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Vilfredo Pareto

Le montant optimal du SMIC

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Comme je n'arrive pas à dormir et qu'on ne parle que cela aujourd'hui, je me suis replongé dans le deuxième volume du Cours d'économie politique de Pareto (ma référence, v. §961 sq.), mon volume préféré puisque c'est dans celui-là qu'il évoque la répartition de la richesse et qu'il montre qu'elle n'est pas due au hasard et en déduit que, pour enrichir la base, il faut augmenter la richesse de l'ensemble de la population. Donc, le smic est noté h par opposition à k (salaire maximum) et on note R la ∑ des revenus des habitants, P la population totale et a la constante du logarithme (1 ≤ a ≤ 2, a se rapprochant de 2 dans un système autoritaire (comme la Prusse, avec a = 1,89) et de 1, dans un système libéral.

alors : R = P((ah + a)/(a-1))
<=> R/P = (ah+a)/(a-1)
<=> (a-1)R/P = ah + a
<=> (a-1)R/P-a = ah
<=> ((a-1)R/P-a)/a = h

On a en France P = 67,12Mhab et R = revenu moyen x P = 2250 (net) x 67,12 x 10^6 = 1,5102 x 10^11

En remplaçant, on obtient h = 749€. Ce Smic (la moitié de celui d'aujourd'hui) est inférieur à la moyenne européenne (tableur, d'après le JDN) de 45 euros. La moyenne européenne est donc optimale. La France a un Smic trop élevé pour permettre l'enrichissement de sa population.

 

Si vous trouvez une page facebook, Logos & Polemos, c'est la mienne, j'ai publié ce statut dessus avant de penser qu'il serait davantage à sa place ici (ce n'est donc pas un plagiat).

Capture d’écran 2018-12-23 à 01.26.34.png

Capture d’écran 2018-12-23 à 01.36.07.png

Capture d’écran 2018-12-23 à 01.19.05.png

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C'est pas 0 € le SMIC optimal ? :jesaispo:

 

Question conne mais sincère : ce genre de calculs / démonstrations, c'est ce qui se fait dans les écoles de commerce / les cours d'économie ? Ou bien tu fais ça pour le plaisir sur ton temps libre ?

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J'oubliais de préciser que c'est 749 pour a = 1,5 (régime à mi-chemin entre socialisme et libéralisme), 1124 (€) pour un a = 2 (régime socialiste).

il y a 1 minute, Tipiak a dit :

Ou bien tu fais ça pour le plaisir sur ton temps libre ?

Je suis en hypokhâgne et pas en école de commerce donc seconde option ^^

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Et pour le reste, j'avais oublié la précision capitale de la valeur de a, qui mesure le degré d'intensité libérale ou socialiste de la société (par le smic).

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il y a 19 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Je suis en hypokhâgne et pas en école de commerce donc seconde option ^^

Ok :)

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Pourquoi tu appelles a "la constante du logarithme" et d'où sors la première ligne de ton raisonnement, R = P((ah + a)/(a-1)) ? Tu confondrais pas les trois variables a minuscule, a majuscule et alpha grec ?

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Il y a 4 heures, Tipiak a dit :

C'est pas 0 € le SMIC optimal ? :jesaispo:

 

Ben si.

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Le SMIC optimal c'est zéro parce que le SMIC ça devrait pas exister. La règle de la paie c'est "vous serez payé combien vous aurez négocié et accepté d'être payé" 

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0€ sinon c'est une trappe à chômage. 

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Les gars, il veut une équation, sinon c'est pas scientifiquement optimale

  • Haha 1

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Si ce n'est que cas, je peux le faire. Voilà l'équation :

 

log(delta × gamma + 36 du mois) = omega 3 ^ 2 smic

 

Donc en vertu de cette équation si tu admets qu'un mois fait 20 jours et qu'une année fait 13 mois le salaire minimal optimal moins les charges patronales sur l'échelle de la liberté est de 0 pour les libéraux entêtés mais double gamma au carré pour les étatistes éclairés (gamma étant corrélé au degré de certitude des ingénieurs du social). Mais laissez tomber ce combat est déjà gagné depuis longtemps. Ce qui manque maintenant, c'est un salaire maximal optimal.

  • Haha 2

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il y a 3 minutes, L'affreux a dit :

Ce qui manque maintenant, c'est un salaire maximal optimal.

