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Anton_K

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Everything posted by Anton_K

  1. Bon nous voilà sur un vrai gros sujet qui va tarauder les esprits pendant un moment. J'aborderai la question sous cet angle : que vend-on quand on vend de la musique numérisée ? Est-ce que copier des données musicales, c'est-à-dire une sorte de recette fonctionnelle destinée à faire jouer de la musique par un ordinateur/baladeur peut être considéré comme un vol sachant que leur re-copie n'engage aucun coût supplémentaire ? La question du vol de la propriété intellectuelle est donc la question du vol de l'information. Il est vrai que pendant quelque temps, disons entre 1770 (invention du droit d'auteur) et 2000, la matérialité de l'information a conservé des coûts de reproduction en plus du manque à gagner pour l'auteur non rétribué. Ainsi si vous voliez un livre ou CD dans une librairie, vous enfreigniez certes le droit d'auteur, mais c'est pour le producteur et le libraire que votre vol d'une galette allait engager des coûts de reproduction et de re-gravure, pas pour l'auteur. Mais enfin la musique subsistait, elle, non-volée, car non accaparable, parce qu'immatérielle. Il y a donc une différence entre un vol et un manque à gagner. Et depuis l'explosion d'internet et du principe de téléchargement, c'est à dire du transfert de donnée sans support matériel et donc sans coût, ce à quoi il faut aussi ajouter l'augmentation de l'espace de stockage numérique évidemment, le coût du transfert et du support sont devenus négligeables. Le droit d'auteur ne protège pas du vol, il instaure une rétribution de la réutilisation de l'information. Voilà en quoi il est tout à fait artificiel et en quoi il serait tout à fait invivable si poussé à l'extrême. Imaginez notre situation si les discours libéraux étaient protégés par des droits d'auteur. A la limite, puisque la production de musique, à savoir l'enregistrement en lui même engage des coûts, on pourrait considérer le piratage comme un vol jusqu'à l'amortissement des coûts de production. Mais au delà, je ne vois pas ce qui protège le concept de droit d'auteur de l'obsolescence. Il reste pour les artistes à gagner de l'argent par le merchandising évidemment, et par la représentation live, puisqu'en fait ce pour quoi on paie en live n'est pas la musique comme immatérialité mais le service que rend l'artiste en la jouant, d'une manière que je peux préférer à celle de mon ordinateur ou mon baladeur. On paie donc toujours un producteur ou un interprète, mais jamais un auteur. Puisque les producteurs de musique vendaient des CD comme support matériel d'information, on peut imaginer qu'ils se mettent à vendre des disques durs, qui remplissent la même fonction.
  2. En effet l'idée d'un ticket Romney - Rand Paul pour toucher l'électorat à cheval entre Ron Paul et les Tea Parties a quelque succès sur internet en ce moment, (cette raison ancée est une interprétation, car il s'agit d'une rumeur avant d'être une étude de l'électorat). Est-ce que rallier le fils pour brasser plus large ne va pas un peu à l'encontre de la stratégie du père de faire pression pour amener les candidats à plus de pureté classique ? Il n'est pas dit que les Paul aient une stratégie concertée, mais dans tous les cas est-ce que ça ne ressemblerait pas un peu à une trahison ?
  3. Serpico c'est à voir, grand classique du "réveil du flic intègre", et si on aime voir New York au cinéma, comme j'ai l'impression que c'est votre cas vues les listes proposées, c'est une bonne occasion. Si vous aimez Taxi Driver, il peut être intéressant de voir Mean Streets, le film précédent de Scorsese où De Niro tient un autre rôle de chien fou, il est aussi question de New York la nuit et de mafia italienne. Par contre c'est un cran plus étrange et déstructuré encore que Taxi Driver. En ce qui concerne Kurosawa j'ai découvert et je conseille Entre le Ciel et l'Enfer, différent de ses classiques, ça commence en un huis clos et ça finit de façon extrêmement psychédélique, de manière générale le film est très américain. J'ajouterai à la liste déjà bien fournie de chef-d'oeuvres US des années soixante-dix, The Deer Hunter, pas encore mentionné, absolument excellent et beau avec De Niro, Christopher Walken, Meryl Strip, de Michael Cimino, cinéaste rare mais qui ne prenait pas la caméra pour rien. Et je ne vois pas de films italiens alors je conseille Oedipe Roi de Pasolini, qui a le mérite d'avoir utilisé les principes des mythes et travaillé sur une esthétique archaïque plus crue que ce qui se faisait dans le peplum. Evidemment Silvana Mangano y tient un rôle central, et comme l'indique ma photographie je lui voue un culte.
