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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Après avoir relu La crise de la conscience européenne de Paul Hazard, De l'univers clos à l'univers infini de Koyré et la Divine Comédie de Dante, j'ai lu Regime Change de Patrick Deneen, The Collapse of global Liberalism de Philipp Pilkington, Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire de Miranda et Furious Minds: the making of the maga right de Laura Field. Comme je le disais dans un autre fil, je retire de ces dernières lectures, qui s'ajoutent à d'autres plus anciennes sur le même sujet, un sentiment de médiocrité générale qui n'a pas grand chose de rassurant. Je lis en ce moment le dernier essai de Marcel Gauchet sur l'idéologie (je suis l'auteur depuis longtemps et la question de l'idéologie est à mon avis essentielle). Il se répète un peu (il se répète un peu depuis au moins ses trois derniers essais), mais c'est intéressant et intelligent, avec une bonne histoire du concept et de ses changements de signification, et son triomphe à l'ère de l'Histoire (de sa société qui se comprend et réfléchit à travers l'histoire).
  2. Gros débat ! Je vais répéter l'argument contra proposé à Morozov : ceux qui voient une sorte de retour au féodalisme dans le monde en train d'émerger ne voient pas à quel point il est le produit de l'intervention constante et essentielle de l'Etat US dans son fonctionnement (en gros, il n'y a pas de sécession de la tech, pas de domination de la tech indépendante de l'Etat et pas de retour à une économie précap). Maintenant je dis ça, il a des tas de trucs sur le sujet très intéressants à explorer. Par exemple dans une perspective pro non marxiste, il y a le très bon essai de Joel Kolkin The Coming of Neo Feudalism https://www.amazon.com/Coming-Neo-Feudalism-Warning-Global-Middle/dp/1641770945
  3. Merci pour ces précisions, je comprends mieux. Je te réponds sur quelques points (pas tous, soit parce que je suis d'accord, soit parce que par exemple sur la question du « fascisme », je n'ai pas encore d'opinion ferme sur le sujet, ou parce que je ne sais pas quoi répondre aux oppositions que tu proposes entre technos et bureaucrates, qui me semblent essentiellement verbales).Je pense aussi – mais bon je ne suis pas le seul – que nous vivons une période de transition, même si je ne vois pas ce qui permet d'affirmer que nous sortons du capitalisme. La grande question que certains se posent est de savoir si le capitalisme qui vient est un capitalisme classiquement orienté vers le profit ou l'innovation ou vers la rente, les monopoles et le développement parasitaire des entités privées et publiques intermédiaires liées au ralentissement de la croissance (en Occident). L'hybridation public-privé qui rend possible l'idée d'un dépassement contemporain du capitalisme ne me semble pas être une condition suffisante pour en déclarer la mort : d'abord parce que cette hybridation n'est pas nouvelle et qu'elle a commencé dès le 19e siècle à l'ère industrielle et qu'elle s'est accélérée avec la création des États providence après-guerre. Ce qui apparaît relativement nouveau, c'est la mixed policy chinoise, mais je ne suis pas sûr que ce soit un modèle post-capitaliste (plutôt une économie administrée en partie libéralisée pour fonctionner le plus efficacement possible afin de se moderniser. Si elle veut devenir plus efficace, il va falloir qu'elle tende à plus de capitalisme au sens étroit du terme à mon avis). Je ne vois pas en quoi Musk et Trump sont les défenseurs de l'ancien monde : les deux ferraillent contre les formes de la technocratie et sa classe progressiste, contre les formes jugées dépassées de la démocratie représentative et des alliances qui brident le plein déploiement de l'autoritarisme oligarchique au sommet de l'État. On retrouve d'ailleurs ici des thèmes NRX anti-démocratiques ou pseudo-monarchiques (ou pire, l'État comme une entreprise) qui en accompagnent le délitement. Il n'y a pas d'opposition : décisionisme, monarchisme, exécutif unitaire, le vocabulaire varie entre les différentes écuries idéologiques maga, mais elles pointent toutes vers le même message, la rupture avec l'ancien monde libéral pour faire émerger le nouveau système