Tu m'excites ! :icon_ptdr:

  • Haha 1

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52 minutes ago, PABerryer said:

0€ sinon c'est une trappe à chômage. 

A 10€ mensuel en France, j'aimerais quand même voir les gars qui seront au chômage à cause de ça...

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à l’instant, Marlenus a dit :

A 10€ mensuel en France, j'aimerais quand même voir les gars qui seront au chômage à cause de ça...

Vite une loi pour un argent de poche des mômes minimal vital universel 

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1 minute ago, ttoinou said:

Vite une loi pour un argent de poche des mômes minimal vital universel 

C'est pas le revenu universel demandé par certains libéraux?

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0 €.

 

Après, on peut éventuellement discuter de la proposition d'impôt négatif de Milton Friedman (Capitalisme et liberté).

 

Autrement dit, il ne faut pas penser "salaire minimum" mais "revenu minimum".

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Il y a 5 heures, ttoinou a dit :

Pourquoi tu appelles a "la constante du logarithme" et d'où sors la première ligne de ton raisonnement, R = P((ah + a)/(a-1)) ? Tu confondrais pas les trois variables a minuscule, a majuscule et alpha grec ?

Non, N(x) (nombre de personnes gagnant un revenu x) dans Pareto est tel que N(x) = A / (x+a)^a avec a entre 1 et 2. Le a a la fonction qu'il a dans n'importe quelle loi de puissance (qui s'écrit y = ax^k) que les Anglais appelle power law. Le a est la puissance ou power value et tout logarithme transforme une puissance en produit. La somme des revenus de h à k est alors donnée par la première équation (la (2)) que Pareto écrit en haut de la première page photographiée. Donc je ne confonds pas A et a.

Capture d’écran 2018-12-23 à 12.21.11.png

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Il y a 4 heures, PABerryer a dit :

0€ sinon c'est une trappe à chômage. 

 

Il y a 5 heures, NoName a dit :

Le SMIC optimal c'est zéro parce que le SMIC ça devrait pas exister. La règle de la paie c'est "vous serez payé combien vous aurez négocié et accepté d'être payé" 

Pour participer au marché, il me semble que tout le monde devrait recevoir un salaire minimum, i.e. : un seuil en-dessous duquel personne ne pourrait être embauché. Comme je l'ai indiqué sur une autre discussion ("Anthropologie libérale" je crois), c'est déjà une proposition de Hayek. Il s'agit aussi de garantir une certaine dignité au travail. Par ailleurs, l'indice de Pareto (le a et pas le alpha grec) est une mesure du degré de socialisme ou de libéralisme d'un pays (quand a tend vers 2, le smic est plus élevé (augmentation de la valeur de h) et quand a tend vers 1, le smic diminue).

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Maintenant sur a et alpha grec, Pareto (§959 et suiv.) montre qu'une diminution de l'inclinaison de l'alpha grec indique une moindre inégalité des revenus, hors diminution de l'inclinaison => augmentation de a. Hors, comme déjà précisé, augmentation de a => augmentation de h. Pour a = 2, h = 1124 et pour a = 1,1, h = 203, 54. Donc sauf erreur, a et alpha grec augmentent et diminuent proportionnellement.

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il y a 19 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

un seuil en-dessous duquel personne ne pourrait être embauché

C'est chouette ça, ça permettrait d'exclure les travailleurs les moins productifs et / ou les moins expérimentés et / ou les moins exigeants, par exemple l'étranger qui parle mal la langue du pays, le jeune inexpérimenté, la femme au foyer qui souhaite un petit boulot facile même peu payé pour s'occuper, le dépressif peu productif car lent et peu concentré, le handicapé trois fois moins productif qu'une personne en bonne santé, l'individu malheureusement peu intelligent dont presque personne ne veut, l'adolescent qui veut découvrir le monde du travail, etc.

 

Je note aussi que ça vient à l'idée de presque personne d'imposer un "profit minimum" à un quelconque entrepreneur. Après tout, eux aussi méritent un minimum de dignité, donc il faudrait les forcer à fermer boutique quand leur profits sont faibles au vu de la quantité de travail fourni ?

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il y a 46 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

 

Pour participer au marché, il me semble que tout le monde devrait recevoir un salaire minimum, i.e. : un seuil en-dessous duquel personne ne pourrait être embauché. Comme je l'ai indiqué sur une autre discussion ("Anthropologie libérale" je crois), c'est déjà une proposition de Hayek. Il s'agit aussi de garantir une certaine dignité au travail.

