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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Je doute qu'il y ait "une seule et unique raison", pour commencer. Que ce ne soit pas la raison essentielle, sans doute. Mais cela rend-il le raisonnement suivant erroné ? :
  2. Tout à fait. Et c'est plus simple lorsque l'Etat ne s'en occupe pas. Je serais russe, ça me révulserait au dernier degré que mes impôts financent des policiers pour garder le Mausolée de Lénine. Pour Franco, une autre option aurait été de privatiser le site ; comme ça les derniers gugus qui aiment saluer le bras tendu auraient pu s'en occuper. Mais bon, la gauche et les privatisations...
  3. C'est tout de même même un peu pitoyable parce qu'ils se sont fait volé 3 milliard l'année dernière (l'Italie est contributeur net). Ils ne devraient pas avoir besoin de faire du chantage migratoire pour arrêter de participer à un système où ils sont perdants. Sans oublier que l'euro a aussi fonctionné comme une trappe à endettement pour l'Italie.
  4. Est-il choquant qu'une République cesse d'entretenir à ses frais la tombe, au volume quelque peu stalinien, d'un dictateur parvenu au pouvoir par un coup d'Etat militaire anti-républicain ?
  5. Le pacifisme est effectivement cohérent avec le rejet du droit de résistance à l'oppression... (texte ci-dessus): "Kant pousse si loin sa réprobation de la guerre qu’il n’admet même pas la guerre civile entreprise pour détrôner un tyran."
  6. Et avant ça, le wilsonisme: https://fr.wikisource.org/wiki/Kant_et_M._Wilson
  7. Je sais qu'il y a un ou deux liborgiens qui croient pouvoir s'appuyer sur l'individualisme façon Stirner. Ils devraient peut-être y repenser: http://www.non-fides.fr/?L-Ethique-Stirnerienne
  8. Illustration typique du collectivisme et de la "transmission de culpabilité" qu'il implique. Comme quoi on peut écrire dans de beaux journaux et avoir la même mentalité de vendetta que la racaille de base. https://www.google.com/search?q=encore+un+siècle+de+journalisme+et+tous+les+mots+pueront&client=firefox-b&tbm=isch&source=lnms&sa=X&ved=0ahUKEwi7rKfh2oXdAhUSWxoKHbDZANsQ_AUIDSgE&biw=1366&bih=620&dpr=1#imgrc=40okyFBNZevzJM:
  9. Ils sont notamment éminemment moins puritains. Le puritanisme féministe est un contre-exemple minoritaire.
  10. Oui mais la guerre c'est cool: « La guerre quand elle est faite avec ordre et respect du droit civil a quelque chose de sublime, et elle rend l’esprit du peuple qui la fait ainsi, d’autant plus sublime qu’il y est exposé à plus de dangers et qu’il s’y soutient courageusement : au contraire, une longue paix a ordinairement pour effet d’amener la domination de l’esprit mercantile, des plus bas intérêts personnels, de la lâcheté et de la mollesse, et elle abaisse la manière de penseur du peuple. » (Kant, Critique de la faculté de juger, analytique du sublime, 28) (ça sonne comme du Fukuyama soit dit en passant. Qui est un néo-conservateur hégélien -et en matière de guerre Hegel est proche de l'idée de Kant: « Une démocratie libérale qui pourrait mener une guerre courte et décisive, chaque génération ou presque, pour défendre sa liberté, serait bien plus saine et bien plus satisfaisante qu’une société qui ne connaîtrait rien d’autre qu’une paix continuelle. » -Francis Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme, trad. D.-A. Canal, Flammarion, 1992, p.378). @Mégille: j'ai oublié de citer ça aussi: « Engels a vu dans le mouvement ouvrier allemand l'héritier de la philosophie allemande classique. Il serait plus exact de dire que le socialisme allemand en général — et non pas seulement le marxisme — a été le successeur de la philosophie idéaliste. Le socialisme doit la domination qu'il a pu s'assurer sur l'esprit allemand à la conception de la société des grands penseurs allemands. Une ligne facile à reconnaître conduit de la conception mystique du devoir de Kant et de l'idolâtrie de l'État de Hegel à la pensée socialiste. Quand à Fichte, c'est déjà un socialiste. » -Ludwig von Mises, Le Socialisme, 1922.
