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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Je pense que c'est la principale chose à retenir. La droite ne va pas s'effondrer pour autant, mais elle est affaiblie. Au deuxième tour, un FN motivé contre un candidat de droite en difficulté, on ne sait pas ce que ça peut donner, même si pour le moment je pense que la droite gagnera encore avec le report des voix de gauche et du centre.
  2. Pour être un brin plus rationaliste, il va s'effondrer parce que les Institutions de la 5ème favorise une relative polarisation du jeu politique, et parce son programme est trop flou (j'entendais l'autre jour à un petit patron marseillais dire: "Fillon reste le candidat naturel du patronat", les permanences politiques ont la vie dure. D'ailleurs je suis d'accord avec toi, je ne vois pas MLP être élue ce coup-ci. Au deuxième tour avec un bon score oui, mais pas élue).
  3. Faites tourner le dernier billet de Nathalie MP, où l'on parle de petits marquis poudrés qui se goinfrent de brioche médiatique sans croire à la Révolution: https://www.contrepoints.org/2017/03/01/282518-poutou-chez-ruquier-larrogance-mediatique-face-a-gauche-archaique Je suis frappé de voir que les mots employés en conclusion sont fort proches de ce qu'écrivait récemment un autre bloggeur: Tout ceci va bien finir. Forcément.
  4. La lie de la terre donc. C'est rassurant. Cela dit Attali a joué dans la nomination de Macron comme ministre de l'économie, si j'ai bien compris. Il est logique qu'il le soutienne.
  5. Il a changé de version entre temps, et dit qu'une mise en examen ne l'empêcherait pas de faire campagne (et s'il est innocent, je suis totalement de son avis, un candidat et des militants ne devraient pas se laisser influencer par une mise en examen au point de changer de candidat. Et même par une condamnation judiciaire, à la limite. Mais on voit là un autre effet pervers du système des primaires. Un candidat élu par son parti est classiquement censé représenter la ligne politique qui s'est degagé entre courants internes, et doit donc porter un programme déterminé collectivement, quelque soient les difficultés. Alors que le système des primaires vise à dégager des personnalités présidentiables, susceptibles de plaire au plus grand nombre, et donc d'être une garantie de réélection pour les élus. C'est la personnalité qui importe, et plus vraiment une ligne politique. Par conséquent, dès que la personnalité donne l'impression de plus pouvoir conduire à la victoire, c'est le vent de panique chez les élus et la défection en vue de trouver un meilleur ticket gagnant. Comparer le cas Fillon avec d'anciens candidats ennuyés par la justice, vous verrez que son illégitimité est incompréhensible si on ne prend pas en compte le type de procédure qui l'a sélectionné). Sur la dépolitisation engendrée par le système des primaires, il existe le livre déjà ancien de Rémi Lefebvre, Les primaires socialistes: la fin du parti militant (2011).
  6. Quelques éléments de réflexions venus d'ici: http://hydra.forumactif.org/t2113-de-la-philosophie-des-definitions-conceptuelles#2991
  7. Corrigé.
  8. Autant la gestion du problème par les gouvernements socialistes a été visiblement aussi lamentable (et financièrement dispendieuse) que l'on pouvait s'y attendre, autant le rapport analyse les failles des dispositifs imaginés avec une grande lucidité. Je suis d'ailleurs assez surpris de voir Mme Benbassa tenir des propos intelligents sur cette question épineuse, compte-tenu des imbécilités qu'elle a pu sortir dans d'autres circonstances.
  9. Le confort, la paix et l'enrichissement tendent à ramollir, on le sait depuis Platon au moins. Il y a un bon texte du Aron des années 30 où il met en garde les démocraties sur leurs tendances à se ramollir face aux régimes qui leurs sont hostiles.