Ça veut rien dire la dignité du travail, et ça n'a rien à foutre dans des textes de lois et des réglementations. Ensuite pourquoi les gens devraient avoir un salaire miniimum ? Qu'est-ce qui te permet de dire ça ? Pourquoi je devrais te croire ? 

 

Enfin ta solution implique de calculer des tas de conneries décrétée et évaluées arbitrairement par des gens qui ne sont pas parties prenantes de la transaction.

 

Alors que la mienne n'implique que les parties prenantes de la transaction et qu'ils ont toute latitude pour régler leurs affaires entre eux: pas de fonctionnaires à payer pour évaluer, pas de comptes à rendre, personne d'impliqué dans la transaction qui n'est pas partie prenante, tu peux pas faire plus optimal en matière d'allocation des ressources. Et c'est une manette en moins pour l'état. 

 

Fondamentalement dans ton message il y a l'idée initiale que tu sais mieux que les autres comment ils devraient payer ou être payé, que tu connais mieux le marché que les acteurs du marché alors que t'es pas dedans, que toi tu sais ce qui est bon alors c'est normal de l'imposer a tous, que ta vision des choses devrait prévaloir et que les gens ne devraient pas être libres de gérer leurs affaires comme ils veulent. Alors que moi je traite les autres comme mes égaux et que je pars du principe qu'ils sont adultes et en capacité de décider de leur vie par eux même. Viens pas parler de dignité ou de morale donc, quand ce que tu dis implique que les autres sont inférieurs ou incapables de prendre des décisions et qu'il faut les traiter comme des enfants

 

 

il y a 12 minutes, Tipiak a dit :

Je note aussi que ça vient à l'idée de presque personne d'imposer un "profit minimum" à un quelconque entrepreneur. Après tout, eux aussi méritent un minimum de dignité, donc il faudrait les forcer à fermer boutique quand leur profits sont faibles au vu de la quantité de travail fourni ?

 

Bien vu. 

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il y a 4 minutes, Tipiak a dit :

les travailleurs les moins productifs et / ou les moins expérimentés et / ou les moins exigeants, par exemple l'étranger qui parle mal la langue du pays, le jeune inexpérimenté, la femme au foyer qui souhaite un petit boulot facile même peu payé pour s'occuper, le dépressif peu productif car lent et peu concentré, le handicapé trois fois moins productif qu'une personne en bonne santé, l'individu malheureusement peu intelligent dont presque personne ne veut, l'adolescent qui veut découvrir le monde du travail, etc.

On peut poser le problème à l'envers : les très qualifiés pourront aussi être embauchés à des salaires minimaux qui permettent l'introduction des marginaux sur le marché du travail mais dévaluent le travail qualifié. Donc on déplace le problème. À terme de toute façon, on reste toujours avec un

il y a 6 minutes, Tipiak a dit :

Je note aussi que ça vient à l'idée de presque personne d'imposer un "profit minimum" à un quelconque entrepreneur. Après tout, eux aussi méritent un minimum de dignité, donc il faudrait les forcer à fermer boutique quand leur profits sont faibles au vu de la quantité de travail fourni ?

De toute façon, s'ils sont trop peu productifs, ils se font détrôner par d'autres entrepreneurs vraiment productifs… À moins d'être soutenus par l'État. C'est le problème du monopole, qui n'est pas gênant tant que l'entreprise qui monopolise s'ajuste au prix du marché (à ce moment-là, il n'y a pas de différence entre un monopole et un marché libre décentralisé). Si elle commence à fixer ses prix au-dessus du prix du marché, elle se fait balayer. Donc je ne vois pas trop l'utilité d'imposer un profit minimal, puisqu'il est déjà imposé par le marché (genre d'argument que développe Mises). En revanche, je vois l'intérêt d'imposer un revenu minimal (cf. supra).

