Gallatin Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Les minarchistes veulent un état réduit à sa plus simple expression: police, tribunaux, armée, une constitution, des lois, un drapeau, un hymne national, une équpe aux jeux olympiques. Pour financer ça, des impôts. Pour avoir un processus démocratique, il faudra aussi des élections, des hommes politiques, un chef d'état. Mettons que je vous concède tout ça. Vos arguments sont bons, vous m'avez convaincus. De votre point de vue, est-il obligatoire de n'avoir qu'un seul état? Pourquoi est-ce que ça poserait problème a priori d'avoir deux ou même trois états sur le même territoire? Et de laisser le droit aux gens de passer de l'un à l'autre, mettons tous les 5 ans? C'est une question d'ordre général, il y a potentiellement plusieurs moyens de mettre ça en pratique. Par exemple, on peut donner aux habitants de Tourcoing le droit de déclarer que leur petit lopin de terre est territoire belge, et d'être administrés par l'état belge comme s'ils avaient déménagé 5 kilomètres au Nord-Est. Ou alors, on peut donner le droit à tous les Américains qui votent démocrate d'être gouvernés par John Kerry, de lui payer leurs impôts, et de l'installer dans l'aile est de la maison blanche, pendant que les électeurs républicains sont gouvernés par George W. Bush dans l'aile ouest. Il y a peut-être d'autres moyens de le mettre en œuvre. Mais ma question fondamentale est: est-ce que ça vous gènerait vraiment que plusieurs états cohabitent sur le même territoire?
Invité Arn0 Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 L'état c'est un monopole territoriale donc il ne peut pas logiquement y avoir deux états sur un même territoire.
Gallatin Posté 2 février 2007 Auteur Signaler Posté 2 février 2007 L'état c'est un monopole territoriale donc il ne peut pas logiquement y avoir deux états sur un même territoire. Ça dépend. L'homme de la rue, si on lui demande comment ça s'appelle, une institution avec police/tribunaux/armée/constitution/lois/drapeau/hymne national/équpe aux jeux olympiques/impôts/élections/hommes politiques? Il dira c'est un état. Néanmoins je suis d'accord que, pour les gens éduqués qui sont membres de ce forum, la définition technique du mot état comporte la notion de monopole territorial. Donc ça ne me dérange pas si on remplace le mot "état" dans ma question par l'expression "gouvernement libre" ou quelque chose du même acabit.
Solomos Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Ça dépend. L'homme de la rue, si on lui demande comment ça s'appelle, une institution avec police/tribunaux/armée/constitution/lois/drapeau/hymne national/équpe aux jeux olympiques/impôts/élections/hommes politiques? Il dira c'est un état.Néanmoins je suis d'accord que, pour les gens éduqués qui sont membres de ce forum, la définition technique du mot état comporte la notion de monopole territorial. Donc ça ne me dérange pas si on remplace le mot "état" dans ma question par l'expression "gouvernement libre" ou quelque chose du même acabit. En ce qui concerne les fonctions régaliennes, leur caractère de monopole territorial est nécessaire. Les forces de l'ordre doivent faire appliquer la loi sur l'ensemble d'un territoire car elles sont responsables de l'Etat de droit sur ce territoire ( Si un citoyen de l'Etat A agresse un citoyen de l'Etat B sous les yeux d'un policier de l'Etat B, le policier ne pourra pas s'interposer car le citoyen A ne reconnaitrait pas son autorité, mais du coup le citoyen B serait lésé et se demanderait pourquoi il paye des impôts ). Pour ce qui fait partie du folklore national, on peut tout envisager. En tant que minarchiste, je suis quand même séduit par l'idée de pouvoir changer d'Etat, et je serais plutôt favorable à des Cités-Etats dont on peut changer librement.