  4. A propos d'Intouchables. En ce qui concerne le lien d'agoravox, critique encore trop montée en épingle et intellectualisée à mon avis… J'ai vu le film, il m'a semblé en effet maladroit et cliché sur quelques aspects précis : le réalisateur veut nous montrer une banlieue où on se battrait pour la nourriture et insiste lourdement sur des traits prêtés aux noirs africains immigrés : la langue et le comportement démographique incontrôlé. Mais ça il fallait s'y attendre, et je suppose que c'est surtout le succès du film qui aura motivé le déluge de passions sur ces points. Mais il ne faut pas bouder son plaisir quant à l'humour. Parce que c'est très drôle, et je trouve d'ailleurs que ça a le mérite d'être drôle sur un mode très très primaire, puéril et "sans éducation", sans second degré idéologique pour le coup, ce qui en ce qui me concerne fait passer la pilule du tribut socialisant des scènes mélo pas drôles. A la limite si j'avais pu l'ignorer j'aurais considéré que c'était mission accomplie. Le mieux aurait été qu'ils s'en abstiennent. Pour la scène de l'embauche et les problématiques raciales et de classe dans la relation entre les personnages principaux, la critique est inepte, à croire que l'auteur n'a pas vu le film. Au contraire l'humour a la vertu d'éluder ces aspects, sans avoir à marquer grossièrement le contrecoup à mon avis. C'est d'ailleurs un mérite que beaucoup ont trouvé au film, à mon avis à raison. Donc formuler des interprétations pinailleuses sur ce terrain là je me demande si ça relève pas de la même pathologie que celle qui est dénoncée.
  5. Cette Natalie Portman m'est de plus en plus sympathique. Bon la bande annonce n'est pas d'une éloquence absolue, mais certains signes sont encourageants.
  6. Cela dit vous emballez pas trop pour ce qui est du sens de cette donnée statistique, et pour ce qui est des chances de tomber sur les pseudo-terres dans le lot. On ne prend en compte que des données de "taille" et de distance par rapport à l'étoile de référence, pour déterminer ce qu'on appelle la zone habitable, et pour toutes ces planètes on n'a aucune idée de leur morphologie et encore moins de leurs conditions atmosphériques. Je mets "taille" entre guillemets, et même l'idée de distance est à relativiser. En général on ne capte qu'une infime ombre dans la lumière d'une étoile, ombre qui a aussi des chances d'être issue d'autres phénomènes. On n'a aucune idée des structures possibles de ces corps. Parfois on peut avoir une idée "de la présence d'une masse" pour certains cas de détection des mouvements imprimés à une étoile par un autre corps, mais il n'est possible de caractériser ces masses et distances que statistiquement. Par ailleurs on ne fait que supposer, même si on le fait de manière raisonnable, que notre meilleur choix d'interprétation de ces deux genres de signe est la présence d'une planète, mais on n'est pas encore très savant des conditions de création d'un système de planètes autour d'un étoile. Tout ce qu'on sait c'est que pour ce qu'on a observé, il y a davantage de cas où une étoile s'accompagne de planètes. Tout ça pour dire qu'une statistique n'a pas le sens d'une découverte directe, ça ne nous rend pas vraiment ces planètes accessibles, elles restent à découvrir. En revanche comme le dit Astynoos, pour ce qui est de l'exploration de notre système, pour des motifs scientifiques pour le plus lointain, et miniers (n'en déplaise à Mitt Romney) pour le plus proche, il y a un champ astronautique dont l'entreprise (peut-être même l'entreprise privée, qui sait !) peut sembler presque palpable dans les décennies à venir. Edit : Pour répondre à Ray en ce qui concerne les spéculations sur les chances de rencontrer une vie intelligente, il me semble que ça ressemble à une antinomie de la raison : dans un espace aux dimensions indéfinies et sur une échelle de temps indéfinie, on a autant de raisons de penser qu'il y a un nombre indéfiniment grand d'humanités en cohabitation possible que de considérer qu'il y a toutes les chances pour qu'elles ne se rencontrent jamais, et aucune raison de penser l'un plus que l'autre en l'absence de précédent en la matière. On ne peut même pas faire rentrer en compte la question de la durée de vie de l'espèce, à moins qu'on en ait une idée quantifiée, admettons donc qu'elle est indéfinie et là… Je ne vois plus bien ce qu'on peut dire.
