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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Et comment tu transformes tes paysans ou tes travailleurs indépendants en ouvriers (ou le contraire), autrement que par la violence ? Tu ne peux pas. Et même avec la violence, collectiviser totalement les moyens de production est difficile: va collectiviser les moyens de production d'un médecin itinérant au fin fond de la Russie. Donc il y aura des divisions de classe dans toute société communiste. La division de classes est de toute façon un quasi-corollaire de l'existence de la division du travail. Et on ne voit pas très bien pourquoi un hypothétique niveau suffisamment faible de division du travail serait préférable à n'importe quel type de société plus riche et inégalitaire. Ensuite une société sans Etat n'est pas une société sans pouvoir politique. Regarde ce qu'étaient les sociétés préhistoriques.
  2. Je serais sans doute moins emballé par ça, mais c'est mon côté déterministe. Et puis je ne l'ai pas lu en entier. Méfie-toi de sa série "Les carrefours du Labyrinthe" car si Castoriadis est passionnant quand il parle de la pensée grecque, les chapitres consacrés à ses positions en psychanalyse (néo-freudisme anti-lacanien) sont... euh...
  3. Il démontre bien que la partie "sociologique" du marxisme, en apparence la plus solide, est superficielle. Et aussi que si Marx n'est pas Lénine, un certain nombre de "dérives" ultérieures ont été rendu possibles par les idées de Marx: « S’il y a une théorie vraie de l’histoire, s’il y a une rationalité à l’œuvre dans les choses, il est clair que la direction du développement doit être confiée aux spécialistes de cette théorie, aux techniciens de cette rationalité. Le pouvoir absolu du Parti –et, dans le Parti, des « coryphées de la science marxiste-léniniste », selon l’admirable expression forgé par Staline à son propre usage – a un statut philosophique ; il est fondé en raison dans la « conception matérialiste de l’histoire » beaucoup plus véritablement que dans les idées de Kautsky, reprises par Lénine, sur « l’introduction de la conscience socialiste dans le prolétariat par les intellectuels petit-bourgeois ». Si cette conception est vrai, ce pouvoir doit être absolu, toute démocratie n’est que concession à la faillibilité humaine ». -Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société.
  4. Le début de L'Institution est l'une des meilleures critiques du marxisme jamais formulé ; ça a beaucoup joué sur ma sortie du socialisme.
  5. Certains termes et passages du texte me font me demander si Ricoeur n'aurait pas pompé sans le dire sur L'Institution imaginaire de la société (1975), de Castoriadis. Le livre de Mannheim qu'il cite est en effet pas mal. La conclusion fait penser à ce mot de Machiavel: "Si tu veux marcher vers le futur retourne toujours à tes racines."
  6. Ouf ! Bienvenue à toi
  7. La Restauration tendait au socialisme ? Et Bonaparte (l'oncle et le neveu) ? Et Franco ? Et Pinochet ? Et Cromwell ? Et Caligula ? Et Poutine ?
  8. Le terme d'idéologue. Pas le terme d'idéologie, me semble-t-il. Et malheureusement, personne ne connaît de Tracy. Si Marx n'avait pas employé ce terme, il n'aurait eu aucune postérité.
