-
Compteur de contenus
13 579 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
156
Tout ce qui a été posté par Largo Winch
-
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Je suis d'accord sur le mécanisme que tu décris, à la différence près que, la plupart du temps, il n'y a strictement aucun risque que quoi que ce soit pète à la gueule d'un fonctionnaire. Un fonctionnaire est indéboulonnable. Avec son emploi à vie quoi qu'il fasse, il ne risque rien. Il peut faire d’énormes conneries, être sous-performant, refuser de réaliser les tâches pour lesquelles il est payé, pratiquer de la corruption, taper dans la caisse ou faire de l'abus de biens sociaux, même quand il est pris la main dans le sac, la plupart du temps, on va préférer camoufler l'affaire. Après 25 ans passés dans la plus grosse administration publique, j'ai déjà pu observer plusieurs situations de ce type. Le plus incroyable est que, malgré cette impunité, les fonctionnaires restent terrorisés, préfèrent adopter un comportement conformiste et sont totalement paralysés dans leurs actions. Edit : je vois que dans ton dernier message tu dis la même chose. Là, c'est le prof de management de projet qui te répond : J'aimerais tellement qu'un ministre se comporte en chef de projet !! Je suis d'accord avec les processus que tu décris. Et si bien sûr on a tous connu de mauvais chefs de projet ce que tu décris là est l'exact opposé de ce qu'est le management de projet. C'est du management bureaucratique qui, justement, est inapte à mener correctement des projets (il n'y a même plus de discussion là-dessus, toute la littérature scientifique sur la question est unanime). Ce que tu décris là est une organisation pyramidale bureaucratique, et certainement pas une organisation par projets. Parler de gestion de projet là où il y a justement absence de gestion de projet, c'est un peu comme si je concluais après avoir lu un bouquin des Pinçon-Charlot que la sociologie c'est vraiment de la merde. On va sans doute penser que je chipote, mais non. Selon moi, le plus gros problème des bureaucraties publiques (et des politiques) est leur totale méconnaissance de ce qu'est la gestion. Et donc de nommer par ce terme ce qui n'en est pas. Un peu comme quand les sociaux-démocrates nomment "néolibéralisme" la merde qu'ils ont eux-mêmes produite. Quand j'entends depuis plusieurs mois des médecins mettre en cause sur les plateaux télé la "logique gestionnaire" ou expliquer que l'hôpital public souffre d'un excès de "managérialisme", mon sang ne fait qu'un tour, car ils sont dans le déni. La "gestion" n'est que le bouc-émissaire facile des travers bureaucratiques, de même que le libéralisme est le bouc-émissaire des travers de la social-démocratie. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Le souci est que les gens respectent une règle non pas lorsqu'elle est simple à comprendre, mais lorsqu'elle est légitime à leurs yeux. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Non non. Les Gilets jaunes c'est franco-franchouille. Or on constate de mêmes mesures liberticides disproportionnées partout. L'explication la plus plausible àmha est la fuite-en-avant auto-entretenue par un phénomène de mimétisme international. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Les restrictions iront bien au-delà de l'été prochain, j'en suis maintenant convaincu... -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Il y en a un. Lis la présentation de ce bouquin (grand classique de la littérature en management) : https://www.dunod.com/entreprise-economie/auto-qui-n-existait-pas-management-projets-et-transformation-entreprise Face à une concurrence exacerbée et à des exigences accrue de la clientèle, l'industrie automobile a été capable de transformer radicalement et rapidement ses modes de développement de nouveaux produits : en passant de "bureaucratie mécaniste" à des modes d'organisation par projet, cela lui a permis de diviser par 3 le temps de développement d'un produit, d’être plus réactive, créative et de mieux coller aux exigences volatiles de la clientèle. Le challenge à relever par l'hôpital est comparable : son mode d'organisation est une "bureaucratie professionnelle". Faire de la gestion de crise avec une telle structure est totalement aberrant. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Oui, ça c'est la réponse prévisible des bureaucrates : "vous croyez quoi ?! Qu'on peut en un claquement de doigts développer une nouvelle offre de soin ?" Ce genre de réponse ne fait que confirmer mon propos. Ce n'est plus un problème sanitaire mais un problème de gestion. Ce que les bureaucrates ignorent c'est que, dans l'industrie automobile, entre le moment où quelqu'un dans un Codir se dit "et si on lançait un nouveau modèle de voiture ?" et le moment où les premières voitures sortent de l'usine, on est désormais capable de faire ça en un temps très court (2-3 ans...). Les bureaucrates sont totalement ignorants des diverses modalités de gestion et de management à leur disposition. De ce que j'avais pu lire, pour un lit de réa on a besoin de quelques heures d'un médecin dans la semaine et surtout de plusieurs aides-soignants. On ne parle pas de grandes qualifications qui nécessitent un temps long de formation. L'incapacité de l'hôpital à faire face en 6 mois à cette nouvelle donne est clairement un problème de gestion. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
