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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Certes, mais au-delà ça pose peut-être un problème de respect de la Loi et plus particulièrement du secret défense. Malheureusement la liste exacte de ce qui est couvert par le secret défense semble avoir été définit par un décret en Conseil d'Etat (cf: https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006418400 ) que je peine à trouver. S'il était avéré que Hollande a violé le secret défense (ce dont l'accuse une partie de la droite), j'espère que la Justice ne le ratera pas (cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende: https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006418404&dateTexte=&categorieLien=cid ).
  2. J'aimerais vraiment. Sauf que: Si Macron se plante à la présidentielle (ce qui reste mon pronostic), En Marche n'étant pas un parti un minimum implanté (ce sera la première élection des gens qui se présenteront sous cette étiquette), le gain à se présenter comme macroniste (un perdant donc) sera très faible. Aux législatives, une partie des gens qui sont venus ou se disent aujourd'hui proches d'En marche retourneront donc dans le giron du PS, sachant que se gauchiser (pour refaire du clivage bon marché) sera redevenu rentable suite à la victoire de Fillon (voire de Le Pen). Donc à ce stade, je prévois que le PS sera affaibli mais il va survivre.
  3. C'est illégal au regard de l'Article 2, Alinéa 4 de la Charte des Nations Unies (que la France a ratifié), qui garantit l'indépendance politique des Etats membres et donc leur monopole à faire usage de la violence sur leur sol. Elles posent un second problème, de démocratie et de liberté politique interne ; d'après ce que j'ai compris, le Président à l'initiative de ces opérations sans que le Parlement puisse juger de leur nécessité, même a posteriori. Ce qui fait bien trop de pouvoir abandonné à l'arbitraire d'un seul homme. Aujourd'hui on utilise des assassins à l'étranger, pour tuer des terroristes, mais demain ? Il faut toujours juger du bien-fondé d'une institution à partir de ses dérives possibles, là les contre-pouvoirs me semblent singulièrement absent.
  4. Je suis un esprit charitable et je me fais un avis par moi-même, j'ai lu quatre livres de Clouscard, j'en ai payé trois (ceux-là ne recoupant pas ceux-ci), hé bien, je ne peux pas dire que son concept de libéral-libertaire vaille grand chose. Renaud fait un meilleur sociologue en inventant le néologisme de "bobos". Lesquels ne sont ni libéraux (Etat-providence + propagande étatique pour le camp du Bien) ni libertaire (au sens d'anarchiste). Son idée que le capitalisme français effectue un tournant libéral sous Mitterrand est absurde et complètement contrefactuelle (regarde les ratios de dette, de dépenses publiques, de fonctionnaires), c'est prendre les discours de la "gauche raisonnable" pour la réalité. Le fond de sa théorisation économique, c'est celle de Marx et il s'expose donc aux mêmes critiques ; sur le plan sociologique, il y a éventuellement des intuitions intéressantes mais jamais quantifiées ou appuyées par des statistiques. D'une manière générale, son style est extrêmement allusif, très proche en cela de Debord (qu'il déteste) ; même l'honnête homme dont Clouscard appelle l'impartialité de jugement ne peut pas dire autre chose que: "il faut tout croire sur parole et deviner la moitié de ce que veut dire l'auteur ?". Donc je pense qu'on peut opposer une fin de non-recevoir à ce concept, très clairement.
  5. Même mes parents qui votent religieusement PS depuis des décennies ont trouvé que c'était une conne finie. J'ai adoré le moment où Fillon démolit sa posture gauche morale vengeresse en une phrase: "moi j'ai rendu les costumes".
  6. Fillon dit qu'il veut "inciter" les collectivités locales à diminuer leurs dépenses de 20 milliards. Pujadas (toujours aussi insupportable par ailleurs) fronce les sourcils: "Spontanément ?"
  7. Soyons précis: Fillon s'appuie sur l'ouvrage de deux journalistes du Canard enchaîné accusant Hollande et réclame, sur la base des allégations de ces derniers, une enquête judiciaire sur le Président, afin de déterminer s'il a respecté la Loi et l'indépendance de la Justice. Ce qui est très bien.
