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Domi

Questions sur la crise financière

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J’ai fait un commentaire sur les causes probables de la crise financière en fonction de mon niveau de compréhension qui n'est pas celui d'un technicien. Je l’ai assorti de questions auxquelles les specialistes pourront répondre.

Il y a deux hypothèses concernant la survenance de la crise dès lors que l’on admet que celle-ci provient du secteur bancaire et qu’elle est contraire aux « intérêts » de l’économie en général.

Soit les intérêts des banques ne correspondaient pas à ceux de l’économie en général.

Soit les intérêts des banques correspondaient à ceux de l’économie mais les banques n’ont pas su apprécier les perspectives futures.

Première question : au vu de la description des hypothèses qui suit et de vos connaissances, quelle est selon vous la cause principale de la crise ?

I Intérêts des banques différents de ceux de l’économie en général.

A l’intérieur de la première hypothèse, on peut envisager deux possibilités.

Face à un choix présentant un risque et une perspective heureuse, un individu rationnel arbitre en fonction d’une part de son estimation de la probabilité de gain et de la survenance du risque et d’autre part de l’intensité respective du gain et du risque envisagé.

Dans la première possibilité, c’est la probabilité de survenance du risque et sa définition même qui distinguaient les intérêts des banques de ceux de l’ensemble des acteurs économiques.

Les banques seraient alors bénéficiaires nettes de l’ensemble des opérations qui ont provoqué la crise. Dans ce cas, cela ne signifie pas que la crise actuelle leur soit favorable mais qu’elle constitue pour elles un sacrifice justifié par un gain antérieur. La définition du risque n’est alors pas la même pour les banquiers et pour l’économie puisque ce qui est néfaste pour l’économie ne l’est pas pour les banquiers. Cette hypothèse me parait toutefois peu crédible au vu des conséquences de la crise pour les banques.

Une telle hypothèse vous parait-elle crédible ?

Dans la seconde possibilité, l’intérêt des banques ne correspondaient pas aux intérêts de l’économie en général dans la mesure où l’intensité des pertes liées à une crise étaient plus faibles pour elles que pour l’économie en général. Néanmoins, la situation actuelle est tout de même globalement défavorable aux banques en prenant en compte l’ensemble des gains et des pertes résultant de leurs paris.

Pensez-vous qu'un déséquilibre entre l'appréciation du risque par les banquiers et "l'intérêt de l'économie" en général ait été la cause de la crise, ou une cause importante de la crise ?

Dans cette hypothèse pensez-vous que le libéralisme ou certaines formes d'intervention doivent être accusées et pourquoi?

On peut cependant envisager que certaines réglementations soient libérales comme le sont les lois interdisant le meurtre ou le vol. J’ai pu me rendre compte à la lecture de ce forum que tous les libéraux n’avaient pas la même opinion concernant certaines réglementations financières.

Quel est votre avis sur la nature libérale ou non de certaines réglementations ? Pensez-vous que certaines réglementations qui auraient empêché ou réduit les conséquences de la crise actuelle si elles avaient existé sont de nature libérale ?

Je sais que beaucoup de libéraux mettent en avant le danger que représentent les politiques de sauvetage incitant à recommencer les mêmes erreurs. Cependant, j'ai du mal à croire qu'elles soient vraiment à l'origine de la crise actuelle.

Partagez-vous cette opinion ?

Du côté des explications accusant le marché, j’ai entendu que les processus d’attribution des bonus étaient pousse au crime.

Quelle est votre analyse ?

Il reste dans tous les cas que cette explication par l'intérêt des banquiers ne peut-être qu’incomplète. Car il faudra expliquer en quoi les banques n’ont pas vu venir l’échec de leurs paris.

II – Intérêts des banques semblables à ceux de l’économie en général.

Dans ce cas, il reste à expliquer comment les banquiers se sont trompés.

Une première explication est immobilière. D’après ce que j’ai compris les banquiers comptaient sur la vente des biens pour se rembourser en cas de défaillance de l’emprunteur. Pour cela, il était important que les prix de l’immobilier continuent d’augmenter. Dans ce cas, une pause dans l’augmentation des prix serait la cause de la crise ( en même temps qu’elle en est la conséquence, visiblement).