  10. Certainement. L'autre facteur est sans doute le fait que plus le "programme" social-démocrate est appliqué, moins il demeure de choses substantielles à faire, d'où un vide intellectuel et politique croissant (et la nature a horreur du vide). Ou encore: plus le programme est appliquée, plus il faut radicaliser les idéaux socdem pour donner une impression de nouveauté, et donc, plus on va loin dans la connerie nocive. Une comparaison du programme de Hollande/Hamon avec celui de Mitterrand est assez révélatrice. Le même mouvement me semble visible en matière éducative: d'abord donner le Bac à tous le monde, puis les autres diplômes ; d'abord contester la "science bourgeoise" (J. Rancière notamment) puis en arriver au relativisme postmoderne ; d'abord critiquer l' "autoritarisme" du corps enseignant, puis en arriver à l' "apprenant" "co-constructeur du savoir" (#école-garderie).
  11. Ce sont des "types" psychologiques qu'il faut rapporter aux courants politiquo-culturels qui les sous-tendent. Pour le dire vite et en schématisant à outrance, je vois les choses comme ça: Mai 68: rupture de l'hégémonie gaullo-communiste, émergence de revendications non-liées aux enjeux salariaux/économiques (les nouveaux mouvements sociaux étudiés par A. Touraine). Années 70: conquête de l'hégémonie intellectuelle par cette gauche social-démocrate dont la base sociale sont les couches moyennes développées grâce à la modernisation des Trente Glorieuses ; début du déclin du communisme (mouvement "anti-totalitaire" autour des nouveaux philosophes, le communisme perd la séduction qu'il exerçait dans l'intelligentsia). 1981-1995: l'hégémonie intellectuelle permet la conquête du pouvoir politique. Règne du Mittero-dolorisme, extension de l'Etat-Providence, explosion de la dette, etc. 2002-2005: Début de la rupture de l'hégémonie social-démocrate (Jospin éliminé), dénonciation des "nouveaux réactionnaires", rejet de la constitution européenne. 2012-2017: fin du cycle ouvert près d'un demi-siècle plus tôt, les thèmes sociaux-démocrates ne sont plus valorisés que dans des cercles étroits de l'université et des média, déferlement du "populisme", les porte du pouvoir sont ouvertes pour la droite voire l'extrême-droite.
  12. Lançons-nous dans des parallèles avec le Watergate alors. Est-ce que la Marine nationale a le début d'une preuve que la loi a été violée ? Non ? Alors c'est de la propagande à usage interne (consolider le groupe par le sentiment de la persécution), similaire à Fillon dénonçant un complot de l'Élysée.
  13. Mouai. "Une bonne constitution doit être courte et obscure." -Attribué à Napoléon Bonaparte.
  14. Je ne fais que reprendre à peu de choses près les idées exprimées par "Descartes" dans ce billet: http://descartes.over-blog.fr/2016/04/le-matin-des-ego-politiciens.html Il y compare notamment Macron et Mélenchon, ça devrait t'intéresser. Je pense que le cas Macron présente certaines différences dans la mesure où le centre, à la différence de la gauche, ne s'est pas vraiment incarné dans des doctrines ou des traditions. La démocratie chrétienne n'a jamais vraiment pris en France, ce qui se rapproche le plus d'une doctrine du centre, ce sont le mendésisme et antérieurement le solidarisme. Or Macron a invoqué (discrètement certes) ces héritages (tout comme il s'est revendiqué à un moment libéral). On ne peut pas dire que son mouvement soit aussi auto-reférentiel que ce que celui de Mélenchon est en train de devenir (le stade suivant pouvant être un "populisme" confus, semblable au Mouvement 5 étoiles en Italie). Néanmoins la différence est très tenue, parce que Macron part d'un héritage doctrinal plus évanescent que Mélenchon (en gros les militants de gauche sont traditionnellement beaucoup plus attachés à des idées). Je ne sais pas si je suis clair. Ce qui est clair ce que Mélenchon développe un pratique de pouvoir personnalisée et centralisée à l'extrême, en rupture avec les idéaux collectifs de gauche. Macron représente moins une nouveauté parce que ses