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On n'est pas couché, Moix & toi


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C'est pas à cause du discours anti raciste, c'est une part du problème. Quand tu abuses dans un sens, tu te le reprends dans l'autre. Bataille de cons.

Ca fait 30 balais qu'on est bassinés de toute part par du discours anti-raciste plus SJW qu'autre chose de juste. Les racistes ou les gens limite le prennent pour une agression et à la longue ils finissent par ouvrir leur gueule pour dire de la merde. Ca n'excuse rien, ça ne justifie rien, mais c'est un fait qu'on constate avec le féminisme et l'environnement aussi. Ce qui fait que si la cause est juste (contre les réchauffistes ou contre les SJW), ses défenseurs sont souvent de bien mauvais représentants.

 

Il y a aussi le petit racisme économique (délocalisations, immigration qui vole le travail). Celui là, il est plus ignorant qu'autre chose, mais bon.

 

Et la connerie, préexistante, sous jacente, et je maintiens exacerbée.

 

Tout le problème, c'est la bataille de cons. On n'entend que les cons d'un coté répondre aux cons de l'autre. Ca rameute massivement du con.

 

D'accord, je comprends mieux ce que tu voulais dire.

 

(Et là, j'entame totalement le hors sujet, au point où j'en suis)

Mais comment intégrer ce phénomène pour lutter efficacement contre le racisme et ne pas l'alimenter ? :jesaispo:

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Il y a un problème d'obsession du racisme et de l'antiracisme. On en parle à longueur d'année. Comme les inégalités.

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Oui, j'ai bien ça en tête aussi. Même si là, elle se plaignait que personne à l'UMP ne venait la soutenir. J'imagine qu'ils la laissent rameuter des voix sournoisement.

 

 

Je ne suis pas sûr d'avoir compris.

 

Les médias sont terriblement hypocrites : ils s'indignent que quelqu'un puisse encore tenir un discours comme celui de Morano (ou autres...) mais ils adorent créer du bruit et faire leur pain sur ce genre d'histoire. Ruquier devait être aux anges quand Morano s'est révélée, mais derrière il faut tout de suite se couvrir : "houlala c'est pas bien de dire ça".

Et je veux bien qu'on m'explique que les racistes qui ouvrent leur gueule, c'est à cause du discours anti-raciste, du politiquement correct, du vivre-ensemble, etc. Mais pour moi, ce n'est qu'une occasion de révéler ce que les gens pensent vraiment lors des polémiques éphémères et médiatisées. En dehors de ça, il y a un gros fond de connerie qui n'a pas besoin de ça pour s'épanouir, qui s'auto-alimente à grand coup de paranos, de périls et de fantasmes. Le coup du "on ne peut plus rien dire", c'est la bonne excuse pour ouvrir sa gueule sans vouloir en assumer les conséquences.

 

Du coq à l'âne, il y a ce genre de choses qui m’agacent terriblement : quand, face à un discours ouvertement raciste (ou islamophobe, homophobe, etc), tu dis clairement à ton interlocuteur que c'est raciste et lui te sort "arrête de me stigmatiser, c'est une accusation gratuite, tu veux tuer le débat, ce n'est pas un argument !". Le gus sait pertinemment qu'être raciste c'est mal et prend ça comme une agression. Il y a un moment, il faut qu'il admette qu'il est raciste, qu'il assume qu'il est un con. Mais il préfère se voiler la face.

 

le discours ani-raciste post-colonial qui cherche à mettre toutes les misères du monde sur le dos de la France créé du ressentiment, y'a pas besoin d'avoir fait Bac+10 pour comprendre un truc aussi bateau; de la même manière que les mouvement Homen et masculiniste à moitié triso se seraient jamais développés sans le féminisme trépané militant qu'on peut avoir qui demande le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière et qui passe son temps à attaquer toutes les injustices du monde en prenant les hommes comme source de malheur.

 

toute attaque supposée ou réelle de l'identité d'un groupe l'amène forcément à se cristalliser sur le centre de sa différence, c'est quand même pas un phénomène humain nouveau.