  7. C'est arrivé il y a quelques années dans l'Indiana, l'expérience du "Liberty Dollar", initiée par Bernard Von NotHaus a en effet été réprimée. La création d'une monnaie alternative conçue pour entrer en compétition avec le Dollar "officiel" est considérée comme un crime fédéral. http://en.wikipedia..../Liberty_Dollar
  8. Anton_K

    R&D

    Ne faut-il pas distinguer la démarche nomologique : établissement de loi de succession des objets, on est d'accord, mais tu remarques qu'on parle dans ce cas là d'objets connus et préalablement définis, et la démarche consistant à définir un objet par hypothèse ? Ce n'est clairement pas le même type d'explication qui est cherchée dans les deux cas. Je ne vois pas en quoi l'établissement des lois de succession des objet ont à voir avec l'hypothèse des objets, je veux bien que tu m'expliques. Mais je pense que le problème de l'intuition en science est avant tout un problème de prédiction et de définition des objets. Pour ce qui est de cette prédiction des objets donc, le fait de faire leur hypothèse et de la tester empiriquement pour voir si oui ou non l'objet existe, je vais essayer d'étayer mon argument. Il y a plusieurs approches : les "réalistes-direct" pensent en effet qu'en matière d'expérience, l'intuition suffit. Ici intuition = définition d'un objet à partir des simples données des sens, sans concept préalable. Chez les empiristes c'est ce qui permet la découverte d'objets. Mais à mon avis ce réalisme direct ne tient pas, il suppose que face à l'expérience l'objet est clairement défini par un terme, dont la signification est donc transparente sans que le concept précède, ce qui voudrait dire qu'on découvre naturellement des nouveaux objets sans l'avoir prévu. Or ce n'est pas le cas, parce que le terme ne définit pas l'objet précisément, seul le concept le définit, le concept étant un ensemble de prédicats sur la référence. être capable d'intuitionner le sens d'un terme à partir des simples données des sens sans concept préalable revient à l'exemple bien connu du terme de langue étrangère, ou du terme dont tu n'as pas appris le concept mais que tu entends prononcé dans une situation donnée. Un mot de langue étrangère, tu l'entends comme terme sans en comprendre le concept. Si tu es avec un étranger et que quand un lapin passe, il te dit "gavagaï", rien ne t'assure que l'objet est le lapin plus que les oreilles du lapin, ou la course du lapin, tout ce que la prononciation du terme t'as appris c'est qu'il est question de désigner quelque chose dans une situation générale, mais sans concept préalable tu ne peux pas dire quoi. Autrement dit, si tu ne disposes que des données des sens, donc que tu es dans une situation d'intuition, tu ne peux pas former un concept expérimental juste. Voilà pourquoi en ce qui me concerne je privilégie une approche "réaliste-indirecte". Quand tu t'apprêtes à faire une observation, tu formes toujours au préalable, même sans t'en rendre compte, un concept qui limite l'expérience que tu vas faire, tu n'es donc jamais dans la situation de disposer simplement des données des sens pour inventer une terme, tu n'es jamais en situation de découvrir un lapin, mais toujours de valider ou invalider un concept préexistant. Cela ne veut pas dire qu'on ne découvre jamais rien de nouveau, cela veut dire que la découverte intervient lorsque, ne comprenant pas une situation, on suppose qu'elle fait intervenir un objet différent de ce qu'on connait, et on fait donc varier les objets qu'on connaît, par variation on crée de nouveaux objets, et on les teste. Par exemple le premier homme à rencontrer un ornithorynque n'a pas inventé sur le coup un terme nouveau qui décrivait positivement ce qu'est l'ornithorynque, il n'a d'abord pas compris, parce qu'il fallait mobiliser un concept en amont. Il a fallu faire varier nos concepts préexistants, par différenciation, et ensuite tester en disséquant la bête, mais aucune expérience n'était valable sans mobilisation préalable des concepts. Cela explique pourquoi nos sciences empiriques progressent en formant des concepts de classe, d'espèce, etc.
  9. http://www.theonion….ould-wan,26933/ Un modèle d'abnégation républicaine cet Obama… [hs : suis-je le seul à voir les balises de bbcodes sans qu'ils fonctionnent ?]
  10. Voilà, petite facétie de traduction de "cloaking" et le tour est joué. Les gros malins ! Ce que ça montre aussi, c'est qu'il n'en ont en fait rien à foutre.
  11. Ça ne fera jamais de Bayrou un libéral, cela dit Ça ne convient pas forcément mal à Dassier qui a l'air de partager une même forme de moralisme… Mais j'avoue qu'hormis cet aspect, je ne comprends pas ce positionnement. Il dit que le clivage se fera entre réformateurs et conservateurs, je suis d'accord, mais en quoi Bayrou est-il autre chose qu'un conservateur ?
