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Trotskisme et division cellulaire

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Il y a 16 heures, Mégille a dit :

Quelqu'un comprends quelque chose à cette querelle de chapelle des trotskystes français d'ailleurs ?

 

Je démarre un nouveau thread pour répondre à ta question et ce, afin de ne pas polluer l'autre.

Bon, en quelques (longues lignes), l'explication de P. Raynaud (complétée par Wikipedia. Je sais, ce n'est pas très sérieux mais cela ne concerne que des points mineurs). Attention, un wall of text se cache dans le spoiler ci-dessous, on attache donc bien fort sa ceinture !

 

Révélation

 

Il faut commencer par un long retour en arrière, à une époque où Trotski ne se ballade pas encore avec un pic à glace planté dans le crâne  mais a néanmoins déjà été viré d'URSS par un Staline n’aimant pas trop partager le pouvoir. Sans surprise, pour les trotskistes, le régime stalinien marque une régression par rapport à la Révolution d'octobre dont ils seraient, eux, les véritables héritiers. D'après eux, la régression serait due à un épuisement de l'énergie révolutionnaire et se traduirait de divers manières (augmentation des inégalités entre dirigeants et ouvriers, retour d'une morale bourgeoise, d'un art académique, etc.). Bien entendu, tout cela ne serait pas arrivé si le Vieux (Trotski) était resté aux commandes. Cependant, si Trotski et ses potes dénoncent un infléchissement "conservateur" du régime, ils ne vont pas jusqu'à l'accuser de vouloir restaurer le capitalisme en URSS.

Trotski propose donc une analyse de la situation du pays qui se présente sous la forme de 3 thèses liées les unes aux autres :

1) Il y a discontinuité entre la Révolution d'octobre et ses valeurs et le régime stalinien (ce qui permet au passage à Trotski de se laver les mains de ses excès) ;

2) Les "rapports de production" soviétiques restent cependant socialistes par nature. La "bureaucratie" soviétique est donc une couche "parasitaire", instable et sans avenir de la société mais non une couche capitaliste "exploiteuse" ;

3) Du fait de la 2ème thèse, la "bureaucratie" soviétique a abandonné toute perspective révolutionnaire, il convient donc de construire une nouvelle direction révolutionnaire pour la remplacer.

 

Or si la première thèse paraît convaincante à l'époque (elle ne l'est pas hein, on est bien d'accord), les deux suivantes sont critiquées assez rapidement, notamment par d'autres opposants au régime stalinien. Trotski ajoute donc, à l'orée de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle thèse à son analyse : d'après les points 2 et 3 de son analyse, le régime soviétique est voué à un certain immobilisme, à participer à une stabilisation de l'ordre "impérialiste" mondiale et ne devrait donc pas se diffuser de manière durable en dehors de ses frontières (4ème thèse). Ce point est très important : se joue en effet rien de moins que la validité du marxisme et de ses prédictions historiques. En effet, si le régime soviétique (stalinien) s'étend dans d'autres pays, cela traduirait une certaine stabilité de ce dernier et de sa bureaucratie qui ne serait donc plus une couche "parasitaire" condamnée à disparaître mais une couche "exploiteuse", durable et "conservatrice". Cela voudrait donc dire qu'une révolution prolétarienne ne débouche pas nécessairement sur le régime communiste tant attendu (et, donc, qu'il existe d'autres alternatives au régime impérialiste capitaliste qu'il convient aussi de combattre) et puis aussi qu'on ne peut vraiment pas compter sur la classe ouvrière pour faire une révolution durable, c’est vraiment rien que des méchants qui ne font pas d’efforts.

 

Bon, pas de chance, l'après Seconde Guerre Mondiale voit apparaître des régimes frères en Europe centrale et orientale : le régime soviétique s'étend hors de ses frontières. Résultat, de nombreux trotskistes par le monde abandonnent leurs idéaux (en France, Castoriadis ou Lefort par exemple). Pour les purs et durs qui y croient encore, il convient cependant d'apporter une réponse à ce qui semble être une réfutation empirique de la 4ème thèse, i.e. montrer que l'URSS reste un État ouvrier (certes dégénéré) sans renier l'analyse trotskiste (bref, faire un sacré numéro d'équilibriste). Et c'est du fait de divergences d'analyse que la IVème Internationale (regroupant une bonne partie de la mouvance trotskiste) va se scinder en deux groupes antagonistes.