de domination alliant oligarchie économique et financière et république bananière. Sinon je remarque qu'au sein de ce micro-milieu NRX, comme chez certains post-libéraux et certains progressistes, on relève une certaine fascination pour le modèle chinois, son « efficacité » technocratique comparée à celui occidental en décomposition. Pour beaucoup, le capitalisme libéral est mort, celui techno lui a succédé, et c'est tant mieux, parce que ces phares de la pensée s'identifient aux technos). Tout cela témoigne d'une chose, qui recoupe en partie ce que tu dis : le discours lénifiant et narcissique sur l'émergence de cette nouvelle classe cognitive vient de la classe dominante elle-même, et nous assistons essentiellement à une lutte d'influence entre des factions concurrentes de la classe managériale (et encore, de ses éléments les plus marginaux pour les NRX ou les post-lib, c'est à dire ceux qui collent aux basques de Trump).
  4. Je pense que c'est là que convergent tous les discours de la droite maga : l'effacement des cadres légaux pour permettre le plein déploiement du pouvoir sans freins. On notera d'ailleurs la proximité de certains 'théoriciens' ou financeurs entre les différentes écuries idéologiques (par exemple Peter Thiel ou Michael Anton) visant à défendre le basculement vers l'autoritarisme, qu'on le maquille en 'monarchisme', 'entreprise-Etat' ou 'décisionnisme' à front de taureau.
  5. Je suis sceptique à la fois sur l’analyse de Nick Land et sur l’idée que la croissance chinoise proviendrait d’une accélération technocapitaliste simplement masquée par un communisme de façade. Je ne suis par exemple pas du tout convaincu, contrairement à ce qu’on affirme souvent en Occident, que la Chine soit purement capitaliste (techno ou pas). C’est un système mixte qui a introduit pas mal de réformes, en particulier à partir des années 1990, pour renforcer son secteur privé et développer les mécanismes de marché, sans pour autant rompre totalement avec l’économie administrée qui reste dominant. Si l’on en croit les dirigeants chinois actuels, l’« économie socialiste de marché » reste du socialisme, et le socialisme demeure l’objectif final de la modernisation de la société chinoise (même si cela ressemble davantage à une version étatiste du modèle singapourien). Il semblerait donc que le communisme ne soit pas qu’une façade. Un des débats actuels dans les cercles marxistes porte d’ailleurs sur la question de savoir si nous assistons en ce moment à une sorte de NEP chinoise, comparable à celle de l’URSS des années 1921, c’est-à-dire à une phase de libéralisation capitaliste temporaire destinée à accélérer la transition vers le socialisme. Il y a une autre hypothèse que je pose ici l'air de rien, c'est que la Chine soit tellement arriérée qu'elle est en train d'opérer une systémisation du capitalisme comparable à ce qui s'est passée en Europe au 19e siècle, avec comme corollaire ce curieux mélange de socialisme et de capitalisme qui a abouti à la naissance du capitalisme managérial (le capitalisme des monopoles et des organisations de masse). En prime, contrairement à l'Occident, le mythe progressiste est toujours bien vivant et mobilise les élites économiques, culturelles et politiques avec une vigueur incomparable à ce qu'on trouve ici. Je remarque au passage que si les DE visent à critiquer la technocratie ou le capitalisme managérial, la fascination pour le capitalisme technocratique asiatique comme dépassement du modèle occidental rend perplexe.
  6. « Philosophie de cour » me semble être un meilleur qualificatif que « classe », par exemple, parce qu’il le circonscrit à l’influence de quelques-uns ayant un accès privilégié à l’administration Trump. Que ce micro-courant cherche à imposer son récit, en concurrence avec d’autres courants idéologiques du même acabit, me semble correspondre à la réalité. Sinon, quels sont ces secteurs importants aux États-Unis qui seraient réellement influencés par Nick Land, Yarvin, ou même les écrits de Thiel ou Andreessen ? C’est une vraie question. Je crains qu’on prenne ici les discours pour des réalités concrètes.Je ne comprends pas bien le parallèle avec la Fronde, ni le rapport avec les DE. En quoi sont-ils attachés à des « droits féodaux » qu’ils chercheraient à défendre, là où ils ont démontré leur incapacité à défendre et utiliser les canaux classiques du gouvernement représentatif pour tenter de l’adapter à la nouvelle donne économique et technologique qu’ils appellent de leurs vœux ? Sont-ils plus ou moins lucides que leurs concurrents post-libéraux ? Ou que les néomarxistes ? J’avoue être perplexe, même s’il est encore difficile d’être exhaustif quand on désigne une nébuleuse de blogs et de sites contre-culturels. J’ai l’impression que pour toi, c’est une sorte de randianisme sous stéroïdes (fasciste, moui mof). OK. Il y a effectivement cette idée d’élite cognitive qui n’a plus de justification en dehors d’elle-même, même si cette justification me semble aussi solide que l’univers Marvel dans lequel ces braves gens ont globalement été baignés depuis la plus tendre enfance Sur Gave : Gave ne dit pas vraiment la même chose que HHH et me semble tout aussi éloigné des DE que Gaspard Koenig ou Brice Couturier.
  7. Est-ce que nous ne sommes pas en train de donner une importance un peu exagérée à un délire de blogueurs et d’essayistes marginaux ? Certains ont bien essayé d’associer Poutine à la pensée délirante de Dugin. N'est-on pas en train de tenter de justifier le gangstérisme sans principes du trumpisme et de ses alliés de la tech en prenant au sérieux une poignée de zozos qui cherchent à coller leur narratif de geeks sur les phénomènes ? J’ai du mal à distinguer les contours d’une « classe », encore moins d’une « fronde électorale », qui correspondrait vraiment à l’ensemble idéologique du « dark enlightenment ». Qu’il existe aujourd’hui des groupes d’intérêt qui militent pour un investissement public massif dans la tech, dans les cryptos, et jusqu’à défendre une nouvelle architecture du pouvoir qui dépasserait l’actuel État fédéral américain, cela me semble tout à fait réel. Ce que certains disent de l'université, en prenant parfois des images assez frappantes (les trucs sur la 'cathédrale' c'est plutôt bien trouvé), ne sont pas des critiques spécialement nouvelles ou spécifiques à ces messieurs (Je n'ai pas bien compris en quoi Charles Gave pouvait être englobé dans ce micro-courant ?). Les textes et les références jetés au petit bonheur la chance – comme tu le soulignes en pointant cet agrégat bancal entre accélérationnisme, références contre-révolutionnaires et proto-fascistes – pour décrire l’activité réelle d’entrepreneurs et d’ingénieurs tout ce qu’il y a de plus ordinairement contemporains, trahissent ama davantage la faiblesse de la théorie à saisir la pratique qu’une véritable réflexion sur les transformations actuelles de notre monde commun.
  8. La question que je me pose est plutôt : en quoi cet ensemble de discours (plutôt rudimentaires) nous éclaire-t-il sur les ambitions et les intérêts des élites de la tech qui tournent autour de Donald Trump ? Quand je lis Yarvin ou Thiel, je me demande d'abord s'ils ont fumé du crack avant de m'interroger sur la pertinence de leur vue du monde. Faut-il vraiment prendre au sérieux ce fatras, et ne pas lui assigner la place qu'il mérite, c'est à dire celui d'idéologie ou de communication publique visant à masquer les véritables rapports de force qui se jouent autour de l'exécutif us aujourd'hui ? Je me pose le même problème avec d'autres 'courants' maga, que je trouve tout aussi simplets (on peut en parler dans un autre fil si ça intéresse des gens : le post-libéralisme et le national-conservatisme). Maintenant, le livre de Miranda n'est pas parole d'évangile et les écrits des auteurs cités peuvent être plus intéressants que la taxinomie proposée. Mais ce n'est pas ce qui ressort de ce que j'ai pu lire (par exemple Le moment straussien de P Thiel est un essai absolument épouvantable). Je ne suis pas sûr que la comparaison avec la FM puisse être pertinente ici.
  9. J'ai lu le bouquin de Miranda et suivi un peu le truc (de loin) depuis le début (via Mencius machin qui, certains s'en souviennent sans doute, était déjà cité sur ce forum il y a 15 ans) et j'ai toujours du mal à y voir autre chose qu'un long troll assez pauvre théoriquement essentiellement destiné à faire chier la gauche. Mais je prendrai le temps de regarder cette vidéo, merci.
  10. F. mas

