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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback
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On n'est pas couché, Moix & toi
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Adrian dans Politique, droit et questions de société
Du tout, seulement une conséquence possible (et je suis gentil de ne pas lancer un débat pour savoir si le vocable de "mondialisation" recoupe quelque chose de rigoureux). Donc ce n'est pas parce que les gens doivent être libres d'échanger, circuler, faire circuler des idées, etc., qu'ils doivent le faire (massivement). C'est un peu comme le droit de propriété. Les individus ne sont pas obligés de privilégier la propriété privée. -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Oh, si. Et Wikipédia pourrait être mal renseigné. Je remarque simplement qu'Autain affirme que "Mon violeur était multirécidiviste, il a avoué entre vingt et trente viols" (noter la précision du chiffre) ; j'aurais tendance à penser qu'un individu pareil devrait avoir été mentionné par la presse ou que Wikipédia puisse recenser des faits judiciaires en rapport. Or, curieusement, rien. Prétendue me semble donc le bon verbe. Je n'ai pas dis que c'était un mensonge. Mais on peut le soupçonner pour plusieurs raisons. -
On pourrait te rétorquer que tu n'as pas le droit d'employer le terme d'intérêt dans ta première définition, vu que l'intérêt n'est pas spontané, n'est pas le désir (qui est subjectif), mais est l'avantage objectif tel que peut le déterminer un calcul (moral). C'est l'intérêt au sens A. 1 ci-dessus (mais le terme est ambigu puisque intérêt peut aussi signifier le désir sans précision de sa rationalité ou non-rationalité, c'est le premier sens ci-après) : "Ce qui importe à quelqu'un. I. [Objectivement, avec l'idée d'avantage] A. 1. Ce qui convient à une personne, une collectivité, une institution, ce qui lui est avantageux, bénéfique dans un domaine moral, social et parfois matériel; ensemble des avantages appartenant à quelqu'un." -TLFI, "Intérêt". Égoïsme est superbement ambigu. Les sens B et D ci-après ne sont pas immoraux, le sens D convient pour les morales de l'égoïsme rationnel (cf: https://en.wikipedia.org/wiki/Rational_egoism ) diverses et variés (l'égoïsme rationnel de Rand n'étant qu'une philosophie morale parmi d'autres de ce genre, comme par exemple celle d'Épicure, de Spinoza ou d'Holbach): "Égoïsme. [...] B. Psychologie. Amour de soi, tendance naturelle à se défendre, à se maintenir, à se développer. C'est en se sens que, parmi les sentiments, on a opposé les inclinations ou les émotions égoïstes, aux inclinations ou aux émotions altruistes, sans mettre dans ces mots aucune intention appréciative. (Comte, Spencer). Quelques psychologues évitent cependant cet usage du mot, à cause du sens C, qui est le plus usuel, et disent inclinations personnelles, ou individuelles. C. Morale. Amour exclusif ou excessif de soi ; caractère de celui qui subordonne l'intérêt d'autrui au sien propre et juge toutes choses de ce point de vue. D. Éthique. Théorie qui fait de l'intérêt individuel le principe explicatif des idées morales et le principe directeur de la conduite." -André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, 2016 (1926 pour la première édition), 1376 pages, p.271-272. Quant à individualisme, il est fréquemment employé comme synonyme d'égoïsme (au sens C ci-dessus) -c'est le sens E ci-dessous: "Individualisme. [...] Se dit de toute théorie, de toute tendance qui voit dans l'individu ou dans l'individuel soit la forme la plus essentiel de réalité, soit le plus haut degré de valeur. A. Méthodologie. Théorie qui cherche l'explication des phénomènes historiques et sociaux dans la psychologie individuelle et plus spécialement dans les effets résultant de l'activité consciente et intéressée des individus. [...] B. (S'oppose à Étatisme). Théorie d'après laquelle "les hommes sont toujours trop gouvernés", et d'après laquelle l'idéal politique doit être le développement de l'initiative privée, la réduction des fonctions de l'Etat à un très petit nombre d'objets (libéralisme, individualisme spencérien), ou même leur suppression totale (individualisme anarchiste). C. (S'oppose à conformisme, quelque fois à traditionalisme). 1: Etat de fait, consistant en ce que les individus jugent et discutent, dans une société, les institutions, les pratiques et les croyances de toutes sortes, au lieu de se conformer sans critique à l'ordre établi. - 2: Théorie d'après laquelle cet état est supérieur à l'état contraire. 3: Disposition psychologique à cette indépendance d'esprit. D. Théorie d'après laquelle la société n'est pas une fin en elle-même ni l'instrument d'une fin supérieure aux individus qui la composent, mais n'a pour objet que le bien de ceux-ci ; ce qui peut encore s'entendre en deux sens: 1: les institutions sociales doivent avoir pour but le bonheur des individus ; 2: elles doivent avoir pour but la perfection des individus (de quelque manière d'ailleurs qu'on entende cette perfection). E. Dans une intention péjorative: tendance à s'affranchir de toute obligation et à ne songer qu'à soi." -André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, 2016 (1926 pour la première édition), 1376 pages, p.499-500. Il est évident que le libéralisme est un individualisme puisqu'il soutient B, C, D, et incline aussi à soutenir A (mais il exclut E). Je vois en revanche mal en quoi les sociaux-dem et autres SJW seraient individualistes.
