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zyggy

Et La Poésie?

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je n'arrive pas a le retrouver, mais le discours de Ursus (L'homme) a Homo (le loup) sur l'autorite dans L'homme qui Rit de Hugo est une merveille.

Je le posterai si je le trouve. Je cherche un poème de Shakespeare qui s'intitule "La vie"

En attendant, pourquoi ne pas se faire plaisir en lisant Sully Prudhomme? :icon_up:

L'habitude



L'habitude est une étrangère

Qui supplante en nous la raison :

C'est une ancienne ménagère

Qui s'installe dans la maison.

Elle est discrète, humble, fidèle,

Familière avec tous les coins ;

On ne s'occupe jamais d'elle,

Car elle a d'invisibles soins :

Elle conduit les pieds de l'homme,

Sait le chemin qu'il eût choisi,

Connaît son but sans qu'il le nomme,

Et lui dit tout bas : "Par ici."

Travaillant pour nous en silence,

D'un geste sûr, toujours pareil,

Elle a l'oeil de la vigilance,

Les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s'abandonne

A son joug une fois porté !

Cette vieille au pas monotone

Endort la jeune liberté ;

Et tous ceux que sa force obscure

A gagnés insensiblement

Sont des hommes par la figure,

Des choses par le mouvement.

- SULLY PRUDHOMME -

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Moi j'aime bien l'éloge de la folie d'Erasme, mais pas un texte en particulier, toute la pièce.

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je n'arrive pas a le retrouver, mais le discours de Ursus (L'homme) a Homo (le loup) sur l'autorite dans L'homme qui Rit de Hugo est une merveille.

Je pense qu'on peut le retrouver parmi les livres numérisés de Google ( mais pas envie de chercher là).

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Un membre vénérable du forum me transmet ceci.

Je le suis :icon_up:

Ode à Priape

Alexis Piron (1689-1773)

Foutre des neuf garces du Pinde,

Foutre de l’amant de Daphné,

Dont le flasque vit ne se guinde,

Qu’à force d’être patiné :

C’est toi que j’invoque à mon aide,

Toi qui dans les cons, d’un vit raide,

Lance le foutre à gros bouillons ;

Priape soutiens mon haleine,

Et pour un moment dans ma veine,

Porte le feu de tes couillons.

Que tout bande, que tout s’embrase ;

Accourez putains et ribauds :

Que vois-je ?… Où suis-je… Ô douce extase !…

Les cieux n’ont pas d’objets si beaux.

Des couilles en bloc arrondies,

Des cuisses fermes et bondies,

Des bataillons de vits bandés,

Des culs ronds sans poils et sans crottes,

Des cons, des tétons et des mottes,

D’un torrent de foutre inondés.

Restez adorables images,

Restez à jamais sous mes yeux ;

Soyez l’objet de mes hommages,

Mes législateurs et mes dieux :

Qu’à Priape on élève un temple

Où jour et nuit l’on vous contemple,

Au gré des vigoureux fouteurs ;

Le foutre y servira d’offrandes,

Les poils de couilles de guirlandes,

Les vits de sacrificateurs.

Aigle, baleine, dromadaire,

Insecte, animal, homme, tout,

Dans les cieux, sous l’eau, sur la terre,

Tout nous annonce que l’on fout :

Le foutre tombe comme grêle,

Raisonnable ou non, tout s’en mêle,

Le con met tous les vits en rut :

Le con du bonheur est la voie,

Dans le con gît toute la joie,

Mais hors du con point de salut.

Quoique plus gueux qu’un rat d’église,

Pourvu que mes couillons soient chauds,

Et que le poil de mon cul frise,

Je me fous du reste en repos.

Grands de terre l’on se trompe,

Si l’on croit que de votre pompe

Jamais je puisse être jaloux :

Faites grand bruit, vivez au large ;

Quand j’enconne et que je décharge,

Ai-je moins de plaisirs que vous ?

Que l’or, que l’honneur vous chatouille,

Sots avares, vains conquérants ;

Vivent les plaisirs de la couille !

Et foutre des biens et des rangs.

Achille aux rives du Scamandre,

Pille, détruit, met tout en cendres ;

Ce n’est que feu, que sang, qu’horreur :

Un con paraît, passe-t-il outre ?

Non, je vois bander mon jean-foutre ;

Le héros n’est plus qu’un fouteur.