A.B. Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 En ce qui concerne les fonctions régaliennes, leur caractère de monopole territorial est nécessaire. Les forces de l'ordre doivent faire appliquer la loi sur l'ensemble d'un territoire car elles sont responsables de l'Etat de droit sur ce territoire ( Si un citoyen de l'Etat A agresse un citoyen de l'Etat B sous les yeux d'un policier de l'Etat B, le policier ne pourra pas s'interposer car le citoyen A ne reconnaitrait pas son autorité 1) En quoi ca empeche - en pratique - le policier B de s'interposer 2) Suppose que moi, citoyen de A je ne reconnaisse pas l'autorité du policier de l'Etat A ? mais du coup le citoyen B serait lésé et se demanderait pourquoi il paye des impôts ). Il y aurait des accords internationaux régissant ce genre de cas. Comme les États n'en ont pas grand chose a faire du different de monsieur A ou de monsieur B, ils décideraient l'un et l'autre, dans leur interet, de regles communes permettant de traiter ce cas.
Gallatin Posté 2 février 2007 Auteur Signaler Posté 2 février 2007 En ce qui concerne les fonctions régaliennes, leur caractère de monopole territorial est nécessaire. Les forces de l'ordre doivent faire appliquer la loi sur l'ensemble d'un territoire car elles sont responsables de l'Etat de droit sur ce territoire ( Si un citoyen de l'Etat A agresse un citoyen de l'Etat B sous les yeux d'un policier de l'Etat B, le policier ne pourra pas s'interposer car le citoyen A ne reconnaitrait pas son autorité, mais du coup le citoyen B serait lésé et se demanderait pourquoi il paye des impôts ). C'est justement ce qui n'est pas évident. Dans le cas des agressions physiques visibles, même en ce moment n'importe quel citoyen sans autorité peut s'interposer pour protéger un type qui se fait tabasser. Vue la loi de non-assistance à personne en danger, il y est d'ailleurs plus ou moins obligé… Donc a fortiori le policier assermenté d'un état ami. Après que le danger physique immédiat est écarté, les tribunaux saisis se mettront d'accord entre eux pour statuer. En tant que minarchiste, je suis quand même séduit par l'idée de pouvoir changer d'Etat, et je serais plutôt favorable à des Cités-Etats dont on peut changer librement. Moi aussi je supporte l'idée des Cités-Etats, mais l'un n'empêche pas l'autre. Il y aurait des accords internationaux régissant ce genre de cas. Comme les États n'en ont pas grand chose a faire du different de monsieur A ou de monsieur B, ils décideraient l'un et l'autre, dans leur interet, de regles communes permettant de traiter ce cas. C'est vrai, les agents assurant les fonctions régaliennes de l'état A ont plus intérêt à collaborer avec leurs collègues de B qu'avec les citoyens de A.
pankkake Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Les minarchistes veulent un état réduit à sa plus simple expression: police, tribunaux, armée, une constitution, des lois, un drapeau, un hymne national, une équpe aux jeux olympiques.
Apollon Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 L'Etat n'est pas bien ou mal, il est un fait, comme la gravité. Il est là et on n'y peut absolument rien. L'Etat existe parce qu'à l'état de nature, sans monopole de la violence légitime, le droit n'existe pas et l'homme est en guerre contre tous ses semblables. Il serait cependant bon de réintroduire un peu cette guerre.
h16 Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 L'Etat n'est pas bien ou mal, il est un fait, comme la gravité. Il est là et on n'y peut absolument rien. Le scorbut, c'est un fait, comme la gravité. Quand on le choppe, c'est fini, on n'y peut absolument rien.
Gallatin Posté 2 février 2007 Auteur Signaler Posté 2 février 2007 L'Etat existe parce qu'à l'état de nature, sans monopole de la violence légitime, le droit n'existe pas et l'homme est en guerre contre tous ses semblables. Il serait cependant bon de réintroduire un peu cette guerre. Je ne remets pas en question l'idée que l'état ait le monopole de la violence légitime sur ses administrés. Mais même aujourd'hui on a le droit de changer d'état, à condition d'avoir bien payé tous ses impôts ("quitus fiscal"), purgé toutes ses peines de prison, etc. Je demande juste pourquoi il faut déménager pour en changer, c'est tout.
Libérus Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Il y a peut-être d'autres moyens de le mettre en œuvre. Mais ma question fondamentale est: est-ce que ça vous gènerait vraiment que plusieurs états cohabitent sur le même territoire? Qu'est-ce que c'est qu'un "territoire" ?
