Aller au contenu

Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
  • Compteur de contenus

    11 906
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    46

Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Comme disait E. Bloch, tout ce qui peut se penser de pertinent a bien pu déjà être pensé sept fois: "Quels sont les desseins et les objectifs vitaux trahis par la conduite des hommes, que demandent-ils à la vie, et à quoi tendent-ils ? On n'a guère de chance de se tromper en répondant: ils tendent au bonheur ; les hommes veulent être heureux et le rester. Cette aspiration a deux faces, un but négatif et un but positif: d'un côté éviter douleur et privation de joie, de l'autre rechercher de fortes jouissances. En un sens plus étroit, le terme "bonheur" signifie seulement que ce second but a été atteint. [...] Ce qu'on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d'une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension, et n'est possible de par sa nature que sous forme de phénomène épisodique." -Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, tr. fr. Ch. et J. Odier, PUF, 1971, p. 20. A comparer avec la définition "intellectualiste" et d'un côte antiquisante de Mishari, qui me semble tout à fait erronée: " [Le bonheur] est la forme et la signification d'ensemble d'une vie qui se considère réflexivement elle-même comme comblée et comme signifiante, et qui s'éprouve elle-même comme telle. Le bonheur est le sentiment vécu de la conscience lorsqu'elle se dépasse actuellement vers une partie plus ou moins longue de sa vie, et qu'elle saisit tout ou partie du temps qu'elle a vécu et qu'elle est en train de vivre. Le bonheur est donc à la fois une appréhension réflexive de la vie de l'individu dans sa durée, par l'individu existant dans son actualité présente, et un sentiment qualitatif de plénitude et de satisfaction concernant ce Tout de l'existence, saisi par la conscience actuelle." -Robert Misrahi, Le bonheur. Essai sur la joie, Hatier, 1994, p. 52.
  2. A la religion d'Etat près (qui n'est certes pas un détail), c'est la même chose en France. Le peuple souverain a bien le droit de vérifier qui peut venir accroître la communauté politique, puisque cela va influer sur son destin. Il y avait déjà des procédures comme ça dans les cités grecques antiques. Aucune xénophobie là-dedans. La xénophobie serait plutôt du côté d'une conception ethnique et fermée de la citoyenneté.
  3. Les deux premiers jouent sur l'imputation d'arrogance ; or arrogance et athéisme ne peuvent pas se recouper complètement. Donc c'est bancal aussi.
  4. Non, ça c'est une caricature anti-bourgeoise / anti-capitaliste. Un meme contre l'athéisme ça donne plutôt ça (mais ça manque quelque peu d'inspiration je trouve):
  5. Accuser d'islamophobie un raciste anti-Arabes, ça se pose là niveau amalgame foireux. En tant qu'athée, je dirais que, si je m'examine bien, j'ai de l'hostilité envers les musulmans dans la mesure où ils sont croyants. Ça ne pose guère voire aucun problèmes pour échanger dans la vie de tous les jours dès lors qu'on est tolérant, poli, libéral, qu'on sait faire la part des choses. Agir de façon contraire serait source de frustrations vaines et de surcroît contre-productives à moyen terme ; l'identité n'étant ni monolithique ni immuable, ce n'est pas en harcelant ou en ostracisant les croyants qu'on les conduira vers la droite et séculière raison. D'où ma répugnance à l’égard du marketing pour le coup "islamophobe*" des partis de droite. *Il faudrait inventer un terme pour ce type d'opportunisme, car je doute qu'il implique une peur des intéressés ; il implique seulement une instrumentalisation éloctaraliste des peurs des électeurs ("tremblez devant les censeurs de pain au chocolat !" ...). Et je dirais que je déteste le fanatisme religieux (quel que soit la religion coupable), non moins que le fanatisme politique (celui-là menant fatalement à celui-ci). J'aurais tendance à penser que ni l'hostilité ni même la haine** ne sont foncièrement irrationnelles, elles peuvent bien être raisonnables ; tout dépend de l'objet visé et des moyens qu'on s'autorise ou non d'employer pour le combattre. **Je conserve le conditionnel pour haine, car je sais que Spinoza ne serait pas de cet avis: http://www.spinozaetnous.org/ct/II6.htm
  6. Hum, du coup le rapport de l'hérésie à l'apostasie semble un rapport de la partie au tout. Mais en effet, les non-chrétiens ne tombent sous aucune de ses catégories.