    Affaire Epstein & Co

    Moi j'aimerais bien savoir quels services Moscovici a rendu au gars Jeffrey.
  11. F. mas

    Affaire Epstein & Co

    Celle qui va de Bannon à Clinton, en passant par Moscovici et Barak
  12. F. mas

    Affaire Epstein & Co

    Je sens qu'on va essayer de la faire payer pour tout le monde. Qu'il commence à se méfier des fenêtres et des balcons.
  13. F. mas

    La tronçonneuse d'or

    Je pense surtout qu'elle aime le pouvoir, et que sa conversion miraculeuse au libéralisme n'a pas plus de deux-trois ans maximum.
  14. F. mas

    Supa Playlist!

  15. F. mas

    La tronçonneuse d'or

    C'était comme ça qu'elle se définissait il y a quelques années.
  16. F. mas

    La tronçonneuse d'or

    J'imagine qu'elle était comme ça quand elle était séguiniste.
  17. F. mas

    Nécrologies

    Norman Podhoretz. https://www.compactmag.com/article/norman-podhoretz-and-the-paleoconservatives/
  18. Vraiment un excellent article. Félicitations.
  19. Fun fact, JP Oury est un spécialiste de Ruyer. https://www.wikiberal.org/wiki/Jean-Paul_Oury
  20. Attention, le Democracy shield arrive, et il n'est pas là pour protéger la démocratie mais protéger la nomenklatura euro-atlantiste de la démocratie. https://brussels.mcc.hu/publication/a-shield-against-democracy-how-the-democracy-shield-protects-the-eu-from-the-electorate
  21. Je pense justement que la nouveauté du débat, c’est qu’il se tient au sein de la droite américaine, laquelle déterminait jusqu’ici globalement son périmètre idéologique en fonction des Pères fondateurs, de la Constitution élevée au-dessus de tout et du free market. Sur la banalité des critiques, je suis moins catégorique : j’observe par exemple l’introduction de Carl Schmitt dans le débat, ce qui constitue une vraie nouveauté. Cet auteur n’existait pratiquement pas, il y a encore une décennie, dans les débats internes à la droite américaine (en dehors des cercles straussiens de Chicago, à la rigueur). Reviennent aussi en force d’autres auteurs paléo et même des auteurs européens de la contre-révolution, ce qui est quand même assez étonnant (de Maistre ou Cortés, wtf). Je continue la lecture de Deneen et, franchement, c’est décevant. Son livre est davantage un manifeste, voire un tract politique, qui vire au simpliste dès qu’il s’essaie à l’histoire des idées (libéralisme, néolibéralisme, marxisme et conservatisme américain). Il y a une a-historicité flagrante qui l’empêche de saisir les différences et les singularités entre toutes les traditions intellectuelles qu’il critique, comme s’il les ramenait toutes au même modèle, face à « la grande tradition occidentale » dont il se réclame. Il ne voit pas que le libéralisme est un courant, un ensemble de théories parfois contradictoires entre elles, et que leur évolution globale – tout comme l’usage qu’en font « les élites » (concept assez indéfinissable) – varie d’une époque à l’autre en fonction des transformations de l’ordre social-historique. Pour l’instant, pas une ligne sur le gouvernement représentatif, sur les débats autour du fédéralisme américain, sur la place de l’exécutif moderne, sur le changement de paradigme avant/après la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, sur les effets de la révolution industrielle dans la montée du new liberalism, ni sur les sensibilités hétérodoxes (anti-rationalistes) venues des Lumières écossaises. Le conservatisme US, chez lui, c’est John Locke et Jonah Goldberg (ha ?) ; le marxisme, c’est Bernie Sanders (hein ?). C’est quand même symptomatique de l’effondrement du débat intellectuel. Je n'ai pas encore abordé son éloge du gouvernement mixte (mais le gouvernement représentatif est déjà un gouvernement mixte, Patoche! Attention ! C'est encore du libéralisme !) et de l'alliance de classe entre le peuple et l'aristocratie (ce qui me fait penser aux fantaisies littéraires de Patrick Buisson, qui, par pensée