Gallatin Posté 2 février 2007 Auteur Signaler Posté 2 février 2007 Qu'est-ce que c'est qu'un "territoire" ? Actuellement, c'est la zone dans laquelle un état A empêche tout autre état B, C ou D de recruter des administrés. Peut-on concevoir qu'un gouvernement détienne le monopole de la violence légitime sur les gens qui se font gouverner par lui, mais pas sur un "territoire"?
phantom_opera Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Les minarchistes veulent un état réduit à sa plus simple expression: police, tribunaux, armée, une constitution, des lois, un drapeau, un hymne national, une équpe aux jeux olympiques. Pour financer ça, des impôts. Pour avoir un processus démocratique, il faudra aussi des élections, des hommes politiques, un chef d'état. Les derniers points ne concernent pas tellement les minarchistes, il n'est en effet pas nécessaire qu'il y ait des élections, des hommes politiques et un chef d'Etat pour qu'une minarchie puisse fonctionner, et plus généralement, pas besoin de démocratie. Juste une justice et une police financées par les contribuables et un Etat minarchiste peut fonctionner correctement. Une constitution libérale forte et des institutions intermédiaires pour contrôler les éventuels abus et c'est bon.
Libérus Posté 2 février 2007 Signaler Posté 2 février 2007 Actuellement, c'est la zone dans laquelle un état A empêche tout autre état B, C ou D de recruter des administrés. Peut-on concevoir qu'un gouvernement détienne le monopole de la violence légitime sur les gens qui se font gouverner par lui, mais pas sur un "territoire"? Je comprends un peu mieux. La question est donc : est-il concevable que M. Bush exerce son autorité sur le Gard (Zone A), et M. Ahmadinedjab sur le Vaucluse (Zone B ) ? Ou bien je n'ai rien compris du tout ?
phantom_opera Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 De toute façon le débat sans fin sur la décentralisation, thème cher aux libéraux classiques, est difficile à trancher. Difficile car dans la décentralisation il y a quand même une certaine volonté constructiviste de fait anti-libéral, mais en même temps aussi une volonté d'éloigner le plus possible des institutions publiques illégitimes. Sans doute la régionnalisation de la France en départements à l'époque des Révolutionnaires était discutable, diviser la France en centaine de départements de taille équitable et rationnel, ou encore de même la division des USA en Etats fédérés selon un découpage rectiligne et "efficace" était tout autant une démarche qui d'un certain point de vue libéral est condamnable, mais je pense quand même que c'est une bonne direction. Peut-être ne faut-il pas chercher une taille optimale d'efficacité d'une région, car là on rentrerait dans une logique constructiviste, mais diviser en région "réelle". Ce que j'entend par région "réelle", c'est une région qui a une certaine cohérence selon divers critères. Par exemple l'agglomération parisienne, avec Paris et sa banlieue représentent pour moi une région réelle car il y a une réelle cohérence économique: des gens qui travaillent sur Paris et qui vivent en banlieue en prenant les transports en commun, etc. Ce serait donc logique que l'agglomération parisienne soit administrée de manière totalement autonome par rapport à Sofia-Antipolis par exemple qui a son propre secteur économique, dans le high-tech.
Stranger Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 La question la plus difficile à comprendre en ce qui concerne les minarchistes: ne réalisent-ils pas que les politiciens humains qui contrôleront leur minarchie seront en anarchie les uns envers les autres? Ce que j'entend par région "réelle", c'est une région qui a une certaine cohérence selon divers critères. Par exemple l'agglomération parisienne, avec Paris et sa banlieue représentent pour moi une région réelle car il y a une réelle cohérence économique: des gens qui travaillent sur Paris et qui vivent en banlieue en prenant les transports en commun, etc. Ce serait donc logique que l'agglomération parisienne soit administrée de manière totalement autonome par rapport à Sofia-Antipolis par exemple qui a son propre secteur économique, dans le high-tech. Déjà on assume que l'état doit prendre en charge le transport en commun. Le minimalisme prend la fenêtre.
