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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Pas vraiment. Dans le contractualisme lockéen, le propriétaire peut rejoindre l’élite dirigeante, pas le non-propriétaire. Gouvernés et gouvernants ne sont donc pas égaux, sur le plan matériel comme en termes de droits politiques. Même chose dans le contractualisme hobbesien où le souverain à tout pouvoir sur ses sujets sans aucun compte à leur rendre. Sinon, sur la tentation de la gauche de récupérer une pensée réactionnaire antilibérale => http://www.liberation.fr/week-end/2007/02/17/carl-schmitt-est-un-ennemi-intelligent-de-la-democratie_85176 PABerryer=> Tu écris "Dans la conception moderne de la société et du pouvoir il devient alors justifiable, au nom du contrat social et de la volonté générale, de transformer l'individu pourqu'il corresponde à ce qu'il doit être". Mais les socialismes hitlérien ou bolchevik avaient exactement le même projet sans recourir le moins du monde aux notions de contrat social ou de volonté générale.
  2. Au contraire je pense qu'un bon politicien n'a pas besoin outre mesure d'une théorie pour savoir quoi faire. Et même s'il en possède une, il faut une bonne dose de pragmatisme pour l'adapter à des circonstances toujours changeantes (comment vous avez devinés que j'apprécie Machiavel ? ). Par exemple pour réussir politiquement, Lénine n'a pas eu besoin de suivre une quelconque méthode prescrite par Marx. Il a dû au contraire improviser pour "adapter le marxisme" à la situation russe. Et pour rester dans le thème, la stratégie de Mao est encore tout à fait autre chose. Pour répondre à ta question sur la tentative du pouvoir de contrôler les idées de sa population (ce que tout gouvernement essaye de faire un minimum), il me semble (sans être spécialiste) que le théoricien par excellence de cette idée est Thomas Hobbes et sa justification de la censure d'État: "Il appartient de droit à tout homme ou assemblée qui a la souveraineté d'être à la fois juge des moyens de la paix et de la protection, et aussi de ce qui les empêche et les trouble, et de faire tout ce qu'il jugera nécessaire de faire, autant par avance, pour préserver la paix et la sécurité, en prévenant la discorde à l'intérieur, et l'hostilité à l'extérieur, que, quand la paix et la sécurité sont perdues, pour les recouvrer. Et donc, sixièmement, il appartient à la souveraineté de juger des opinions et des doctrines qui détournent de la paix ou qui [au contraire] la favorisent, et, par conséquent, de juger aussi en quels hommes (et en quelles occasions, dans quelles limites) on doit placer sa confiance pour parler aux gens des multitudes et pour examiner les doctrines de tous les livres avant qu'ils ne soient publiés. Car les actions des hommes procèdent de leurs opinions, et c'est dans le bon gouvernement des opinions que consiste le bon gouvernement des actions des hommes en vue de leur paix et de leur concorde. Et quoiqu'en matière de doctrines, on ne doit considérer rien d'autre que la vérité, cependant il n'est pas contraire à la vérité de l'ajuster à la paix ; car les doctrines qui sont contraires à la paix ne peuvent pas plus être vraies que la paix et la concorde ne sont contraires à la loi de nature." -Thomas Hobbes, Léviathan. Traité de la matière, de la forme et du pouvoir de la république ecclésiastique et civile (1651). Donc je dirai que cette pratique absolutiste du pouvoir est conceptualisée bien avant les théories du gouvernement représentatif démocratique.
  3. Le prochain président sera donc Sarko ou Juppé. Les paris sont ouverts.
  4. Exactement. Le déclassement incite à vouloir se venger sur quelqu'un. Une histoire de ce genre est arrivée dans les années 30 en Allemagne. On connaît la fin. Hormis une miraculeuse sortie de crise par le haut, la farce va se transformer en tragédie.
  5. Ce n'est pas un "ressenti" qui fait voter "rouges-bruns". C'est la divergente d'intérêts entre classes populaires et classes moyennes.
  6. Parce que le gouvernement admet que son action doit être limitée par le bloc de constitution ? (hypothèse idéaliste). Parce que l'opposition se sert du CC pour gêner le gouvernement et qu'il n'a pas les moyens de la réduire au silence ? (hypothèse réaliste).
  7. La réponse est dans la question. Si tout le monde se fout du CC, c'est vrai aussi du gouvernement, donc il n'y a pas de raison qu'il respecte les avis du CC. Le fait qu'il les respectent prouve qu'il ne le tient pas pour quantité négligeable. Ta remarque a le mérite d'exclure l'hypothèse de l'inertie pure.
