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52
À propos de F. mas
- Date de naissance 12/03/1979
Autre
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Titre
Cheshire Cat
Profile Information
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Gender
Male
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Lieu
Cordicopolis
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Interests
Political Philosophy, Music, BBC comedies.
Idées
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Tendance
Libéral classique
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Ma référence
Anthony de Jasay.
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Après avoir relu La crise de la conscience européenne de Paul Hazard, De l'univers clos à l'univers infini de Koyré et la Divine Comédie de Dante, j'ai lu Regime Change de Patrick Deneen, The Collapse of global Liberalism de Philipp Pilkington, Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire de Miranda et Furious Minds: the making of the maga right de Laura Field. Comme je le disais dans un autre fil, je retire de ces dernières lectures, qui s'ajoutent à d'autres plus anciennes sur le même sujet, un sentiment de médiocrité générale qui n'a pas grand chose de rassurant. Je lis en ce moment le dernier essai de Marcel Gauchet sur l'idéologie (je suis l'auteur depuis longtemps et la question de l'idéologie est à mon avis essentielle). Il se répète un peu (il se répète un peu depuis au moins ses trois derniers essais), mais c'est intéressant et intelligent, avec une bonne histoire du concept et de ses changements de signification, et son triomphe à l'ère de l'Histoire (de sa société qui se comprend et réfléchit à travers l'histoire).
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Gros débat ! Je vais répéter l'argument contra proposé à Morozov : ceux qui voient une sorte de retour au féodalisme dans le monde en train d'émerger ne voient pas à quel point il est le produit de l'intervention constante et essentielle de l'Etat US dans son fonctionnement (en gros, il n'y a pas de sécession de la tech, pas de domination de la tech indépendante de l'Etat et pas de retour à une économie précap). Maintenant je dis ça, il a des tas de trucs sur le sujet très intéressants à explorer. Par exemple dans une perspective pro non marxiste, il y a le très bon essai de Joel Kolkin The Coming of Neo Feudalism https://www.amazon.com/Coming-Neo-Feudalism-Warning-Global-Middle/dp/1641770945
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Merci pour ces précisions, je comprends mieux. Je te réponds sur quelques points (pas tous, soit parce que je suis d'accord, soit parce que par exemple sur la question du « fascisme », je n'ai pas encore d'opinion ferme sur le sujet, ou parce que je ne sais pas quoi répondre aux oppositions que tu proposes entre technos et bureaucrates, qui me semblent essentiellement verbales).Je pense aussi – mais bon je ne suis pas le seul – que nous vivons une période de transition, même si je ne vois pas ce qui permet d'affirmer que nous sortons du capitalisme. La grande question que certains se posent est de savoir si le capitalisme qui vient est un capitalisme classiquement orienté vers le profit ou l'innovation ou vers la rente, les monopoles et le développement parasitaire des entités privées et publiques intermédiaires liées au ralentissement de la croissance (en Occident). L'hybridation public-privé qui rend possible l'idée d'un dépassement contemporain du capitalisme ne me semble pas être une condition suffisante pour en déclarer la mort : d'abord parce que cette hybridation n'est pas nouvelle et qu'elle a commencé dès le 19e siècle à l'ère industrielle et qu'elle s'est accélérée avec la création des États providence après-guerre. Ce qui apparaît relativement nouveau, c'est la mixed policy chinoise, mais je ne suis pas sûr que ce soit un modèle post-capitaliste (plutôt une économie administrée en partie libéralisée pour fonctionner le plus efficacement possible afin de se moderniser. Si elle veut devenir plus efficace, il va falloir qu'elle tende à plus de capitalisme au sens étroit du terme à mon avis). Je ne vois pas en quoi Musk et Trump sont les défenseurs de l'ancien monde : les deux ferraillent contre les formes de la technocratie et sa classe progressiste, contre les formes jugées dépassées de la démocratie représentative et des alliances qui brident le plein déploiement de l'autoritarisme oligarchique au sommet de l'État. On retrouve d'ailleurs ici des thèmes NRX anti-démocratiques ou pseudo-monarchiques (ou pire, l'État comme une entreprise) qui en accompagnent le délitement. Il n'y a pas d'opposition : décisionisme, monarchisme, exécutif unitaire, le vocabulaire varie entre les différentes écuries idéologiques maga, mais elles pointent toutes vers le même message, la rupture avec l'ancien monde libéral pour faire émerger le nouveau système de domination alliant oligarchie économique et financière et république bananière. Sinon je remarque qu'au sein de ce micro-milieu NRX, comme chez certains post-libéraux et certains progressistes, on relève une certaine fascination pour le modèle chinois, son « efficacité » technocratique comparée à celui occidental en décomposition. Pour beaucoup, le capitalisme libéral est mort, celui techno lui a succédé, et c'est tant mieux, parce que ces phares de la pensée s'identifient aux technos). Tout cela témoigne d'une chose, qui recoupe en partie ce que tu dis : le discours lénifiant et narcissique sur l'émergence de cette nouvelle classe cognitive vient de la classe dominante elle-même, et nous assistons essentiellement à une lutte d'influence entre des factions concurrentes de la classe managériale (et encore, de ses éléments les plus marginaux pour les NRX ou les post-lib, c'est à dire ceux qui collent aux basques de Trump).