Invité Arn0 Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Peut-on concevoir qu'un gouvernement détienne le monopole de la violence légitime sur les gens qui se font gouverner par lui, mais pas sur un "territoire"?Ce que je comprend pas c'est pourquoi un partisan de ce système serait contre une véritable anarcapie ?Les derniers points ne concernent pas tellement les minarchistes, il n'est en effet pas nécessaire qu'il y ait des élections, des hommes politiques et un chef d'Etat pour qu'une minarchie puisse fonctionner, et plus généralement, pas besoin de démocratie. Juste une justice et une police financées par les contribuables et un Etat minarchiste peut fonctionner correctement. Une constitution libérale forte et des institutions intermédiaires pour contrôler les éventuels abus et c'est bon.On peut imaginer qu'il y ait un monopole de la justice mais que ce monopole se finance via ses utilisateurs (état ultra-minimal).
antietat Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 L'Etat n'est pas bien ou mal, il est un fait, comme la gravité. Il est là et on n'y peut absolument rien.L'Etat existe parce qu'à l'état de nature, sans monopole de la violence légitime, le droit n'existe pas et l'homme est en guerre contre tous ses semblables. Il serait cependant bon de réintroduire un peu cette guerre. A propos tu as entamé l'étude du droit maritime ? "Sans Etat ni législation c'est la loi de la jungle" on entend souvent ce refrain. Avocat spécialisé dans le droit maritime, Me Patrick Simon nous apporte l’exemple concret d’un domaine où le droit se crée, se développe et s’applique en dehors de tout monopole étatique, et sans que cela implique nécessairement anarchie. http://www.euro92.com/acrob/simon.PDF http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Patrick_Simon
Rincevent Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Je ne remets pas en question l'idée que l'état ait le monopole de la violence légitime sur ses administrés. Mais même aujourd'hui on a le droit de changer d'état, à condition d'avoir bien payé tous ses impôts ("quitus fiscal"), purgé toutes ses peines de prison, etc. Je demande juste pourquoi il faut déménager pour en changer, c'est tout. Question en miroir : pourquoi faut-il déménager pour changer de copropriété ? La question la plus difficile à comprendre en ce qui concerne les minarchistes: ne réalisent-ils pas que les politiciens humains qui contrôleront leur minarchie seront en anarchie les uns envers les autres? So what ? La différence entre un Etat et un être humain, c'est que, en temps normal, l'être humain est rationnel au sens où il a des raisons subjectives d'agir, et (toujours en temps normal) un Etat est rationnel au sens, assez différent, où il use de moyens proportionnés, cohérents et pertinents pour aboutir à ses fins. Les relations entre Etats se passent certes sans super-Etat, à ceci près que le nombre total de participants est relativement limité et que chacun connait tous les autres, jusqu'à leurs intentions. Comparer une anarchie entre organisations et une anarchie entre individus relève au mieux du simplisme, au pire de l'anthropomorphisme.
Gallatin Posté 3 février 2007 Auteur Signaler Posté 3 février 2007 Les derniers points ne concernent pas tellement les minarchistes, il n'est en effet pas nécessaire qu'il y ait des élections, des hommes politiques et un chef d'Etat pour qu'une minarchie puisse fonctionner, et plus généralement, pas besoin de démocratie. Juste une justice et une police financées par les contribuables et un Etat minarchiste peut fonctionner correctement. Une constitution libérale forte et des institutions intermédiaires pour contrôler les éventuels abus et c'est bon. OK, les derniers points ne sont pas essentiels, c'était juste pour illustrer un mode d'organisation parmi d'autres possibles. Je comprends un peu mieux. La question est donc : est-il concevable que M. Bush exerce son autorité sur le Gard (Zone A), et M. Ahmadinedjab sur le Vaucluse (Zone B ) ? Ou bien je n'ai rien compris du tout ? Non, la question est plutôt de savoir si un habitant du Gard qui ne veut plus se faire administrer par Jacques Chirac pourrait choisir de se faire administrer par Romano Prodi ou par Ségolène Royal. De toute façon le débat sans fin sur la décentralisation, thème cher aux libéraux classiques, est difficile à trancher. Difficile car dans la décentralisation il y a quand même une certaine volonté constructiviste de fait anti-libéral, mais en même temps aussi une volonté d'éloigner le plus possible des institutions publiques illégitimes. Ce n'est pas tant une question de donner le pouvoir à des régions indépendantes, que d'avoir des états indépendants qui opèrent sur la même zone géographique. Cela donnerait la possibilité de changer d'état sans déménager. Ce que je comprend pas c'est pourquoi un partisan de ce système serait contre une véritable anarcapie ?On peut imaginer qu'il y ait un monopole de la justice mais que ce monopole se finance via ses utilisateurs (état ultra-minimal). Une véritable anarcapie est difficile à vendre aux minarchistes. Alors que ce système pourrait les tenter puisqu'il préserve des états qui sont souverains sur leurs administrés respectifs (mais pas sur un territoire).