Citation

Le concept de concurrence ne comporte pas que soit requise une multitude d'unités en concurrence. La concurrence, c'est toujours la compétition d'un homme ou d'une firme avec un autre homme ou une autre firme, quel que soit le nombre des autres intéressés rivalisant pour la même récompense. La concurrence entre quelques-uns n'est pas différente praxéologiquement de la concurrence entre beaucoup. Personne n'a jamais soutenu que la compétition pour les fonctions électives dans un régime à deux partis politiques soit moins concurrentielle que dans un régime à plusieurs partis. Le nombre des concurrents joue un rôle dans l'analyse des prix de monopole, dans la seule mesure où ce nombre est l'un des facteurs d'où dépend le succès des efforts pour unir les concurrents au sein d'un cartel. (Mises, L'Action humaine, chap. XVI, 6)

On peut défendre, pour répondre à @NoName, la position suivante

Citation

Ça veut rien dire la dignité du travail, et ça n'a rien à foutre dans des textes de lois et des réglementations. Ensuite pourquoi les gens devraient avoir un salaire miniimum ? Qu'est-ce qui te permet de dire ça ? Pourquoi je devrais te croire ? 

D'abord, le salaire minimum permet de garantir la liberté de l'individu. Parce que considérer que l'on est libre quand on gagne 100€/mois n'a pas beaucoup de sens à mon avis. Certes, le marché permet de s'affranchir de la puissance de coercition du gouvernement. L'intérêt de l'argumentation développée par Hayek dans The Constitution of Liberty est de montrer qu'il peut aussi exister des formes de coercition au sein du marché. Un revenu minimal donne la possibilité à l'individu de sortir du marché du travail et de se relocaliser dans un marché plus compétitif, de devenir entrepreneur, etc. À l'inverse, l'absence de salaire minimal les soumet complètement à leur employeur. N'avoir aucune richesse matérielle vous met à la merci de n'importe qui. Je pense que Locke aurait plutôt été d'accord avec ça. Et pour parer à d'éventuelles autres critiques à venir :

Citation

Of course, a basic income would need to be funded by taxation (or would it?), and so would seem to involve the imposition its own kind of coercion. Hayek recognized this fact, but like most in the classical liberal tradition, Hayek did not believe that all taxation was incompatible with freedom. What makes the coercion of the slavemaster, or the monopolist, so worrisome for Hayek is that it involves the arbitrary imposition of one person’s will on another. By contrast, a tax system that is clearly and publicly defined in advance, that imposes only reasonable rates for genuinely public purposes, that is imposed equally upon all, and that is constrained by democratic procedures and the rule of law, might still be constitute interference, but not arbitrary interference. In a perfect world, Hayek thought, we would be able to eliminate coercion altogether, including even the relatively mild kind of coercion that a modest form of taxation involves. But in our world, coercion can only be minimized, not eliminated, and the coercion of some individuals by others can often be held in check only by the use of coercion itself (CL, p. 59). (Matt Zwolinski, "Why Did Hayek Support a Basic Income?", Libertarianism.org)

 

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Coquille dans mon message précédent : "à terme, on reste toujours avec un [taux de chômage naturel]". Sorry.

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il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

On peut poser le problème à l'envers : les très qualifiés pourront aussi être embauchés à des salaires minimaux qui permettent l'introduction des marginaux sur le marché du travail mais dévaluent le travail qualifié. Donc on déplace le problème. À terme de toute façon, on reste toujours avec un taux de chômage naturel.

L'expérience, et même simplement la logique, prouve que les très qualifiés (ou plus exactement les très utiles / très productifs) ne sont pas payés au salaire minimum. De fait, la grande majorité des français, par exemple, est payé plus voire bien plus que le SMIC. Quant au taux de chômage, il est naturel quand la législation n'impose pas de salaire minimum et de plus en plus artificiel au fur et à mesure que la salaire minimum augmente. C'est en tout cas comme ça que je vois la chose.

 

il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

De toute façon, s'ils sont trop peu productifs, ils se font détrôner par d'autres entrepreneurs vraiment productifs… À moins d'être soutenus par l'État.

On est d'accord. Par contre j'avoue que j'ai pas compris ce que venaient faire les histoires de monopoles juste après.

 

il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

Donc je ne vois pas trop l'utilité d'imposer un profit minimal, puisqu'il est déjà imposé par le marché

Donc le salarié a droit à de l'argent qu'il ne mérite pas pour sauver sa dignité en le protégeant de la concurrence au meilleur ratio productivité / coût, mais l'entrepreneur lui n'a pas le droit à de l'argent qu'il ne mérite pas pour sauver sa dignité en le protégeant de la concurrence au meilleur ratio productivité / coût... C'est de la discrimination anti-entrepreneurs ? Ou pro-salariés ? :)

