éducation est le fruit des "individus" et non de l'Etat…

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Autrefois on parlait d'instruction, le passage de l'instruction publique à l'éducation nationale n'a peut-être pas été une bonne chose.

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Autrefois on parlait d'instruction, le passage de l'instruction publique à l'éducation nationale n'a peut-être pas été une bonne chose.

Oui je ne comprends pas le sens "d'éducation nationale". comment une éducation peut-elle être "nationale" puisqu'elle est réalisée par des individus? Peut-être que c'est en réference aux programmes "communs" mais ces programmes ne sont jamais "communs" puisque leur transmission est le fruit de l'individu, de l'instructeur.

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Eduquons, éduquons…

…comme la lune, disait le général (mais c'était en 14-18 et avec un autre verbe, non ? )

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Autrefois on parlait d'instruction, le passage de l'instruction publique à l'éducation nationale n'a peut-être pas été une bonne chose.

Hier, la volonté de remplir les têtes ; demain, le rêve de les façonner de A à Z. :icon_up:

C'est le Capitaine Fram?

Un type qui a beaucoup voyagé. :doigt:

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Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ceci. Dire que le problème social est dûe à "l'intervention" étatique ne me convient guère. Je pense que l'éducation ou la socialisation est surtout un "rapport" entre le jeune et "l'adulte", l'Etat n'y a rie a voir.

Je pense que l'éducation est le fruit des "individus" et non de l'Etat…

J'entends par responsabilité de l'état (indirecte) le fait que les banlieues telles qu'elles sont sont le fruit de l'action étatique, les collèges ZEP sont le fruit de l'intervention étatique (carte scolaire), le regroupement familial est le fruit de l'intervention étatique, le fait que ces jeunes sont inemployable (sauf en CPE mais les petits blancs bourgeois ont vite fait de protéger leur marché pourri) est le résultat de l'intervention sur le marché du travail etc etc..

Je suis bien évidemment pour punir les auteurs de violences, peu importe d'où ils viennent ou leur age, cependant, je pense que leur comportement violent est un des effets "pervers" des actions étatiques, à commencer par le fait que l'on ne puisse se défendre dans ce pays (si les agresseurs risquaient leur peau ils agresseraient moins).

Voilà en quoi j'estime l'état co-responsable, bien evidemment, les parents jouent eux aussi un role non négligeable.

Posté
J'entends par responsabilité de l'état (indirecte) le fait que les banlieues telles qu'elles sont sont le fruit de l'action étatique, les collèges ZEP sont le fruit de l'intervention étatique (carte scolaire), le regroupement familial est le fruit de l'intervention étatique, le fait que ces jeunes sont inemployable (sauf en CPE mais les petits blancs bourgeois ont vite fait de protéger leur marché pourri) est le résultat de l'intervention sur le marché du travail etc etc..

Je suis bien évidemment pour punir les auteurs de violences, peu importe d'où ils viennent ou leur age, cependant, je pense que leur comportement violent est un des effets "pervers" des actions étatiques, à commencer par le fait que l'on ne puisse se défendre dans ce pays (si les agresseurs risquaient leur peau ils agresseraient moins).

Voilà en quoi j'estime l'état co-responsable, bien evidemment, les parents jouent eux aussi un role non négligeable.

le fait que mucho jeunes sont "inemployables" ne résulte pas, à mon avis de l'intervention étatique, mais bien souvent d'une representation collective que le marché du travail partage, un "fantome", qui stipule une certaine crainte vis-à-vis de la population des cités. Leur culture (manière de s'habiller et de se presenter, leur langage…) fait peur. De plus étant donnée que nous basculons de plus en plus vers une économie de service (service aux personnes…) où le langage, la capacité relationnelle, prennent de plus en plus d'importance ces jeunes issus des quartiers difficile sont défavorisés dans la course pour un emploi. De ce fait, ces jeunes écartent les moyens légales que la société propose pour améliorer leur bien être (c'est à dire le travail salarié) et se refugient dans une sous culture issue de la cité qui prone bien souvent la délinquence, la vente de drogues. Autrement dit, ces jeunes acceptent les buts de la société (améliorer son bien-être) mais réfusent les manières que la société en question considère comme "légales" pour les acquerir.

Ceci est une explication…personnellement j'ai horreur des gens qui me disent "oui c'est la faute à la société…" Mon officier, lors de mon service militaire, me disait une chose tellement juste "on s'adapte et on domine". D'aillleurs je pense que, quelque part, c'était une connerie d'avoir supprimé le service militaire obligatoire. Voila un lieu où tous les milieux sociaux, tous les croyances, se confrontaient et étaient obligés de coopérer. C'était donc un lieu où ces répresentations collectives n'avaient aucune valeur et dans ce sens une personne qui a fait le servie militaire connait "l'autre", les autres milieux et les personnes qui les frequentent et peut être si il devient un plus tard un patron y attache moins d'importance. Le bourgeois avec le paysan, le lascard, le jeune issu de la cité. Là on voyait qui avait véritablement des couilles. Ceux qui venaient des milieux aisés étaient loin d'être ceux qui donnaient le moins au groupe…

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le fait que mucho jeunes sont "inemployables" ne résulte pas, à mon avis de l'intervention étatique, mais bien souvent d'une representation collective que le marché du travail partage, un "fantome", qui stipule une certaine crainte vis-à-vis de la population des cités. Leur culture (manière de s'habiller et de se presenter, leur langage…) fait peur. De plus étant donnée que nous basculons de plus en plus vers une économie de service (service aux personnes…) où le langage, la capacité relationnelle, prennent de plus en plus d'importance ces jeunes issus des quartiers difficile sont défavorisés dans la course pour un emploi. De ce fait, ces jeunes écartent les moyens légales que la société propose pour améliorer leur bien être (c'est à dire le travail salarié) et se refugient dans une sous culture issue de la cité qui prone bien souvent la délinquence, la vente de drogues. Autrement dit, ces jeunes acceptent les buts de la société (améliorer son bien-être) mais réfusent les manières que la société en question considère comme "légales" pour les acquerir.

Ceci est une explication…personnellement j'ai horreur des gens qui me disent "oui c'est la faute à la société…" Mon officier, lors de mon service militaire, me disait une chose tellement juste "on s'adapte et on domine". D'aillleurs je pense que, quelque part, c'était une connerie d'avoir supprimé le service militaire obligatoire. Voila un lieu où tous les milieux sociaux, tous les croyances, se confrontaient et étaient obligés de coopérer. C'était donc un lieu où ces répresentations collectives n'avaient aucune valeur et dans ce sens une personne qui a fait le servie militaire connait "l'autre", les autres milieux et les personnes qui les frequentent et peut être si il devient un plus tard un patron y attache moins d'importance. Le bourgeois avec le paysan, le lascard, le jeune issu de la cité. Là on voyait qui avait véritablement des couilles. Ceux qui venaient des milieux aisés étaient loin d'être ceux qui donnaient le moins au groupe…

Pour revenir sur l'armée personnellement quand je vois ces jeunes des cités ne rien branler à squatter devant leur immeuble je me dis qu une bonne année à l'armée leur ferait le plus grand bien. Couper avec ce milieu, voir d'autres gens…ceci vaut aussi avec le milieu bourgeois. L'armée reste une belle experience humaine même si le fait que l'Etat te confisque une année de ta vie pour t'apprendre a tuer autrui reste discutable…au moins à l'armée on apprend que si la tête veut le corps peut autrement dit tout est dans la tête :icon_up:

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