  8. Il ne faut pas confondre le problème ontologique ("qu'est-ce que la réalité ?") et le problème épistémologique ("qu'est-ce que je peux connaître ?"). Nietzsche défend un monisme ontologique d'un genre très particulier, ni idéaliste (comme Berkeley) ni matérialiste: "La définition de toute réalité comme intégralement pulsionnelle interdit toute conception spiritualiste de la pensée indépendamment du corps, mais aussi bien toute conception matérialiste ramenant l'esprit à une simple matérialité corporelle." (Astor, p.496) Mais la réalité peut bien être une, ça n'implique pas qu'elle soit entièrement accessible, et de fait il y a chez Nietzsche une opposition entre l'en-soi (qui un fond de chaotique, du divers) et le phénomène, qui est appréhendé à la suite d'une série d'opérations de traductions (sensorielle, psychique, langagière). La réalité phénoménale est mensongère et l'originalité de Nietzsche de dire qu'il faut accepter (voire se réjouir) d'être plongé dans cette illusion, plutôt que d'inventer un plan de réalité supérieur et intelligible (et c'est toute sa critique du platonisme). Les discours tenus sur le réel sont nécessairement faux ("Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont."), Nietzsche considère donc que la seule question qui vaille une fois ses présupposés admis est de juger de leur effet sur la "santé" (de là la critique du socratisme et de ses dérivés théologiques et religieux, critique dont le critère n'est pas la vérité, mais le type d'individus que produisent les croyances).
  9. Discours d'Asselineau aux maires de France: http://www.francoisasselineau.fr/2017/03/discours-de-francois-asselineau.html#!/2017/03/discours-de-francois-asselineau.html
  10. La formulation de l'article est ambigu: les membres du cabinet ont-ils travaillé au profit de Macron pendant leur temps de travail, ou évoque-t-on une simple proximité politique ? Putain de journalisme..
  11. Si je me fie à mes vagues souvenirs de sociologie des comportements politiques, en 2007 le "vote juif" est surtout allé à Sarkozy. Mais le propos de ma prof était qu'il est extrêmement difficile d'abstraire la "judéité" (sentiment religieux et/ou d'appartenance à un groupe culturel), de tous les autres paramètres qui influencent le vote, notamment le groupe social-professionnel et le niveau de vie. Le vote "musulman" concerne quand à lui les partis de gauche à plus de 70% ; là encore c'est délicat de déduire un comportement politique de la religion, les partis de gauche étant traditionnellement anticléricaux et laïques, le rapprochement ne vient pas d'une proximité idéologique mécanique.
  12. Un reportage radio sur le meeting de Mélenchon de dimanche dernier. Le journaliste tombe sur un groupe de jeunes (17-18 ans) qui sont venus voir car je cite "ils hésitent entre Mélenchon et Hamon." Il demande à l'un d'eux pourquoi il porte le drapeau rouge avec le marteau et la faucille (vu qu'ils ne sont pas communistes) et le gars répond: "euh bah, c'est un drapeau qui a fait, quand même, l'histoire du XXème siècle !" Ah oui, spécial dédicace au groupe de gauchistes venus grâce aux bus Macron...
  13. Outre la récupération de Nietzsche par les postmodernes, évoquée plus haut, il faut voir que Schopi et Nietzsche sont des kantiens radicalisés, qui développent un nouveau subjectivisme (un subjectivisme sans sujet chez Nietzsche): puisque la chose en soi en inconnaissable, le rapport de l'individu au monde va être redéfini comme interprétatif (et même enchaînement d'interprétations chez Nietzsche). La vérité étant illusoire, le problème fondamental va devenir celui des illusions ou des valeurs propices à renforcer (ou dégrader) la "santé" de tel ou tel individu donné, cette santé devenant le nouveau critérium de la valeur de la valeur, à la place de la vérité. C'est de là que vient, en partie, le fameux, trop fameux relativisme des postmodernes. « Nietzsche reste résolument kantien lorsqu'il affirme que l'en-soi est inconnaissable, et que la phénoménalité dépend des conditions a priori de la sensibilité. Mais chez lui la sensibilité est déjà une puissance active que l'homme tient de l'essence même de la vie, qui est appropriation, assimilation, création: faute de pouvoir connaître cet "x énigmatique" qu'est l'en-soi (à propos duquel, du reste, il conviendrait d'observer un silence éléatique), l'homme traduit. La perception sensible est déjà traduction active d'une sphère à une autre, entre sphères absolument hétérogènes entre elles. L'excitation nerveuse est traduite en image mentale. Et le langage sera traduction sonore de l'image. Le langage est ainsi une traduction de traduction, saut au carré entre sphères hétérogènes, sans aucune certitude quand au texte de départ." -Dorian Astor, Nietzsche. La détresse du présent, Gallimard, coll. Folio essais, 2014, 654 pages, p.204-205.