De fouteurs la fable fourmille :

Le soleil fout Leucothoé,

Cynire fout sa propre fille,

Un taureau fout Pasiphaé ;

Pygmalion fout sa statue,

Le brave Ixion fout la nue ;

On ne voit que foutre couler :

Le beau Narcisse pâle et blême,

Brûlant de se foutre lui-même,

Meurt en tachant de s’enculer.

Socrate, direz-vous, ce sage,

Dont on vante l’esprit divin,

Socrate a vomi peste et rage,

Contre le sexe féminin :

Mais pour cela le bon apôtre,

N’en n’a pas moins foutu qu’un autre ;

Interprétons mieux ses leçons :

Contre le sexe il persuade ;

Mais sans le cul d’Alcibiade,

Il n’eût pas tant médit des cons.

Mais voyons ce brave cynique,

Qu’un bougre a mis au rang des chiens,

Se branler gravement la pique,

À la barbe des Athéniens :

Rien ne l’émeut, rien ne l’étonne ;

L’éclair brille, Jupiter tonne,

Son vit n’en est point démonté ;

Contre le ciel sa tête altière,

Au bout d’une courte carrière,

Décharge avec tranquillité.

Cependant Jupin dans l’Olympe,

Perce des culs, bourre des cons ;

Neptune au fond des eaux y grimpe,

Nymphes, sirènes et tritons ;

L’ardent fouteur de Proserpine,

Semble dans sa couille divine,

Avoir tout le feu des enfers :

Amis, jouons les mêmes farces ;

Foutons tant que le con des garces

Nous foute enfin l’âme à l’envers.

Tysiphone, Alecto, Mégere,

Si l’on foutait encor chez vous,

Vous Parques, Caron et Cerbère,

De mon vit vous tâteriez tous :

Mais puisque par un sort barbare,

On ne bande plus au Ténare,

Je veux y descendre en foutant ;

Là, mon plus grand tourment, sans doute,

Sera de voir que Pluton foute,

Et de n’en pouvoir faire autant.

Redouble donc tes infortunes,

Sort, foutu sort, plein de rigueur ;

Ce n’est qu’à des âmes communes

À qui tu peux foutre malheur :

Mais la mienne que le vit d’un carme,

Se ris des maux présents, passés :

Qu’on m’importe ? mon vit me reste ;

Je bande, je fous, c’est assez.

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Un membre vénérable du forum me transmet ceci.

Même pas la peine de dire qui ; c'est pratiquement signé. :icon_up:

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Ce poème de Tardieu reste pour moi une oeuvre de référence, indubitablement.

La Môme Néant

(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë, nasillarde,cassée, cassante, caquetante, édentée)

Quoi qu'a dit ?



- A dit rin.

Quoi qu'a fait ?

- A fait rin.

A quoi qu'a pense ?

- A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?

Pourquoi qu'a fait rin ?

Pourquoi qu'a pense à rin ?

- A'xiste pas.

Jean Tardieu, Le Fleuve caché, Gallimard 1968

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Je connaissais, je l'ai toujours trouvé très amusant :icon_up:

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Sisi, j'insiste avec mes baladins et rossignols qui chantent des textes ayant de la gueule au lieu des éructations actuelles sur nos ondes.

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Virgil Gheorghiu, la vingt-cinquième heure, mon bouquin précieux entre tous après le Coran.

Un jeune homme, Mr. Lewis, demande en mariage sa collègue Eleonora West, anciennement amoureuse de Traian Koruga (mort dans la guerre). Nora refuse, Nora explique :

- Ne vous fâchez pas, Mr Lewis, mais je ne pourrai jamais habiter vingt-quatre heures dans la même maison que vous.

- Pourquoi ?

- Je vous l'ai déjà dit : différence d'âge, dit Nora West. Vous êtes un jeune homme sympathique, égoïste et gentil : comme tous les jeunes d'ailleurs. Mais moi je suis une femme d'un autre monde.

- Je ne comprends pas.

- C'est pourquoi j'ai refusé de vous fournir des explications, dit Nora. Il est naturel que vous ne compreniez pas. J'ai derrière moi mille ans d'expériences, de renoncements, de tourments, mille ans qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Vous, vous avez le présent et l'avenir. Peut-être l'avenir. J'ajoute "peut-être" non pas que j'aie des doutes, mais parce qu'on ne peut jamais être certain de l'avenir.

- Too sophisticated ! dit-il, nerveux.