  7. Pas du tout, les hérésies sont des scissions, pas des concurrents externes. L'hérésie présuppose l'orthodoxie, donc une communauté initiale.
  8. De fait personne ne lit Sartre. Ou encore juste pour se moquer: https://lesopinionsdesphilosophes.wordpress.com/2017/03/03/lexistentialisme-nest-quun-humanisme/
  9. On pourrait aussi se demander si la haine est une passion intégralement mauvaise et condamnable, ou s'il y a au contraire des choses qu'il est légitime voire même sain de haïr. La tolérance n'est pas l'indifférence comme disait J. F. Revel. On tolère par définition ce qu'on n'aime pas, et à première vue ça pourrait inclure des choses suscitant la peur et/ou la haine.
  10. "Non seulement ce vil personnage bénéficie de privilèges structurels, mais en plus, dans son aveuglement, il ne veut pas être empathique et racheter ses péchés en faisant quelque chose pour les opprimés". http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/AndThatsTerrible
  11. Quand je disais que la réduction de la liberté à la puissance est une confusion intellectuelle dangereuse ; ça peut vous rendre pire que soc-dem, ça peut vous rendre marxiste-léniniste : "Je ne suis « libre » que dans la mesure où j’ai EFFECTIVEMENT la possibilité de « faire »." (cf: http://descartes.over-blog.fr/2018/02/toujours-moins.html ) Je ne sais même pas pourquoi je m'étonne, c'est déjà dans la critique de la liberté bourgeoise-formelle du jeune Marx (Sur la Question juive, 1844).
  12. Bon, ça y est, je sais ce qu'est le néo-libéralisme. C'est au fond, avec le colloque Lippmann, l'acclimatation européenne des positions socdem du new liberalism, apparues chez les Anglo-Saxons quelques décennies plus tôt. Ensuite on a accolé le terme à l'influence hayékienne qui est réalité très peu soc-dem, très peu coupée du libéralisme classique. "C'était d'ailleurs [Lippmann], un ami de Keynes. [...] Dans les années 30, il a soutenu Roosevelt, puis pris ses distances." "Il est favorable à un salaire minimum." "L'école de Manchester [...] était la bête noire de la plupart des participants du Colloque Lippmann." "[Karl] Popper n'avait pas tout oublié du socialisme de sa jeunesse. [...] Il rêvait de réunir libéraux et socialistes."
  13. Aristide Renou a aussi fait une série de billets contre la discrimination "positive": http://aristidebis.blogspot.fr/search/label/Discrimination positive?updated-max=2014-03-26T08:00:00%2B01:00&max-results=20&start=3&by-date=false
  14. Pour qu'ils arrêtent de soutenir des politiciens collectivistes. Et répandre nos idées suppose par définition de s'adresser à ceux qui ne les partagent pas déjà. Comme dit Alain Laurent, la France est une terre de mission pour les libéraux:
  15. Ce site est décidément inépuisable:
  16. A mon sens les ratés viennent de l'abandon d'une politique assimilationniste et de problèmes internes à la cohésion nationale (ceux-là expliquant celui-ci). Le quantitatif ne pèse pas lourd en comparaison.
  17. Pas du tout. Et citer la progression électorale du FN pour accréditer cette thèse est inadéquat. Le FN est un parti nationaliste, pas un parti fasciste. Comme chacun sait, c'est une formule de Sartre.
  18. 1): C'est d'y voir une exemplarité libérale qui serait problématique. 2): Je doute de ton libéralisme. 3): Sans précédent ? Tu as déjà entendu parler des années 1930 ? Tu nous fais du Raymond Aron inversé (il faut avaler les nationalisations de 45 pour éviter le communisme complet). Pas mal la reductio ad hitlerum aussi ; ça promet du débat sérieux.