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Je pense que c'est là que convergent tous les discours de la droite maga : l'effacement des cadres légaux pour permettre le plein déploiement du pouvoir sans freins. On notera d'ailleurs la proximité de certains 'théoriciens' ou financeurs entre les différentes écuries idéologiques (par exemple Peter Thiel ou Michael Anton) visant à défendre le basculement vers l'autoritarisme, qu'on le maquille en 'monarchisme', 'entreprise-Etat' ou 'décisionnisme' à front de taureau.
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Je suis sceptique à la fois sur l’analyse de Nick Land et sur l’idée que la croissance chinoise proviendrait d’une accélération technocapitaliste simplement masquée par un communisme de façade. Je ne suis par exemple pas du tout convaincu, contrairement à ce qu’on affirme souvent en Occident, que la Chine soit purement capitaliste (techno ou pas). C’est un système mixte qui a introduit pas mal de réformes, en particulier à partir des années 1990, pour renforcer son secteur privé et développer les mécanismes de marché, sans pour autant rompre totalement avec l’économie administrée qui reste dominant. Si l’on en croit les dirigeants chinois actuels, l’« économie socialiste de marché » reste du socialisme, et le socialisme demeure l’objectif final de la modernisation de la société chinoise (même si cela ressemble davantage à une version étatiste du modèle singapourien). Il semblerait donc que le communisme ne soit pas qu’une façade. Un des débats actuels dans les cercles marxistes porte d’ailleurs sur la question de savoir si nous assistons en ce moment à une sorte de NEP chinoise, comparable à celle de l’URSS des années 1921, c’est-à-dire à une phase de libéralisation capitaliste temporaire destinée à accélérer la transition vers le socialisme. Il y a une autre hypothèse que je pose ici l'air de rien, c'est que la Chine soit tellement arriérée qu'elle est en train d'opérer une systémisation du capitalisme comparable à ce qui s'est passée en Europe au 19e siècle, avec comme corollaire ce curieux mélange de socialisme et de capitalisme qui a abouti à la naissance du capitalisme managérial (le capitalisme des monopoles et des organisations de masse). En prime, contrairement à l'Occident, le mythe progressiste est toujours bien vivant et mobilise les élites économiques, culturelles et politiques avec une vigueur incomparable à ce qu'on trouve ici. Je remarque au passage que si les DE visent à critiquer la technocratie ou le capitalisme managérial, la fascination pour le capitalisme technocratique asiatique comme dépassement du modèle occidental rend perplexe.
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« Philosophie de cour » me semble être un meilleur qualificatif que « classe », par exemple, parce qu’il le circonscrit à l’influence de quelques-uns ayant un accès privilégié à l’administration Trump. Que ce micro-courant cherche à imposer son récit, en concurrence avec d’autres courants idéologiques du même acabit, me semble correspondre à la réalité. Sinon, quels sont ces secteurs importants aux États-Unis qui seraient réellement influencés par Nick Land, Yarvin, ou même les écrits de Thiel ou Andreessen ? C’est une vraie question. Je crains qu’on prenne ici les discours pour des réalités concrètes.Je ne comprends pas bien le parallèle avec la Fronde, ni le rapport avec les DE. En quoi sont-ils attachés à des « droits féodaux » qu’ils chercheraient à défendre, là où ils ont démontré leur incapacité à défendre et utiliser les canaux classiques du gouvernement représentatif pour tenter de l’adapter à la nouvelle donne économique et technologique qu’ils appellent de leurs vœux ? Sont-ils plus ou moins lucides que leurs concurrents post-libéraux ? Ou que les néomarxistes ? J’avoue être perplexe, même s’il est encore difficile d’être exhaustif quand on désigne une nébuleuse de blogs et de sites contre-culturels. J’ai l’impression que pour toi, c’est une sorte de randianisme sous stéroïdes (fasciste, moui mof). OK. Il y a effectivement cette idée d’élite cognitive qui n’a plus de justification en dehors d’elle-même, même si cette justification me semble aussi solide que l’univers Marvel dans lequel ces braves gens ont globalement été baignés depuis la plus tendre enfance Sur Gave : Gave ne dit pas vraiment la même chose que HHH et me semble tout aussi éloigné des DE que Gaspard Koenig ou Brice Couturier.