- Ecoutez-moi, Mr Lewis ! dit Nora. Après avoir écouté les déclarations d'amour de Pétrarque, Goethe, Lord Byron, Pouchkine, après avoir entendu Traian Koruga me parler d'amour, après avoir entendu les chansons des troubadours et les avoir vus à genoux devant moi, comme devant une reine, après avoir vu se tuer pour moi des rois et des chevaliers, après avoir parlé d'amour avec Valéry, Rilke, d'Annunzio, Eliot, comment pourrais-je prendre au sérieux cette demande en mariage que vous me jetez au visage en même temps que la fumée de votre cigarette ?

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Je suis contente à chaque fois que ce fil remonte, et j'en profite pour envoyer un texte de Bruce Bégout qui me touche beaucoup, il parle de survie et de sous-vie.

"La misère de notre époque ne concerne plus les difficicultés inhérentes à notre entretien quotidien de la vie. La faim, le froid, la maladie ne nous concernent plus qu’épisodiquement. Nous avons vaincu ces fléaux ou sommes en passe de le faire. C’est cette victoire imminente qui nous rend encore plus insupportable la condition de ceux qui en sont encore exclus.

Pour la plupart d’entre nous, la misère a pris un nouveau visage : elle découle de tout ce qui excède le besoin (pour qui les nécessités de la vie sont-elles encore nécessaires ?) et s’avère au final bien plus pauvre que lui. Misère affective, sexuelle, culturelle, spirituelle, symbolique. Misère des sens et des images, misère de ne même plus s’apercevoir de sa misère et d’en être satisfait.

Nous sommes pauvres de nos mots et de nos sentiments, de nos désirs et de nos idées. Au chaud, notre corps a froid d’un manque de chaleur humaine. Repu, a faim de nourritures spirituelles; éduqué, souffre d’un défaut de sens. L’entretien du processus vital suffit à notre peine laquelle s’est considérablement allégée depuis que nous avons délégué aux machines et aux organismes sociaux le soin de notre âme.

C’est ce contraste entre, d’un côté, nos corps choyés, soignés, suralimentés, assurés et vêtus et, de l’autre, nos pauvres esprits illettrés, anesthésiés et gourds qui exprime mieux que tout autre image notre condition misérable. Nous nous pavanons dans nos habits de rois (il y a un extrême contraste de plus en plus fort entre notre bien-être matériel et la misère affective, symbolique et théologique de nos existences) avec des discours de gueux.

Par sous-vie, j’essaie de nommer cette condition moderne de notre existence où tout désir est devenu besoin, où tout dépassement de soi dans une oeuvre ou une action est tout de suite rabattu vers la simple perpétuation d’une existence la moins pénible qui soit. Si, pour reprendre les mots de Simmel, la vie est marquée par une double tendance, “plus de vie” et “plus que la vie”, force est de constater que notre sous-vie actuelle délaisse la seconde aspiration au profit de la première. “

Bruce Bégout - Pensées privées

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Cher Ami, si tu m'en veux croire

Cher Ami, si tu m'en veux croire,

Nous quitterons ces jeunes sots

Qui ne parlent que de la gloire

Des combats qu'on fait sur les flots.

Éternisons notre mémoire

À vider un nombre de brocs.

Si nous sommes gros de trop boire,

Nous en tiendrons plus, tant gros.

Moquons-nous de cette fumée

Qu'on appelle la renommée,

Et dont se moque l'Esprit fort.

Un verre plein durant la vie

Est cent fois plus digne d'envie

Qu'un tombeau vide après la mort.

Vion D'Alibray

Les montreurs

Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière,

La chaîne au cou, hurlant au chaud soleil d'été,

Promène qui voudra son coeur ensanglanté

Sur ton pavé cynique, ô plèbe carnassière !

Pour mettre un feu stérile en ton oeil hébété,

Pour mendier ton rire ou ta pitié grossière,

Déchire qui voudra la robe de lumière

De la pudeur divine et de la volupté.

Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire,

Dussé-je m'engloutir pour l'éternité noire,

Je ne te vendrai pas mon ivresse et mon mal,

Je ne livrerai pas ma vie à tes huées,

Je ne danserai pas sur ton tréteau banal

Avec tes histrions et tes prostituées.

Charles-Marie Leconte de Lisle

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Virgil Gheorghiu, la vingt-cinquième heure, mon bouquin précieux entre tous après le Coran.