  9. Prétend renverser l'Etat. Commence par mettre en place un système fiscal basé sur la menace de la force. https://www.google.com/search?q=doublethink&client=firefox-b&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwiDnPaYov7cAhXHKMAKHWilBP4Q_AUICygC&biw=1366&bih=620#imgrc=CqjkVL4PFfpECM:
  10. J'ai été anarchiste et je n'ai pas souvenir d'avoir lu quelque chose sur la question. Je pense qu'ils ne savent pas ou qu'ils n'imaginent pas que quelqu'un puisse ne pas vouloir être communiste (comme par hasard ils sont prolixes sur les théories de l'aliénation qui t'empêche de voir le monde comme il est...). D'une manière générale l'anarchisme est une critique de la société moderne et reste brumeux et utopique sur l'après (encore plus que le marxisme, c'est dire). Faut aussi savoir que si c'est rarement le cas des théoriciens classiques, les anarchistes contemporains IRL prônent le vol, en particulier des supermarchés / entreprises capitalistes. Avec cette mentalité de pillards je les voient mal tolérer une petite île privée capitaliste qui réussirait dans son coin. Edit: je pense que tu pourrais avoir ton auto-entreprise, mais par contre salarié quelqu'un c'est niet: (cf: "La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution, excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres." https://federation-anarchiste.org/?g=FA_Principes_de_Base )
  11. Pas communiste au sens marxiste, certes, mais communiste au sens courant de mise en commun de la propriété. Et oui, la théorie marxiste est fausse. Robert Tremblay a bien montré que le soi-disant effondrement final de l'Etat repose sur la prémisse suivant laquelle le socialisme développerait les forces productives à un stade inégalé dans l'histoire. Or cette prémisse est fausse: https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/1986-v13-n2-philoso1294/203320ar.pdf
  12. Ben oui, un paquet même. Déjà historiquement le libéralisme s'est formé non pas contre le socialisme, mais contre la monarchie absolue de droit divin. Le socialisme est l'une des multiples réactions du XIXème siècle contre les progrès antérieurs de la liberté (cf Alain Laurent, L'Individu et ses ennemis, entre autres). Edit: cf le discours de Tocqueville sur le droit au travail, aussi. Il renvoie dos à dos absolutisme et socialisme (Nietzsche s'inspirera de Tocqueville là-dessus).
  13. Tu penses à ça ? : "Le prince, cependant, doit se faire craindre en sorte que s'il n'acquiert pas l'amour, il évite la haine, car être craint et n'être pas haï peuvent très bien se trouver ensemble ; et cela arrivera toujours pourvu qu'il s'abstienne des biens de ses concitoyens et de ses sujets, et de leurs femmes." -Nicolas Machiavel, Le Prince, GF-Flammarion, trad. Yves Lévy, Paris, 1992 (1532 pour la première édition italienne), 220 pages, p.138. A ce compte-là Spinoza aussi est pré-libéral car il reprend cette idée de Machiavel suivant laquelle un pouvoir injuste est peu à même de durer. Mais on l'a trouve aussi dans les Politiques d'Aristote, qui est jusnaturaliste pour le coup.
  14. Ce serait bien sûr faux de dire ça. Néanmoins tous les collectivismes se ressemblent puisqu'ils ont assez de similitudes pour être rangés dans la même catégorie. « Le conservatisme ne peut être autrement réalisé que par le socialisme. » -Ludwig von Mises, Le Socialisme.
  15. C'est hélas vraisemblable. Mais il y a des degrés de servitude (c.a.d de violations des droits individuels) éminemment variables dans l'espace (et dans le temps).
  16. Le terme de capitalisme d'Etat a été inventé par les marxistes libertaires et/ou critiques, pour expliquer le l'URSS n'était pas vraiment socialiste. C'est donc un non-concept à mettre à la poubelle. L'URSS était socialiste. Les grands moyens de production (et même les propriétés agricoles, dont Marx ne prônaient pas la collectivisation) ont été ôtés de forces à leurs propriétaires privées et étatisées. C'était un socialisme d'Etat, planificateur. On peut lui préférer un hypothétique socialisme anarchique décentralisée, mais ça reste du socialisme. Capitalisme d'Etat a aussi été utilisé pour désigner la France des Trente Glorieuses, mais il serait plus juste de parler d'économie mixte / Welfare-State avec une semi-planification étatique.