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La jouissance éprouvée dans la dénonciation de la bête immonde et des idées rances, la traque des déviants*, le virtue signaling, l'expressivité sans médiations et le rejet des contraintes que j'ai évoqué, que sont-elles, sinon des manières de rechercher du plaisir ? (d'une efficacité douteuse, je veux bien l'admettre). * "Le gauchisme culturel peut même se montrer inquisiteur et justicier en traquant les mauvaises pensées et les mauvaises paroles, en n’hésitant pas à pratiquer la délation et la plainte en justice. À sa façon, sans qu’il s’en rende compte, il retrouve les catégories de faute ou de péché par pensée, par parole, voire par omission, qui faisaient les beaux jours des confessionnaux. Le gauchisme culturel est à la fois un modernisme affiché et un moralisme masqué qui répand le soupçon et la méfiance dans le champ intellectuel, dans les rapports sociaux et la vie privée." (Le Goff, article cité).
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Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Le rapport de forces entre les parties en présence. Ou encore: ça ne se produit pas parce que les tenants du "politiquement correct" n'ont pas le fanatisme requis pour recourir à une vraie politique autoritaire et/ou n'ont pas (encore) le poids requis dans l'appareil d'Etat. Mais si tu veux dire que la notion de "radicalisation" ouvre la voie une répression policière contre de simples comportements s'écartant d'une introuvable "norme commune", je suis hélas d'accord. (Auquel cas un paquet de liborgiens pourrait être définis comme de dangereux subversifs) L'état d'urgence a déjà pu être utilisé pour assigner à résidence des militants écologistes "préventivement", donc je ne voudrais minimiser l'importance des lois liberticides à l’œuvre. -
Là encore la ressemblance est superficielle. Certes, ni l'objectivisme ni les SJW ne sont chrétiens ou conservateurs. Mais Rand n'avait pas de mots assez dur pour la "New Left". Je n'ai pas encore lu la version de 1999 de The Anti-Industrial Revolution, mais des titres de chapitres comme "Gender Tribalism" ou "Multicultural Nihilism" donnent le ton... « On ne nous offre pas d’autre choix que la poursuite égoïste de nos propres désirs irrationnels (comme Nietzsche) ou le service altruiste des désirs irrationnels des autres (Jeremy Bentham (1748-1832), John Stuart Mill et Auguste Comte) ». -Ayn Rand. "Reason involves knowing the nature and the consequences of your actions, and of knowing where your rational self-interest lies. Reason does not mean you can arbitrary decide that whatever you want is in your self-interest. [...] Reason demands the recognition of human rights. Morality is not based on whim, categorical imperative, or revelation. It's based on the simple fact that man exists by means of his mind. Anything man wants or needs must be produced ; man must possess knowledge in order to produce it ; reason provides that knowledge. Once you know that, if you then decide you don't want to exist by means of reason and production, but by means of muscle instead -since you're physically strong, you prefer to rob or ensclave somebody else- you are contradicting the only base on which you could have any justification for your existence. You are guilty of the most irrationnal contradiction. The only grounds on which you can claim the right to your own life are the same grounds that support the right to life of every human. [...] Moreover, a man of self-esteem does not want the unearned: he doesn't want anything from others that he must obtain by coercion -by crime or by government force and regulation. Such a man deals with other men as an equal, by trade. Further, a man of reason plans his life long range. The psychological distinction between a rational man and an evader is that a rational man thinks, plans, and acts long rang, while the more neurotic and evasive a person is, the sorter the range of his interests. The playboy or drunkard -the pleasure chaser unable to look beyond the range of the moment- is an irrational neurotic. But no rational person would decide that it's in his self-interest to rob and murder, because he knows that others will and should answer him by the same means." -Ayn Rand, Answers, New American Library, 2005, 241 pages, p.115. ça, ce n'est pas du travail, mais un plaisir
