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Ces intellos qui rejettent la démocratie


Invité Arn0

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Je me demande quel aurait été les réactions si le même article avait été publié dans Le Figaro :

Ces intellos qui rejettent la démocratie

Alain Badiou, Slavoj Žižek… Des philosophes mettent en cause la démocratie électorale. Critique salutaire ou retour des vieux démons ?

Eric Aeschimann

Malaise dans la démocratie, brouillard sur les urnes. Est-ce l’effet retard d’une succession de scrutins aux résultats déroutants pour la gauche ? Un mouvement d’humeur face à la démocratie libérale triomphante ? La nouvelle lubie de quelques philosophes ? Ou une crise plus profonde ? Le fait est là : la démocratie, en tout cas dans sa forme électorale, est mal en point et les intellectuels viennent à son chevet. Certains pour se demander ce que signifie cet accès de fièvre. D’autres, plus radicaux, pour affirmer que, dans un monde plus complexe et plus inégalitaire que jamais, le système représentatif ne permet plus au plus grand nombre de participer à la prise de décision collective et qu’il faut désormais s’interroger sur ses fondements même.

Punir les élus. Le constat, d’abord. Il traverse les clivages politiques. Venus de la gauche antitotalitaire, des historiens des idées tirent la sonnette d’alarme. «La démocratie d’élection s’est incontestablement érodée», écrivait Pierre Rosanvallon fin 2006 dans La Contre-Démocratie. Proche de la deuxième gauche, il y décrivait les diverses formes de la «défiance» démocratique, de la «démocratie négative» : abstention, manifestations, volonté de surveiller et de punir les élus. Dans l’introduction du premier tome de L’Avènement de la démocratie, paru à l’automne, son collègue Marcel Gauchet préfère parler d’«un e anémie galopante», une «perte d’effectivité» qu’il attribue à une «crise de croissance» de grande ampleur. L’ironie veut que ces analyses se développent au moment même où, pratiquement à l’opposé de l’échiquier intellectuel, la critique de la «démocratie formelle», aussi vieille que le marxisme, connaît une deuxième jeunesse.

En témoigne le succès inattendu du petit essai du philosophe, Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, véritable charge contre la loi des urnes. «Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel», écrit-il. Face à la «corruption» des démocraties par les puissances de l’argent, l’heure serait venue de définir «une nouvelle pratique ce qui fut nommé "dictature" (du prolétariat). Ou encore, c’est la même chose : un nouvel usage du mot "Vertu".»

Plusieurs voix se sont élevées - celles de Bernard-Henri Lévy ou du critique littéraire Pierre Assouline - pour dénoncer le retour d’une rhétorique associée au communisme stalinien. Michel Taubman, directeur de la revue Le Meilleur des Mondes, guère suspect de complaisance envers la pensée gauchiste, affiche, lui, une certaine placidité : «Il y a trente ans, en France, 20 % de la population dénonçait la démocratie bourgeoise et croyait à la dictature du prolétariat. On vivait avec. En réalité, ces intellectuels radicaux ne représentent rien, car, aujourd’hui, même Besancenot défend la démocratie électorale.» Pourtant, que la discussion prenne en France une tournure si véhémente n’est pas un hasard. «Les Français sont, au plan européen, les plus pessimistes sur leur démocratie et leurs représentants», note Stéphane Rozès, directeur de l’institut CSA. La crise, diagnostique-t-il, est «spirituelle» et sanctionne le discours d’impuissance tenu par les responsables politiques face à la mondialisation.

«Impuissance». Abstention à la présidentielle de 2002, victoire du non au traité constitutionnel européen, coups de cœur aussi brusques qu’éphémères pour Ségolène Royal puis François Bayrou, participation massive pour le sacre de Nicolas Sarkozy, scrutins locaux transformés en défouloirs, la boussole s’affole. Ni les frasques sarkoziennes ni la ratification du mini traité européen ne devraient contribuer à restaurer la confiance dans les vertus du bulletin de vote. De quoi conforter Badiou, pas fâché de constater dans son livre : «L’impuissance était effective, elle est maintenant avérée.»