 

il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

D'abord, le salaire minimum permet de garantir la liberté de l'individu. Parce que considérer que l'on est libre quand on gagne 100€/mois n'a pas beaucoup de sens à mon avis. Certes, le marché permet de s'affranchir de la puissance de coercition du gouvernement. L'intérêt de l'argumentation développée par Hayek dans The Constitution of Liberty est de montrer qu'il peut aussi exister des formes de coercition au sein du marché. Un revenu minimal donne la possibilité à l'individu de sortir du marché du travail et de se relocaliser dans un marché plus compétitif, de devenir entrepreneur, etc. À l'inverse, l'absence de salaire minimal les soumet complètement à leur employeur. N'avoir aucune richesse matérielle vous met à la merci de n'importe qui. Je pense que Locke aurait plutôt été d'accord avec ça. Et pour parer à d'éventuelles autres critiques à venir :

Attention, là t'es en train de confondre allègrement salaire minimum et revenu de base, ce qui n'est pas la même chose. On peut par exemple défendre un revenu de base avec une absence de salaire minimum. À titre personnel je suis pas du tout fixé sur le revenu de base et ses variantes, je trouve l'idée intéressante, ou en tout cas je comprends les arguments avancés pour le défendre. En revanche, revenu de base ou pas, je vois toujours pas ce que ferait un salaire minimum en dehors d'exclure du marché les individus les moins productifs, qui sont souvent aussi les plus démunis.

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Il y a 4 heures, Vilfredo Pareto a dit :

On peut défendre, pour répondre à @NoName, la position suivante

D'abord, le salaire minimum permet de garantir la liberté de l'individu. Parce que considérer que l'on est libre quand on gagne 100€/mois n'a pas beaucoup de sens à mon avis. Certes, le marché permet de s'affranchir de la puissance de coercition du gouvernement. L'intérêt de l'argumentation développée par Hayek dans The Constitution of Liberty est de montrer qu'il peut aussi exister des formes de coercition au sein du marché. Un revenu minimal donne la possibilité à l'individu de sortir du marché du travail et de se relocaliser dans un marché plus compétitif, de devenir entrepreneur, etc. À l'inverse, l'absence de salaire minimal les soumet complètement à leur employeur. N'avoir aucune richesse matérielle vous met à la merci de n'importe qui. Je pense que Locke aurait plutôt été d'accord avec ça. Et pour parer à d'éventuelles autres critiques à venir

 

Tu confonds allègrement liberté et capacité alors que c'est quand même des concepts de base.

 

Robinson sur son île est libre de faire ce qu'il veut, ça ne l'exempte pas de devoir composer avec la réalité et trouver à manger sous peine de mourir de faim. La c'est pareil: t'es libre de travailler au prix que tu veux mais personne ne peut forcer les gens à t'embaucher au prix que tu demandes. Et si t'exiges trop personne ne t'embauchera du tout. C'est normal

 

D'ailleurs je te ferais remarquer très basiquement que l'employé n'est à la merci de son ou ses employeurs que dans une économie dysfonctionnelle de marché faussé où l'offre et la demande ne s'ajuste pas, et l'offre d'emploi étant très supérieure à la demande les employeurs peuvent abuser sérieusement sur les conditions. Évidemment si l'économie se libère alors le chômage diminue et l'offre d'emploi diminue tandis que la demande augmente et soudainement le rapport de force met sur un pied de quasi égalité les employeurs et les chercheurs d'emplois.

 

Toutes ces équations et si peu de raisonnement derrière, ça devrait être un cas d'école. 

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Ce qui m'intrigue, c'est : d'après ces savants calculs, qu'est-ce qui se passerait si jamais le smic était en dessous du "montant optimal" ainsi obtenu. Les employeurs profiteraient de l'occasion (enfin, de l'absence de contrainte) pour payer moins leurs employés, mais ils ne chercheraient pas pour autant à embaucher plus ? C'est absurde.

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Pour avoir de la dignité dans le travail, encore faut-il être autorisé à travailler. Un salaire minimum revient à interdire de travailler à toute personne dont la productivité est inférieure à ce salaire.

 

C'est typiquement le modèle français. Énorme salaire minimum, énorme chômage. Mais dès que le sujet est abordé en public, il y a toujours un néo-keynésien, "atterré", marxiste ou autre sous-variété de nos "élites" pour expliquer qu'en Allemagne/Angleterre/États-Unis etc. c'est bien pire car il y a les "mini jobs". Il serait plus digne d'être maintenu dans la misère et l'oisiveté par les trappes à pauvreté que de contribuer même faiblement à la production de richesse dans sa communauté ?! C'est la préférence française pour le chômage. C'est absolument infâme. Les avocats de la dignité au travail à la française défendent en fait un système de caste dans lequel on considère normal qu'une fraction de la population active soit qualifiée comme incapable de contribuer à la société et prisonnière de l'obole publique.