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Le libéralisme est un individualisme, mais tout individualisme n'est pas libéral. Le libéralisme est un individualisme ; il défend l'individu contre les empiétements qu'autrui (individu, société, Etat, etc) est susceptible de commettre contre sa liberté (définie en termes de droits individuels). Mais ce n'est pas un individualisme absolu, qui soutiendrait que l'individu doit "primer" sur la société. Non pas que la société comme généralité abstraite (intérêt général, etc), possède des droits ; ce sont les autres individus qui en ont. Ma liberté est borné par celle d'autrui, etc. Il diffère donc nettement de l'individualisme de Stirner (qui est un immense rejet de toute limite au caprice arbitre individuel) ; de l'anarchisme individualiste (qui peut admettre des limites morales au désir individuel, mais pas d'institutions coercitives pour réprimer concrètement les abus de l'individu) ; ou de Nietzsche (dont l'individualisme repose sur une discipline individuelle et une hiérarchie à l'échelle de la société). A partir de là ; y-a-t-il un point commun entre l'individualisme libéral et le "progressisme" (je préfère parler de social-démocratie et de gauchisme culturel) ? Les deux présentent une parenté superficielle en tant qu'ils sont des anti-traditionalismes. Le libéralisme est révolutionnaire (au moins au 18ème siècle), parce qu'il soumet les institutions existantes à la critique (et à l'abolition lorsqu'il prend le pouvoir) sur la base de principes idéaux universalistes / jusnaturalistes. D'où la critique conservatrice bien connue de l' "abstraction", du rationalisme politique, de la non-prise en compte des particularités historiques / culturelles, etc. L'autre point commun (qui rejoint le précédent) est que ce libéralisme de la période révolutionnaire se pense comme l'aboutissement d'une évolution historique vers le Progrès (tendanciellement vu comme inéluctable -ce qui est laïcisation de la conception providentialiste de l'histoire qu'on trouve dans les religions du Livre). On trouve des traces nettes de ça chez Turgot, Condorcet ou Constant: « Depuis que l’esprit de l’homme marche en avant /…/ il n’est plus d’invasion de barbares, plus de coalition d’oppresseurs, plus d’évocation de préjugés, qui puisse le faire rétrograder. /…/ Il faut que les lumières s’étendent, que l’espèce humaine s’égalise et s’élève, et que chacune de ces générations successives que la mort engloutit, laisse du moins une trace brillante qui marque la route de la vérité. » -Benjamin Constant, Écrits et discours, éd. O. Pozzo di Borgo, Jean-Jacques Pauvert, 1964, vol. 1, p. 127. Thème dont on connait la reprise communiste, et dont la gauche post-socialiste conserve des restes: "Le gauchisme culturel n’entend pas changer la société par la violence et la contrainte, mais « changer les mentalités » par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi. Il n’en véhicule pas moins l’idée de rupture avec le Vieux Monde en étant persuadé qu’il est porteur de valeurs et de comportements correspondant à la fois au nouvel état de la société et à une certaine idée du Bien. Ce point aveugle de certitude lui confère son assurance et sa détermination par-delà ses déclarations d’ouverture, de dialogue et de concertation. Les idées et les arguments opposés à ses propres conceptions peuvent être vite réduits à des préjugés issus du Vieux Monde et/ou à des idées malsaines." -Jean-Pierre Le Goff, Du gauchisme culturel et de ses avatars, Le Débat n° 176, septembre-octobre 2013, p.49-55. Le dernier point commun que je vois est que le libéralisme se soucie du bonheur terrestre de l'Homme, il ne prétend pas apporter une solution à tous ses problèmes ou lui livrer une philosophie complète à même de satisfaire ses besoins "spirituels". Dès lors le déclin de la spiritualité / cosmologie traditionnelle (ou son devenir nihiliste si on admet l'interprétation de Nietzsche), l'esprit critique de la philosophie des Lumières, menace d'aboutir à du vide ou de déboucher sur une attitude hypercritique dont le constructivisme radical contemporain nous offre de beaux spécimens... Or, d'après Tocqueville, l'incertitude en matière de valeurs est propice à un repli sur la