Doit-on alors accuser l’intervention de l’état ou les défauts de prévisions du marché ? Du côté de l’intervention de l’état, Vincent Benard a décrit comment les politiques urbaines défavorables à l’étalement urbain ont conduit à augmenter les prix du logement. Cependant cela n’explique pas pourquoi les banques n’ont pas su prévoir correctement l’évolution des prix et les risques qui y étaient liés. Bien sûr, cette intervention aura de toute manière accentué les conséquences financières du défaut de prévision des banques puisque leur erreur s’est mécaniquement reporté sur des montants plus élevés.

Une seconde explication, financière, est liée à la politique de crédit facile de la Fed au début des années 2000. Je ne contesterai pas que cette politique puisse être à l’origine de la crise actuelle mais je suis en désaccord avec ceux qui pensent qu’elle en est nécessairement la cause.

En effet, même si l’on admet que ces politiques provoquent nécessairement des crises financières tôt ou tard, il reste possible que des crises surviennent pour d’autres raisons. Les agents économiques peuvent se tromper massivement dans leur prévisions relatives à l’avenir et dans ce cas, c’est le marché seul qu’il convient d’accuser, encore que ces mauvaises prévisions puissent être liés à un changement de législation qui rend certaines entreprises non profitables alors qu’elles pouvaient raisonnablement penser l’être en raison de la législation initiale.

Préférez-vous expliquer la crise par la réglementation immobilière, par la politique de la Fed ou par un manque de lucidité des agents économiques ?

Un dernier commentaire sur les justifications de la régulation.

Certains éditorialistes mettent en avant la nécessité de réguler le système financier tout en stigmatisant la cupidité de la finance dans la crise. Mais quelle serait la relation entre cette régulation et la prévention d'une crise telle que celle-ci dans l'esprit de ces promoteurs, je l'ignore car la presse généraliste ne l'explique pas, préférant en rester à des considérations morales.

Quelqu'un peut-il donner un exemple de régulation envisagée en matière financière et de l'effet qui en est attendu, et selon quelle logique ( histoire de comprendre les arguments de nos adversaires) ?

Ne sachant pas précisément ce qu’il en est, j’essaierai de deviner dans les lignes qui suivent.

Au vu de ce que j’ai écrit plus haut, le souhait de davantage de régulation pourrait correspondre au cas où les intérêts des banquiers ou des financiers seraient distincts de ceux de l’ensemble des acteurs de l’économie. Il faudrait alors empêcher les banquiers de provoquer des crises dont ils se fichent. Mais comme l’ hypothèse selon laquelle les banquiers se fichent de la crise est fantaisiste, ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher.

Si l’on fait valoir l’erreur de prévision des banques en ce qui concerne l’échec de leurs prêts on sera amené à se demander en quoi une réglementation leur donnerait la faculté de mieux prévoir.

Il reste alors l’hypothèse médiane selon laquelle, en raison de certains mécanismes de marché, l’intensité du risque et des pertes serait l’objet par le banquier d’une appréciation différente de celle qu’ils auraient s’ils prenaient en compte les intérêts de l’économie en général.

J’ai entendu des critiques contre deux pratiques relevant de l’initiative des acteurs du marché. La titrisation a été régulièrement accusée. Mais celle-ci consistant à première vue à répartir des pertes entre un plus grand nombre d’acteurs, en quoi expliquerait-elle leur importance globale ? Dernièrement, j’ai lu que les modes d’attributions des bonus ou d’autres formes de rémunération pourraient être la cause de la crise.

Que pensez-vous des formes de régulation qui pourraient intervenir et de leurs conséquences ?

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Vaste, très vaste débat :icon_up: Difficile d'y répondre de manière rapide. Disons que la crise a eu plusieurs facteurs déclenchants

1) Une politique monétaire par trop accomodante permettant un endettement facile. La FED s'est laissée aller à la facilité monétaire créant une bulle immobilière pour contre l'explosion de la bulle Internet

2) Un laxisme généralisé sur les conditions d'octroi du crédit. Certains comme Countrywide se sont mis il y a deux ans à distribuer à tout va. Il y a une faillite ici car personne ne s'est dit que les prix étaient surévalués et que les arbres ne peuvent monter jusqu'au ciel. Car n'oublions pas que ces crédits sont hypothécaires, avec la maison en gage donc. Les prêteurs anticipant une hausse continue des prix, ils pensaient dans tous les cas pouvoir se faire rembourser. Mieux encore, certains emprunteurs pouvaient se réendetter pour consommer grâce à l'augmentation du prix de leur bien (principe de l'hypothèque rechargeable).