 

 

J'ai du mal à ne voir qu'une réaction à un discours anti-raciste. Si c'est le prétexte que certains emploient pour faire tomber le voile (mouvement pseudo-subversif, contre la pensée unique, etc...), ça ne reste qu'une excuse. L'actualité, le monde, les autres leur suffisent déjà suffisamment pour nourrir leurs idées et pour leur donner l'occasion de l'ouvrir. En ce moment, c'est le terrorisme et les migrants. D'accord, on entend leur discours en opposition à celui qui s'oppose à la stigmatisation, à l'amalgame, à la xénophobie. Mais à côté de ça, ils s'expriment d'eux mêmes, car ils se sont trouvés des chimères à combattre : non pas les anti-racistes mais bien les musulmans et les migrants.

 

Et je ne vois pas comment on peut mettre sur le même plan ces réactions identitaires. C'est bien pour ça que les racistes qui se plaignent du "deux poids deux mesures" sont à côté de la plaque. Si des musulmans se sont tournés vers le communautarisme, c'est bien parce que certains les rejetaient. Si des homosexuels se sont tournés vers le communautarisme, c'est bien parce que certains les rejetaient. Si ces racistes se sentent une ferveur identitaire, c'est bien pour rejeter les autres.

 

Je suis d'accord pour la victimisation. Généralement ça cache une jalousie mal placée ou une sorte de nostalgie de cette époque "où c'était eux qui galéraient et nous les boss". Pas étonnant que des politiciens s'en inspirent pour faire tourner leur moulin.

wah t'es vraiment un gaucho dans l'âme toi c'est pas possible

 

 

 

D'accord, je comprends mieux ce que tu voulais dire.

 

(Et là, j'entame totalement le hors sujet, au point où j'en suis)

Mais comment intégrer ce phénomène pour lutter efficacement contre le racisme et ne pas l'alimenter ? :jesaispo:

arrêter d'alimenter le discours anti-raciste et les traiter comme les sacs à merde purulentes qu'ils sont;

notamment en arrêtant de dire que les antiraciste sont pour rien dans la montée du racisme.

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Je vois bien être Sarokzy être suffisamment malin pour avoir dit à Morano d'y aller fort sur le discours identitaire, pour la virer ensuite salement.  :icon_ptdr:

 

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Il y a un problème d'obsession du racisme et de l'antiracisme. On en parle à longueur d'année. Comme les inégalités.

 

Oui, les médias et les politiques ont leurs marottes.

 

wah t'es vraiment un gaucho dans l'âme toi c'est pas possible

 

T'étais pas au courant ? Il paraitrait même que je suis un marxo-libéral ou un libéralo-marxiste, je ne sais plus très bien. :icon_wink:

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Des gens en ont juste gros sur la patate qu'on les traite de racistes depuis 30 ans, par la voix d'associations payées avec leurs impôts et relayées par une presse subventionnée. Il y a un moment ou le retour de bâton arrive: les Républicains veulent récupérer une partie des 25% d'électeur FN et c'est de la logique politicienne qu'ils commencent à lancer des coups de sonde.

 

Morano c'est le canari dans la mine: elle est sacrifiable en bon petit soldat. Mais nul doute que les réactions de militants vont être suivies par les députés des Républicains. Je suis sûr que l'électeur de base n'a aucun problème avec les sorties qu'elle a fait.

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T'étais pas au courant ? Il paraitrait même que je suis un marxo-libéral ou un libéralo-marxiste, je ne sais plus très bien.

Comme feu Free Jazz donc.

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Comme feu Free Jazz donc.

 

Oui, mais moi je ne suis pas journaliste (et encore jamais nonossé, Dieu m'en garde) !

 

Sinon, concrètement aujourd'hui, on devrait arrêter de dire à certains qu'ils sont xénophobes ou islamophobes malgré leur discours sur les migrants et les musulmans, parce qu'on va se prendre un retour de flamme un de ces jours ?

 

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Sinon, concrètement aujourd'hui, on devrait arrêter de dire à certains qu'ils sont xénophobes ou islamophobes malgré leur discours sur les migrants et les musulmans, parce qu'on va se prendre un retour de flamme un de ces jours ?

Non. Mais je ne vois pas ce que la chasse aux sorcières apporte.