  12. Anton_K

    R&D

    Pas si simple. Si par intuition tu entends une idée indépendante d'un problème préexistant, je ne pense pas que ce soit possible. Le concept d'un objet expérimental n'est pas à strictement parler "intuitionné". Tout d'abord il y a une différence entre la monstration : "Il y a tel objet", qui est intuitive, et la définition d'un objet de sciences. Un objet de sciences ne se crée jamais à l'écart d'autres objets, même quand on pourrait croire qu'il est intuitionné. Déjà un scientifique ne crée pas un objet sans raison, il en crée un parce qu'il a un problème. Face à une incompréhension, c'est-à-dire un trou dans le schéma explicatif, il fait une hypothèse, qui consiste à dire : "Je comprendrais la situation s'il y avait cet objet", et il le définit. Du coup on ne peut pas dire que l'objet est intuitionné, car sa définition se fait toujours par différenciation avec les objets déjà existants. Le problème précède toujours l'objet possible, et l'objet possible est pensé par rapport aux autres objets. A ce sujet, il faut lire la Formation de l'esprit scientifique de Bachelard, mais c'est une idée Kantienne, et comme je le disais précédemment, la physique expérimentale procède encore ainsi. Ensuite, cette définition de l'objet, elle ne peut exister que sur un mode qui permet son invalidation par l'expérience. Non pas sa vérification, attention à l'erreur, on ne peut pas vérifier la vérité d'un objet. Le seul cas où l'expérience apprend quelque chose au scientifique, c'est quand elle rate, quand son objet ne satisfait pas le situation, et alors il faut varier le caractère qui a été invalidé. Mais dans une expérience la vérification n'est qu'absence de résultat, la preuve c'est que la vérification de mon concept du cygne comme "oiseau blanc" n'a pas valeur de connaissance, il y en a d'autre qui sont noirs, mais avant dans croiser un je n'ai rien appris. Quand j'en croise un je sais que la propriété "oiseau blanc" n'appartenait pas au concept cygne. Du coup ça veut dire aussi que la science n'avance que négativement, et toujours extension de problèmes préexistants. Sur ce thème il faut lire La quête inachevée de Popper, qui introduit bien à son épistémologie, (et d'ailleurs aussi à sa critique de l'historicisme et du constructivisme). Du coup tu ne peux pas dire à des chercheurs : "faites de la recherche au hasard pour trouver des choses imprévisibles". Il faut forcément commencer par leur donner un problème, qui ne peut pas faire autrement que de solidariser leur recherche de tout le reste du corps des sciences.
  13. Pas certain qu'on puisse observer le libéralisme dans l'Histoire de France. Ce n'est pas comme si le libéralisme avait été historiquement pur et par la suite perverti. D'autre part la révolution française est loin d'être un évènement maîtrisé et dirigé par une idéologie, ça ressemble plus à une suite d'accidents ou un dérapage incontrôlé… Les girondins étaient peut-être inspirés par un libéralisme entrepreneur et de laissez-faire anti-corporatiste mais avec la loi Le Chapelier on voit qu'une forme de "conservatisme" (mot évidement anachronique, disons de soucis du contrôle social) existe déjà, qui n'est pas libérale et qui donne plutôt naissance à l'alliance capital-état qui a caractérisé la France jusqu'ici, il faut aussi avoir à l'esprit qu'il y a parmi eux des nobles reconvertis un peu frileux. Les montagnards étaient évidemment dépassé sur leur aile gauche par une foule d'extrémistes, babouvistes collectivistes, des déistes barjos, des cordeliers coupeurs de tête… Ils sont aussi pour partie libéraux bien sûrs, puisqu'à la fin de l'Ancien Régime tout le monde est "libéral" (Marx même est un genre de mauvais rejeton du libéralisme) mais la révolution française passe pour eux par une purge sociale, Terreur etc. Le libéralisme historique en France… Pas évident, je ne pense pas qu'une seule époque ait vu simultanément la liberté du travail et la recherche de l'allègement de l'Etat. Notamment parce que l'Etat a toujours tenu un rôle de contrôle et de soutien soit du big business, soit des salariés. Il y a quand même bien eu une période commençant avec Napoléon III pour le libéralisme politique (mais enfin cela participait aussi d'une philanthropie socialisante vaguement paternaliste, comme toujours en France), et se poursuivant par un bon trend économique et de retour des libertés et un allègement du rôle de l'état jusqu'en 1914. Ensuite on reprend les bonnes habitude dirigistes, entre ajustements électoralistes et chevauchée d'inflation.