jouissance privée, immédiate, sensible, certaine: "Le dix-huitième siècle et la révolution, en même temps qu’ils introduisaient avec éclat dans le monde de nouveaux éléments de liberté, avaient déposé, comme en secret, au sein de la société nouvelle, quelques germes dangereux dont le pouvoir absolu pouvait sortir. La philosophie nouvelle, en soumettant au seul tribunal de la raison individuelle toutes les croyances, avait rendu les intelligences plus indépendantes, plus fières, plus actives, mais elle les avait isolées. Les citoyens allaient bientôt s’apercevoir que désormais il leur faudrait beaucoup d’art et d’efforts pour se réunir dans des idées communes, et qu’il était à craindre que le pouvoir ne vînt enfin à les dominer tous, non parce qu’il avait pour lui l’opinion publique, mais parce que l’opinion publique n’existait pas. Ce n’était pas seulement l’isolement des esprits qui allait être à redouter, mais leurs incertitudes et leur indifférence ; chacun cherchant à sa manière la vérité, beaucoup devaient arriver au doute, et avec le doute pénétrait naturellement dans les âmes le goût des jouissances matérielles, ce goût si funeste à la liberté et si cher à ceux qui veulent la ravir aux hommes." -Alexis de Tocqueville, Discours de réception à l'Académie française (21 avril 1842). On aurait donc une dégradation du thème libéral du "bonheur de tous" (DDHC, préambule), de la "poursuite du bonheur" (Déclaration d'Indépendance des U.S.A), en simple hédonisme. D'ailleurs c'est justement l'hédonisme (réel ou imaginaire) qui est fustigé en général sous l'étiquette d' "individualisme". Car individualistes, les "progs" le sont très moyennement. Vous avez tous les deux dit leur propension à ne pas pouvoir à réduire l'individu au groupe (réel ou mythique), auquel il faut souvent ajouter l'ambition "progressiste" -un spectre de Marx- de l'abolitionnisme de structure : "Réification d'une catégorie, d'une situation ou d'un groupe auquel appartient l'individu. Cette catégorie / ce groupe / cette situation prédomine et prime sur l'homme en tant que tel, lequel n'existe pas chez Marx, comme tu le signales à juste titre. C'est donc ceci qui est l'objet de l'analyse, la source d'explication, et non plus l'homme. On analyse celle-ci dans son/ses rapport(s) (de force nécessairement) avec les autres catégories ou les autres groupes. Les usages humains sont déterminés par des catégories. Ce ne sont plus les hommes qui font des choix, pensent ou agissent d'après leurs idées, ce sont les catégories (et leurs rapport mutuels) qui agissent à travers les individus. Comme les usages et les codes humains (tel que le droit, la justice...) ne sont que des produits arbitraires des catégories (des conventions) le mal ou l'injuste réside dans la "domination" d'une catégorie sur une autre. (Domination = Oppression ; la notion d'oppression, de violence ou d'esclavage n'est plus nécessairement associé à la force physique) Si une catégorie souffre (car ce ne sont plus des humains qui souffrent, mais des catégories) c'est donc qu'elle est légitimement victime et qu'elle est ce pourquoi (et pour qui) il faut changer la société. A ce titre, on doit lui fournir, non pas des droits égaux (masque de la domination, donc de l'oppression), mais davantage de pouvoir. C'est le sens du progrès. A terme, il faudrait abolir les catégories, lesquelles sont finalement la source du mal." (cf: https://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54073-marxisme-et-postmodernisme-les-aventures-de-la-superstructure/&page=4 Ils ont également une propension (qu'il serait très lâche d'essayer de rattacher à l'anti-étatisme libéral, surtout vu leur degré d'étatisme) à l'anti-institutionnalisme, l'anti-conventionnalisme, une sorte de résurgence du romantisme issu de Rousseau. Les institutions / conventions étant le masque oppressif des bourgeois / groupe dominants ennemis, le sens du progrès sera de les abolir ou du moins les réformer (écriture inclusive, etc.). Ce qui est d'ailleurs lié à l'attitude hédonisme pré-cité puisque que les conventions sont un obstacle au "jouir sans entraves", seule certitude du dernier homme: « «L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.» Selon cette conception romantique de la liberté, chaque être humain est doté d'un Soi pur et