Gallatin Posté 3 février 2007 Auteur Signaler Posté 3 février 2007 Question en miroir : pourquoi faut-il déménager pour changer de copropriété ? Peut-on justifier l'état français actuel comme étant une copropriété de 60 millions de personnes et 500 000 kilomètres carrés dont le règlement fait plusieurs centaines de milliers de pages et qui absorbe plus de la moitié des revenus des copropriétaires? Ça poserait la question de savoir quelles sont les limites de l'analogie avec la copropriété, limites autant géographiques qu'en termes de compétences. Néanmoins tu soulèves une bonne question. Supposons que des états indépendants A, B, C et D proposent leurs services de gouvernement aux habitants de ce qui constitue actuellement le territoire français. On l'a dit, chaque état aura ses propres police/tribunaux/armée/constitution/lois/ministres/impôts. Mais est-ce que chaque état nommera son propre maire dans chaque commune? Probablement pas. Au niveau local, les effets de voisinage sont puissants, ce qui impliquerait de conserver un décisionnaire unique. Donc ce qui relève actuellement de la compétence de la commune ne changera pas. Dans mon système, c'est juste pour ce qui relève des échelons supérieurs qu'on ouvrira la concurrence entre plusieurs états (ou "gouvernements libres").
Invité jabial Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 L'Etat n'est pas bien ou mal, il est un fait, comme la gravité. Il est là et on n'y peut absolument rien.L'Etat existe parce qu'à l'état de nature, sans monopole de la violence légitime, le droit n'existe pas et l'homme est en guerre contre tous ses semblables. Il serait cependant bon de réintroduire un peu cette guerre. Tiens, un peu de lecture : Et aussi : L'État, Règne de la Magie Noire - Des sacrifices humains et autres superstitions modernes
Calembredaine Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Vue la loi de non-assistance à personne en danger, il y est d'ailleurs plus ou moins obligé… Dieu merci, certains Etats n'imposeraient pas de telles loi liberticides.
Calembredaine Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Une véritable anarcapie est difficile à vendre aux minarchistes. Alors que ce système pourrait les tenter puisqu'il préserve des états qui sont souverains sur leurs administrés respectifs (mais pas sur un territoire). J'avais déjà envisagé ce concept en prenant exemple sur le système des ambassades: immunité diplomatique et territoire inviolable au sein du territoire d'un autre Etat. Mon idée n'avait pas, à l'époque, reçu le moindre écho même parmi les anarcaps
Stranger Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Question en miroir : pourquoi faut-il déménager pour changer de copropriété ? Il n'est pas nécessaire de déménager. On peut racheter la copropriété. So what ? La différence entre un Etat et un être humain, c'est que, en temps normal, l'être humain est rationnel au sens où il a des raisons subjectives d'agir, et (toujours en temps normal) un Etat est rationnel au sens, assez différent, où il use de moyens proportionnés, cohérents et pertinents pour aboutir à ses fins. Les relations entre Etats se passent certes sans super-Etat, à ceci près que le nombre total de participants est relativement limité et que chacun connait tous les autres, jusqu'à leurs intentions. Comparer une anarchie entre organisations et une anarchie entre individus relève au mieux du simplisme, au pire de l'anthropomorphisme. Ce n'est pas seulement l'anarchie entre les états mais aussi l'anarchie entre les individus qui composent l'état. Par exemple, aucun pouvoir externe ne sera appliqué sur le président des États-Unis si la cour suprême déclare ses actions anticonstitutionnelles. La dispute se règlera avec un jeu de pouvoir. C'est ce qui est arrivé avec Allende et l'état Chilien. L'anarchie n'est rien de moins qu'un privilège que se réservent les maitres du monde.