3) Une problématique de non discrimination ? Certaines Lois sont passées au Congrès afin de lutter contre la discrimination à l'octroi de prêts visant les minorités. Ces Loid auraient incité/obligé les banques à être plus laxiste dans les conditions d'octroi (vu si j'ai bonne mémoire dans le Québecois Libre).

4) L'opacité des produits financiers complexes. En effet, les prêts sont titrisés et revendus afin de dégager des capacités de prêts au niveau du bilan des banques et externaliser les risques. Ces produits étaient structurés c'est à dire mélangés avec d'autres produits sûrs tels que des Bons du Trésor. Les banquiers se sont débrouillés pour que le mélange permette d'obtenir des produits notés AAA, la meilleure note, celle des actifs les plus sûrs. Quand la crise a débuté, la défiance s'est emparé des acteurs de la sphère financière, plus personne ne sachant la valeur réelle de ses actifs, d'où des dépréciations et surtout un blocage du marché du crédit entre banques (crise de confiance). On a là un problème grave sur les règles de notation des actifs et une faillite des agences de notation.

Après, la crise n'est pas liée pour moi à un trop peu de réglementation. Je ne suis pas certain que plus de règles (lesquelles d'ailleurs) aurait permis d'éviter la crise. L'opération de sauvetage organisée par la FED (pour couvrir ses erreurs passées) est d'ailleurs assez scandaleuse car elle déresponsabilise les acteurs de la sphère financière. Il recommenceront à faire n'importe quoi vu que l'Etat vient les sauver alors qu'on devrait laisser jouer le marché dans ces cas là pour recompenser les prudents et punir les imprudents.

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Les causes de la crise ? Les trois super-zéros de l'état: BanqueCentrale, RéglementationFavorable et AléaMoral.

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Après, la crise n'est pas liée pour moi à un trop peu de réglementation. Je ne suis pas certain que plus de règles (lesquelles d'ailleurs) aurait permis d'éviter la crise. L'opération de sauvetage organisée par la FED (pour couvrir ses erreurs passées) est d'ailleurs assez scandaleuse car elle déresponsabilise les acteurs de la sphère financière. Il recommenceront à faire n'importe quoi vu que l'Etat vient les sauver alors qu'on devrait laisser jouer le marché dans ces cas là pour recompenser les prudents et punir les imprudents.

Merci d'avoir répondu. En ce qui concerne les réglementations, on explique rarement lesquelles auraient permis d'éviter la crise comme si on partait du principe que réglementer c'est toujours bon. Mais cela pourrait être justifié par votre point 4 : "interdire" les produits financiers trop complexes ?

Petite remarque : vos points 1 et 3 accusent des intervenants publics. Les points 2 et 4 mettent en avant des pratiques privées. Donc pour vous les causes de la crise sont équilibrées de ce point de vue.

Les causes de la crise ? Les trois super-zéros de l'état: BanqueCentrale, RéglementationFavorable et AléaMoral.

Tu peux développer, surtout les deux derniers points, STP ?

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Merci d'avoir répondu. En ce qui concerne les réglementations, on explique rarement lesquelles auraient permis d'éviter la crise comme si on partait du principe que réglementer c'est toujours bon. Mais cela pourrait être justifié par votre point 4 : "interdire" les produits financiers trop complexes ?

Petite remarque : vos points 1 et 3 accusent des intervenants publics. Les points 2 et 4 mettent en avant des pratiques privées. Donc pour vous les causes de la crise sont équilibrées de ce point de vue.

Tu peux développer, surtout les deux derniers points, STP ?

Si on partait du principe que réglementer est toujours bon on pourrait imaginer les mesures suivantes :

1) Interdiction des produits complexes

2) Interdiction de la titrisation. Une banque ne pouvant plus titriser elle devrait assumer totalement son risque au lieu de l'externaliser

Maintenant, la créativité financière permet de porter la croissance de l'économie en démultipliant les possibilités

1) Les produits complexes permettent aux contreparties de se couvrir face à certains événements (hausse du pétrole…) et donc de limiter leurs risques

2) La titrisation en libérant le bilan des banques permet de leur redonner des capacités de prêt et donc de soutenir l'investissement.