  14. Bonne nouvelle, pas sûr cependant que le vote du New Hampshire donne une bonne idée de la tendance globale… C'est un petit état, avec une sociologie très précise et restreinte, assez élitaire, très très très libérale d'un pur libéralisme "universitaire" (taxe à la consommation anecdotique, et pas d'impôt sur le revenu), les libertariens y sont reconnus comme un parti indépendant. Alors certes c'est toujours le vote presque acquis d'un état, mais c'est malheureusement peut-être l'exception…
  15. Il faut vraiment arrêter avec ce cul de sac de pensée qu'est la problèmatique de l'essentialisme, surtout si, encore plus contradictoire, on essaie d'être humaniste. Ça ne peut mener qu'à des pinailleries pseudo-scientifiques sur la "négligeabilité" des différences génétiques des races humaines (négligeabilité en regard de quel critère ? Quel universel génétique est-il question de trouver ? En quoi Ça résout un quelconque problème moral ?) ou cette autre pirouette qu'est la différence innée / acquis, puisque finalement, que les Hommes sont radicalement différents, c'est la première chose qu'on voit du point de vue des caractères acquis : certains se baladent en braies, d'autres en pagnes, d'autre avec un fil cousu au sexe… Souvenons-nous de Hume, et là je rejoindrai Kuing Yamang aussi : les Hommes sont différents, c'est comme Ça, et plus ils le sont, que Ça se manifeste par la biologie ou la culture, moins il y a de chances qu'ils éprouvent de la sympathie les uns pour les autres. Mais tant qu'ils sont d'accord pour reconnaître le droit naturel des autres, Ça ne devrait pas poser de problème. En tout cas si le but est soit de nier l'idée d'une essence (c'est-à-dire d'une naturalité, bonne chance), soit de prouver son identité à l'échelle humaine, c'est mort. Le seul problème qui subsiste et qui est tout à fait empirique c'est à quel point je sais sans douter que "c'est un homme". La réponse peut être une morale fondée sur un droit naturel universel, mais en ce qui me concerne pas sûr que je sois prêt à respecter le droit naturel d'un hêtre. Peut-être la réponse est-elle dans une mise à l'épreuve du respect du droit naturel chez l'autre quelle que soit l'espèce considérée (montre moi ta valeur et tu auras mon respect)… Pas évident, enfin il faut chercher. D'ailleurs le seul concept pertinent de la spécification en biologie c'est la possibilité de la reproduction, ce qui au sein d'une espèce n'implique pas l'impossibilité qu'il y ait des races aux traits très variés. Qu'une certaine variété de ces traits puisse me déplaire n'a rien de choquant tant que cela n'engage rien du point de vue du droit naturel, d'ailleurs si on quitte un peu plan idéologique pour faire appel à nos affects un peu plus fondamentaux, on sait bien que notre préférence par exemple sexuelle est pour le moins exclusive de ce point de vue, et si on nous demande pourquoi, il n'y a pas de doute que le critère racial entre en compte. Enfin quoi qu'il en soi pour répondre de manière plus générale au sujet, à mon avis le racisme est un faux problème, un résidu des contradictions de l'humanisme. Les faux problèmes font d'ailleurs des millions de morts, d'où l'intérêt de s'en débarrasser.