«Les Français ne reprochent pas aux politiques leur manque de proximité, mais leur irresponsabilisation», reprend Rozès, ajoutant que les Français y sont d’autant plus sensibles que leur vivre-ensemble n’est pas fondé sur la religion ou l’ethnie, mais sur le partage d’idéaux politiques. Reste à se mettre d’accord sur les causes de l’impuissance démocratique. C’est tout l’enjeu de la réflexion qui s’engage. Pour Marcel Gauchet, l’avènement d’une conception hypertrophiée des droits de l’homme a fini par priver la collectivité de tout moyen d’action. Patrick Braouzec, député communiste de Saint-Denis, pense au contraire que «à côté des élections, auxquelles les gens sont très attachées, mais qui constituent un moment spécifique, la démocratie ne peut que s’atrophier si elle ne s’appuie pas également sur une démocratie participative et sur le mouvement social». Un «mouvement social» aux contours flous - manifestations de rue, soutiens aux enfants sans-papiers, opérations médiatiques des Enfants de Don Quichotte… - et qui, poussé à l’extrême, rappelle le titre d’un livre du philosophe John Holloway, en vogue chez les altermondialistes : Comment changer le monde sans prendre le pouvoir. Faire de la politique, d’accord, mais hors les urnes.

Le philosophe slovène Slavoj Zizek, star des campus américains et habitué des blagues provocatrices, va encore plus loin en estimant que seule «la violence populaire» permettra aux classes défavorisées de se faire entendre dans des démocraties libérales. Žižek publie ce mois-ci en France un recueil des «plus beaux discours de Robespierre», précédé d’une longue introduction où il se demande comment «réinventer une terreur émancipatrice». Icône de la pop-philosophie, connu d’abord pour ses analyses du cinéma hollywoodien, l’homme est pourtant le contraire d’un nostalgique. Il a combattu en son temps le «socialisme réel» dans la Yougoslavie titiste et participé aux premiers pas de la démocratie slovène. Sa radicalisation semble montrer que le désenchantement démocratique ne saurait se réduire à une exception française.

«Arrogance occidentale». C’est que, un peu partout sur la planète, les processus de démocratisation connaissent des ratés, d’ordres divers, qui mettent à mal la «promotion de la démocratie», pour reprendre le vocabulaire en usage à l’ONU depuis les années 90 : l’Irak et l’Afghanistan, mais aussi la Russie reprise en main par Poutine, l’Algérie ou la Palestine où les islamistes se sont vus confisquer leurs victoires gagnées par les urnes. Ou encore, la montée des populismes en Pologne, au Danemark, en Belgique. Voire une Amérique qui, pour imposer la démocratie, n’a pas hésité à transgresser les principes élémentaires du droit. De quoi nourrir pour un bon moment le débat. Car, qu’on le veuille ou non, celui-ci est ouvert. Dans le numéro de janvier de la revue Esprit, Pierre Rosanvallon pointait «une certaine arrogance occidentale et un certain aveuglement sur la nature et les problèmes de la démocratie.» En publiant les interviews de Marcel Gauchet et Slavoj Zizek, Libération verse deux pièces au dossier.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310423.FR.php

et : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310422.FR.php ; http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310421.FR.php ; http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310420.FR.php ; http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310419.FR.php .

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C'est la pratique marxiste habituelle, ils nous ressortent les mêmes idées depuis un siècle, et la conjoncture du moment est à chaque fois censée montrer qu'ils ont enfin raison.

(Un article parle de "l'avènement du néo-libéralisme", l'autre du " règne du néolibéralisme" et presque tous citent Marx).

Posté
… Un mouvement d’humeur face à la démocratie libérale triomphante ? … la démocratie, en tout cas dans sa forme électorale, est mal en point

…D’autres, plus radicaux, pour affirmer que, dans un monde plus complexe et plus inégalitaire que jamais, le système représentatif ne permet plus au plus grand nombre de participer à la prise de décision collective et qu’il faut désormais s’interroger sur ses fondements même.

:icon_up:

c' est pas la démocratie qu' on critique la ….

Posté
C'est la pratique marxiste habituelle, ils nous ressortent les mêmes idées depuis un siècle, et la conjoncture du moment est à chaque fois censée montrer qu'ils ont enfin raison.

C'est exactement ça. Marx, le rerererereretour. Car comme disait l'intéressé, quand l'histoire se répète, elle bégaie.

Posté

J'suis même pas arrivé au bout, tellement je trouvais ça ch…t.

C'est un concours ou quoi ? C'est à celui qui sortira le plus beau concept creux sous des dehors scientifico-sociologico-bourdieutesques ?