sympathisants et ses "militants" sont déjà beaucoup plus dépolitisés (donc il n'y a pas vraiment d' "avant" par rapport auquel la transgression est possible). On pourrait généraliser en partie l'analyse dans la mesure où ce phénomène des égo-politiciens n'est qu'un cas particulier de la "fin des idéologies" (qui commence en gros au milieu des années 70). Même dans les partis qui comportent encore des courants internes et échappent donc au phénomène de "égo-politique", les programmes ne reflètent plus une doctrine appropriable par chacun, qui serait "transcendante" au programme (auquel cas on peut se battre en interne sur le programme le plus fidèle, la ligne politique la plus fidèle à la doctrine). LR n'est pas plus gaulliste que le PS n'est socialiste (au sens traditionnel, où même le gradualisme social-démocrate -Jaurès par exemple- reste inscrit dans l'horizon révolutionnaire d'une transformation anticapitaliste de la société entière). Le FN est un cas particulier, parce si les doctrines y jouent un certain rôle, le parti semble traversé par une concurrence entre plusieurs (par exemple entre jacobinisme [Philippot] et régionalisme culturel sur la question du degré de centralisation/décentralisation. Même clivage sur l'euro, sur l'Etat-providence, etc.). L'ouvrage de Grégoire Kauffmann (Le nouveau FN), que je n'ai pas encore lu, décrit apparemment bien cette tension doctrinale interne.
  15. Plus exactement: plus tactiques que programmatiques (les références à l'histoire de la gauche tendent à disparaître du mouvement de Mélenchon, qui invente ses propres symboles, couleurs, etc. Le mouvement, comme tout secte qui se respecte, devient auto-référentiel, de sorte qu'on ne puisse plus mobiliser une doctrine ou une tradition contre la parole du guide. Dans un mouvement doctrinal, on peut débattre du dogme (cf les courants du marxisme). Dans un mouvement personnel, auto-réferentiel, on ne peut pas. On doit adhérer totalement ou s'exclure, il n'y a pas de place pour le débat interne).
  16. Et toute baisse éventuelle d'un impôt est présentée comme un "geste fiscal". L'Etat, magnanime, tel un père de famille, tel un despote éclairé, vous fait la grâce de ne pas tout vous prendre, ce qui est vraiment gentil, car la situation par défaut, c'est bien évidemment que tout lui appartient de droit (divin)...
  17. Six affaires dont vol et escroquerie. Le parti de l'ordre n'est plus ce qu'il était.
  18. Il y avait déjà un vote pour Asselineau quand j'ai entré le mien. Quelqu'un s'est donc désisté par peur d'une purge politique, alors même que le vote est anonyme ?
  19. S'il propose des référendums, ça m'aura échappé. Mais ce n'est pas spécialement un critère, feu Sarkozy et Le Pen en ont annoncé aussi.
  20. L'endroit idéal pour agir en concertation avec les décideurs institutionnels réguler la consommation de tout un continent. Bien vu.
  21. Pourquoi fétichisme ? On peut apprécier certains aspects du programme de candidats avec lesquels on a également des désaccords importants. Typiquement, la ligne néo-gaulliste/souverainiste s'oppose clairement aux délires interventionnistes en politique extérieure. Je rappelle que l'extrême-centre a quand a lui déclenché des guerres (Fillon) ou voulu le faire (Juppé et Hollande sur le dossier syrien). C'est d'ailleurs une vieille tradition du centre (colonialisme du parti radical, jusqu'à Guy Mollet et Mitterrand). Ensuite, sur les institutions, j'ai expliqué ailleurs que la Vème République me paraissait grosso modo bien pensée, il faut donc la conserver et non faire un saut dans le vide (comme le propose les Valls, Hamon, Mélenchon, etc.).
  22. La gauche bourgeoise éco-socialiste résumée en une phrase: Splendide.
  23. Tout à fait, et c'est indissociable de la dimension "charismatique" et consensuel du personnage. "Descartes" a assez justement décrit le phénomène sous le terme d'égo-politique: http://descartes.over-blog.fr/2016/04/le-matin-des-ego-politiciens.html
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