  16. Pour ceux qui connaissent le spécimen, Randy Blythe annonce ses intentions de concourir à l'élection présidentielle des Etats Unis d'Amérique. Le chanteur de Lamb of God, groupe autoproclamé Pure American Metal, développe son argument massue : des couilles. Ça et un impressionnante logorrhée militariste sur un mode vigilanto-spartiate. http://randonesia.tumblr.com
  17. On est d'accord, il y a un conservatisme moral qui n'engage à rien sur le plan politique, surtout pour un libéral. Ce que tu dis, c'est qu'un candidat comme Ron Paul apparaît dans le débat comme personne morale et comme décideur politique, c'est tout à fait possible. Mais quand il essaie de convaincre sur un plan moral, doit-il le faire en tant que candidat à l'élection ? A mon avis c'est un risque qu'il prend, même s'il ne compte pas par son programme politique imposer ses choix moraux. C'est un pari sur les convictions morales de l'électorat, or à mon avis la force électorale de Ron Paul c'était d'unifier les libéraux quels que soient les moeurs, voire même de convertir au libéralisme des gens qui y voyaient un moyen de dépolitiser les moeurs. C'est peut-être surtout une façon à mon avis de charmer l'électorat conservateur en se servant surtout de l'étiquette, c'est ce paradoxe que je voulais pointer. Si tu es un conservateur consistent et que tu veux du politique moral, tu préfèreras voter pour un vrai conservateur, et si tu es un libéral consistent, tu n'est pas forcément intéressé par les vues morales de Ron Paul. En effet les cas que tu choisis sont ambiguës sur leur nature morale ou politique mais comme tu le montres et comme un libertarien le penserait surement, ils entrent dans le cas du devoir pour la loi d'assurer les droits naturels et constitutionnels, notamment l'égalité devant la loi, il relèvent donc d'une morale plus fondamentale que la morale des moeurs. A mon avis ils sont donc à considérer comme politique et pas moraux, encore que pour la question de l'armée, ça n'est pas évident, j'y reviens à la fin. (Alors après il faut évidemment bien mesurer le critère pour ne pas tomber dans un gonflement du droit sur ces questions d'intégrité de la personne, comme c'est le risque aujourd'hui). Mais toutes les questions ne relèvent pas de cette "morale du droit", c'est typiquement le cas des situations d'échange sur le marché. Par exemple on avait reproché à Ron Paul de ne pas prendre position contre Rand Paul, qui avait défendu le droit pour un employeur de ne pas accepter un contrat de travail sur critère racial. Or à mon avis la question se règle tout à fait par un processus de débat moral et de régulation par le marché, et ne nécessite pas qu'on refuse à cet employeur ce droit. Alors évidemment pour l'engagement dans l'armée c'est différent puisque c'est un organe d'état, unique qui plus est. On peut considérer que c'est une atteinte à un éventuel "droit de participer à sa propre défense", parce que l'exécutif a été confisqué par l'Etat. Celui à qui on refuse une place dans l'armée se retrouve contraint a ne pas avoir d'autre moyen de défense, en l'absence de "liberté de la défense". Ce droit naturel n'est plus vraiment assuré par l'individu car l'Etat s'en charge, mais l'Etat ne fournit pas non plus là un emploi puisqu'il est le seul employeur…
  18. Romney et Santorum sont surtout deux conservateurs, l'un mou, l'autre plus conséquent, mais qu'on attendait pas franchement. En effet il présente mieux que Romney également, et ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour les libertariens, il faut que Ron Paul fasse au moins deuxième dans les prochains états qui pratiqueront ces primaires. Romney n'est certes pas foncièrement conservateur, il suit le trend electoral, or le trend ces jours ci semble être plutôt au conservatisme. Même la comm de Ron Paul a ce caractère bizarre en ce moment de le présenter comme un conservateur, tout en continuant à critiquer le big government chez les autres…
  19. Haha, bon tu sais ce que c'est… know your enemy. D'ailleurs pour l'anecdote je me suis retrouvé à l'ovationner il y a quelque temps. Elle se faisait huer par une bande nationaux fâcheux et sottement travestis à une remise de distinction à laquelle j'assistais presque par hasard… Il fallait le faire au nom de la courtoisie, et peut-être même de la liberté d'expression… Comme quoi.
  20. Ah du point de vue des causes efficientes de ce genre de pensée il est probable que tu aies tout à fait raison, l'adoption d'une grille interprétative du monde (surtout infalsifiable, comme celle des anti-racistes qui sont capable de presque tout interpréter comme du racisme) paralyse complètement la pensée, en ce sens elle produit une forme de rigidité mentale. Ce que je disais avait trait à la filiation des idéologies même des associations anti-discrimination ou de protection identitaire du point de vue de l'Histoire des idées, or si tu lis Judith Butler (Le pouvoir des Mots par exemple, mais enfin renseigne toi sans acheter à la limite haha), son interprétation de Foucault mène directement aux conceptions contemporaines du vivrensemble.
  21. Cossacks n'est pas récent, tellement pas récent que même le 2e ne tourne plus sur Seven/Vista. En revanche c'est un excellent jeu de stratégie qui allie bien économie et tactique en temps réel, surtout le second à mon avis, qui avait un système d'assaut particulièrement jouissif. Je te conseille la série Total War également (Shogun, Rome, Medieval, Empire), par contre sache que les fonctions de gestion et d'économie se jouent au tour par tour, les possibilités sont là, mais je trouve cet aspect du gameplay poussif. En revanche l'aspect tactique en temps réel est excellent, et engage souvent un très grand nombre d'unités.