  14. Vu qu'elle est la seule a pouvoir les établir comme tels, oui, c'est la seule chose de sensée à faire. Le reste relève de la prétention à l'omniscience et de la culpabilité a priori.
  15. Benguigui n'a pas été condamné pendant qu'elle exerçait ses fonctions gouvernementales, je ne vois pas au nom de quoi elle aurait dû être remercié à ce moment-là. Ta notion de pourri s'étend apparemment à toute personne sur laquelle la justice enquête. Pour toi on est un coupable a priori. J'observe que sur les 4 individus que tu évoquais dans ton premier message, deux n'ont pas été condamnés. Ils ont donc été contraints de démissionner sans raisons valables, sur la base de simples suspicions, et sans bien sûr être réintégrés ensuite à leurs anciens postes. C'est beau, le respect de la présomption d'innocence ! Si ça t'arrivait personnellement, tu serais peut-être moins prompt à voir des pourris là où il n'y en a pas.
  16. C'est faux, sous Hollande, et comme il l'explique dans ses confidences aux journalistes du Monde, la pratique de virer des gens sur lesquels les procédures judiciaires ne sont qu'au stade de l'enquête n'a fait que croître. Ce qui est une mauvaise chose. Ensuite, tu parlais des membres du gouvernement qui ont dû démissionner ; or Benguigui n'a pas démissionné (et pourquoi donc l'aurait-elle due ?), et Morelle n'a jamais été membre du gouvernement.
  17. Je suis tout à fait sérieux. Les politiciens commentent assez de méfaits réels pour qu'il soit superflu de leur en attribuer d'imaginaires.
  18. Et deux ont été reconnus coupables. Rapporté à la totalité des membres du gouvernement pendant le quinquennat, c'est faible. Et de toute façon, le slogan de "République irréprochable" peut vouloir dire tout ce qu'on veut, mais pas que le Président peut sonder le fond des âmes pour ne sélectionner que des personnalités intégres. Il ne faut pas écouter les hommes politiques qui se prennent pour Dieu.
  19. On parlait de l'OPA des postmodernes sur Nietzsche, j'en profite pour protester contre l'OPA des marxistes / gauchistes (des althussériens jusqu'à la team F. Lordon en passant par Toni Negri) sur Spinoza. Spinoza est un précurseur du libéralisme: http://oratio-obscura.blogspot.fr/2015/05/spinoza-et-la-fondation-du-liberalisme.html
  20. Faudrait déjà définir ce qu'est une science...
  21. J'ai lu la bio d'Anne C. Heller Bah, on fait tous des erreurs. A la décharge de Rand, ce n'était pas une période joyeuse de sa vie. Et puis ce n'est jamais qu'une nouvelle, on ne parle pas des Manifestes d'André Breton et des appels à tirer au pistolet dans la rue.
  22. Tout à fait. Mais si on regarde bien, les points communs sont superficiels. Dans Answers, Ayn Rand dit d'ailleurs que l' "irrationalisme" de Nietzsche rend son individualisme arbitraire et sans fondements.
  23. Mais TOUT, absolument tout, est plus facile à lire que Hegel ^^ (le côté rassurant étant que la difficulté tient beaucoup à un vocabulaire technique, comme chez Kant). Rosset parle de cette appropriation assez fantaisiste de Nietzsche par la gauche française, dans les années 50-60: « Troisième malchance de Nietzsche : avoir été récupéré par la gauche française ! (Rires.) Certains intellectuels progressistes ont en effet également aménagé un Nietzsche à la mesure de leurs fantasmes. Après l’épouvantable Nietzsche de droite, les philosophes français (Klossowski, Foucault, Deleuze, Derrida et d’autres) ont fabriqué un Nietzsche révolutionnaire de gauche complètement insensé. » -Clément Rosset, Entretien avec Aude Lancelin et Marie Lemonnier, L’Obs, 23 juillet 2015. Sinon les philosophes ou intellectuels marxistes sont très hostiles à Nietzsche (à la notable exception d'Henri Lefebvre).
  24. Il faudrait savoir plus clairement ce que cette notion recouvre mais c'est possible.
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