En fait il y a bien un dérapage que l'on peut factuellement observé : avec 1700 lits de réanimation occupés pour Covid, le système hospitalier français a priori dimensionné pour 67 millions d'habitants est au bord de la saturation. Pourtant le rebond était annoncé depuis 6 mois et il se comporte grosso modo tel qu'il était annoncé : une propagation du virus selon une courbe linéaire et non exponentielle comme la 1ère vague. Il n'y a donc pas de "dérapage" du côté de l'épidémie qui se comporte désormais telle qu'elle pouvait être attendue. Le "dérapage" se situe donc plutôt du côté de l'offre hospitalière qui n'a pas été en capacité, en 6 mois, de se préparer à gérer une évolution de courbe prévisible. En février dernier la France faisait clairement face à un problème sanitaire avec un dérapage épidémique. Aujourd'hui elle fait face à un problème de gestion sanitaire. Toute l'entourloupe gouvernementale consiste à décharger la responsabilité du système de santé pour sa gestion calamiteuse en accusant la demande de soin. On arrive à la situation ubuesque où ce n'est plus au système de santé d'avoir la responsabilité de déployer des services de soin proportionnés à la population, c'est à la population d'avoir la "responsabilité" d'alléger les services de soin. On renverse totalement la relation de service. C'est toute la beauté du Service Public ! Quelques mots supplémentaires concernant les notions de responsabilité et de relations causales débattues précédemment. Il y a une confusion à mon avis : ce n'est pas parce qu'une cause produit un effet, que cette cause doit être tenue pour responsable de l'effet. Lorsqu'un commerçant voit son chiffre d'affaires baisser en raison d'un changement de comportement des consommateurs, quelle est la cause de la baisse du CA ? Le CA baisse-t-il parce que les consommateurs ont modifié leur comportement ? Clairement oui. Le CA baisse-t-il parce que le commerçant n'a pas su anticiper le changement de comportement des consommateurs ou s'adapter à celui-ci ? Oui aussi. Mais a qui incombe la responsabilité de développer le CA ? Au commerçant uniquement. Le commerçant qui n'assume pas pleinement ses responsabilités accusera les consommateurs de la déroute de son magasin. Le commerçant responsable cherchera à faire évoluer son offre commerciale au regard de l'évolution du comportement des consommateurs. On est actuellement dans la même situation : c'est le système hospitalier qui fait preuve d'irresponsabilité en accusant les Français de comportements "irresponsables". -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
En tous cas, il est probable que les amoureux de la langue française ne lui disent pas merci. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Blanche a choisi : -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
De ce que j'ai cru comprendre du propos de Martin Blachier, il a justifié le fait qu'il a tenu un discours alarmiste dans les médias depuis ces dernières semaines pour sensibiliser les Français et les inciter à ce qu'ils adoptent spontanément les gestes barrières (port du masque, distanciation sociale) justement pour éviter que le gouvernement en arrive aujourd'hui à l'imposition de mesures restrictives comme le couvre-feu, mesures qu'il a plutôt critiquées. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
"On est 70 millions de Français. Et on boucle la France pour 1500 personnes en réanimation ! C'est ça, la réalité de ce pays. Je trouve ça effrayant !" Je constate que Pascal Praud est désormais l'unique voix de la raison parmi les journalistes français. Ça fout les jetons... -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Cette phrase m'a choqué aussi. Mais je n'avais pas eu le temps de la noter (on ne peux pas être au four - préparer le diner - et être au moulin...). J'espère en avoir une exégèse dans mon journal en ligne préféré. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Je te remets l'opinion des Français sous les yeux pour que tu te rappelles bien dans quel pays tu vis : -
StopCovid / TousseAntiCovid : on vous surveille pour votre bien
Largo Winch a répondu à un sujet de Waren dans COVID-19
Macron ce soir à propos de Stop-Covid : "Je ne dirais pas que Stop-Covid a été un échec. C'est juste que ça n'a pas marché." -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Pas de gestes affectueux pour les personnes âgées ! Fini les activités festives, c'est pas bien ! En revanche, cool, on va pouvoir partir en vacances à la Toussaint ! -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Il l'a même évoqué spontanément, ça m'a étonné : "il y a quelques semaines on me classait parmi les alarmistes". Et il a ajouté un truc du genre : aujourd'hui je pense qu'on va trop loin (ce n'est pas exactement comme ça qu'il l'a formulé, je ne sais plus, mais c'est l'idée...) -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