  22. Une des explications peut se trouver dans tradition de pensée des gens qui mènent ce genre de flicage, notamment par le recours en justice. Ces intellectuels dont la filiation est en gros Austin-Foucault-Butler ont tendance à placer le discours exclusivement dans la perspective du rapport de force. Du coup, l'idée d'une liberté d'expression permettant la liberté du débat dans la recherche de la vérité, ou du plaisir (humour) est totalement perdue de vue. Ils ont aussi une idée de l'identité comme construite par le sens (c'est patent chez Butler), donc vulnérable face au sens (encore une fois le sujet théorique classique disparaît). Pour de tels intellectuels, le discours est interprété seulement comme instrument de domination ou arme pouvant blesser le sujet dans son intégrité… D'où un flicage perpétuel de toutes les formes de symbole et de langage pour ne faire plus que des bisous et jamais des bobos en parlant… En effet c'est un gonflement du domaine du moral qui peut paraître quasi-totalitaire si jamais il se traduit dans la loi… C'est navrant, mais il faut savoir d'où ça vient. Ces gens ne s'intéressent pas à la question de la connaissance, un discours scientifique peut même leur paraître blessant, ou devant être adapté au "respect de chacun", cf les controverses débiles sur les théories du gender. Edit : Par contre je ne crois pas qu'on puisse faire le lien avec la moralité religieuse, ne serait-ce qu'en l'absence de justification de l'axiologie de ces nouvelles idéologies du vivrensemble, qui par ailleurs s'attaquent aussi à la morale de Platon.
  23. Anton_K

    R&D

    Dans le domaine de l'ingénierie je veux bien qu'on puisse se fier au hasard et à l'intuition (qui n'ont d'ailleurs pas beaucoup à voir avec l'ingéniosité), dans les cas où les tests sont facilement réitérables et peu couteux. Les choses changent quand on veut poser une rover sur Mars, vous en conviendrez… Par contre l'ingéniosité est une vertu de l'ingénieur en tant qu'elle consiste à atteindre les mêmes fins de manière bien plus efficace (c'est un peu l'histoire de la révolution industrielle). Mais en matière de sciences, je ne suis pas sûr qu'on puisse soutenir que le hasard est fructueux, même si cette opinion est véhiculée par des scientifiques de renom et même si (ou justement parce que) le mythe de la recherche fondamentale repose sur elle (et peut-être même celui du privilège de la recherche publique, qui sait… En fait c'est ce que je vais essayer de montrer ). Une expérience scientifique ne peut qu'invalider des propriétés supposées d'un objet qui forment son concept, ce qui sous-entend que l'objet doit être posé d'abord, et affiné. Autrement dit on ne peut pas trouver ce qu'on ne cherche pas (d'ailleurs quand on trouve c'est négativement, cf Popper), et si jamais on croit avoir trouvé quelque chose sans le chercher, qu'est-ce qui garantit qu'on en a un concept juste ? Rien. Je sais que cette théorie des sciences expérimentale est contestée, mais enfin que font les chercheurs du CERN si ce n'est mettre à l'épreuve des concepts expérimentaux possible des particules ? Le Boson de Higgs est avant tout un concept expérimental qu'on teste et qu'on fait varier en conséquence, donc en se demandant quelles traces il pourrait laisser, comment les observer, etc. En 2000 les chercheurs pensaient avoir trouvé, finalement non. Du coup, pas la peine d'espérer le trouver par hasard… Ici le hasard ça serait l'interprétation d'un signe imprévu, interprétation n'est pas expérience comme on le sait. En ingénierie c'est pas grave, puisqu'on juge une praticité. En science on prête le flanc à l'erreur. A partir de là, quelle différence entre recherche privée et recherche publique en science et ingénierie ? La question de savoir si la recherche fondamentale est une recherche scientifique purement tournée vers une avancée théorique "dans l'absolu" n'est pas évidente. En ce qui concerne la physique des particules par exemple, on argue l'inutilité du savoir, au sens où il ne vise pas un débouché. Mais à mon avis ceux qui critiquent les savoirs inutiles et ceux qui veulent d'un savoir éthéré imperméable à l'enjeu des débouchés ne valent pas mieux les uns que les autres (les seconds s'illusionnent tout simplement). On ne recherche jamais d'abord pour appliquer, mais parce qu'on a des problèmes de compréhension du monde toujours prééxistants, comme on l'a montré, et ces problèmes théoriques ne sont qu'un aspect d'un problème plus large qui est en gros celui de la praticabilité du monde, donc poser une forme d'intérêt scientifique tout à fait détaché d'enjeux techniques ne me paraît pas évident (ma religion n'est pas faite sur ce point, mais je vais quand même essayer de montrer que les enjeux sont liés, j'espère au moins ouvrir le débat). La recherche expérimentale n'est tout d'abord jamais inutile