 

1) Les pablistes et leurs héritiers frankistes.

  • Leur analyse de l’URSS et leur stratégie : pour certains trotskistes (notamment Michel Raptis, alias "Pablo"), le régime soviétique contribue, d'une certaine manière, et malgré son côté déplaisant, à étendre un régime social "progressiste". Il faut donc revoir à la baisse les prétentions révolutionnaires et opérer un rapprochement avec les staliniens malgré leur hostilité. En effet, pour Pablo, le monde est divisé en deux blocs et la majorité des forces anticapitalistes et anti-impérialistes se trouve, de fait, influencée par la bureaucratie soviétique. Cette dernière peut, à l'occasion, gauchir sa politique et même à accomplir certaines tâches de la révolution. Il convient donc, pour les trotskistes, d'apporter un soutien aux éléments les plus progressistes des partis communistes inféodés à Moscou et y pratiquer une politique d'entrisme purement clandestin (à noter que cet entrisme se pratique aussi au sein de divers mouvements socialistes comme les Jeunes Socialistes).

Tout en souhaitant garder une certaine indépendance, les pablistes reconnaissent donc une certaine légitimité au communisme officiel. Il convient cependant de noter que cette orientation ambiguë ne plaît pas à de nombreux autres trotskistes (notamment français) qui cherchent à construire des organisations d'avant-garde indépendantes d'un Parti Communiste à la fois très présent et très hostile. Cette divergence de point-de-vue donnera lieu, en 1953, à une grande scission au sein de la IVème Internationale, et se traduira par la mainmise des pablistes sur cette organisation.

A noter qu'en France, les pablistes connaîtront une nouvelle scission lors du congrès de 1965 de la. Pablo soutient en effet le Front de libération nationale pendant la guerre d'Algérie et, après l'indépendance, devient conseiller de Ben Bella, premier président de l'Algérie (1962-65). Ne partageant pas cette stratégie de focalisation sur l’Algérie et préférant poursuivre la mobilisation en France, un courant mené par Pierre Frank (les frankistes) s’attachera donc à les expulser de la IVème Internationale.

 

  • Leurs engagements :
    • Sur le plan économique, les pablistes s'éloignent, au fil des années, de la doxa marxiste traditionnelle, préférant développer le pouvoir des travailleurs plutôt que d'étatiser l'économie (par le développement de "droits" nouveaux ou de la "démocratie participative" j'imagine). Ils sont par ailleurs plutôt réformistes et n’ont donc pas de problèmes tenter des rapprochements avec les socio-démocrates ;
    • Sur le plan sociétal, ils s'engagent pour les causes jugées progressistes (défense des homosexuels, de la consommation de drogues douces, de l'avortement, des sans-papiers, tiers-mondisme, etc.), marquant ainsi une franche différence avec les stals, plus conservateurs sur ces questions ;
    • Sur le plan international, ils voient avec intérêt l'émergence de mouvements indépendantistes dans les différents empires coloniaux et cherchent à les influencer pour leur faire prendre une tournure révolutionnaire et socialiste, ce qui leur donne une coloration "tiers-mondiste".

Ils soutiennent par ailleurs toutes les "avant-gardes communistes" même si ces dernières ne "poussent pas jusqu'au bout la critique du stalinisme" (ainsi, des intellectuels pablistes apportent leur soutien à Tito, Mao, Gomulka, Hô Chi Minh, Castro, Guevara et approuve temporairement l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS).

 

  • Leur organisation : en France, les pablistes et leurs héritiers étaient principalement présents :
    • Pour la fraction frankiste : au PCI (Parti Communiste International) et dans la JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire) qui fusionneront et deviendront la Ligue Communiste puis la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) et, enfin, le NPA ;
    • Pour la fraction pabliste "historique" (menée par Pablo) : à l'AMR (Alliance Marxiste Révolutionnaire) qui rejoindra le PSU (Parti Socialiste Unifié) avant d’essaimer au sein de divers groupuscules (comme Les Alternatifs, membre de la coalition du Front de Gauche).

 

  • Point-de-vue des lambertistes : les pablistes sont des traîtres ayant capitulé devant le stalinisme détruisant ainsi la IVème Internationale. Ce sont aussi des petits-bourgeois du fait de leur fascination pour des causes étrangères à celle des ouvriers (défense des homosexuels, de la consommation de drogues douces, tiers-mondisme, etc.). Ils sont par ailleurs incapables de subtilité, tombant dans tous les pièges réformistes proposés par le capitalisme.

