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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Déterminer le régime préféré de Montesquieu n'est pas évident: "Avec ses contemporains, [Montesquieu] ne conçoit pas la démocratie autrement que comme une république égalitaire, en matière de propriété comme en matière de droits civils. Déjà, dans les Lettres persanes, il avait loué l'égalité des fortunes. Dans une démocratie, le principe qui doit dominer est la vertu, c'est-à-dire la vertu politique, celle qui attachement fortement l'homme à sa patrie et qui constitue le bon citoyen. L'éducation doit la mettre dans les cœurs et l'Etat doit tout faire pour l'affermir. L'auteur nous décrit avec complaisance les mesures parfois singulières qui furent prises à cette fin. Lycurgue, par exemple, donna à ses concitoyens des institutions qui ressemblent à celles des Sévarambes et la république de Platon ne semble pas plus idéale que la sienne. Il est visible d'ailleurs, que Montesquieu lui-même subit l'influence de Platon dans l'idée qu'il a de la république. [...] Le Paraguay fut administré dans le même esprit et son organisation excite l'admiration de Montesquieu. Ceux qui voudront établir leurs institutions sur ces principes établiront la communauté de biens de la république de Platon et le respect qu'il demandait pour les dieux. Ils sépareront les citoyens des étrangers pour conserver les mœurs et feront faire le commerce par la cité elle-même. [...] La démocratie est pour lui une forme de gouvernement qui peut être bonne. Elle repose sur la vertu politique. Montesquieu estime cette vertu et indique les moyens qui peuvent la maintenir. Il approuve ceux du communisme, sans même avoir l'idée de les critiquer et de voir s'ils ne violent pas des droits primitifs de l'homme." (p.86-87) -André Lichtenberger (agrégé d'histoire), Le Socialisme au XVIIIe siècle. Essai sur les idées socialistes dans les écrivains français du XVIIIe siècle, avant la Révolution, Thèse de doctorat présentée à la faculté des lettres de Paris, Biblio Verlag - Osnabrûck, 1970 (1895 pour la première édition), 471 pages. Il me semble aussi qu'une république oligarchique, genre Venise, fait partie des gouvernements légitimes pour Locke. Comme chez Hobbes, le Législateur peut être un prince ou une assemblée.
  2. Si je peux aller où je veux et que les gens qui y vivent peuvent faire ce qu'ils veulent de leurs propriétés (y compris héberger, louer ou vendre des logements), je suis donc bien libre de m'y installer (libre au sens libéral normal de "ne pas être empêché de", pas au sens marxo-rawlsien de "pouvoir effectivement m'installer"). La libre installation est donc un corollaire de la liberté de circulation.
  3. En fait cette histoire d'esclavage est bien mieux qu'un indice qu'il y a un problème ; en réorganisant mes idées ça me donne un 2ème argument (le premier étant épistémologique / ontologique) pour rejeter la propriété de soi. Voici le raisonnement: 1: Le libéralisme repose sur le principe de non-agression. 2: L'esclavage est contraire au principe de non-agression. 3: Or la notion de propriété de soi autorise l'esclavage. 4: Donc la notion de propriété de soi est incompatible avec le libéralisme. Corollaire: soutenir que les droits individuels découlent du principe de non-agression et du principe de propriété de soi est contradictoire. CQFD.
  4. Pas du tout, le raisonnement que j'ai présenté pour réfuter la propriété de soi est que c'est une erreur de catégorisation, comme je l'ai dis précédemment dans le fil. Mais comme cet argument n'a pas eu l'air de convaincre les tenants de la notion, j'avance un autre élément qui devrait les faire soupçonner qu'il y a un net problème avec la propriété de soi, à savoir que la légitimation de l'esclavage en est une conséquence logique.
  5. Et l'esclavage. Si je suis une chose et que je me possède, je dois logiquement pouvoir me vendre. Locke est un propriétariste cohérent* puisqu'il reconnaît la légitimité de l'esclavage. Mais tous les propriétaristes ultérieurs (Nozick, Pascal Salin, etc.) sont obligés de faire des contorsions terribles pour ne pas tirer la conclusion qui s'impose. * Je rappelle au cas où qu'une théorie cohérente n'est pas la même chose qu'une théorie vraie. La prémisse fausse étant en l’occurrence que l'homme est une chose et qu'on peut l'approprier.
