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Zomia - Ou L'art De Ne Pas Être Gouverné


(V)

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"Depuis deux mille ans, les communautés montagneuses d’une vaste région d’Asie du Sud-Est refusent obstinément leur intégration à l’État. Zomia : c’est le nom de cette zone d’insoumission qui n’apparaît sur aucune carte, où les fugitifs – environ 100 millions de personnes –, se sont réfugiés pour échapper au contrôle des gouvernements des plaines. Traités comme des « barbares » par les États qui cherchaient à les soumettre, ces peuples nomades ont mis en place des stratégies de résistance parfois surprenantes pour échapper à l’État, synonyme de travail forcé, d’impôt, de conscription. Privilégiant des modèles politiques d’auto-organisation comme alternative au Léviathan étatique, certains sont allés jusqu’à choisir d’abandonner l’écriture pour éviter la consignation, synonyme d’appropriation de leur mémoire et de leur identité. Poursuivant les intuitions et travaux de Pierre Clastres et Michel Foucault, l’auteur nous propose une étonnante contre-histoire de la modernité. Car Zomia met au défi les délimitations géographiques traditionnelles et les évidences politiques, et pose des questions essentielles : que signifie la « civilisation » ? Que peut-on apprendre des peuples qui ont voulu y échapper ? Quelle est la nature des relations entre États, territoire, populations, frontières ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la disparition de la rebelle Zomia paraît inéluctable. Mais son histoire nous rappelle que la « civilisation » peut être synonyme d’oppression, et que le sens de l’histoire n’est aussi pas univoque qu’on le croit."

Pas encore lu, peut-être que certains ici ont déjà un avis

Posté

ok, la fonction recherche ne m'a pas permis de le trouver

ps : la fonction amazon ne semble pas fonctionner non plus...

Posté

Surtout depuis que c'est devenu l'organe de presse semi-officiel des jeunes du PS.

Posté

Pour être allé dans ces régions au Laos, ce concept de Zomia est très sur-estimé (mais je conçois que ça fasse mouiller le libertarien qui sommeille en vous, comme il l'a fait dans mon tréfonds). En réalité, la police est présente, et par conséquent, le gouvernement également. Dans les zones les plus reculées, les militaires sont présents, pas au sens auquel on l'entend en occident (ils viennent juste chercher des bakchich, pas faire respecter la loi du gouvernement central, très souvent en usurpant un uniforme d'officier), mais ne viennent pas fouiller un quelconque livre de compte, certes.

 

Il est possible de conclure un contrat entre une entreprise et un village mais cela reste informel. En cas de rupture de l'accord, n'espérez pas aller devant un tribunal, vous n'aurez de toute façon pas de contrat écrit. Le mode d'organisation dans ces villages est patriarcal, le chef de village faisant office d'autorité. Si vous avez des appuis locaux, parlant la langue, et en vous implantant durablement auprès des individus, vous pourrez vous intégrer. Sinon, n'y comptez pas. Si vous voulez juste vous affranchir des lois de l'Etat, allez à Vang Vieng, vous pourrez y consommer une multitude de drogues en toute impunité en faisant la nique aux hommes de l'état et aux camarades pontes du parti.

Posté

Pour être allé dans ces régions au Laos, ce concept de Zomia est très sur-estimé (mais je conçois que ça fasse mouiller le libertarien qui sommeille en vous, comme il l'a fait dans mon tréfonds). En réalité, la police est présente, et par conséquent, le gouvernement également. Dans les zones les plus reculées, les militaires sont présents, pas au sens auquel on l'entend en occident (ils viennent juste chercher des bakchich, pas faire respecter la loi du gouvernement central, très souvent en usurpant un uniforme d'officier), mais ne viennent pas fouiller un quelconque livre de compte, certes.

 

Oui, c'est du rousseauisme mal digéré. Entre Zomia, la Somalie et les plateformes avorteuses, les paradis libertariens ne font pas rêver.

Posté

En tout cas, l'article de Lucilio est très bon.

 

Oui, c'est mieux écrit qu'Atlas Shrugged, mais les deux sont des fictions.

  • 3 weeks later...
Posté

les paradis libertariens ne font pas rêver.

 

ok mais entre rechercher un paradis libertarien et habiter a Paris il doit y avoir un juste milieu :mrgreen:

  • 11 years later...
Posté

https://reason.com/2010/05/25/life-on-the-edge/

...

Scott focuses his attention on the region of upland Southeast Asia he calls "Zomia" (from a term for "highlander" in the Tibeto-Burman languages). "Much of the Southeast Asian massif is, in effect, a shatter zone," he writes. Similar "shatter zones" can be found in the mountains of the Caucasus (the ethnic, linguistic, and religious complexity of the region is staggering, with at least 13 languages spoken in Georgia alone), in the Balkans, in highland West Africa, in highland South America, in the Mekong Delta, in the Don River Basin, and elsewhere—even in Appalachia and the Great Dismal Swamp along the Virginia/North Carolina border.

Posté
il y a 22 minutes, Rübezahl a dit :

in highland South America

 

Tiens, j'apprenais justement hier dans un podcast de Tyler Cowen que de larges portions du territoire colombien échappent complètement au contrôle de l'État et que ce serait une raison potentielle pour expliquer pourquoi le pays n'a jamais fait défaut sur sa dette ou eu de période d'hyperinflation.

 

Dommage que la logique du raisonnement ne soit pas expliquée même si j'ai une idée sur la question.

  • Yea 1
Posté
Il y a 2 heures, Rübezahl a dit :

J'ai l'impression que Scott écrivait aussi en français.

Apparemment, non.

Citation

Traduit de l’anglais par Rachel Bouyssou

 

(Ceci dit, l'article est intéressant.)

Posté
Il y a 10 heures, Rincevent a dit :

Apparemment, non.

(Ceci dit, l'article est intéressant.)

Autant pour moi.

Oui, l'article est intéressant, et la traduction est de très bonne qualité, ce qui permet d'apprécier d'autant mieux le contenu.

Posté
Le 26/07/2024 à 12:24, Liber Pater a dit :

C'est assez contre intuitif à première vue puisque si des gens échappent à l'état ils échappent aux impôts

 

J'imagine que la logique est que l'existence d'un marché parallèle (probablement en dollars américains) fait qu'il y a un échappatoire "trop facile" pour qu'une inflation de la monnaie locale puisse se faire sans causer un effondrement de celle-ci.

 

Mais bon, c'est juste mon hypothèse, j'aurais aimé avoir plus de détails. Tiens, je vais essayer de lui envoyer un email.

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