 

2) Les Lambertistes.

  • Leur analyse de l’URSS et leur stratégie : comme nous l’avons vu plus haut, pour certains trotskistes (notamment Pierre Boussel, alias "Lambert", en France), reconnaître une certaine légitimité au communisme officiel, c'est prendre le risque de perdre son indépendance (sans compter que les stals restent des ennemis). D'où leur analyse tarabiscotée de la politique soviétique, supposée favorable au maintien de la domination bourgeoise (une manière de faire rentrer le régime soviétique dans la catégorie "allié de l'impérialisme et du capitalisme" et donc de ne pas remettre en cause les perspectives historiques marxistes je suppose… Si quelqu'un pouvait confirmer) et leur hostilité envers les partis communistes officiels et l'URSS. Ainsi, contrairement aux pablistes, les lambertistes refusent l’entrisme au sein du Parti Communiste et de ses alliés (comme la CGT) et vont plutôt chercher à infiltrer les syndicats non inféodés à Moscou comme FO (fun fact : il se pourrait donc qu’ils aient été financés par la CIA).

À la suite de la scission de 1953, les lambertistes participeront à la création d’un Comité International de la IVème Internationale avec des mouvements anglais et américains non-pablistes avant, semble-t-il, de fonder leur propre IVème Internationale (ce n'est pas très clair à vrai dire, il y a des rapprochements et de nouvelles scissions dans tous les sens au sein des organisations internationales).

 

  • Leurs engagements :
    • Sur le plan économique, les lambertistes semblent plutôt orthodoxes mais teinté d’un fort pessimisme. En effet, leur point-de-vue est que le capitalisme va mener à une destruction complète de la civilisation.

Leur discours est par ailleurs essentiellement défensif, appelant à la mobilisation unitaire des organisations ouvrières dans le but de défendre les acquis sociaux. Ils n’hésitent cependant pas à dénoncer la moindre compromission de leur part.

    • Sur le plan sociétal, ils sont d’une culture « républicaine ouvrière » (pour paraphraser P. Raynaud) : relativement progressistes concernant les mœurs (mais pas trop quand même), très anticléricaux, peu tiers-mondistes. Ils étaient par ailleurs peu concernés par les questions coloniales voire carrément hostiles aux revendications "libertaires" ou régionalistes des années 70. En effet, pour eux, tant que le capitalisme existe, toute avancée sociétale n'est qu'une diversion voire un moyen d'aggraver la condition d’existence des masses. Pour eux, le sociétal semble donc passer bien après les questions économiques.
    • Sur le plan international, n'étant proche d'aucun parti communiste classique, ils ont donc toujours lutté contre la "répression stalinienne" (pas qu’à l’international d’ailleurs). Ils ont ainsi soutenu les dissidents soviétiques (tant que ces derniers ne critiquaient pas la Glorieuse Révolution de 1917), dénoncé les exactions vietnamiennes, etc. Attention néanmoins, si les lambertistes se permettent ces critiques, ce n’est pas pour des raisons humanitaires mais parce que l’URSS est supposée favorable au maintien de la domination bourgeoise.

 

  • Leur organisation : en dehors des syndicats comme FO, les lambertistes se trouvaient principalement au sein du PT (Parti des Travailleurs) qui deviendra le POI (Parti ouvrier Indépendant) en 2008 (parti qui connaîtra lui aussi… Roulement de tambour… Une scission en 2015. Les traditions sont respectées).

 

  • Point-de-vue des pablistes et leurs héritiers : les lambertistes sont les membres d’une secte marquée par un fort "anticommunisme", par un conservatisme culturel et par un discours catastrophiste marquant une stratégie défensive et attentiste.

 

3) Lutte Ouvrière.

En France, on peut ajouter une 3ème mouvance : le groupe Barta qui deviendra l'Union Communiste Internationaliste puis Lutte Ouvrière en 1968. Fondé par David Korner (dit Barta) avant la Seconde Guerre Mondiale, ce groupe refuse de rejoindre la toute jeune IVème Internationale, cette dernière étant jugée trop petite-bourgeoise. Il se focalise essentiellement sur le monde ouvrier et cherche à construire une organisation révolutionnaire prête à agir lors du Grand Soir. Cependant, ce dernier tardant à venir, il pratique la propagande, dénonçant sans relâche le capitalisme et les illusions réformistes et valorisant la lutte comme moteur d’avancées sociales.