Après, loin de moins l'idée d'accuser l'Etat uniquement. Il y a eu faillite de pratiques privées mais c'est le jeu du marché. Les agents économiques ont une rationnalité limitée, ils peuvent faire des erreurs, le libre jeu du marché permettant par itération de retrouver un équilibre en cas de dérapage. En revanche, les agents publics et la FED en particulier ont attisé la crise par une politique trop accomodante. Et ils ont donné une prime aux mauvais gestionnaires par leurs plans de sauvetage multiples et coûteux pour le contribuable.

Après la crise, que pourrait-on imaginer comme solution libérale ?

1) Ne pas interdire les produits complexes mais imposer des règles minimales d'information communes à respecter sous peine de nullité du contrat. Idem pour les prêts immobiliers avec des délais de rétractation (histoire d'éviter les ventes forcées vues parfois) et une information minimale juste, claire et sincère (évolution des taux, évolution des mensualités, coût total du crédit…). Chacun est libre de souscrire ce qu'il veut, en revanche il doit être certain de la qualité du produit acheté et avoir un délai de réflexion.

2) Revoir les normes comptables ? Certains accusent les nouvelles normes Bâle 2 d'avoir poussé les banques à être sous-capitalisées. Là c'est à l'auto-régulation de jouer.

3) Poursuivre pénalement pour mauvaise gestion les dirigeants fautifs. Les systèmes de class actions aux Etats-Unis doivent le permettre. Malheureusement, ça n'existe toujours pas en France

4) Mettre le nez dans les modalités de notation des produits qui ont été une cause de la crise. Les agences ont fauté en notant AAA des produits finalement risqués. Des poursuites ne seraient pas de trop. Histoire de les empêcher de noter au doigt mouillé des actifs trop complexes pour l'être. Au moins, les acheteurs seraient alertés et agiraient en toute connaissance de cause.

5) Laisser les mauvais, les loosers se faire manger tout crus par leurs camarades plus prudents. Histoire d'assainir le secteur et donner une prime aux bons gestionnaires.

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Pour ce qui est des règlementations néfastes vous avez un article sur le blog d'objectif liberté

http://www.objectifliberte.fr/2008/09/je-poursuis-tou.html

Vous allez dire que je suis assez monomaniaque en ce moment, et qu'à part les subprimes, rien ne m'intéresse, mais avouez que le sujet en vaut la peine ! Je poursuis toujours mes recherches sur la faillite des régulations étatiques et régulateurs du même creuset qui ont abouti à l'actuel big bang financier mondial. Rien de très structuré à ce stade, juste quelques petits fragments d'information ici et là, que je vous livre en vrac:

dog.png

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Et qui tient le pistolet, d'après vous ?

Un agent de l'Etat, probablement un percepteur. Faut au moins être percepteur pour vouloir buter un clébard qui n'a rien fait.

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Un agent de l'Etat, probablement un percepteur. Faut au moins être percepteur pour vouloir buter un clébard qui n'a rien fait.

Un agent d'état qui regroupe et transmet la valse des prières des banquiers américains, sans doute. Il y a ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui commanditent ce tueur à gages, en quelque sorte.

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Un agent d'état qui regroupe et transmet la valse des prières des banquiers américains, sans doute. Il y a ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui commanditent ce tueur à gages, en quelque sorte.

Les pires, ce sont les ânes qui votent pour donner le pouvoir aux percepteurs d'aller exécuter les desideratas des banquiers.

Quelle horreur.

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Les pires, ce sont les ânes qui votent pour donner le pouvoir aux percepteurs d'aller exécuter les desideratas des banquiers..

Et si les chiens votaient c'est sur les ânes que seraient pointés les pistolets.

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Les pires, ce sont les ânes qui votent pour donner le pouvoir aux percepteurs d'aller exécuter les desideratas des banquiers.

Quelle horreur.

Les ânes savent bien que si la carotte est d'avoir toujours au coin de la rue une banque, ça a un coût type service public.

Et si les chiens votaient ç'est sur les ânes que seraient pointés les pistolets.

Hormis, les chats, les chiens, les ânes, seul le libéral est homme ?

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Kamoulox Master.

Abandonnez vos pénis et quittez la partie avec des miettes dans les cheveux.