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Il y a 8 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Non, N(x) (nombre de personnes gagnant un revenu x) dans Pareto est tel que N(x) = A / (x+a)^a avec a entre 1 et 2. Le a a la fonction qu'il a dans n'importe quelle loi de puissance (qui s'écrit y = ax^k) que les Anglais appelle power law. Le a est la puissance ou power value et tout logarithme transforme une puissance en produit. La somme des revenus de h à k est alors donnée par la première équation (la (2)) que Pareto écrit en haut de la première page photographiée. Donc je ne confonds pas A et a.

 

A partir du moment où il y a des variables que tu ne nous explique pas, que tu donne deux appellations à "a" et que tu fous un "a" à la fois au dénominateur et à la puissance, je pense que tu 1) confonds les termes, que 2) tu n'as pas assez expliqué tes formules et les grandeurs associées 3) tu devrais regarder l'homogénéité des formules.


Pour le 3) si tu intègre sur x alors x est en unité monnaie, si tu fais x+a alors a aussi est en unité monnaie. Tu ne peux pas faire (x+a)^a car cela n'as pas de sens mathématique, tu utilises des opérations sans les comprendre. Tu ne peux faire cela que si a est sans unité, comme tu semble l'indiquer si on parle toujours du même a. Donc tu devrais faire (x+c*a)^a avec c un coefficient en unité monnaie qui convertit le a en monnaie, mais je ne vois pas trop l'intérêt autant faire directement (x+c). Ce c va aussi modifier tes trucs de pentes de comment les revenus sont distribués, donc choisi le bien

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Il y a 7 heures, Vilfredo Pareto a dit :

c'est déjà une proposition de Hayek.

Faudrait l'inviter pour qu'il réponde à nos arguments alors

 

Il y a 7 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Il s'agit aussi de garantir une certaine dignité au travail.

Cela ne veut rien dire

 

Il y a 6 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Parce que considérer que l'on est libre quand on gagne 100€/mois n'a pas beaucoup de sens à mon avis.

Réduire la vie des individus à un flux de chiffres inscrit dans une base de données (contrôlée in fine par les états) n'a pas beaucoup de sens non plus.

 

Il y a 6 heures, Vilfredo Pareto a dit :

N'avoir aucune richesse matérielle vous met à la merci de n'importe qui.

Le montant du smic ne constitue pas une richesse matérielle

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il y a une heure, NoName a dit :

Tu confonds allègrement liberté et capacité alors que c'est quand même des concepts de base.

Oh mon Dieu, mon niveau de philosophie est si affligeant ! Je rougis de honte devant votre virtuosité intellectuelle ! Pour information, je n'ai fait que reprendre ce qu'écrit Hayek, aux thèses duquel je souscris totalement. Votre connaissance du concept de liberté, si irréprochable, vous a-t-elle appris que la liberté n'existe pas sans la sécurité ? L'exemple de Robinson est éculé : précisément, vous importez un exemple asocial (Robinson est seul sur une île, comme vous nous le rappelez si pertinemment) dans une conversation sur la société. C'est le même reproche qui s'applique à chaque fois que l'on prend cet exemple. "Pour parler de société, commençons par en sortir." Pour rester dans la maîtrise conceptuelle, votre "c'est normal" n'a rien d'évident : au contraire, vous vous référez à une norme qui n'a jamais été appliquée, ce dont vous vous plaignez.

 

il y a une heure, NoName a dit :

D'ailleurs je te ferais remarquer très basiquement que l'employé n'est à la merci de son ou ses employeurs que dans une économie dysfonctionnelle de marché faussé où l'offre et la demande ne s'ajuste pas

(S'ajustent) Non, le marché contient précisément ses formes de coercition (c'est le renversement qu'opère Hayek). Drôle de raisonnement : si l'on retire tout droit aux employés, ils sont sur un pied d'égalité avec le patron. Je ne vais pas prendre votre ton condescendant mais c'est un drôle de sophisme.