  11. https://www.contrepoints.org/2018/08/24/323190-la-moralite-de-leconomie-de-marche
  12. La compétition va être rude
  13. Le nombre de doctrines qui se prétendent "une troisième voie" entre libéralisme et marxisme est en fait immense. C'est le côté prestige du "rejet de la fausse alternatives" et du dépassement des opposés. L'écologisme non-socialiste se qualifie lui aussi de troisième voie (je ne retrouve pas le document mais l'expression apparaît aussi dans une déclaration de principes de EELV): http://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_1999_num_55_1_405730
  14. De tous, de tous... Tu passes un peu vite (entre autres) sur l'antisémitisme de gauche, très présent chez les socialistes du XIXème siècle avant de se déporter quasi-exclusivement à l'extrême-droite. « Le Juif est la plaie de l'Humanité, l'ennemi de toutes les nations. » -Charles Fourier, cité dans Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre. « Fourier adapte le stéréotype du « Juif usurier » à l’époque du capitalisme triomphant et des « progrès de l’esprit mercantile », qui est en même temps celle de l’émancipation des Juifs. Commis de magasin qui déclarait à trente-cinq ans, sans modestie, venir « dissiper les ténébres politiques et morale » pour bâtir « la théorie de l’Harmonie universelle », Fourier, le rêveur de « cités radieuses », voit dans l’entrée en citoyenneté des Juifs la pire des calamités de la société industrielle naissante. » -Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial, Odile Jacob, 2008, p.98-99.
  15. Les deux sont des formes de planisme, sans doute moins avancé dans le cas du New Deal (mais je ne l'ai pas assez étudié pour être sûr à 100%). En revanche il y a certaines différences importantes. Roosevelt n'a pas interdit les syndicats, par exemple, ce serait sans doute même le contraire. Ce qui n'est qu'un signe parmi d'autres que l'étatisme (d'extrême)droite et l'étatisme de gauche divergent. Nuances qu'on risque de rater lorsque se met à dire que l'extrême-droite était socialiste.
  16. Reste toujours la possibilité que tout ceux que j'ai mentionné aient infâmement mécompris Kant... Mais quand même. Quand une philosophie génère ce genre de développements, il faut se demander si elle n'y prêtait pas le flanc (et vu que tu as toi même introduit jadis la question de la relation du nazisme à Nietzsche, je ne vois pas pourquoi celle du kantisme au socialisme ne serait pas elle aussi légitime). « Les doctrines se jugent surtout par leurs produits, c’est-à-dire par l’esprit des doctrines qu’elles suscitent : or, du kantisme, sont sorties l’éthique de Fichte, qui est déjà imprégnée de socialisme, et la philosophie de Hegel dont Marx fut le disciple. » -Émile Durkheim, L’individualisme et les intellectuels, La Revue des deux mondes (juillet 1898). Certes, chez Durkheim et d'autres, ont est plus sur de la social-démocratie que du socialisme: "Dans le même temps, à la lumière de Kant, des philosophes comme Séailles et Secrétan cherchent à ouvrir la voie à une philosophie sociale et à rompre avec le vieil individualisme comme avec sa tentative de dépassement socialiste." -Michel Leymarie, De la Belle Époque à la Grade Guerre. Le triomphe de la République (1893-1918), Librarie Générale Française, coll. La France contemporaine, 1999, 379 pages. C'est Mises qui se plaignait le premier (je veux dire avant Rand) des effets du retour en grâce du kantisme dans le second XIXème. Il attaque Cohen et son école dans Le Socialisme (1922): « L'idée que l'humanité a le privilège de devoir être traitée comme une fin conduit à l'idée du socialisme, du fait que tout homme doit être défini comme une fin dernière, comme une fin en soi. » -Hermann Cohen, Ethik des reinen Willens, Berlin, 1904.
  17. La vraie réussite du socialisme lui vient de l'extérieur, du succès du kantisme et de la prémisse déontologique suivant laquelle la moralité est une affaire de conformité de la volonté à une règle a priori, indépendamment des conséquences. Comme par hasard Jaurès ou Durkheim admirait Kant. Les néo-kantiens allemands ont viré socialistes à la fin du 19ème. Et toutes les tentatives de remédier à l'absence de doctrine morale chez Marx ont pris la direction de tentatives de synthétiser Marx et Kant (et ça continue de nos jours: http://actuelmarx.parisnanterre.fr/alp0027.htm ) Par paragraphe un mot célèbre de Péguy : Le socialisme a le cœur pur, mais il n'a pas de cervelle. "Les intentions comptent peu ; ce qui [...] importe sont les effets qu’elles engendrent." -Gilles Labelle, dialogue avec Dalie Giroux, 31 janvier 2010.
  18. Il disait aussi que prendre une revanche militaire sur la France était indispensable à terme. Beaucoup de gens (en France) ont fait des efforts remarquables pour se mettre la tête dans le sable et oublier ce qui les attendaient.