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Après, la crise n'est pas liée pour moi à un trop peu de réglementation. Je ne suis pas certain que plus de règles (lesquelles d'ailleurs) aurait permis d'éviter la crise. L'opération de sauvetage organisée par la FED (pour couvrir ses erreurs passées) est d'ailleurs assez scandaleuse car elle déresponsabilise les acteurs de la sphère financière. Il recommenceront à faire n'importe quoi vu que l'Etat vient les sauver alors qu'on devrait laisser jouer le marché dans ces cas là pour recompenser les prudents et punir les imprudents.

Par experience, je peux vous dire que c'est un argument libéral qui passe trèèèès bien dans les discutions (de comptoir :icon_up: ) que j'ai avec mes connaissances … Ca en fait réfléchir plus d'un sur la réalité du problème …

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Par experience, je peux vous dire que c'est un argument libéral qui passe trèèèès bien dans les discutions (de comptoir :icon_up: ) que j'ai avec mes connaissances … Ca en fait réfléchir plus d'un sur la réalité du problème …

En théorie, c'est ce que je soutiendrai… dans un marché libre.

Mais là, le contexte et les biais économiques ont été introduits par l'institution publique et l'état.

Le soucis ensuite, c'est que les responsables privés, les dirigeants des sociétés qui ont fait des erreurs, ne sont plus en place.

Le trésor et la FED, en intervenant, et en "balançant" des liquidés, ne font pour ainsi dire, "qu'éteindre le feu qu'ils ont allumé".

Du coup, je suis un peu circonspect quand à la "justice" de laisser les boites s'effondrer… (sans parler des conséquences possibles sur la production et la consommation).

En gros, je suis totalement d'accord avec Vincent Bénard ( que je remercie au passage pour ses recherches et les informations qu'il nous délivre) :

S'il y a un reproche à faire aux financiers, c'est de ne rien connaitre à l'économie en fait. Ils ne font que travailler sur des outils et des indices dont une grande partie à été fabriquée de toute pièce par les institutions publiques. ils font leur "métier" tel qu'il a été formaté.

Mais qu'elle est la solution alors, à court terme?

Y a -t'il suffisament peu de risques comme le soutien Timur, pour que l'on n"ai pas à craindre la faillite de plusieurs grosses sociétés?

Peut-on laisser des épargnants, petits actionnaires (et dirigeants ?) tout perdre alors qu'ils ne sont que les victimes "presque" innocentes d'un système pourri? (et pas par la faute du grand méchant marché capitaliste).

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En théorie, c'est ce que je soutiendrai… dans un marché libre.

Mais là, le contexte et les biais économiques ont été introduits par l'institution publique et l'état.

Le soucis ensuite, c'est que les responsables privés, les dirigeants des sociétés qui ont fait des erreurs, ne sont plus en place.

Le trésor et la FED, en intervenant, et en "balançant" des liquidés, ne font pour ainsi dire, "qu'éteindre le feu qu'ils ont allumé".

Du coup, je suis un peu circonspect quand à la "justice" de laisser les boites s'effondrer… (sans parler des conséquences possibles sur la production et la consommation).

En gros, je suis totalement d'accord avec Vincent Bénard ( que je remercie au passage pour ses recherches et les informations qu'il nous délivre) :

S'il y a un reproche à faire aux financiers, c'est de ne rien connaitre à l'économie en fait. Ils ne font que travailler sur des outils et des indices dont une grande partie à été fabriquée de toute pièce par les institutions publiques. ils font leur "métier" tel qu'il a été formaté.

Mais qu'elle est la solution alors, à court terme?

Y a -t'il suffisament peu de risques comme le soutien Timur, pour que l'on n"ai pas à craindre la faillite de plusieurs grosses sociétés?

Peut-on laisser des épargnants, petits actionnaires (et dirigeants ?) tout perdre alors qu'ils ne sont que les victimes "presque" innocentes d'un système pourri? (et pas par la faute du grand méchant marché capitaliste).

Non: en faisant cela, ils entretiennent le foyer!

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Arnold Kling propose de réduire ou supprimer les critères d'entrée sur le marché de la banque. Je trouve ça pas bête.

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Arnold Kling propose de réduire ou supprimer les critères d'entrée sur le marché de la banque. Je trouve ça pas bête.

C'est exactement ce qu'il faut faire et ce que veulent éviter à tout prix les gouvernements et leurs complices

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Un petit commentaire sur la nécessité éventuelle de réguler.