D’un point-de-vue organisationnel, Lutte Ouvrière est un mouvement qui voue un culte au secret et à la clandestinité et qui impose à ses membres une vie monacale. Tel un mort de faim, le groupuscule est d’ailleurs prêt à collaborer avec n’importe quelle organisation vaguement révolutionnaire (d’où des alliances ponctuelles par le passé avec la LCR).

 

 

TLDR : tout ça est bien compliqué, même moi je m'y perds. Il faut juste retenir qu'au final, c'est rien que de la faute de Trotski et de ses analyses foireuses.

Si certains ont des infos complémentaires ou des corrections à apporter, qu'ils n’hésitent pas.

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C'est marrant comme ces subdivisions subtiles pesaient dans le game de la théorie/science/philosophie/vie politique il y a encore 20 ans. Aujourd'hui, et c'est l'occasion de s'en réjouir, tout cela tient plus du plaisir d'antiquaires que de la vie publique :) Même le livre de Raynaud (loué soit son nom) est un peu dépassé sur le sujet, et n'a pas vu venir le sabordage en règle de la lcr (et son ratatinement à l'extrême).

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Je trouve que ça manque d’un sondage : Vous sentez vous plus proche des :

- pablistes historiques 

- pablistes frankistes

- lambertistes

- bartatistes

- staliniens ?

 

 

  • Haha 5

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Je vois pas grand-chose à ajouter sinon que les trotskystes sont le mal absolu. Parce que même le PCF est revenu (depuis quelques décennies maintenant) de son stalinisme, et même jusqu'à un certain point de son marxisme (triomphe des causes sociétales, social-démocratisation du parti, etc.). Alors que le trotskyste de 2018 raconte plus ou moins* les mêmes sortes de conneries que le trotskyste de 1930.

 

*La principale évolution étant une perméabilité à l'islamo-gauchisme (Chris Harman, Le prophète et le prolétariat, 1994), aux théories racistes dites "anticoloniales", etc. Autrement dit la seule évolution est un régression.

 

Se réclamer de Trotski mérite la même qualification morale que se réclamer de Mussolini, voire d'Hitler. Trotski a beaucoup de sang sur les mains. H. Guillemin (qui n'est pas exactement un historien de droite) dit bien qu'une URSS dirigée par Trotski n'aurait pas été sensiblement différente de ce qu'elle a été sous Staline.

 

 

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il y a 3 minutes, Bézoukhov a dit :

Je trouve que ça manque d’un sondage : Vous sentez vous plus proche des :

- pablistes historiques 

- pablistes frankistes

- lambertistes

- bartatistes

- staliniens ?


Pas cool d'oublier les ex-trots de Socialisme ou Barbarie, pas cool.

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il y a 3 minutes, Ultimex a dit :

Pas cool d'oublier les ex-trots de Socialisme ou Barbarie, pas cool.

 

Moi je viens intellectuellement de cette gauche là au départ (enfin, plutôt de l'IS, mais les deux orgas ont été un peu liées), je découvrais ça en 2013.

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il y a 9 minutes, F. mas a dit :

C'est marrant comme ces subdivisions subtiles pesaient dans le game de la théorie/science/philosophie/vie politique il y a encore 20 ans. Aujourd'hui, et c'est l'occasion de s'en réjouir, tout cela tient plus du plaisir d'antiquaires que de la vie publique :) Même le livre de Raynaud (loué soit son nom) est un peu dépassé sur le sujet, et n'a pas vu venir le sabordage en règle de la lcr (et son ratatinement à l'extrême).

 

Ratatinage à l'extrême ? Tant que ça ? Pourtant il me semble que la LCR (enfin son successeur, le NPA) bouge toujours et récolte encore sympathie et voix lors des élections (bon, le parti à probablement perdu des voix au profil du FdG/de la FI, c'est vrai, Mélanchon étant plus rassembleur/charismatique sur le créneau gauche de la gauche).

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10 minutes ago, Bézoukhov said:

Je trouve que ça manque d’un sondage : Vous sentez vous plus proche des :

- pablistes historiques 

- pablistes frankistes

- lambertistes

- bartatistes

- staliniens ?