Un jeune homme, Mr. Lewis, demande en mariage sa collègue Eleonora West, anciennement amoureuse de Traian Koruga (mort dans la guerre). Nora refuse, Nora explique :

- Ne vous fâchez pas, Mr Lewis, mais je ne pourrai jamais habiter vingt-quatre heures dans la même maison que vous.

- Pourquoi ?

- Je vous l'ai déjà dit : différence d'âge, dit Nora West. Vous êtes un jeune homme sympathique, égoïste et gentil : comme tous les jeunes d'ailleurs. Mais moi je suis une femme d'un autre monde.

- Je ne comprends pas.

- C'est pourquoi j'ai refusé de vous fournir des explications, dit Nora. Il est naturel que vous ne compreniez pas. J'ai derrière moi mille ans d'expériences, de renoncements, de tourments, mille ans qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Vous, vous avez le présent et l'avenir. Peut-être l'avenir. J'ajoute "peut-être" non pas que j'aie des doutes, mais parce qu'on ne peut jamais être certain de l'avenir.

- Too sophisticated ! dit-il, nerveux.

- Ecoutez-moi, Mr Lewis ! dit Nora. Après avoir écouté les déclarations d'amour de Pétrarque, Goethe, Lord Byron, Pouchkine, après avoir entendu Traian Koruga me parler d'amour, après avoir entendu les chansons des troubadours et les avoir vus à genoux devant moi, comme devant une reine, après avoir vu se tuer pour moi des rois et des chevaliers, après avoir parlé d'amour avec Valéry, Rilke, d'Annunzio, Eliot, comment pourrais-je prendre au sérieux cette demande en mariage que vous me jetez au visage en même temps que la fumée de votre cigarette ?

Sublime :icon_up: il faut que je lise cet ouvrage !

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Sublime :icon_up: il faut que je lise cet ouvrage !

Je suis loin d'être un littéraire, mais est-ce que ce n'est pas un peu gros et vulgaire, comme procédé, de balancer des noms dans l'espoir de camoufler le banal de la situation ?

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Inégalités d'accès à la culture : le livre en France, un produit de luxe

http://labreche.20minutes-blogs.fr/archive…-un-produi.html

Matière à objecter mais aussi des infos : protectionnisme et exigences de droits, de droits, de droits bloquant la concurrence.

Le 14 janvier 2010, au cours d'une conférence de presse commune, le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels (SDLC) et le Syndicat de la librairie française (SLF) ont ainsi réclamé une plate-forme de téléchargement unique, et des conditions légales et tarifaires identiques au livre imprimé. Autrement dit, de pouvoir faire payer au consommateur le même prix pour télécharger un fichier en quelques secondes, que pour acheter un exemplaire issu d'une longue chaîne de production, depuis l'encre et le papier jusqu'à l'acheminement en librairie — alors même que ce prix est déjà trop élevé. Cela ressemble à une plaisanterie, mais ne fait que reprendre une proposition très sérieuse du rapport Zelnik sur la création et internet, remis au ministre de la culture Frédéric Mitterrand le 6 janvier

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Inégalités d'accès à la culture : le livre en France, un produit de luxe

http://labreche.20minutes-blogs.fr/archive…-un-produi.html

Matière à objecter mais aussi des infos : protectionnisme et exigences de droits, de droits, de droits bloquant la concurrence.

Honnêtement, je n'ai pas lu l'article mais ça me fatigue vraiment de voir que les gens n'arrivent pas à se débrouiller par eux-même pour dénicher des produits pas chers et qu'on en arrive encore et toujours à des interventions étatiques (cf Fillon qui veut une "offre sociale pour l'ADSL" à 20 euros … alors que celle-ci existe déjà !).

N'importe quel bouquiniste dispose d'un grand nombre des meilleurs romans, recueils de poésie jamais écrits et pour un prix modique. Quand on a pas de thunes, on se débrouille. Il existe aussi les bibliothèques et le meilleur de la littérature étant libre de droit, une recherche sur internet permet de trouver des tonnes de bouquins numérisés et gratuits.

Pour ma part, quand j'ai pas la thunes pour acheter un roman en anglais : http://ebooks.adelaide.edu.au/

Sinon, y'a aussi http://www.abebooks.fr/ avec des classiques à 60 centimes. Les gens me dépriment parfois à faire pérenniser des systèmes inaptes à combler leurs besoins.