Tout d'abord, y a-t-il une défaillance du marché ?

En partie, oui, sans doute, les acteurs du marché ont commis des erreurs grossières que l'état a favorisé. Défaillance du marché, signifie ici défaillance des acteurs du marché et non défaillance du choix consistant à laisser le marché fonctionner plutôt que des acteurs publics.

Passons à la seconde étape : Constater une défaillance des acteurs du marché justifie-t-il une réglementation ?

Sur un plan strictement logique, non.

On peut constater que le marché est défaillant et savoir qu'une réglementation ne pourra améliorer les choses. Dans un autre domaine, si des scientifiques se trompent massivement sur une hypothèse donnée, on voit mal quelle forme de réglementation pourrait leur éviter de se tromper à l'avenir.

A l'inverse on peut constater que le marché fonctionne correctement et estimer qu'une réglementation sera utile pour qu'il fonctionne encore mieux.

Donc la justification de la nécessité de réglementer est l'amélioration de l'efficicience du système par cette réglementation et non pas la constatation d'une défaillance des marchés que tout le monde peut constater.

Une nuance est à apporter : la probabilité qu'une réglementation constitue un apport est plus grande lorsque le marché (càd les acteurs du marché) est défaillant.

En pratique quelles réglementations pourraient être justifiées ?

Je m'interroge sur un point : l'aléa moral ne peut-il être en partie le fait du marché ? Celui à qui est confié une somme d'argent a-t-il le même intérêt à ce qu'elle fructifie que celui qui lui a confié ?

Prenons un exemple ( veuilliez m'excuser de son irréalisme lié au fait que le monde de la banque et de la finance et ses instruments me sont inconnus) :

Une personne A confie à B la somme de 1000 euros. Il est convenu que B touchera un pourcentage des plus values sur cette somme.

B a le choix entre deux investissements. Le premier a une chance sur deux de rapporter 1000 euros et une chance sur deux de faire tout perdre.

Le second a une chance sur deux d'être neutre et une chance sur deux de rapporter 500 euros.

L'intérêt de A est que B parie sur le second investissement, mais l'intérêt de B est plutôt de parier sur le second.

Alors quid d'un point de vue strictement libéral lorsque B parie sur le premier investissement et que cela se termine mal ? Peut-on parler d'"escroquerie" ou de violation d'une obligation de moyen dans la mesure où B n'a pas eu vraiment comme soucis les intérêts de A ? Ou doit-on se dire plutôt que A devra être plus prudent la prochaine fois et convenir avec B d'un mode de rémunération plus adapté à ses intérêts ?

Avec les limites que ces deux approches comportent :

- la première ne sanctionne le comportement de B que lorsque le mal est fait.

- la seconde ne tiens pas compte d'une éventuelle asymétrie d'information entre A, simple particulier et B spécialiste financier. A risque donc de ne pas être apte à juger si les moyens mis en oeuvre par B sont conformes à ses intérêts.

A partir de cet exemple, existe-t-il des situations de ce type sur le marché financier et bancaire. Il semble que oui et que les asymétries d'information sont également présentes entre professionnels … Qu'en pensez-vous ?

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Mon post et mes interrogations peuvent laisser penser que je n'ai pas tenu compte des propositions de " Vincemobile". Je les rappelle ici pour bien montrer que ce n'est pas le cas. Je note que par rapport à l'hypothèse simpliste qui précéde, il est tenu compte d'obligation de la part de Vince Mobile et de sanction pénal. Mais qu'en est-il de la légitimité de ces obligations si on les examine avec l'oeil du libéral ?

Pour rappel, voici l'analyse de Vincemobile sur la réglementation :

Si on partait du principe que réglementer est toujours bon on pourrait imaginer les mesures suivantes :

1) Interdiction des produits complexes

2) Interdiction de la titrisation. Une banque ne pouvant plus titriser elle devrait assumer totalement son risque au lieu de l'externaliser

Maintenant, la créativité financière permet de porter la croissance de l'économie en démultipliant les possibilités

1) Les produits complexes permettent aux contreparties de se couvrir face à certains événements (hausse du pétrole…) et donc de limiter leurs risques

2) La titrisation en libérant le bilan des banques permet de leur redonner des capacités de prêt et donc de soutenir l'investissement.