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Si j'en crois les auteurs jusqu'au XVIIIème siècle, ce n'est pas la démocratie qu'ils critiquent, mais la république. Je conseille ce livre que je suis en train de finir :

Posté
Si j'en crois les auteurs jusqu'au XVIIIème siècle, ce n'est pas la démocratie qu'ils critiquent, mais la république. Je conseille ce livre que je suis en train de finir :

Ca ne fait aucun doute. Il n'y a pas de pouvoir législatif dans une démocratie. Or existe-t-il un seul Etat constitutionnel ?

Posté
Si j'en crois les auteurs jusqu'au XVIIIème siècle, ce n'est pas la démocratie qu'ils critiquent, mais la république. Je conseille ce livre que je suis en train de finir :

Montaigne, par exemple, a critiqué assez vertement l'idée de souveraineté populaire :

" Il semble par là que les polices, qui dépendent d'un monarque, en ont moins de besoin que les autres : car la bestise et facilité, qui se trouve en la commune (i.e le peuple), et qui la rend subjecte à estre maniée et contournée par les oreilles, au doux son de cette harmonie, sans venir à poiser et connoistre la verité des choses par la force de raison ; cette facilité dis-je ne se trouve pas si aisément en un seul, et est plus aisé de le garentir par bonne institution et bon conseil, de l'impression de cette poison ".

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Les Grenouilles qui demandent un Roi

Athènes florissait alors sous des lois justes :

L'excès de liberté vint troubler la cité ;

La Licence rongeait le vieux frein d'autrefois.

Des partis factieux conspirèrent alors,

Le tyran Pisistrate occupa le palais :

Les Athéniens pleuraient leur triste servitude ;

Il n'était pas cruel, mais on trouve bien lourd

Un joug tout inconnu ; tous alors de se plaindre.

Ésope leur conta la fable que voici :

Les grenouilles errant libres dans leurs marais

À grands cris réclamaient à Jupiter un roi

Qui réprimât leurs mœurs dissolues par la force.

Le roi des dieux sourit, puis leur jette un bâton ;

Celui-ci en tombant bruyamment dans l'étang,

Troublant ses eaux, fit peur à l'engeance craintive.

Comme il restait longtemps prisonnier de la vase,

L'une s'en vient, sans bruit, sort la tête de l'eau,

Observe bien le roi, appelle ses compagnes.

Elles oublient leur peur, accourent à la nage ;

La troupe sans respect grimpe sur le bâton ;

Après l'avoir souillé de multiples outrages,

D'envoyer chez Jupin chercher un autre roi :

Celui qu'elles avaient leur semblait inutile.

Alors il leur envoie une hydre aux dents cruelles

Qui les dévore à tour de rôle ; en vain, sans forces,

Elles essaient de fuir : la peur les rend sans voix.

En secret donc Mercure est chez Zeus dépêché,

Pour qu'il les vienne aider. Mais le dieu leur répond :

« Vous n'avez pas voulu garder votre bon roi,

Supportez le méchant. » Vous aussi, citoyens,

Tolérez votre mal, de peur qu'en vienne un pire.

Traduction de Henri Tournier

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Il y en a même un qui appelle au meurtre. A la fin, du propos, on sent que c'est un peu limite, on se rattrape en disant qu'on parle du point de vue politique. Si certains avaient osé dire ça, à droite, à propos d'un mec de gauche ce qu'on aurait pas entendu….

Et dire que ce type, Jean-Didier Vincent, neurobiologiste à l'Académie de Médecine, pontifiait sur l'avortement en début d'émission.

Invité jabial
Posté
J'avais oublié de signaler que ce mec fait partie du comité national d'ethique du CNRS. La belle éthique que voilà….

Ca ne m'étonne pas. Une belle brochette de pendards.

  • 1 month later...
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Une réponse bien sentie à Zizek et Badiou dans leur entreprise de réhabilitation de la terreur, par Zarka qui remonte dans mon estime après quelques errances hobbsiennes. Il met particulièrement en évidence la généalogie qui va des révolutionnaires ultra-jacobins à Carl Schmitt comme nouvelle figure tutellaire de l'extrême gauche, proposant une synthèse de la société organique promue par le collectivisme avec une idéologie de l'Etat-Léviathan profondément réactionnaire.