Sinon, en ce moment, un de mes textes favoris est celui-ci :

Je fus je me doute par jeu

Par un penchant curieux

Tu me dis la première

A briser le cours régulier

D'une vie destinée

A tuer l'éphémère

La vague déferlante d'amour

Nous éclaboussa ce jour

De façon cavalière

Au bal où nous invita l'amour

A danser pour toujours

Sa valse irrégulière

Et depuis parée de cet amour

J'ai dansé tour à tour

Tous les champs de la terre

Surprise en décembre en juillet

Partout où nous menaient

Des joies similaires

Puis un jour tu vois

Pour un autre que toi

Je devins régulière

Je pris mais sans échapper à toi

Un destin tracer droit

Lassée de ce mystère

Tu sais que mon désir est le tien

Vois comme il me va bien

Je suis sa prisonnière

Je sais que tes larmes n'ont pas

L'importance qu'on croit

Je connais tes mystères

Est-ce que pour toi aussi

Les mots les pensées

Ne sont plus aussi bouleversants

Bouleversants qu'autrefois

Tout me paraît vulgaire

Je suis toujours tu vois

Ton irrégulière

C'est une chanson de Jean-Louis Murat qui s'intitule La Chanson de Dolorès. Il est pour moi l'un des rares artistes valables en France, et bien sûr, n'a pas beaucoup de succès. Son oeuvre peut être écoutée sur deezer avec un compte. Je vous le conseille vivement.

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Inégalités d'accès à la culture : le livre en France, un produit de luxe

Merci à la loi sur le prix minimum du livre, merci à Jâââck Lang.

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Où est le poète ? Montrez-le ! montrez-le,



Vous, les neuf Muses ! que je puisse le reconnaître.

C'est l'homme qui en face d'un homme

Est toujours un égal, fût-il un roi,

Qu'il soit le plus pauvre de la tribu des mendiants

Ou n'importe quelle autre chose étonnante

Que puisse être un homme entre un singe et Platon ;

C'est l'homme qui, devant un oiseau,

Roitelet ou aigle, trouve le chemin

De tous ses instincts ; il a entendu

Le rugissement du lion, et peut dire

Ce qu'exprime sa gorge rugueuse,

Et pour lui le hurlement du tigre

A une signification et frappe

Son oreille comme une langue maternelle

John KEATS (trad. Paul Gallimard)

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Où est le poète ? Montrez-le ! montrez-le,



Vous, les neuf Muses ! que je puisse le reconnaître.

C'est l'homme qui en face d'un homme

Est toujours un égal, fût-il un roi,

Qu'il soit le plus pauvre de la tribu des mendiants

Ou n'importe quelle autre chose étonnante

Que puisse être un homme entre un singe et Platon ;

C'est l'homme qui, devant un oiseau,

Roitelet ou aigle, trouve le chemin

De tous ses instincts ; il a entendu

Le rugissement du lion, et peut dire

Ce qu'exprime sa gorge rugueuse,

Et pour lui le hurlement du tigre

A une signification et frappe

Son oreille comme une langue maternelle

John KEATS (trad. Paul Gallimard)

Pourrais-tu m'indiquer le titre du poème ? J'aimerais bien le lire en anglais. Sinon, je suppose que tu as entendu parler du film Bright Star inspiré d'une partie de la vie de Keats, non ? Je ne l'ai pas encore vu pour ma part.

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Pourrais-tu m'indiquer le titre du poème ? J'aimerais bien le lire en anglais. Sinon, je suppose que tu as entendu parler du film Bright Star inspiré d'une partie de la vie de Keats, non ? Je ne l'ai pas encore vu pour ma part.

Bonjour Johnnieboy,

comme souvent chez Keats, ce sont des poèmes sans titre, et n'ayant pas mes autres éditions sous la main, je te renvoie à ce lien :

http://cle.ens-lsh.fr/57459777/0/fiche___pagelibre/

Pour ce qui est du film Bright Star, je n'en avais pas entendu parler, je vais immédiatement me renseigner - merci pour l'information.

A bientôt

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Guest

Je l'ai vu, et il y a des scènes sublimes, des plans incroyables, esthétiquement et visuellement ce film est un pur chef d'oeuvre, et la musicalité des poèmes de Keats c'est la cerise sur le gâteau!

Sinon, le scénario et toute l'action dramatique du film sont assez ronflants…

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L’Arbre

Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,

C'est devenu du bois.

Il y avait une grande politesse de paroles,

C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.

Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse

Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe?

C'est devenu du bois sans intentions apparentes

Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre

Elle reste muette

Du moins pour les oreilles humaines,

Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances

Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.

Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,

Tout en restant immobile !

Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,

Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature

Parmi les autres oiseaux

Mais lui ne fait pas attention,

Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,

Et regarder, pour mieux se taire,

Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,

Il faut savoir être tout entier dans une feuille

Et la voir qui s'envole.

-Jules SUPERVIELLE -

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"Pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance. L'homme veut son enfance, veut la ravoir, et s'il aime davantage sa mère à mesure qu'il avance en âge, c'est parce que sa mère, c'est son enfance".

V

"Ton enfant est mort en même temps que toi. Par ta mort, me voici soudain de l'enfance à la vieillesse passée. Avec toi, je n'avais pas besoin de faire l'adulte. Voilà ce qui m'attend désormais, toujours feindre d'être un monsieur, un sérieux à responsabilités. Je n'ai plus personne pour me gronder si je mange trop vite ou si je lis trop avant dans la nuit."

VII

"Sous terre, ma bien-aimée, tandis que bouge ma main faite par elle, ma main qu'elle baisait, sous terre, l'ancienne vivante, allongée maintenant en grande oisiveté, pour toujours immobile, celle qui en sa jeunesse virginale dansa de pudiques mazurkas rieuses. Fini, fini, plus de Maman, jamais. Nous sommes bien seuls tous les deux, toi dans ta terre, moi dans ma chambre. Moi, un peu mort parmi les vivants, toi, un peu vivante parmi les morts. En ce moment, tu souris peut-être imperceptiblement parce que j'ai moins mal à la tête".

IV

Albert Cohen, le livre de ma mère.

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La grasse matinée

Il est terrible

le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain

il est terrible ce bruit

quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

elle est terrible aussi la tête de l'homme

la tête de l'homme qui a faim

quand il se regarde à six heures du matin

dans la glace du grand magasin

une tête couleur de poussière

ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde

dans la vitrine de chez Potin

il s'en fout de sa tête l'homme

il n'y pense pas

il songe

il imagine une autre tête

une tête de veau par exemple

avec une sauce de vinaigre

ou une tête de n'importe quoi qui se mange

et il remue doucement la mâchoire

doucement

et il grince des dents doucement

car le monde se paye sa tête

et il ne peut rien contre ce monde

et il compte sur ses doigts un deux trois

un deux trois

cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé

et il a beau se répéter depuis trois jours

Ça ne peut pas durer

ça dure

trois jours

trois nuits

sans manger

et derrière ce vitres

ces pâtés ces bouteilles ces conserves

poissons morts protégés par les boîtes

boîtes protégées par les vitres

vitres protégées par les flics

flics protégés par la crainte

que de barricades pour six malheureuses sardines..

Un peu plus loin le bistrot

café-crème et croissants chauds

l'homme titube

et dans l'intérieur de sa tête

un brouillard de mots

un brouillard de mots

sardines à manger

oeuf dur café-crème

café arrosé rhum

café-crème

café-crème

café-crime arrosé sang !…

Un homme très estimé dans son quartier

a été égorgé en plein jour

l'assassin le vagabond lui a volé

deux francs

soit un café arrosé

zéro franc soixante-dix

deux tartines beurrées

et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

-Jacques Prévert-

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Je suis loin d'être un littéraire, mais est-ce que ce n'est pas un peu gros et vulgaire, comme procédé, de balancer des noms dans l'espoir de camoufler le banal de la situation ?

oui j'ai également trouvé le ton trop pesant et pompeux, à croire que l'auteur voulait s'exposer en grand lecteur.

J'ai toujours trouvé que les individus énumérant avec candeur leur expérience livresque avait un air hautain et superficiel tout à fait détestable. Peut etre que mon enseignement à ce sujet à mal influencé ma compréhension.

L'attitude me déplait, à rattacher à de la pédanterie improductive.

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Une simple citation d'Epictète. Je trouve qu'il développe dans cette phrase un individualisme interessant : "Pour moi, il n'y a que d'heureux présages ; car, quoi qu'il arrive, il dépend de moi d'en tirer du bien."

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Disons qu'avoir lu et apprécié les auteurs en question doit jouer dans la sensibilité. :icon_up:

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Disons qu'avoir lu et apprécié les auteurs en question doit jouer dans la sensibilité. :icon_up:

oui, mais à titre personnel tout dépend également de l'âge. J'ai hâte par exemple d'avoir la quarantaine et de relire les livres Nietzsche, car avec une expérience solide, ses livres doivent dégager une saveur considérable.

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