Sondage LCI/Harris sur l'acceptation des Français d'un couvre-feu ou d'un nouveau confinement : Suite à la présentation de ce sondage, le journaliste Jean-Michel Apathie s'enthousiasme. Il trouve que c'est formidable : ce sondage indique que le Président a enfin les mains libres pour imposer des mesures restrictives indispensables face à la catastrophe sanitaire qui s'annonce. Réaction de Martin Blachier sur le plateau qui a pourtant été alarmiste durant l'été : "je trouve ce sondage terrifiant". Il a ensuite indiqué que si un couvre-feu était d'ores et déjà annoncé alors qu'il se pourrait que d'ici deux semaines la tendance actuelle d'un plateau constaté dans les services de réa se confirme, alors cette mesure serait scandaleuse. Il a ensuite été très critique sur les décisions prises par le conseil scientifique de Delfraissy, estimant qu'il allait trop loin dans les mesures contraignantes. -
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
En plus des explications psychologiques très justes de Lancelot, je pense que, pour expliquer les phénomènes de complotisme, il y a aussi le fait que les gens méconnaissent les mécanismes émergents des phénomènes sociaux. On l'a suffisamment observé, nous autres libéraux : par exemple, la plupart des gens ont du mal à comprendre les mécanismes d'un ordre spontané, de la main invisible, etc. Pour beaucoup, si un phénomène social existe, c'est qu'il a été planifié : il s'agit donc de chercher qui a été l'instigateur du phénomène en question, ce qui revient à chercher qui a intérêt à ce que le phénomène existe... Et donc, pour beaucoup, si un même phénomène social est observé à de multiples endroits, c'est : soit parce que le phénomène est rationnellement justifié et que des instances ont su prendre les bonnes décisions (la preuve qu'il s'agit de bonnes décisions ? Eh bien, sinon, autant d'organisations n'auraient pas pris les mêmes n'est-ce pas ?...) soit parce que le phénomène cache des décisions occultes (si je constate que de mauvaises décisions ont été prises puisqu'elles ne concordent pas à la représentation que j'ai des faits, alors c'est nécessairement parce que quelque chose se trame en coulisse...) À l'occasion de la crise sanitaire, ce qui joue sur le développement de thèses complotistes d'une part et de rejet des thèses adverses qualifiées de complotistes d'autre part vient du fait, à mon avis, qu'on peut observer de nombreuses décisions étatiques identiques à l'échelle de la planète : confinement généralisé, port du masque généralisé y compris à l'extérieur, fermeture des bars, etc. La "coïncidence" des mêmes décisions, y compris les plus stupides, s'explique très bien par les théories néo-institutionnalistes sur l'isomorphisme des phénomènes sociaux, notamment ici des prises de décision mimétiques dans une situation d'incertitude et d'incomplétude de l'information concernant le coronavirus. Nombreux sont les commentateurs, y compris chez les journalistes, qui méconnaissent ces processus d'émergence de prises de décisions identiques en réaction à des événements inconnus et inconnaissables. Il est donc assez fascinant d'observer que les commentateurs se divisent du coup en deux camps : pour les uns : le fait que quasiment tous les pays aient confiné légitime le confinement ; si ça n'avait pas été efficace, autant de pays n'auraient pas pu faire la même erreur ; la politique de Macron est donc légitimé par le fait que beaucoup d'autres pays pratiquent de même ; la Suède qui n'a pas pratiqué comme les autres est stigmatisée parce qu'elle a joué avec le feu en cédant aux idées fumeuses de son directeur de la Santé ; et enfin tous ceux qui rejettent l'efficacité du confinement font nécessairement partie des gens irrationnels et donc sont des complotistes ; pour les autres : le fait qu'autant de pays prennent les mêmes mesures incohérentes les unes avec les autres ou le fait qu'autant de pays prennent les mêmes mesures qui semblent disproportionnées par rapport aux données disponibles sur la réalité de la maladie est bien la preuve que quelque chose se trame en coulisse : il reste à définir ceux qui ont intérêt à tirer les ficelles : Big Pharma pour vendre un vaccin, des dirigeants d’État pour maintenir leur pouvoir, etc. -
Le féminisme
Largo Winch a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
À voir quelques extraits du livre d'Alice Coffin, ça m'a l'air sacrément gratiné... -
Au fait, il en est où le R0 dont on nous rebattait les oreilles au plus fort de la crise, quand il était à 3, et dont on ne parle plus beaucoup ? 1,1 le 12 octobre
-
Le confinement et les autres mesures autoritaires : diktat médical, pour quoi ?