 

 

 

 

Plus proche du poste de pilotage.

ride.PNG

  • Haha 6

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1 minute ago, Ultimex said:

 

Ratatinage à l'extrême ? Tant que ça ? Pourtant il me semble que la LCR (enfin son successeur, le NPA) bouge toujours et récolte encore sympathie et voix lors des élections (bon, le parti à probablement perdu des voix au profil du FdG/de la FI, c'est vrai, Mélanchon étant plus rassembleur/charismatique sur le créneau gauche de la gauche).

 

La création du NPA, c'est acter la défaite idéologique de la lcr  : les leaders historiques ont entériné la création d'un gros blob sans doctrine pour survivre (en termes électoraux et militants) en sacrifiant l'essentiel (la cohérence doctrinale). Le NPA, c'est un  catch all party comparé à la secte LCR d'avant.

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25 minutes ago, Ultimex said:


Pas cool d'oublier les ex-trots de Socialisme ou Barbarie, pas cool.

 

 

Sans doute les seuls à sauver, enfin en partie. On leur offre un parachute pour tout le groupuscule, signé un ex membre de l'association Cornélius Castoriadis.

  • Confused 1

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à l’instant, F. mas a dit :

signé un ex membre de l'association Cornélius Castoriadis.

 

What ?

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Just now, Ultimex said:

 

What ?

 

Oui, j'ai été membre de l'asso CC pendant mes années de fac. Etonnant, non ?^^

 

En fait pas tellement : c'était surtout concentré sur la philosophie de CC (et bcp moins sur son aspect militant, même si ça restait gauchisant).

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Mélanchon n'est il pas sensé être issu des Lambertistes or il a fait de l'entrisme à la pabliste.

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En fait, il y avait plein d'ex trotskos au PS (Jospin en tête) qui ont commencé par entrisme et sont restés parce que la soupe était quand même un peu meilleure rue de solférino que dans la banlieue crasseuse de Krivine et consorts. On ne voit pas à quel point les mouvements radicaux ont servi d'écoles de cadres pour les mouvements plus modérés, en particulier à gauche, dans l'ancien monde.

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Fmas proche de Casto ?

Je vais me refaire un café, j'ai pas tout suivi, je dois rêver éveillé.

  • Haha 2

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J'ai même fait des cercles de formation sur le sujet, mais bon, c'était il y a longtemps, dans une autre vie. C'est par Castoriadis que je me suis aperçu que les libertaires n'étaient pas tous complètement demeurés (et que l'épistémologie et la philosophie des sciences, c'est cool). Et, pas de panique, Castoriadis a toujours été une référence obligée dans le petit cénacle des aroniens de gauche tendance ehess/Le Débat qu'il m'arrivait de fréquenter.

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il y a 14 minutes, PABerryer a dit :

Mélanchon n'est il pas sensé être issu des Lambertistes or il a fait de l'entrisme à la pabliste.

 

Il y a pas mal d'anciens lambertistes au PS : Jospin, Cambadélis, l'ancien inspecteur du travail dont j'ai oublié le nom, Mélenchon, etc.

Attention cependant, l'entrisme n'est, a priori, pas une spécificité des pablistes. Les lambertistes refusent en effet de faire de l'entrisme dans les partis et syndicats communistes alignés sur Moscou. A priori, rien n'empêche d'en faire dans d'autres organisations (cf. FO par exemple).

 

Edit : c'est Filoche l'ancien inspecteur du travail... Cependant, après vérification, il a plutôt traîné ses guettres du côté de la LCR.

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Il y a aussi quelques pages sur le sujet dans La France rebelle de Crettiez et Sommiez.

 

Je croyais que le château de Presles où LO tient sa fête annuelle leur appartenait et je me demandais comment ils l'avaient acquis. J'ai trouvé cet article

Quote

Mais que devient le château de Bellevue, et son parc de plus de dix hectares, lorsque le plus grand rassemblement trotskiste est terminé ? Ce sont bien des sympathisants qui continuent de l’entretenir. Car si le domaine ne fait pas directement partie du patrimoine de LO, il lui est intimement lié.

Le château de Bellevue appartient actuellement à plusieurs propriétaires, réunis en association. Certains des membres de ce groupe sont des proches du parti d’extrême gauche. Le domaine sert donc essentiellement à des activités liées au mouvement. L’acquisition du site remonte aux années 1980.

 

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Dans quelle mesure ces mouvements ont-ils de l'influence dans les partis "de gouvernement" en France aujourd'hui?

