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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Force est de constater qu'il a des morceaux de trucs pertinents qui se baladent dans le discours de Lesquen: "Son racisme étant parfaitement réductionniste, le mouvement hitlérien ne pouvait être réellement “national” ou nationaliste, car aucune nation, l’Allemagne pas plus qu’une autre, ne coïncide avec une race (comme la race caucasoïde) ou une sous-race (comme la sous-race nordique de la race caucasoïde). Il était donc en fait européiste : le Troisième Reich était un empire en voie de constitution, non une nation."
  2. On m'a proposé de le voir (il y a pas mal de promo autour), mais j'ai décliné. Ce que tu dis me confirme dans mon intuition
  3. 1): Quel ouvrage ? (moi je suis dans Les Droites en France de Réné Rémond, même si je ne suis pas forcément d'accord avec toute sa typologie. Je sourcille d'ailleurs quand il voit des éléments d'orléanisme dans l'Action Française). 2): Absolument. Mais ça ne rend pas vrai de dire que "la droite et l'extrême-droite s'y sont majoritairement opposées". Louis de Bonald semble avoir eu quelque propos contre le colonialisme britannique, mais ça ne prouve pas qu'il était hostile au colonialisme en général.
  4. J'avais anticipé ça et dit d'une manière générale. La paysannerie russe et le bolchevisme, ce ne fut pas exactement une histoire d'amour: https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolte_de_Tambov
  5. Le nazisme et le fascisme sont si peu influencé par le socialisme que la doctrine de la lutte des classes, qu'on trouve même chez des socialistes non-marxistes comme Jaurès ou Blum, est rejeté par l'extrême-droite au nom d'un corporatisme paternalisme. On ne va quand même pas s'affronter entre membres de la même nation race, n'est-ce-pas ? Ci-dessus des extraits du bouquin d'un des principaux théoriciens de l'économie au sein du parti d'Hitler:
  6. Oui, mais aussi sous les régimes suivant ; ce fut très long parce que la métropole ne voulait pas perdre de l'argent en s'y investissant trop. Du coup notre armée ramait sur place et d'aucun s'inquiétait pour le prestige national: « Je ne crois pas que la France puisse songer sérieusement à quitter l’Algérie. L’abandon qu’elle en ferait serait aux yeux du monde l’annonce certaine de sa décadence. […] Si la France reculait devant une entreprise où elle n’a devant elle que les difficultées naturelles du pays et l’opposition des petites tribus barabares qui l’habitent, elle paraîtrait aux yeux du monde plier sous sa propre impuissance et succomber par son défaut de cœur. Tout peuple qui lâche aisément ce qu’il a pris et se retire de lui-même dans ses anciennes limites proclame que les beaux temps de son histoire sont passés. Si jamais la France abandonne l’Algérie, il est évident qu’elle ne peut le faire qu’au moment où on la verra entreprendre de grandes choses en Europe et non pas dans un temps comme le nôtre et où elle semble descendre au second rang et paraît résignée à laisser passer en d’autres mains la direction des affaires européennes. » -Tocqueville, « Travail sur l’Algérie », 1841, in De la colonie en Algérie, textes choisis et présentés par T. Todorov, Bruxelles, Éditions Complexe, 1988, pp.57-59.
  7. C'est la thèse de Benoît Malbranque (Le Socialisme en Chemise Brune), mais il ne m'a pas convaincu. Les fascismes sont des anticapitalismes, mais tout anticapitalisme n'est pas socialiste. Car tout dépend de ce par quoi on veut remplacer le capitalisme. Par exemple le nazisme comporte tout un courant dit agrarien qui voulait (à l'instar des nationaux-révolutionnaires de la RC et des völkisch) "déprolétariser" une partie de la classe ouvrière en la renvoyant aux champs, favoriser le maintien d'une économie agricole, etc. Chose inexistante dans le marxisme (et d'une manière générale les socialistes ont ignoré l'électorat paysan).
  8. Après cette date, la France a colonisé le Maroc, mangé une partie des quelques colonies allemandes après 1918, et j'en oublie. De plus l'anticolonialisme n'est pas simplement une question de "plus de colonisation ou pas" ? ça concerne aussi la possibilité de décoloniser, le traitement des populations, etc. Même si on ne regarde que la période antérieure à 1890, je doute que la droite et l'extrême-droite fussent majoritairement anticolonialistes. Ne serait-ce que parce qu'elles n'en avaient pas grand-chose à faire. D'ailleurs la droite inclut aussi le bonapartisme et le second Empire a colonisé.