Largo Winch a répondu à un sujet de Freezbee dans COVID-19
La nouvelle phrase à la mode des salopards qui veulent nous empêcher de vivre est : "il va falloir apprendre à vivre avec ce virus !" Magnifique novlangue : pour ces ingénieurs sociaux, "vivre" avec le virus, c'est s’astreindre d'avoir une vie de merde, c'est-à-dire "non-vivre" avec le virus : s’interdire d'aller boire une bière en terrasse d'un bar, s’interdire d'aller danser dans un club, s'interdire de pratiquer une activité sportive régulière dans une salle de gym, s’astreindre à réduire son cercle d'amis, s'astreindre, pour les jeunes, à avoir des études de merde, se faire chier désormais au restaurant, un masque sur la tronche, s'astreindre à une vie de moine/nonne et s'interdire d'entretenir des relations de séduction (ça vous stimule, vous, une femme/homme masqué(e) ?...) s’interdire de s'amuser dans un concert de rock, rap, jazz... en restant bien ankylosé derrière son masque et fixé sur son siège, un bâton dans le cul, s’interdire d'aller voir ses ainés (eh ouais, "ainés", j'utilise aussi la novlangue social-démocrate...), s'interdire d'avoir des relations professionnelles coopératives et stimulantes, s'interdire de voyager (et de rencontrer des gens moins cons que ces beaufs de franchouillards...), s'interdire d'avoir une vraie vie sociale, etc., etc. Vivre avec le virus, c'est ôter le sel de la vie, c'est mourir à petit feu avec le virus. Bref, c'est le paroxysme de l'idéologie social-démocrate. -
StopCovid / TousseAntiCovid : on vous surveille pour votre bien
Largo Winch a répondu à un sujet de Waren dans COVID-19
-
Télétravail
Largo Winch a répondu à un sujet de Lameador dans Politique, droit et questions de société
Ce qui est bien avec le télétravail, c'est que les télétravailleurs qui ne viendront plus qu'une journée sur leur lieu de travail ne pourront plus traiter de fainéants les enseignants qui sont présents deux ou trois jours dans leur lycée. -
Télétravail
Largo Winch a répondu à un sujet de Lameador dans Politique, droit et questions de société
Tu n'as pas compris mon propos. Je ne dis pas que les entreprises sont toutes rigides et qu'elles ne changent jamais. Bien au contraire d'ailleurs, puisque j'ai dit que beaucoup étaient prêtes à succomber à n'importe quelle mode managériale (ce qui a été démontré également par le courant néo-institutionnaliste autrichien, cf la notion de "mimétisme"). Je rappelle des choses bien connues en théorie du management : La "one best way" en gestion, ça n'existe pas : il n'existe pas de modèle universel de management. Ce n'est pas être relativiste que de dire cela : le management est affaire de contingence. Pour être performant, le choix d'un modèle d'organisation est contingent à son activité et aux caractéristiques de son contexte externe et interne : par conséquent l'adoption par mimétisme du télétravail sera un gain pour certaines organisations, mais une catastrophe pour d'autres. Dans l'emballement général classique autour d'une énième mode managériale, la plupart des gens prennent à tort les progrès techniques ou les bêtes améliorations de procédures (l'introduction d'un nouvel outil de gestion par exemple) pour des innovations managériales. Ce que les gens prennent pour de profonds changement ne sont parfois que "de vieilles boissons dans de nouvelles bouteilles", pour reprendre la fameuse expression de Mintzberg. Àmha, le télétravail n'est qu'un progrès technique : il fonctionnera très bien pour les emplois dont le fonctionnement repose d'ores et déjà sur des méthodes d'organisation proches du télétravail (coordination de tâches "de bureau" individuelles, suivi de tâches réalisées à distance, etc.). La question importante en matière d'innovation managériale