  8. Elle est abstraite dans la mesure où cette situation ne se présente pas, et que ne peut donc que faire des hypothèses sur les partisans et les adversaires du Conseil Constitutionnel (sauf si un groupe politique quelconque a déjà exprimé publiquement une opinion tranchée là-dessus. Je ne suis pas au courant de tout). En revanche les individus qui pourraient se bagarrer sur cette question sont on ne peut plus concrets, évidemment. On pourrait répondre à ta question en disant que le Conseil Constitutionnel fait partie de la Vème République, qu'elle a reçu un soutien populaire du fait de son adoption par référendum sous De Gaulle, et que ce soutien n'a pas disparu depuis (les putschistes étant tout aussi marginaux que les militants d'une VIème république). [Réponse alternative]: On pourrait dire qu'il n'a pas de soutien populaire, mais que ce n'est pas nécessaire à son maintien vu qu'aucune force contraire ne réclame sa suppression. Dans ce cas, l'institution se maintient par pure inertie
  9. Je ne sais pas. C'est une question abstraite. Pour savoir qui soutient le Conseil Constitutionnel (ou le Sénat, l'élection du président de la république au suffrage universel, ou n'importe quelle institution), il faudrait que l'institution en question soit critiquée / menacée. Si quelqu'un propose la suppression du Conseil Constitutionnel, je suppose que l'on verra des juristes, des politiques, etc, défendre son utilité. La survie d'une institution dépend de sa capacité à apparaître comme légitime et nécessaire aux yeux des individus.
  10. Ceux qui les soutiennent (et qui les soutiendraient en cas de remise en cause). Pour reprendre cet exemple, ce n'est pas grâce (ou à cause, selon le point de vue) de ton boucher que le Conseil Constitutionnel continue d'exister.
  11. Plus fort que toi ? Jusqu'à un certain point, oui. Mais les institutions seules ne peuvent suffire à garantir la liberté. Elles n'ont que la force que les individus leur confèrent. Il n'existe aucune garantie absolue qu'elles ne seront pas renversées au profit d'une vision du monde autre. Par conséquent la "bonne volonté" (je dirai plutôt la vigilance des citoyens) n'est jamais superflue.
  12. F. mas => Tu veux pas m'opposer un contre-argument plutôt ? Ceci dis je garde tes conseils de lecture sous le coude.
  13. Je n'ai pas dit que les institutions n'ont aucun effet, mais il ne faut pas leur accorder une force démesurée (ne serait que parce qu'elles n'existent que par la volonté de certains individus de les maintenir). Une politicien qui a une certaine intention essayera toujours de l'imposer, au besoin en "tordant" les règles de l'institution si celle-ci le limite (et ce qu'elle que soit l'institution). Par conséquent la liberté dépend moins d'une structure institutionnelle que des valeurs communément acceptées (ce qui ne veut pas dire que toutes les institutions politiques se valent).
  14. Je n'ai pas encore lu l'Ancien Régime et la Révolution mais de ce que j'en sais il n'y a pas de téléologie (cause finale) chez Tocqueville. Il ne dit pas "le pouvoir français se centralise parce que les lois de l'Histoire le conduise inéluctablement vers plus de centralisation", il constate une continuité historique. Sinon Charles VII a pas mal innové sur ses prédécesseurs en obtenant pour la monarchie le double monopole fiscal et militaire sur l'ensemble du royaume.
  15. +1. Les institutions sont des outils qui peuvent donner des résultats bien différents selon les hommes qui les occupent.
  16. Je n'ai pas dis que c'était du bullshit, seulement que ces idéaux ont été utilisés pour justifier une guerre d'agression et la "libération" des pays voisins, qui ne nous avaient rien demandés. Une fois la déroute proche, la conscription forcée était la seule chance pour les révolutionnaires de se maintenir. Conscription forcée qui engendre l'insurrection vendéenne, donc la guerre civile, qui permet à la Terreur jacobine de s'imposer. Mais le point de départ de cet engrenage mortel vient de l'entrée en guerre.