Après, loin de moins l'idée d'accuser l'Etat uniquement. Il y a eu faillite de pratiques privées mais c'est le jeu du marché. Les agents économiques ont une rationnalité limitée, ils peuvent faire des erreurs, le libre jeu du marché permettant par itération de retrouver un équilibre en cas de dérapage. En revanche, les agents publics et la FED en particulier ont attisé la crise par une politique trop accomodante. Et ils ont donné une prime aux mauvais gestionnaires par leurs plans de sauvetage multiples et coûteux pour le contribuable.

Après la crise, que pourrait-on imaginer comme solution libérale ?

1) Ne pas interdire les produits complexes mais imposer des règles minimales d'information communes à respecter sous peine de nullité du contrat. Idem pour les prêts immobiliers avec des délais de rétractation (histoire d'éviter les ventes forcées vues parfois) et une information minimale juste, claire et sincère (évolution des taux, évolution des mensualités, coût total du crédit…). Chacun est libre de souscrire ce qu'il veut, en revanche il doit être certain de la qualité du produit acheté et avoir un délai de réflexion.

2) Revoir les normes comptables ? Certains accusent les nouvelles normes Bâle 2 d'avoir poussé les banques à être sous-capitalisées. Là c'est à l'auto-régulation de jouer.

3) Poursuivre pénalement pour mauvaise gestion les dirigeants fautifs. Les systèmes de class actions aux Etats-Unis doivent le permettre. Malheureusement, ça n'existe toujours pas en France

4) Mettre le nez dans les modalités de notation des produits qui ont été une cause de la crise. Les agences ont fauté en notant AAA des produits finalement risqués. Des poursuites ne seraient pas de trop. Histoire de les empêcher de noter au doigt mouillé des actifs trop complexes pour l'être. Au moins, les acheteurs seraient alertés et agiraient en toute connaissance de cause.

5) Laisser les mauvais, les loosers se faire manger tout crus par leurs camarades plus prudents. Histoire d'assainir le secteur et donner une prime aux bons gestionnaires.

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Y a -t'il suffisament peu de risques comme le soutien Timur, pour que l'on n"ai pas à craindre la faillite de plusieurs grosses sociétés?

Par pour les banques, visiblement.

Peut-on laisser des épargnants, petits actionnaires (et dirigeants ?) tout perdre alors qu'ils ne sont que les victimes "presque" innocentes d'un système pourri? (et pas par la faute du grand méchant marché capitaliste).

Oui, car laisser les loosers (banques et financiers one-again) se casser la gueule, ça laisse surtout de sacrés dommages collatéraux. Le meilleur scénario serait alors des class action et des indemnités de grandes envergues, mais ce n'est toujours pas l'idéal. Et puis surtout, l'état conservera le beau rôle et on ce sera reparti comme en 40…

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Une banque, comme n'importe quel prestataire de service, n'a pas intérêt à prendre trop de risques ni à tromper ses clients, si elle veut conserver des clients pour une longue période. Prendre des risques ou tromper est une attitude suicidaire à long terme.

Comme je l'ai écrit par ailleurs:

En ce qui concerne le fonctionnement interne des entreprises, et notamment des banques, on pourra remarquer que chaque entreprise a des associés, également appelés actionnaires, qui en sont les véritables propriétaires. Il apparaît assez clair que les actionnaires n’ont pas intérêt à la faillite de leur entreprise, et qu’ils sont les premiers à y perdre en cas de difficulté. Il est donc raisonnable de penser qu’ils agiront pour éviter la faillite. Ainsi, il apparaît clairement que le meilleur moyen d’éviter la faillite des entreprises est de laisser la totalité du pouvoir de décision aux actionnaires. Toute intervention publique, et notamment toute réglementation, soi-disant destinée à accroître la prudence, est contreproductive puisqu’elle consiste en fait à retirer du pouvoir à ceux-là même qui sont les seuls à avoir intérêt à éviter la faillite. C’est ainsi que les faillites sont dues précisément aux interventions de l’Etat.