 

il y a 43 minutes, Mégille a dit :

d'après ces savants calculs, qu'est-ce qui se passerait si jamais le smic était en dessous du "montant optimal" ainsi obtenu.

Si a = 1,1, h = 203€. Donc c'est un montant optimal seulement en ceci qu'il se calcule pour un a équidistant de 1 (société totalement libre) et 2 (société totalement socialiste) et que c'est la valeur la plus fréquente de a dans les études menées par Pareto dans le livre III du Cours d'économie politique. Il ne se passerait donc rien, Pareto fait simplement une étude presque empirique en relevant que toutes les sociétés respectant cette valeur de a, c'est-à-dire une certaine répartition des richesses (la fameuse loi des 80/20 : 20% possèdent 80% de la richesse, 20% des 20% (= 4%) possèdent 80% de 80% (= 64%) de la richesse etc. On peut appliquer ça au PIB mondial de 1989 (v. Wikipédia). Je n'ai pas fait le calcul pour aujourd'hui.

 

il y a 46 minutes, Mégille a dit :

Les employeurs profiteraient de l'occasion (enfin, de l'absence de contrainte) pour payer moins leurs employés, mais ils ne chercheraient pas pour autant à embaucher plus ? C'est absurde.

Ils embaucheraient plus en payant moins, ce qui est plutôt logique non ? Si le smic est à 400€, vous prenez un employé, s'il descend à 200€, vous pouvez en prendre 2 tout en maintenant la même marge de profit pourvu que la productivité ne diminue pas. Pardon mais je ne vois pas ce qu'il y a d'absurde : au contraire, on diminue le chômage mais on ne diminue pas la pauvreté. Il faut dire qu'on s'en fiche, mais ce n'est pas parce que le smic diminue qu'on embauche moins (j'ai même envie de dire, au contraire).

 

Il y a 5 heures, Tipiak a dit :

L'expérience, et même simplement la logique, prouve que les très qualifiés (ou plus exactement les très utiles / très productifs) ne sont pas payés au salaire minimum. De fait, la grande majorité des français, par exemple, est payé plus voire bien plus que le SMIC.

Je croyais que la France n'était pas un exemple pertinent (57% de dépenses publiques, toussa toussa).

 

Il y a 5 heures, Tipiak a dit :

Par contre j'avoue que j'ai pas compris ce que venaient faire les histoires de monopoles juste après.

Comme j'ai eu l'occasion de l'avouer, je ne suis pas un spécialiste ès-misésisme mais il me semble que ce que raconte Mises et que j'ai dû mal expliquer, c'est qu'on se fiche de savoir s'il y a un monopole ou non du moment que le monopole se conforme aux règles de la concurrence, puisqu'à ce moment-là, qu'il y ait un monopole ou non, les prix fluctuent comme s'il n'y en avait pas. Donc l'effet sur l'économie (ou plutôt : sur la catallaxie) est indolore. Je ne sais pas si c'est plus clair ^^

 

Il y a 5 heures, Tipiak a dit :

Donc le salarié a droit à de l'argent qu'il ne mérite pas pour sauver sa dignité en le protégeant de la concurrence au meilleur ratio productivité / coût, mais l'entrepreneur lui n'a pas le droit à de l'argent qu'il ne mérite pas pour sauver sa dignité en le protégeant de la concurrence au meilleur ratio productivité / coût... C'est de la discrimination anti-entrepreneurs ? Ou pro-salariés ? :)

C'est un reproche que j'entends souvent (Henry de Lesquen et le Club de l'horloge développent un peu cette idée dans Le Grand tabou : l'économie et le mirage égalitaire et sauf erreur il revient dessus dans une de ses vidéos "économiques", soit sur l'économie socialiste, soit sur l'euro enfin bref) : à mon avis, les deux individus (employés et entrepreneurs) n'ont pas la même fonction sur le marché : l'entrepreneur est celui qui prend le risque, qui innove, qui est "vigilant" comme le souligne Kirzner et fait donc évoluer le marché vers un état d'équilibre (l'evenly rotating economy (ERE) chimérique de Mises) jamais atteint. En un mot, il détecte et exploite des opportunités de profit. Mais c'est une prise de risque, qu'il doit assumer. Ce n'est pas du tout le rôle du salarié et à ma connaissance, s'il existe de nombreuses typologies de l'entrepreneur parmi les Autrichiens (Kirzner, Lachmann, Schumpeter), il n'y en a pas du salarié.

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