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Je déteste dire ça mais je suis un peu d'accord avec Philiber Té, il faut appeler un chat un chat. Et c'est justement ça le plus gros défaut de l'anti-racisme, à force de crier au loup pour rien du tout et de dévoyer le sens des mots, avec toute cette confusion de termes ( racisme, racialisme, xénophobie, haine, discrimination) bah on est baisé, le chat on peut plus le nommer

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Sinon, concrètement aujourd'hui, on devrait arrêter de dire à certains qu'ils sont xénophobes ou islamophobes malgré leur discours sur les migrants et les musulmans, parce qu'on va se prendre un retour de flamme un de ces jours ?

 

Aujourd'hui c'est trop tard, on est déjà en mode retour de bâton.

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Le retour de bâton on se le prend déjà en pleine gueule. Et franchement, même si les antiracistes restent majoritaires dans les médias, les autres en face sont de plus en plus nombreux à être entendus, et leurs propos de plus en plus décontractés. Alors certe nous avons encore des cris d'orfraie quand Morano dit que la France est un pays de race blanche (ce qui est une connerie dit comme ça au passage), mais pas les médias et intellectuels réacs sont de plus en plus à la mode et entendus.

A la limite c'est mieux de voir que tout le monde peut s'exprimer, mais tout ça devient tendu, la question identitaire en France devient une obsession.

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Q:

Oui, mais moi je ne suis pas journaliste (et encore jamais nonossé, Dieu m'en garde) !

 

Sinon, concrètement aujourd'hui, on devrait arrêter de dire à certains qu'ils sont xénophobes ou islamophobes malgré leur discours sur les migrants et les musulmans, parce qu'on va se prendre un retour de flamme un de ces jours ?
 

 

A:

Et c'est justement ça le plus gros défaut de l'anti-racisme, à force de crier au loup pour rien du tout et de dévoyer le sens des mots, avec toute cette confusion de termes ( racisme, racialisme, xénophobie, haine, discrimination) bah on est baisé, le chat on peut plus le nommer

Aujourd'hui c'est trop tard, on est déjà en mode retour de bâton.

 

on est déjà dedans.

rappeler qu'ils sont racistes ne change rien au fait qu'il faille combattre les antiracistes tout aussi violemment.

 

 

pour les moins trépanés d'entre eux (de chaque côté) on peut essayer de mettre à jour la logique du procédé et le révéler derrière.

- dire "pourquoi tu penses tout ce mal des étrangers ?", mettre à jour le ressentiment derrière, dédouaner les étrangers/nouarabes/whatev en mettant le doigt sur les vrais reposnsables: politiques et antiracistes, pour finalement placer les gens en victimes "les antiracistes prétendent représenter les étrangers mais se servent surtout d'eux pour faire parler d'eux, les arabes n'en ont pas demandé tant. Et ils l'ont fait pour provoquer la colère chez les gens comme toi, ils vous ont montés les uns contre les autres"

- dire "pourquoi tu cries systématiquement au racisme", puis ensuite montrer en quoi le discours antiraciste provoque finalement le racisme et empêche de lutter vraiment contre en mélangeant le racisme avec toutes les misères du monde

 

enfin moi je ferais comme ça en tout cas

Posté

Tous la petite gueguerre à coup de propos ambigueusement ironiques, de poses de sainte nitouche effarouchée et d'hypocrisie condescendante entre les anti-racistes et les racistes (plutôt les anti-anti-racistes d'ailleurs, les vrais racistes au moins portent leurs couilles sur leurs opinions) est fatiguante et ridicule.

Posté

Mais comment intégrer ce phénomène pour lutter efficacement contre le racisme et ne pas l'alimenter ? :jesaispo:

En commençant par admettre que ne pas aimer les noirs, les homos ou les femmes est un droit fondamental, et peut-être même une opinion pertinente (qu'en tout cas ce n'est pas aux politiciens d'en décider).

Ensuite en évitant de traiter ton contradicteur de gros mongol ou de méchant qui veut rien que faire du mal.

Enfin seulement en exigeant des arguments plutôt que des jugements de valeur aussi péremptoires que subjectifs (comme on peut en trouver un certain nombre ici-même).

Mais là on parle de progresser dans l'intelligence, ce n'est pas vraiment le but de la politique, ni même quelque chose de très attrayant pour beaucoup de gens. Démocratie quand tu nous tient...