Apollon Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 A propos tu as entamé l'étude du droit maritime ?"Sans Etat ni législation c'est la loi de la jungle" on entend souvent ce refrain. Avocat spécialisé dans le droit maritime, Me Patrick Simon nous apporte l’exemple concret d’un domaine où le droit se crée, se développe et s’applique en dehors de tout monopole étatique, et sans que cela implique nécessairement anarchie. http://www.euro92.com/acrob/simon.PDF http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Patrick_Simon Je vais quand même modérer un peu mon affirmation ; je ne vais pas aussi loin que Karl Popper : "aucune liberté n'est possible si l'Etat ne la garantit pas", je pense que le préjugé -ou règle tacite- peut défendre la liberté autant que la force. Mais les préjugés ancestraux ont généralement été détruits. Tel n'est pas le cas en droit maritime et dans une mesure plus faible dans le commerce. A part le monopole de la force par une entité tierce (l'Etat) et le préjugé, qu'est-ce qui peut conduire les hommes à user des même règles ? Je ne vois pas.
Libérus Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 A part le monopole de la force par une entité tierce (l'Etat) et le préjugé, qu'est-ce qui peut conduire les hommes à user des même règles ? Je ne vois pas. Il faut rajouter deux autres sources : -l'émergence d'une norme commune par une convention (au sens que les économistes donnent actuellement à ce terme) -l'émergence par ralliemement progressif et libre des acteurs à une des normes en concurrence. Dans une discussion que j'ai eue sur un autre fil, mes contradicteurs n'acceptaient de voir que la quatrième forme.
Libérus Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Non, la question est plutôt de savoir si un habitant du Gard qui ne veut plus se faire administrer par Jacques Chirac pourrait choisir de se faire administrer par Romano Prodi ou par Ségolène Royal. Aurai-je le droit de me faire administer par les frères Castro, dont la police me semble efficace ? Sinon qui fixera la liste des choix admissibles ? Ce n'est pas tant une question de donner le pouvoir à des régions indépendantes, que d'avoir des états indépendants qui opèrent sur la même zone géographique. Cela donnerait la possibilité de changer d'état sans déménager. S l'on remplace "état" par "autorité disposant de la force", ce qui ne change pas l'esprit de votre proposition, alors c'est exactement la situation qui existe actuellement à Gaza, où deux appareils politico-militaires offrent leurs services. Les familles mettent sur leur porte un drapeau vert ou jaune pour indiquer leur affiliation.
Apollon Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Il faut rajouter deux autres sources : -l'émergence d'une norme commune par une convention (au sens que les économistes donnent actuellement à ce terme) -l'émergence par ralliemement progressif et libre des acteurs à une des normes en concurrence. Dans une discussion que j'ai eue sur un autre fil, mes contradicteurs n'acceptaient de voir que la quatrième forme. La question importante est celle du qui ? Qui assure légitimement l'obéissance aux règles communes. Soit c'est l'Etat, qui a le monopole de la force légitime: son existence anéantit la différence de force entre parties. Sans force, les individus règlent nécessairement leur rapport par le droit. Soit c'est le préjugé: chacun ne conçoit alors qu'avec peine l'idée de rompre la légalité. Soit - mais je l'avais volontairement écartée- c'est la volonté, qui couvre tes deux idées. La volonté, si elle peut créer des contrats particuliers, ne saurait élaborer un système général durable parce que les hommes sont passionés et imparfaits. Inutile de s'étendre dessus, tout le monde connait la critique hayékienne du constructivisme
Rincevent Posté 3 février 2007 Signaler Posté 3 février 2007 Il n'est pas nécessaire de déménager. On peut racheter la copropriété. […] Il se peut très bien que beaucoup refusent catégoriquement de vendre. […] S l'on remplace "état" par "autorité disposant de la force", ce qui ne change pas l'esprit de votre proposition, alors c'est exactement la situation qui existe actuellement à Gaza, où deux appareils politico-militaires offrent leurs services. Les familles mettent sur leur porte un drapeau vert ou jaune pour indiquer leur affiliation. On voit à quel point ce système marche… sur la tête. Le monopole du racket et de la violence réduit bel et bien la production de ces deux denrées.
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