  19. La problématique de l' "infiltration" est déjà discutée dans le fil sur l'Alt-right.
  20. Je ne suis pas remonté jusqu'au post cité mais ce n'est pas ce que je soutiens. L'idée que le bonheur se mesure à l'échelle de toute la vie est la conception grecque (du moins c'est ce qu'on dit*). D'où la conséquence paradoxale qu'on ne peut dire que "heureux" que quelqu'un qui est mort. * En ce qui me concerne je considère que le bonheur est un état immanent, individuel, conscient (pour le côté psychologique) et temporaire. Parler d'une vie heureuse est donc métaphorique, relatif à une hypothétique "moyenne" de ce qu'à été la vie de quelqu'un. Je dirais que suivre les propositions authentiquement morales: 1): tendent à maximiser le nombre de moments heureux (au sens plein) dans une vie ; 2): tendent à rendre en moyenne plus joyeux, en dehors des moments proprement heureux.
  21. Mais il est décidément très bien ce Pascal Bruckner: https://www.lesechos.fr/22/04/2016/LesEchos/22177-039-ECH_pascal-bruckner-----la-haine-de-l-argent-est-la-bande-son-de-la-societe-francaise--.htm
  22. En cherchant bien, on peut trouver du féminisme délirant, communautariste, misandrique, dès avant 1945 et même dès avant 1914. Ce qu'il faut défendre, c'est l'égalité juridique (que le féminisme contemporain tend à violer), l'égalité morale, abstraite, l'égalité entre homo sapiens (qui n'est donc pas une illusion d'indifférenciation, d'interchangeabilité, d'identité). Et même plus que l'égalité libérale (car après tout le principe des quotas ne lui est pas à proprement parler contraire), la méritocratie, l'ouverture des carrières aux talents comme on disait au XVIIIème siècle. L'égalité des tâches ménagères, chacun se fera son avis, ce n'est pas politique, le privé n'est pas politique ; il y a déjà, dans l'espace public, suffisamment de misogynie, d'imbécilités, de violences, pour qu'on n'ait pas besoin de poser comme une vérité révélée, surtout de nos jours, l'oppression systémique, la lutte de classes de sexes systémique, l'injustice, la malveillance masculine systémique -et le besoin de lois partout pour y "remédier".
  23. Dirige l'École Normale Supérieure. Ne sait pas distinguer libéral et liberal (Leonard Trelawny Hobhouse est libéral, lol): http://www.les-ernest.fr/precis-de-liberalisme/ (Ne sait pas non plus distinguer liberté et puissance. Mais bon, c'est un peu une précondition pour être social-démocrate ça). En fait je m'aperçois que défendre le new liberalism en disant que ça fait partie du libéralisme et même (cerise sur la gâteau de la critique-critique) que ça montre la capacité de remise en cause de celui-ci (#non-dogmatisme, #ouverture), constitue la seule manière un temps soit peu acceptable en France de parler en bien du "libéralisme". On trouve quelque "libéraux" rawlsiens comme ça, du genre Alain Renaut. Bande de centristes à l'eau tiède.
  24. Old, mais en matière minute de haine, ça se pose là (cette droite qui nous veut du bien...): "Ainsi quand Bruno Le Maire [puisqu'on vous le dit !] récite son petit bréviaire du néolibéral, il nous prend l’envie de lui répondre que le libéralisme est une utopie dont nous avons payé assez cher les mensonges et qu’il est évident que cela ne fonctionne pas, que c’est justement de cela que le peuple français ne veut plus. Qu’il ne veut plus d’une Europe ultralibérale, dirigée par les promoteurs de l’exil fiscal, de la violence sociale et de l’asservissement et qu’il faudrait admettre une fois pour toute que les plus grands penseurs du libéralisme ont été des esclavagistes notoires et que la misère n’est pas aux portes de l’Empire mais qu’elle est installée en son cœur ; que nous savons tous que les chiffres officiels du chômage aux Etats-Unis sont faux et que le chômage est au moins aussi fort sur le continent de Friedman que sur celui d’Hayek, et que la misère touche chaque jour un peu plus d’Allemands, de Français, de Portugais, de Grecs, d’Espagnols ou d’Américains, parce que le FMI, la BCE, l’UE et la FED carburent tous au néolibéralisme, comme l’URSS carburait au marxisme-léninisme." -Matthieu Falcone, Bruno Le Maire, le libéralisme à visage humain ?, https://www.causeur.fr, 14 novembre 2014 (cf: https://www.causeur.fr/bruno-le-maire-le-liberalisme-a-visage-humain-30157 ).
×
×
  • Créer...