  17. L'opposé de la liberté c'est la servitude (si on veut parler d'un état) ou l'oppression (si on veut parler d'un processus). C'est difficile de trouver un seul terme politique auquel le libéralisme s'opposerait uniquement. Le plus simple serait de dire que l'opposé du libéralisme est le collectivisme (pas au sens d'origine du terme, qui voulait dire communiste), défini comme ensemble des doctrines qui prône le sacrifice de l'individu au groupe (et le socialisme n'en est qu'une parmi d'autres). Mais le libéralisme s'oppose aussi à la tyrannie, qui est un régime fondé sur un arbitraire personnel et non sur un doctrine précise et réfutable. On pourrait aussi dire que le libéralisme s'oppose à la licence vu que des doctrines comme celles de Stirner (ou des anarchistes individualistes) ou Nietzsche sont individualistes (et pas collectivistes), mais des individualismes qui ne permettent pas de limiter l'action individuelle dans les bornes compatibles avec les droits naturels. C'est d'ailleurs encore une forme d'arbitraire ; rien n'empêcherait (moralement ou politiquement) le "moi" stirnerien de chercher à devenir un tyran au sens classique.
  18. Prodigieuse peut-être mais hélas très intolérante à l'égard des petites choses triviales qui facilitent tellement le quotidien: prénoms, noms ou dates d'anniversaire des gens, le numéro de mon portable, etc... Sinon @poney a raison, j'utilise un forum pour ranger des sources ( http://hydra.forumactif.org/forum ) ; j'ai aussi un fichier word exponentiel où je range des citations de personnalités et ensuite ctrl + f. Enfin la mémoire facilite bcp le processus. D'ailleurs je n'ai pas besoin de ces artifices techniques pour casser les pieds des gens IRL avec des quotes ha ha
  19. Bof. Tout dépend de la qualité des intervenants. Je suis de l'avis de @Nigel, sauf qu'à la place de dogmes il faut dire "axiomes", principes fondamentaux, etc. Les principes du libéralisme ne sont pas des dogmes, on peut en discuter* et tous les courants libéraux n'admettent pas exactement les mêmes (ou ne les comprennent pas exactement de la même façon). *Il n'y a pas non plus d'Église unifiée du libéralisme qui pourrait établir le dogme ou expulser les hérétiques. Et je dirais que le libéralisme est une doctrine politique. Idéologie renvoie à quelque chose de beaucoup plus vague et moins consistent (et moins abstrait). Une idéologie peut exister sans être instanciée sur des supports écrits par exemple.
  20. C'est l'occasion de méditer sur la validité philosophique et morale de cet aphorisme de Mélisandre (dans Game of Thrones): "If half an onion is black with rot, it is a rotten onion. A man is good, or he is evil."
  21. Le pragmatisme c'est l'idéologie de ceux qui n'en ont pas. Comme diraient les Principia Discordia: "C’est mon intime conviction que c’est une erreur que d’avoir des croyances fermes". C'est le principe suivant laquelle il ne faut pas avoir de principes. Et comme disait quelqu'un: "Le jeune homme s'était tu, puis, après réflexion: "Vous savez, monsieur Rearden, il n'y a pas de valeur absolue. Il ne faut pas être trop à cheval sur les principes, il faut un peu de souplesse, tenir compte des réalités du moment, agir en fonction des opportunités. -Allez-y, mon vieux. Essayez donc de fondre une tonne d'acier sans principes, en fonction des opportunités." -Ayn Rand, La Grève , Paris, Les Belles Lettres, 2013 (1957 pour la première édition états-unienne), 1168 pages, p.369.
  22. Protectionniste je ne sais pas ; par contre il est clairement raciste et anti-immigration. Pas du tout récupérable. Le vrai point d'achoppement c'est que quand tu regardes ses yeux tu sens qu'il n'y a pas la lumière à tous les étages
  23. Soit dit en passant, si De Lesquen dit beaucoup de choses inacceptables, il a le mérite, lorsqu'il parle de libéralisme, de savoir citer Bastiat, Mises ou Hayek (et certains de leurs raisonnements): https://henrydelesquen.fr/le-national-liberalisme/ De facto il comprend davantage de quoi il parle que 90% de ce qu'on peut lire sur le sujet en France.
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