  17. Non. Les beaux idéaux c'est pour l'opinion publique et la propagande. La guerre a été déclaré par une partie des parlementaires qui comptaient sur le pillage des pays voisins pour garantir la valeur de l'assignat, avec le soutien du Roi qui considérait l'armée française incapable de soutenir une demie-campagne, et qui comptait sur la défaite pour imposer de nouveau son autorité. Je vous invite à écouter Henri Guillemin sur ce sujet et sur d'autres:
  18. Pas d'accord. 1789 a été une Révolution libérale (cf: http://www.contrepoints.org/2011/03/29/19182-la-logique-liberale-de-la-revolution-francaise). Pour que le rousseauisme jacobin triomphe ultérieurement, plusieurs conditions historiques étaient nécessaires, entre autres une guerre d'agression soutenue par le Roi et la situation ingérable qui en découle.
  19. J'en doute. Barroso a dit publiquement que l'adhésion d'une Écosse indépendante à l'UE serait "quasiment impossible".
  20. Cela suppose de l'empathie (accorder autant d'importance à la liberté d'autrui qu'à la sienne propre), et de la modestie. Une forme de relativisme. Renoncer à se croire compétent pour juger de ce qui est bon pour autrui (par exemple quand je discute avec mon copain coco qui me dit que l'État doit offrir des lave-vaisselles aux plus pauvres parce que c'est un "besoin", je suis obligé de lui démontrer qu'il n'en sait strictement rien, et que si les revenus d'un ménage modeste augmentent, celui-ci peut très bien se passer de ce qui semble être un besoin aux yeux de bureaucrates trop bien intentionnés, pour acheter tout à fait autre chose. Sans compter que le pognon de l'État ne vient pas de nulle part...). Cela suppose une critique du rationalisme (hypostasié chez Descartes - Rousseau - Hegel - Marx, comme l'explique Hayek dans Vrai et Faux individualisme) et une méfiance vis-à-vis du pouvoir en soi. Alors que la plupart des doctrines politiques se disputent sur qui doit détenir le pouvoir (les philosophes-rois chez Platon, les despotes éclairés pour Voltaire, le Peuple pour Rousseau, l'avant-garde révolutionnaire pour Lénine, etc). Le libéralisme a autant tendance à vouloir se passer de la démocratie que la démocratie du libéralisme. "Comment en arrive t-on à adhérer à cette philosophie politique, alors qu'on pensait différemment avant ?" Il faut d'abord la découvrir, et avec assez d'ouverture d'esprit pour dépasser ses préjugés. Il faut être capable de lire des livres pas toujours drôles. Le libéralisme propose très peu de raisons "émotionnelles" de l'embrasser, et les gens adhèrent rarement à une idée quelconque par simple contemplation de sa cohérence logique ou de son adéquation à la réalité. Après tout dépend de son point de départ personnel. On choisit une doctrine parce qu'elle nous semble vrai et/ou parce qu'elle nous permet de poursuivre nos désirs. Fondamentalement c'est un problème de connotation du terme de "libéral". Quand Sazkorzy dit "Je suis un libéral*" c'est un contre-modèle absolu pour moi. Et d'ailleurs les fanboys sarkozystes ne sont pas libéraux. Ils sont beaucoup trop incultes pour savoir ce que ça implique. *
  21. Stirner ne dit nullement que la société, la nation, le peuple, la religion, etc, n'existent pas. Il les considère simplement comme des instances potentiellement répressives. Si ces choses n'existaient pas, les dénoncer et les combattre serait absurde et l'égoïsme stirnérien vide de sens. Les "fantômes" stirnériens ne sont pas des entités inexistantes, mais des entités jugées oppressives. "Que la société n’est pas un « moi » capable de donner, de prêter ou de permettre, mais uniquement un moyen, un instrument dont nous nous servons — que nous n’avons aucun devoir social, mais uniquement des intérêts à la poursuite desquels nous faisons servir la société — que nous ne devons à la société aucun sacrifice, mais que si nous sacrifions quelque chose ce n’est jamais qu’à nous-mêmes — ce sont là des choses dont les Socialistes ne peuvent s’aviser : ils sont « libéraux », et, comme tels, imbus d’un principe religieux ; la Société qu’ils rêvent est ce qu’était auparavant l’État : — sacrée ! La Société dont nous tenons tout est un nouveau maître, un nouveau fantôme, un nouvel « être suprême » qui nous impose « service et devoir »." -Max Stirner, L’Unique et sa propriété.
  22. => http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2014/11/dictature-de-la-majorite.html
  23. Possible, y a des degrés dans la connerie...
  24. La culture, par définition, c'est ce qui change. Comme tout bon raciste, tu essentialises les populations. Dans ton exemple les arabes sont "par essence" incapables de s'intégrer. Aucun rapport avec le chômage et les politiques publiques urbaines... Tout ça manque sérieusement d'une analyse matérialiste des rapports sociaux.
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