  6. Je vais encore faire mon enquiquineur philosophe mais pour moi la distinction adversaire / ennemi correspond au fait que le premier type d'opposition exclut la possibilité du recours au meurtre (par ex, un adversaire politique, hors contexte "révolutionnaire"), alors que l'ennemi est l'autre terme du conflit armé (guerre civile ou internationale). Et dans le deuxième cas, on peut faire une typologie des manières de se rapporter à son ennemi. Ce que tu décris correspond plutôt à ce qu'on appelle la déshumanisation de l'ennemi (dont Carl Schmitt soutient qu'il s'agit d'une conséquence de la moralisation de la guerre, mais c'est un autre débat). Mais c'est une forme tout à fait extrême, généralement consécutive de l'introduction de justifications morales / idéologiques dans les guerres, et on peut faire la guerre sans déshumaniser son ennemi, voire même en le traitant de manière chevaleresque (même si la proximité culturelle est en général une condition du phénomène). "Même des ennemis peuvent se respecter." -Troie, de Wolfgang Petersen (2004).
  7. Tautologie. (Puisqu'on parle de questions non-consensuelles, il n'y a pas de consensus philosophiques sur la nature du beau ; mais il semble difficilement niable que le beau soit autre chose que ma réaction émotionnelle à la manifestation du beau).
  8. Je n'arrive pas à imaginer comment une imbécilité pareille peut arriver dans la tête du chef de l'Etat. A quand un jour de commémoration des massacres des Amérindiens ? ... Ou du génocide des Héréros... : https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Héréros_et_des_Namas
  9. 1): Ah, c'est un collectif de lecteurs de ce livre ? 2): Hé bé, quelle motivation prosélyte doit-elle avoir pour propager autant de conneries dans 3 continents différents.
  10. On ne peut pas tous vivre sur la place du village, surtout quand on arrive en réclamant de plafonner les prix, avec toutes les conséquences négatives connues (désincitation à la construction / location, etc.). C'est quand même un comble de revenir en France, un pays où le collectivisme augmente tous les jours, où les citoyens perdent toute autonomie légale et même mentale à force d'appeler l'Etat-nounou à l'aide, et de commencer par critiquer l' "individualisme" des Français au prisme du "holisme" japonais... Quitte à ramener un truc du Japon, ce serait plutôt leur indice de liberté économique.
  11. Je pense que c'est une biche ou un cerf. Il a la classe en effet. Mais ses enfants aussi ^^
  12. C'est quand même un commentaire qui ne brille pas par sa pudeur et sa retenue (#Internet), hein (les multiples points d'interrogation et d'exclamation le prouve). Sans compter qu'il déplore bien des effets dont il chérit les causes (régulations, régulations ! Non au grand méchant marché !). Et puis j'ai envie de dire, Bordeaux quoi. Si le gars veut vivre dans une ville où les prix de l'immobilier baisse, il y a Amiens, et plein de petits coins de la "France périphérique".
  13. Incroyable, la décentralisation et la croissance des pouvoirs locaux pourraient se traduire par plus de copinage et de débauches financières. Je suis étonné.
  14. On fait tous des erreurs ; maintenant grouille-toi de regarder avant que la dernière saison ne sorte et que le Net ne devienne un ouragan de spoil.
  15. Preuve qui a été invalidée depuis longtemps par les travaux d'histoire économique de Milton Friedman. Jacques Rueff expliquait déjà en 1934 a quel point les économies contemporaines étaient déjà des économies mixtes et non des économies de libre-marché: http://ami.du.laissez-faire.eu/_rueff1.php5
  16. La clé de l'explication est que les antilibéraux les plus acharnés se focalisent sur ce que le gouvernement dit (et, effectivement, de temps à autre Le Maire ou Darmanin parle de la nécessité de "maîtriser la dette" et de "faire des économies", pour rassurer les milieux économiques -ce que faisait un Manuel Valls avant eux), et jamais sur ce qu'il fait effectivement (statistiques à l'appui). En même temps une bonne partie de la gauche est contaminé par la "philosophie" post-moderne, pour laquelle la réalité n'est qu'une création discursive. "Il n'y a pas de faits, uniquement des interprétations". On ne peut pas faire grand-chose contre la folie. Rappelons aussi que tous les grand média touchent des subventions ; toute velléité d'économies budgétaires est en puissance une menace pour leurs privilèges. Il faut donc les diaboliser.