27/03/2008

Badiou, Zizek,

Le retour de la Terreur

Par Yves Charles Zarka, universitaire, philosophe et directeur de la revue «Cités». 

Aujourd'hui, comment ré­in­venter la Terreur (ja­cobine) ? Étrange question, n'est-ce pas ? On aurait plutôt attendu la question inverse : comment éviter la Terreur ? C'est pourtant la première qui constitue l'interrogation cen­trale de la présentation par Slavoj Zizek des discours de Robespierre. Voilà donc un philosophe qui entend trouver dans la terreur le seul et unique moyen de nous libérer de l'avènement du capitalisme mondial, de rompre avec la (post) politique de la peur qui se généralise dans la société, d'en finir avec l'administration «biopolitique» de la vie qui dé­finit selon lui la démocratie li­bé­rale, et last but not least d'éviter la catastrophe écologique qui plane sur l'humanité. Excusez du peu !

Pour s'arracher à ces périls, il faut revenir à Robespierre, à la vraie Terreur, c'est-à-dire à « l'idée éternelle de la politique de la justice révolutionnaire, qui fut en vigueur depuis les anciens légistes chinois, jusqu'à Lénine et à Mao, en passant par les Jacobins» telle qu'elle se trouve ­définie, selon Zizek, par Alain Badiou dans son ouvrage Logiques des mondes. Il y aurait donc une vérité éternelle de la justice révolutionnaire qui traverserait l'histoire pour en marquer les moments forts, les moments universels. Elle serait constituée de quatre traits décisifs : la jus­tice radicalement égalitaire, la terreur à travers «un châtiment impitoyable pour tous ceux qui violent les mesures protectrices imposées» et le volontarisme qui peut seul «stopper le train de l'histoire qui roule vers le précipice de la catastrophe mon­diale» , enfin, la confiance dans le peuple qui ne peut pas ne pas soutenir ces mesures sévères. Le peuple, le vrai, ne peut pas ne pas aimer la terreur.

Est-ce là de la philosophie ou de l'aveuglement ? Une chose est sûre, les philosophes de la terreur connaissent un succès grandissant et, par certains côtés, in­quiétant auprès de la jeunesse. Leur caractéristique principale est une haine farouche de la dé­mocratie libérale, dont, soit dit en passant, ils n'ont jamais dé­daigné les avantages de toute sorte. Il y a en effet pour eux deux sortes de démocraties : la fausse et la vraie.

La fausse est évidemment la démocratie libérale où règnent l'inégalité, la corruption et l'ex­clusion des sans-droits et des sans-parts. La vraie est celle où règnent la vertu et la terreur, comme si la vertu peut tempérer la terreur, comme si la plus terrible des terreurs n'est pas celle qui est exercée au nom de la ­vertu et d'une vérité absolutisée. La vraie démocratie est ainsi la prise du pouvoir par les sans-droits et les sans-parts.

Les philosophes de la terreur haïssent la démocratie libérale, mais ils haïssent au moins autant l'hu­manisme qui lui est lié : «ré­péter l'événement désigné par le nom “Robespierre” c'est passer de la ter­reur humaniste (de Robes­pierre) à la terreur antihuma­niste (ou plutôt antihumaine)». Il faut donc aller au-delà de Robespierre, qui a eu la main trop courte, aller jusqu'à l'affirmation d'une terreur antihumaine.

Derrière l'homme, il y a en effet, pour ces philosophes, l'inhumain, comme derrière le prochain, qui permettait à Levinas de penser la responsabilité éthique, il y a la monstruosité.

Cette apologie de la terreur et de l'antihumanisme radical réactive les vieilles lunes marxistes-léninistes du siècle passé que l'on croyait définitivement oubliées : la figure du traître à la révolution, l'idée que la révo­lution n'a pas besoin de justi­fication, elle ne s'autorise que d'elle-même, sans oublier l'inénarrable dictature du prolétariat.

La vraie démocratie ne peut s'imposer que par la dictature, parce qu'elle est le moment où la partie s'impose au tout de la société : «La dictature du prolétariat est un autre nom pour la violence de l'explosion démocratique elle-même» (Zizek). C'est précisément en ce point que l'extrême gauche rejoint l'extrême conservatisme de la droite radicale, car Zizek n'est pas très loin, sur ce point précis, de Carl Schmitt, le fameux juriste du IIIe Reich, qui haïssait également la démocratie libérale et pour lequel la véritable démocratie, celle où le prolétariat est intégré à l'unité politique, est dictatoriale.