magique, entrevoit des alliances dont la réalité ne dépasse pas ses livres désormais pratiquement oubliés). On sent le livre de circonstances, dont la visée principale est surtout de donner une légitimité intellectuelle à un micro-courant qui cherche à se placer dans les bonnes grâces de Vance. À noter que, pour l’instant, l’auteur français le plus cité est Christophe Guilluy. Cela ne signifie pas que la critique adressée au libéralisme majoritaire (qu’il soit progressiste ou classique) soit illégitime ; simplement, ses représentants les plus pertinents ne sont pas forcément les plus lus ni les plus commentés ces derniers jours. Je pense à Sam T. Francis, Paul Gottfried ou, sur un plan plus philosophique, Alasdair MacIntyre (qui bénéficie lui aussi d’un regain d’attention, y compris en France, mais de façon sélective et à travers le prisme du néo-aristotélisme catho-conservateur – ce qui doit le faire bien rigoler dans sa tombe) ou John Gray (qui écrit un bon livre sur deux, quand on le pousse un peu dans ses retranchements). Des niouz, Robert P George démissionne de Héritage au milieu de tout ce tintouin https://reason.com/volokh/2025/11/17/the-heritage-foundation-scandal-and-the-growth-of-anti-semitism-on-the-right/?fbclid=IwdGRjcAOJfdxjbGNrA4l9dWV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHiARKaBa9I8xsFKmcDUUkECf0AgAZYESlN9nAq9uamz0v4oj1kZRnGvnK-nd_aem_ClWOjXmBWEQrTisNXyEKsw
  22. Richard Hanania critique les deux premiers chapitres de Regime Change, de Patrick Deneen (que je suis en train de lire). Pas fan de Ragnania, mais pour l'instant, je suis plutôt d'accord avec sa critique (et cela même si ce livre ne résume pas le PL et qu'il commence bcp moins bien que son précédent Why Liberalism failed, qui était meilleur sans être ouf non plus) https://www.richardhanania.com/p/patrick-deneens-work-is-unempirical
  23. Pour l'instant, dans les querelles internes au mouvement conservateur évoquées plus haut, l'esprit n'est pas tellement à la conciliation et aux arrangements stratégiques, mais plutôt aux purges idéologiques. Les plus radicaux de PL veulent -ou du moins sont accusés de vouloir- expulser les libéraux et libertariens de la droite désormais acquise au populisme (par exemple Michael Lind ou Sohrab Ahmari), tandis que les conservateurs traditionnels et les libéraux les plus revendicatifs les accusent tout simplement d'être des fascistes et des nazis non conservateurs (Phil Magness). Traditionnellement, les libéraux et les libertariens se retrouvent au sein des coalitions classiques portées par le mouvement conservateur qui s'est agrégé depuis les années 1950 en think tanks et médias autour du parti républicain. La question est de savoir si cette vieille alliance doit disparaître pour laisser la place à une nouvelle droite adaptée au nouvel empire US. Je pense qu'il est pour l'instant assez difficile de déterminer ce que pèse politiquement le PL (à vue de nez pas grand chose), et qui pourrait très bien tomber dans l'oubli d'ici quelques semaines (si l'étoile de Vance pâlit par exemple).
  24. La plupart des auteurs PL se révèlent au moment de l'élection de Trump de 2016, mais je pense que la crise covid a été pour beaucoup de lecteurs (je dis ça au jugé) une sorte d'exercice de dévoilement de l'état réel de nos institutions. C'est en tout cas ce qui explique mon intérêt particulier pour le phénomène : la crise covid a été pour moi le moment d'une prise de conscience, celle de la quasi-disparition de la mentalité libérale dans les institutions morales et politiques comme dans la population. Et cette quasi disparition s'explique parce qu'il n'y a plus d'institutions/de conventions pour la créer et l'entretenir. Ergo, nous sommes déjà dans une situation post-libérale, même si bien entendu, à mon avis, c'est regrettable et que les 'solutions' proposées par les PL sont globalement assez faiblardes.
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