  17. Les USA ne posait guère de restrictions à l'immigration au XIXème siècle. Résultat, un pays passé de petite périphérie agricole de l'Europe à une situation de grande puissance économique et industrielle d'envergure mondiale.
  18. Oui. La libre-circulation est un droit naturel et imprescriptible de l'homme, toujours bien utile quand ton pays devient une tyrannie (fiscale ou non) et que tu veux fuir.
  19. Le père de l'idée semble être le théoricien d'extrême-droite Renaud Camus, dont le discours me semble si proche de celui du G.R.E.C.E. qu'une filiation entre les deux semble tout à fait vraisemblables: /!\ http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=france-camus-la-remigration-what-else---938 /!\ Bien sûr les gugus esquivent la douloureuse question de savoir comment virer des centaines de milliers, voire des millions d'étrangers, du pays. Camus se dit en tout cas prêt à "payer pour ça"... Éric Zemmour est moins hypocrite lorsqu'il prédit "une guerre civile entre eux et nous"... Le fait que DPA laisse ses seconds couteaux reprendre ce genre d'éléments de langage (qui ne parle qu'à des groupuscules droitiers) est exécrable, pour ne rien dire du déshonneur que s'attire ces soi-disant "libéraux".
  20. 1): Libre à toi de relire le fil pour vérifier. En l'absence de preuves, c'est un procès d'intention. 2): Personnellement je pense que ce mouvement a donné tout ce qu'il pouvait donner de positif lorsque le gouvernement a annoncé l'annulation de hausses des taxes sur le carburant. Ensuite, il a à mon sens changé de nature, puisqu'il ne vise pas tant à atteindre un objectif défini, mais plutôt à signaler une forme de désespérance sociale ("on est là, on existe !"), etc. Le gouvernement a tenté de répondre à cette colère sociale par un bidouillage de paramètres de l'Etat-providence (cf les annonces de Macron mi-décembre), entraînant des dépenses supplémentaires. Ce qui ne nous change guère de ce qu'il fait le reste de l'année. A partir de là, je pense que le mouvement devait s'arrêter. Il ne semble pas vraiment savoir ce qu'il veut, et les propositions qui surnagent sont manifestement liberticides. Cela étant, la peur du déclassement social, la problématique du pouvoir d'achat pour les couches sociales qui portent les GJ, est un vrai sujet et ne va pas disparaître, quand bien même ces couches n’arrivent pas à se structurer politiquement pour faire aboutir des revendications claires.
  21. Vu que personne ici n'a écrit qu'il est légitime d'entraver la liberté de circulation, et qu'au contraire plusieurs intervenants (dont moi) ont dit qu'ils seraient souhaitables que les GJ abandonnent ce monde d'action (par exemple au profit du blocage des centres des impôts, qui a eu lieu de manière malheureusement trop sporadique), la cohérence est sauve. On peut avoir de la sympathie pour un mouvement tout en critiquant une partie de ses moyens / objectifs, ainsi que son évolution.
  22. Ah, effectivement, ceux-là ne viennent pas du "rural profond", c'est une belle ekphrasis du mouvement Nuit-Debout
  23. C'est plus ou moins sa ligne de défense communicationnelle depuis la mi-décembre, en effet. "Moi ou le chaos", un scénario qui lui a déjà trop bien réussi au 2ème tour de la présidentielle pour ne pas être réutilisé (mais qui risque de commencer à montrer des signes de fatigue au moment des européennes). L'avantage de cette stratégie est qu'il maintient la tête sous l'eau de Wauquiez, qui est obligé de prôner des mesures sécuritaires toujours plus bêtes, sans parvenir à se poser en recours ou en champion de l'ordre public.
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