On comprend ainsi la fortune de Carl Schmitt aujourd'hui, explicitement ou implicitement, à l'extrême gauche. Faut-il en pleurer ? Faut-il en rire ? Les deux à la fois sans doute. Mais surtout en rire cependant, car ces philosophes de la terreur ne sont finalement que des terroristes de salon.

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/04/24/0…-la-terreur.php

La bête rouge-brune remue encore, il serait bon qu'elle ne sorte pas des salons.

  • 1 month later...
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Bonjours!

Juste quelque citation sur la :icon_up: démocratie :mrgreen: de tous des intellos qui rejettent la démocratie :mrgreen: (enfin ces juste une synthése parce s'il fallait les nommer tous j'aurais pas fini!!!) :blushing: :

« Tout serait perdu si le même homme ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple exerçait ces trois pouvoirs : celui de faire des loi, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différents des particuliers. »

Montesquieu

« Vous proposez d’établir un ordre social fondé sur le principe suivant : que vous êtes incapables de diriger votre vie personnelle, mais capables de diriger celle des autres ; que vous êtes inaptes à vivre librement, mais aptes à devenir des législateurs tout puissants ; que vous êtes incapables de gagner votre vie en utilisant votre intelligence, mais capables de juger des hommes politiques et de les désigner à des postes où ils auront tout pouvoir sur des techniques dont vous ignorez tout, des sciences que vous n’avez jamais étudiées, des réalisations dont vous n’avez aucune idée, des industries gigantesques dans lesquelles, selon votre propre aveu, vous seriez incapables d’exercer les fonctions les plus modestes. » Ayn Rand

« En démocratie, la notion de séparation de pouvoir n’est plus que division des sources d’autorité, qui relèvent toute du même pouvoir. »

B. Jouvenel

« Démocratie : dictature de l’ignorance et de l’insouciance. Les élus n’ont qu’un seul souci : leur carrière, leur réélection. Dans ces conditions ils sont menteurs et démagogues. »

« Le roi est le plus qualifié pour s’occuper de toutes les affaires d’intérêt national. »

Charles Maurras :blushing:

« J’ai défendu quarante ans le même principe : liberté en tout […] et par liberté, j’entend le triomphe de l’individualité, tant sur l’autorité qui voudrait gouverner par le despotisme, que sur les masses qui réclament le droit d’asservir la minorité à la majorité »

« La démocratie n’est pas la liberté, mais la vulgarisation du despotisme. »

B. Constant

« Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de façon égale et tenter de les rendre égaux. Si le premier est la condition d'une société libre, le second n'est qu'une forme de servitude. »

Friedrich August von Hayek :sourd: !!! :mrgreen:

:doigt::blushing:

  • 4 weeks later...
Posté
Tous ces intellectuels contre la démocratie sont jaloux car ils ne gagnent jamais une élection :icon_up: .

Lamartine était contre le suffrage universel direct pour le Président de la république: il répondait à Tocqueville "les français ne sont pas aussi instruits que le peuple de paris…"

Il a eu un score imbattable aux élections présidentielles qui ont suivi: 47 scrutins favorables… sur toute la France.

Le Professeur Duhamel qui voit le TECE se casser la figure apres le référendum de 2005 déclare que le référendum est non démocratique.

Non seulement ils ne gagnent pas les élections, mais en plus ils sont mauvais joueurs.

Posté
Le Professeur Duhamel qui voit le TECE se casser la figure apres le référendum de 2005 déclare que le référendum est non démocratique.

Oui mais étant donné que beaucoup de traités européens ont été accepté auparavant, alors que comme maintenant le peuple n'y a rien compris (et même beaucoup de "spécialiste), beaucoup sont contre la démocratie que quand ça les arrange.

René, une autre !

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Si j'en crois les auteurs jusqu'au XVIIIème siècle, ce n'est pas la démocratie qu'ils critiquent, mais la république. Je conseille ce livre que je suis en train de finir :

Lecture de choix, Rincevent !

L'auteur est plutôt social-démocrate, mais c'est une lecture vraiment enrichissante.