Je veux, en dehors des anciens trotskystes passés socdem avec tous les codes socdem (plus de révolution donc).

 

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il y a 10 minutes, Azref a dit :

Dans quelle mesure ces mouvements ont-ils de l'influence dans les partis "de gouvernement" en France aujourd'hui?

Je veux, en dehors des anciens trotskystes passés socdem avec tous les codes socdem (plus de révolution donc).

Dans les partis, pas certain qu'ils en aient encore beaucoup. Mais dans les media...

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à l’instant, Rincevent a dit :

Dans les partis, pas certain qu'ils en aient encore beaucoup. Mais dans les media...

Je ne sais pas trop, honnêtement. Le discours médiatique est quand même très très simple, à base de rejet du libéralisme assez émotionnel. C'est juste des "experts" n'y comprenant rien qui suivent le courant étatiste dominant en France, pas un discours construit sur tout un corpus théorique. A moins de considérer l'anticapitalisme ambiant et la destruction de toute idée libérale comme une victoire de trotskyste "infiltrés"?

Peut être que c'est le cas dans le monde syndical ou universitaire ?

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il y a 24 minutes, Azref a dit :

Dans quelle mesure ces mouvements ont-ils de l'influence dans les partis "de gouvernement" en France aujourd'hui?

 

Quand tu as en gros 4 candidats trotskistes par élection présidentielle en France, imagine que les 4 ont eu le soutien de quelques centaines de représentants politiques ; imagine que les 4 vendent leur soupe et décalent la fenêtre d'Overton des présidentielles.

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il y a 12 minutes, Bézoukhov a dit :

 

Quand tu as en gros 4 candidats trotskistes par élection présidentielle en France, imagine que les 4 ont eu le soutien de quelques centaines de représentants politiques ; imagine que les 4 vendent leur soupe et décalent la fenêtre d'Overton des présidentielles.

Je n'avais pas pensé au temps de parole donné à l’extrême gauche en général lors des élections, par soucis d'"équité".

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il y a 25 minutes, Azref a dit :

Je ne sais pas trop, honnêtement. Le discours médiatique est quand même très très simple, à base de rejet du libéralisme assez émotionnel. C'est juste des "experts" n'y comprenant rien qui suivent le courant étatiste dominant en France, pas un discours construit sur tout un corpus théorique. A moins de considérer l'anticapitalisme ambiant et la destruction de toute idée libérale comme une victoire de trotskyste "infiltrés"?

Peut être que c'est le cas dans le monde syndical ou universitaire ?

Faut pas confondre le reporter de base qui répète les éléments de langage que l'AFP ou son rédac' chef lui dit de répéter, et le type qui milite depuis des années en déformant sciemment les informations (et du coup, crée ces même éléments de langage). La sociologie des media, c'est... intéressant.

 

Et sinon, oui, les milieux syndicaux (coucou FO) et universitaires (voire même des profs de lycée) sont aussi des ruches à militants (parce que, mine de rien, militer prend du temps, et que ces métiers en laissent pas mal).

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il y a 2 minutes, Rincevent a dit :

Faut pas confondre le reporter de base qui répète les éléments de langage que l'AFP ou son rédac' chef lui dit de répéter, et le type qui milite depuis des années en déformant sciemment les informations (et du coup, crée ces même éléments de langage). La sociologie des media, c'est... intéressant.

Mais quelle la fonction de ce type qui milite depuis des années? Rédac' chef? "Expert"? Des types à l'AFP qui arrosent une presse très contente de resservir leur soupe?

Une sorte de groupe CSP+ trotkyste en quelque sorte, ce qui revient aux histoires d'infiltration.

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Le 06/11/2018 à 15:08, Ultimex a dit :

TLDR : tout ça est bien compliqué, même moi je m'y perds. Il faut juste retenir qu'au final, c'est rien que de la faute de Trotski et de ses analyses foireuses.

Si certains ont des infos complémentaires ou des corrections à apporter, qu'ils n’hésitent pas.

 

Merci pour cet effort de taxonomie sur un sujet ingrat. Pour mémoire, les hitléro-trotskistes c'étaient lesquels déjà?

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il y a 24 minutes, Drake a dit :

Merci pour cet effort de taxonomie sur un sujet ingrat. Pour mémoire, les hitléro-trotskistes c'étaient lesquels déjà?

C'étaient pas les lambertistes ?