Après on peut essayer de prendre des raccourcis, mais il faut se méfier parce qu'à traiter systématiquement les symptômes plutôt que la cause, on finit par obtenir un nazi bien propre sur lui (et donc bien plus difficile à combattre, comme c'est le cas aujourd'hui).

Posté

Quand on connaît José, quand on connaît la France et qu'on connaît des cyclistes, le messsage est limpide et je l'approuve.

:cpef:

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Bon ok c'est une polémique moisie. On sait aussi que Sarko ne porte pas Morano dans son coeur il y a peut-être un règlement de compte. Par contre ce qu'elle dit la Morano est complètement moisi aussi, c'est dit

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Réaction d'une "député noire" à l'Assemblée

 

Tant de poncifs en aussi peu de temps devant un parterre de branleurs, ça m'a foutu le bourdon. 

 

https://www.facebook.com/video.php?v=10153725504221336

 

 

Et en commentaire de la vidéo :

 

 

Vincent Shendo quelle honte ! Mme Bareigts n'est pas noire ! A mon sens un "noir" est un esclave (d'où qu'il vienne) et un "blanc" est un marchand d'esclave (d'où qu'il vienne). Ericka et Nadine sont racistes point barre ! Et ceux qui croient que ces deux notions (noir et blanc) sont liées à la couleur de la peau sont des racistes (malgré eux j'en conviens). Relisez la controverse de valladolid ou encore le code noir svp !!!

 

WTFFFFFF

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D'abord on ne dit pas "b.." et "n...", c'est très insultant. On dit "cis-cutané" et "trans-cutané".

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La «race blanche», ce révélateur des profondes fractures françaises

Depuis qu'elle a parlé de la France comme d'un pays «judéo-chrétien de race blanche» samedi dernier sur France 2, Nadine Morano déchaîne les passions. Une dynamite politique à la mesure des non-dits qui hantent la société française et les principaux partis, de droite comme de gauche

C’est un livre publié en 2014 en anglais par la très respectable maison d’édition britannique Grantabooks… et toujours pas traduit en France. Son titre? «The French Intifada – The long War between France and its Arabs» (L’intifada française – une longue guerre entre la France et ses arabes). Son contenu? Une enquête fouillée menée par l’auteur, Andrew Hussey, sur ce conflit larvé qui hante l’Hexagone, incapable de digérer, cinquante -trois ans après l’indépendance de l’Algérie, la décolonisation, et de s’intégrer dans une mondialisation naturellement porteuse du fait multiculturel. «Il ne s’agit pas d’un conflit politique ou de religion, explique le journaliste britannique dans son introduction. Il s’agit d’émotions extrêmes. Il est presque impossible pour des immigrés venus des anciennes colonies françaises de se sentir authentiquement chez eux ici. Ils restent cantonnés, physiquement et culturellement, aux marges de la «civilisation» française». Bienvenue au pays de Nadine Morano, cette députée européenne du parti conservateur «Les Républicains», mise à l’index par sa formation pour avoir parlé samedi soir dernier sur France 2 de son attachement à ce pays «judéo-chrétien et de race blanche».

 

Bienvenue en France dont l’article premier de la Constitution édicte «l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion», mais où l’actuel président François Hollande avait promis durant sa campagne de 2012 de supprimer le mot «race» de la loi fondamentale. Promesse demeurée jusqu’ici lettre morte.

La crainte des invasions barbares

Bienvenue, surtout, au pays du non-dit qui sous-tend cette explosion médiatique provoquée par une politicienne surnommée «Madame Sans-Gêne» pour ses manières rugueuses et son goût pour la polémique, en référence à Catherine Hubscher, l’épouse du maréchal d’Empire Joseph Lefebvre, qui défrayait la chronique napoléonienne par ses saillies de soudard. Le CV de Nadine Morano? Un goût prononcé pour les thèmes sécuritaires et une obsession identitaire partagée entre autres, au sein de son parti, par un de ses très proches, le maire de Nice Christian Estrosi. Un ancrage électoral dans le bassin minier de Lorraine, dans ces marches de l’est de la France toujours inquiètes de la prochaine invasion «barbare». Un père chauffeur routier, une mère d’origine italienne, une enfance dans un quartier populaire de Nancy. Une biographie pas très éloignée d’une autre héroïne de ce terroir labouré par les guerres: la chanteuse Patricia Kaas.