J'ai du le lire quand j'étais en licence, et je me souviens avoir été frappé par les passages sur le tirage au sort dans la Grèce antique et à Venise. De même, les pages finales où l'auteur s'interroge sur l'avenir du système représentatif sont fort bien torchées.

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Lamartine était contre le suffrage universel direct pour le Président de la république: il répondait à Tocqueville "les français ne sont pas aussi instruits que le peuple de paris…"

Il a eu un score imbattable aux élections présidentielles qui ont suivi: 47 scrutins favorables… sur toute la France.

Le Professeur Duhamel qui voit le TECE se casser la figure apres le référendum de 2005 déclare que le référendum est non démocratique.

Non seulement ils ne gagnent pas les élections, mais en plus ils sont mauvais joueurs.

Lamartine a eu un peu moins de 8000 voix cf wikipédia.

Quant à Duhamel, il défend une conception de la démocratie qui est… libérale : parlement > référendum.

Posté
Lamartine a eu un peu moins de 8000 voix cf wikipédia.

Quant à Duhamel, il défend une conception de la démocratie qui est… libérale : parlement > référendum.

Pour Lamartine, j'ai du me tromper en relisant mes notes, et j'en suis désolé.

Le libéralisme a pour expression directe la démocratie, qu'elle soit directe ou représentative. Dans un systeme mixte comme nous avons en france, le referendum donne une légitimité supérieure à la Loi: Le conseil constit refuse d'évaluer la constitutionnalité d'une loi référendaire. Cela se comprend. Il s'agit de l'expression directe de la nation ou du Peuple, sans le passage par ses représentant.

Pour Duhamel, ce n'est pas démocratique, parce que c'était le non qui a prévalu. Il faisait l'amalgame référendum/plébicite….

En quoi un référendum n'est pas un plébicite? Et bien il y a un marché politique, avec des entrepreneurs politiques. Ils offrent des prestations politiques, avantages sociaux, différents chacuns, et s'engagent sur une idée: le OUI ou le NON, en adéquation avec leur idéologie. Les français disent OUI ou NON en fonction des entrepreneurs politiques qui se revendiquent légitimement de cette position.

Dans un plébicite il n'y a pas de marché politique. Le prince fait voter les citoyens, note leur nom et leur scrutin. Alors il y a des scores que même kadafi n'oserait imaginer obtenir… Ainsi le Prince obtient la Confiance du peuple, alors que dans le référendum, le peuple choisit la voie politique à prendre avec des entrepreneurs politiques.

Donc la démocratie populaire, comme le référendum est éminament libérale: il n'y a plus d'intermédiaires éclairés pour penser à votre place. Chacun fait une information qu'il pense éclairée.

Seulement les intellectuels version Lamartine, Duhamel, sont d'une mauvaise foi intégrale. Lamartine ne voulant du suffrage universel direct en prétendant que le peuple français n'était pas assez politisé, il fallait que le peuple parisien pense a sa place (ce qui est très démocratique et libéral). De même Duhame disait en bon bobocrate que les français n'étaient pas à même d'appréhender la profondeur de la nécessité de la réforme.

Donc nous sommes tous des nuls, et faut qu'on pense pour nous.

Posté
Lamartine était contre le suffrage universel direct pour le Président de la république: il répondait à Tocqueville "les français ne sont pas aussi instruits que le peuple de paris…"

Ce même peuple qui applaudi les jacobins les plus féroces, qui a fait un triomphe à Louis-Philippe pour se retourner contre lui par la suite, qui a adulé Chirac pour se jeter dans les bras de Delanoë sans oublier les imbécillités 68ardes. :icon_up::doigt:

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Pour Lamartine, j'ai du me tromper en relisant mes notes, et j'en suis désolé.

Le libéralisme a pour expression directe la démocratie, qu'elle soit directe ou représentative. Dans un systeme mixte comme nous avons en france, le referendum donne une légitimité supérieure à la Loi: Le conseil constit refuse d'évaluer la constitutionnalité d'une loi référendaire. Cela se comprend. Il s'agit de l'expression directe de la nation ou du Peuple, sans le passage par ses représentant.

Pour Duhamel, ce n'est pas démocratique, parce que c'était le non qui a prévalu. Il faisait l'amalgame référendum/plébicite….