  9. A partir du moment où on a des raisons valables de penser qu'il cherche effectivement à réaliser le programme politique de ladite doctrine. Les revendications verbales, les déclarations ne sont pas suffisantes (sinon Sarkozy serait libéral). Et quand les nazis se revendiquaient du socialisme, il faut pas se laisser abuser par l'identité de mot. C'est l'expression d'un antilibéralisme radical visant une économie corporative (abolition des syndicats, etc), et planifiée (parce que le planisme était considéré par plusieurs courants socialistes comme un étape intermédiaire vers l'abolition du capitalisme, du salariat et des classes sociales -y compris par Marx dans le Manifeste). Ensuite les fascistes italiens ne s'appelaient pas socialistes, eux.
  10. L'antilibéralisme des extrêmes est dangereux, heureusement nous avons le centre pour nous protéger de... Oh putain. (Et après il y a des petites comiques qui viennent expliquer que "l’idée européenne ainsi que l’euro-fédéralisme qui ne sont que les corollaires du libéralisme." cf: https://www.taurillon.org/faut-il-assumer-la-finalite-liberale-de-la-construction-europeenne Je me gausse).
  11. ça n'existe pas. Les phénomènes sous-jacents sont soit du libéralisme, soit du croynism, et très souvent le second. Les gauchistes mélangent les deux parce que le marxisme enseigne que l'Etat est au service de la bourgeoisie. Du coup, l'intervention comme la libéralisation sont pour eux la même chose, puisque ça sert les intérêts de la même classe dominante. Ce n'est que sur la base de cette prémisse qu'on peut imaginer un truc comme le "néo-libéralisme". D'ailleurs Foucault a été marxiste et même membre du PCF.
  12. Certes. Mais dans ce que j'ai pu lire pour le moment, je doute qu'on soit au deux tiers. A l'époque tu avais par exemple l'Alliance Républicaine Démocratique, l'un des partis de la droite "libérale" (c'est le terme que Leymarie utilise mais "patronale" correspondrait mieux aux faits décrits), qui était très lié aux intérêts du "parti" colonial. Je trouverais sûrement d'autres exemples en cherchant.
  13. Mais encore une fois, personne n'a dit le contraire. Enfin personne ici.
  14. J'ai dis que l'internationalisme était une caractéristique du socialisme marxiste qui rendait erroné de parler d'une "forte influence" du marxisme sur le fascisme. Je n'ai pas dis que tout socialisme était internationaliste. Le proto-communisme de Morelly ou More ne l'était pas. Proudhon ne l'était pas. Les Guesdistes et les sociaux-démocrates allemands (y compris l'ex-pape du marxisme orthodoxe qu'était Karl Kautsky) ont montré qu'ils ne l'étaient pas en 1914. Un socialiste contemporain comme Régis Debray ne l'est pas (il soutient même que le socialisme n'est possible que s'il se fait nationaliste: http://hydra.forumactif.org/t2763-regis-debray-proletariat-et-nation-le-pot-de-terre-contre-le-pot-de-fer-autres-textes?highlight=Régis+Debray ).
  15. Personne n'a dit ça. Dire que le fascisme n'est pas un socialisme n'est pas dire que le bolchevisme n'est pas un socialisme. « Le socialisme* combat pour la disparition du salariat. » -Gabriel Deville, Aperçu sur le socialisme scientifique, 1883. "Le socialisme, c’est la suppression du parasitisme social, c’est la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est la propriété sociale des moyens de production." -Gabriel Péri, Non, le nazisme, ce n’est pas le socialisme !, avril 1941. *Ceux qui seraient tentés de m'accuser de produire insidieusement une définition marxiste du socialisme oublie que ces définitions valent aussi bien pour l'anarchisme. Par ailleurs les socialistes utopiques pré-marxistes étaient aussi pour la disparition du salariat au profit de communautés ouvrières de production (et/ou de planification étatique, cf Louis Blanc).