On ne sait pas si Nadine Morano a pris le temps de s’arrêter, à Paris, à la librairie anglophone Galignani, rue de Rivoli, à deux pas de l’Elysée. Elle devrait y consulter «L’Intifada française», et y serait peut-être moins chahutée que dans son parti, où Nicolas Sarkozy, son mentor, a décidé de suspendre son investiture aux prochaines élections régionales. Peter, un Noir américain d’une quarantaine d’années, y feuilletait mardi le livre de Andrew Hussey. Son verdict? «Il dit la vérité. Les Français sont racistes. Ils n’aiment les Noirs et les arabes que lorsqu’ils sont les «sujets» de la France. Ils aiment les «non-blancs» dans leur version coloniale. Mais pas question de leur concéder une quelconque égalité».

Vrai? Faux? Le débat est bien sûr caricatural. Mais il trahit les fractures françaises non digérées, enfouies, et toujours prêtes à ressortir à la veille des échéances électorales, et sous la pression d’un Front national ravi de cette polémique. Jugez plutôt. Côté soutiens officiels, l’élue européenne a de suite engrangé, outre les silences complices du FN, la voix du vendéen Philippe de Villiers, le leader historique de l’aile dure de la droite, qui vient de publier un livre, «Le moment est venu de dire ce que j’ai vu», aux éditions Albin Michel, dans lequel il pilonne tous ses anciens amis, à commencer par Nicolas Sarkozy, surnommé «Le Lapin Duracell». Un parlementaire des «Républicains», engagé aux côtés d’Alain Juppé face à Nicolas Sarkozy, y voit même, ni plus ni moins, la patte d’une manipulation: «Le mot race, le mot blanc, le mot chrétien. Tout y est. C’est le discours préféré de Brice Hortefeux (ancien ministre de l’Intérieur) ou de Patrick Buisson (ancien conseiller à l’Elysée), qui ont toujours conseillé à Sarko de parler aux «petites gens» d’une soi-disant invasion qui se prépare. Bref, de jouer sur les peurs». A tel point que beaucoup, dans les cercles politiques parisiens, estiment que Nadine Morano a peut-être exécuté une partition approuvée par l’ancien chef de l’Etat, obligé ensuite de la lâcher en public, vu l’ampleur de la controverse.

L’autre fracture est historique. Patrick Buisson, ce conseiller sarkozyste proche de l’extrême droite dont Le Monde a publié jeudi toute une série de notes à l’ancien président sur cette peur migratoire, est d’ailleurs toujours le directeur de la chaîne de TV câblée «Histoire», et un spécialiste… de la décolonisation en Indochine. Et la référence faite par Nadine Morano au général de Gaulle, en direct devant les caméras de «On n’est pas couché» est révélatrice, car sortie du contexte. Attribuée par Alain Peyrefitte à De Gaulle, la phrase du Général, prononcée en 1959 est la suivante: «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires! Les musulmans, vous êtes allés les voir? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français!». Or à bien la relire, et si elle est vraie, cette intervention peut être lue de deux façons. En version «fondamentaliste» par ceux qui y voient seulement l’allusion à la race blanche et à la religion. En version «contextuelle» par ceux qui retiennent la date (avant l’indépendance algérienne), et l’importance de l’ouverture à «toutes les races».

«Ce sujet de la race blanche est typique de ces débats que la France établie veut éviter d’ouvrir, confirme Thierry Leclère, coordinateur de l’ouvrage «De quelle couleur sont les Blancs?» (La Découverte, 2013). La volonté de verrouillage de Sarkozy, c’est la tentation du couvercle qu’on referme de suite. Alors que la France fébrile d’aujourd’hui a au contraire besoin d’ouvrir le débat pour éviter de le laisser entre les mauvaises mains de l’extrême-droite».

http://www.letemps.ch/monde/2015/10/01/race-blanche-revelateur-profondes-fractures-francaises

 

Qui a lu l'intifada française ?

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