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Est-ce que nous ne sommes pas en train de donner une importance un peu exagérée à un délire de blogueurs et d’essayistes marginaux ? Certains ont bien essayé d’associer Poutine à la pensée délirante de Dugin. N'est-on pas en train de tenter de justifier le gangstérisme sans principes du trumpisme et de ses alliés de la tech en prenant au sérieux une poignée de zozos qui cherchent à coller leur narratif de geeks sur les phénomènes ? J’ai du mal à distinguer les contours d’une « classe », encore moins d’une « fronde électorale », qui correspondrait vraiment à l’ensemble idéologique du « dark enlightenment ». Qu’il existe aujourd’hui des groupes d’intérêt qui militent pour un investissement public massif dans la tech, dans les cryptos, et jusqu’à défendre une nouvelle architecture du pouvoir qui dépasserait l’actuel État fédéral américain, cela me semble tout à fait réel. Ce que certains disent de l'université, en prenant parfois des images assez frappantes (les trucs sur la 'cathédrale' c'est plutôt bien trouvé), ne sont pas des critiques spécialement nouvelles ou spécifiques à ces messieurs (Je n'ai pas bien compris en quoi Charles Gave pouvait être englobé dans ce micro-courant ?). Les textes et les références jetés au petit bonheur la chance – comme tu le soulignes en pointant cet agrégat bancal entre accélérationnisme, références contre-révolutionnaires et proto-fascistes – pour décrire l’activité réelle d’entrepreneurs et d’ingénieurs tout ce qu’il y a de plus ordinairement contemporains, trahissent ama davantage la faiblesse de la théorie à saisir la pratique qu’une véritable réflexion sur les transformations actuelles de notre monde commun.
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La question que je me pose est plutôt : en quoi cet ensemble de discours (plutôt rudimentaires) nous éclaire-t-il sur les ambitions et les intérêts des élites de la tech qui tournent autour de Donald Trump ? Quand je lis Yarvin ou Thiel, je me demande d'abord s'ils ont fumé du crack avant de m'interroger sur la pertinence de leur vue du monde. Faut-il vraiment prendre au sérieux ce fatras, et ne pas lui assigner la place qu'il mérite, c'est à dire celui d'idéologie ou de communication publique visant à masquer les véritables rapports de force qui se jouent autour de l'exécutif us aujourd'hui ? Je me pose le même problème avec d'autres 'courants' maga, que je trouve tout aussi simplets (on peut en parler dans un autre fil si ça intéresse des gens : le post-libéralisme et le national-conservatisme). Maintenant, le livre de Miranda n'est pas parole d'évangile et les écrits des auteurs cités peuvent être plus intéressants que la taxinomie proposée. Mais ce n'est pas ce qui ressort de ce que j'ai pu lire (par exemple Le moment straussien de P Thiel est un essai absolument épouvantable). Je ne suis pas sûr que la comparaison avec la FM puisse être pertinente ici.
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J'ai lu le bouquin de Miranda et suivi un peu le truc (de loin) depuis le début (via Mencius machin qui, certains s'en souviennent sans doute, était déjà cité sur ce forum il y a 15 ans) et j'ai toujours du mal à y voir autre chose qu'un long troll assez pauvre théoriquement essentiellement destiné à faire chier la gauche. Mais je prendrai le temps de regarder cette vidéo, merci.
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Moi j'aimerais bien savoir quels services Moscovici a rendu au gars Jeffrey.
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Celle qui va de Bannon à Clinton, en passant par Moscovici et Barak
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Je sens qu'on va essayer de la faire payer pour tout le monde. Qu'il commence à se méfier des fenêtres et des balcons.
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Des militaires français mettent le feu à un navire US
F. mas a répondu à un sujet de Marlenus dans Actualités
Based. -
Je pense surtout qu'elle aime le pouvoir, et que sa conversion miraculeuse au libéralisme n'a pas plus de deux-trois ans maximum.