car en posant l'existence d'un objet elle pose le problème de l'accès à l'objet, donc de l'élaboration du matériel expérimental qui en soi suscite des débouchés. Ensuite, la compréhension d'un objet n'est pas forcément l'élucidation d'un débouché précis, mais la promesse d'une "praticabilité" de la chose qui s'exprimera par différents débouchés imprévus, mais dans un domaine qu'on peut estimer, et dans lequel on peut investir. C'est pour cela que des recherches apparemment sans direction technique suscitent l'apport de fonds privés venus d'un domaine proche ou commun. Du coup il devient aussi évident que la recherche ne peut jamais exister sans fonds, elle est donc un produit de la richesse tout autant qu'un facteur de richesse. La question qui s'impose c'est : L'Etat est-il une source fiable de financements ? On a pu le croire, mais qui oserait affirmer aujourd'hui que l'Etat n'est pas soumis à des logiques comptables… Et à la limite il l'est plus que certaines entreprises (par exemple Virgin), et donc moins susceptible de prendre les risques liés à l'innovation, car comme le montrait Schumpeter, si la recherche nécessite la richesse, il n'est pas évident que l'endossement de l'innovation par l'entrepreneur soit le produit d'un calcul rationnel… Bien au contraire l'entrepreneur fait un pari, il a en quelque sorte foi en l'alliance nécessaire entre le développement de la science et des techniques. Voilà comment je répondrai à la question de ShoTo et à la remarque de Pierre-Gilles de Gennes : il me semble que la recherche publique, par sa position idéologique d'opposer industrie et recherche, et par sa faiblesse comptable actuelle, est loin d'être l'avenir de la recherche. En ce qui concerne le CERN d'ailleurs il est intéressant de constater, d'une part une mise en valeur de la rentabilité des débouchés 'connexes' que j'évoquais, une reconnaissance (présentée comme concession) de la participation de fonds privés dans la construction du matériel expérimental, mais d'autre part, un discours pro-financement public et "recherche fondamentale" au sens le plus rêveur du terme et une justification à priori de l'endettement colossal de l'organisation. Je vous conseille à ce propos d'explorer leur site officiel. Quand P.-G. de Gennes parle de tester des idées neuves il n'a pas tort, mais il ne faut pas croire que ces idées peuvent être intéressantes si elles sont hasardeuses. Elles sont toujours des variations sur le dernier état d'une histoire des problèmes, laquelle est façonnée par le progrès technique qui définit les enjeux de praticabilité et donne accès à l'objet de savoir. Une autre question qu'il serait intéressant de développer outre la capacité de l'Etat à financer des recherche, c'est celle de sa légitimité à le faire, même celle des possibilités démocratiques d'accord sur la direction de cette recherche fondamentale purement théorique que prônent les adeptes de la recherche publique. A mon avis ces possibilités sont nulles, mais vu le gabarit qu'a déjà atteint ce post, je pense qu'il faut remettre ce développement à plus tard.
  24. À Bordeaux, où le réveillon s'annonce fameux. Je vous souhaite une bonne soirée !
  25. Salut à tous. Voilà un moment que je gravite autour de la sphère liberaux.org, que ce soit Contrepoints ou les blogs et publications de ses membres les plus actifs. Donc voilà, je franchis le seuil. Je ne suis spécialiste d'aucun auteur libéral contemporain, en revanche j'ai fréquenté les classiques. Mon principal domaine d'étude étant aujourd'hui l'épistémologie, on peut dire que j'ai découvert le libéralisme par un effort de mettre chaque chose à sa place. Comme on le sait quand on veut que la science ne soit que la science, on en vient vite à déconstruire et réfuter les idéologies constructivistes. Par ailleurs le libéralisme politique (surtout libertarien) tendait les bras à mon terreau philosophique désireux de mettre la morale d'un côté et la politique de l'autre sans mélanges foireux nuisant au droit naturel. Outre ce dont on a déjà parlé je m'intéresse de près aux questions d'enseignement et d'instruction (mon sentiment envers notre éducation d'état doit transparaître un peu là…), et je suis un passionné de musique et humble musicien moi même. En somme je rejoins votre forum pour approfondir ma connaissance des idées libérales contemporaine, je pressens qu'il me faut aller voir plus précisément du côté d'un certain Hayek (j'exagère, en fait j'ai déjà lu la Route de la Servitude mais j'ai cru comprendre que l'ouvrage était plus qu'anecdotique dans son oeuvre, même sur la question du constructivisme ; et j'ai une connaissance de seconde main sur sa théorie du marché). Et puis évidemment pour assister voire prendre part à des discussions sur les thèmes chers au libéraux. Merci à vous !
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