  19. 1): Mais tous le monde veut un monde meilleur (la gauche n'a aucun magistère moral à faire valoir). C'est lorsqu'on commence à définir le Bien que les problèmes et les divisions apparaissent. Le militant national-socialiste de base ne voulait probablement pas plus les chambres à gaz que le militant communiste le Goulag. Simplement, il faudrait que l'Etat reprenne le dessus sur l’enrichissement indu de ces juifs banquiers qui nous extorquent, nous autres chrétiens*. Et qui en plus affaiblissent le pays en favorisant une idéologie internationaliste révolutionnaire (Marx et Trotsky ne sont-ils pas juifs ?) et matérialiste. Et puis le pays est injustement humilié par des traités scélérats qui lui imputent unilatéralement la responsabilité de la dernière guerre. Si seulement il y avait de vrais chefs pour nous défendre à la tête de l'Etat, et pas des parlementaires bavards et incapables de s'entendre. En plus les autres ont échoué à résoudre le chômage de masse, pourquoi ne pas laisser une chance à Hitler ? *Argumentaire particulièrement efficace auprès de la paysannerie allemande en proie à de grandes difficultés et perpétuellement endettée vis-à-vis des banques. 2): De quoi ?
  20. Le colloque illustre à quel point le libéralisme de l'époque était en crise (et faible). Lippmann lui-même était déjà passé du coté redistributiste de la Force, et il n'était pas le seul. C'est un peu l'arrivée en Europe continentale du "new liberalism" apparu au Royaume-Uni quelque décennies plus tôt, et qui se portait aussi très bien au USA.
  21. Oui, parce que ce n'est pas le but de l'ouvrage, et que je n'ai pas tout retranscrit niveau législation "sociale", pour ne pas être trop indigeste. Mais il y a nettement un tournant qui s'opère à la fin du 19ème début 20ème. Comme par hasard, c'est l' "ère progressiste" aux USA et la formation du "new liberalism" au Royaume-Uni. (+ le conservatisme social en Allemagne). En gros, il me semble que les doctrines et les premières bases du welfarism se soient développées au moment où un certain nombre de sociétés occidentales basculaient définitivement vers des formes de sociétés industrielles (1900 et quelques, c'est l'apogée du nombre d'ouvriers français en % de la population active). La simultanéité du phénomène peut donner l'impression que c'était inéluctable. Il est aussi intéressant de voir que le premier welfare-state a été développé par les centristes, opportunistes, modérés, radicaux et autres radicaux-socialistes. Les communistes n'existaient pas, les socialistes étaient dans l'opposition. Ceci soit dit à propos de la nocivité des "pragmatiques" et autres personnes de "bon sens".
  22. Les origines de l'Etat-providence à la française...
  23. Si tu penses à l'anarcho-primitivisme, c'est un socialisme. C'est juste que les biens collectivisables n'incluent évidemment pas les usines ou moyens de production modernes. Le socialisme se définit par la socialisation des moyens de production. Et il est de facto égalitariste puisque tous les membres de la communauté ont le même degré de contrôle sur ces moyens (c'est le côté "démocratique"). Parfois certains socialistes ajoutent un égalitariste des revenus des producteurs, mais Marx et Engels ont rejetés explicitement ce point. Et les bolcheviks ne l'ont pas appliqué, tous simplement parce que rémunérer également des productivités différentes incite puissamment à ne rien foutre*, comme tout critique de l'égalitarisme un minimum lucide s'en aperçoit. *Cf le chapitre de La Grève sur le socialisme autogestionnaire / volontaire, qui est juste génialement vu. Le saint-simonisme est plus une forme technocratique de Welfare-State. Il ressemble au "socialisme" fabien britannique.
  24. Certes. Mais autre chose est une classe, autre chose une minorité culturelle / confessionnel. Il y a des points communs entre nazisme et communisme (que les communistes ne veulent pas voir), mais ça ne veut pas dire que le nazisme est un socialisme. "Si on entend par socialisme un régime où les différences de classe sont supprimées ou du moins réduites, aucun régime n'est aussi peu socialiste que le national-socialisme. Non seulement on y proclame la nécessité de donner libre jeu à l'initiative individuelle, non seulement on maintient et renforce l'autorité de l'employeur qui devient "führer", mais encore on ne touche pas à la répartition des profits. Les salaires des ouvriers ont, depuis 1933, plutôt baissé. En dépit de l'augmentation du nombre des travailleurs, le chiffre des revenus ouvriers avait, en 1933, à peine augmenté. Stables en valeur nominale, les salaires ont baissé en 1934 et 35, étant donné la hausse des prix. Il y a bien une loi (4 décembre 1934) qui réserve à l'Etat les bénéfices au-dessus d'un certain pourcentage (6%), mais il est si facile de la tourner, les grandes entreprises industrielles n'ont jamais été si prospère que depuis le nouveau régime. Autorité, propriété, bénéfices, tout reste aux capitalistes. Où est le socialisme ?" -Raymond Aron, Une Révolution antiprolétarienne. Idéologie et réalité du National-socialisme, in Inventaires. La crise sociale et les idéologies nationales, Paris, Alcan, 1936. Repris dans Raymond Aron, Penser la liberté, penser la démocratie, Gallimard, coll. Quarto, 2005, 1815 pages, p.51.
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