authentique, et il suffit de le déployer pour réaliser pleinement son potentiel. Pour Rousseau, l'homme, quand il n'est pas perverti par la société, peut devenir un sujet responsable, libre et moral. » -Carlo Strenger, Entretien avec Alexandre Devecchio, http://www.lefigaro.fr, 20/02/2018. « La modernité tardive que j'appelle décadence se veut formellement libertaire. Elle entend bannir tabous et inhibitions au profit d'une spontanéité qui rejette les conventions... La civilité, la politesse, la galanterie... Toutes ces procédures qui cantonnent l'instinct agressif pour lisser l'interface ; en un mot l'élégance sociétale, c'est-à-dire le souci de l'autre. Il y a un risque d'anomie que les thuriféraires de soixante-huit ont largement contribué à magnifier en laissant croire que tous ces codes relevaient d'une aliénation d'essence autoritaire et bourgeoise... Les bourgeois sont d'ailleurs les premiers à s'en émanciper, et avec quel entrain... Ils sont l'avant-garde de l'anomie à venir, des enragés de la décivilisation. [...] Le jeunisme, c'est cela ; le " cool ", le sympa, le décontracté, la sacralisation d'une société adolescente libérée des contraintes de la forme. Or la vitalité brute, instinctive, sauvage, célébrée par ce culte de la sincérité et de la transparence, c'est la dénégation de la vie collective et de ces protocoles compliqués qu'on appelle tout simplement la culture. La culture, Bérard, c'est-à-dire depuis Cicéron, ce qui cultive en l'homme social la retenue, la discrétion, la distinction. Le dernier homme ne veut plus être apprivoisé par les usages, et c'est vrai que délesté des impératifs de la règle, il est ainsi persuadé d'avoir inventé le bonheur. La courtoisie, la bienséance, la civilité. Tout cela nous suggère-t-on, ce sont des salamalec, des trucs de vieux, des préjugés d'un autre âge et pire encore des mensonges ; et c'est contre la duplicité* que dissimuleraient les rigueurs du savoir-vivre que l'on veut procéder au sacre des penchants. » -Julien Freund, in Pierre Bérard, Conversations avec Julien Freund, p.11. *A relier au culte rousseauiste et romantique de l' "authenticité", de la "nature" libre contre la civilisation "corrompue", "aliénée", etc. Les post-modernes, les déconstructeurs et les écologistes sont à leur manière des romantiques. "Force est de constater que nombre de thèmes de l’époque [Mai 68] font écho aux postures d’aujourd’hui. Il en est ainsi du culte des sentiments développé particulièrement au sein du MLF. Renversant la perspective du militantisme traditionnel, il s’agissait déjà de partir de soi, de son « vécu quotidien », de partager ce vécu avec d’autres et de le faire connaître publiquement. On soulignait déjà l’importance d’une parole au plus près des affects et des sentiments. Alors que l’éducation voulait apprendre à les dominer, il fallait au contraire ne plus craindre de se laisser porter par eux. Ils exprimaient une révolte à l’état brut et une vérité bien plus forte que celle qui s’exprime à travers la prédominance accordée à la raison. À l’inverse de l’idée selon laquelle il ne fallait pas mêler les sentiments personnels et la politique, il s’agissait tout au contraire de faire de la politique à partir des sentiments. Trois préceptes du MLF nous paraissent condenser le renversement qui s’opère dès cette période: «Le personnel est politique et le politique est personnel »; «Nous avons été dupés par l’idéologie dominante qui fait comme si “la vie publique” était gouvernée par d’autres principes que la “vie privée” »; «Dans nos groupes, partageons nos sentiments et rassemblons-les et voyons où ils nous mèneront. Ils nous mèneront aux idées puis à l’action ». Ces préceptes condensent une nouvelle façon de faire de la « politique » qui fera de nombreux adeptes." -Jean-Pierre Le Goff, Du gauchisme culturel et de ses avatars, Le Débat n° 176, septembre-octobre 2013, p.49-55. Au fond c'est une mentalité assez sauvage, enfantine, indisciplinée, qui n'a de patience ni pour les contraintes (et la société libérale repose à l'évidence sur certains types de contraintes, même si elles sont plus légères pour l'individu que dans une société "holiste"), ni pour ce qui ne lui plaît pas. D'où son intolérance chronique et ses penchants violents pour la censure, le terrorisme intellectuel, etc.