Il faut ici rappeler que, lorsque l’État n’intervient pas, les entreprises s’organisent spontanément elles-mêmes : soit les associés en exercent eux-mêmes la gestion, soit ils la délèguent à des mandataires sociaux et conçoivent en toute liberté des statuts, lesquels définissent très précisément le fonctionnement interne de l’entreprise, la façon dont elle est dirigée et contrôlée. Ainsi, de façon très générale, quelle que soit la taille de l’entreprise, celle-ci est toujours soumise au contrôle de ses associés. Que l’entreprise fasse des profits ou des pertes, dans tous les cas il s’agit d’une sanction qui frappe les associés et qui est la juste récompense ou punition de leur gestion. Ce qui nuit gravement aux entreprises, ce sont les interventions de l’État, par exemple lorsqu’il se mêle des statuts ou qu’il réglemente l’activité.

Il fut un temps où dans tous les pays occidentaux les activités bancaires étaient libres. Tout le monde pouvait ouvrir une banque, et toutes les banques pouvaient effectuer toutes les activités bancaires, comme émettre des billets. Il n’y avait pas d’inflation, jamais de crise et les faillites étaient rarissimes. Puis les États se sont mis à réglementer l’activité bancaire, ce qui a permis l’apparition de l’inflation et des crises bancaires. La crise bancaire actuelle notamment est tout entière due à l’excès de réglementation, sachant que l’activité bancaire n’a jamais été aussi réglementée qu’aujourd’hui.

Je vous invite enfin à lire l’article

http://www.wikiberal.org/wiki/index.php?title=Banque

, lequel explique que toutes les crises bancaires ont toujours été dues aux interventions des pouvoirs publics.

Il me semble clair que la crise provient de l'extrême réglementation bancaire, qui soumet toutes les banques américaines à la merci de la Fed. Or la Fed s'est permis d'élever fortement ses taux ces derniers mois. Or, toute personne qui essaye de prévoir l'avenir a tendance (malheureusement) à considérer que l'environnement est très stable, et que notamment la politique de la banque centrale sera toujours constante. Nul ne s'essaye à faire des prévisions en anticipant les changements des lois ni des politiques publiques. Ainsi, les gens, particuliers et entreprises (dont banques) ont agi comme si les taux devaient être durablement bas, et se sont retrouvés tout naturellement dans une situation intenable avec des taux d'intérêt haussés.

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Ainsi, il apparaît clairement que le meilleur moyen d’éviter la faillite des entreprises est de laisser la totalité du pouvoir de décision aux actionnaires.

J'ai de plus en plus de mal à y croire…

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J'ai de plus en plus de mal à y croire…

J'ai aussi quelques doutes: j'ai un peu l'impression que compter sur la sagesse des actionnaires pour rendre les entreprises plus honnêtes, c'est un peu comme si on disait que l'Etat est forcément vertueux parce qu'il est sous contrôle démocratique…

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Une question d'un candide.

S'il y à moins d'argent à prêter (crédit crunch) les taux devraient remonter terriblement. Autrement dit, pour ceux qui ont des sous de coté (avant que leur banque ne fasse faillite) devraient trouver des placements super intéressants. Or, on nous recommande de rester cash (je pense au blog de Loic Abadie).

N'existe t'il pas de bons supports permettant à l'épargnant en cours de plumage (myself) de se refaire ?

Merci de vos réponses éclairées.

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J'ai aussi quelques doutes: j'ai un peu l'impression que compter sur la sagesse des actionnaires pour rendre les entreprises plus honnêtes, c'est un peu comme si on disait que l'Etat est forcément vertueux parce qu'il est sous contrôle démocratique…

Il n'a pas parlé d'être plus honnête ; juste de ne pas faire faillite.

Or les actionnaires n'ont aucun intérêt à la faillite ; au contraire même, puisqu'ils recherchent le profit !

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Une question d'un candide.

S'il y à moins d'argent à prêter (crédit crunch) les taux devraient remonter terriblement. Autrement dit, pour ceux qui ont des sous de coté (avant que leur banque ne fasse faillite) devraient trouver des placements super intéressants. Or, on nous recommande de rester cash (je pense au blog de Loic Abadie).

N'existe t'il pas de bons supports permettant à l'épargnant en cours de plumage (myself) de se refaire ?

Merci de vos réponses éclairées.

Exact : l'EURIBOR monte en flèche actuellement.

Ce qui veut dire que, si tu as confiance dans ta banque, tu peux ouvrir un CAT (compte à terme). Tu peux alors prêter de l'argent à ta banque pour une durée déterminée (ex : 3 mois, 6 mois) à des taux intéressants (>4% l'an actuellement).

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