n'est pas "comment faire évoluer mes pratiques (mes procédés, mes techniques...) ?" mais "quelle doit être ma philosophie de gestion (renouvellement des modes de pensées) ?" et "quels principes d'action mettre en œuvre ?". Pour introduire un changement d'organisation, il n'est pas nécessaire d’adopter une approche rationaliste (faire appel à un cabinet de conseil) comme tu le dis tout à fait justement : une expérimentation de nouvelles pratiques par tâtonnement peut très bien le faire (et parfois bien mieux), mais à la condition d'être capable de tirer les enseignements des évolutions de pratiques en matière de philosophie de gestion et de principes d'action. Et quand l'expérimentation consiste à faire comme son voisin parce que "c'est ce qui se dit, c'est la voie d'avenir", je doute que ce suivisme soit judicieux et qu'il débouche sur des pratiques contingentes à l'activité. Quand en plus l'expérimentation en question est fortement poussée par l’État, alors mon détecteur à bullshit se met à vibrer. -
Macron : ministre, candidat, président... puis oMicron
Largo Winch a répondu à un sujet de Nigel dans Politique, droit et questions de société
L’audit qui embarrasse l’Élysée La cellule diplomatique qui conseille le chef de l’État sur la politique internationale traverse des turbulences. Arrêts maladies, démissions, difficulté à recruter, audit interne commandé par la présidence... Rien ne va plus. Révélations sur un malaise au sommet de l’État. https://amp-elle-fr.cdn.ampproject.org/c/s/amp.elle.fr/Societe/News/L-audit-qui-embarrasse-l-Elysee-3887586 Postes vacants, burn-out, départs précipités de conseillers… et une enquête interne déclenchée tardivement. (...) Dans le viseur du cabinet privé mandaté par l’Élysée pour évaluer ces dysfonctionnements : le chef de la cellule et son adjointe, dont le management « brutal », « infernal », selon les mots d’une vingtaine de sources sollicitées, serait devenu invivable. Au palais, plusieurs surnoms disent ce qu’ils inspirent à leurs subordonnés. Les « Ceausescu » ou encore les « Thénardier »… La réputation de leurs méthodes a même dépassé les murs du Château. Recruter de nouveaux collaborateurs est devenu compliqué. Une situation inédite : ces postes sont traditionnellement très courus. Mais les us et coutumes de la cellule dissuaderaient nombre d’aspirants. Sous le sceau de l’anonymat, des témoins racontent les mails agressifs adressés par leurs chefs au beau milieu de la nuit. Les ordres et les contre-ordres. Les procès en déloyauté, en incompétence. Les cris. Les mises à l’écart. Les salves de reproches - « du vomi de mail », dixit un destinataire - qui abîment la confiance et ébranlent la concentration nécessaire pour travailler sereinement. « Le pouvoir est un univers violent. Les diplomates qui sont partis le savent, et l’avaient déjà éprouvés ailleurs, raconte un familier de l’Élysée. Mais ils ont découvert une méchanceté intolérable, des conditions de travail dans une ambiance toxique et un climat de paranoïa nuisible qui ne sont pas tenables. » Les termes de « harcèlement moral » sont prononcés sans détour par les témoins de ces agissements. Mais aucune action judiciaire sur ce motif ne serait pour l’heure en cours. Une affaire très embarrassante pour le Château. Outre les problèmes posés en terme d’efficacité opérationnelle dans un contexte d’actualité internationale chargée, ces pratiques sont passibles de peines allant jusqu’à deux ans de prison et 30 000 € d’amende. Or l’article 40 du code de procédure pénale impose aux autorités constituées, aux officiers publics et aux fonctionnaires d’informer la justice des délits dont ils ont connaissance. Près de neuf mois après les premières alertes, la présidence ne l’a pas fait.