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il y a 10 minutes, Rincevent a dit :

C'étaient pas les lambertistes ?

 

Peut-être. D'après wiki, le terme apparaît durant la guerre (et vise bien Boussel alias Lambert) :

Citation

Pierre Boussel, est alors membre du Parti communiste internationaliste (PCI) qui prône et pratique l'entrisme au Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, l'un des principaux partis collaborationnistes. Henri Molinier, alias Henri Testu, frère de Raymond Molinier, prit même la parole lors d'un congrès du RNP. Cette attitude est cependant minoritaire. Elle traduit l'émiettement et la désorientation des trotskistes. Henri Molinier, alias Henri Testu, ne « voit de solution que dans les organisations fascistes et staliniennes qui naîtront du triomphe du Pacte germano-soviétique ». Pierre Boussel, futur dirigeant de l'OCI, qui s'est évadé en juin 1940, lors d'un transfert, s'oppose, lui, à cette orientation de d'Henri Molinier, alias Henri Testu. Sans toutefois quitter le Parti communiste internationaliste (PCI), il s'engage dans la CGT clandestine. Il est finalement exclu du PCI, avec sa compagne. Il demande alors à adhérer, en décembre 1943, au Parti ouvrier internationaliste (POI) qui développe l'idée du défaitisme révolutionnaire : « Derrière un soldat nazi se cache un travailleur allemand ! ». Reprenant ainsi les théories communistes de la Première Guerre mondiale où la guerre est impérialiste.

En janvier 1944, le Parti ouvrier internationaliste (POI) fusionne avec les autres groupuscules trotskistes dans le PCI, section française de la quatrième internationale, dont l'organe est La Vérité, pour qui « le fascisme est le fruit naturel du capitalisme, et on ne peut le finir qu'en abattant le capitalisme », et qui se démarque notamment en se prononçant contre l'union sacrée aussi bien extérieure (les Alliés et l'URSS) qu'intérieure (De Gaulle et le PCF). Cette attitude leur vaudra un acharnement de la part du PCF contre les « hitléro-trotskistes ».

 

Marrant d'ailleurs de noter que Lambert refusait l'entrisme au PCF mais prônait par contre, pendant la guerre, l'infiltration du RNP.

 

Le terme sera réutilisé après guerre, toujours pour désigner Boussel :

Citation

À la Libération, les trotskistes ont le plus grand mal à obtenir l'autorisation de reparution de leur presse qui n'est pas considérée comme une presse de la Résistance, dans un moment où le PCF est dominant.

Lambert est exclu de la CGT comme « hitléro-trotskiste ». Ce vocable sera employé durant plusieurs années par le PCF envers les trotskistes.

 

Ceci-dit, il semble que le terme soit utilisé avant-guerre pour désigner l'ensemble des trotskistes :

Citation

En 1935, L’Humanité exige la mise hors la loi des trotskistes en France, et ne parle désormais plus que des « hitléro-trotskistes au service de l'étranger ». En effet au printemps 1940, dans un article intitulé « L’avenir des armées de Hitler »26, Léon Trotsky déclare : « Les soldats de Hitler sont des ouvriers et des paysans allemands26. » Par cette formule, Trotsky défend la stratégie déjà appliquée à la guerre de 1917 : baisser les armes, fraterniser avec les troupes adverses

 

Edit : il semble donc que c'est un terme utilisé par le PCF et ses organes de communications pour parler des trotskistes dans leur ensemble.

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il y a 5 minutes, Ultimex a dit :

Marrant d'ailleurs de noter que Lambert refusait l'entrisme au PCF mais prônait par contre, pendant la guerre, l'infiltration du RNP.

Ce n'est pas si étonnant. Si il faut lutter contre Staline, alors tous les moyens sont bons, même Hitler (hint : c'est au fond le symétrique du raisonnement de Churchill).

 

il y a 5 minutes, Ultimex a dit :

Ceci-dit, il semble que le terme soit utilisé avant-guerre pour désigner l'ensemble des trotskistes :

Ok, ayant lu le court texte de Trotsky en question, j'en conclus donc que tout trotskyste orthodoxe se doit d'être hitléro-trotskyste.

 

C'est vraiment une sale engeance.

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il y a 7 minutes, Rincevent a dit :

C'est vraiment une sale engeance.

 

On peut noter une autre belle analyse foireuse du Vieux en tout cas. Chapeau l'artiste.

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