En quoi un référendum n'est pas un plébicite? Et bien il y a un marché politique, avec des entrepreneurs politiques. Ils offrent des prestations politiques, avantages sociaux, différents chacuns, et s'engagent sur une idée: le OUI ou le NON, en adéquation avec leur idéologie. Les français disent OUI ou NON en fonction des entrepreneurs politiques qui se revendiquent légitimement de cette position.

Dans un plébicite il n'y a pas de marché politique. Le prince fait voter les citoyens, note leur nom et leur scrutin. Alors il y a des scores que même kadafi n'oserait imaginer obtenir… Ainsi le Prince obtient la Confiance du peuple, alors que dans le référendum, le peuple choisit la voie politique à prendre avec des entrepreneurs politiques.

Donc la démocratie populaire, comme le référendum est éminament libérale: il n'y a plus d'intermédiaires éclairés pour penser à votre place. Chacun fait une information qu'il pense éclairée.

Seulement les intellectuels version Lamartine, Duhamel, sont d'une mauvaise foi intégrale. Lamartine ne voulant du suffrage universel direct en prétendant que le peuple français n'était pas assez politisé, il fallait que le peuple parisien pense a sa place (ce qui est très démocratique et libéral). De même Duhame disait en bon bobocrate que les français n'étaient pas à même d'appréhender la profondeur de la nécessité de la réforme.

Donc nous sommes tous des nuls, et faut qu'on pense pour nous.

La médiatisation du pouvoir à travers un Parlement est éminemment libérale. Par ailleurs ta distinction référendum/plébiscite me semble artificielle.

Posté
La médiatisation du pouvoir à travers un Parlement est éminemment libérale. Par ailleurs ta distinction référendum/plébiscite me semble artificielle.

Dans ce cas là l'économie non marchande est artificielle de même que le public choice. En quoi le fait qu'une nomenclatura monopolise le pouvoir est libéral?

Ce même peuple qui applaudi les jacobins les plus féroces, qui a fait un triomphe à Louis-Philippe pour se retourner contre lui par la suite, qui a adulé Chirac pour se jeter dans les bras de Delanoë sans oublier les imbécillités 68ardes. :icon_up::doigt:

Le peuple parisien est éminemment démocrate!

Posté
La médiatisation du pouvoir à travers un Parlement est éminemment libérale. Par ailleurs ta distinction référendum/plébiscite me semble artificielle.

Cela se prononce plébiscite sous l'Empire et cela s'écrit référendum sous la République mais dans tous les cas, comme dirait Daumier, c'est un mot latin qui veut dire OUI.

Sinon, c'est que le peuple n'a vraiment pas compris la question.

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daumier.jpg

- M'sieur l'Maire, quoi donc que c'est qu'un bibiscite ?

- C'est un mot latin qui veut dire OUI

Honoré Daumier

Posté
Cela se prononce plébiscite sous l'Empire et cela s'écrit référendum sous la République mais dans tous les cas, comme dirait Daumier, c'est un mot latin qui veut dire OUI.

Sinon, c'est que le peuple n'a vraiment pas compris la question.

Dans une démocratie, la théorie du public choice met en jeu des entrepreneurs politiques. La nation les choisis par le jeu de l'élection. Lorsque c'est une question qui est posée, on choisit la réponse qui convient le mieux aux entrepreneurs politiques qui offrent des prestations politiques qui nous concernent le plus. Si le général de Gaulle voit le NON en 1969, ça veut dire qu'il ne répond plus à la demande du marché politique. Alors la demande de prestation doit choisir un nouvel entreprenneur.

En revanche dans un régime césariste, on dit oui au leader, empereur, général etc… Il n'y a pas de marché politique.

Posté
Dans une démocratie, la théorie du public choice met en jeu des entrepreneurs politiques. La nation les choisis par le jeu de l'élection. Lorsque c'est une question qui est posée, on choisit la réponse qui convient le mieux aux entrepreneurs politiques qui offrent des prestations politiques qui nous concernent le plus. Si le général de Gaulle voit le NON en 1969, ça veut dire qu'il ne répond plus à la demande du marché politique. Alors la demande de prestation doit choisir un nouvel entreprenneur.

En revanche dans un régime césariste, on dit oui au leader, empereur, général etc… Il n'y a pas de marché politique.

En démocratie, les gouvernants et les médias peuvent aussi considérer que le peuple a "mal voté", cela s'est vu.

Ceci dit, heureux que le cliché "césariste" sur le général de Gaulle soit évité.

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