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Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
On n'a pas dit l'opinion de renverser la République, on a dit les opinions contraires aux valeurs de la République. Et comme, magie de la novlangue, personne ne sait ce que ça veut dire... -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
En dépit du flou artistique entourant la notion de radicalisation, ça reste lié dans le discours politique au problème du terrorisme, donc c'est un autre sujet. Lié à d'autres trucs éminemment discutables, comme la fermeture administrative de Mosquées. -
Cinquantenaire de Mai 68
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Actualités
En parlant de ça, pour ceux qui veulent être au clair avec la réalité historique, je recommande chaleureusement (même si pas fini de le lire): Je ferais sûrement aussi un billet pour CP. -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
"Imposer des propos à caractères sexuels", ça se distingue péniblement de "draguer une inconnue". Chez certains ça se distingue aussi péniblement de "propos obscènes". On va donc payer des fonctionnaires à méditer sur la finesse de ces attitudes (les policiers n'ont pas mieux à faire) ? Le tout pour coller des amendes ? L'Etat manque à ce point de rentrées fiscales ? C'est quoi cette manie de transformer l'espace public en garderie ? Les femmes sont donc des êtres fragiles qu'il faut préserver des regards insistants et des approches lourdes ? Entre ça et les velléités de "réguler les fake news", les jours de la liberté d'expression sont comptés... -
Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Cugieran dans La Taverne
Bon, je m'étais laissé dire par @Rincevent que la pluie divine de feu sur Sodome n'était pas un châtiment contre l'homosexualité. Mais ce petit coquinou a oublié de préciser que juifs et chrétiens (et chrétiens entre eux) avaient des interprétations divergentes de cette histoire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodome#Le_péché_de_Sodome Et vu que ce n'est pas à un matérialiste tel que moi de contester à Augustin et compagnie le non-sens qu'ils mettent dans des textes qui ont déjà de base beaucoup... -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Obsolète avec la résurgence communautariste du polylogisme. Si seule une femme* peut comprendre une femme* et/ou comprendre les choses comme une femme, alors l'universalité et l'objectivité impose d'en passer par la logique des quotas... #une-voix-différente *Insérer ici la catégorie biologique ou culturelle de votre choix (de préférence "minoritaire" et "structurellement dominée"). -
Cinquantenaire de Mai 68
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Actualités
On peut considérer que c'est un processus discontinu qui commence avec l'obtention du droit de vote en 1945. -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
@Rincevent a dit qu'hommes et femmes étaient différents, pas que la raison se réduisait à la biologie. -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
ça dépend lesquels. Je pense par exemple aux pleurs en public à la mort de Kim Jong-il ... -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Ce moment bizarre où l'anarchiste se met à défendre l'Etat(-providence): -
Cinquantenaire de Mai 68
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Actualités
Note bien que le salaire minimum date de 1950. Le Figaro n'y voyait rien à redire d'ailleurs: http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/02/11/26010-20150211ARTFIG00069-la-creation-de-l-ancetre-du-smic-dans-les-archives-du-figaro.php -
[Sérieux] Immigration : questions et débats libéraux
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Salatomatonion dans Politique, droit et questions de société
La faute à l'intériorisation de la domination patriarcale. J'ai bon ? -
[Sérieux] Immigration : questions et débats libéraux
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Salatomatonion dans Politique, droit et questions de société
[Remarques un peu à côté du sujet de départ]: Dans le monde gréco-romain, tu as le droit de violer tes esclaves. Le viol de guerre c'est banal aussi, souviens-toi comment finissent les nobles troyennes après la prise d'Illion. Sans oublier la mythologie (que j'adore mais qui de facto se pose là niveau patriarcat). -
Jordan B. Peterson
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Eltourist dans Politique, droit et questions de société
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Je vous propose d'ouvrir ce fil pour discuter des événements, commentaires et réappropriations ou dénonciations diverses et variées qui se profilent à l'occasion des 50 ans de Mai 68. (j'ai d'ailleurs l'intuition que ce cinquantenaire sera un brin plus animé que le centenaire de la Révolution d'Octobre l'année dernière -dont objectivement tous le monde s'est contrefoutu- ou du centenaire de la fin de la Grande Guerre). Mai 68, "psychodrame" et "Révolution introuvable" (R. Aron), parodie des barricades révolutionnaires, va-il engendrer, par sa remémoration, ses propres parodies ? J'ai déjà vu fleurir quelques graffitis à la fac (du genre: "1968-2018", ou encore le slogan soixante-huitard fameux: "Les policiers aussi sont des hommes, la preuve : ils violent des filles dans les commissariats"). Le fantasme se profile ici et là: https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/291217/de-2018-faisons-le-nouveau-mai-68 La communication élyséenne avait un temps annoncée réfléchir à une "commémoration" officielle (en concertation avec l'ineffable Cohn-Bendit, si j'en crois Le Figaro), avant de faire machine arrière. Des expositions sont déjà prévues: http://www.soixantehuit.fr/