  16. Non plus, l'opposition la plus nette venait de la gauche révolutionnaire anarchisante (cf: Michel Leymarie, De la Belle Époque à la Grade Guerre. Le triomphe de la République (1893-1918), Librarie Générale Française, coll. La France contemporaine, 1999, 379 pages. ), qui assimilait exploitation coloniale et exploitation de classe.
  17. Et ? L'Indirect rule britanniques aux Indes, ce n'est pas de la colonisation ? Tu as l'air d'assimiler la colonisation à l'imposition par la force d'un mode de vie étranger ; alors que c'est avant tout une forme de domination politique, assortie de formes d'exploitations économiques.
  18. @Rincevent : Non mais tu écris que: " La droite et l'extrême droite étaient radicalement contre la colonisation au moment où elle s'était faite". Je demande qui ça concerne ? Là j'ai un texte plus tardif de Maurras qui est tout sauf anti-colonial: http://maurras.net/textes/135.html
  19. ça c'est la ligne de Déroulède, mais comme je l'ai indiqué un nationaliste emblématique comme Barrès est tout à fait favorable à la colonisation. Clemenceau aussi d'ailleurs (qui n'était pas nationaliste).
  20. @Rincevent : Et Lyautey, qui a colonisé le Maroc ? Lyautey monarchiste, c'est la faute du sinistrisme ?
  21. 1): Oui mais là tu remontes à la préhistoire :p 2): Corrigé.
  22. Radicalement, non. Il y avait une petite poignée de gens franchement hostiles (par exemple Léon Bloy, mais que pesait un écrivain catholique polémique au bord de la famine ?), une partie de gens mollement contre mais beaucoup d'autres étaient pour. « En 1890, Maurice Barrès, l’illustre auteur nationaliste français, résuma en ces termes l’objectif à atteindre : « Fonder en Afrique le plus grand empire colonial du monde ». » -Henri Wesseling, Les empires coloniaux européens (1815-1919), Éditions Gallimard, 2009, 554 pages, p.260. Ernest Renan était tout à fait en faveur de la colonisation aussi.
  23. L'anti-marxisme est un trait caractéristique de tous les mouvements fascistes hein. Des historiens spécialistes des fascismes comme Sternhell ou E. Gentille insistent là-dessus. Je rappelle quand même qu'un trait caractéristique du marxisme (à la différence d'autres courants socialistes), c'est l'internationalisme, la solidarité de toutes les classes prolétariennes, la Révolution mondiale et l'abolition des frontières et des particularismes culturelles. C'est un universalisme, là où le nazisme est explicitement raciste et polylogiste. Le marxisme s'oppose aussi au colonialisme, ce qui n'était évidement pas le cas du régime mussolinien et dans un autre sens de l'hitlérisme (conquête du Lebensraum, etc.). Les fascismes rejettent aussi bien évidemment l'égalitarisme et le matérialisme. Et la philosophie progressiste de l'histoire. Les fascismes sont des modernismes réactionnaires. Le marxisme n'est pas réactionnaire. Ensuite, avec toutes les limites qu'on voudra, le marxisme s'est associé en nombre d'occasions à la cause de l'égalité hommes-femmes (l'URSS a nommé la première femme ministre). Alors que les fascismes ont une vision traditionaliste, essentialiste, inégalitaire et nataliste de la place de la femme. A la rigueur on peut légitimement parler d'une inspiration marxiste-léniniste sur le plan des méthodes de renversement de la démocratie et de liquidation des opposants. On trouve des propos élogieux à l'égard du bolchevisme chez plein de figures de l'extrême-droite, mais d'une part tout le marxisme n'est pas réductible au bolchevisme, et ensuite il faut saisir les limites de cette fascination. Même sur le plan économique. Les fascistes ne sont pas dit qu'il fallait industrialiser à outrance pour développer la classe ouvrière, ou collectiviser les propriétés agricoles... Ils ont bien sûr pour point commun d'être antilibéraux, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y pas plein de courants antilibéraux de droite qui ont préparé dès le 19ème siècle le terrain au fascisme, et qui sont bien plus certainement ses sources d'inspirations que le marxisme qu'il dénonce.
  24. Faut pas partir d'une fausse prémisse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme_libertaire#Opposition_à_l'État_:_Antiétatisme
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